Les Joyeux Mineurs de La Grand-Combe

 

LES JOYEUX MINEURS [de La Grand-Combe]

Société de Danses et Farandoles

Nous sommes de La Grand Combe, au nord du département du Gard, au pied des Cévennes à 12 km d’Ales et 50 de Nîmes. Le groupe est né en 1911 de la fusion de deux sociétés qui fonctionnaient depuis les dernières années du XIX° siècle et n’a eu que deux interruptions d’activité, au cours des deux guerres mondiales.

Deux questions se posent,
– pourquoi « Danses et Farandoles » ?
– pourquoi « Joyeux Mineurs » ?

La Grand Combe fait partie d’un ancien bassin minier. Pendant un siècle et demi l’exploitation du charbon a fait vivre la ville qui est née en 1846. La Compagnie des Mines organisait la vie de ses ouvriers mineurs : travail, logement, santé, école des enfants, cultes, coopératives et bien-sur les loisirs.

Fin XIX° début XX°, des associations sportives furent créées par les directeurs des mines : clubs de foot, boxe, cyclisme, harmonie [des mines] et société de Danses et Farandoles et cela dans toutes les vallées cévenoles qui vivaient du charbon. Tous ces villages avaient leur Harmonie [des mines] et leur société de Danses.

Toutes ces sociétés de Danses et Farandoles ont été pendant longtemps composées uniquement de mineurs et se retrouvaient régulièrement pour confronter leur virtuosité, leur agilité, leur souplesse à l’exécution des pas de Farandole.

Farandole disons-nous ?

Oui, des pas de Farandole qui leur avaient été enseignés par les Maitres à Danser de l’Armée. Maitre à Danser qui été retournés chez eux aux 4 coins de France, après que l’Armée ait supprimé la pratique de la Farandole comme maintien en forme des fantassins. Des sociétés de Danses ont été retrouvées dans plusieurs département. Le Gard a été un terreau de la Farandole mais l’histoire a voulu que Frédéric Mistral déclare la Farandole Provençale, le costume d’Arles, costume officiel et la musique seulement fifres et tambourins.

À la Grand Combe, nous sommes restés fidèles aux origines des sociétés de Danses et Farandoles. Nous avons gardé le costume de farandoleur pour les danses de techniques, un costume pour chaque danse de création et pour la musique, nous avons toujours un orchestre. L’habit des Mineurs et des Placières (femmes qui travaillaient à la mine), sont devenus nos habits « officiels ».

1948 – Les Joyeux Mineurs fêtent 35 ans d’existence à La Grand-Combe

JoyeuxFarandoleursLGC

Photo : Christine Coste [s/FB, de la Famille Chapert, nous dit que cette] :
« photo [a été] prise [à La Grand-Combe] le (dernier) dimanche du [27] juin 1948, devant le café Savary (café de la gare), le groupe allait danser a[u hameau de] La Jasse de Chamborigaud. » [ces deux communes étant distantes de 20 km et toutes deux situées sur la ligne SNCF : Nîmes-Clermont-Ferrand.]

COORDONNÉES D’ASSOCIATIONS DE DANSES ET FARANDOLES

Les Joyeux Mineurs de la Grand Combe,
Société de danses. Date de création de l’association : 31.05.1913
8 D rue du gouffre [Trescol] 30110 La Grand-Combe 04 66 54 83 67

Lei Farandoulaire Sestian
Un groupe folklorique provençal, d’Aix en Provence
qui assure avec ferveur et sincérité le maintien des traditions provençales.

Lous Amics de la Mountogno de Grandieu,
en Lozère, avec sa tradition folklorique d’Auvergne et la Bourrée.

