Les Joyeux Mineurs de La Grand-Combe

 

LES JOYEUX MINEURS [de La Grand-Combe]

Société de Danses et Farandoles

Nous sommes de La Grand Combe, au nord du département du Gard, au pied des Cévennes à 12 km d’Ales et 50 de Nîmes. Le groupe est né en 1911 de la fusion de deux sociétés qui fonctionnaient depuis les dernières années du XIX° siècle et n’a eu que deux interruptions d’activité, au cours des deux guerres mondiales.

Deux questions se posent,
– pourquoi « Danses et Farandoles » ?
– pourquoi « Joyeux Mineurs » ?

La Grand Combe fait partie d’un ancien bassin minier. Pendant un siècle et demi l’exploitation du charbon a fait vivre la ville qui est née en 1846. La Compagnie des Mines organisait la vie de ses ouvriers mineurs : travail, logement, santé, école des enfants, cultes, coopératives et bien-sur les loisirs.

Fin XIX° début XX°, des associations sportives furent créées par les directeurs des mines : clubs de foot, boxe, cyclisme, harmonie [des mines] et société de Danses et Farandoles et cela dans toutes les vallées cévenoles qui vivaient du charbon. Tous ces villages avaient leur Harmonie [des mines] et leur société de Danses.

Toutes ces sociétés de Danses et Farandoles ont été pendant longtemps composées uniquement de mineurs et se retrouvaient régulièrement pour confronter leur virtuosité, leur agilité, leur souplesse à l’exécution des pas de Farandole.

Farandole disons-nous ?

Oui, des pas de Farandole qui leur avaient été enseignés par les Maitres à Danser de l’Armée. Maitre à Danser qui été retournés chez eux aux 4 coins de France, après que l’Armée ait supprimé la pratique de la Farandole comme maintien en forme des fantassins. Des sociétés de Danses ont été retrouvées dans plusieurs département. Le Gard a été un terreau de la Farandole mais l’histoire a voulu que Frédéric Mistral déclare la Farandole Provençale, le costume d’Arles, costume officiel et la musique seulement fifres et tambourins.

À la Grand Combe, nous sommes restés fidèles aux origines des sociétés de Danses et Farandoles. Nous avons gardé le costume de farandoleur pour les danses de techniques, un costume pour chaque danse de création et pour la musique, nous avons toujours un orchestre. L’habit des Mineurs et des Placières (femmes qui travaillaient à la mine), sont devenus nos habits « officiels ».

1948 – Les Joyeux Mineurs fêtent 35 ans d’existence à La Grand-Combe

JoyeuxFarandoleursLGC

Photo : Christine Coste [s/FB, de la Famille Chapert, nous dit que cette] :
« photo [a été] prise [à La Grand-Combe] le (dernier) dimanche du [27] juin 1948, devant le café Savary (café de la gare), le groupe allait danser a[u hameau de] La Jasse de Chamborigaud. » [ces deux communes étant distantes de 20 km et toutes deux situées sur la ligne SNCF : Nîmes-Clermont-Ferrand.]

COORDONNÉES D’ASSOCIATIONS DE DANSES ET FARANDOLES

Les Joyeux Mineurs de la Grand Combe,
Société de danses. Date de création de l’association : 31.05.1913
8 D rue du gouffre [Trescol] 30110 La Grand-Combe 04 66 54 83 67

Lei Farandoulaire Sestian
Un groupe folklorique provençal, d’Aix en Provence
qui assure avec ferveur et sincérité le maintien des traditions provençales.

Lous Amics de la Mountogno de Grandieu,
en Lozère, avec sa tradition folklorique d’Auvergne et la Bourrée.

Liste du Concours de Farandole du Sud-Est de la France

Farandoles – Catégorie C :

Les Enfants d’Aramon – 30390 – Aramon : L’Arlequine
Lei Farandoulaire Sestian – 30100 – Aix en Provence : Les Bouffets
Le Moulin de Bretoule – 13570 – Barbentane : Les Tambourins

Farandoles – Catégorie B :

Les Farandoleurs Cheminots Nîmois – 30000 – Nîmes : La Jardinière
La Souleïado de Margarido – 30320 – Marguerittes : La Farandole
Les Joyeux Mineurs – 30110 – La Grand Combe : Variation Celtique
L’Estello – 30128 – Garons : Le Pas Grec
Les Enfants d’Arausio – 84100 – Orange : Les Epées
La Capoulièro – 13500 – Martigues : Made in Capou

Farandoles – Catégorie A :

Farandole des anciens d’Aramon – 30390 – (1ère de cette catégorie)
Lou Rode de Basso Prouvènço – 83170 – Rougiers : Le Quadrille empire
L’Oulivarello – 13000 – Marseille : Les Moissons

Autres groupes de Farandoles :

Le Temps du Costume – 30000 – Nîmes
Mistrau e Soulèu – 30200 – Bagnols sur Cèze
Estello Aubanenco – 13400 – Aubagne
La Respelido Prouvençalo – 13210 – St Rémy de Provence
Li Gai Farandoulaire – 13000 – Marseille
Li Recouleto – 13440 – Cabannes.

§

Source : festival-baladins.com
Par : 36è Festival d’Arts et TraditionsPopulaires | 19 & 20 Mai.
Lieu : La Roche-Posay, 86270 (dépt. de la Vienne) France.
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Reblogué par : Mas de la Regordanne
Commentaires entre [ ] : G. Delannoy
Première publication, le : 06.02.2019
Dernière mise à jour, le 07.02.2019

La Grand-Combe, Alès et retours

1° VOYAGE, LA GRAND-COMBE – ALÈS – UZÈS – LA GRAND-COMBE

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Photo (1) : La Citée de Ribes à La Grand-Combe, construite en 1914 et rénovée dès 74.

« Qu’a vist Paris e noun La Grand’Coumbo a ren vist. »
– Qui a vu Paris, et non La Grand-Combe, n’a rien vu.

En pastichant le célèbre vers sur la ville de Cassis par Frédéric Mistral (1830-1914), on peut résumer l’opinion hautement favorable de ma ville natale … où en fait, je ne suis pas né.

En effet, dans les années 50, les futures parturientes grand-combiennes, ne disposant pas d’une clinique moderne sur La Grand-Combe, préféraient aller accoucher à la clinique (protestante) Bonnefon d’Alès. À cette époque, ce n’était pas encore cette énorme valise de béton blanc, mais une belle maison de maître qui existe toujours et a été transformée en pension de retraite. Naissance et vieillesse, la boucle est bouclée.

Suite à des complications postnatales de ma mère et au travail débordant de mon père occupé aux toutes jeunes Houillières (nationales) de La Grand’Combe (ainsi écrivait-on autrefois), je ne séjournais que quelques jours à Alès. La providence m’expédia donc trois mois en nourrice dans le duché d’Uzès et au retour de ma chère convalescente, je réintégrais notre domicile grand-combien de Ribes, à mi-pente de la colline du même nom, face au Sud.

Niché dans le giron maternel, j’avais ainsi accompli mon premier voyage « aller » à la sous-préfecture d’Alès, mais j’étais déjà de retour, dans une sorte de corbeille à linge en osier bien calée sur la banquette arrière de la 203 noire familiale, direction La Grand-Combe que j’avais délaissée à mon corps défendant : c’était le mois d’Août, il faisait beau et la vie qui commençait ne pouvait qu’être belle 😉

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Cette photo (2) a été prise à Alès, dans les années 50, au début du boulevard Carnot (sans voitures) qui longe le Gardon. Certes, il y avait déjà à l’époque, des pellicules en couleur, mais c’était plus cher !

À gauche, le bassin entouré de bancs où bien plus tard, mon frère et moi ferions naviguer nos maquettes de voiliers, tandis qu’à droite du boulevard, on aperçoit le gros marronnier du parc de la vieille maison de Maître de la Clinique Bonnefon où je suis né, en l’année 52.

2 – TU AS VOULU VOIR ALÈS ET TU AS VU ALÈS

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Deux photos (3 – 4), deux époques : à gauche, dans les années 50, les anciennes halles avec leurs belles arches et contreforts en pierre de taille abritaient le marché aux volailles, tandis qu’à droite, on ne peut que s’esbaudir de cette abracadabrantesque  transformation de ces demeures ancestrales en cages à poules, due aux édiles de ces temps où le modernisme à tout va, était de rigueur.

C’était le temps où un vague oncle à moi, sillonnait le Sud de la France à bord de sa 2CV Citroën fourgonnette et proposait des meubles en « Formica » aux paysans des villages qu’il traversait et les débarrassait « gratuitement » de leurs anciennes tables de ferme, armoires en merisier, bahuts et autres vieux fauteuils Voltaire qu’il revendait à prix d’or aux antiquaires et autres brocanteurs.

Le résultat de ses opérations se solda par l’acquisition d’un petit château meublé à l’ancienne avec un goût exquis et par son embauche comme directeur commercial, par le patron d’une célèbre maison de meubles en « authentique Formica » qui s’était longtemps posé la question de savoir quelle sorte de client pouvait bien lui acheter quatre à cinq cuisines « toutes équipées », divers mobiliers et ce, tous les mois de l’année.

Cette démolition volontaire, de notre bonne ville d’Alès, entreprise depuis les années 1958 s’opéra sous les mandats consécutifs des maires successifs …
– Paul Béchard, ex St Cyrien, sous secrétaire d’État à l’Armement et « auto proclamé « Empereur du Gard » (sic) « , pas moins que cela.
– Roger Roucaute (à ne pas confondre avec Gabriel Roucaute (lui aussi maire d’Alès de 1945 à 1958), commandant des FTP de la zone Sud en tant que « colonel Lazare »,
soit deux personnes dont le képi avait « peut-être » trop longtemps empêché leurs crânes respectifs de se développer harmonieusement 😉
… ont oeuvré tour à tour, de telle sorte que la vieille ville, ayant totalement échappée aux bombardements allemands, « fut rasée sur environ les trois quarts de sa superficie (2 500 logements) lui donnant [ainsi] la deuxième place au rang des villes françaises reconstruites ! »
Peut-être aussi ont-ils voulu illustrer à leur façon le blason de la ville d’Alès ? « de gueules au demi-vol d’argent » ; preuve s’il en fût qu’avec une seule aile, on ne peut pas voler bien haut et qu’à vouloir s’élever à plus haute altitude, il faut ajouter plus de pennes.

Ce travail de sape ne fût pas le seul ouvrage de la République des képis, mais si l’on en croit certains historiens, le premier démolisseur d’Alais serait un autre militaire, un irréductible romain, le généralissime Jules César qui aurait fait brûler la ville de bois d’Alésia que ces mêmes historiens situent à quelques lieux de l’Alès actuelle.

Depuis l’année 1926, « Alais» s’appelle « Alès». Au recensement de cette année, la ville comptait 12 378 habitants à qui on a, non seulement estropié le nom de leur fière « Alais » qui s’écrivait comme celui de la commune du département de l’Essonne : La Ferté-Alais, la f(i)erté en moins ; mais aussi on l’a défigurée définitivement, en détruisant dès 1958 ses bâtiments historiques les plus célèbres comme « l’Auberge du Coq Hardi » où Louis XIII aurait séjourné.

En lot de consolation, il ne nous reste plus que l’ancienne cathédrale Saint Jean-Baptiste, l’église Saint Joseph (place Henri Barbusse) et une vieille prison décrépite, bâtie après la révocation de l’édit de Nantes (vers 1688) sur un point haut de la vieille ville, soit un fort (d’inspiration) Vauban, sur la butte de la Roque où avaient été préalablement construits au XII° siècle, deux châteaux appartenant aux Barons Pelet d’Alès et Bernard d’Anduze, les deux seigneurs de la ville et détruits pour laisser place à cette estrasse carcérale.

3 – 1962/64 DE LA GRAND-COMBE À ALÈS EN AUTOCARS SCOLAIRES.

 

 

Photos (5-6) : Autocar Chausson APH 1960 – Autocar Saviem 1973.

En 1962, des allers et retours de La Grand-Combe à Alès, j’en entrepris quotidiennement, pour me rendre au à mon nouveau lycée alèsien. Pour ce faire, je prenais l’autocar de la ligne scolaire de la « Compagnie Grand-Combienne des Cars Gazagnon » qui serpentait sur un itinéraire immuable, empruntant la N106 (sur la rive droite du Gardon), traversant la commune des Salles du Gardon, le quartier de L’Habitarelle, le hameau du Rouvelong, où la route enjambe le Vallat de Fréguéirolle. L’autocar bifurquait ensuite sur l’actuelle N916* au niveau de La Tour, petit village regroupé et surplombé par son magnifique château et sa petite chapelle en retrait.
*route de Clermont-Ferrand à Nîmes.

Puis on passait par le lieu dit Les Plantiers à la sortie duquel se trouve les Ètablissements Nogaret, scierie vieille de pas loin de cent ans, Cendras, l’abbaye où l’on retraversait le Gardon, puis La Blaquière, La Royale et sa montée des Lauriers couronnée par une station essence aux couleurs jaune et verte d’une célèbre compagnie pétrolière. On redescendait ensuite sur Alès en franchissant à nouveau le Gardon au pont de Brouzen, à droite duquel s’ouvrait, sur la N106 retrouvée, l’avenue du 11 Novembre 1918, dernière ligne droite qui se glisse entre le Près Saint Jean et le Gardon pour arriver au terminus, devant le lycée où l’on entrait par un portail situé face au bâtiment n°1 du lycée Jean-Baptiste Dumas ; alors qu’en face, la rivière coulait selon le débit variable de ses humeurs, encadrée par son nouveau mur bâti contre les inondations : les « grands » (élèves) le franchissaient allègrement pour aller griller, à l’abris des regards, une Bastos ou une P4, cigarettes interdites dans l’enceinte scolaire tout comme dans l’autocar.

4 – PÉRIPÉTIES DE VOYAGE DE LA GRAND-COMBE À ALÈS

Le récit précédent des ces allers-retours pourrait laisser croire, par son côté régulier, à une certaine monotonie pour le jeune écolier que j’étais. Il n’en est rien, car ce serait sans compter les divers avatars qui survenaient sur la route.

Dans le grand virage de La Tour était régulièrement garée  » en planque », la 403 break Peugeot bleu marine de la Gendarmerie Nationale. Elle n’était pas particulièrement discrète avec son antenne de plus de quatre mètres de long, gros câble semi-rigide arrimé de l’arrière du véhicule, jusqu’à l’avant du capot moteur.
Aussi un élève, placé en vigie derrière le pare-brise de l’autocar, se faisait-il un plaisir d’annoncer bruyamment la présence rassurante des pandores, aujourd’hui remplacés par le radar impersonnel du virage du hameau du Rouvelong. Les chauffeurs faisaient alors mine de ralentir, même s’ils n’avait pas l’habitude d’user « les cars à fond ». Parce que désormais, selon que l’on circule à plus de quatre-vingt ou bien « à quatre vins », le tarif de la verbalisation n’est pas le même.

5 – LES PEUPLIERS DE LA TOUR

Un autre lieu remarquable se trouve sur cette route, à savoir un terrain planté de peupliers, à la sortie du village de La Tour, à cinq cent mètres environ sur la gauche, vingt mètres en dessous de la route. Mon père m’avait expliqué qu’à la naissance d’une fille, certains paysans avisés de la région, plantaient en arbres, un champ près d’une rivière dans l’espoir qu’à la majorité de la demoiselle, cette dernière puisse en tirer un capital pour constituer sa dot. Plantés dans vers les années cinquante, ces peupliers grandissaient chaque année et je pensais les voir couper un jour pour devenir planches de meubles ou portes d’entrées principales de quelques maisons cossues.

Mais, on est aujourd’hui quelques soixante et dix ans plus tard et ces magnifiques arbres sont toujours là ! Alors selon mon humeur, il me plait à penser que la demoiselle ne s’est jamais mariée, soit qu’elle fut top laide, soit qu’elle fut trop belle et … trop exigeante, soit qu’elle ait rejoint les étoiles qui brillent le soir au dessus de sa peupleraie, soit encore qu’elle ait épousé quelque richard qui ne s’intéresserait pas plus à ces grands arbres, qu’à une guigne.

6 – LA TERREUR DE LA NATIONALE 106 LA GRAND-COMBE – ALÈS

Ces mêmes gendarmes qui « planquaient » à La Tour avaient dû immanquablement repérer la vedette de cet itinéraire, non une Simca(-Vedette), mais la 4CV d’une certaine dame Cabosse (nom évidemment modifié), femme d’un ingénieur des Houillères de La Grand-Combe.

