2004, dernière mine de charbon de France (video)

LaHouve2004

Ce film tourné en 2004 par le Service Communication de Charbonnage de France au puits de La Houve, à Creutzwald en Lorraine, présente la dernière* mine de charbon de France – *hors exploitation en « découverte » (= à ciel ouvert).

Faut-il rappeler que les galeries de la houille sarroise – donc en Allemagne, membre de la « Super Europe, source de paix et de bonheur » – sont mitoyennes de celles de la France, et que cette dernière a crue bon de stopper sa production « pour manque de rentabilité » alors que les Sarrois ont continué l’exploitation à outrance (avec un concurrent en moins 🙂 ) et qu’à ce jour, le charbon représente chez eux 40% de l’énergie produite !!! Cherchez l’erreur !

Film exceptionnel sur le travail du mineur de charbon « un jour au fond » La Houve, la dernière mine de France 2004. À partager sans moderation!

Bon plaisir à tous les « Houvistes » et à tous ceux des autres unités d’exploitations Françaises dont ceux de La Grand-Combe dans le Gard.  Nous pouvons être fiers du travail accompli. Glück Auf !

Eine schicht Untertage im Bergwerk « La Houve  » die letzte Grube Frankreich 2004. Glück auf. Teile ohne zögern!

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Source : Charbonnages de France, Service Communication (via FaceBook)

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BONUS : Chanson « D’où qui sont ? », reprise par Claude Raby

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Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 02.04.2018
Dernière édition : 02.04.2018

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CdF, conditions financières du départ des mineurs

Photo : Gardanne, recette du puits Y (Yves Morandat)cdfGardanne

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Notice

Résumé :

Signé en 1994 par les centrales syndicales FO et CFTC majoritaires aux Charbonnages de France, le Pacte charbonnier planifie pour 2005 la fin de toute exploitation minière en France. Pour obtenir l’adhésion des personnels, la décision de fermeture s’accompagne d’un plan social très avantageux pour les personnels : c’est le Congé charbonnier de fin de carrière (CCFC).

Type de média :
Date de diffusion :
11 février 2003
Source :
Personnalité(s) :

 Éclairage

Longtemps considéré comme le « pain de l’industrie » et le socle de la production énergétique de la France, le charbon voit son importance s’estomper avec la part de plus en plus grande prise par les hydrocarbures. Par ailleurs, le charbon importé est nettement plus avantageux que le charbon extrait en France. Cette situation est d’autant plus ressentie dans le bassin de Gardanne qui n’extrait que du lignite. Or, ce dernier ne peut soutenir à la fois la concurrence des autres produits houillers et celle des dérivées des hydrocarbures. La construction de la centrale thermique décidée en 1951 destinée à remplacer les unités de Cap Pinède et de Sainte-Tulle et l’augmentation de la production locale renforcent peu à peu l’idée que l’exploitation minière de Gardanne ne peut disparaître. Ce sentiment est encore renforcé par les différents chocs pétroliers qui rendent le charbon plus compétitif et par la mise en place du Grand ensemble de Provence qui réorganise l’ensemble du bassin et relance les investissements. La mine de Gardanne devient l’une des plus productives des Charbonnages. Les espoirs sont renforcés par l’élection de François Mitterrand qui, durant sa campagne électorale de 1981, avait opté pour la relance de la production charbonnière et avait martelé l’idée qu’il valait mieux « payer un mineur qu’un chômeur ». Dès la fin de 1981, le rythme des embauches s’accélère et en 1987, le puits Morandat de 1 109 m de profondeur entre en service. Malgré tout, les répits sont de courte durée, même si le site de Gardanne accueille des mineurs venus des autres sites qui commencent à fermer. Le retournement de la conjoncture économique avec le contre-choc pétrolier, le changement de la majorité politique en France en 1986 ouvrent des périodes d’incertitude, d’autant plus que le charbon français peine à se rapprocher des prix internationaux. L’idée que les finances publiques ne peuvent soutenir un secteur qui ne peut résister à la concurrence internationale gagne l’ensemble des syndicats de la profession, sauf la CGT. Celle-ci défend jusqu’au bout le maintien de l’exploitation minière en France, car, pour elle, l’arrêt de l’exploitation est « une aberration au regard des besoins, des réserves importantes et de l’indépendance nationale », tout en ajoutant que « compte tenu de la situation de l’emploi (…) et dans le cadre de la diversité des sources d’énergie, le charbon reste incontournable ».

En 1994, l’ensemble des syndicats, sauf la CGT, signe le Pacte charbonnier qui planifie pour 2005 la fin de toute exploitation charbonnière en France. En retour, et pour obtenir l’adhésion des personnels, un plan social aux conditions avantageuses est signé. Sa principale disposition est contenue dans le congé charbonnier de fin de carrière (CCFC). Alors que le statut de 1946 prévoyait la retraite à 55 ans après une carrière complète au fond, le CCFC permet aux salariés de 45 ans, ayant 25 ans d’ancienneté, de partir avec 80 % du salaire, tout en conservant les avantages sociaux en matière de chauffage, logements et protection sociale et médicale. Si les conditions d’âge et d’ancienneté ne sont pas atteintes, le salarié peut poursuivre sa carrière dans le groupe jusqu’à leur obtention ou choisir un départ en conversion vers une entreprise extérieure.

Opposée au plan charbonnier, la CGT mène à Gardanne une série d’actions de plus en plus violentes, en demandant l’élargissement du CCFC aux salariés des entreprises sous-traitante. Mais elle se rend compte qu’elle est de plus en plus isolée et que les mineurs se rallient au fil du temps aux dispositions de fin de carrière. Aussi, le 2 avril 1999, elle accepte l’alimentation de la centrale thermique en charbon d’importation, tout en obtenant la promesse d’une augmentation de la production locale de 650 000 tonnes entre 1999 et 2005 et la promesse d’embauche pour mettre en oeuvre cet objectif. Tout semble alors réuni pour voir l’exploitation aller jusqu’au terme fixé de 2005. Il n’en sera rien, d’autant que les négociations locales élargissent les dispositions nationales pour les salariés les plus jeunes. Ceux-ci peuvent partir avec 88 % du dernier salaire, un ajustement de 1,5 % par année jusqu’à 45 ans et le maintien des avantages statutaires. Aussi, les conditions de départ de plus en plus avantageuses incitent la plupart des salariés à partir. Fin 2002, ils ne sont plus que 480 à refuser le CCFC sur les 1 200 employés en 1995. Malgré la violence des actions menées par les mineurs attachés à la permanence de l’exploitation charbonnière, la direction décide de fermer le site par anticipation car, pour elle, le manque d’effectifs ne permet plus d’exploiter en toute sécurité le lignite gardannais. Nous sommes le 21 janvier 2003. C’est le début des « reconstructions », celles des espaces, commencées au fond de la mine le 3 mai 2003 avec la fin du pompage, avec pour conséquence l’ennoyage naturel des galeries et de tous les vides miniers, celles, plus difficiles et complexes, des hommes dont certains assurent très difficilement leurs nouvelles conditions de « jeunes retraités » malgré les conditions très avantageuses offertes par le CCFC.

Bibliographie :

Xavier Daumalin, Jean Domenichino, Philippe Mioche, Olivier Raveux, Gueules noire de Provence. Le bassin minier des Bouches-du-Rhône (1744-2003), Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 2005.

Jean Domenichino

 Transcription

Sylvie Depierre

Revenons maintenant à la mine de Gardanne, et voyons dans quelles conditions financières les mineurs vont partir. Force Ouvrière, première organisation syndicale des Charbonnages de France et la CFTC ont signé aujourd’hui avec la direction, les mesures d’accompagnement de fin de carrière. Mais à Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est refusé. Le détail des mesures avec Jean-Louis Boudart et Pierre Cohignac.

Jean-Louis Boudart

Depuis 1995, le groupe Charbonnages de France a mis en place un dispositif pour assurer la réduction programmée de ses activités. Ce dispositif, c’est le pacte charbonnier national. Un pacte qui prévoit que les mineurs de fond cessent leur travail dès l’âge de 45 ans. Après 25 ans d’ancienneté, ils partent avec 80% de leur dernier salaire. Ils conservent leurs avantages en nature – le logement et le chauffage – et bénéficient de garantie de déroulement de carrière jusqu’à 50 ans. Des conditions de départ qui, à Gardanne, ont déjà convaincu des centaines de mineurs.

Jean-Charles Besson

Ces conditions qui ont été mises en oeuvre suite à des négociations au niveau national avec les différentes organisations syndicales, prévoyaient donc cette possibilité de départ, donc un départ au volontariat et auquel ont souscrit de nombreux mineurs sur Gardanne, puisque les effectifs sont ainsi passés de plus de 1 000, de l’ordre de 1 200 en 1995, à aujourd’hui 480.

Jean-Louis Boudart

L’anticipation de la fermeture de la mine de Gardanne a conduit le groupe Charbonnages de France à proposer des mesures d’accompagnement supplémentaires pour les mineurs les plus jeunes, ceux qui n’ont pas encore atteint aujourd’hui l’âge de 45 ans. Pour cela, la direction propose une dispense d’activité. A Gardanne, 150 personnes environ pourront partir avec 88% de leur salaire, le maintien des avantages en nature, ainsi qu’un ajustement salarial de un et demi pour cent par an jusqu’à 45 ans.Aujourd’hui, Force Ouvrière et la CFTC ont signé ce protocole.

Malik Hadjali

Moi je pense que, sincèrement, sincèrement je pense que le, le niveau de rémunération auquel on est arrivé, euh c’est euh on se moque pas des mineurs, bien au contraire. Euh beaucoup, je crois que beaucoup d’entreprises ce, aimeraient pouvoir signer des accords comme, comme, on, on fait à Charbonnages de France.

Jean-Louis Boudart

A Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est toujours considéré comme inacceptable. En Lorraine, où il reste 2 bassins miniers, les deux tiers du personnel des houillères se sont au contraire déclarés en faveur de ces propositions.

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 19.03.2018
Dernière mise à jour : 19.03.2018

 

 

Vie des mineurs de La Grand-Combe et des Cévennes

MineursBriquet
[Photo : C’est l’heure du Briquet (casse croute)]

CONDITIONS DE TRAVAIL  et  VIE DES MINEURS

1. Généralités sur le travail dans les mines de charbon en Cévennes

Au XIXe siècle, le développement de l’extraction du charbon dans le bassin minier d’Alès est notamment freiné par le manque de main d’œuvre, la main d’œuvre locale restant attachée à l’agriculture. En 1850, le mineur cévenol est encore un paysan-mineur. Il se consacre à la mine quand la terre ne le réclame pas, du début d’hiver à la fin du printemps.

Dans les années suivantes, les crises dans l’agriculture ajoutées au déclin de la sériciculture accélèrent l’exode rural dans le Massif Central et en Hautes Cévennes. A la mine, le recrutement ignore les habitants originaires du bassin houiller qui, s’ils quittent leurs occupations, préfèrent occuper des emplois de service dans les grandes villes. De plus, les protestants répugnent à travailler pour les compagnies minières et métallurgiques appartenant aux grands capitalistes catholiques. Les compagnies minières privilégient donc le recrutement de personnel, si possible de religion catholique, en Ardèche, en Lozère, Haute-Loire et un peu dans la vallée du Rhône. L’Ardèche et la Lozère fournissent les deux tiers des embauches. A compter de 1840, les compagnies minières du bassin houiller cévenol recrutent ainsi une main d’œuvre déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, qui se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie exerçant une emprise paternaliste sur son personnel.

En 1911 et 1912, les besoins en charbon croissent avec le rapide essor industriel de la France. Les compagnies recourent à de la main d’œuvre espagnole et algérienne. Fin 1913, le bassin houiller cévenol emploie 16% de travailleurs étrangers. Mal vus, perçus comme des briseurs de grèves par les mineurs cévenols, ceux-ci obtiennent leur renvoi.

Pendant la guerre de 14-18, la Mine remplace les soldats mobilisés par des femmes, des personnes âgées, des prisonniers de guerre et de la main d’œuvre étrangère (Espagne, Europe centrale, Russie…) et coloniale (Afrique du Nord, Madagascar, Indochine). La Mine obtient aussi le retour des mineurs mobilisés, qu’ils soient locaux ou travailleurs des mines du Nord de la France envahies par les Allemands ou situées dans les zones de combat.

En 1918, une population hétéroclite travaille dans le bassin houiller cévenol. Les nombreux mineurs nord-africains constitueront désormais une fraction importante de la population étrangère du bassin. Les mineurs polonais sont regroupés à Saint-Jean de Valériscle, où une cité leur est dédiée avec une école polonaise créée en 1921 pour la scolarisation des enfants dans leur langue maternelle. Ils y resteront jusqu’en 1946.

En 1952, le bassin houiller cévenol emploie 19.371 ouvriers dont 77% de Français, 10% de Nord-africains, 5% d’Espagnols, 3% de Polonais et 3% d’Italiens.

2. Personnel de la mine

Les ingénieurs employés par les compagnies du bassin houiller cévenol sont majoritairement formés à l’Ecole des mines de Saint-Etienne. L’ingénieur est le seul représentant de la direction que côtoie le mineur. Il descend au fond journellement au fond de la mine pour organiser et diriger le travail st s’assurer de la sécurité.

Les agents de maîtrise (géomètre, dessinateur, comptable…) constituent 6% de l’effectif total ; ils exercent surtout des tâches de surveillance. Le géomètre dresse le plan de la mine donnant l’état des lieux et permettant de se repérer sur les chantiers.

Les maîtres-mineurs secondent l’ingénieur ; le plus souvent, ce sont d’anciens mineurs qui ont suivi une formation spécialisée.

Les mineurs de fond représentent 65 % de l’effectif total de la mine. En Cévennes, les couches de charbon sont souvent minces. Elles sont donc exploitées par des galeries assez basses dans lesquelles le charbon s’évacue fréquemment par trainage et, jusqu’au début du XXe siècle. Cette évacuation se fait à bras d’homme ou par traction animale. Le travail au font s’effectue par équipes de 6 à 10 mineurs. Différentes qualifications rendent compte du travail effectué. Le piqueur taille et abat le charbon ; il travaille à la main jusqu’en 1930, date à laquelle se généralise l’emploi du marteau-piqueur. Le travail du piqueur, particulièrement pénible et usant, s’effectue dans des positions souvent inconfortables ; le boiseur installe et entretient les soutènements qui empêchent l’effondrement des galeries ; le rouleur (25% des mineurs de fond) évacue le minerai abattu par le piqueur ; les ouvriers d’entretien, manœuvres et aides sont affectés aux tâches subsidiaires.

Les mineurs au jour représentent 25% de l’effectif total de la mine. Ils sont machinistes, mécaniciens, électriciens, lampistes ou placières (deux emplois souvent tenus par des femmes) ou gardiens…

Les placières travaillent sur le carreau ou dans les ateliers où elles trient, lavent, calibrent, conditionnent… le charbon. Elles sont généralement employées entre 12 et 20 ans ou, avec leurs enfants, lorsqu’elles sont veuves de mineurs. De 1904 à 1913, les femmes et jeunes filles comptent pour 16% des embauches dans le bassin minier cévenol. Les trois quarts sont âgées de 13 ou 14 ans. Les salaires féminins sont encore plus faibles que les salaires masculins. En 1909, les femmes et jeunes filles ne touchent que 70% du salaire versé aux adolescents apprentis au fond.