Liste du Concours de Farandole du Sud-Est de la France

Farandoles – Catégorie C :

Les Enfants d’Aramon – 30390 – Aramon : L’Arlequine
Lei Farandoulaire Sestian – 30100 – Aix en Provence : Les Bouffets
Le Moulin de Bretoule – 13570 – Barbentane : Les Tambourins

Farandoles – Catégorie B :

Les Farandoleurs Cheminots Nîmois – 30000 – Nîmes : La Jardinière
La Souleïado de Margarido – 30320 – Marguerittes : La Farandole
Les Joyeux Mineurs – 30110 – La Grand Combe : Variation Celtique
L’Estello – 30128 – Garons : Le Pas Grec
Les Enfants d’Arausio – 84100 – Orange : Les Epées
La Capoulièro – 13500 – Martigues : Made in Capou

Farandoles – Catégorie A :

Farandole des anciens d’Aramon – 30390 – (1ère de cette catégorie)
Lou Rode de Basso Prouvènço – 83170 – Rougiers : Le Quadrille empire
L’Oulivarello – 13000 – Marseille : Les Moissons

Autres groupes de Farandoles :

Le Temps du Costume – 30000 – Nîmes
Mistrau e Soulèu – 30200 – Bagnols sur Cèze
Estello Aubanenco – 13400 – Aubagne
La Respelido Prouvençalo – 13210 – St Rémy de Provence
Li Gai Farandoulaire – 13000 – Marseille
Li Recouleto – 13440 – Cabannes.

§

Source : festival-baladins.com
Par : 36è Festival d’Arts et TraditionsPopulaires | 19 & 20 Mai.
Lieu : La Roche-Posay, 86270 (dépt. de la Vienne) France.
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Reblogué par : Mas de la Regordanne
Commentaires entre [ ] : G. Delannoy
Première publication, le : 06.02.2019
Dernière mise à jour, le 07.02.2019

La Grand-Combe, Alès et retours

1° VOYAGE, LA GRAND-COMBE – ALÈS – UZÈS – LA GRAND-COMBE

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Photo (1) : La Citée de Ribes à La Grand-Combe, construite en 1914 et rénovée dès 74.

« Qu’a vist Paris e noun La Grand’Coumbo a ren vist. »
– Qui a vu Paris, et non La Grand-Combe, n’a rien vu.

En pastichant le célèbre vers sur la ville de Cassis par Frédéric Mistral (1830-1914), on peut résumer l’opinion hautement favorable de ma ville natale … où en fait, je ne suis pas né.

En effet, dans les années 50, les futures parturientes grand-combiennes, ne disposant pas d’une clinique moderne sur La Grand-Combe, préféraient aller accoucher à la clinique (protestante) Bonnefon d’Alès. À cette époque, ce n’était pas encore cette énorme valise de béton blanc, mais une belle maison de maître qui existe toujours et a été transformée en pension de retraite. Naissance et vieillesse, la boucle est bouclée.

Suite à des complications postnatales de ma mère et au travail débordant de mon père occupé aux toutes jeunes Houillières (nationales) de La Grand’Combe (ainsi écrivait-on autrefois), je ne séjournais que quelques jours à Alès. La providence m’expédia donc trois mois en nourrice dans le duché d’Uzès et au retour de ma chère convalescente, je réintégrais notre domicile grand-combien de Ribes, à mi-pente de la colline du même nom, face au Sud.

Niché dans le giron maternel, j’avais ainsi accompli mon premier voyage « aller » à la sous-préfecture d’Alès, mais j’étais déjà de retour, dans une sorte de corbeille à linge en osier bien calée sur la banquette arrière de la 203 noire familiale, direction La Grand-Combe que j’avais délaissée à mon corps défendant : c’était le mois d’Août, il faisait beau et la vie qui commençait ne pouvait qu’être belle 😉

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Cette photo (2) a été prise à Alès, dans les années 50, au début du boulevard Carnot (sans voitures) qui longe le Gardon. Certes, il y avait déjà à l’époque, des pellicules en couleur, mais c’était plus cher !

À gauche, le bassin entouré de bancs où bien plus tard, mon frère et moi ferions naviguer nos maquettes de voiliers, tandis qu’à droite du boulevard, on aperçoit le gros marronnier du parc de la vieille maison de Maître de la Clinique Bonnefon où je suis né, en l’année 52.