Après avoir lassé toutes les auto-écoles du canton et les chauffeurs des mines de La Grand-Combe, qu’ils fussent conducteurs des tractions légères Citroën noires ou des poids-lourds Berliet ou Somua, les autorités compétentes de la Préfecture de Nîmes, avaient fini par délivrer, après moult tentatives infructueuses, le fameux sésame automobile : le Permis de Conduire d’une couleur optimistement rose.

Là encore, l’observation la plus spectaculaire du « phénomène Cabosse », était toujours le poste avant de l’autocar de la Cie Gazagnon. Soudain, on voyait arriver une Quatre Chevaux Renault grise, zigzaguer sur la route et s’approcher dangereusement à l’encontre de notre autobus, sur une trajectoire des plus improbables, au point que nombre de chauffeurs de la Compagnie préféraient, par simple prudence, se garer au plus près du fossé, pour laisser passer le bolide incontrôlé de « Dame Cabosse » qui s’il avait percuté notre gros bus, aurait certainement fini en citrouille, mais vu le statut ingénérial (on aurait pu écrire « ingénieurial » comme seigneurial) de la Dame, ils auraient eu du mal à se justifier de l’accident.

À la Grand-Combe, cette conductrice se faisait remarquer aussi par les entrées et sorties spectaculaires de sa même 4CV du garage de sa villa : d’abord, on entendait le lancement criard du moteur, car elle ne pensait pas utile de relâcher le démarreur électrique qui agonisait dans une longue plainte lugubre. Puis s’ensuivait un bruit effrayant de boite de vitesses qu’elle torturait allègrement à la recherche du pignon idoine. Ces hurlements mécaniques étaient le prélude à la sortie intempestive du véhicule : soudain, la Quatre Chevaux bondissait en marche arrière, telle une balle de fusil hors du canon et allait s’écraser illico contre un mur en grosses pierres, si typique des constructions des maçons des mines grand-combiennes … un mur épais et (à chacun ses goûts) pas franchement élégant, mais si utile en ces circonstances.

Confirmant le dicton qui énonce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, le concessionnaire Renault de La Grand-Combe ne rechignait sans doute pas à se livrer à de régulières réparations de pare-chocs et/ou de jupes de tôles froissées ; même si le mari de la Dame, avait trouvé un moyen d’atténuer la violence des chocs répétitifs à l’avant et à l’arrière de la voiture qui entrait aussi violemment dans le garage familial qu’elle en ressortait. Pour ce faire, il avait récupéré un important lot de vieux pneus usagés dont il avait tapissé en plusieurs couches, l’intérieur et l’extérieur du garage.

Ces spectacles quasi quotidiens étaient évidemment l’attraction du quartier et il n’était pas rare de voir les voisines du secteur, sortir leur tête par la fenêtre de leur maison pour assister à l’extraction impressionnante du véhicule de Dame Cabosse ou à son entrée à vitesse supersonique.

7 – LYCÉE JEAN-BAPTISTE DUMAS D’ALÈS

Quand j’arrivais pour la première fois en octobre 1962, au nouveau lycée Jean-Baptiste Dumas, 73 ans après que l’ancien lycée est été inauguré le 21 octobre 1889 et détruit dès 1960, qu’elle déception !

Là encore, l’élégant bâtiment qui avait vu étudier le poète grand-Combien Léo Larguier, avait été remplacé par une caserne de tôles ondulées sur quatre étages, modèle précurseur du tristement célèbre Lycée Pailleron : du nom d’un lycée qui a brûlé en moins de vingt-minutes. C’était le 6 février 1973, à 19h40, vingt personnes dont seize enfants mourraient dans l’incendie de cet établissement voisin des Buttes-Chaumont dans le XIX° arrondissement de Paris.

D’ailleurs, à la veille de ma rentrée scolaire de 1962, l’un des bâtiment du Lycée Jean Baptiste Dumas s’enflammait sous le feu du chalumeau de l’ouvrier qui soudait la plaque portant le nom du Lycée. Ce bâtiment, destiné aux classes professionnelles, disparut en moins d’un quart d’heure, laissant aux pompiers de la ville, le soin d’éteindre ce qui en restait, soit … un tas de cendres. Notre rentrée scolaire en fût ainsi reportée de plus d’une semaine, ce dont je n’eus pas l’hypocrisie de me plaindre.

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Crédit photo :
(1) Carte postale colorisée du Studio Ary (années 50.)
(2 – 3 – 4) : André Filhol, page FaceBook : Vive les Cévenols.
(5-6) : photos Google Search
Blogué par : Mas de la Regordane / G. Delannoy
Première parution, le : 01.02.2019
Dernière remise à jour le : 23.10.2019

La Grand-Combe, Maison des créateurs

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La Grand-Combe, ancien pays de mines de charbon a aussi été le berceau de créateurs fameux. Aujourd’hui, débarrassée de ses bâtiments industriels, la nature cévenole a repris ses droits et offre à l’art grand-combien, sa Maison des Créateurs, sise au Mas de la Regordane, dans un écrin plus verdoyant.

Nous allons ici essayer d’évoquer tous ces créateurs qui ont tissé des liens avec La Grand-Combe, qu’ils soient disparus depuis des lustres ou de la nouvelle génération qui semble avancer à grands pas sur les traces de ses nobles anciens.

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CRÉATEURS GRAND-COMBIENS À L’HONNEUR

– Maurice ANDRÉ, né le 21 mai 1933 à Alès, mineur de charbon de 14 à 18 ans au Groupe Sud de la Cie des mines de La Grand-Combes, puis trompettiste de notoriété internationale : les Américains le proclament officiellement en 2006 « meilleur trompettiste du monde » devant Louis ArmstrongMiles Davis et Dizzy Gillespie. Il meurt le 25.02.2012 à Bayonne.

– Jean Pierre CHABROL, écrivain, poète, cinéaste, né le 11.06.1925 à Chamborigaud au cœur des Cévennes dans une famille d’instituteurs de l’école laïque. Il fut l’ami de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Il meurt le 1° décembre 2001 à Ponteils-et-Brésis près de Génolhac.

– Jean Prosper CHABROL, célèbre architecte protestant de Paris, assiste le 0.10.1857, à la bénédiction par Mgr Plantier de sa création, la nouvelle église de La Grand-Combe, au son du canon et de la musique d’Alès.

– Daniel CROS, artiste peintre, né à La Grand-Combe le 09.02.1949, enseignant au Collège Léo Larguier, président depuis 1982 de « L’Essor Provençal » en succession du peintre Marcel Feydédié (cf. ci-dessous). Il reçoit en 2018 le 1er Prix du Mercure d’Or de France pour l’ensemble de son oeuvre.

– Georges Édouard DELANNOY, né le 26.05.1922 à Alger, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef à la Cie des Mines de La Grand-Combe (1947-1964), directeur général des Houillères du Centre Midi (1981-1985). Intègre et pugnace en dépit de l’opposition des forces politiques de François Mitterrand, il généralisa le principe de l’exploitation du charbon en (mines) « découvertes » qu’il avait observées lors de ses voyages d’études en Union Soviétique (1949) et aux U.S.A. (1954); ce qui eut pour effet de prolonger l’épopée des Houillères du Centre Midi jusqu’en 2007, sans compter celle des mineurs dont le travail s’en trouvait hautement sécurisé. Il est décédé le 19.09.2011 à Paris.

– Charles Dombre, né le 11.04.1814 à Nîmes, polytechnicien ingénieur des Ponts et Chaussées français, crée pour Paulin Talabot, la ligne de chemin de Fer Nîmes/La Pise/La Levade; il s’emploie à former la Cie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient le directeur général (18621882). Il meurt le 26 décembre 1887 à Nîmes.

– Marcel FEYDÉDIÉ, peintre Grand-Combien, président de « L’Essor Provençal » de 1947 à 1982 date à laquelle l’artiste peintre Daniel Cros (voir ci-dessus) lui succéda. Il fut en 1957, le créateur du blason de la ville de La Grand-Combe. : « De sinople au pairle cousu de sable chargé, en chef, de deux pics affrontés et, en pointe, d’une lanterne de mineur, le tout d’or, et accompagné de trois châteaux du même ouverts et ajourés aussi de sable. »

– Victor FUMAT,  né à Cornas (Ardèche) le ngénieur de l’École des Mines de Saint Étienne, il est l’inventeur d’un modèle de lampe de mineur de sécurité. Il fut aussi chef d’exploitation de la Compagnie des mines de La Grand-Combe de 1864 à 1897, date à laquelle il s’opposa au licenciement de 500 mineurs; il fut révoqué, et la grève se solda par le renvoi de 1 500 ouvriers, malgré le soutien apporté publiquement à la Chambre par le député Jean Jaurès. Il est mort en 1907 à Oignies.

– Guy GEERAERT, poète né à Nîmes en 1927 :
SOUVENIRS CÉVENOLS.
J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts,
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines,
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.
Il est mort à Hyères (?) en 2010.

– Mathieu LACROIX, né le 06.10.1819 à Nîmes, ami de Frédéric Mistral, est un poète et ouvrier (maçon). Il a écrit des poèmes sur la mine, tel « Paouré Martino » (Pauvre Martine) qui raconte l’histoire d’un mineur qui trouve la mort dans un coup de grisou et la femme (Martine) duquel on vient apprendre ce malheur. Les mineurs de La Grand Combe étaient très sensibles aux mots écrits par ce poète qui écrivait ses poésies dans le patois local. Il meurt en 1864. La ville de La Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome. Fondu par l’occupant en 1942, un nouveau buste de Mathieu Lacroix (vidéo) a été sculpté par J C Lallement et inauguré en 1955 (?).

– Jean-Charles LALLEMENT dit Bacchus (né à Paris 31.08.1914 – décédé au Grau du Roi – Gard – 26.01.1970), graveur, peintre et sculpteur, prix de Rome 1942, créera le buste du poète Léo Larguier.

– Léo LARGUIER, poète né le 06.10.1878 à La Grand-Combe, rue de la République et décédé le 31 octobre 1950 à Paris

– Georges LIVET, docteur es sciences, géologue, écrivain, né à Paris le 06.02.1884, il devient rapidement cévenol d’adoption. En 1908, il est secrétaire de M Fèvre, ingénieur conseil auprès de multiples sociétés minières. En 1913, il est inscrit comme élève à l’École Spéciale des Travaux Publics. En 1916, M Fèvre le fait entrer à la Compagnie des mines à la Grand-Combe. Ingénieur, il devient Géologue en 1938 après avoir présenté avec succès une thèse de Doctorat ès-Sciences Naturelles sous le titre « Les terrains houillers du Gard ». Passionné de littérature, histoire, chants de mineur et dessin, il nous lègue ainsi une production très éclectique allant – d’une « Histoire et Géographie du Gard » à « La Grand’Combe à travers les âges » (1947 – opuscule édité par le comité des fêtes du centenaire de la commune de La Grand’Combe.)  » – à des planches de dessins publicitaires. Il meurt en 1965.

– Edme-Anthony-Paul Noël, dit Tony Noël, né le  à Paris, est un sculpteur français : il reçoit en 1868 le 1er prix de Rome, ainsi qu’une médaille de 1ère classe en 1874, une médaille de 2ème classe à l’Exposition universelle de 1878 et un grand prix à l’Exposition universelle de 1889. C’est lui a créé le 1er buste de notre poète maçon Mathieu LACROIX (voir ci-dessus.). Il est mort le 0 à Villebon-sur-Yvette

– Jean PLATON, écrivain né en 1926. Auteur en 1994 d’un livre sur Léo Larguier qu’il rencontra à La Grand-Combe en 1936 : De Bouzac à Saint-Germain des Prés (dont l’église et la place évoquent quelque peu celles de notre cité.)

– Maxime RÉAL DEL SARTE, né le 2 mai 1888, à Paris et mort le 15.02.1954 dans la même ville, est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du roi. Il réalisa en 1923 le monument aux morts de La Grand-Combe.

– Pierre Reinhart, né le 19.09.1932 à La Grand-Combe, religieux franciscain travaille au Togo où il exerce comme vicaire général puis administrateur diocésain du diocèse de Dapaong (1984-1991). † Paris.

– Michel RODDE, artiste peintre né à la Grand-Combe en 1913 et décédé en 2009. Il partagea avec Jean Commère le prix Othon-Friesz en 1952.

– Robert STEPHENSON et son frère George Stephenson  l’

– Paulin TALABOT, ingénieur polytechnicien français, né le 18.08.1799 à Limoges. Il a contribué à l’essor du chemin de fer en France et des mines de La Grand-Combe. Il est mort le 21.03.1885 à Paris.

– Charles  TOURNAY, ingénieur et architecte industriel belge spécialisé dans la reconstruction (suite à l’incendie du 02.12.1938) des chevalements du Puits Ricard qu’il fit renforcer de béton armé. Il est mort pendant les travaux, d’une chute depuis le sommet. Cet édifice industriel a depuis « fait l’objet le 14.05.2008 d’une inscription au titre des monuments historiques, avec le label « Patrimoine du xxe siècle » avant d’être restauré en 2010. »

– Bernard VIELZEUF, géographe, né en 1939

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Première publication originale GD®, le : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane/Maison des créateurs
Dernière mise à jour : 25.01.2019

 

Institut des Territoires Grand-Combiens

MineurM.Delannoy
Logo d’Integr.

Pour faire suite à de nombreux entretiens avec des responsables économiques et culturels de La Grand-Combe et des communes de sa périphérie, nous avons créé INTEGR (INstitut des TErritoires GRand-Combien) dans le but de re-dynamiser le potentiel créatif de ses habitants que le départ au début des années 2 000 des Charbonnages de France, employeur quasi exclusif de la La Grand-Combe (96%) avait laissé en mauvaise posture avec pour résultat, entre autre, un exode de près de 55 % de sa population qui est passée de 16 500 à moins de 7 000 habitants. Par des programmes courageux, la commune, le Département et la Région ont réussi à stopper cette véritable hémorragie. Il est temps à présent de passer à la reconquête des succès d’antan.

N’hésitez pas à vous renseigner et à proposer vos compétences et services en cliquant ICI.

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Blogué par : GD / Mas de la Regordane
Première publication, le : 28.07.2018
Dernière mise à jour, le : 09.08.2018

La Grand-Combe : où est passé le kiosque à musique ?

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LE KIOSQUE À MUSIQUE DE LA GRAND’COMBE

À l’époque de Soustelle,
Le kiosque se fit la belle :
Vrai mystère, aussi épais
Que de Tolstoï « Guerre et Paix »…
(Ne pas écrire « guère épais »)

…Ou de celui  » de la Chambre
Jaune  » de Gaston Leroux re-
Publié en dix neuf cent sept,
Date où vit jour notre aubette,
Depuis disparue, c’est bête.

Mais enfin, à La Grand-Combe,
Cette disparition … magique
Ne fut pas prise au tragique,
Ni fit l’effet d’une bombe
Qui eût creusé une tombe.

C’était temps de rénovations,
Où pour un oui, ou pour un non,
On démolissait le passé,
Sans que quiconqu’en fût froissé
Ou en eût le moral cassé.

L’harmonie de la Compagnie
Des mines, donnait sans manie
Des aubades et moult concerts,
Pour amateurs ou bien experts



De sons fougueux ou pépères.

Aujourd’hui, c’est la baguette,
Qui dirige bien l’Orchestre
Variation’s, de maître Dumas,
Des doux printemps aux durs frimas,
Et neiges tombées en amas.

Composera t-on par magie,
Une chanson en sol mineur ?
Un air de douce nostalgie,
À la renommée des mineurs
Qui s’amenuise pour l’heure.

Allons donc, soyons vraiment fous :
Imaginons un mécène
Qui rebâtirait la scène
D’où les notes iraient vers nous
Bondissantes hors les garde-fous.

Au soir du quatorze juillet,
Ou bien au grand bal des pompiers,
Le kiosque vert diffuserait
Des airs qui nous enivreraient
Et nos corps électriseraient.

G.D.©

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Il court, il court le kiosque,
Le kiosque à musique [de La Grand-Combe] Mesdames.
Il court, il court le kiosque à musique
Le kiosque du [haut]bois joli.
Il est passé par ici,
Il repassera par là.
(Selon une comptine française du temps jadis.)

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ARTICLE DU MIDI LIBRE (de 2013) :

Le kiosque d’entrée de ville a pris place sur l’esplanade Ferdinand-Durand

Le kiosque d'entrée de ville a pris place sur l'esplanade Ferdinand-Durand
Ce nouveau kiosque servira de support aux 24ièmes Floralies le 1er mai (2013). © D.R.
 