3. Travail des enfants à la mine

Avant 1914, les mines du bassin houiller cévenol emploient de très nombreux jeunes garçons et filles. Les jeunes de 12 à 16 ans constituent 6% du personnel des mines et ceux de 16 à 18 ans en constituent 7%. Les dirigeants considèrent que les enfants doivent être très tôt employés au travail à la mine afin de ne pas être rebutés par la pénibilité des tâches à accomplir. De plus, les enfants, plus dociles que les adultes, sont plus faciles à soumettre.

Les enfants travaillent d’abord au jour, au triage du charbon évacué de la mine. A 16 ans (souvent même avant), les garçons descendent au fond avec le statut d’apprentis ; ils sont affectés au roulage des wagonnets ou au trainage des paniers montés sur patins ; ils sont aussi manœuvres, aide-boiseurs et parfois aide-piqueurs. L’expérience acquise, ils deviennent des mineurs de fond. Après de longues années de travail, certains jeunes hommes peuvent suivre les cours de l’Ecole des maîtres-mineurs, créée à Alès en 1841, dont les archives attestent que nombre de ses élèves ont commencé à travailler à la mine à l’âge de 9 ou 10 ans.

4. Mouvements sociaux dans les mines cévenoles

Au XIXe siècle, la journée de travail du mineur dure douze voire quatorze heures. Les mineurs payés à la tâche perçoivent de très faibles rémunérations. Les conditions de travail sont rendues pénibles par les eaux d’infiltration et la poussière saturant les galeries où les effondrements et les coups de grisou sont fréquents.

A compter de 1840, les compagnies minières du bassin cévenol recrutent hors du bassin, en Ardèche et en Lozère essentiellement, une main d’œuvre plus docile. Déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, elle se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie. 1848 et la proclamation de la IIe République voient l’explosion des mouvements ouvriers en France. La crise économique entraîne un chômage massif qui atteint le bassin houiller cévenol. De 1851 à 1870, le Second Empire est l’époque du capitalisme conquérant. Malgré un encadrement moral et politique serré, des grèves éclatent régulièrement dans les mines du bassin d’Alès, porteuses de revendications sur le relèvement des salaires, la réduction de la durée de la journée de travail, la fermeture des magasins de vivres de la Compagnie et le renvoi de certains cadres. Les compagnies minières en appellent à la gendarmerie, à l’armée, à la Justice, au livret ouvrier… Sévèrement réprimées, les grèves n’aboutissent pas à la satisfaction des revendications. Les meneurs sont licenciés et/ou arrêtés. Malgré tout, le mouvement syndical s’affirme peu à peu tandis que le socialisme se réorganise et retrouve ses assises.

Les crises que traversent la filière charbon dans les années 1890 et 1900, notamment du fait de la concurrence des charbons étrangers, amènent à réduire les salaires, le temps de travail et même les effectifs. Ainsi, de 1890 à 1913, le nombre de mineurs employés à Portes, Trélys, Cessous (Le Martinet) et Lalle (Bessèges) diminue de 30% tandis que la production régresse de 2,1 millions de tonnes en 1891 à 1,8 million en 1904. Défavorisées par le coût du transport, les mines de charbon du Gard ne comptent que pour 8% de la production nationale en 1890 et 5% en 1910.

Dans tout le bassin, les travailleurs revendiquent des améliorations dans les conditions de travail et la sécurité par de nombreuses grèves. Entre 1902 et 1911, l’échec des grèves, la répression patronale, la division des militants ouvriers, l’instabilité des syndicats, et la création des « syndicats-maison par les compagnies minières entravent le mouvement ouvrier dans le bassin houiller cévenol. Toutefois, en 1905, la durée légale de la journée de travail est ramenée à 8 heures pour les mineurs. A compter de 1909, les mineurs sont rémunérés à l’heure. En 1910, le Code du Travail est voté. 1914 voit la première grève de mineurs victorieuse. Le droit à la retraite est reconnu. Les mineurs obtiennent aussi le licenciement de travailleurs étrangers perçus et/ou utilisés comme briseurs de grève. En 1919, les mineurs obtiennent une hausse substantielle des salaires.

En 1936, les grèves concernent tout le bassin houiller cévenol (au Martinet, au Puits Pisani, la mobilisation ouvrière débute dès février). Les compagnies négocient avec les mineurs et accordent les hausses de salaires et avantages matériels réclamés. L’action syndicale se poursuit dans la métallurgie jusqu’à la répression de fin 1938.

La proclamation de la guerre suspend les revendications ouvrières. Très vite, les Cévennes protestantes et le bassin houiller, bastion du militantisme ouvrier et fief du Parti communiste, résistent par principe au régime de Vichy et les mesures prises à l’encontre des ouvriers, des jeunes et des Juifs renforcent cette opposition. Les mineurs se mobilisent à travers les grèves qui perturbent la production industrielle en 1941 à Trélys, en 1942 à la Grand Combe, Bessèges et Molières où des arrestations ont lieu. En 1942, les syndicats sont interdits, ce qui n’empêche pas la relance du mouvement syndical. Avec l’occupation de la zone sud, les entreprises minières gardoises bénéficient des achats allemands. D’ailleurs, en 1943, 60% de l’économie gardoise travaille pour le Reich. Début 1943, le recrutement des Mouvements de la Résistance s’étend au bassin houiller. Les mineurs participent aux attaques contre l’occupant et le régime de Vichy. Ils subissent, eux-aussi, la répression sanglante du régime de Vichy et de la Milice.

En juillet 1944, la grève générale des mineurs d’Alès, du bassin de la Grand combe, de Molières… paralyse la production. Violemment réprimée par les Allemands et la Milice, elle perturbe le repliement allemand après le débarquement des Alliés en Provence. En 1946, en contre partie des efforts de production abondante de charbon qui leur sont demandés, les travailleurs obtiennent le Statut du mineur garantissant leur salaire, leurs conditions de travail et la protection sociale de leur famille. Les profondes mutations qui transforment l’espace gardois à compter de 1950 s’accompagnent de la disparition progressive de l’extraction de charbon en Cévennes, malgré les luttes entreprises par les mineurs pour sauver leur outil de travail. Le bassin houiller cévenol se vide de l’essentiel de sa population active qui part vers des reconversions professionnelles plus ou moins faciles.

L’extraction du charbon s’arrête à Saint-Jean de Valériscle en 1953, au Martinet en 1959 et à Saint-Florent sur Auzonnet en 1973. L’exploitation se poursuit quelques temps encore à la Grand Combe et à Portes, avant de s’interrompre là-aussi.

5. Santé des mineurs et de leur famille

En 1848, les conditions de vie dans les villes minières sont très difficiles. La population du bassin houiller cévenol est dans un piètre état de santé. Le taux de mortalité infantile (décès d’enfants de moins de 5 ans) y atteint 252 pour 1.000 alors que la moyenne nationale est de 167 pour mille en France. L’espérance de vie du mineur voisine les 40 ans.

En 1914, 65% des mineurs cévenols meurent avant 55 ans et 20% avant 35 ans. Il faut attendre 1960 pour voir les accidents du travail se raréfier.

Silicose et pneumoconiose du mineur de charbon rassemblent les affections engendrées par l’inhalation de poussières minérales contenant du dioxyde de silice. La silicose proprement dite correspond à l’exposition aux poussières de silice pure ; la pneumoconiose du mineur de charbon résulte de l’inhalation de poussières mixtes (charbon et silice en proportions variables). Le développement de la maladie connait deux phases : une phase d’alvéolite après capture des particules minérales et une phase plus tardive de fibrose. En fonction de l’intensité de l’exposition et du profil évolutif propre à chaque individu, la pneumoconiose évolue d’une forme nodulaire simple à la fibrose massive progressive. Les complications possibles des pneumoconioses sont infectieuses, cardiaques ou dégénératives (emphysème, fibrose associée). Il n’existe pas de traitement spécifique des pneumoconioses. La prévention primaire reste le meilleur traitement. La surveillance des sujets à risque est fondamentale pour permettre une reconnaissance précoce de la maladie et une réparation du dommage subi dans le cadre des maladies professionnelles.

La poussière est inhalée lors du creusement dans la roche des travers-bancs (galeries reliant le puits aux chantiers d’abattage du charbon). La mécanisation de l’abattage aggrave cette nuisance puisque les machines (marteaux-perforateurs et marteaux-piqueurs) produisent beaucoup plus de poussières que les outils à main. Jusqu’à la Loi du 2 août 1945, les compagnies minières ne reconnaissent pas la silicose comme maladie professionnelle du mineur.

En 1898, la Loi fait progresser la réparation des accidents du travail à la mine. Généralement, la Compagnie offre au mineur blessé un emploi moins pénible et elle embauche les veuves et orphelins de mineurs décédés d’un accident de travail. En 1879 et 1880, 34 mineurs meurent suite à des accidents du travail dans le Bassin houiller cévenol.

6. Conditions de vie des mineurs

Au XIXe siècle, la révolution industrielle entraîne la concentration de populations souvent étrangères dans les bassins miniers où elles sont contraintes de s’installer. Ces ouvriers doivent être rapidement logés à proximité de leur lieu de travail. Les logements sont d’autant plus difficiles à trouver que prévaut, en cette première moitié du XIXe siècle, une véritable pénurie de logements en France. Les ouvriers recrutés hors du bassin minier vivent donc dans des conditions déplorables.

Durablement marqués par les théories de Saint-Simon, la plupart des capitaines d’industrie mènent une politique « paternaliste » envers leur main-d’œuvre visant à prendre en charge chaque instant de la vie de l’ouvrier, pour assurer son bien-être, mais surtout pour mieux le contrôler. Le saint-simonisme rêve d’un « nouveau christianisme » dont les fondements seraient la science et l’industrie, et l’objectif la plus haute productivité. Par ailleurs, des utopistes imaginent les ouvriers vivant et travaillant en coopérative.

Pour remplacer dans l’urgence les baraquements érigés spontanément par les nouveaux arrivants pour se loger, la compagnie apporte la solution de la « caserne ». C’est un bâtiment en longueur, à deux ou trois niveaux construit à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Les logements d’une pièce sont desservis par des couloirs et des escaliers communs. Bien que cette solution soit peu coûteuse, facile à réaliser et qu’elle permette une surveillance aisée, la caserne comme tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers peuvent se rencontrer, se réunir…, est un « foyer d’immoralité » aux yeux du paternalisme patronal. La Compagnie ouvre des magasins où s’approvisionnent les mineurs. Devenus plus tard des économats, ils feront partie des cibles des revendications syndicales à cause de l’inféodation à l’employeur qu’ils créent et seront interdits en 1910.

A partir de 1860, à la « caserne », la Compagnie préfère la maison individuelle, où l’ouvrier vit en famille et où le jardin potager ne joue pas seulement un rôle économique. Cette maison individuelle s’insère dans une cité ouvrière créée de toute pièce. Le logement accède directement à l’espace extérieur public. D’un seul niveau, il comprend deux pièces. Les critères d’attribution des logements, basés sur la valeur de l’ouvrier à l’atelier, font de ces habitations une récompense sociale.

Ces cités minières ne sont pas habitées par les seuls ouvriers mineurs. Elles logent aussi des cadres et des employés, d’où la diversité des types de maisons et de leur implantation dans la cité. En construisant les cités, la Compagnie veut attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété. Elle cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain… et leur avance de l’argent pour les aider à les aménager. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage et surtout, nouvel ami de l’ordre, il abandonne… les cabarets.

Rappelons les ravages causés par l’alcool parmi les ouvriers aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, St-Jean de Valériscle, premier site d’extraction industrielle du charbon dans la haute vallée de l’Auzonnet compte 14 cafés en 1914 et un mineur peut boire 5 à 6 litres de vin par jour (de faible degré d’alcool, il est vrai !), plus de l’absinthe dont la consommation sera interdite en 1917.

Créer une cité ouvrière de qualité réduit considérablement le turnover de la main d’œuvre. Des investissements parfois considérables sont lancés, qui s’ajoutent à l’immobilisation de capitaux exigée par l’ouverture d’un puits de mine, par exemple, mais les compagnies amortissent la dépense grâce à la pratique de loyers suffisants pour rentabiliser l’investissement. En dehors des logements, les compagnies édifient également dans les cités des écoles, église, coopérative, cantine, salle des fêtes, complexe sportif, dispensaire médical, pharmacie…

Créer une cité ouvrière à proximité de son usine n’est donc pas simplement une œuvre philanthropique mais d’abord le fruit d’un calcul de rentabilité du travail. Elle permet en effet de garder à proximité du lieu de production une population réputée très mobile et ainsi de conserver le plus longtemps possible les bénéfices d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette population est attirée par des logements confortables, mais aussi par de nouveaux équipements financés par le patron. C’est un moyen de contrôler la vie de l’ouvrier, en orientant totalement sa vie dans et hors de l’usine, du berceau jusqu’à la maison de retraite.

Au XXe siècle, les ouvriers voient de plus en plus mal un tel contrôle social. Les classes populaires aspirent à la propriété individuelle et à une amélioration de leur condition sociale, au-delà de leurs simples conditions sanitaires. Malgré le contrôle strict des dirigeants patronaux, une telle concentration de populations ouvrières permet, paradoxalement, une meilleure organisation syndicale des ouvriers dans la première moitié du XXe siècle. Ce sont ces mêmes ouvriers qui deviennent souvent les fers de lance des grandes grèves de 1936 en France. Les villages ouvriers constituent l’une des expressions les plus achevées de l’impact exercé par l’industrialisation sur l’organisation sociale en général, et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants  en particulier. Ce type d’urbanisation va se prolonger jusque dans les années 1960, car la pénurie de logements sociaux s’aggrave après les destructions de la seconde guerre mondiale. Il n’en demeure pas moins qu’en France, les politiques immobilières patronales ont engendré dans l’ensemble un habitat ouvrier de qualité médiocre.

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Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Editions Jean-Michel Bordessoules, Saint-Jean d’Angély 2003
  • Les mines des Cévennes – Michel VINCENT – Terre cévenole – St-Hilaire de Brethmas,2006
  • Balade en sol mineur. Histoire des mines du bassin houiller d’Alès – Hubert RIVELAINE – Le Plein de sens Editions – Montpellier, 2003§

    Source : www.st-florent-passe-present.fr
    Rédaction  :  Edmée Fache

    Reblogué par : Mas de la Regordane
    Première publication : 09.02.2018
    Dernière mise à jour : 09.02.2018

 

Listing sociétés 30110 La Grand-Combe

LGCjaime.JPG
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Num.

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E / É / È

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Source : tva-intra-gratuit.fr
Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.01.2018
Dernière mise à jour : 01.02.2018

Coup de grisou, 22 morts au puits Simon

MineursPuitsSImon

« Le siège Simon est l’un des principaux charbonnages des houillères de Lorraine, situé sur le territoire de la commune de Forbach en Moselle dans la région française du Grand Est. Ce siège d’extraction est constitué de cinq puits de mine. Le charbon y a été exploité de 1907 à 1997. »

25 Février 1985, le jour n’est pas encore levé sur le puits de mines Simon 5 des Houillères du Bassin de Lorraine. Une équipe de mineurs travaille au niveau de la veine n°18 à l’étage – 1 050 mètres. Il est environ 07 h 30′ quand retentit une formidable explosion due à l’inflammation de [gaz] grisou suivi d’un coup de poussière meurtrier. Les sauveteurs interviennent rapidement, mais ne peuvent que constater l’ampleur de la catastrophe :  22 mineurs ont laissé là leur vie, tandis que 269 autres sont blessés, surtout par intoxication.

7 ans plus tard, le 30 mars 1992, le tribunal de Sarreguemines rend son verdict devant les avocats des représentants syndicaux (principalement, la C.F.D.T. et la C.G.T.), des familles et pour une fois, des représentants de la direction générale, dont le chef de siège et son adjoint, bénéficiant d’une délégation de pouvoir, donc de responsabilité : ils seront mis en cause.