2 – TU AS VOULU VOIR ALÈS ET TU AS VU ALÈS

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Deux photos (3 – 4), deux époques : à gauche, dans les années 50, les anciennes halles avec leurs belles arches et contreforts en pierre de taille abritaient le marché aux volailles, tandis qu’à droite, on ne peut que s’esbaudir de cette abracadabrantesque  transformation de ces demeures ancestrales en cages à poules, due aux édiles de ces temps où le modernisme à tout va, était de rigueur.

C’était le temps où un vague oncle à moi, sillonnait le Sud de la France à bord de sa 2CV Citroën fourgonnette et proposait des meubles en « Formica » aux paysans des villages qu’il traversait et les débarrassait « gratuitement » de leurs anciennes tables de ferme, armoires en merisier, bahuts et autres vieux fauteuils Voltaire qu’il revendait à prix d’or aux antiquaires et autres brocanteurs.

Le résultat de ses opérations se solda par l’acquisition d’un petit château meublé à l’ancienne avec un goût exquis et par son embauche comme directeur commercial, par le patron d’une célèbre maison de meubles en « authentique Formica » qui s’était longtemps posé la question de savoir quelle sorte de client pouvait bien lui acheter quatre à cinq cuisines « toutes équipées », divers mobiliers et ce, tous les mois de l’année.

Cette démolition volontaire, de notre bonne ville d’Alès, entreprise depuis les années 1958 s’opéra sous les mandats consécutifs des maires successifs …
– Paul Béchard, ex St Cyrien, sous secrétaire d’État à l’Armement et « auto proclamé « Empereur du Gard » (sic) « , pas moins que cela.
– Roger Roucaute (à ne pas confondre avec Gabriel Roucaute (lui aussi maire d’Alès de 1945 à 1958), commandant des FTP de la zone Sud en tant que « colonel Lazare »,
soit deux personnes dont le képi avait « peut-être » trop longtemps empêché leurs crânes respectifs de se développer harmonieusement 😉
… ont oeuvré tour à tour, de telle sorte que la vieille ville, ayant totalement échappée aux bombardements allemands, « fut rasée sur environ les trois quarts de sa superficie (2 500 logements) lui donnant [ainsi] la deuxième place au rang des villes françaises reconstruites ! »
Peut-être aussi ont-ils voulu illustrer à leur façon le blason de la ville d’Alès ? « de gueules au demi-vol d’argent » ; preuve s’il en fût qu’avec une seule aile, on ne peut pas voler bien haut et qu’à vouloir s’élever à plus haute altitude, il faut ajouter plus de pennes.

Ce travail de sape ne fût pas le seul ouvrage de la République des képis, mais si l’on en croit certains historiens, le premier démolisseur d’Alais serait un autre militaire, un irréductible romain, le généralissime Jules César qui aurait fait brûler la ville de bois d’Alésia que ces mêmes historiens situent à quelques lieux de l’Alès actuelle.

Depuis l’année 1926, « Alais» s’appelle « Alès». Au recensement de cette année, la ville comptait 12 378 habitants à qui on a, non seulement estropié le nom de leur fière « Alais » qui s’écrivait comme celui de la commune du département de l’Essonne : La Ferté-Alais, la f(i)erté en moins ; mais aussi on l’a défigurée définitivement, en détruisant dès 1958 ses bâtiments historiques les plus célèbres comme « l’Auberge du Coq Hardi » où Louis XIII aurait séjourné.

En lot de consolation, il ne nous reste plus que l’ancienne cathédrale Saint Jean-Baptiste, l’église Saint Joseph (place Henri Barbusse) et une vieille prison décrépite, bâtie après la révocation de l’édit de Nantes (vers 1688) sur un point haut de la vieille ville, soit un fort (d’inspiration) Vauban, sur la butte de la Roque où avaient été préalablement construits au XII° siècle, deux châteaux appartenant aux Barons Pelet d’Alès et Bernard d’Anduze, les deux seigneurs de la ville et détruits pour laisser place à cette estrasse carcérale.

3 – 1962/64 DE LA GRAND-COMBE À ALÈS EN AUTOCARS SCOLAIRES.