Durant la semaine, les employés communaux ont commencé à équiper le kiosque, [modeste] réplique de l’ancien kiosque à musique du plateau Bouzac, qui ornait jusqu’alors le rond-point d’entrée de ville avant le début des travaux.

Démonté voici quelques mois, il attendait de connaître son nouvel emplacement. Et voici qu’il vient de le trouver en bordure de l’esplanade Ferdinand-Durand, à quelques mètres du rond-point Portal.

Mieux, le kiosque aura l’honneur de servir de support le 1er mai prochain (2013) aux 24èmes  Floralies et c’est un nouveau ruban qui sera coupé par les autorités à cet effet. Et voici que le trait d’union est vite trouvé, puisque l’on a reparlé durant la semaine de l’histoire du kiosque à musique que toutes nos tempes grises ont connu sur Bouzac et démonté dans les années 60, malgré la réticence de la population.

Mieux, on ne sait pas ce qu’il est devenu. On a entendu, « qu’il aurait été vendu. » Et même aperçu « dans certaines grandes villes ». « Il doit y avoir des personnes encore aujourd’hui qui savent où il est. » Une chose est certaine lorsque les vieux démons resurgissent, comme cela a été le cas, les souvenirs de jeunesse également et même une certaine amertume. « On aurait jamais dû le laisser démonter, mais à l’époque, on se foutait de tout. »

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Dernières infos :

– A l’instar du « Canada Dry », le kiosque à musique de Marseille situé en haut à gauche de La Canebière, aux Allées Meilhan, entre la façade des bâtiments vitrés de la mairie du 1er et 7° arrondissement de Marseille et à l’arrière du « Monument des Mobiles » de 1870, ressemble à s’y méprendre au kiosque de La Grand-Combe : il a le charme suranné du kiosque de La Grand-Combe, mais n’est pas le kiosque de La Grand-Combe, car implanté en son lieu actuel dès 1911.

– Un récent sondage personnel auprès de Grand-Combien(e)s d’âges divers et variés donnent pour résultat : 50% des sondés avouent ne pas savoir qui est responsable du tour de prestidigitation ayant eu pour conséquence la disparition, à ce jour définitive, du premier kiosque de La Grand-Combe et 50% qui disent la même chose, mais ajoutent qu’il y a forcément des Grand-Combien(e)s qui connaissent le nom du ou des prestidigitateurs. Alors si vous appartenez au deuxième groupe, n’hésitez pas à nous faire part de vos lumières.

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Poésie : Le kiosqe à musique de la Grand-Combe
Composés par G. Delannoy
Tiré du recueil : Poésies Grand-Combiennes

Première publication le : 14.01.2019
Comptine : Youtube

Source article : Midi Libre
Publié le 25.04.2013

Reblogué et commenté par G. Delannoy.
Pour Mars de la Regordane.
Première publication, le : 04.06.2018
Dernière résion, le : 06.02.2019

HBCM, le Puits Y recyclé ?

Photo : L’ancien puits Yves Morandat, dit Puits Y.

A GARDANNE, UNE MINE DE PROJETS ÉCONOMIQUES AU PUITS MORANDAT

Au lendemain de la fermeture de la mine de charbon de Gardanne en 2003, la ville a entrepris la reconversion de ce site de 14 ha. La Société d’aménagement de Gardanne (Semag) a commencé par rénover les installations existantes en hôtel d’entreprises qu’elle commercialise désormais.

Transformer une ancienne mine en parc d’activités, abriter la cité des sciences de la métropole Aix-Marseille, un restaurant gastronomique avec une vue imprenable sur la montagne Sainte-Victoire, un espace de coworking, une crèche d’entreprise et des services de conciergerie…  Le rêve de Roger Meï devient réalité. Passé le choc de la fermeture de la mine de charbon en 2003, le maire de Gardanne a placé les 14 hectares du Puits Morandat sous le signe de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation. Avec vivacité et humour, l’élu aux 82 printemps, raconte la genèse de ce projet à Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’Industrie, venu découvrir le site le 16 mai.

Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs

« Ici, depuis 1987, la mine générait une grande activité. Sa fermeture en 2003 a laissé un grand vide et un taux de chômage important. J’en ai pleuré. Notre ville de 21 000 habitants compte 1 700 inscrits à Pôle emploi aujourd’hui. J’ai alors eu l’idée de transformer ce bassin minier en pôle d’entreprises. Nous demandons aux sociétés qui s’installent de prendre des jeunes Gardannais en formation », raconte avec émotion Roger Meï, également président de la  Société d’aménagement de Gardanne (Semag). Son objectif ? Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs.

Stéripure triple la capacité de son usine

La société Stéripure, installée à Rousset depuis 2012, a fait le choix du parc d’activités du Puits Morandat. Ce spécialiste de la pasteurisation de fruits à coque, herbes et épices, vient de recruter deux opérateurs issus de Gardanne dans le cadre de son plan d’expansion. Son président Olivier Bourgeois, qui passait tous les jours devant le Puits Morandat a frappé à la porte de la Semag voici 18 mois. « Je cherchais un endroit accessible à la fois proche du TGV et de l’aéroport car j’ai de très nombreux clients étrangers. Dans la région, le foncier est rare », explique-t-il. Stéripure acquiert 5 000 m2 de terrain et investit 2,4 M€ dans une nouvelle usine qui sera inaugurée début juillet. « Nous allons tripler la capacité de notre site de production », se félicite le dirigeant, heureux d’offrir un  cadre de travail boisé à ses employés.

Eiffage construit des bâtiments en blanc livrables en 2020

Plusieurs autres parcelles sont en cours d’acquisition. La Semag, qui commercialise 10 hectares de terrain à bâtir, a retenu Eiffage Immobilier pour construire des bâtiments en blanc sur 17 000 m2 de terrain, livrables en 2020.  « Nous avons demandé à Eiffage de travailler sur l’aspect développement durable », précise le directeur de la Semag, Nicolas Fortuit. A proximité, l’ancien hall des mineurs a été transformé en hôtel d’entreprises et abrite 19 sociétés du numérique, du design, de l’économie circulaire, des biotechs, et de micro-électronique.

Retour aux sources pour Nomosense

En mars 2018, Jérémy Marty, jeune ingénieur de l’Ecole des Mines de Gardanne, a choisi ce lieu chargé de symboles comme siège social de son entreprise Nomosense. « Nous sommes spécialistes des objets connectés. Nous développons des capteurs pour les bâtiments et les villes intelligentes », raconte le chef d’entreprise qui a déjà signé avec la RATP.  Bénéficiant du soutien du groupe numérique  parisien NomoTech, l’entreprise envisage un développement rapide avec le recrutement de quatre collaborateurs d’ici fin 2018.
La reconversion de cet ancien carreau minier en pôle d’activités s’accompagne de  l’exploitation des richesses naturelles du site. « Sur l’ancien terril de la mine, 38 000 panneaux photovoltaïques ont été installés et nous allons réaliser un projet extraordinaire avec la géothermie. Sous vos pieds se trouve 30 millions de mètres cubes d’eau. La galerie à la mer se jette dans le port de Marseille », explique Roger Meï qui souhaiterait exploiter pleinement ce potentiel.

Exploiter les 30 millions de m3 d’eau de la mine

La SAS Energie Solidaire détenue par la Semag (75%) et Dalkia (24%) a investi 3,5 M€ dans la création d’un réseau d’énergie intelligent à partir des eaux d’ennoyage de la mine. Il alimentera les 14 hectares du pôle dont il chauffera et climatisera les bâtiments.  Le parc du Puits Morandat, labellisé Quartier durable Méditerranéen et éco-quartier, deviendra le premier réseau d’énergie français basé sur les eaux d’ennoyage.
Le maire de Gardanne souhaite également ouvrir le site au grand public avec un projet de restaurant gastronomique au sommet du chevalement qui culmine à 50 mètres. La  culture scientifique occupera une position centrale en investissant les 4 000 m2 du Hall des mineurs, des vestiaires et du chevalement. Ce projet nécessite 15 M€ de travaux. A son ouverture, prévue entre 2020 et 2025, la cité de la Métropole Aix-Marseille deviendra un lieu de rencontre et d’apprentissage interactif entre le public et les entreprises, autour de thématiques scientifiques, industrielles, technologiques et énergétiques.

Photo : Depuis 2016, sous l’impulsion de la commune de Gardanne et par l’intermédiaire de la Semag, le site du Puits Yvon Morandat est engagé dans une phase de transformation intense, avec la mise en œuvre de plusieurs chantiers sur trois plans : la mutation économique, l’innovation énergétique et le développement de la culture scientifique.

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Source : CCI Marseille Provence ©N.B.C
Publié le : 17.05.2018

Reblogué le : 17.05.2018
Par : Mas de la Regordane.fr / GD
 

Crédit photo de Une : Eiffage immobilier – 3A Architectes

Vie des mineurs de La Grand-Combe et des Cévennes

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[Photo : C’est l’heure du Briquet (casse croute)]

CONDITIONS DE TRAVAIL  et  VIE DES MINEURS

1. Généralités sur le travail dans les mines de charbon en Cévennes

Au XIXe siècle, le développement de l’extraction du charbon dans le bassin minier d’Alès est notamment freiné par le manque de main d’œuvre, la main d’œuvre locale restant attachée à l’agriculture. En 1850, le mineur cévenol est encore un paysan-mineur. Il se consacre à la mine quand la terre ne le réclame pas, du début d’hiver à la fin du printemps.

Dans les années suivantes, les crises dans l’agriculture ajoutées au déclin de la sériciculture accélèrent l’exode rural dans le Massif Central et en Hautes Cévennes. A la mine, le recrutement ignore les habitants originaires du bassin houiller qui, s’ils quittent leurs occupations, préfèrent occuper des emplois de service dans les grandes villes. De plus, les protestants répugnent à travailler pour les compagnies minières et métallurgiques appartenant aux grands capitalistes catholiques.

Les compagnies minières privilégient donc le recrutement de personnel, si possible de religion catholique, en Ardèche, en Lozère, Haute-Loire et un peu dans la vallée du Rhône. L’Ardèche et la Lozère fournissent les deux tiers des embauches. A compter de 1840, les compagnies minières du bassin houiller cévenol recrutent ainsi une main d’œuvre déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, qui se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie exerçant une emprise paternaliste sur son personnel.

En 1911 et 1912, les besoins en charbon croissent avec le rapide essor industriel de la France. Les compagnies recourent à de la main d’œuvre espagnole et algérienne. Fin 1913, le bassin houiller cévenol emploie 16% de travailleurs étrangers. Mal vus, perçus comme des briseurs de grèves par les mineurs cévenols, ceux-ci obtiennent leur renvoi.

Pendant la guerre de 14-18, la Mine remplace les soldats mobilisés par des femmes, des personnes âgées, des prisonniers de guerre et de la main d’œuvre étrangère (Espagne, Europe centrale, Russie…) et coloniale (Afrique du Nord, Madagascar, Indochine). La Mine obtient aussi le retour des mineurs mobilisés, qu’ils soient locaux ou travailleurs des mines du Nord de la France envahies par les Allemands ou situées dans les zones de combat.

En 1918, une population hétéroclite travaille dans le bassin houiller cévenol. Les nombreux mineurs nord-africains constitueront désormais une fraction importante de la population étrangère du bassin. Les mineurs polonais sont regroupés à Saint-Jean de Valériscle, où une cité leur est dédiée, avec une école polonaise créée en 1921 pour la scolarisation des enfants dans leur langue maternelle. Ils y resteront jusqu’en 1946.

En 1952, le bassin houiller cévenol emploie 19.371 ouvriers dont 77% de Français, 10% de Nord-africains, 5% d’Espagnols, 3% de Polonais et 3% d’Italiens.

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2. Personnel de la mine

Les ingénieurs employés par les compagnies du bassin houiller cévenol sont majoritairement formés à l’École des mines de Saint-Étienne. L’ingénieur est le seul représentant de la direction que côtoie le mineur. Il descend au fond journellement au fond de la mine pour organiser et diriger le travail st s’assurer de la sécurité.

Les agents de maîtrise (géomètre, dessinateur, comptable…) constituent 6% de l’effectif total ; ils exercent surtout des tâches de surveillance. Le géomètre dresse le plan de la mine donnant l’état des lieux et permettant de se repérer sur les chantiers.

Les maîtres-mineurs secondent l’ingénieur ; le plus souvent, ce sont d’anciens mineurs qui ont suivi une formation spécialisée.

Les mineurs de fond représentent 65 % de l’effectif total de la mine. En Cévennes, les couches de charbon sont souvent minces. Elles sont donc exploitées par des galeries assez basses dans lesquelles le charbon s’évacue fréquemment par trainage et, jusqu’au début du XXe siècle. Cette évacuation se fait à bras d’homme ou par traction animale. Le travail au font s’effectue par équipes de 6 à 10 mineurs.

Différentes qualifications rendent compte du travail effectué.
– le piqueur taille et abat le charbon ; il travaille à la main jusqu’en 1930, date à laquelle se généralise l’emploi du marteau-piqueur. Le travail du piqueur, particulièrement pénible et usant, s’effectue dans des positions souvent inconfortables ;
– le boiseur installe et entretient les soutènements qui empêchent l’effondrement des galeries ;
– le rouleur (25% des mineurs de fond) évacue le minerai abattu par le piqueur ;
– les ouvriers d’entretien, manœuvres et aides sont affectés aux tâches subsidiaires.

Les mineurs au jour représentent 25% de l’effectif total de la mine. Ils sont machinistes, mécaniciens, électriciens, lampistes ou placières (deux emplois souvent tenus par des femmes) ou gardiens…

Les placières travaillent sur le carreau ou dans les ateliers où elles trient, lavent, calibrent, conditionnent… le charbon. Elles sont généralement employées entre 12 et 20 ans ou, avec leurs enfants, lorsqu’elles sont veuves de mineurs. De 1904 à 1913, les femmes et jeunes filles comptent pour 16% des embauches dans le bassin minier cévenol. Les trois quarts sont âgées de 13 ou 14 ans. Les salaires féminins sont encore plus faibles que les salaires masculins. En 1909, les femmes et jeunes filles ne touchent que 70% du salaire versé aux adolescents apprentis au fond.

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3. Travail des enfants à la mine

Avant 1914, les mines du bassin houiller cévenol emploient de très nombreux jeunes garçons et filles. Les jeunes de 12 à 16 ans constituent 6% du personnel des mines et ceux de 16 à 18 ans en constituent 7%. Les dirigeants considèrent que les enfants doivent être très tôt employés au travail à la mine afin de ne pas être rebutés par la pénibilité des tâches à accomplir. De plus, les enfants, plus dociles que les adultes, sont plus faciles à soumettre.

Les enfants travaillent d’abord au jour, au triage du charbon évacué de la mine. A 16 ans (souvent même avant), les garçons descendent au fond avec le statut d’apprentis ; ils sont affectés au roulage des wagonnets ou au trainage des paniers montés sur patins ; ils sont aussi manœuvres, aide-boiseurs et parfois aide-piqueurs. L’expérience acquise, ils deviennent des mineurs de fond. Après de longues années de travail, certains jeunes hommes peuvent suivre les cours de l’École des maîtres-mineurs, créée à Alès en 1841, dont les archives attestent que nombre de ses élèves ont commencé à travailler à la mine à l’âge de 9 ou 10 ans.

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4. Mouvements sociaux dans les mines cévenoles

Au XIXe siècle, la journée de travail du mineur dure douze voire quatorze heures. Les mineurs payés à la tâche perçoivent de très faibles rémunérations. Les conditions de travail sont rendues pénibles par les eaux d’infiltration et la poussière saturant les galeries où les effondrements et les coups de grisou sont fréquents.

A compter de 1840, les compagnies minières du bassin cévenol recrutent hors du bassin, en Ardèche et en Lozère essentiellement, une main d’œuvre plus docile. Déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, elle se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie. 1848 et la proclamation de la IIe République voient l’explosion des mouvements ouvriers en France. La crise économique entraîne un chômage massif qui atteint le bassin houiller cévenol. De 1851 à 1870, le Second Empire est l’époque du capitalisme conquérant. Malgré un encadrement moral et politique serré, des grèves éclatent régulièrement dans les mines du bassin d’Alès, porteuses de revendications sur le relèvement des salaires, la réduction de la durée de la journée de travail, la fermeture des magasins de vivres de la Compagnie et le renvoi de certains cadres. Les compagnies minières en appellent à la gendarmerie, à l’armée, à la Justice, au livret ouvrier… Sévèrement réprimées, les grèves n’aboutissent pas à la satisfaction des revendications. Les meneurs sont licenciés et/ou arrêtés. Malgré tout, le mouvement syndical s’affirme peu à peu tandis que le socialisme se réorganise et retrouve ses assises.