Il est à remarquer qu’à 17’27 » de la vidéo, Richard Caudry, secrétaire général du Syndicat des Mineurs CGT mentionne l’exemplaire rapport Turpin, directeur du Cerchar (CEntre de Recherche des CHARbonnages de France, aujourd’hui Inéris) aussi rigoureux que son prédécesseur Georges Delannoy.

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Source : Youtube
Vidéo mise en ligne par : Eugene Ograbek
Ajoutée le 26 oct. 2014

Article et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.01.2018
Dernière mise à jour : 05.02.2018

Garde dans les mines de charbon

Qui étaient les gardes des mines ? Un documentaire inédit leur est consacré

Le garde, c’était « les yeux et les oreilles de la mine ». Des personnages centraux du coron, mais dont le rôle ambigu a été, paradoxalement, très peu mis au jour. Eux consignaient toutes leurs activités. Grâce à ces archives, le documentaire « Sous l’œil des Houillères » propose un décryptage inédit du système de surveillance du bassin, le S.S.B.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

Dans les corons, le garde des mines était une figure familière. Pourtant, il reste peu de témoignages sur le rôle, bien plus complexe et ambigu qu’il n’y paraissait, de ceux parfois appelés les « hommes en noir ».

Pour un documentaire qui sera diffusé sur France 3 le 6 novembre après Le Grand Soir 3, le réalisateur Richard Berthollet a examiné des centaines de pages des archives du centre minier de Lewarde. En une cinquantaine de minutes, le réalisateur distille des images rares de ces agents qui se «  tenaient soigneusement à l’écart des caméras et des appareils photos  », des témoignages, de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle aux gardes eux-mêmes.

https://player.vimeo.com/video/235353890Teaser du documentaire « Sous l’oeil des Houillères »
from Pictanovo on Vimeo.

Le point de départ ? La bible des gardes

«  Ce documentaire, c’est une histoire qui a commencé il y a dix ans.  » À l’occasion d’un film qu’il réalise sur le Racing-club de Lens, le journaliste se plonge une première fois dans les archives des Houillières. «  Dans une boîte, au hasard, je tombe sur un mémento  ». C’est ce qui donnera corps à ce projet de documentaire. «  Ce premier document, c’est une «bible» du S.S.B. intitulée « Mémento » à l’adresse du personnel du Service de Surveillance du Bassin qui explique, sur une centaine de pages, ses missions et son mode de fonctionnement. Et, parfait contre-point, nous avons également trouvé des trombinoscopes de gardes accompagnés de centaines de procès-verbaux de surveillance couvrant la période du début des années cinquante à la fin des années soixante-dix. Complémentaires, ces documents dessinent les contours idéologiques et opérationnels du SSB.  » Au fil des boîtes rigoureusement classées et conservées par les archives de Lewarde, le pourquoi et le comment de la surveillance se dessine.

Une histoire inédite

«  Je connaissais le garde, mais pas le côté systématique.  » Richard Berthollet, épaulé par l’historienne Marion Fontaine, explore un pan peu connu et rarement traité de l’histoire des mines. «  Il n’existe pas de livre exclusivement dédié à ce sujet.  » Le documentaire fini, c’est «  une immense fierté, d’habitude, on s’aide des livres d’histoire. Là on a fait le boulot avant.  »

«  Il a aussi fallu comprendre qu’est-ce qui a radicalisé l’État.  »

Le documentaire nous entraîne du XIXe siècle – quand les compagnies minières privées font régner leur ordre – jusqu’à la nationalisation.

Alors que les mineurs pensent que la mine va « leur revenir », la surveillance empire et devient un système sous l’effet conjugué des grèves de 1948 et de la guerre froide. Puis s’invitent dans le documentaire et dans les corons les « événements d’Algérie » avant la fermeture des derniers puits qui marque l’extinction du SSB. L’histoire du bassin minier vue sous un jour inédit.

Pour le voir en avant-première ou à la télévision

Le documentaire « Sous l’œil des Houillères » sera diffusé à deux reprises.

Dans un premier temps, une avant-première de ce documentaire de Marion Fontaine et Richard Berthollet est organisée mercredi 11 octobre, à 20 heures au Leaud (Arenberg Creative Mine), sur le site minier de Wallers-Arenberg (rue Michel-Rondet à Wallers-Arenberg). Seront présents Richard Berthollet, réalisateur,

Marion Fontaine, co-auteure, Amy Benadiba, directrice-conservatrice du Centre historique minier de Leward notamment avec qui un échange est organisé à l’issue de la projection.

Réservation indispensable à diffusion@exquise.org ou au 03 20 43 24 32.

Le documentaire sera ensuite diffusé sur France 3, le 6 novembre, après Le Grand Soir 3, vers 23 heures.

Un portrait en clair-obscur

Le garde des mines contrôle la propreté du trottoir après la livraison du charbon, arrange les conflits de voisinage, connaît le prénom de tous les enfants de la famille et peut aussi ramener par l’oreille celui qui dérape… Le garde, agent de « proximité » avant l’heure, est alors aussi un agent de surveillance. Il possède des fiches sur chaque foyer, exerce une surveillance politique et syndicale, comme le raconte le documentaire. Un mauvais rapport du garde, et la demande de logement redescend en bas de la pile. Un bon rapport (contre un tuyau sur un voisin) et on gagne « les faveurs » des Houillères.

Nostalgie

Le portrait brossé révèle un rôle sombre («  entre milices et barbouzes  », dit le documentaire) et qui évolue au fil du temps. Les gendarmes reconvertis en garde des mines laisseront ensuite la place à d’anciens porions. D’anciens gardiens témoignent, racontent certaines dérives mais parlent d’une époque heureuse où régnaient l’ordre et le travail. La nostalgie du temps de la mine n’est jamais loin.

«  Dans ce cas, les personnes regrettent un rapport humain, c’est paradoxal, en direct avec le propriétaire  », rapporte Richard Berthollet, le réalisateur, quand le garde portait leurs voix auprès de la compagnie des mines. Le garde, un personnage plus complexe qu’il n’y paraît au fil du temps, entre la «  fonction d’îlotage  », de proximité rappelée par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, et la menace sur «  les libertés individuelles » que décrit un autre témoin… «  C’est tout ça qui donne à cette nostalgie une certaine ambiguïté que le film tente d’expliciter  », reprend le réalisateur.

P.Drouet

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Par Pauline Drouet | 

Blogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.01.2018
Dernière Mise à Jour : 25.01.2018

Mines 1914-1922 : Paternalisme Vs Syndicalisme

MédailleCieMines

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ET LE DÉCLIN DU CONTRÔLE SOCIAL
DANS LES MINES DU GARD (1914-1922)
par Fabrice SUGIER

En 1913, les neuf compagnies minières du Gard forment, avec deux millions de tonnes de charbon extrait et 12 000 ouvriers occupés, le 3ème bassin houiller français (tableau 1).

Nous l’avons étudié en détail dans notre thèse, et nous n’allons nous intéresser ici qu’à un aspect bien particulier, celui du contrôle social. En prenant l’exemple du bassin cévenol, et en choisissant la période 1914-1922, nous voulons essayer d’examiner les conséquences de la situation de guerre et des bouleversements sociaux qui l’ont suivie sur les entreprises et les populations de l’arrière. La problématique exposée, le déclin du contrôle social, peut donc nous permettre d’accréditer ou de tempérer, dans ce cas précis, l’idée de « fin d’un monde » souvent attachée à l’époque du premier conflit mondial. Nous allons d’abord présenter les différents aspects du dispositif patronal de contrôle social à la veille de 1914 ; puis nous tenterons de discerner les tendances d’évolution pendant et après la guerre.

Tableau 1. – Le bassin gardois en 1913 (Archives du Service des Mines à Alès)

Les entreprises minières et le contrôle social avant la Grande Guerre

Le dispositif mis en place par les compagnies cévenoles entre 1840 et 1875 n’est pas très original par rapport à d’autres déjà décrits pour d’autres bassins (Carmaux, Blanzy, Nord-Pas-de-Calais), ou même d’autres industries. Nous nous contenterons donc d’en exposer brièvement la doctrine et d’en décrire les principaux traits.

La doctrine patronale

Communément appelée « paternalisme », elle repose sur deux thèmes majeurs. Tout d’abord, il existe une communauté d’intérêts entre le patron et l’ouvrier. Ainsi, J.-B. Marsaut, dirigeant de la Compagnie de Bessèges de 1859 à 1914, parle du « lien moral d’une aspiration commune à l’ordre, à la tranquillité et à l’harmonie, indispensables au bien de tous entre les ouvriers et la Compagnie qui leur procure le travail ». Le Moniteur des Cévennes, journal financé par la Compagnie de La Grand-Combe, lui fait écho en soulignant la complémentarité des uns et des autres. Les chefs apportent « la haute intelligence » et « l’habile direction », et les ouvriers « l’amour de la paix, de l’ordre et du travail ». Mais convergence d’intérêts ne signifie pas égalité, d’où la mise en avant d’un deuxième thème, celui de la famille, appliqué à l’entreprise. Le directeur est « ce bon père qui nous fait tant de bienfaits » et qui est « préoccupé par l’amélioration constante du bien-être matériel et moral de son personnel ». Il a donc vocation à régir entièrement la vie de son personnel, ses « enfants », dont il est moralement responsable. Les convictions chrétiennes de nombreux chefs d’entreprises minières cévenoles donnent une force particulière à ce thème, après les descriptions tragiques données par Villermé ou Zola de l’état moral des populations ouvrières. Les métaphores sont omniprésentes dans le discours patronal. Elles tournent par exemple autour de la dualité punition-récompense. Ainsi, tout comme ils doivent écarter les mauvaises fréquentations, « les pêcheurs en eau trouble en quête de mandat électif », les dirigeants miniers doivent savoir punir leur personnel. Le renvoi, en cas de grève, est une « leçon de choses, une leçon nécessaire, profitable à tous et salutaire ». En retour, les mineurs qui accepteront ces règles en retireront bénéfice : « Gardez-leur toujours le respect et l’obéissance, vous y trouverez votre récompense plus tard », recommande le dirigeant d’une association aux mineurs, en parlant de leurs « chefs ».

La politique de contrôle social

Au-delà des différences entre compagnies, elle s’appuie sur quatre piliers essentiels.

Un recrutement sûr

La question du recrutement est primordiale : il doit être mené de façon à ce que le nouvel embauché ait le plus de chances de s’adapter aux règles de la « ville-usine »7. Pour ce faire, plusieurs règles sont observées.

Tout d’abord, le recrutement est très localisé. En 1912, en moyenne, 41,5 % des mineurs adultes du fond occupés par une compagnie cévenole sont nés dans les agglomérations où sont installés ces puits ; et 58,7 % dans une commune du bassin. Par ailleurs, 37 % sont originaires des départements ruraux du Massif Central, mais il s’agit là d’un recrutement centré sur quelques cantons, véritables « terres à mineurs ». La carte de la page suivante montre bien qu’il n’y a pas forcément continuité géographique, mais choix de critères religieux. Les cantons marqués par la présence protestante (au sud du bassin, et sur sa périphérie nord : Barre-des-Cévennes, Saint-Germain- de-Calberte, Valgorge…) sont évités, alors que les efforts des compagnies se portent prioritairement sur les hautes vallées de l’Allier et de l’Ardèche, indéf ectiblement attachées à la foi catholique : Langogne, Coucouron, Mont- pezat, Thueyts, Le Cheylard. Au total, sept des dix cantons ardéchois et lozé- riens qui fournissent le plus de main-d’œuvre sont à 100 % catholiques. Plusieurs témoignages oraux (difficilement vérifiables mais concordants) soulignent d’ailleurs le rôle des curés locaux dans le choix des candidats à l’embauche.

Parallèlement, l’étude du fichier du personnel de la Compagnie de La Grand-Combe révèle trois constantes, qui apparaissent comme autant de « précautions » de l’employeur. Tout d’abord, le recrutement est essentiellement familial. Entre 1904 et 1913, 76,1 % des embauchés possèdent un ou plusieurs parents travaillant déjà à la compagnie. L’adaptation est donc plus facile. D’autre part, il est souvent rythmé par les mêmes étapes : première embauche à 13-14 ans (44 % des ouvriers recrutés sur place), puis ré-embauchage tout de suite après le service militaire. Pour tous ces mineurs, l’absence de toute autre expérience professionnelle rend plus aisée leur acceptation des règles relatives au fonctionnement de la mine et de la ville-usine. Enfin, pour tous les autres, la compagnie exige le plus souvent des antécédents à la mine. Entre 1908 et 1912, 82 % des ouvriers embauchés ont déjà travaillé dans une exploitation française, dont 71,9 % à la Compagnie de La Grand-Combe elle-même, ou chez ses entrepreneurs. Ceci doit bien sûr permettre de réduire le nombre des réactions de rejet que l’on rencontre partout à l’égard du travail souterrain, et qui y explique l’ampleur du « turn-over ».

 

Le recrutement des mineurs par cantons, 1912


Les sursalaires et les dépenses de prévoyance patronale

La politique de recrutement essaie de créer des attaches morales ; mais, pour attirer et retenir l’ouvrier, elle se double de l’octroi de divers avantages matériels. Énumérons-les rapidement, car nous les rencontrons dans la plupart des compagnies françaises.

Les suppléments de salaires comprennent, en particulier, les gratifications pour la Sainte-Barbe (un jour de salaire), les primes aux médaillés du travail (un mois de salaire versé par la Compagnie de Rochebelle), les allocations familiales (créées en 1911 à La Grand-Combe : deux jours de salaire en moyenne par enfant au-delà du troisième et par mois, en 1914).

Les avantages en nature sont surtout les allocations gratuites de charbon (16 % des dépenses facultatives à La Grand-Combe en 1914), les logements loués à des prix très inférieurs à ceux des particuliers (725 logements, soit un pour six ouvriers, à La Grand-Combe en 1914, avec 410 jardins).

La fourniture de services de santé prend une place croissante. Toutes les compagnies rémunèrent un service médical, dont l’organisation est calquée sur celle de l’exploitation : un docteur par division à La Grand-Combe, un hôpital par siège d’exploitation à la Compagnie de Bessèges. Les effets de cette politique sont indéniables, puisque le taux de mortalité baisse alors plus rapidement que la moyenne française, le taux de mortalité infantile étant inférieur au taux national dès après la guerre9.

Des secours et des pensions sont assurés aux non-actifs, et ce bien avant les lois sur les caisses de retraites et de secours mutuels. De plus, les compagnies versent diverses aides aux plus démunis. A La Grand-Combe, ce sont « les secours aux indigents du chantier » (1,4 % des dépenses de prévoyance patronale en 1913).

Le contrôle des comportements et des esprits

La compagnie contrôle la vie de la commune où elle s’est implantée. A La Grand-Combe, elle a créé de toutes pièces une ville dont elle a construit et possède tous les aménagements et bâtiments publics : mairie, commissariat, gendarmerie, église, temple, écoles, cimetières… Elle pourvoit d’ailleurs à leur entretien, en payant les fournitures, le mobilier, l’éclairage et les frais de fonctionnement (paiement des agents de police, des fonctionnaires municipaux, des enseignants). Au total, la Compagnie dépense près de 150 000 F à l’entretien de « sa » commune en 1913.