 

 

Photos (5-6) : Autocar Chausson APH 1960 – Autocar Saviem 1973.

En 1962, des allers et retours de La Grand-Combe à Alès, j’en entrepris quotidiennement, pour me rendre au à mon nouveau lycée alèsien. Pour ce faire, je prenais l’autocar de la ligne scolaire de la « Compagnie Grand-Combienne des Cars Gazagnon » qui serpentait sur un itinéraire immuable, empruntant la N106 (sur la rive droite du Gardon), traversant la commune des Salles du Gardon, le quartier de L’Habitarelle, le hameau du Rouvelong, où la route enjambe le Vallat de Fréguéirolle. L’autocar bifurquait ensuite sur l’actuelle N916* au niveau de La Tour, petit village regroupé et surplombé par son magnifique château et sa petite chapelle en retrait.
*route de Clermont-Ferrand à Nîmes.

Puis on passait par le lieu dit Les Plantiers à la sortie duquel se trouve les Ètablissements Nogaret, scierie vieille de pas loin de cent ans, Cendras, l’abbaye où l’on retraversait le Gardon, puis La Blaquière, La Royale et sa montée des Lauriers couronnée par une station essence aux couleurs jaune et verte d’une célèbre compagnie pétrolière. On redescendait ensuite sur Alès en franchissant à nouveau le Gardon au pont de Brouzen, à droite duquel s’ouvrait, sur la N106 retrouvée, l’avenue du 11 Novembre 1918, dernière ligne droite qui se glisse entre le Près Saint Jean et le Gardon pour arriver au terminus, devant le lycée où l’on entrait par un portail situé face au bâtiment n°1 du lycée Jean-Baptiste Dumas ; alors qu’en face, la rivière coulait selon le débit variable de ses humeurs, encadrée par son nouveau mur bâti contre les inondations : les « grands » (élèves) le franchissaient allègrement pour aller griller, à l’abris des regards, une Bastos ou une P4, cigarettes interdites dans l’enceinte scolaire tout comme dans l’autocar.

4 – PÉRIPÉTIES DE VOYAGE DE LA GRAND-COMBE À ALÈS

Le récit précédent des ces allers-retours pourrait laisser croire, par son côté régulier, à une certaine monotonie pour le jeune écolier que j’étais. Il n’en est rien, car ce serait sans compter les divers avatars qui survenaient sur la route.

Dans le grand virage de La Tour était régulièrement garée  » en planque », la 403 break Peugeot bleu marine de la Gendarmerie Nationale. Elle n’était pas particulièrement discrète avec son antenne de plus de quatre mètres de long, gros câble semi-rigide arrimé de l’arrière du véhicule, jusqu’à l’avant du capot moteur.
Aussi un élève, placé en vigie derrière le pare-brise de l’autocar, se faisait-il un plaisir d’annoncer bruyamment la présence rassurante des pandores, aujourd’hui remplacés par le radar impersonnel du virage du hameau du Rouvelong. Les chauffeurs faisaient alors mine de ralentir, même s’ils n’avait pas l’habitude d’user « les cars à fond ». Parce que désormais, selon que l’on circule à plus de quatre-vingt ou bien « à quatre vins », le tarif de la verbalisation n’est pas le même.

5 – LES PEUPLIERS DE LA TOUR

Un autre lieu remarquable se trouve sur cette route, à savoir un terrain planté de peupliers, à la sortie du village de La Tour, à cinq cent mètres environ sur la gauche, vingt mètres en dessous de la route. Mon père m’avait expliqué qu’à la naissance d’une fille, certains paysans avisés de la région, plantaient en arbres, un champ près d’une rivière dans l’espoir qu’à la majorité de la demoiselle, cette dernière puisse en tirer un capital pour constituer sa dot. Plantés dans vers les années cinquante, ces peupliers grandissaient chaque année et je pensais les voir couper un jour pour devenir planches de meubles ou portes d’entrées principales de quelques maisons cossues.