Les crises que traversent la filière charbon dans les années 1890 et 1900, notamment du fait de la concurrence des charbons étrangers, amènent à réduire les salaires, le temps de travail et même les effectifs. Ainsi, de 1890 à 1913, le nombre de mineurs employés à Portes, Trélys, Cessous (Le Martinet) et Lalle (Bessèges) diminue de 30% tandis que la production régresse de 2,1 millions de tonnes en 1891 à 1,8 million en 1904. Défavorisées par le coût du transport, les mines de charbon du Gard ne comptent que pour 8% de la production nationale en 1890 et 5% en 1910.

Dans tout le bassin, les travailleurs revendiquent des améliorations dans les conditions de travail et la sécurité par de nombreuses grèves. Entre 1902 et 1911, l’échec des grèves, la répression patronale, la division des militants ouvriers, l’instabilité des syndicats, et la création des « syndicats-maison par les compagnies minières entravent le mouvement ouvrier dans le bassin houiller cévenol. Toutefois, en 1905, la durée légale de la journée de travail est ramenée à 8 heures pour les mineurs. A compter de 1909, les mineurs sont rémunérés à l’heure. En 1910, le Code du Travail est voté. 1914 voit la première grève de mineurs victorieuse. Le droit à la retraite est reconnu. Les mineurs obtiennent aussi le licenciement de travailleurs étrangers perçus et/ou utilisés comme briseurs de grève. En 1919, les mineurs obtiennent une hausse substantielle des salaires.

En 1936, les grèves concernent tout le bassin houiller cévenol (au Martinet, au Puits Pisani, la mobilisation ouvrière débute dès février). Les compagnies négocient avec les mineurs et accordent les hausses de salaires et avantages matériels réclamés. L’action syndicale se poursuit dans la métallurgie jusqu’à la répression de fin 1938.

La proclamation de la guerre suspend les revendications ouvrières. Très vite, les Cévennes protestantes et le bassin houiller, bastion du militantisme ouvrier et fief du Parti communiste, résistent par principe au régime de Vichy et les mesures prises à l’encontre des ouvriers, des jeunes et des Juifs renforcent cette opposition. Les mineurs se mobilisent à travers les grèves qui perturbent la production industrielle en 1941 à Trélys, en 1942 à la Grand Combe, Bessèges et Molières où des arrestations ont lieu. En 1942, les syndicats sont interdits, ce qui n’empêche pas la relance du mouvement syndical. Avec l’occupation de la zone sud, les entreprises minières gardoises bénéficient des achats allemands. D’ailleurs, en 1943, 60% de l’économie gardoise travaille pour le Reich. Début 1943, le recrutement des Mouvements de la Résistance s’étend au bassin houiller. Les mineurs participent aux attaques contre l’occupant et le régime de Vichy. Ils subissent, eux-aussi, la répression sanglante du régime de Vichy et de la Milice.

En juillet 1944, la grève générale des mineurs d’Alès, du bassin de la Grand combe, de Molières… paralyse la production. Violemment réprimée par les Allemands et la Milice, elle perturbe le repliement allemand après le débarquement des Alliés en Provence. En 1946, en contre partie des efforts de production abondante de charbon qui leur sont demandés, les travailleurs obtiennent le Statut du mineur garantissant leur salaire, leurs conditions de travail et la protection sociale de leur famille. Les profondes mutations qui transforment l’espace gardois à compter de 1950 s’accompagnent de la disparition progressive de l’extraction de charbon en Cévennes, malgré les luttes entreprises par les mineurs pour sauver leur outil de travail. Le bassin houiller cévenol se vide de l’essentiel de sa population active qui part vers des reconversions professionnelles plus ou moins faciles.

L’extraction du charbon s’arrête à Saint-Jean de Valériscle en 1953, au Martinet en 1959 et à Saint-Florent sur Auzonnet en 1973. L’exploitation se poursuit quelques temps encore à la Grand Combe et à Portes, avant de s’interrompre là-aussi.

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5. Santé des mineurs et de leur famille

En 1848, les conditions de vie dans les villes minières sont très difficiles. La population du bassin houiller cévenol est dans un piètre état de santé. Le taux de mortalité infantile (décès d’enfants de moins de 5 ans) y atteint 252 pour 1.000 alors que la moyenne nationale est de 167 pour mille en France. L’espérance de vie du mineur voisine les 40 ans.

En 1914, 65% des mineurs cévenols meurent avant 55 ans et 20% avant 35 ans. Il faut attendre 1960 pour voir les accidents du travail se raréfier.

Silicose et pneumoconiose du mineur de charbon rassemblent les affections engendrées par l’inhalation de poussières minérales contenant du dioxyde de silice. La silicose proprement dite correspond à l’exposition aux poussières de silice pure ; la pneumoconiose du mineur de charbon résulte de l’inhalation de poussières mixtes (charbon et silice en proportions variables). Le développement de la maladie connait deux phases : une phase d’alvéolite après capture des particules minérales et une phase plus tardive de fibrose. En fonction de l’intensité de l’exposition et du profil évolutif propre à chaque individu, la pneumoconiose évolue d’une forme nodulaire simple à la fibrose massive progressive. Les complications possibles des pneumoconioses sont infectieuses, cardiaques ou dégénératives (emphysème, fibrose associée). Il n’existe pas de traitement spécifique des pneumoconioses. La prévention primaire reste le meilleur traitement. La surveillance des sujets à risque est fondamentale pour permettre une reconnaissance précoce de la maladie et une réparation du dommage subi dans le cadre des maladies professionnelles.

La poussière est inhalée lors du creusement dans la roche des travers-bancs (galeries reliant le puits aux chantiers d’abattage du charbon). La mécanisation de l’abattage aggrave cette nuisance puisque les machines (marteaux-perforateurs et marteaux-piqueurs) produisent beaucoup plus de poussières que les outils à main. Jusqu’à la Loi du 2 août 1945, les compagnies minières ne reconnaissent pas la silicose comme maladie professionnelle du mineur.

En 1898, la Loi fait progresser la réparation des accidents du travail à la mine. Généralement, la Compagnie offre au mineur blessé un emploi moins pénible et elle embauche les veuves et orphelins de mineurs décédés d’un accident de travail. En 1879 et 1880, 34 mineurs meurent suite à des accidents du travail dans le Bassin houiller cévenol.

6. Conditions de vie des mineurs

Au XIXe siècle, la révolution industrielle entraîne la concentration de populations souvent étrangères dans les bassins miniers où elles sont contraintes de s’installer. Ces ouvriers doivent être rapidement logés à proximité de leur lieu de travail. Les logements sont d’autant plus difficiles à trouver que prévaut, en cette première moitié du XIXe siècle, une véritable pénurie de logements en France. Les ouvriers recrutés hors du bassin minier vivent donc dans des conditions déplorables.

Durablement marqués par les théories de Saint-Simon, la plupart des capitaines d’industrie mènent une politique « paternaliste » envers leur main-d’œuvre visant à prendre en charge chaque instant de la vie de l’ouvrier, pour assurer son bien-être, mais surtout pour mieux le contrôler. Le saint-simonisme rêve d’un « nouveau christianisme » dont les fondements seraient la science et l’industrie, et l’objectif la plus haute productivité. Par ailleurs, des utopistes imaginent les ouvriers vivant et travaillant en coopérative.

Pour remplacer dans l’urgence les baraquements érigés spontanément par les nouveaux arrivants pour se loger, la compagnie apporte la solution de la « caserne ». C’est un bâtiment en longueur, à deux ou trois niveaux construit à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Les logements d’une pièce sont desservis par des couloirs et des escaliers communs. Bien que cette solution soit peu coûteuse, facile à réaliser et qu’elle permette une surveillance aisée, la caserne comme tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers peuvent se rencontrer, se réunir…, est un « foyer d’immoralité » aux yeux du paternalisme patronal. La Compagnie ouvre des magasins où s’approvisionnent les mineurs. Devenus plus tard des économats, ils feront partie des cibles des revendications syndicales à cause de l’inféodation à l’employeur qu’ils créent et seront interdits en 1910.

A partir de 1860, à la « caserne », la Compagnie préfère la maison individuelle, où l’ouvrier vit en famille et où le jardin potager ne joue pas seulement un rôle économique. Cette maison individuelle s’insère dans une cité ouvrière créée de toute pièce. Le logement accède directement à l’espace extérieur public. D’un seul niveau, il comprend deux pièces. Les critères d’attribution des logements, basés sur la valeur de l’ouvrier à l’atelier, font de ces habitations une récompense sociale.

Ces cités minières ne sont pas habitées par les seuls ouvriers mineurs. Elles logent aussi des cadres et des employés, d’où la diversité des types de maisons et de leur implantation dans la cité. En construisant les cités, la Compagnie veut attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété. Elle cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain… et leur avance de l’argent pour les aider à les aménager. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage et surtout, nouvel ami de l’ordre, il abandonne… les cabarets.

Rappelons les ravages causés par l’alcool parmi les ouvriers aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, St-Jean de Valériscle, premier site d’extraction industrielle du charbon dans la haute vallée de l’Auzonnet compte 14 cafés en 1914 et un mineur peut boire 5 à 6 litres de vin par jour (de faible degré d’alcool, il est vrai !), plus de l’absinthe dont la consommation sera interdite en 1917.

Créer une cité ouvrière de qualité réduit considérablement le « turn over » de la main d’œuvre. Des investissements parfois considérables sont lancés, qui s’ajoutent à l’immobilisation de capitaux exigée par l’ouverture d’un puits de mine, par exemple, mais les compagnies amortissent la dépense grâce à la pratique de loyers suffisants pour rentabiliser l’investissement. En dehors des logements, les compagnies édifient également dans les cités des écoles, église, coopérative, cantine, salle des fêtes, complexe sportif, dispensaire médical, pharmacie…

Créer une cité ouvrière à proximité de son usine n’est donc pas simplement une œuvre philanthropique mais d’abord le fruit d’un calcul de rentabilité du travail. Elle permet en effet de garder à proximité du lieu de production une population réputée très mobile et ainsi de conserver le plus longtemps possible les bénéfices d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette population est attirée par des logements confortables, mais aussi par de nouveaux équipements financés par le patron. C’est un moyen de contrôler la vie de l’ouvrier, en orientant totalement sa vie dans et hors de l’usine, du berceau jusqu’à la maison de retraite.

Au XXe siècle, les ouvriers voient de plus en plus mal un tel contrôle social. Les classes populaires aspirent à la propriété individuelle et à une amélioration de leur condition sociale, au-delà de leurs simples conditions sanitaires. Malgré le contrôle strict des dirigeants patronaux, une telle concentration de populations ouvrières permet, paradoxalement, une meilleure organisation syndicale des ouvriers dans la première moitié du XXe siècle. Ce sont ces mêmes ouvriers qui deviennent souvent les fers de lance des grandes grèves de 1936 en France. Les villages ouvriers constituent l’une des expressions les plus achevées de l’impact exercé par l’industrialisation sur l’organisation sociale en général, et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants  en particulier. Ce type d’urbanisation va se prolonger jusque dans les années 1960, car la pénurie de logements sociaux s’aggrave après les destructions de la seconde guerre mondiale. Il n’en demeure pas moins qu’en France, les politiques immobilières patronales ont engendré dans l’ensemble un habitat ouvrier de qualité médiocre.

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Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Éditions Jean-Michel BORDESSOULES, Saint-Jean d’Angély 2003
  • INTEGR – Institut des Territoires Grand-Combien,
    13 rue des Poilus 30100 La Grand-Combe 06 10 14 01 00 – facebook –
  • Les mines des Cévennes – Michel VINCENT
    – Terre cévenole – St-Hilaire de Brethmas, 2006

 

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Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.01.2018
Dernière mise à jour : 18.08.2018

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Garde dans les mines de charbon

Qui étaient les gardes des mines ? Un documentaire inédit leur est consacré

Le garde, c’était « les yeux et les oreilles de la mine ». Des personnages centraux du coron, mais dont le rôle ambigu a été, paradoxalement, très peu mis au jour. Eux consignaient toutes leurs activités. Grâce à ces archives, le documentaire « Sous l’œil des Houillères » propose un décryptage inédit du système de surveillance du bassin, le S.S.B.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

Dans les corons, le garde des mines était une figure familière. Pourtant, il reste peu de témoignages sur le rôle, bien plus complexe et ambigu qu’il n’y paraissait, de ceux parfois appelés les « hommes en noir ».

Pour un documentaire qui sera diffusé sur France 3 le 6 novembre après Le Grand Soir 3, le réalisateur Richard Berthollet a examiné des centaines de pages des archives du centre minier de Lewarde. En une cinquantaine de minutes, le réalisateur distille des images rares de ces agents qui se «  tenaient soigneusement à l’écart des caméras et des appareils photos  », des témoignages, de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle aux gardes eux-mêmes.

https://player.vimeo.com/video/235353890Teaser du documentaire « Sous l’oeil des Houillères »
from Pictanovo on Vimeo.

Le point de départ ? La bible des gardes

«  Ce documentaire, c’est une histoire qui a commencé il y a dix ans.  » À l’occasion d’un film qu’il réalise sur le Racing-club de Lens, le journaliste se plonge une première fois dans les archives des Houillières. «  Dans une boîte, au hasard, je tombe sur un mémento  ». C’est ce qui donnera corps à ce projet de documentaire. «  Ce premier document, c’est une «bible» du S.S.B. intitulée « Mémento » à l’adresse du personnel du Service de Surveillance du Bassin qui explique, sur une centaine de pages, ses missions et son mode de fonctionnement. Et, parfait contre-point, nous avons également trouvé des trombinoscopes de gardes accompagnés de centaines de procès-verbaux de surveillance couvrant la période du début des années cinquante à la fin des années soixante-dix. Complémentaires, ces documents dessinent les contours idéologiques et opérationnels du SSB.  » Au fil des boîtes rigoureusement classées et conservées par les archives de Lewarde, le pourquoi et le comment de la surveillance se dessine.

Une histoire inédite

«  Je connaissais le garde, mais pas le côté systématique.  » Richard Berthollet, épaulé par l’historienne Marion Fontaine, explore un pan peu connu et rarement traité de l’histoire des mines. «  Il n’existe pas de livre exclusivement dédié à ce sujet.  » Le documentaire fini, c’est «  une immense fierté, d’habitude, on s’aide des livres d’histoire. Là on a fait le boulot avant.  »

«  Il a aussi fallu comprendre qu’est-ce qui a radicalisé l’État.  »

Le documentaire nous entraîne du XIXe siècle – quand les compagnies minières privées font régner leur ordre – jusqu’à la nationalisation.

Alors que les mineurs pensent que la mine va « leur revenir », la surveillance empire et devient un système sous l’effet conjugué des grèves de 1948 et de la guerre froide. Puis s’invitent dans le documentaire et dans les corons les « événements d’Algérie » avant la fermeture des derniers puits qui marque l’extinction du SSB. L’histoire du bassin minier vue sous un jour inédit.

Pour le voir en avant-première ou à la télévision

Le documentaire « Sous l’œil des Houillères » sera diffusé à deux reprises.

Dans un premier temps, une avant-première de ce documentaire de Marion Fontaine et Richard Berthollet est organisée mercredi 11 octobre, à 20 heures au Leaud (Arenberg Creative Mine), sur le site minier de Wallers-Arenberg (rue Michel-Rondet à Wallers-Arenberg). Seront présents Richard Berthollet, réalisateur,

Marion Fontaine, co-auteure, Amy Benadiba, directrice-conservatrice du Centre historique minier de Leward notamment avec qui un échange est organisé à l’issue de la projection.

Réservation indispensable à diffusion@exquise.org ou au 03 20 43 24 32.

Le documentaire sera ensuite diffusé sur France 3, le 6 novembre, après Le Grand Soir 3, vers 23 heures.

Un portrait en clair-obscur

Le garde des mines contrôle la propreté du trottoir après la livraison du charbon, arrange les conflits de voisinage, connaît le prénom de tous les enfants de la famille et peut aussi ramener par l’oreille celui qui dérape… Le garde, agent de « proximité » avant l’heure, est alors aussi un agent de surveillance. Il possède des fiches sur chaque foyer, exerce une surveillance politique et syndicale, comme le raconte le documentaire. Un mauvais rapport du garde, et la demande de logement redescend en bas de la pile. Un bon rapport (contre un tuyau sur un voisin) et on gagne « les faveurs » des Houillères.