Les dirigeants des compagnies détiennent, jusqu’à la veille de la guerre, le quasi-monopole de la représentation politique. Les directeurs sont également maires de leur commune et conseillers généraux. Et le député de la circonscription est F. de Ramel, actionnaire important de la principale entre-prise, de 1889 à 1914. Au-delà des procédés de fraude, plusieurs types de pressions permettent ce monopole : les libéralités, la pression des personnels d’encadrement (maîtres-mineurs), et le chantage à l’emploi et à la fermeture des mines (comme le fait avec succès le marquis d’Étampes dans le canton de Saint-Ambroix en 1910).

Afin d’affermir et de pérenniser cette domination, les compagnies s’efforcent de contrôler la vie privée de leurs ouvriers. Trois outils sont utilisés. Par le biais de l’école et de l’Église (sermons de la Sainte-Barbe, en particulier), on inculque aux ouvriers ou futurs ouvriers une morale fondée sur le respect de l’ordre établi, l’exaltation du travail, l’acceptation de sa condition. L’instrument associatif est également important. Grâce à diverses associations (musicales, sportives, professionnelles ou d’entraide) créées à l’initiative de la compagnie et contrôlées par elle, celle-ci régit, d’une certaine façon, jusqu’aux loisirs de son personnel. D’une manière générale, peu d’éléments de la vie privée de l’individu vivant dans une cité minière échappent au contrôle de la compagnie qui y est installée. Par exemple, les registres du personnel de la Compagnie de Cessous comportent, pour chaque ouvrier, les rubriques « fréquentation des cabarets » L’ « ordre et économie », « caractère ». À La Grand-Combe, les veuves ne touchent les allocations de la Compagnie que si elles ont « une bonne conduite ».

Toutefois, aux yeux des compagnies, ce contrôle de la vie publique et privée ne peut être efficace que s’il est légitimé et reconnu par l’ouvrier lui- même. C’est le sens des grandes manifestations publiques organisées ou suscitées par les compagnies, et en premier lieu la Sainte-Barbe, fête des mineurs. Le déroulement de celle-ci, minutieusement réglé par un ordre de service, est à la fois affirmation et reconnaissance publique du pouvoir de la compagnie (la présence de chacun y est d’ailleurs absolument obligatoire pour percevoir la gratification). Ainsi, ce jour-là (chômé), à La Grand-Combe, chaque ouvrier doit se rendre au siège de sa division en ordre. Puis il participe à un défilé dans l’ordre hiérarchique de la mine (cadres de la division, médaillés du travail, ouvriers et retraités). Les cortèges de chaque division se retrouvent ensuite, selon un rite immuable, sur la grande place de la ville, sous l’oeil de la direction et d’un représentant du conseil d’administration, avant que tous n’entrent (là aussi dans un ordre précis) dans l’église pour une messe solennelle. Ainsi s’affirme la cohésion du groupe social, en même temps que la primauté de la hiérarchie, même en dehors du lieu de travail.

Un refus de toute contestation

Malgré ces garde-fous, le pouvoir social des compagnies se heurte à plusieurs types d’opposition. Elles y répondent par une double attitude.

Elles refusent toute ingérence dans la gestion de leur personnel. Vis-à-vis de l’administration, la position patronale est inflexible : les pouvoirs publics doivent faire respecter la liberté du travail et l’ordre public, mais non se poser en intermédiaire en cas de différend entre l’employeur et son personnel. En novembre 1910, le ministre du Travail demande au préfet du Gard d’intervenir pour faire rapporter les renvois à caractère politique prononcés à Molières. Mais le préfet lui répond, le 19 novembre, « qu’ayant été sept ans sous-préfet d’Alès… (il est) payé pour savoir qu’on empêche difficilement les Compagnies minières de procéder à des renvois, même malencontreux ». De façon encore plus énergique, les directeurs des mines nient toute représentativité des syndicats, seulement formés, selon le directeur de Bessèges, de « repris de justice » et de « meneurs étrangers au pays ». Ainsi, en juillet 1914, le directeur écrit à son conseil d’administration qu’il n’a pas cédé aux injonctions du préfet : « J’ai insisté, et les autres directeurs m’ont suivi, qu’en aucun cas nous ne voulions connaître la Fédération des Mineurs du Gard et son secrétaire Chapon, et que nous ne connaissions que nos ouvriers et nos délégués-mineurs… et que je m’abstiendrais d’assister à une réunion où la Fédération des Mineurs du Gard serait représentée ». Par conséquent, contrairement à ce qui se passe dans la Loire et le Nord- Pas-de-Calais (depuis 1891), il n’existe pas de conventions collectives signées sous l’égide des préfets.

La répression des « écarts » et des contestations du système est tout aussi rigoureuse. Les renvois frappent individuellement tous ceux qui affichent leur opposition aux valeurs qui cimentent le groupe social : religion, patriotisme, respect de la loi. En 1910, G. Nouguier est renvoyé pour avoir avoué être franc-maçon ; U. Cartier pour avoir participé à une mutinerie à Nîmes ; et J. Veyrenc pour avoir été condamné après avoir été pris péchant à la dynamite. En cas de grève ou de toute autre contestation collective, les mesures sont encore plus spectaculaires. En 1890, sur 7 370 ouvriers appartenant aux compagnies touchées par la grève, 701 sont renvoyés. A La Grand-Combe, en 1897, 1 246 mineurs sur 4 400 sont mis à pied après avoir participé à une série de mouvements. En 1902 puis en 1906, une épuration tout aussi sévère est effectuée à Rochebelle après chaque conflit.

Le dispositif de contrôle social des compagnies minières gardoises s’appuie donc sur quatre principes essentiels : la sélection préalable de l’ouvrier embauché, l’octroi d’avantages matériels pour l’attacher à la compagnie, le contrôle étroit de la vie à l’extérieur comme à l’intérieur de la mine, et enfin la répression de tout écart et le refus de toute ingérence dans le fonctionnement de ce système. Mais, constant dans ses principes, celui-ci n’est pourtant pas immuable dans les faits.

La tendance au déclin dès avant 1914

Tout d’abord, il faut noter que cet encadrement étroit n’a jamais concerné tous les ouvriers. Malgré les efforts des compagnies, environ un tiers des mineurs résident dans les villages ruraux voisins. Ainsi, au prix de longs trajets quotidiens, ils gardent une indépendance beaucoup plus forte vis-à- vis de leurs employeurs, une fois sortis de la mine. Mais surtout, même dans les cités minières, certains aspects parmi les plus spectaculaires du contrôle social disparaissent au début du XXe siècle. Ainsi, la gratification de la Sainte-Barbe n’est plus remise à la sortie de la messe, les mineurs ne sont plus obligés de participer à celle-ci pour la recevoir. Autre exemple : à Bessèges, la prime versée par la Société des Amis de l’Ordre et du Travail n’est plus attribuée en fonction de critères « moraux », mais devient un sursalaire attribué aux ouvriers stables (plus de dix ans de présence à la compagnie). Enfin, en 1914, après la grève de février, les compagnies se montrent beaucoup moins sévères envers leur personnel, puisqu’une vingtaine de renvois seulement sont prononcés dans tout le bassin. A ces divers phénomènes, on peut avancer quatre éléments d’explication.

Le coût

Les débouchés commerciaux des compagnies gardoises sont très limités, et leur aire « naturelle » de vente, la région marseillaise, très attaquée par les charbons anglais. Aussi la hausse du profit global ne peut-elle être obtenue que par une augmentation du profit unitaire, et non par un accroissement des ventes. Le prix de vente étant fixé par la loi du marché, les entreprises ne peuvent donc jouer que sur les coûts de revient. L’effort de compression porte alors sur les dépenses facultatives, en particulier sur celles jugées les plus coûteuses par rapport aux résultats attendus et obtenus. Par exemple, toutes les compagnies renoncent les unes après les autres à encourager à tout prix l’épargne, en faisant fonctionner des caisses d’épargne privées offrant un taux d’intérêt supérieur à celui de la Caisse d’épargne d’État (le double au départ).

La poussée socialiste et syndicale

Juste avant la guerre, plusieurs scrutins politiques et professionnels voient une nette poussée des forces hostiles à la domination patronale. Le résultat le plus spectaculaire est l’élection d’un député socialiste, M. Valette, dans la deuxième circonscription d’Alès, en 1914. D’autre part, en 1910 et 1914, s’implantent dans presque tous les centres miniers des organisations syndicales, dont l’audience croît rapidement après la grève de février 1914.

La déchristianisation

Phénomène quasi général, elle n’épargne pas le bassin houiller gardois, comme en témoignent les plaintes des autorités religieuses, ou la chute de la fréquentation des écoles religieuses (2 315 enfants dans celles de La Grand-Combe à la fin du XIXe siècle, 1 680 en 1911. Ainsi, un des canaux privilégiés de l’idéologie patronale voit se réduire son audience et donc son efficacité.

L’effet des réformes ouvrières

Avec les lois de 1894 sur les caisses de retraites et de secours, de 1898 sur les accidents du travail, de 1909 sur les économats…, les ouvriers sont beaucoup moins dépendants des libéralités ou des réalisations des compagnies. Par exemple, ils ne sont plus obligés de rester toujours dans la même compagnie pour espérer percevoir une retraite.

À la veille de la guerre, le système d’encadrement élaboré par les compagnies depuis plusieurs décennies connaît donc un certain déclin. Mais, en fait, celui-ci est en partie consenti par les compagnies elles-mêmes (compression des charges facultatives) ; et, d’autre part, il ne remet pas réellement en cause leur domination sur les cités minières.

1914-1922 : les tendances d’évolution du contrôle social

La situation de guerre et ses conséquences

Elle est profondément déstabilisante, car elle impose aux compagnies une double ingérence dans la gestion de leur personnel. Cependant, l’évolution n’est pas linéaire.

1914-1916 : le renforcement du pouvoir social des compagnies

Jusqu’en 1916, la situation de guerre paraît affermir le contrôle social des entreprises. En effet, avec le système des mises en sursis d’appel, les compagnies peuvent choisir nominativement les ouvriers retirés du front pour revenir à la mine ; et inversement, y renvoyer ceux qui ne remplissent pas correctement leur devoir de producteur de charbon. C’est, bien sûr, un moyen de pression considérable, qui permet de maintenir à l’écart de l’exploitation la plupart des syndicalistes. D’autre part, la situation générale de pénurie et de vie chère redonne aux coopératives patronales une importance qu’elles avaient perdue avec la loi sur les économats. Fortes de leur puissance financière et dotées d’une monnaie d’échange très recherchée, le charbon, les compagnies peuvent alors beaucoup plus facilement que les détaillants locaux se procurer tous les produits de consommation courante en grande quantité et à meilleur prix. Elles dominent donc à nouveau le commerce dans le bassin. Enfin, le démantèlement des organisations syndicales, lors de la mobilisation, élimine pour un temps de l’entreprise un contre- pouvoir dont la puissance allait en s’accroissant. Ainsi, sur tous ces plans, nous pouvons parler de reconquête provisoire de terrains de contrôle. De plus, jusqu’à la fin de 1916, les dirigeants miniers parviennent à éviter une intervention trop directe des pouvoirs publics dans la gestion de leur personnel. Le déroulement des négociations salariales de 1915 et 1916 en est une bonne preuve. Prenons le cas de la première, qui se déroule entre août et octobre 1915. Face à l’inflation, qui érode les salaires (perte de 20 à 25 % du pouvoir d’achat), les syndicats réclament une hausse générale des salaires. Les compagnies refusant de négocier, les demandes sont centralisées au niveau régional puis national, et appuyées par les élus socialistes et radicaux des régions minières : Valette, Durafour, Bouveri…, tous membres de la Commission des Mines de l’Assemblée nationale. Constatant le blocage de la négociation, les pouvoirs publics interviennent, et en premier lieu M. Sembat, ministre socialiste des Travaux publics. Le 15 septembre 1915, celui-ci demande à l’ingénieur en chef du Service des mines une enquête sur l’évolution des salaires, des prix à la consommation, et des prix de vente du charbon depuis 1914. La réaction des compagnies ne tarde pas. Le lendemain même, la principale d’entre elles, La Grand-Combe, imitée par ses voisines, annonce qu’elle accorde désormais une allocation de cherté de vie. La rapidité de l’intervention montre bien qu’elles ne veulent pas paraître obéir à une injonction. D’autre part, elles tiennent à déterminer elles-mêmes le montant et les modalités des révisions de salaires. Il s’agit d’une prime- temporaire et donc révocable, et non d’une hausse de salaire. D’autre part, cette allocation est mensuelle et proportionnelle aux charges de famille, ce qui permet d’en exclure les ouvriers les moins assidus et de diviser les bénéficiaires. Et ensuite, malgré le mécontentement des syndicats et les nombreuses démarches de l’administration pour faire ouvrir des négociations, les compagnies s’en tiennent strictement à ces mesures et refusent tout compromis. Le même processus se déroule à l’automne 1916. Ainsi, durant cette première partie de la guerre, les entreprises minières tendent plutôt à renforcer leur contrôle sur les populations, en continuant à maintenir les deux autres protagonistes (syndicats et pouvoirs publics) à l’écart de la gestion des personnels.

1917-1918 : L’évolution

1917 voit un renversement complet de cette tendance. Deux éléments peuvent aider à l’expliquer. Tout d’abord, l’accroissement considérable des besoins en charbon (et surtout en charbon français, car la houille importée pèse de plus en plus lourd sur les dépenses de l’État) conduit les pouvoirs publics à généraliser les mises en sursis d’appel. Trois circulaires du ministère de la Guerre des 6 février, 20 mai et 30 juin 1917 décrètent le rappel des classes 1903 à 1912, en même temps que sont assouplies les conditions d’ancienneté à la mine (circulaires du 25 décembre 1916 et du 10 juin 1917). Ainsi, fin 1917, les sursitaires représentent-ils dans le Gard plus de 80 % des effectifs du fond. Or, selon les termes de la loi de 1899 qui régit la mobilisation, les pouvoirs publics doivent contrôler les conditions de travail et de salaires des ouvriers retirés du front pour être affectés à l’arrière.

Ce droit de regard n’en prend donc que plus d’importance. Mais ce n’est sans doute pas l’élément primordial. Celui-ci est sans doute à rechercher dans la dégradation rapide du climat social. Dans le bassin cévenol, la montée du mécontentement est nettement perceptible à travers les plaintes face à la vie chère, à la spéculation, au rationnement, qui contrastent avec l’augmentation des profits. Même si la corporation reste jusqu’au printemps 1918 à l’écart des grands mouvements de grève, elle est très majoritairement prête à une cessation générale du travail. Ainsi, dans le Gard, dès la fin novembre 1917, tous les syndicats miniers consultés par leur Fédération nationale se prononcent à la quasi-unanimité en faveur de la grève générale, si des augmentations de salaires ne leur sont pas accordées. Pour le pouvoir, la menace est grave. L’arrêt de la production de charbon paralyserait l’économie de guerre et menacerait donc la défense nationale. D’autre part, dans un contexte européen d’agitation, l’entrée dans la lutte d’une corporation aussi importante que celle des mineurs ferait craindre que le pays ne tombe dans une situation révolutionnaire comme la Russie.