Mais, on est aujourd’hui quelques soixante et dix ans plus tard et ces magnifiques arbres sont toujours là ! Alors selon mon humeur, il me plait à penser que la demoiselle ne s’est jamais mariée, soit qu’elle fut top laide, soit qu’elle fut trop belle et … trop exigeante, soit qu’elle ait rejoint les étoiles qui brillent le soir au dessus de sa peupleraie, soit encore qu’elle ait épousé quelque richard qui ne s’intéresserait pas plus à ces grands arbres, qu’à une guigne.

6 – LA TERREUR DE LA NATIONALE 106 LA GRAND-COMBE – ALÈS

Ces mêmes gendarmes qui « planquaient » à La Tour avaient dû immanquablement repérer la vedette de cet itinéraire, non une Simca(-Vedette), mais la 4CV d’une certaine dame Cabosse (nom évidemment modifié), femme d’un ingénieur des Houillères de La Grand-Combe.

Après avoir lassé toutes les auto-écoles du canton et les chauffeurs des mines de La Grand-Combe, qu’ils fussent conducteurs des tractions légères Citroën noires ou des poids-lourds Berliet ou Somua, les autorités compétentes de la Préfecture de Nîmes, avaient fini par délivrer, après moult tentatives infructueuses, le fameux sésame automobile : le Permis de Conduire d’une couleur optimistement rose.

Là encore, l’observation la plus spectaculaire du « phénomène Cabosse », était toujours le poste avant de l’autocar de la Cie Gazagnon. Soudain, on voyait arriver une Quatre Chevaux Renault grise, zigzaguer sur la route et s’approcher dangereusement à l’encontre de notre autobus, sur une trajectoire des plus improbables, au point que nombre de chauffeurs de la Compagnie préféraient, par simple prudence, se garer au plus près du fossé, pour laisser passer le bolide incontrôlé de « Dame Cabosse » qui s’il avait percuté notre gros bus, aurait certainement fini en citrouille, mais vu le statut ingénérial (on aurait pu écrire « ingénieurial » comme seigneurial) de la Dame, ils auraient eu du mal à se justifier de l’accident.

À la Grand-Combe, cette conductrice se faisait remarquer aussi par les entrées et sorties spectaculaires de sa même 4CV du garage de sa villa : d’abord, on entendait le lancement criard du moteur, car elle ne pensait pas utile de relâcher le démarreur électrique qui agonisait dans une longue plainte lugubre. Puis s’ensuivait un bruit effrayant de boite de vitesses qu’elle torturait allègrement à la recherche du pignon idoine. Ces hurlements mécaniques étaient le prélude à la sortie intempestive du véhicule : soudain, la Quatre Chevaux bondissait en marche arrière, telle une balle de fusil hors du canon et allait s’écraser illico contre un mur en grosses pierres, si typique des constructions des maçons des mines grand-combiennes … un mur épais et (à chacun ses goûts) pas franchement élégant, mais si utile en ces circonstances.

Confirmant le dicton qui énonce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, le concessionnaire Renault de La Grand-Combe ne rechignait sans doute pas à se livrer à de régulières réparations de pare-chocs et/ou de jupes de tôles froissées ; même si le mari de la Dame, avait trouvé un moyen d’atténuer la violence des chocs répétitifs à l’avant et à l’arrière de la voiture qui entrait aussi violemment dans le garage familial qu’elle en ressortait. Pour ce faire, il avait récupéré un important lot de vieux pneus usagés dont il avait tapissé en plusieurs couches, l’intérieur et l’extérieur du garage.

Ces spectacles quasi quotidiens étaient évidemment l’attraction du quartier et il n’était pas rare de voir les voisines du secteur, sortir leur tête par la fenêtre de leur maison pour assister à l’extraction impressionnante du véhicule de Dame Cabosse ou à son entrée à vitesse supersonique.

7 – LYCÉE JEAN-BAPTISTE DUMAS D’ALÈS

Quand j’arrivais pour la première fois en octobre 1962, au nouveau lycée Jean-Baptiste Dumas, 73 ans après que l’ancien lycée est été inauguré le 21 octobre 1889 et détruit dès 1960, qu’elle déception !