Nostalgie

Le portrait brossé révèle un rôle sombre («  entre milices et barbouzes  », dit le documentaire) et qui évolue au fil du temps. Les gendarmes reconvertis en garde des mines laisseront ensuite la place à d’anciens porions. D’anciens gardiens témoignent, racontent certaines dérives mais parlent d’une époque heureuse où régnaient l’ordre et le travail. La nostalgie du temps de la mine n’est jamais loin.

«  Dans ce cas, les personnes regrettent un rapport humain, c’est paradoxal, en direct avec le propriétaire  », rapporte Richard Berthollet, le réalisateur, quand le garde portait leurs voix auprès de la compagnie des mines. Le garde, un personnage plus complexe qu’il n’y paraît au fil du temps, entre la «  fonction d’îlotage  », de proximité rappelée par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, et la menace sur «  les libertés individuelles » que décrit un autre témoin… «  C’est tout ça qui donne à cette nostalgie une certaine ambiguïté que le film tente d’expliciter  », reprend le réalisateur.

P.Drouet

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Par Pauline Drouet | 

Blogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.01.2018
Dernière Mise à Jour : 25.01.2018

La Grand-Combe après la mine, 1995

LGCvueGenerale1.JPGLA GRAND-COMBE

Voici un texte écrit par une professeure à l’École d’architecture de paysage (Université de Montréal, Québec, Canada) dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est particulièrement pessimiste et terriblement réductrice. Mais bon … c’est un point de vue intéressant pour le débat du re-nouveau de La Grand-Combe, ville qui n’a pas cessé, depuis son existence, de relever les défis.

Paysage de mine, paysage miné –
Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait)

Depuis la fermeture des puits en 1985 [1993/2001, NdE], la vie locale de la Grand-Combe, petite ville minière située à une quinzaine de kilomètres d’Alès, est fortement marquée par la crise économique. Le nombre d’habitants (environ 6 500 en 1993) est en déclin, avec une forte proportion d’anciens mineurs à la retraite et de chômeurs.

La configuration du lieu en fait un isolat géographique, enclavé au pied des Cévennes, éloigné des axes de circulation principaux qui relient Alès, Montpellier, Nîmes. C’est aussi un isolat culturel, un microcosme créé pour l’exploitation du charbon au milieu du XIXe siècle. Le déclin de l’activité de la mine est lisible dans l’ambiance de la ville et de ses alentours. Les nombreuses façades aux volets fermés, le rythme de vie ralenti créent une atmosphère engourdie. Au cœur de la ville, les bâtiments de traitement du charbon ayant été récemment détruits, le site du Puits Ricard forme aujourd’hui une friche de 30 hectares s’étendant jusqu’à la gare, béante, grise, fermée au nord par une haute colline de remblais.

  Photo J. Epstein : Mine dans le paysage.

Tout autour de la ville, des vestiges rouillés d’infrastructures industrielles et des éléments de bâtiments en briques rougeâtres parsèment le paysage qui est asséché, avec des terrils qui se consument encore, vers Champclauson, entrecoupé de remblaiements. Le remblai plus visible est celui qui recouvre l’ancien petit village de la Forêt, jouxtant la Grand-Combe juste au nord du site du Puits Ricard. Des pans entiers du paysage sont enfouis sous de tels amoncellements de pierres grises, accumulés à mesure que furent creusées les galeries et lentement reboisés avec des plantations de pins. (Photo J. Epstein.)

Un site façonné par la mine

L’aspect désolé de ce lieu est le résultat de l’activité ancienne de la mine, au moins autant que la conséquence de son arrêt. Les marques du déclin économique sont si fortes qu’on a tendance à oublier que la détérioration du site avait commencé pendant le fonctionnement de la mine. Les terrils, la destruction d’hectares de forêts de châtaigniers remplacés par des pins, l’assèchement de sources et les remblais dus au creusement des galeries se firent dans la durée, lentement. Cette altération se poursuit avec la mine à ciel ouvert par laquelle les Houillères ont remplacé l’exploitation des mines de fond depuis quelques années, étendant les détériorations en amont de la friche industrielle, vers Villefort.

Mais le déclin économique et la diminution du nombre d’habitants depuis la fermeture des puits de fond, jouent aussi un rôle déterminant dans cette évolution. Tant que la Grand-Combe était peuplée et active, les effets destructeurs de la mine s’accompagnaient en effet de pratiques d’appropriation de cet espace par les mineurs, notamment la culture des jardins. Les deux façons dont la mine s’était inscrite dans ce lieu (appropriation créatrice individuelle et collective avec les jardins ; action destructrice globale de l’industrie) formaient une dynamique qui a maintenu pendant longtemps une relation d’équilibre entre le sauvage, la nature cultivée et l’industrie. On peut faire l’hypothèse que les actes de façonnement de ce territoire par les mineurs jouaient un rôle dans le maintien de cet équilibre, aux plans esthétique, morphologique, biophysique et surtout symbolique, influant sur la perception que les habitants avaient de cet espace. Cet équilibre est maintenant rompu ; un certain seuil de détérioration du site par l’industrie semble avoir été dépassé. Aujourd’hui, le déclin des gestes d’appropriation laisse une place prépondérante à l’enfrichement, à l’action destructrice de la mine à ciel ouvert, à l’assèchement et aux ravages causés par les feux. Les actes de façonnement du paysage disparaissent, donnant à voir un pays de plus en plus vide, où la présence des mineurs est de moins en moins visible.

La manière dont les pratiques disparues, les usages encore vivaces, les traces d’anciennes coutumes encore lisibles dans le territoire sont évoqués, décrits, montrés par les anciens mineurs éclaire cette dynamique du déclin. Descriptions et observations permettent de cerner les mutations du rapport entre gestes créatifs et destruction globale du site ; elles révèlent comment est perçue la relation entre le paysage d’ensemble et ses détails ; elles soulèvent aussi des questions sur le changement de statut des mineurs qui passent du rôle d’acteurs à celui de spectateurs des transformations de cet espace, et sur l’évolution de leurs représentations d’un lieu qui, autrefois vécu et approprié, devient aujourd’hui un paysage dont ils perçoivent l’inéluctable dégradation.

Les jardins

Le complexe minier s’est incrusté dans les reliefs accidentés du milieu rural et montagnard cévenol. La plupart des habitants des collines autour de la ville ou des anciens villages cévenols intégrés dans le « périmètre minier » de la Grand’Combe étaient à la fois paysans et mineurs. Les tâches étaient parfois réparties entre la femme qui entretenait le jardin et l’homme qui travaillait à la mine, mais dans bien des cas hommes et femmes étaient employés par la mine et entretenaient le jardin après leur journée de travail. Les jardins étaient situés soit autour des maisons, sur des terrains plats ou en terrasse, soit sur des lots beaucoup plus éloignés de l’habitat principal, le long des chemins des galeries ou dans des prairies. Dans l’évocation de ce que fut ce lieu du temps de l’activité de la mine, ce sont des images de verdure idyllique qui ressortent, images idéalisées de l’époque où la Grand-Combe et ses alentours étaient habités, « vivants », contrastant fortement avec le site actuel décrit comme « vide, triste, sombre, mort ». Ces jardins sont aussi décrits comme les symboles d’une abondance passée, avec leurs récoltes qui assuraient bien plus que l’auto-subsistance de chaque famille, certaines productions étant régulièrement vendues entre voisins. On évoque aussi le marché de la Grand-Combe qui rassemblait – et qui rassemble encore dans une moindre mesure – les mineurs, les paysans-mineurs et les paysans venus des parties plus éloignées des Cévennes.

Les descriptions et l’observation des jardins révèlent aussi des éléments dont on parle moins : la façon dont la mine y était inscrite avec des objets miniers récupérés et « détournés » pour la culture des légumes ou comme objets décoratifs. Ce type de réappropriation est plus évident dans les petites communes autour de la ville, où le nombre de « petits jardins » potagers et d’agrément était autrefois très important. Mais elle existe aussi dans les jardins situés dans la Grand-Combe, sur les collines au-dessus de l’ancien site de la centrale de la Pise. La plupart des objets réutilisés dans les jardins étaient encombrants, lourds, le plus souvent rouillés, tordus, et en très mauvais état. Il s’agit le plus souvent de « rails, ferrailles, tiges de fer biscornues ». (Taurines, Cammarata 1988) Ces différents matériaux étaient le plus souvent réutilisés pour la confection de tonnelles. Les anciens rails qui servaient à la progression des berlines dans les galeries étaient utilisés comme piliers ou comme armatures pour le soutien des grillages, pour les poulaillers ou les clapiers ou pour confectionner des clôtures. Les anciennes boiseries en pin étaient réutilisées pour construire des réduits et des garages. Des objets isolés étaient aussi réutilisés, de façon plus décorative : berlines servant de bacs à eau pour l’arrosage, morceaux de charbons mis en évidence dans une partie du jardin.

Ces pratiques de réappropriation s’apparentent à celles des milieux ouvriers ; c’est « la perruque » dont parle de Certeau (1980 : 68-74). Elles donnent à la culture utilitaire des jardins une dimension créatrice, personnelle. Cependant, ces « détournements » sont peu pensés en termes esthétiques et restent très étroitement liés à des fonctions utilitaires. Ils reflètent autant une relation de dépendance vis-à-vis de la mine qu’une créativité individuelle librement réappropriée. Les anciens mineurs parlent peu des conditions de récupération de ces objets, où se lit la dépendance dans laquelle ils vivaient : les petits lopins de terre cultivés en jardins avaient souvent été loués ou vendus par la mine, la réappropriation et la réutilisation des objets avaient même été codifiées par les Houillères, chaque mineur achetant à bas prix sa part de ferrailles au cours de ventes s’effectuant régulièrement. Par cette récupération, comme par les autres conditions de la vie quotidienne (logement, éducation, soins…), « le mineur, peu à peu (…) s’instituait comme membre de la famille minière ». (Taurines, Cammarata 1988)

L’ambivalence entre réappropriation et dépendance semble expliquer la discrétion de ces marquages, leur absence d’ostentation. Quand ils étaient entretenus, les terrasses et jardins cultivés constituaient dans le territoire des fragments de nature verdoyante, parfaitement visibles, mais les détails du marquage des jardins n’étaient pas perceptibles de loin. Hormis quelques rares cas de mise en scène d’éléments bâtis de la mine (anciens puits entourés de fleurs), ces jardins dénotent l’inscription de la mine de façon ponctuelle, comme en pointillé. Les objets, comme la berline ou le morceau de charbon, peuvent être montrés avec fierté, mais la lecture de ces ensembles d’inscriptions n’était possible que par un regard rapproché, en nuances et vues de près. Les jardins étaient habituellement faits par les mineurs en prévision de leur retraite. Pour les retraités, de moins en moins nombreux, qui continuent à les entretenir, la présence des marques d’appropriation contribue encore à donner un sens « minier » à cet espace, avec toutes les ambivalences et les contradictions de la mine – valorisation/dévalorisation, fierté/dépendance. Mais cette lecture est bien plus elliptique qu’elle ne fut. Ces marques, ces repères sont de plus en plus ténus dans le paysage. Les terrasses et les jardins abandonnés, le « retour à la nature sauvage » et l’enfrichement qui « assombrissent » le lieu sont évoqués comme une évolution inévitable.

L’action destructrice de la mine

Certains usages de la nature (promenades en forêt, cueillette de champignons, baignades), qui ont toujours eu de l’importance, donnent aujourd’hui au mineurs un statut de témoins de l’action destructrice de la mine.

L’évocation des promenades en forêt autour de la Grand-Combe est le prétexte à décrire des coins de nature où on se réunissait l’été, « au frais » ; ce sont des lieux valorisés, comme les jardins, pour leur verdure et la présence de l’eau. Ces lieux, situés à l’intérieur du « périmètre minier », sont tout proches de la ville, mais cachés, « dans la forêt » ou le long du Gardon. Dans certains cas, l’usage « récréatif » et l’agrément contemplatif du lieu s’accompagnaient et s’accompagnent encore de gestes d’appropriation. Juste au-dessus de la Grand-Combe, vers le lieu-dit La Forêt, des cabanes et des bancs ont par exemple été construits de façon tout à fait sommaire par des familles maghrébines qui viennent encore s’y réunir et célébrer des fêtes. Mais si certains de ces usages sont encore vivaces, la plupart des lieux évoqués ont disparu, enfouis sous les remblais de la mine. Les anciens lieux de promenade maintenant recouverts de pierres sont décrits comme ayant été des oasis jadis « frais, verts, avec des sources ».

Au-delà de l’idéalisation propre à la mémoire, les anciens mineurs décrivent des souvenirs précis de ruisseaux, de chemins, avec maints détails sur la disparition d’espèces animales, de plantes, de sources. Ces lieux sont ceux devant lesquels ils passent chaque jour depuis plusieurs décennies, dont ils connaissent les détails, dont ils ont vu les plus petits recoins disparaître. Ils montrent aussi des coins de nature ou des lieux-dits qui sont encore visibles, mais déjà inaccessibles, et dont on sait qu’ils seront bientôt enfouis par la mine à ciel ouvert, dans le creux de la combe. C’est le cas notamment du petit village de Notre-Dame de Laval, en contrebas du Mas Dieu, où se trouvaient de nombreux objets miniers réutilisés dans le cimetière et l’église. Ces repères sont de plus en plus réduits, encerclés par la mine à ciel ouvert ou déjà enfouis. Les derniers indices des coutumes associées au mode de vie minier sont dominés par l’image d’ensemble de la dégradation.

En décrivant ainsi ces détériorations, les mineurs montrent une conscience fine des transformations de leur espace, jusque dans ses composantes écologiques. Cette observation consciente est d’ailleurs devenue une conscience paysagère, qui semble née de la déprise industrielle, et de l’évolution de leur statut. Autrefois acteurs des transformations de cet espace, ils ne sont plus aujourd’hui que les spectateurs de ce qui devient dès lors un paysage. Mais ils révèlent aussi leur impuissance face à ces mutations. Cette absence de « prise » (Berque 1992) sur le devenir du paysage n’est pas spécifique à cette situation, mais ici le fatalisme et le sentiment d’impuissance sont peut-être accentués par l’ambivalence créée par la mine, les anciens mineurs ayant participé malgré eux, par leur travail, à ces détériorations dont ils perçoivent aujourd’hui les conséquences visuelles et écologiques.

Deux autres points sont importants à relever. Pendant l’activité de la mine de fond les mineurs voyaient la nature se détériorer lentement et les coins de nature disparaître peu à peu. Or, c’est seulement depuis la fermeture de la mine que le déclin est perçu comme irréversible (???, NdE]. Il semble donc probable que pendant l’activité de la mine, la perception des détériorations globales du paysage, à laquelle s’ajoutait la perception des nuisances dues au traitement du charbon, étaient compensées par la vitalité de la culture quotidienne. Dans le même sens, le rôle de l’appropriation d’objets de la mine dans les jardins peut être interprété comme un palliatif, ou encore un antidote, à l’action destructrice de la mine. Créer et décorer des zones de verdure avec les objets de l’industrie qui la détruisait peut avoir été pour les mineurs une façon d’annuler symboliquement les actions destructrices, dont ils n’étaient pas les « décideurs », mais auxquelles ils participaient.

Mais la signification des gestes d’appropriation qui se construisaient à travers un bricolage de valeurs et de connaissances, ne saurait se réduire à cette seule fonction symbolique. Cette interprétation laisse ouverte en particulier la question du rôle concret des gestes de réappropriation dans la formation morphologique et esthétique du territoire, dans sa dynamique biophysique. La compréhension des significations culturelles de ces gestes gagnerait à être complétée par une analyse de leur rôle physique et « écosystémique », par une étude reliant ethno-botanique, géographie et écologie. Il serait notamment important de connaître leur apport dans le maintien des ressources en eau, analysant en quoi l’entretien des jardins jouait un rôle dans l’irrigation des terres, en quoi leur abandon a contribué à l’assèchement.

Absence d’ostentation et authenticité

L’importance de la proximité du regard, dans le marquage des jardins, dans les promenades, dans l’observation des détails de leur espace, semble laisser croire que les anciens mineurs aient été et seraient encore étrangers à la notion de paysage comme ensemble visuel cadré, vu de loin, hérité de la tradition picturale. Or, même si les « vues de près » semblent prédominantes, il serait simpliste de réduire leurs formes de regard actuelles et passées à ce seul registre. Comme dans toute perception, le rapport au paysage se jouait et se joue dans une imbrication complexe de vues proches, lointaines, d’images cadrées, mobiles, d’ambiances. C’est l’« expérience variée » dont parle Wittgenstein (1958), la dynamique « phénoménologique » de la perception dont les interactions sont aussi denses que celles du bricolage de sens par les gestes (Epstein 1984).