Au printemps 1917 se déclenche la première vague importante de grèves depuis 1914 : 18 conflits et 2 808 grévistes en France en avril ; 285 et 76 207 en mai ; 285 et 108 801 en juin. Le Gard n’y échappe pas, avec de multiples mouvements à Nîmes, et une agitation croissante chez les mineurs et les métallurgistes. Tel est le cas dans la plupart des bassins houillers, puisque le congrès de la Fédération nationale du Sous-Sol, réunie à Paris les 17 et 18 juin 1917, agite pour la première fois la menace d’une grève générale corporative du sous-sol si une augmentation générale de 1,50 F à 2,00 F par jour n’est pas accordée. Les élus socialistes et radicaux de la Commission des Mines, qui essaient depuis le début du conflit d’imposer une intervention publique dans la gestion économique et sociale des charbonnages, saisissent alors l’occasion. Le 19 juin, Valette, député du bassin gardois, invoquant les devoirs du gouvernement vis-à-vis des sursitaires, dépose un projet de loi qui reprend purement et simplement les doléances salariales de la Fédération du Sous-Sol. Cette initiative joue alors comme repoussoir. Le 21 juin, le Comité central des Houillères écrit aux compagnies : « Nous sommes dans une période extra-normale et menacés d’une intervention législative imminente qu’il faut tout faire pour éviter » 19. Pour éviter d’institutionnaliser un droit de regard parlementaire, il demande donc aux exploitants d’accepter et de conclure rapidement la négociation avec les syndicats sous l’égide des pouvoirs publics. À Alès, la réunion qui se tient le 25 juin à la sous- préfecture est sans précédent. Pour la première fois, les dirigeants des compagnies acceptent de discuter des salaires avec l’administration et les représentants du personnel. Lombard, directeur de la Compagnie houillère de Bessèges, en est bien conscient : « Après avoir examiné la question sous toutes ses formes, nous avons dû accepter, nous avons fait une triste et pénible besogne… en un mot et pour résumer, nous sommes entamés par la Fédération du Sous-Sol ».

De juin 1917 à décembre 1918, cette double ingérence ne fait que s’amplifier. Le dispositif de contrôle social patronal en est affecté d’une double façon.

De plus en plus, les négociations se déroulent à Paris entre le gouvernement, les dirigeants de la Fédération du Sous-Sol et le Comité central des Houillères. Ainsi, durant la négociation qui se prolonge de novembre 1917 à février 1918, aucune démarche n’est entreprise par les syndicats cévenols, et aucune compagnie n’annonce de mesure salariale. Même les modalités d’application de l’accord national sont soigneusement déterminées par les circulaires du Comité central des Houillères, comme celles du 14 janvier 1918 sur le paiement des indemnités de cherté de vie, et du 9 février 1918 sur les bordereaux de salaires. Ainsi se trouve altérée l’image de la ville- usine se suffisant à elle-même, et celle de la « famille » vivant en harmonie et refusant tout « étranger ».

D’autre part, l’intervention publique et syndicale dans la gestion des personnels est institutionnalisée par la création, dans chaque bassin, de commissions mixtes locales (31 janvier 1918) et régionales (24 septembre 1918). Jusqu’à l’armistice, ces commissions paritaires sont chargées de rédiger les bordereaux de salaires et d’orienter leur révision.

En 1914-1916, la situation particulière de guerre n’a pas affecté, pour l’essentiel, le dispositif de contrôle social. Elle lui a redonné une certaine vigueur dans certains domaines. Mais à partir de 1917 la nécessité de maintenir l’ordre public impose au gouvernement de compléter sa législation en matière économique par une intervention dans le domaine social. Celle-ci n’est au fond que la conséquence logique des dispositions légales régissant la mobilisation et les mises en sursis d’appel. Mais elle apporte un changement considérable dans le Gard, où il n’existait aucune expérience véritable de négociation. Ainsi s’effondre, au moins pour un temps, le quatrième pan de la politique d’encadrement social, le rejet de toute ingérence.

L’après-guerre : 1919-1922

Les conséquences de la guerre sur le contrôle social ne se font pleinement sentir que dans les années suivantes, avec l’émergence de nouveaux comportements sociaux et de nouvelles nécessités économiques.

Le problème de la main-d’œuvre

La politique de recrutement, premier volet du dispositif patronal, est ébranlée par deux phénomènes : l’accroissement de la mobilité et le tarissement du recrutement rural.

Les vides créés par la guerre (disparition de 10 % de la population active, nombreux mutilés) suscitent chez les survivants une aspiration vers le haut : fonctions de maîtrises, industries nouvelles à hauts salaires (construction mécanique, automobile, industrie électrique…). De plus, le fort appel de main- d’œuvre dans les régions à reconstruire du Nord et de l’Est contribue à créer un déséquilibre dans les rémunérations. Fin 1921, le salaire moyen journalier d’un piqueur cévenol est de 19,04 F, soit 26,5 % de moins que dans le Nord-Pas-de-Calais (25,90 F). Par conséquent, la mobilité s’accroît. Si nous la mesurons par un taux ainsi calculé :

entrées + sorties pendant l’année n
effectifs au 31/12/n + effectifs au 31/12/n- 1

nous obtenons 21,2% en 1913 (taux record jusque-là), mais 42 % en 1920, 46,5 % en 1921, 52,4 % en 1922. Ainsi, en théorie, le personnel peut se renouveler en deux ans. De plus, le phénomène ne touche plus seulement les manœuvres, mais également les ouvriers qualifiés : la Compagnie houillère de Bessèges perd 17,2 % de ses piqueurs entre 1919-1922, contre 7,1 % en 1909-1912.

Souci majeur des exploitants, le tarissement du recrutement rural est attesté par de multiples témoignages. Ainsi, le directeur de La Grand-Combe estime que « le recrutement normal, dans la Lozère et dans l’Ardèche particulièrement, a été considérablement réduit par suite des vides creusés par la guerre dans les populations, et par les effets de la prospérité de l’agriculture ». De même, les migrations saisonnières, qui constituaient un des apports principaux en main-d’œuvre, diminuent très sensiblement. La conjonction de ces deux phénomènes suscite une pénurie de main-d’œuvre plus forte que jamais. Comme dans tous les bassins houillers, les compagnies cévenoles se tournent alors vers la main-d’œuvre étrangère. 938 immigrés vivaient dans l’arrondissement d’Alès en 1911 ; ils sont 3 825 fin 1921, et 8 479 fin 1923. A cette date, ils représentent environ 20 % des effectifs gardois.

L’hémorragie des effectifs est stoppée, mais au prix du sacrifice (difficilement consenti par les exploitants) du premier fondement du contrôle social : un recrutement localisé et familial sur quelques terres catholiques. Et, par là-même, il devient beaucoup plus difficile d’inculquer à une partie croissante du personnel les valeurs qui cimentaient le groupe social.

L’évolution des mentalités

Bien que difficile à cerner sur une aussi courte période, elle est aisément perceptible. De nombreux contemporains notent une aspiration à un mieux- vivre, à un délassement après quatre années de guerre et de vie très dure : augmentation du temps de travail, rationnement, pression du contrôle militaire… Ainsi, le sous-préfet parle du « désir de détente physique et morale éprouvé par tous » et de la volonté d’une « vie heureuse, facile et sûre ». F. Lyon, secrétaire du syndicat catholique de La Grand-Combe, en montre bien les conséquences sur les mentalités, en particulier chez les jeunes : « Deux seules choses les animent dans ce chaos : l’amour des sports et les choses immorales (cinéma, dancing). Celui de la famille, du respect de l’obéissance et du travail, a complètement disparu ». D’autre part, les années 1919-1920 voient se développer un très fort élan d’émancipation vis-à-vis de la domination politique des compagnies. Dès 1919, toutes les municipalités sont socialistes, sauf La Grand-Combe qui le devient en 1925. De même, lors des élections professionnelles, les candidats proches des directions sont écrasés par leurs adversaires de la C.G.T. Tous ces phénomènes révèlent clairement aux dirigeants des compagnies que les valeurs qu’ils prônent sont devenues étrangères et même intolérables à un grand nombre d’ouvriers : primauté de la hiérarchie à l’intérieur comme à l’extérieur de la mine, reconnaissance publique par les ouvriers de leur allégeance, respect strict de la morale. La défense à tout prix de ces valeurs ne pourrait donc se faire que par une répression accrue. Or, celle-ci est impensable, dans une période d’agitation sociale grave, et à un moment où la main-d’œuvre professionnelle est très rare. Aussi les compagnies renoncent-elles aux aspects les plus coercitifs et les plus répressifs de l’encadrement des comportements, c’est-à-dire au troisième volet de leur dispositif de contrôle social. Le meilleur symbole en est sans doute la transformation de la Sainte-Barbe : le défilé organisé par la compagnie est supprimé, tout comme le rassemblement sur la place principale et la cérémonie des discours patronaux. Cette journée devient alors une fête comme les autres, sans doute plus brillante, mais désormais sans aucune « mise en scène » ni légitimation.

Le problème du coût

Le problème chronique des débouchés devient encore plus aigu après le retour à une économie de marché, et avec le développement des produits de substitution. Aussi la compression des coûts de production redevient- elle une nécessité vitale, même après deux vagues de baisses des salaires en 1921 et 1922. Les dépenses facultatives s’en trouvent forcément affectées, comme le montre l’exemple de la Compagnie de La Grand-Combe (tableau 2). Les sursalaires en numéraire paraissent les plus visés. Par exemple, les gratifications distribuées le jour de la Sainte-Barbe sont les mêmes qu’en 1914, c’est-à-dire qu’elles ont perdu les trois quarts de leur valeur réelle. Ainsi, même si les avantages concédés demeurent importants, le deuxième volet du dispositif de contrôle social, le sursalaire, n’est pas épargné par les conséquences de la guerre.

Tableau 2. – Dépenses patronales de « prévoyance à titre gracieux », Compagnie de La Grand-Combe (A.D. Gard, 18 J 804-813)

La réaction des compagnies

Le déclin des formes traditionnelles de contrôle social ne signifie pas que les compagnies renoncent à intervenir sur ce terrain. Seulement, elles adaptent leur politique ouvrière aux nouvelles données économiques et sociales.

Elles s’efforcent, en priorité, de retrouver leur liberté pleine et entière en matière de gestion salariale, et plus généralement de conditions de travail. Ainsi, le 14 juin 1921, le Comité central des Houillères écrit au gouvernement que les exploitants refuseront désormais de siéger dans les commissions mixtes chargées de réviser les bordereaux de salaires. A l’intérieur même de l’entreprise, les dirigeants miniers entendent donc bien revenir aux pratiques d’avant-guerre, et refermer la parenthèse des institutions paritaires.

À l’extérieur de la mine, il n’y a pas une mais deux politiques ouvrières. Vis-à-vis de la main-d’œuvre immigrée, les compagnies pratiquent une politique de surveillance très stricte. Celle de La Grand-Combe, en particulier, s’emploie à recréer pour chaque colonie étrangère une sorte de milieu national, dans des cités construites à l’écart des agglomérations (Combe-Ferral à Saint- Jean de Valériscle, pour les Polonais). L’octroi d’avantages importants (logements de bonne qualité et approvisionnement à prix réduit, école spéciale…) a pour contrepartie l’exigence d’un comportement irréprochable. Le moindre écart de conduite ou toute attitude d’opposition politique ou syndicale à la compagnie est alors immédiatement puni de renvoi. Ainsi, vis-à-vis des étrangers, le dispositif patronal de contrôle social est régi par les mêmes principes que celui pratiqué à l’égard des autochtones jusqu’en 1914. Le changement est donc surtout sensible vis-à-vis de ces derniers. En effet, les compagnies orientent alors leur politique vers le soutien aux sports et aux loisirs. Avant 1914, elles subventionnaient déjà des activités de ce type, mais celles-ci étaient très minoritaires par rapport aux associations religieuses, patriotiques ou d’entraide. Après 1919, le gonflement spectaculaire des dépenses engagées pour les clubs sportifs, les harmonies musicales montre bien leur volonté de prendre en compte et d’utiliser à leur profit le désir de détente physique et morale (tableau 2). Ainsi, à La Grand-Combe, l’entreprise soutient dix clubs sportifs : deux de football, un de boxe, d’escrime, de sport taurin, de cyclisme, de course à pied, de tir, d’athlétisme et de basket. Elle réalise pour eux d’importants travaux, comme l’aménagement du stade de l’Impostaire ou la transformation de l’ancienne usine à zinc en gymnase. Enfin, elle paie tous les frais de fonctionnement : salle, chauffage, éclairage, transport des équipes. Au total, alors que les dépenses facultatives de prévoyance patronale globales ont diminué de 19 % entre 1919 et 1922, celles relatives aux sports et aux loisirs ont progressé de 238 %. Il s’agit alors de retenir les ouvriers dans le bassin en essayant de créer le mieux-vivre auquel ils aspirent, sans pour cela engager des dépenses trop lourdes en matière de salaire ou de logement. En tout cas, cette inflexion de la politique patronale est bien perçue par les syndicalistes comme une stratégie de contrôle social. Par exemple, en juillet 1922, I. Michel, délégué-mineur et maire communiste du Martinet, apostrophe ainsi ses concitoyens : « Rejoignez votre syndicat au lieu d’aller flanquer des coups de pied dans la lune, dans votre société de football où vos maîtres ont su si bien vous embrigader, au lieu d’aller entendre des auditions de musique que vous fait donner la compagnie pour tromper votre faim.»

L’examen du bassin cévenol entre 1914 et 1922 peut nous livrer deux leçons. Tout d’abord, le dépérissement du système patronal de contrôle social mis en place au milieu du XIXe siècle est amorcé avant la guerre ; mais celle- ci l’accélère très fortement dans tous ses différents aspects. D’autre part, ce déclin ne signifie pas que les entreprises renoncent à l’encadrement des populations ouvrières hors du lieu de travail. Ceci est aussi bien sensible vis-à-vis des mineurs français qu’à l’égard des ouvriers étrangers. Toutefois, le changement est fondamental. Auparavant, les dirigeants miniers essayaient d’imposer leurs idées et leurs références morales à leur personnel. Celles-ci n’ont pas changé après la guerre, mais désormais les compagnies doivent tenir compte de l’évolution des mentalités de leur personnel, et l’accepter.

§

Source : Persee.fr (version annotée)
Par : Fabrice Sugier, auteur d’une thèse sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier dans les mines de charbon du bassin d’Alès, 1914-1922.
(1990), Fabrice Sugier poursuit ses recherches sur les mineurs du Gard pendant la Seconde Guerre mondiale.

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 31.12.2017
Dernière mise à jour : 31.12.2017

Henri Baron, 36 ans au charbon

EcoleMineStEtienne

VIE DE MONSIEUR HENRI BARON

Henri BARON est né vers la fin de la grande guerre, le 26 juin 1918, de parents commerçants, à Montpellier. Son père tenait un commerce rue de la Loge. Le jeune Henri a fait ses études primaires à Montpellier, puis a suivi à Béziers les enseignements des Frères des Écoles Chrétiennes (au P.I.C.) qui l’ont conduit au double baccalauréat : «Math Élem » en juin, «Philo Lettres» en octobre. Après une « Math Sup. » et une « Math Spéciale » à Montpellier, il est allé à Lyon, terminer sa préparation aux concours. Admissible à Polytechnique, il est reçu à l’École Centrale ainsi qu’aux Mines de Saint-Étienne et de Nancy.

Nous sommes alors en 1939. C’est la déclaration de guerre. Il est alors mobilisé le 15 septembre 1939 à l’École d’Artillerie de Poitiers. Il fera la campagne de Belgique comme aspirant puis la retraite sur Dunkerque. Là, il aura la chance d’être embarqué sur un bateau anglais. Transféré en Algérie, il sera démobilisé le 31 octobre 1941 à Alger. Il rejoindra immédiatement Saint-Étienne, car il a choisi l’École des Mines de cette ville où il fera ses trois années de scolarité qui le conduiront au titre d’ingénieur. Il en sortira donc en mai 1944.