Là encore, l’élégant bâtiment qui avait vu étudier le poète grand-Combien Léo Larguier, avait été remplacé par une caserne de tôles ondulées sur quatre étages, modèle précurseur du tristement célèbre Lycée Pailleron : du nom d’un lycée qui a brûlé en moins de vingt-minutes. C’était le 6 février 1973, à 19h40, vingt personnes dont seize enfants mourraient dans l’incendie de cet établissement voisin des Buttes-Chaumont dans le XIX° arrondissement de Paris.

D’ailleurs, à la veille de ma rentrée scolaire de 1962, l’un des bâtiment du Lycée Jean Baptiste Dumas s’enflammait sous le feu du chalumeau de l’ouvrier qui soudait la plaque portant le nom du Lycée. Ce bâtiment, destiné aux classes professionnelles, disparut en moins d’un quart d’heure, laissant aux pompiers de la ville, le soin d’éteindre ce qui en restait, soit … un tas de cendres. Notre rentrée scolaire en fût ainsi reportée de plus d’une semaine, ce dont je n’eus pas l’hypocrisie de me plaindre.

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Crédit photo :
(1) Carte postale colorisée du Studio Ary (années 50.)
(2 – 3 – 4) : André Filhol, page FaceBook : Vive les Cévenols.
(5-6) : photos Google Search
Blogué par : Mas de la Regordane / G. Delannoy
Première parution, le : 01.02.2019
Dernière remise à jour le : 23.10.2019

La Grand-Combe, Maison des créateurs

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La Grand-Combe, ancien pays de mines de charbon a aussi été le berceau de créateurs fameux. Aujourd’hui, débarrassée de ses bâtiments industriels, la nature cévenole a repris ses droits et offre à l’art grand-combien, sa Maison des Créateurs, sise au Mas de la Regordane, dans un écrin plus verdoyant.

Nous allons ici essayer d’évoquer tous ces créateurs qui ont tissé des liens avec La Grand-Combe, qu’ils soient disparus depuis des lustres ou de la nouvelle génération qui semble avancer à grands pas sur les traces de ses nobles anciens.

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CRÉATEURS GRAND-COMBIENS À L’HONNEUR

– Maurice ANDRÉ, né le 21 mai 1933 à Alès, mineur de charbon de 14 à 18 ans au Groupe Sud de la Cie des mines de La Grand-Combes, puis trompettiste de notoriété internationale : les Américains le proclament officiellement en 2006 « meilleur trompettiste du monde » devant Louis ArmstrongMiles Davis et Dizzy Gillespie. Il meurt le 25.02.2012 à Bayonne.

– Jean Pierre CHABROL, écrivain, poète, cinéaste, né le 11.06.1925 à Chamborigaud au cœur des Cévennes dans une famille d’instituteurs de l’école laïque. Il fut l’ami de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Il meurt le 1° décembre 2001 à Ponteils-et-Brésis près de Génolhac.

– Jean Prosper CHABROL, célèbre architecte protestant de Paris, assiste le 0.10.1857, à la bénédiction par Mgr Plantier de sa création, la nouvelle église de La Grand-Combe, au son du canon et de la musique d’Alès.

– Daniel CROS, artiste peintre, né à La Grand-Combe le 09.02.1949, enseignant au Collège Léo Larguier, président depuis 1982 de « L’Essor Provençal » en succession du peintre Marcel Feydédié (cf. ci-dessous). Il reçoit en 2018 le 1er Prix du Mercure d’Or de France pour l’ensemble de son oeuvre.

– Georges Édouard DELANNOY, né le 26.05.1922 à Alger, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef à la Cie des Mines de La Grand-Combe (1947-1964), directeur général des Houillères du Centre Midi (1981-1985). Intègre et pugnace en dépit de l’opposition des forces politiques de François Mitterrand, il généralisa le principe de l’exploitation du charbon en (mines) « découvertes » qu’il avait observées lors de ses voyages d’études en Union Soviétique (1949) et aux U.S.A. (1954); ce qui eut pour effet de prolonger l’épopée des Houillères du Centre Midi jusqu’en 2007, sans compter celle des mineurs dont le travail s’en trouvait hautement sécurisé. Il est décédé le 19.09.2011 à Paris.