Par contre, il est une caractéristique qui semble spécifique à cette situation : l’absence d’ostentation dans leurs manières de parler du site. Cette absence d’ostentation que nous avions relevée dans le marquage des jardins, se manifeste tout particulièrement par une quasi-absence de représentations picturales de l’espace et par une résistance de la part des anciens mineurs à la mise en spectacle du paysage. Il y a une volonté tacite et parfois clairement énoncée de ne pas « mettre ce lieu en paysage », de ne pas en faire un objet de consommation.

Les anciens mineurs connaissent bien, soit par les médias, soit par les actions de requalification qui ont pris place à la Grand-Combe même, les discours institutionnels qui ont aujourd’hui cours sur la « mise en paysage » des espaces (Lizet 1991 ; Cloarec, de la Soudière 1992). Les projets de réaménagement du site minier s’appuyaient sur la nécessité d’un changement d’image du site, d’une mise en valeur de son paysage, d’un développement du tourisme comme alternative à la mine. Mais ces tentatives de requalification n’ont trouvé aucun écho chez les anciens mineurs et se sont soldées par un échec. Cette situation est tout à fait différente de celle d’autres régions en crise (zones post-industrielles ou rurales) où certains chercheurs ont relevé une « intériorisation », par les habitants, de modèles paysagers valorisés dans le cadre du tourisme, et qui finissent par coexister avec les modes anciens de représentation de l’espace (Cadiou 1991). Ici, le devenir du site continue à être associé à la détérioration, à la toute-puissance de la mine, maintenant à ciel ouvert. La mise en valeur de tout « potentiel touristique » est dévalorisée ; ils n’y croient pas. [???, NdE]

Judith Epstein

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Source originale : books.openedition.org
Consultez la source : plus complète (notes, références …)
Titre original : Paysage de mine, paysage miné – Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait, p.123-133)
Editeur : © Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1995
Auteure : Judith Epstein, professeur à l’École d’architecture de paysage, Université de Montréal, Québec, Canada.

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Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

L’huissier assassiné de La Grand-Combe

1934 – Nîmes, le 14.08 : le journal L’Express du Midi informe ses lecteurs :

MeurtreHuissierLGC18.08.1934

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La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran

La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran
Au premier rang, l’invité d’honneur de Rémy et Marc, Raisin Laupies. [DR]
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Deux cinéastes amateurs font revivre ce fait divers de 1934.

Un ciel gris et des températures frisquettes. Toutes les conditions étaient donc réunies pour venir passer une partie de l’après-midi de mercredi, au chaud, dans la salle Marcel-Pagnol.

C’est là, en tout cas, que le cinéaste amateur Marc Laforêt et Rémy Jouvert, ce dernier étant l’auteur d’un documentaire historique sur l’affaire Fabreguettes, proposaient d’assister à la projection de leur film sur ce sujet. Deux horaires, à 15 heures et 18 heures, avaient même été proposés afin de toucher un maximum de personnes.

Le précieux témoignage de Raisin Laupies, 101 ans

Petit retour dans le passé pour se remémorer ce fait divers cantonal, qui avait défrayé la chronique en août 1934. Un huissier grand-combien, Albert Étienne, avait été assassiné au Mas Dieu. L’auteur de ce crime, Marius Fabreguettes, un jeune Masdivin qui avait avoué son crime, quelques jours après de vaines recherches. Condamné au bagne de Cayenne, il reviendra en France en 1949, et même au Mas Dieu, après qu’une erreur administrative le lui a permis.

Dans la salle, mercredi après-midi, assis au premier rang, se trouvait Raisin Laupies, invité d’honneur des deux historiens et doyen de la commune de Laval-Pradel, arborant fièrement ses 101 printemps, qui avait très bien connu Marius Fabreguettes. Son témoignage, recueilli en avant-première, chez lui, chemin de l’église, au Pradel, voici quelques semaines, avait tout de surréaliste.

Raisin se rappelait, en effet, de cette histoire, qui avait mis le village et ses environs en émois, comme si elle s’était déroulée hier. Il côtoyait ce fils de menuisier du Mas Dieu, « qui montait pratiquement chaque jour au Pradel avec sa moto ». Et d’ajouter : « Nous nous étions joints aux nombreuses personnes en plus des services de gendarmerie qui se prêtaient aux recherches. Mais jamais je n’aurais pu penser que cela soit lui l’assassin. Et lorsqu’il était revenu au pays, j’avais fait en sorte de ne pas le rencontrer. »

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De son côté, fort du travail déjà réalisé par son ami Rémy Jouvert, Marc Laforêt projette de réaliser un film sur cette affaire. « Pour cela, je peux déjà compter sur les nombreux personnages qui ont joué dans Galinette le retour, dit-il. Mais la reconstitution des décors de 1930, les costumes et les véhicules coûtent chers. Je lance donc un appel aux généreux donateurs pour leur aide précieuse. »

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Source : MidiLibre
Publié le 27.09.2016

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 29.12.2017

La Grand-Combe ville fleurie ?

La Grand-Combe est-elle une ville fleurie ? Si l’on ne peut pas vraiment l’affirmer, ce ne sont pas les efforts qui manquent pour que cette ancienne ville au passé minéral, se reconvertisse franchement au végétal, qu’elle possède depuis un temps ancestral.

Au Concours des Villes et Villages Fleuris, concours créé en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement et les espaces verts urbains, la commune de La Grand-Combe ne se classe que dans la catégorie la plus faible, avec une seule et timide fleur sur son panneau d’accueil, alors qu’il y en en quatre possibles.

Ne pensez-vous pas que c’est un devoir collectif pour tous les habitants de la commune, pour faire en sorte que cela change ? sans attendre tout d’une mairie qui a de nombreux autres projets à réaliser ? Et de même que la ville a représenté l’excellence des minéraux (charbon), pour quelle raison ne le serait-elle pas dans le domaine des végétaux décoratifs ?
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La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies
Photo DR : Le plateau de Bouzac sera envahi par les fleurs et les plantes.
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I / Les Floralies à la Grand-Combe

2017 (30/04) –  » Outre des milliers de fleurs, le plateau du Bouzac accueillera le marché aux plants dimanche 30 avril.

Déjà la 28e édition prévue ce dimanche 30 avril sur le plateau de Bouzac. Chacun garde le souvenir du lancement des Floralies et son jardin extraordinaire implanté dans la salle Marcel-Pagnol. Depuis, l’événement grandcombien a su résister et subsister même, preuve qu’il tient encore toute sa place dans ce programme des festivités locales.
Un petit changement toutefois en ce mois d’avril, le fait que ces 28e Floralies n’auront plus de support comme cela était le cas pour les précédentes.

Pour simple rappel, une réalisation municipale en ville ou dans les quartiers, ayant trait à l’environnement, mais aussi à son embellissement, était inaugurée ce jour-là. On se souvient alors du rond-point Toschi, du jardin sur l’esplanade, de la place Baptiste-Marcet, du kiosque à l’entrée de ville, (déplacé sur l’esplanade), des jardins du Riste, du Mazet du rond-point Francis-Berger, et bien d’autres bien sûr.

Dimanche, donc, ces Floralies se limiteront sur le plateau Bouzac entièrement fleuri, où aura également trouvé place le grenier cévenol, mais aussi le marché aux plants, avec ces variétés méditerranéennes économes en eau, ainsi que quelques animations pour les enfants.

À noter, durant l’après-midi, le concert à l’église, à 16 heures, avec l’ensemble vocal varois Cœurs en chœur. »

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II / La Grand-Combe, ville qui aime la végétation

Si l’on consulte les voies de circulation de la Grand-Combe ont constate que nombreuses sont celles qui portent le nom de végétaux : 18% des noms les concernent.

rue ABILON FORÊT – rue des AIRELLES – 6 voies pour l’ARBOUX – rue des ARBOUZIERS – rue des ARMOISES – chemin de l’ARUM – chemin de l’AUBÉPINE – chemin et rue des BRUYÈRES – camp et rue des FOUGÈRES – rue des CÈPES – rue des CHÂTAIGNIERS – chemin du CHÊNE – rue des CHÊNES VERTS – rue du CHÈVREFEUILLE – rue des CYPRÈS – rue des ÉGLANTIERS – avenue des FLEURS – rue des GENETS – HLM la PINÈDE – impasse des JARDINS – rue des MARRONNIERS – rue du MURIER – rue et impasse des OLIVIERS – passage de la TREILLE – citée, impasse et rue des PELOUSES – rue des PERVENCHES – rue des PEUPLIERS – chemin et rue de la PINÈDE – chemin des PINS – rue des PLATANES – rue des PRÉS – chemin des ROSIERS – rue des SORBIERS – rue du THYM – rue des TILLEULS – avenue des TROÈNES – rue des VIOLETTES.

et pour arroser toute cette verdure, une goutte d’humour avec :

l’impasse BACH (rivière en allemand) – impasse et rue des BAINS – chemin du (ruisseau) BERBÉZIER – passage (de la rivière) du GARDON – rue des LAVOIRS – passage des PUITS – chemin du RUISSEAU et rue du RUISSEAU PROLONGÉE – rue des SOURCES.

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Source : MidiLibre.fr
Titre original : « La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies »
Publié le : 03.05.2017

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 26.12.2017
Dernière mise à jour : 26.12.2017

Skier à la Grand-Combe ? (video)

Loisinord
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Dans le Nord, à 62290 Noeux les mines (Loisinord), ils l’ont fait.
Au Sud-Ouest, à 81450 Le Garric-Carmaux (Cap Découverte), ils l’ont fait !
Alors quand le fera t-on sur la commune de La Grand-Combe ?
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LOISINORD (vidéo)
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https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/export/player/Mineur00293/wide
Pour visionner la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessus.
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CAP DÉCOUVERTE (vidéo)
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Source Loisinord : fresques.ina.fr
Source Cap Découverte : Youtube

Texte et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 23.12.2017
Dernière remise à jour : 23.12.2017

Lieux aux alentours de La Grand-Combe

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Photo : église le Laval (-le Pradel).

I – COMMUNES A MOINS DE 17 km DE LA GRAND-COMBE

  • ALÈS
    via N 106 – 13,8 km – 17 min. – CP 30100
    Anciennement Alais, s/préfecture du Gard, capitale des Cévennes, 39 993 habitants en 2014 et sa communauté d’agglomération 99 378 habitants en 2013.
    – Aérodrome de Deaux-Alès
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  • BRANOUX-LES-TAILLADES
    via N 106 et D 154 – 4,8 km – 8 min – CP 30110
    Réunion de Branoux et des Taillades,
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  • CENDRAS
    via N 106 – 10,4 km – 13 min – CP 30480
    commune de la Vallée du Galeizon
    – Médiathèque Jean Pierre Chabrol
    – École de musique
    – Biosphéra
    – Association Galei’jades
    – Centre socioculturel Lucie Aubrac
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  • LAMELOUZE
    – via D 154 – 13,5 km – 26 min – CP 30110
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  • LAVAL-PRADEL
    – via D 297 – 4,8 km – 9 min
    – Cette commune est le résultat de la réunion de Laval et du Pradel
    – On compte +36 lieux-dits à Laval-Pradel : Avillon, l’Antoinette, l’Aubarède, la Blanque, Broussou, Cadacut, Cassagnes, Cassagnettes, le Claux, les Codes, Combes, les Costettes, Fourjeasse, Fourniou, Gourp du Peirau, Guiraudenque, l’Hirondier, Laval, Maison Abric, Malbosc, le Mas Dieu, le Mathieu, le Mazel, Montloubier, le Moulinet, les Oules, le Plantieiras, le Pluzor, le Pontil, le Pradel, la Ramadière, Redoussas, les Roches, Romeyere, la Rouvière, la Rouvilhouse, Segnas.
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  • Le Martinet
    – D 128 et D 59 – 9,5 km – 13 min
    – 1. [le martinet (à fer) est un [gros marteau à bascule, longtemps mu par l’énergie hydraulique d’un moulin à eau, et utilisé depuis le Moyen Âge pour des productions industrielles diverses comme la fabrication du papier, du tan, du foulon, du chanvre, le forgeage du fer, le battage du cuivre. Source Wikipédia.]
    – 2. [« Martinet » est un nom très répandu, surtout dans la région de l’est, dérivé de Martin, nom de baptême représentant le nom latin « martinus » ;  ce nom a été popularisé par l’évêque de Tours, évangélisateur de la Gaule. Source Filae.]
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  • PORTES
    – via D 128 et D 906 – 10,7 km – 14 min – CP 30530
    – Portes (30530), en occitan, Pòrtas, est une commune dont les habitants sont appelés les Portésiens et les Portésiennes. Son château, classé monument historique est baptisé le Vaisseau des Cévennes. C’est une pure merveille érigée à partir du XI°siècle dont l’état dégradé est dû à l’effondrements de galeries minières dans les années d’après guerre 14-18, et son bel aspect actuel, à 30 ans de restauration par le chantier de l’association REMPART.
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  • SAINT-JULIEN-DES-POINTS
    – via N 106 – 13,9 km – 22 min 112 hab (2014) – CP 48160
    – commune de la Lozère dont l’altitude varie de 248 à 725 m.
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  • SAINT-JULIEN-LES-ROSIERS
    – via N 106 – 16,4 km – 20 min – CP 30340
    – [Commune de 3 000 habitants située à 5 kms au nord-est d’Alès sur la voie départementale RD 904 qui relie le haut Gard à l’Ardèche. La commune s’étend sur 1400 hectares : deux tiers du territoire sont boisés (chênes verts, châtaigniers, pins), quelques hectares de landes et de bancels en friche qui abritent une faune de sangliers, lièvres, lapins, perdrix ; le tiers restant se situe dans la plaine et se partage entre exploitations agricole, pâturages et urbanisation pavillonnaire. La commune se situe entre 155 et 545 mètres d’altitude.]
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  • SAINT-MARTIN-DE-VALERISCLES
    – ancien non : SAINT-MARTIN-DE-VALGAGUE
    – via N 106 – 12,7 – 14 min
    1761 – [Le sieur Gilly qui possède une minière dans la paroisse de Saint Jean de Valériscles, au lieu dit La Nougarède, y installe une verrerie. Source G.R.Gally p.192.]
    1936 Nougarède et Rimes – existent déjà, citées ouvrières crées par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – Cette petite commune de 745 habitants, située dans l’ancienne vallée minière de l’Auzonnet, dispose d’un camping et d’une piscine, installés dans un écrin de verdure. La restauration du quartier médiéval du Barry et de son église romane est achevée : de nombreuses maisons sont rénovées. Les anciennes demeures constituant les anciens remparts, les passages voûtés et ruelles étroites invitent le promeneur à voyager dans le temps. Une auberge est installée dans une tour défensive et offre des chambres d’hôtes à cet ancien fief des seigneurs de Budos, barons, puis marquis de Portes, dont le château est visible depuis le village. A visiter également son musée des blasons (rue de la Tournelle).
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  • SAINTE-CÉCILE D’ANDORGEcommune : via N 106 – 9,9 km – 13 min
    – lac : à seulement 6 min de La Grand-Combe
    – Camboux (lac des)
    1950 – créé suite à la construction dans les années du barrage hydraulique (vidéo) éponyme, on peut y pratiquer : baignade, canoë, canyoning, pêche, pédalos,  pique-niquestand up paddle. Base pour : bivouac, escal’arbre, escalade, VTT pump track, tyrolienne, randonnée naturaliste, spéléologie.
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  • LES SALLES DU GARDON
    – via D 128 et N 106 – 1 km – 3 min – CP 30110
    1345 – un manuscrit de indiquerait une origine germanique : « sala » signifiant château ; mais plus sûrement « salle », grotte : les rives du Gardon abritent nombre de grottes qui auraient servi d’hôpital pendant la guerre des Camisards.
    1825 – 1830 – Pierre Soustelle, maire de la commune des Salles du Gardon,
    1955 – Soustelle : nom donné au pont construit sur le Gardon qui relie cette dernière à la Grand-Combe. Sur cet ouvrage fut installé le restaurant Planque qui fit les délices des grand-combiens de la deuxième partie du XX° siècle (aujourd’hui bureau de tourisme.)
    – L’Habitarelle
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : [Bitarelle est un nom de famille, représentant un variation d’un nom de hameau la Vitarelle, forme avec aphérèse de l’occitan « habitalera », a désigné à l’origine (une) maison-grange isolée , puis par extension, au Moyen Âge, une auberge-relais située sur les chemins empruntés par les voyageurs. Source Filae.]
    1787 – [Jean François d’Aigalliers de Joly obtient d’installer une fabrique à « la Bitarelle », près de la Grand-Combe. Source G.R.Gally p.192.]
    – L’Impostaire
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : à défaut de mieux, [« postaire » est une forme francisée de « poster », nom alsacien désignant (un) messager a cheval, (un) courrier. Source Filae.]
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  • SOUSTELLE
    – via D 283 – 9,9 km – 18 min
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    §
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    II – LIEUX DITS ET QUARTIERS