Cette même année, il se marie avec Pierrette CAMBON, originaire elle-même de Montpellier, qu’il a rencontrée en 1942 et avec qui il s’était fiancé en 1943. A cette époque de restriction, l’achat d’un costume posait un problème de tickets et il n’était pas question de les investir dans un habit de cérémonie à usage limité. Henri BARON s’est donc marié en grande cape, tenue des Ingénieurs des Mines de Saint-Étienne, à l’étonnement des Montpelliérains qui ne connaissaient pas cet uniforme. [voir photo]

Il commence alors sa carrière professionnelle, engagé comme Ingénieur du Fond par la Compagnie des Mines de la Grand Combe. Il sera affecté successivement aux Exploitations des Mines « Luminières », « Champclauson » puis au siège de « Ricard ». Fin 1946, les Mines de la Grand Combe sont nationalisées et deviennent le « Groupe Centre » du Bassin des Cévennes, lui-même rattaché à la nouvelle entité « Charbonnages de France ». En 1948, il est promu Ingénieur Divisionnaire et nommé Chef des Sièges « Laval-Mazel » et « Oules ».

Huit ans plus tard, il est promu Ingénieur Principal et à ce titre sera responsable du secteur « Trescol » du Groupe Centre, à la fois pour le fond et le jour. Au total, il est chargé d’une production de 2 500 tonnes par jour avec un effectif de 2 000 personnes. En 1960, il prendra en outre le commandement du secteur « Sud » qui comprend les Sièges de « Rochebelle, Destival, Fontanès et Saint-Martin de Valgalgues ».

En 1962, il est appelé à des fonctions moins directement opérationnelles. Il devient chef des « Services Généraux » de l’ensemble du Bassin, regroupant sous son autorité les Services « Sécurité », « Organisation », « Essais », « Matériels ». En 1968, il dirigera pendant une courte période le Service des « Études économiques, statistiques et contrôles de gestion » du Bassin.

En effet, c’est cette même année 1968 que sont promulgués les décrets « Bettencourt » (du nom du ministre de l’époque) : les sept Bassins (Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire et Provence) sont regroupés en un seul Bassin dénommé : « Houillères du Bassin du Centre et du Midi » (HBCM) dont la direction générale est fixée à Saint-Étienne. Henri BARON, dès 1969, est appelé à cette nouvelle direction générale où, promu Ingénieur en Chef, il assume la centralisation et l’unification de la Gestion des Ingénieurs et Cadres Supérieurs ainsi que la coordination et l ‘harmonisation de la Gestion des Personnels « Maîtrise et Ouvriers ». En 1976, il devient Secrétaire Général des HBCM, il supervisera alors l’ensemble des Services Administratifs. Il gardera ses fonctions jusqu’au 1er janvier 1980, date à laquelle, faisant valoir ses droits à la retraite, il se retirera dans sa ville natale de Montpellier.

Ce déroulement de carrière montre une incontestable réussite professionnelle. Ce sont, bien entendu, des qualités techniques qui l’ont permise mais également des qualités humaines. Il est intéressant de souligner à cet égard la part importante de fonction de gestion de personnels qu’il a assumée. Madame BARON me faisait remarquer que, bien que l’essentiel de cette activité se soit déroulée près d’Alès et pour les dix dernières années à Saint-Étienne, elle n’en a pas moins déménagé une dizaine de fois. En effet, l’Ingénieur, Responsable d’un puits, résidait dans le logement prévu à cet effet à une très proche distance de « son puits ». Il ne faut pas oublier en outre, qu’à l’époque, le téléphone était une « denrée » très rare et que souvent seul le logement de l’Ingénieur en disposait. Madame BARON m’indiquait d’ailleurs que son mari, lorsqu’il montait dans sa chambre, débranchait rapidement son téléphone du salon pour aller le rebrancher immédiatement à l’étage de peur qu’un appel ne parvienne pendant ce court laps de temps. Peut-être « en rajoutait-il un peu » comme l’on dirait maintenant. L’avantage par contre de ces déménagements successifs était une amélioration progressive du « standing ». En effet le monde de la Mine était très hiérarchisé et chaque promotion conduisait à un logement un peu plus grand avec un jardin tendant progressivement vers le « parc ». Je n’ai pas connu, bien sûr, les diverses habitation de Monsieur et Madame BARON, mais j’ai pu constater ce phénomène lors d’un stage que j’ai effectué dans les Mines de la Sarre. Là, Monsieur l’Ingénieur en Chef était presque un châtelain. Mais peut-être les Cévennes et Saint-Étienne n’étaient-ils pas la Sarre et Monsieur et Madame Baron n’ont-ils jamais été des châtelains !

En 1980 donc, Henri BARON retrouve sa ville natale où il aura une vie sociale très active. Déjà, durant sa période d’activité professionnelle, il avait été un militant dynamique dans les milieux syndicaux et associatifs. En effet, il avait été Président du Syndicat des Ingénieurs du Bassin des Cévennes de 1959 à 1969 et à ce titre de 1959 à 1964 et en 1968, 1969, Administrateur du Bassin des Cévennes.

Il avait été également à la Grand Combe, Président du club sportif omnisports bien qu’il n’ait jamais pratiqué lui-même de sport. Comme dit Madame BARON, il était et il le disait lui-même un sportif de gradins. Mais il fallait un Ingénieur des Mines comme Président et il s’était dévoué. Cela dénote d’ailleurs un trait de son caractère, il était très serviable et ne savait pas refuser. C’est ce qui l’a conduit à s’occuper de la Société des Ingénieurs Civils de France dont il deviendra le Président régional une fois à la retraite. De même il sera Président de l’Association Languedoc-Roussillon d’ « Intermines » (le regroupement des anciens élèves des trois écoles des Mines : de Paris, Nancy, Saint-Etienne) de 1980 à 1989. Les promotions d’Officier au titre de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre des Palmes Académiques viendront récompenser son action en 1988.

Parmi toutes ses activités, il en est une qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Il s’agit de son goût pour l’histoire, spécialement pour l’histoire médiévale. Ce goût avait pu se concrétiser car Mme BARON possédait dans l’Aveyron, à Sainte Eulalie-de-Cernon une maison. Cela lui permit de découvrir dans le village une ancienne commanderie. Sa réhabilitation et sa mise en valeur l’ont occupé activement. Il a convaincu le Maire de l’intérêt de cette découverte. Il a également, dès 1966, fondé un foyer rural orienté vers l’initiation des jeunes ruraux à l’Histoire et aux Arts Médiévaux. Ceci l’a conduit à devenir Maire-Adjoint et Membre de la Société des Arts et Lettres de l’Aveyron. Madame BARON trouvait d’ailleurs que cela faisait beaucoup d’activités extérieures dont Henri BARON s’occupait au détriment des questions de la maison. Mais il se défendait, paraît-il, en disant que son épouse s’en occupait tellement bien qu’il était inutile qu’il le fasse. Je retiendrai pour moi cette pirouette.

Henri BARON est entré en 1988 à l’Académie et il y fut un membre de qualité et assidu. C’est d’autant plus méritoire que malheureusement il était atteint d’une rétinite pigmentaire, maladie génétique qui lui fut transmise par sa mère. Cette maladie s’est développée progressivement pendant sa retraite. Son champ visuel s’est réduit petit à petit, jusqu’à ce qu’un soir, il demande à son épouse si l’applique lumineuse du coté de son lit était éteinte, or elle était allumée. Madame BARON m’a confié que ce souvenir lui était très douloureux. Cette perte d’autonomie qui le contraignait à se faire aider par un fidèle ami Louis PELISSIER pour ses déplacements ou par son épouse, obligeait également celle-ci à respecter un ordre rigoureux dans la maison pour lui permettre de garder ses repères.

Il paraît, que malgré les difficultés que lui créait cet handicap, Henri BARON ne s’était pas départi de sa joie de vivre, de son dynamisme et de son humour. Il m’a été indiqué qu’il témoignait de sa joie de vivre en intronisant, dans l’Ordre International des Anysetiers dont il était dignitaire, les nouveaux membres par des discours en vers. Je suis tout admiratif car j’en serai bien incapable et heureusement cet exercice ne m’a pas été demandé aujourd’hui.

Et puis, ce 29 avril 2002, alors qu’il était dans sa 84ème année, il est décédé dans la maison familiale qu’il occupait, dans la nuit, calmement, sans souffrance, d’un problème cardiaque. Le SAMU n’a pu que constater le décès. Il semblerait que rien ne laissait prévoir cette fin, un électrocardiogramme réalisé deux mois avant n’avait rien indiqué et aucun accident n’était intervenu antérieurement. Au dire de Madame BARON, ce fut d’une certaine façon une belle fin de vie même si, bien sûr, elle l’aurait souhaitée plus tardive.

Henri BARON a eu une vie riche, bien remplie, complète, que ce soit professionnellement ou familialement. En effet, Monsieur et Madame BARON ont un garçon et une fille qui eux même ont réussi leur vie professionnelle et familiale, quatre petits enfants. Beaucoup de gens souhaiterait avoir une vie comparable. Si c’est toujours une tristesse de voir disparaître quelqu’un, je crois, à avoir entendu parler les amis qui l’ont connu, qu’ils retiendront de lui, la leçon d’optimiste et de courage qu’il aura donné jusqu’à la fin malgré le lourd handicap qui avait accompagné la dernière étape de sa vie.

Pour ma part, je viens d’essayer de rendre compte de la vie de cet homme que j’aurai aimé connaître, d’abord pour ses qualités humaines mais également afin de m’entretenir avec lui de son activité professionnelle.

§

Source : Académie des Sciences et Lettres de Montpellierd – 2005
Par : Pierre Louis,  successeur et auteur de l’éloge d’Henri Baron

Blogué et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

Drame à Frugères les Mines 20 Mai 1952

[Nous publions ici un long article sur la mort de 12 mineurs dans les Houillères d’Auvergne le 20 Mai 1952. Ce récit très sobre, mais très complet, détaille les évènements, cite le nom des hommes qui ont péri et ceux qui leur ont porté témoignage. Ce serait une bonne chose qu’une narration exemplaire de ce type, soit faite, concernant tous les accidents du travail, surtout quand il y a eu mort d’homme. Des morts « au champ d’honneur du travail », comme ceux qui sont morts pour la France, au champ d’honneur des combats. Le rédacteur de ce texte a su prendre de la hauteur et parler aussi des autres morts dont ceux de La Grand-Combe qu’il cite plusieurs fois et notamment pour signaler que ce même mois de Mai 1952, deux mineurs grand-combiens avaient, eux aussi, trouvé la mort.]

Les mines du Grosménil : Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

Il y a maintenant 64 ans que cette catastrophe est survenue le 20 Mai 1952. Voici quelques photos du site de Grosménil à Frugères les mines certaines photos pour certains seront inédites car provenant de collection privée. Cette mine était très active et employée beaucoup de mineurs jusqu’à ce 20 Mai 1952 ou 12 mineurs y laissèrent la vie. En fin de cet article vous aurez le récit complet de cette triste catastrophe relaté par Raymond Caremier.

L’EFFROYABLE CATASTROPHE À PLUS DE 600 MÈTRES SOUS TERRE

Douze victimes qui laissent une trentaine d’orphelins, tel est le bilan de cette catastrophe qui endeuille toute la population laborieuse de cette partie de la Haute-Loire. Récit de ces tristes journées qui tétanisent le peuple dans toute la lourdeur du silence, de l’injustice et de l’incompréhension.

Comme les nombreux puits du bassin minier de Brassac-Les-Mines, le puits du Parc est sujet à d’importants dégagements de gaz carbonique. Par précaution et surtout par mesure de sécurité les tirs de mines sont déclenchés depuis la surface par une équipe de spécialistes lorsque les personnels ont été remontés en surface.

Des clochers de Frugères-Les-Mines, de Brassac-Les-Mines à Vergongheon en passant par Sainte-Florine, Lempdes et Bournoncle-Saint-Pierre, le glas résonne tristement dans la campagne ensoleillée.

Tout en fin d’article Vous aurez [le récit poignant, les témoignages et des] photos d’époque de la catastrophe. Celles-ci ne sont pas très nettes, car ce sont des coupures de journaux de l’époque.
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Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
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Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

FRUGÈRES LES MINES
LA CATASTROPHE DU PUITS DU PARC LE 20 MAI 1952

Pour ne pas oublier, le « Challenge du souvenir » …

Chaque année, à la date anniversaire de la catastrophe, et pendant plusieurs décennies,
le club de football local a organisé un tournoi de sixte dont l’équipe victorieuse recevait le « Challenge du souvenir ».
Remis en jeu chaque année, le trophée et toutes les valeurs qu’il représentait valaient au Bassin Minier un engouement et une ferveur empruntés de solidarité et de respect.

1 – L’EFFROYABLE CATASTROPHE À PLUS DE 600 MÈTRES SOUS TERRE

Comme les nombreux puits du bassin minier de Brassac-Les-Mines, le puits du Parc est sujet à d’importants dégagements de gaz carbonique. Par précaution et surtout par mesure de sécurité les tirs de mines sont déclenchés depuis la surface par une équipe de spécialistes lorsque les personnels ont été remontés en surface.

En ce matin de printemps du 20 mai 1952, les équipes du puits du Parc sont descendues aux différents étages d’exploitation de la mine. Une équipe composée de 20 mineurs sous les ordres du chef de poste Fernand Borel est chargée d’exécuter des travaux préparatoires à l’exploitation de nouvelles couches de charbon à l’étage 620..

Ils empruntent tout d’abord une cage qui les conduits à l’étage 515, puis par une seconde cage ne pouvant contenir que cinq personnes et actionnée par un treuil à air comprimé, ils descendent ainsi 100 mètres plus bas, à l’étage 620.

Quatorze d’entre eux restent à la base du puits pour effectuer des travaux de maçonnerie, de forge et d’autres occupés à creuser une galerie destinée au retour des berlines du futur engagement.

Le chef de poste accompagné de cinq autres mineurs se rendent sur le chantier qui commence à 600 mètres de la base du puits. Deux d’entre eux se portent au front de taille , tandis que trois autres continuent un chantier de percement d’un plan incliné montant vers l’étage 571 où se trouve une galerie minière en préparation.

Ce plan incliné de 45° dans le rocher d’une section de 3,5 mètres par 2,70 mètres est divisé en deux parties ; une pour revoir le déblai, une seconde beaucoup plus étroite, équipée d’échelles, réservée au passage des personnels.

Les travaux de ce plan avaient avancé précédemment d’une quarantaine de mètres et il ne restait plus qu’une vingtaine de mètres pour atteindre la fameuse galerie de l’étage 571.

Le travail s’effectue de façon normale sauf vers le chantier du plan incliné. Vers les 11 heures, le chef mineur Nicoud en visite à l’étage rencontre son beau-frère Fernand Borel et les deux hommes observent qu’à son extrémité « que le chantier travaille ».

Une série d’éboulements continus de faible importance empêche André Blanquet et Léon Delort de se porter en tête du chantier. Le chef de poste Fernand Borel leur donne pour consigne de dégager la base au fur et à mesure des éboulis et de charger blocs et débris dans les bennes.

Pendant cette phase de travaux, un des trois mineurs abandonne ses collègues pour se rendre dans la grande galerie.

Vers midi, Fernand Borel se rend vers les deux hommes, André Blanquet, rescapé de la catastrophe raconte :
« Mon camarade m’a demandé l’heure, et je lui répondis qu’il était environ midi. A cet instant précis le chef de poste se recula d’un bond, l’air horrifié et s’écria « sauvez-vous les gars » ». Il avait certainement vu arriver la masse de rocher ; nous-mêmes sentions à cet instant un souffle bizarre, mais pas encore d’une grande puissance ; nous nous trouvions dans la poussière, notre lampe se distinguait seulement par un point rouge. »

Léon Delort et André Blanquet obéissent immédiatement en se faufilant entre les bennes et cherchent à gagner l’extrémité de la galerie et le puits ou tout au moins une partie de la galerie fortement aéré par un ventilateur.