– Charles Dombre, né le 11.04.1814 à Nîmes, polytechnicien ingénieur des Ponts et Chaussées français, crée pour Paulin Talabot, la ligne de chemin de Fer Nîmes/La Pise/La Levade; il s’emploie à former la Cie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient le directeur général (18621882). Il meurt le 26 décembre 1887 à Nîmes.

– Marcel FEYDÉDIÉ, peintre Grand-Combien, président de « L’Essor Provençal » de 1947 à 1982 date à laquelle l’artiste peintre Daniel Cros (voir ci-dessus) lui succéda. Il fut en 1957, le créateur du blason de la ville de La Grand-Combe. : « De sinople au pairle cousu de sable chargé, en chef, de deux pics affrontés et, en pointe, d’une lanterne de mineur, le tout d’or, et accompagné de trois châteaux du même ouverts et ajourés aussi de sable. »

– Victor FUMAT,  né à Cornas (Ardèche) le ngénieur de l’École des Mines de Saint Étienne, il est l’inventeur d’un modèle de lampe de mineur de sécurité. Il fut aussi chef d’exploitation de la Compagnie des mines de La Grand-Combe de 1864 à 1897, date à laquelle il s’opposa au licenciement de 500 mineurs; il fut révoqué, et la grève se solda par le renvoi de 1 500 ouvriers, malgré le soutien apporté publiquement à la Chambre par le député Jean Jaurès. Il est mort en 1907 à Oignies.

– Guy GEERAERT, poète né à Nîmes en 1927 :
SOUVENIRS CÉVENOLS.
J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts,
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines,
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.
Il est mort à Hyères (?) en 2010.

– Mathieu LACROIX, né le 06.10.1819 à Nîmes, ami de Frédéric Mistral, est un poète et ouvrier (maçon). Il a écrit des poèmes sur la mine, tel « Paouré Martino » (Pauvre Martine) qui raconte l’histoire d’un mineur qui trouve la mort dans un coup de grisou et la femme (Martine) duquel on vient apprendre ce malheur. Les mineurs de La Grand Combe étaient très sensibles aux mots écrits par ce poète qui écrivait ses poésies dans le patois local. Il meurt en 1864. La ville de La Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome. Fondu par l’occupant en 1942, un nouveau buste de Mathieu Lacroix (vidéo) a été sculpté par J C Lallement et inauguré en 1955 (?).

– Jean-Charles LALLEMENT dit Bacchus (né à Paris 31.08.1914 – décédé au Grau du Roi – Gard – 26.01.1970), graveur, peintre et sculpteur, prix de Rome 1942, créera le buste du poète Léo Larguier.

– Léo LARGUIER, poète né le 06.10.1878 à La Grand-Combe, rue de la République et décédé le 31 octobre 1950 à Paris

– Georges LIVET, docteur es sciences, géologue, écrivain, né à Paris le 06.02.1884, il devient rapidement cévenol d’adoption. En 1908, il est secrétaire de M Fèvre, ingénieur conseil auprès de multiples sociétés minières. En 1913, il est inscrit comme élève à l’École Spéciale des Travaux Publics. En 1916, M Fèvre le fait entrer à la Compagnie des mines à la Grand-Combe. Ingénieur, il devient Géologue en 1938 après avoir présenté avec succès une thèse de Doctorat ès-Sciences Naturelles sous le titre « Les terrains houillers du Gard ». Passionné de littérature, histoire, chants de mineur et dessin, il nous lègue ainsi une production très éclectique allant – d’une « Histoire et Géographie du Gard » à « La Grand’Combe à travers les âges » (1947 – opuscule édité par le comité des fêtes du centenaire de la commune de La Grand’Combe.)  » – à des planches de dessins publicitaires. Il meurt en 1965.