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    La Grand-Combe
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  • Champclauson
    – au Nord de la Grand-Combe.
    1936 – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – centre équestre – centre de vol à voile et d’ULM (aérodrome de La Grand-Combe-Alès) – La Forêt de Fossiles
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  • La Forêt (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
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  • Le Gouffre
    – du nom de la Montagne qui surplombe les lieux.
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  • La Levade
    1936
    – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
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  • Les Pelouses (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
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  • La Pise
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  • le Pontil (citée du)
    1936
    – elle existe déjà, cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
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  • Ribes (citée de)
    1914 – édification de la citée ouvrière de Ribes
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  • Le Riste
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  • Sans nom (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
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  • Vallée Ricard
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  • Trescol
    18??
    – érection du temple protestant évangéliste de Trescol
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  • Sainte Barbe
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    ANNEXES

    Anciennes colonies de vacances pour les enfants des Houillères du Centre Midi
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  • Barre des Cévennes (48)
    colonie de vacances
  • (Les) Brousses (30)
    vidéo rallye des Brousses

    colonie de vacances
  • (Le) GRAU du ROI (30)
    1936 – Colonie de vacances au bord de la mer pour les enfants de mineurs
  • Malataverne
    colonie journalière
  • (Le) Pont de Monvert (48)
    Colonie de vacances
  • (La) TOUR du VIALA (48)
    1936 – Colonie de vacances de 400 hectares aménagés en montagne pour une centaine d’enfants de mineurs, reçus simultanément.§Première publication le : 01.12.2017
    Rédaction : Mas de la Regordane
    Dernière mise à jour : 02.12.2017

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    Rédaction : Mas de la Regordane/GD/L2F
    Première publication : 01.12.2017
    Dernière mise à jour : 06.12.2017

Livres et écrits sur La Grand-Combe

1/ La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton

La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton

Cet ouvrage est la suite – et le complément – de La Grand-Combe en Cévennes, jadis canton de gueules noires…, paru en 1989, un document qui a connu plus qu’un succès d’estime ; mais dans le présent livre, les coauteurs ont voulu privilégier surtout le travail, la peine, des mineurs d’un canton qui leur est cher et dont la récession économique, due à l’arrêt de l’exploitation au fond, les a émus.

Cette étude, à la fois économique et sociologique, qui n’est certes pas exhaustive, se présente comme une sorte de triptyque.
– Dans le premier volet est évoqué le travail, durant près d’un siècle et demi, des gueules noires dans les mines et le trajet du charbon depuis son extraction dans les chantiers ou les tailles jusqu’à sa commercialisation ;
– dans le second, est présentée l’exploitation des découvertes, le travail des tractoristes et conducteurs d’engins bien différent de celui de leurs aînés, et les problèmes (emploi, environnement) qu’elle pose ;
– le dernier volet est consacré à la mort des puits à la fin des installations du jour, aux friches industrielles et aux perspectives d’avenir pour ce canton cévenol.

Ce livre est une étude objective, écrite très simplement par trois complices qui connaissent bien ce dont ils parlent : non seulement ils sont nés, de parents gueules noires, dans ce pays ; mais ils ont eux-mêmes œuvré dans les mines : durant de nombreuses années pour deux d’entre eux, pendant une dizaine de mois pour le troisième. Et ils ont suivi, avec beaucoup d’intérêt, mêlé de crêve-coeur (et de nostalgie), tout ce qui s’est passé, à La Grand-Combe et dans son canton, depuis près de trente ans.

Comme La Grand-Combe en Cévennes…, ce livre d’une amitié et une mémoire par 14 images est enrichi de plus de 140 documents iconographiques : cartes et plans, cartes postales anciennes et photos récentes. Il porte témoignage et permet de mieux connaître et, partant, d’aimer, une terre et des hommes qui ont fait si longtemps, par leur travail, leur sueur et leur peur, la prospérité de plusieurs cantons de la Cévenne, des Cévennes. Région : Languedoc-Roussillon / France

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2/ L’exploitation des houillères en Languedoc
et le marché du charbon au XVIIIe siècle

ConcTubeuf

Auteur : Guy-Roland Galy
Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale – Année 1969 – Volume 81 – Numéro 92 pp. 163-195

SOURCE et LECTURE DES PAGES > cliquez sur le lien : www.persee.fr

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3/ LES VISAGES ET LES VOIX de Patrick LAUPIN

Les Visages et les Voix : Le Chemin de la Grand-Combe par Laupin

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Il est des livres qui traversent les années et trouvent toujours leurs lecteurs, contrairement à de nombreux autres qui, au bout de six mois, quittent définitivement l’étal des libraires, bien qu’on en ait abondamment parlé dans les journaux à la mode. L’ouvrage de Patrick Laupin, Les Visages et les Voix, appartient à la première catégorie. Sa première édition, chez Cadex, remonte à 1991, elle fut suivie d’une deuxième chez Comp’Act en 2001 et en voici la troisième chez un nouvel éditeur, La Rumeur Libre, qui se distingue par son exigence…

Patrick Laupin est issu d’une famille de mineurs du bassin houiller des Cévennes. Il a passé une bonne partie de son enfance dans ce milieu, il en a conservé des souvenirs très vifs et, à l’heure de la fermeture des puits et ensuite, il revient sans cesse sur les lieux. Au-delà des souvenirs d’enfance dans lesquels se mêlent les êtres et les paysages, c’est l’enfouissement d’un groupe ouvrier dans l’oubli par le biais de la destruction de leur outil de travail qui se dit dans ce beau livre souvent émouvant, mais toujours d’une grande rigueur intellectuelle.

Et c’est une ode à la classe ouvrière qu’écrit Patrick Laupin : calmement, avec une pudeur jamais prise en défaut, avec un respect de chaque instant…, à l’opposé de la condescendance de certains politiciens qui se penchent sur la France d’en-bas ou du mépris d’autres qui s’apitoient hypocritement sur les travailleurs qui se lèvent tôt. La démagogie est totalement absente de ces pages: Patrick Laupin n’attend rien de ces hommes et de ces femmes dont il parle, car il leur doit déjà tout: “J’ai toujours éprouvé tenir mon langage de cette vallée arborescente de fougères, de cette terre austère et patiente rythmée par le labeur. Enfance, amour et mémoire, ce livre est le souvenir, toujours vivant en moi, de ceux de ma famille, qui travaillèrent à la mine.” Mieux, il entend redonner la parole à une corporation qu’on a voulu réduire au silence, à l’inexistence: “Et je suis convaincu que des êtres restent à jamais séparés des autres lorsqu’ils ont une expérience impossible à transmettre.” Car la première violence faite au travailleur qu’on prive de son travail, c’est le silence qu’on lui impose…
Ce livre est inclassable, il se joue des genres littéraires: ce n’est pas un roman, ce n’est pas un récit, ce n’est pas un essai, c’est la succession de trente-six textes (souvenirs, descriptions, proses au statut indéterminé, poèmes en prose, vers, propos d’anciens mineurs…) dont quatre sont composés exclusivement de paroles de mineurs recueillies sans doute par l’auteur.

Patrick Laupin ne décrit pas pour le simple plaisir de décrire mais pour capter quelque chose de profond qui renvoie à la construction de son identité, même si le lecteur appréciera de très beaux passages comme celui-ci:

Il y a l’émergence d’un vide dans cette lumière de plomb gonflée d’un creux d’éther, d’un bleu étale vrombissant du jaune et du vert les plus limpides, du mauve violet parfumé d’orage, d’orange des chênaies, de lueurs presque rousses, du jaune vieil argent des ormes guetteurs arqués en à-pic.

L’écriture est exigeante, précise, minutieuse, mais le réel reste en équilibre instable, prêt à s’évanouir si l’attention du lecteur vient à manquer : c’est une écriture à lire lentement pour ne rien perdre de ce qui se dit dans ces pages, une écriture à l’opposé du bavardage contemporain, dans lequel un mot chasse l’autre, un livre chasse l’autre.
Dans le dernier texte, « le Chemin de la Grand-Combe », les phrases commencent et ne se terminent pas, font de la place à une autre phrase qui, à son tour…

Ainsi Patrick Laupin ouvre-t-il de multiples perspectives qui ne s’annulent pas, mais s’ajoutent pour dire le monde dans sa diversité, car la richesse du réel ne s’épuise pas et tout se mêle alors. Le style de Patrick Laupin (son phrasé, car, le lisant, c’est aussi une voix qu’on entend) est reconnaissable entre cent autres.

Il s’agit toujours de dire, de lutter contre le non-dit, de dépasser “l’informulable, l’indéchiffrable, l’intransmissible” , de vaincre ces zones d’ombre pour rendre aux humains d’ici – les mineurs et leurs proches – une dignité que la société de la marchandise, avec sa sacro-sainte rentabilité, leur a déniée. Et c’est alors toute la beauté d’un travail, toute la noblesse d’une vie ouvrière qui se donnent à lire, qui se transmettent par ce livre. Modestie et dignité d’une vie austère et grandiose :

… les cabas de cuir où l’on emmène juste ce qu’il faut manger. le même que l’on garde toute une vie, des années.

le contraire exactement d’aujourd’hui où tout se jette dès qu’utilisé une fois. Car la vie humaine aujourd’hui est jetable. Alors, dans ce travail ingrat et dur, c’était la vie en ce qu’elle est irremplaçable, la vie au travail avec ses luttes contre la matière, contre l’exploitation, contre les risques, la lutte pour vivre mieux, la solidarité, l’amitié… Il fallait dire et répéter ces choses simples qu’actuellement les penseurs de deux sous, bien en cour, qualifient d’archaïques et de ringardes :

Les mineurs en grève sur le carreau, l’embrasure énorme et monstrueuse du puits sans un bruit. Vide noir sacré.

Notre époque entend faire table rase de ce qui n’est plus rentable au prix de vies brisées: il lui faut tout enfouir dans l’oubli, jusqu’à la mémoire pour que la contestation ne gêne pas le règne de la marchandise. Patrick Laupin entend ici redonner vie à certains de ces hommes sacrifiés par l’économisme ambiant. Il y réussit fort bien.

Les mineurs ont recouvré leur mémoire. Il leur prête sa voix : un homme parle dans la cacophonie du spectacle généralisé qui n’est que silence de mort. Un homme parle et le sens alors s’élève, pour tous ceux qu’on a privé de mémoire et de parole, un sens s’élève, donné en partage pour que se réunisse enfin le plus grand nombre qui n’a rien à attendre en dehors de la lutte. Reste au lecteur à se confronter à cette absence qui devient présence : l’avenir est de retour.

ISBN : 2355770042
Éditeur : LA RUMEUR LIBRE EDITIONS (10/10/2008)
Source : Lucien WASSELIN, le 20 juin 2017
La Tribune de la Région Minière, 3317, p.4, 2009
(à propos de Les Visages et les Voix)

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IV / Le Puits Sans-Nom

Couverture

Le Puits Sans-Nom

Par : Mireille PLUCHARD
Édité par : Presses de la Citée

Source : GoogleBooks (belles pages à lire)
Dans les Cévennes, au milieu du XIXe siècle, le récit d’une belle amitié entre deux familles liées par le travail de la mine, faisant fi de leurs différences d’origine.

En 1830, les Théraube habitent le mas de Joncas, accroché à la montagne cévenole. Les temps sont durs… Sur cette terre ingrate, malgré le labeur incessant du père dans la vigne la châtaigneraie, les récoltes sont peu généreuses. Et la disette a emporté la petite Suzanne. La mère travaille dans une magnanerie. Emile, le fils aîné, apprend, lui, la rude vie de l’estive. Pour gagner un peu plus d’argent, son père décide de le faire embaucher à treize ans par la Compagnie des mines de chemin de fer,

En  » dessous « , là où on extrait le charbon, Emile découvre un univers de poussière omniprésente et poisseuse. Mais il y a une vraie fraternité entre  » gueules noires « , et quand le jeune homme est victime d’un coup de grisou, il est sauvé par un mineur piémontais, Pépino Maggiore. C’est le début d’une amitié entre les deux familles, et un amour naissant entre Julien, le frère cadet d’Emile, et Anna, la fille de Pépino. Mais les villageois voient d’un très mauvais œil cette liaison entre gens du pays et étrange

l’auteur …

…vit à Saint-Christol-lès-Alès (30). Passionnée d’Histoire et d’histoires, Mireille Pluchard s’est lancé dans l’écriture à la suite de ses recherches généalogiques. Elle aime à dépeindre ses ancêtres cévenoles et leur chère région dans ses romans.

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Articles présentés par : Mas de la Regordane / GLD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 05.03.2109

Saint Florent 1975, le puits dynamité (video)

Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité
Photo : le chevalement du puits … [de Saint Florent], s’effondre dans un fracas de béton et de [ferrailles, soulevant] un énorme nuage de poussière.
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I/ Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité.

Paul Rouverand, ancien correspondant de Midi Libre, et président de l’association La Mémoire des mineurs remémore cet événement qui a mis un  point final à l’histoire minière dans la vallée.

On est le 26 mai 1975, le village vit au ralenti. Le dynamitage du puits Saint-Florent est prévu vers 12h30. La circulation a été interrompue aux deux entrées du village.  Les volets sont clos, mais les fenêtres sont ouvertes dans les quartiers voisins. Toutes les mesures de sécurité ont été prises.

Le haut chevalement du puits, ouvrage en béton au sommet duquel tournaient inlassablement les molettes de la cage d’extraction est d’abord abattu à la dynamite. Puis le chevalement du puits, haut de 53 m s’effondre dans un fracas de béton et de tôle qui soulève un énorme nuage de poussière.

Cette douloureuse ablation a eu lieu sous le regard de nombreux mineurs perchés sur les hauteurs de la commune, qui ont vu avec tristesse et quelques larmes s’abattre les superstructures de leur puits comme un navire qui sombre corps et biens. A l’époque le puits était le plus moderne d’Europe.

Il ne restait alors plus qu’un énorme trou béant d’une profondeur de 656,50m et d’un diamètre de 7,50 m. Pendant 3 mois, quatre camions on fait des va-et-vient incessants entre le terril et l’emplacement du puits de mine pour déverser du remblai dans ce gouffre béant. Ensuite une dalle en béton a été coulée pour éviter tout incident.

Rappelons que le creusement du puits Saint-Florent avait commencé le 2 septembre 1946 (le premier tir de mine pour son creusement fut donné par Victorin Duguet, natif du Martinet, à l’époque président des Charbonnages de France) et terminé le 25 octobre 1956. La première tonne fut extraite  au mois de novembre 1954 et la dernière le 21 octobre 1974.

C’est donc pendant 20 ans que le puits a fourni une grande part de la production des Cévennes. Au total 9 413 000 tonnes furent extraites du sous-sol. Il y a eu jusqu’à 1412 mineurs au fond et 722 en surface. Tous les jours, 23 cars transportaient les mineurs.
A l’époque la commune, prospère et active, vivait à l’ère du charbon et comptait de nombreux commerces. Hélas il n’en est plus de même aujourd’hui. Mais Saint-Florent a su faire face et son emplacement a attiré de nouveau résidents et de nombreuses maisons se sont construites.

L’association, la Mémoire des mineurs, qui a vu le jour avec une vingtaine d’anciens mineurs, met tout en œuvre pour laisser une trace du passé minier aux futures générations. Elle propose  2 films seront  le vendredi 29 mai à 20h45 à la salle Aragon :  » La catastrophe du Pontil le 19 décembre 1958 «  et  « Manifestation et dynamitage du puits de St Florent ».

§

II/ VIDEO – film d’archives (56′) : la destruction du Puits Saint Florent, avec la participation de Victorin Duguet, désormais à la retraite au Martinet.