Une seconde explosion se produit suivie d’un puissant souffle qui projette à terre André Blanquet. Un épais nuage de poussière s’engage à grande vitesse dans la galerie rectiligne. L’odeur aigrelette du gaz carbonique, le grisou, suit son chemin. Les hommes ne s’aperçoivent plus.

Cette seconde explosion a mis hors d’usage le ventilateur et a endommagé les compresseurs à air nécessaires à la manœuvre de la petite cage d’accès existante.

Six mineurs pourront, non sans difficulté, y accéder tandis que deux autres se sont placés sur le toit de l’engin. La mise en service de compresseurs supplémentaires va les hisser jusqu’à l’étage 515 .

Pris en charge par les mineurs de cet étage, Louis Joanny de Sainte-Florine André Dantal , Pierre Charbonnel et René Badon de Lempdes, Paul Gauthier et André Blanquet de Frugères-Les-Mines, Paul Brumerelle et Pierre Bardy de Vergongheon sont conduits au jour. Ils vont être les seuls rescapés !

Le machiniste s’empresse de renvoyer la cage vers le bas, hélas , son arrivée n’est suivie d’aucune sonnerie, d’aucun signal.

La nappe de gaz nocifs avait fait son œuvre de mort.

L’alerte a été donnée au jour. Comme une trainée de poudre, la funeste nouvelle se répand dans toutes les communes du bassin.

En moins d’une heure, une foule muette et anxieuse se presse autour du puits tragique.

Des épouses, des mères, des mineurs ignorent si l’un des leurs se trouve parmi les victimes …

2 – LA POPULATION RÉUNIE SUR LE CARREAU DE LA MINE
Sur le carreau de la mine, la population attend anxieusement, la gorge serrée, les premières remontées, on se remémore que trois mineurs en 1929 et cinq mineurs le 10 avril 1942 avaient été les malheureuses victimes d’un semblable dégagement instantané de gaz carbonique.

Ici, en moins d’une heure le gaz est parvenu à l’étage 515.

La présence de l’importante nappe de gaz interdit le travail de l’équipe de sauvetage. Sous la direction des ingénieurs MM. Collange et Michel et de M. Nicoud chef mineur, les équipes de secours, munies d’appareils respiratoires descendant à l’étage tragique, tandis que des mesures d’aération et de ventilation sont prises.

Il faut attendre deux longues heures, incroyablement longues, avant que l’équipe puisse descendre sans risque.

Parvenus au fond, ils découvrent près de la cage les corps des mineurs Raphaël Licois, Albert Bouche, Robert Mallet, Constantion Chiado-Fioro, Alexandre Sahunet et Albert Flory. .

Au fond de la fouille du puits, les malheureux De Noni et Fuzet vraisemblablement trompés par l’obscurité et suffoqués par les gaz apparaissent dans le halo des lampes. Le cadavre du chef de poste Borel est découvert aux abords du lieu où le dégagement s’est produit. René Bernard et Jean Knorst sont trouvés sur le lieu même de leur travail.

La mort a fait son œuvre. Avec acharnement les corps sont remontés un à un vers la surface.

Entre 14h30 et 15heures sont remontés les corps d’Albert Bouche, Constantino Chiado-Fioro, Albert Flory, Alexandre Sahunet et Raphaël Licois. A cette triste liste s’ajoute la dépouille de Robert Malet, forgeron, qui intervenait exceptionnellement au fond de la mine.

Un profond silence étreint la foule. Les hommes se décoiffent, les femmes sanglotent !.

Derrière les porteurs de civière qui transportent les corps à la salle de déshabillage, un bien triste cortège se forme, celui des parents qui pleurent un être cher.

De temps à autre, la foule qui se trouve devant la porte d’entrée laisse passer une femme, un frère, un mère , qui va rendre une funèbre visite à l’un des disparus.

A 17h30 le corps du chef Borel est arraché à la terre.

Une heure plus tard les sauveteurs ramènent les corps de Raymond Fuzet  et de Jean Knorst .
Vers 19 heures les victimes Léon Delort et Bruno de Noni rejoignent leurs camarades. Dix minutes plus tard, la dernière dépouille est sortie du fatal puits, c’est celle de René Bernard.

Une chambre mortuaire est installée en fin de soirée à proximité de la chambre de déshabillage où sont transportés les corps des victimes, les mineurs à tour de rôle vont veiller toute la nuit sur leurs camarades.

Vers les 19h 30, Monseigneur Chappe , Evêque du Puy arrive au puits du Parc et s’incline devant les victimes et s’entretient longuement avec les familles éprouvées.

Pendant des heures, la foule demeure aux alentours comme si elle ne veut pas s’arracher à la douleur et hésitant à laisser ceux qui, hier encore, étaient au milieu d’eux.

Puis, petit à petit, les groupes se disloquent. Chacun repart chez soi, tristement.

3 – LE VIBRANT HOMMAGE AUX VICTIMES

Jeudi 22 mai 1952, jour de l’Ascension, est un jour de deuil pour l’ensemble de la population du bassin minier. Dans les rues de Frugères-Les-Mines, les visages sont graves.

Dès les premières heures de la matinée , en vélo, en moto, en voiture et même en autocar des milliers de personnes convergent vers le carreau du puits du Parc où doit être célébrée la cérémonie officielle , la foule des anonymes vient apporter un dernier salut aux douze mineurs tombés au champ d’honneur du travail.

Bien avant la cérémonie, sur le carreau de la mine et sur les flancs de la colline la foule s’entasse dans un impressionnant silence.

Un à un, les cercueils de chêne clair sont posés près de la salle des machines. Dix cercueils sont ainsi alignés sous des monceaux de fleurs et de gerbes. Deux autres cercueils, à la demande des familles seront amenés à la fin de la cérémonie religieuse.

Tandis que la foule ne cesse d’arriver, avant que ne commence le service funèbre, les mineurs en bleu de travail, lampe accrochée à leurs vêtements montent une garde d’honneur autour des cercueils.

A leurs côtés, des gendarmes arme au pied, la Lyre des Mineurs de Sainte-Florine, les Sapeurs-Pompiers de Vergongheon, Sainte-Florine et Arvant placés sous la direction des Lieutenants Bouquet, Labaume et Gaubens.

Devant cette haie d’honneur, sont rangés les drapeaux des différents syndicats de Mineurs du Bassin d’Auvergne, des associations d’Anciens Combattants et de Prisonniers de Guerre, de l’Amicale « Rhin et Danube », de l’Amicale des Anciens du Maquis de la 33e Compagnie et de l’Amicale du groupe de résistance d’Arvant.

Au centre du catafalque, parmi les innombrables gerbes et couronnes, on remarque celle des Charbonnages de France, de la Ville de Clermont, du Consulat d’Italie à Lyon, des différents syndicats du personnel de la S.C.A.L , des établissements Ducellier et Conchon-Quinette , des Fédérations et des syndicats C.G.T, C.G.T-F.O et C.F.T.C, des Cheminots de Clermont, des Mutilés et Invalides du Travail.

Sur l’autel dressé devant la rangée de cercueils ont été placées les dix lampes que les mineurs tenaient à leur main au moment de leur mort.

La messe est célébrée par l’abbé Mallet curé de Sainte-Florine. Tout au long de l’office, la chorale composée des choristes des paroisses de Lempdes, Vergongheon, Sainte-Florine et Frugères accompagne la liturgie.

Dans une poignante tristesse « Le Chant des Adieux » retentit, tandis que le Chanoine Reynaud, Archiprêtre de Brioude , assure au nom de l’Eglise toute sa sympathie envers les familles de victimes.

La Lyre des Mineurs de Sainte Florine entonne une marche funèbre.

Après la cérémonie religieuse, l’autel est enlevé et les dépouilles mortelles des deux mineurs pour lesquels la famille avait demandé des obsèques civiles sont portées aux côtés des autres cercueils.

Dans un émouvant silence, sont lus les télégrammes reçus de La Sarre, du Bassin d’Aquitaine, des Charbonnages de France et de nombreux bassins miniers et les messages de sympathie venus de la France entière.

Commencent alors les éloges funèbres prononcés par les représentants des Houillères, par les représentants du personnel, par M. Jean Pomel Conseiller Général du canton d’Auzon et M. Carcassès Préfet de La Haute-Loire, porteur du message du Président de La République .

M. Millot, Président du conseil d’Administration du Bassin d’Auvergne : « Le deuil qui nous frappe, dit-il, est si lourd, si cruel que les mots apparaissent bien ternes et bien usés et pourtant comment nous taire ».

Après avoir présenté au nom des Houillères du Bassin d’Auvergne ses condoléances aux familles des victimes, il rend hommage au dévouement inlassable des sauveteurs et termine très ému son allocution « Je vous adresse mineurs de Grosménil morts à la tâche, un suprême et dernier adieu ».

Au nom du syndicat des mineurs C.G.T, la voix étranglée par les sanglots, M. Loubert adresse un dernier message aux victimes : « Adieu camarades nous ne vous oublierons pas et nous aiderons de notre mieux les êtres chers que laissez sur terre ».

M. Louis Travers, Secrétaire local de la C.F.T.C prend la parole : « Le nom de Frugères, dit-il, restera gravé en lettres de sang dans notre bassin minier, nous demeurerons fidèles à nos morts qui ont consenti un sacrifice d’une sublime grandeur. Ils étaient nos frères de travail, ils étaient d’une grande famille « la famille des travailleurs ».
« Inclinons nous ! Saluons bien bas ces victimes tombées au champ d’honneur du Travail, compatissons à la douleur de ceux qu’ils ont laissés : leurs femmes, les orphelins, leurs vieux parents. Comme pour nous donner une leçon de fraternité, le destin a voulu dans sa cruauté, rassembler des hommes de tous âges, de communes différentes aussi, d’idéal différent également. »
« C’est bien dans ces sentiments là , poursuit-il, que la classe ouvrière de chez nous communie en ce jour de deuil, c’est bien dans ces sentiments que de tous les coins de France sont parvenus à l’adresse des familles si rudement frappées et à l’adresse de la corporation toute entière les témoignages de sympathie et de véritable affection. »
Sur un ton poignant de sincérité, il termine par : « Au revoir camarades, ce n’est qu’un au revoir frères ! »

Alors que M. Jean Edouard au nom de la Fédération des mineurs Force Ouvrière présente ses vives condoléances aux familles, c’est au tour de M. Archaud d’apporter le salut de la Fédération des Mutilés et Invalides du Travail.

Amputé des deux jambes à la suite d’un accident du travail survenu en 1913 en gare de Clermont-Ferrand, Jules Archaud s’avance aidé de deux mineurs : « Les travailleurs du sous-sol viennent une fois de plus d’être éprouvés, ce qui leur arrive plus souvent qu’à leur tour. Aussi est-ce étreint par l’angoisse que je m’incline devant les dépouilles de ces victimes et devant la douleur des familles que je m’incline devant ces douze héros du travail. »

Madame Simone Troigros responsable fédérale de la C.F.T.C s’adresse à la foule en ces termes : « Le travail qui doit faire vive les hommes a été pour vos mineurs ce qui a détruit votre vie. Votre présence par la pensée nous incitera à lutter pour que soient conjurés au vingtième siècle les éléments qui vous ont vaincus ».

Au nom des travailleurs nord-africains, M. Belaoues, en des termes d’une simplicité touchante tient à s’associer à la douleur des familles des victimes et à les assurer de sa vive sympathie.

M. Jean Pomel, maire de Vergongheon, Conseiller Général d’Auzon très ému s’écrie « Au moment où la terre va recouvrir les corps des douze victimes, comment exhaler notre douleur ? » « Loin de nous la pensée d’accuser quiconque de cette terrible catastrophe, cette destinée, cette mort aveugle qui fauche même les meilleurs, sans distinction et sans raison, ne menace-t-elle pas tous les travailleurs du sous-sol ? Y-a-t-il une profession plus noble mais aussi plus meurtrière ? »

C’est au tour de M. Carcassès de prendre la parole qui délivre le message du Président de La République M. Vincent Auriol : « « Douloureusement ému par la catastrophe minière de Frugères, je vous prie au nom du Gouvernement de la République et en mon nom personnel, de transmettre aux familles des victimes l’expression de ma profonde et affectueuse sympathie. Je tiens à leur donner l’assurance que, dans l’épreuve si cruelle qui les frappe, elles peuvent compter sur la solidarité de la Nation. »

La cérémonie s’achève par le discours du représentant de l’Etat, les cortèges se forment ..

Dans leur cercueil, les mineurs, un à un, quittent pour la dernière fois le puits du Parc.

4 – TOUT LE BASSIN MINIER EN DEUIL

Des clochers de Frugères-Les-Mines, de Brassac-Les-Mines à Vergongheon en passant par Sainte-Florine, Lempdes et Bournoncle-Saint-Pierre le glas résonne tristement dans la campagne ensoleillée.

  • La cérémonie terminée, à Frugères-Les-Mines le long cortège se forme derrières les corbillards d’Albert Bouche et Léon Delort tandis que les cercueils des autres mineurs sont acheminés par ambulance vers leur commune respective. En tête du cortège, « La Lyre des Mineurs », puis viennent les drapeaux des Anciens Combattants de 1914-1918, des A.C.P.G, de l’Amicale « Rhin et Danube », des anciens F.F.I. Les enfants des écoles portant des bouquets précèdent les corbillards dont les cordons sont tenus par des mineurs en tenue de travail. Le lent défilé se dirige vers le cimetière communal. Au nom de la population, M. Dorel Maire de Frugères adresse un dernier adieu aux disparus.
  • Le matin à Sainte-Florine, on inhume le corps de Raymond Fuzet .Un de ses anciens camarades rend un dernier hommage en présence de M. Migeon Sous-préfet de Brioude et de M. Barbier maire de la localité. Les mêmes personnalités sont présentes aux obsèques d’Alexandre Sahunet. Après l’ absoute donnée par l’ abbé Mallet, un cortège groupant « La Lyre des Mineurs », les enfants des écoles, les pompiers, les associations de Sainte-Florine et toute la population accompagnent le mineur à sa dernière demeure.
  • La dépouille de Bruno de Noni a été déposée dans l’église de Brassac-Les-Mines. A 14h30 toute la population de la localité s’est assemblée pour l’office religieux célébré par le Chanoine Ferrandon. Un long cortège comprenant de nombreuses personnalités parmi lesquelles M. Duché Sous-préfet d’Issoire, M. Dassaud Sénateur, MM. Laroussinie, maire de Brassac, M. Coiffier maire-adjoint et tout le Conseil Municipal suit le char funéraire.
  • A Lempdes, après l’absoute donnée par le Chanoine Anglade , en présence d’une nombreuse assistance et M. Carcassés Préfet , sont inhumés René Bernard, Fernand Borel et Robert Mallet après le discours d’adieu prononcé par M. Combes , maire de la localité.
  • C’est à Bournoncle-Saint-Pierre qu’est inhumé Raphaël Licois où l’absoute est donnée par le Curé Chazelet et en présence de M. Tisserand Secrétaire Général de La Préfecture et de Gabriel Alezais maire de la commune.
  • A Vergongheon l’inhumation de Constantino Chiado-Fioro précède celles d’Albert Flory et de Jean Knorst . L’absoute est donnée par l’abbé Martin en présence de M. Badault, Chef de Cabinet du Préfet et de M. Tisserand Secrétaire Général de La Préfecture tandis que M. Jean Pomel prononce l’éloge funèbre.