– Edme-Anthony-Paul Noël, dit Tony Noël, né le  à Paris, est un sculpteur français : il reçoit en 1868 le 1er prix de Rome, ainsi qu’une médaille de 1ère classe en 1874, une médaille de 2ème classe à l’Exposition universelle de 1878 et un grand prix à l’Exposition universelle de 1889. C’est lui a créé le 1er buste de notre poète maçon Mathieu LACROIX (voir ci-dessus.). Il est mort le 0 à Villebon-sur-Yvette

– Jean PLATON, écrivain né en 1926. Auteur en 1994 d’un livre sur Léo Larguier qu’il rencontra à La Grand-Combe en 1936 : De Bouzac à Saint-Germain des Prés (dont l’église et la place évoquent quelque peu celles de notre cité.)

– Maxime RÉAL DEL SARTE, né le 2 mai 1888, à Paris et mort le 15.02.1954 dans la même ville, est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du roi. Il réalisa en 1923 le monument aux morts de La Grand-Combe.

– Pierre Reinhart, né le 19.09.1932 à La Grand-Combe, religieux franciscain travaille au Togo où il exerce comme vicaire général puis administrateur diocésain du diocèse de Dapaong (1984-1991). † Paris.

– Michel RODDE, artiste peintre né à la Grand-Combe en 1913 et décédé en 2009. Il partagea avec Jean Commère le prix Othon-Friesz en 1952.

– Robert STEPHENSON et son frère George Stephenson  l’

– Paulin TALABOT, ingénieur polytechnicien français, né le 18.08.1799 à Limoges. Il a contribué à l’essor du chemin de fer en France et des mines de La Grand-Combe. Il est mort le 21.03.1885 à Paris.

– Charles  TOURNAY, ingénieur et architecte industriel belge spécialisé dans la reconstruction (suite à l’incendie du 02.12.1938) des chevalements du Puits Ricard qu’il fit renforcer de béton armé. Il est mort pendant les travaux, d’une chute depuis le sommet. Cet édifice industriel a depuis « fait l’objet le 14.05.2008 d’une inscription au titre des monuments historiques, avec le label « Patrimoine du xxe siècle » avant d’être restauré en 2010. »

– Bernard VIELZEUF, géographe, né en 1939

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Première publication originale GD®, le : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane/Maison des créateurs
Dernière mise à jour : 25.01.2019

 

CHANSON DU CHARBON

LA CHANSON DU CHARBON

Cheval de flamme et de fumée
Qui disparait dès qu’on t’a vu
Laissant rêver l’âme étonnée
Qui te suit jusqu’à l’inconnu ?
À quoi dois-tu l’élan rapide
Qui te rapproche de l’horizon ?
À la vapeur, cratère humide,
Éclos à l’ardeur du Charbon (bis)

Regardez cette cheminée,
Comme un géant, là-bas ! là-bas !
Le front perdu dans la nuée,
C’est le poumon de mille bras ;
Les lourds marteaux battent l’enclume,
Le fer se tord, le métal fond ;
Tous ces foyers, qui les allume ?
N’est-ce pas encor le charbon ? (bis)

Si le charbon est nécessaire
Autant que l’eau, l’air et le pain,
Honorons donc qui va l’extraire
En escomptant son lendemain ;
Le mineur qui périt sans gloire
Vaut bien un soldat de renom.
Chaque journée a sa victoire ;
Honneur au chercheur de charbon ! (bis)

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Cette Chanson du Charbon [interprétée pour la première fois le 04 décembre 1865] à un banquet de Sainte Barbe à Épinac-les-Mines, fut écrite pas Théophile Gersant d’Isy, agent des Charbonnages à Dijon, sur l’air des « Cheveux gris », chanson alors à la mode. Elle a été retrouvée et nous a été communiquée en 1976 pas nos amis des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais.

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Source 1 :  « Centre Midi Magazine », n° 30 d’Octobre 1976
Source 2 : Coutume Ouvrière, célébration de la Sainte-Barbe des mineurs 1865-1866, deux chansons Houillères d’Épinac-les-Mines.
Date d’édition de la chanson : 1866.

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Première publication sur ce site : 08.01.2019
Par : Mas de la Regordane / G.D.
Dernière révision : 28.01.2019