Film 16mm n&b de Jean-Paul Aubert
Avec la collaboration de :
Patricia Garnier / Alain Nahum / Éric Pittard / Jean-Henri Roger
Et de : Bruno Serci / Renaud Victor / Claudine Visayse
Chansons : La cançon del minaire / Tòni / Cevenas 75 / interprétées par Patric
1979 / Durée : 56mn

Numérisation et restauration : Patrice Besnard / Labo VAO / 2012

Les années 70 marquent la fermeture du Bassin Houiller des Cévennes. Les puits ferment les uns après les autres. Celui que nous avons filmé est celui de Saint Florent (l’un des plus modernes), tout près d’Alès et de la Grand Combe dont les puits fermeront à leur tour un peu plus tard. Ce n’est pas qu’il n’y ait plus de charbon. Il y en a beaucoup. Dans la région, on connaît le charbon depuis le Moyen-Age… Mais il y a le pétrole ! et il est même avantageux de faire venir le charbon de l’étranger. Conséquence : à Saint Florent et dans les villages voisins, les cafés ont presque tous fermé. Pour faire ses courses il faut une voiture, aller dans les villes voisines, dans les grandes surfaces. Mais dans les villages, la vie a disparu.
En même temps qu’on détruisait les puits, on ouvrait des musées, parfois sur le lieu même de la mine… Un syndicaliste prend la parole et donne son point de vue : ceux qui ont passé leur vie au fond de la mine se retrouvent sans rien, leur maison ne leur appartient même pas, ce sont les étrangers qui achètent les vieilles maisons… Comment vivre dans un pays mort ?

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I/ Source (texte) : MidiLibre
Titre original : « Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité. »
II/ Source Film : archives-video.univ-paris8.fr

Reblogué : par Mas de la Regordane/GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 17.12.2017

Ingénieurs des Mines de La Grand-Combe

2014-08-02 16.01.06-1

Photo : Médaille d’or des Mines

LISTE DES INGÉNIEURS (ET ASSIMILÉS*)

MINES DE LA GRAND-COMBE ET D’ALÈS

Détail des infos suivant le Nom/Prénom(s) : date de naissance/décès, Titre (ingénieur), École, Date d’arrivée et de départ de la Compagnie des Mines/des H.B.C.(M.)/ville de Retraite/dernier mois/année connu.

A

AGNEL Siméon 1875/? ingénieur aux mines-1909

ANCELIN Jean 08.12.1923/? ing. ÉMP HBCM-1944/80

ANDUZE Robert 17.06.1929/? ing. ÉCP HBCM-1984

AUCOUTURIER Joseph 05.04.1920/? ing LGC 45/8? Rt/Alès99

AULAGNIÉ ?/? 1913/1919 dir sté Houil du Nord d’Alès.

B

BAILLE Martin 1869/? ing cie mines LGC-1900/1902

BAJAN Pierre 1912/? ing/civil Mines Cie LGC-1946?/74

BARBERIS François 05.01.30/? ing. ÉTMA HBCM-1984

BARGETON Georges 06.09.1927/? ing. ÉCL HBCM-1984

BARON Henri 26.06.1918/29.04.2002 ing ÉCP LGC 1944/80

BARON Jules 1820/? ing/usine plomb LGC-1863

BARRAL M. ?/? chef domaines forestiers Cie mines LGC-1936

BARRAULT Narcisse 1848/? ing. mines LGC-1875/81

BATAILLE M. ?/? serv/tech/fond LGC-1936

BAUDRIER ?/? ing LGC-1950

BEAU François Pierre 9.10.1815/14.09.79 ÉP ÉM Dg LGC1849/63

Maire LGC-1850/63 Cons/général 2petits fils MpF

BEAU François Auguste 1851/? ing/ div LGC-1881/96

BERNARD L. ?/? serv/tech/fond cie mines LGC-1936

BIGUET Charles 1849/? ing. ÉM LGC-1882

BLANC H. ?/? serv/tech/fond LGC-1936

BOFFY Gérard 06.03.47/? ÉTMA HBCM-1984

BOISSIN Albert ?/? ing/div T.P. de L’État (Mines) Alès

BONNEAU Norbert 10.04.21/? ing ÉMSÉ44 LGC1960 Dir07.76 Rt/Alès

BORGNETTA : 1915/? ing ÉCP cie LGC 1945/1976

BOUDROT Pierre 11.07.21/? ing LGC Rt/Mtpellier12.99

BOURDALOUE ?/? ing chem. de fer du Gard, 1840 invente chem. de fer bis-automoteur ayant fonctionné jusqu’en 1914/18.

BOUTEILLE ?/? dir S.A. mines de Cessous-1922/1953

BOYER Jean ?/? 1917/1938 dir sté Mines Nord Alès

BOYER Pierre ?/? ing/serv/tech/fond Dir LGC-36/5?

BOYER René 08.11.21/? ing LGC-53/9? Rt/Mtpellier2019

BRINGUIER ?/? ing S.A. mines de Cessous-1922/1953

BRUN Odilon 188?/? ing LGC-11.1905

BRUNEL Aimé 20.08.30/? ing ÉMSE HBCM-1984

BRUNEL Henri Frédéric 1879/? ing 1910

BUCLEZ H ?/? service/tech/fond cie Mines LGC-1936

BUCLEZ Jean 25.11.25/? ing ÉCP LGC-194?

BUREAU Joseph ?/? ing ÉMAlbi 01.11.1904/13 dir/Houil Nord Alès

C

CALLON Jules 09.12.1815/08.06.75 ÉP ÉM Dg LGC-46/48 Rt75

CAMARET (de) Charles 1853/? ing LGC-1888

CAPPELAERE ?/? dir/général H.B.C. [1960]

CASTELNAU Marc(elin) 1823/? ing/mécanique Pise/LGC-1853/69

CASTELNAU (de) Clément 08.05.1849/1907 ÉP ÉM Dg LGC 96/98

CAYROL Joseph 1836/? ing/civil La Pise/LGC-1885

CAZAMIAN Pierre (fils) médecin des HBC [1946-1954]

CHARVOLIN Jean 02.08.22/? ing/pr.pal HBC [1976/77]

CHAZEL André ?/? ing? chef compta LGC (1962)

CLAIRET J. ?/? ing? serv/tech/fond cie mines LGC-1936

CLÉMENT J. Jacques 18.10.49/? Dg ADIRA Alès HBCM-1984

COFFINHAL M. ?/? chef/serv/appro? cie LGC-1936

COSTE ?/? médecin des HBC [1948-1953]

D

DALMAS Edmond 1883/? ing/civil des mines-1909

DALMAS ?/? Mines LGC Rt/02.1963

DARODES Georges 1853/? ing mines LGC-1900/09

DARTAYRE Pierre 24.07.30/? A&M HBCM-1984

DAUPLAN Marcel ?/? A&M chef/compta cie mines-1936 Rt/Alès

DAVID Laurent 1884/1958 ing ÉM 10.1906/29 dir/min Rocheb30/44

DELANNOY Georges 26.07.1922/19.09.2011 ÉP LGC47/64 Dg81/04

DELAUNAY Louis 1860/1938 ing ÉP ÉM Pdt/cons/adm cie LGC

DELOCHE Roger(?) ?/? LGC [1960]

DESTIVAL Jules 1867/? ing/div cie LGC-1898

DUBOIS Claud/e/ius 1865/1926 LGC Dir/adj/cial-1905/23

DUCASTAING Jean ?/? ing Fesc Dg cie mines LGC-1936

DUCOS ?/? Mines LGC Rt/02.1961

DURAND Jean-Marie 06.11.29/20?? ing ASS LGC HBCM-1984

E

ESTEVE Pierre ?/? Dga cie mines LGC-1936

F

FAISEAU Maurice ?/? ing sec/gal LGC-1950/1976 Rt/Mtpellier12.99

FALQUE G. ?/? ing/chef LGC-1936

FALQUE P. ?/? ing/div jour cie mines LGC-1936 Rt/Marseille

FAMEL Pierre ?/27.11.34 Fonde 25.05.1900 sté Houil Nord d’Alès

FILLERON ?/? ing LGC [1964]

FLÉCHON Étienne. ?/? serv fond cie mines LGC-1936/64

FOULON (LE) Claude 04.05.37/? ÉV, HBCM-1984

FOURNEL Émile 30.05.34/? ÉMSE HBCM-1984

FRANCO Nicolas 24.10.1948/? ÉTMD HBCM-1984

FRESSEIX de Veyvialle Barthélémy 1816/? ing/civ LaTrouche-1848

FUMAT Victor 18.03.1842/07 ing ÉMP cie LGC-1864/95

G – H

GALLIER René 10.01.24/? docteur/droit HBCM-1984 [R(12)1999]

de GAULLE Xavier 9.11.1887/9.02.1955 ing/civ/mines StMrtV1920/22

GAUSSERES Amédée 1876/? ing/civ mines LGC-1903/08

GÉNINA 19??/? ing mines LGC-1948 (cf. École Libre)

GIBRAT Robert ?/? ÉMP ing Fesc prof d’électrotech

GIRARD 1900/10.1904 dir sté Houil du Nord d’Alès.

GIRODIAS ?/? Trescol 1946

GODARD Jean 1898/09.1972 ing/div jour Fesc LGC-1936/04.62

GONTIER Charles 1878/? ing LGC-1903

GRAFFIN Louis C. Émile 1829/? ing/pp52/63 Dg cie LGC 64/96

GUÉNARD C. ?/? ing cie mines LGC-1936

GUGLIELMI Marcel ?/? secrétaire/gén des HBC 1976

GUIGNON ?/? ing pr/pal Dir sté Houil Nord d’Alès 1938/1946

GUILHAUMAT Jules 1842/? ing aux mines-1873

GUILHEM Émile ?/? ing pr/pal HBC [1976]

I

IDOUX Henry 1875/? ing aux mines-01.1906

J

JALABERT Louis Ferdinand 1828/? ing cie LGC-1885

JOURDAN 18??/197? cocher aux mines LGC Rt/05.1959

L

LAFITTE Henri 1856/? ing mines LGC-1887

LAGARDE ?/? cie mines LGC Rt/1963?

LANGE Louis 1856/? ing cie LGC-1880

LARGUIER Émile ?/? ing serv/cial cie mines LGC-1936

LAVERSANNE Jacques 15.09.49/? ÉMP HBCM-1984

LAUNAY (de) Louis ?/? pdt/cons/adm cie mines LGC-1936

LIVET Georges 18?/19? chef/étud/géol/géom cie LGC1918/52

M

MAGNE Joseph 1878/? ing/div mines LGC-1904/10

MALGLOIRE François ?/? ing LGC [1964]

MARCILLAT François 1823/? ing Champclauson LGC-1853

MARCY ?/? ing mines de Cessous 1922-1953 – serv.Domaine 66

MARION Émile ?/? ing/div/jour cie mines LGC-1936/04.1962

MARSAUT J-B ?/? dirigeant cie de Bessèges-1859/1914

MATHET François 1823/1908 ÉMP ing civil cie LGC-1852/57

MAZODIER Marius 1864/? ing. Cie mines et Maire LGC-1897/1912

MAZODIER Marie Maurice 1863/? ing mines LGC-1900

MENET Charles 07.04.1955/? ÉCP, HBCM-1984

MESMEUR ?/? ing LGC-1955 Rt/Montpellier-12.99

MESTRIUS André 23.09.27/? MinRabat DgCdF ÉnAlès HBCM-1984

MEUSNIER Charles 1829/? ing/civ-1860.

MONTEL Gabriel  192?/? ing/chef mines LGC, Centrale du Fesc HBC

MUTELLE Robert 21.07.23/? ing LGC Rt/Alès

N – O

OLIVIER Émile ?/? ing/chef Dir Produc-[1976]

OLLIER Jean Luc 19.07.46/? ÉTMA HBCM-1984

P – Q

PEGUET (Pequet) Claude 1853/? ing mines LGC-1879/84

PEREZ Paul 01.12.55/? A&M HBCM-1984

PERTUS ?/? cité s/Centre Midi Magasine n°32 Fév1977

PIN Patrick 31.07.47/? médecin HBCM-1984

PLA Richard 15.07.51/? A&M HBCM-1984

PLACE (de) ?/? 02.10.1884 – Réf. 2D1 plans rdc & 1°ét.

PLANES André ?/? ing/chef serv/cial cie Mines LGC-1936

PLATON (Martin) Hippolyte 1825/ géom/chef cie LGC-1857/86

PLATON Hippolyte Gabriel 1863/? ing/civ cie Mines LGC-1897

POPEK Yvan 01.01.43/? ÉMD HBCM-1984

R

RAVIART André 28.10.1929/? ÉMN Dga HBCM-84 ÉMS Alès

REGERAT Germain 1878/19?? ing mines cie LGC 1905/34

REINHARD A ?/? Serv/tech/fond cie Mines LGC-1936/12.1962

REVEL Bertrand 08.07.56/? Maitrise Droit HBCM-1984

RICATEAU ?/? Dg mines LGC/Alès

ROTHSCHILD (baron James de) Act/cie des Mines LGC-1936

ROUSSEL Henri 21.06.31/? A&M HBCM-1984

S

SAINT-JEAN ?/? médecin Houillères de Cessous [1929/44]

SANGOY Victor 1864/? ing/div aux mines 1895/98

SERPENTIER François 09.08.25/? Médecin des HBCM LGC.

SERRADELL Henri 20.08.23/? ÉMSE HBCM [1976/84]

SOBOUL Émile 1867/? ing/div LGC [1898/1905]

SOUBEIRAN (de) Alfred 1855/1936 ÉP75 ÉMP LGC [1908/09]

SOULIER ?/? HBCM LGC Rt/08.1959

T

TALABOT Paulin ?/? LGC 1833

TEIL Adrien ?/? Serv/tech/fond cie Mines LGC-1936 Trescol 1946

THIBAUD ?/? ing/chef cie LGC, contemporain de Trautmann

TRAUTMANN Louis 1821/? ÉP ÉMP ing/chef Dg Cie LGC

TURPIN Michel 188?/1958 ing/prpp Fesc LGC 1919/54 Rt/Alès

U – V – W – X – Y – Z

VARIN Félix (dit D’AINVELLE) 21.01.1806/05.06.1857 ÉP ÉM 04.1847 ing/chef, Dg LGC & Bessèges. Maire d’Alès Rt/03.03.1857

VERGER ?/?  chef serv. formation >1974 Rt/

VOLLE Jean 18.05.23/? ing LGC/Alès Rt/Marseille12.99

§

Abréviations :

– A&M  : (École des) Arts et Métiers.

– ÉCL : École Centrale Lyonnaise

ÉCP : École Centrale de Paris, dite « Centrale. »

ÉIGSI  : …

– ÉM : École des Mines (non précisée)

– ÉMD : École des Mines de Douai – Nord.

– ÉMP : École des Mines de Paris.

– ÉMSÉ : École des Mines de St Étienne.

– ÉMN : École des Mines de Nancy.

ÉP : École Polytechnique (de Paris.)

– ÉTMA  : …

– ÉTMD  : …

– ÉV : École Violet

– Ing : Ingénieur (diplômé de).

– Cie Mines LGC1936 : présent sur listing 1936 de la Cie des Mines LGC

HBCM-1984 (présent s/listing 1984 des H.B.C.M., section Cévennes)

– LGC : La Grand-Combe.

– Dates entre crochets [ ] = était présent en ces années.

– Rt/Mtpellier04.2004 : en retraite à Montpellier en 04.2004.

N’hésitez pas à nous communiquer d’autres noms,
dates ou précisions en cliquant ICI

BONUS

1856/57 Liste des naissances à La Grand-Combe

1857/58 Liste des naissances à La Grand-Combe

1858/59 Liste des naissances à La Grand-Combe

 

en bas de page, retrouvez les années précédentes ou suivantes.

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Source : Archives Georges Delannoy©
Première publication : 23.11.2017
Dernière mise à jour : 08.03.2019

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La Grand-Combe au travers des âges (vidéo)

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LGC8
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La Grand-Combe est encore plus belle et fière qu’hier, autant travailleuse et pimpante qu’aujourd’hui et aussi vibrante d’espoir que demain.

Dans ce court-métrage la commune de La Grand-Combe est évoquée en ses trois âges et un bel hommage est rendu au passé, au présent et au futur de cette jeune commune de tout juste 181 ans … enfin, selon le calendrier républicain qui oublie que ce nom était déjà porté par ces lieux sous le règne du roi Louis le XIVème, soit il y a plus de 300 ans 😉
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mairielagrandcombe Production : Mairie la Grand-Combe

Un film réalisé par : Marc LAFORET
À l’occasion des : Vœux 2012 de la municipalité
Source : DAILYMOTION
Titre original : « La Grand Combe dans le temps »
Texte et mise en page : Georges Delannoy / masdelaregordane.fr
Première publication : 24.10.2017
Dernière révision : 20.08.2017

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