LES DOUZE VICTIMES

A la mairie de Frugères, c’est Gabriel Chalchat, Chef de Service aux Houillères d’Auvergne qui a la triste et pénible tâche de procéder aux formalités administratives. Sur le registre d’état-civil, chacun des 12 actes de décès est libellé ainsi : « Le vingt mai mil neuf cent cinquante deux, douze heures trente, est décédé accidentellement au puits du Parc … »

  • Fernand Borel (38 ans) né à Aigueperse (Puy de Dôme) le 26 mars 1914, Chef de Poste embauché le 13 octobre 1938 , domicilié à Lempdes (Haute-Loire) , fils de Florent Borel et d’ Adélaïde Roussel , marié un enfant,inhumé à Lempdes.
  • René Bernard (34 ans), né à Ardes sur Couze (Puy de Dôme) le 28 juillet 1917, ouvrier mineur embauché le 3 septembre 1945 , domicilié à Lempdes (Haute-Loire), fils de Bernard Laurent Bernard et de Marguerite Lapirot, marié 2 enfants,inhumé à Lempdes.
  • Albert Henri Bouche (39 ans), né à Frugères Les Mines le 1er août 1912, , ouvrier mineur embauché le 15 octobre 1934, domicilié à Frugères Les Mines, fils de Antoine Bouche retraité mineur et de Marguerite Orlhac, marié 3 anfants,inhumé à Frugères Les Mines.
  • Bruno Guiseppe de Noni (36 ans) , né le 31 octobre 1915 à Revine-Lago (Région de Vénétie – Italie), ouvrier mineur embauché le 9 octobre 1947 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de Luigi Angelo de Noni et d’Elivira Magagni domiciliés à Brassac Les Mines (Puy de Dôme), marié 3 enfants,inhumé à Brassac Les Mines.
  • Léon Auguste Delort (37 ans), né le 4 novembre 1914 à Tanavelle (Cantal), ouvrier mineur embauché le 18 décembre 1945 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de Jean Baptiste Delort cultivateur à Tanavelle et de Marie Réal, marié 3 enfants,inhumé à Frugères Les Mines.
  • Constantino Piétro Chiado-Fioro (50 ans) né le 27 août 1901 à Ruéglio (Région du Piémont – Italie), ,ouvrier mineur embauché le 18 septembre 1939 , domicilié à Vergongheon, fils de Guisseppe Chiado-Fioro et de Maria Carrosso, marié un enfant, inhumé à Vergongheon.
  • Albert Marius Flory (42 ans) né le 20 juillet 1909 à Vergongheon domicilié au même lieu , ouvrier mineur embauché le 30 octobre 1933 , fils d’Alfred Pierre Flory et de Marie Alphonsine Pougheon, marié 2 enfants, inhumé à Vergongheon.
  • Raymond Fuzet (26 ans), né le 7 octobre 1925 à Vergongheon, ouvrier mineur embauché le 2 mai 1945 , domicilié à sainte-Florine, fils d’André Marcel Fuzet et de Marthe Pauline Sabatier, marié 2 enfants, inhumé à sainte Florine.
  • Jean Adam Knorst (34 ans), né le 31 août 1917 à Teting sur Nied (Moselle), ouvrier mineur embauché le 17 mars 1947, domicilié à Vergongheon, fils d’Adam Knorst cultivateur à Teting et de Marguerite Morsch, marié 8 enfants, inhumé à Vergongheon.
  • Raphël Daniel Licois (33 ans) né le 26 septembre 1918 à Tours (Indre et Loire), ouvrier mineur embauché le 24 mai 1931, domicilié à Bournoncle Saint Pierre, fils de Raphaël Alfred Licois et de Adrienne Branchu, marié 4 anfants,inhumé à Bournoncle Saint Pierre.
  • Robert Mallet (31 ans) né le 16 août 1920 à Lempdes (Haute-Loire) et y demeurant , ouvrier forgeron embauché le 8 novembre 1941, fils de Mathieu Mallet et de Marie Vedel, marié un enfant, inhumé à Lempdes.
  • Alexandre Sahunet (42 ans) né le 18 mars 1910 à Sainte-Florine, ouvrier mineur embauché le 19 novembre 1943 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de François Sahunet et d’Urilie Vincenta Maria Pilar, marié 4 enfants, inhumé à Sainte Florine.

Témoignages

Louis Vigier Le matin méme , nous y étions tous les enfants des écoles sur le talus à attendre !! je me souviens, j’avais 7 ans ! C’est la première fois que je voyais des mineurs sortir de la cage entièrement nus et noirs pour se diriger vers la chambre chaude pour la douche !! quelque fois j’en cauchemarde encore !!et pourtant je suis devenu moi-même mineur de fond à Bayard quelques années plus tard ; et durant 7 années !!! Cordialement !!

Marie Ange Oleon j’ai mon oncle qui est un des rescapés de la catastrophe du 20 mai 1952. je suis la nièce d’André Blanquet.

Cary Kris Mon oncle et l’un des seul rescapés de ce drame!!! Oui je suis la petite niece de trottinette, la petite fille de son frere Alfred dit Frazy.

Les réactions après la catastrophe de 1952

CGT, extrait de Le Travailleur du sous-sol, mai-juin 1952.

«ASSEZ DE MASSACRES AU FOND DES PUITS !

Mineurs, luttez pour assurer votre sécurité

Encore une. Après Courrières et Vuillemin (Moselle) en 1948, Liévin en 1949, Saint-Éloi-les-Mines en 1950, Bruay en 1951, une catastrophe s’est produite au puits du Gros-Mesnil  (Haute-Loire) le 20 mai. 12 mineurs ont péri laissant 12 veuves et 36 orphelins.

Chaque jour, le sang coule dans nos bassins miniers.

Du 1er janvier 1952 au 25 mai on compte :

56 tués dans le Nord-Pas-de-Calais.
20 tués dans les mines de fer de l’Est.
5 tués dans les mines de la Loire.

Depuis le 1er avril jusqu’au 25 mai, il y a eu 10 tués dans le Gard et l’Hérault.

Il faut noter en plus les accidents dans les autres bassins et peites mines, ainsi que les centaines de blessés graves. Il s’agit en fait d’un véritable massacre au fond des puits.

Les responsabilités

Que l’on ne vienne surtout pas invoquer la fatalité. Ce qui tue les mineurs, c’est la politique de charbon au plus bas prix.

La catastrophe du puits Gros-Mesnil eût pu être évitée.

Dans un manifeste, notre syndicat de la Haute-Loire démontre l’entière responsabilité des Houillères et de l’État-patron et du service des mines.

1° La mise en chantier du plan à chariot n°3, où s’est produit le dégagement instantané n’aurait pas dû être effectuée à proximité d’une zone dangereuse connue par l’exploitant par les divers dégagements survenus antérieurement au niveau supérieur, et y compris au niveau 620 où eut lieu un dégagement à environ 6 mètres du lieu de la mise en chantier du plan ;

2° La mise en chantier du plan à chariot n°3 a été effectuée en montant, malgré la connaissance dangereuse de son emplacement, alors que le réglement des mines à dégagement instantanné prévoit que les travaux doivent être conduits de manière à réaliser le desserrage progressif des terrains. Tenant compte de ces dispositions, les travaux auraient dûs être entrepris en descendant, comme d’ailleurs ils le furent constamment dans ce puits du Parc ;

3° Comment se fait-il que lors du changement  des terrains du front de taille du plan à chariot n°3, des sondages n’ont pas été effectués afin de reconnaître la qualité des terrains suspects de dégagements instantannés ? Vu cet état de fait, pourquoi des mesures de précautions n’ont-elle pas été prises en rapport avec la connaissance de cette zone dangereuse ?

4° De plus, les tirs réglementaires ne furent pas effectués la veille ni au front de taille de l’avancement qui est dans des terrains de schistes charbonneux, ni au plan à chariot n°3. Les derniers tirs de l’avancement ayant été effectués le 12 ou 13 mai, celui du plan à chariot n°3 le 17 mai ;

5° Les sorties de secours du personnel étaient négligées, en particulier le puits intérieur du niveau 620 à 515 muni d’une seule cage sans contrepoids (rat) et démuni d’échelles, ce qui aurait permis, malgré le manque de pression au moment du dégagement de remonter les ouvriers parvenus à la recette 620 ;

6° De plus, les travaux de l’avancement ne devaient pas s’effectuer aux mêmes postes ni en même temps que les travaux du plan à chariot n°3, ce qui est contraire au réglement ;

7° L’ingénieur du puits avait, paraît-il, demandé de faire un bure (puits intérieur) au lieu d’un plan à chariot ; un refus lui fut signifié par la direction des houillères du bassin d’Auvergne avec ordre de faire le plan à chariot en montant ;

8° L’ingénieur du service des mines aurait déclaré, lors de son enquête, qu’il préférait être dans sa peau que dans celle des ingénieurs, que le plan à chariot n’aurait pas dû être fait à cet endroit ;

Comment se fait-il que des dispositions n’aient pas été prises avant, le service des mines étant bien au courant de tous les travaux effectués au puits du Parc :

La Commission d’enquête réclamée par le syndicat des mineurs s’impose d’urgence, afin que toutes les responsabilités soient établies et que soient châtiés les coupables.

Le lendemain de la catastrophe, en signe de protestation et pour exiger plus de sécurité, tous les mineurs et les ouvriers des usines du bassin de la Haute-Loire débrayèrent 24 heures.

Par milliers, ils se retrouvèrent le lendemain lors de la cérémonie officielle.

Là, nos camarades Kléber Loubert, secrétaire de la Fédération régionale du centre et Victorin Duguet, secrétaire général de la Fédération du Sous-Sol qui représentait notre Fédération avec Achille Blondeau, secrétaire fédéral, firent le procès des responsables de la catastrophe.

Dans un discours émouvant qui fit venir les larmes aux yeux de l’assistance, Loubert retraça la terrible tragédie.

«Nous n’avons pas le droit, conclut-il, de discuter de la fatalité quand les mineurs se dressent contre l’abandon des règles de sécurité, quand on leur vole leurs délégués. Nous exigeons qu’une commission d’enquête soit constituée avec la participation des ouvriers.»

Un réquisitoire

Prenant ensuite la parole, Victorin Duguet [du Martinet, près de La Grand-Combe] rend aux victimes de l’État-Patron un dernier hommage au nom de tous les mineurs de France. Il situe ensuite les responsabilités et dresse un véritable réquisitoire.

«Ce qui tue les mineurs, déclare Victorin Duguet, ce qui provoque les catastrophes, ce sont les méthodes d’exploitation, les cadences infernales de travail, la négligence trop souvent, et même l’abandon total des mesures de sécurité, l’insuffisance ou la mauvaise qualité du matériel et des installations, l’insuffisance des pouvoirs des délégués mineurs, le non-respect de leurs rapports, une loi de voleurs qui empêche les travailleurs de la mine de se donner les délégués mineurs de leur choix.

Ce qui tue les mineurs et provoque la catastrophe, c’est le refus d’appliquer leur statut et son article 12, c’est cette course au charbon au plus bas prix pour les besoins de la politique de guerre qui fait que les mineurs soit brimés, bafoués, qui veut que les prix de tâche soient constamment abaissés, qui fait que les réclamations et les avis des mineurs et de leurs syndicats sont systématiquement repoussés.

Voilà ce qui tue les mineurs, voilà ce qui provoque les catastrophes.

Voilà ce qui jette le deuil, la misère, la désolation dans nos foyers, voilà ce qui fait qu’aujourd’hui nous pleurons douze des nôtres, ici, tandis qu’à la Grand-Combe, nos frères pleurent aussi deux des leurs, tués eux-aussi par le gaz carbonique.

C’est cela qui tue les mineurs et de cela il y a des responsables.

Oui, c’est vous messieurs les ministres, qui êtes responsables des malheurs qui frappent notre corporation, par votre politique de rendement au plus bas prix, innovée par le socialiste de droite Lacoste et ses néfastes décrets, et continuée par le républicain populaire Louvel, ministre du pétainiste Pinay.

Oui, c’est vous, monsieur le directeur, messieurs les ingénieurs, qui portez une lourde part de responsabilité, lorsque vous appliquez servilement les consignes d’une pareille poplitique de malheur et votre responsabilité est d’autant plus engagée que vous connaissez les souffrances et les misères de notre corporation, comme vous connaissez le danger et la dureté du métier de mineur.

N’est-ce pas une honte que parmi les victimes que nous pleurons aujourd’hui, l’une d’elles a dû, la quinzaine dernière, se présenter quatre fois au bureau pour réclamer son dû ?

N’est-ce pas une honte que ces hommes aient eu leur salaire diminué de près de 200 francs par jour depuis le premier mai ?»

Et répondant aux discours hypocrites que ceux qui parlent de respect des morts, Duguet indique :

«Le meilleur moyen de respecter des morts, c’est de de dénoncer les responsables de leur mort et de lutter tous ensemble pour que pareille tragédie ne se renouvelle pas.»

La CFTC au secours de la direction

Auparavant, un employé des Houillères, dénommé Travers, avait pris la parole au nom de la CFTC. Son discours avait vraisemblablement été préparé dans les bureaux de la direction.

Il parla de la fraternité qui unit le directeur des Houillères et les ouvriers. Il s’indigna que la CGT dénonce les responsables de la catastrophe, couvrant ainsi la politique d’insécurité dans les mines pratiquée par les Houillères.

Il fut naturellement félicité le lendemain par le Figaro nazi et le journal fasciste l’Aurore.

L’engagement national

Le préfet, lui, prit la parole après notre camarade Duguet. Parlant au non du gouvernement, il tenta de défendre l’État-Patron, prostestant contre les accusations formulées par Loubert et Duguet.

Comme s’il suffisait de venir verser des larmes de crocodiles sur les cercueils de ceux que la politique de charbon au plus bas prix a assassiné.

Le préfet a pris l’engagement national d’assistance et de réparations envers les victimes. A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’a encore été fait par le gouvernement. Qu’attend-il pour faire voter le projet de loi du groupe communiste demandant 10 millions pour les victimes ?

Pour en finir avec les massacres

C’en est assez de victimes. Il faut en finir avec la politique du charbon au plus bas prix qui tue au fond des puits. Il faut en finir avec les cadences infernales à la mode américaine. (C’est aux USA qu’il y a le plus de tués dans les mines). Il faut accorder de meilleurs salaires et prix de tâche. Il faut que toutes les règles de sécurité soient observées. Le projet de loi communiste sur l’extension des pouvoirs des délégués-mineurs doit être voté de suite [le PCF demandait que le délégué puisse arrêter les travaux dangereux, voir l’annexe : «Les délégués mineurs»]. En outre, les mineurs doivent avoir le délégué de leur choix. C’est un mal-élu avec 25 % des voix qui fonctionne au puits Gros-Mesnil. Depuis quatre jours il n’était pas descendu à ce puits. Lors de sa dernière descente, il n’a même pas signalé l’existence du gaz. Et pourtant, tous les ouvriers savaient que l’on approchait d’une poche de gaz.

Nous l’avons déjà dit et nous le répétons, un délégué élu avec une minorité de voix, qui n’a pas la confizance des ouvriers, n’a pas d’autorité. De ce fait, il ne peut pas défendre convenablement la sécurité et la vie des ouvriers.

Assez d’assassinats. Mineurs et similaires, refusez de travailler dans des conditions d’insécurité. Refusez de travailler pour de bas prix à la tâche. Ripostez avec force quand on vous inflige une brimade, quand il y a un tué ou un blessé grave dans votre puits. Exigez plus de pouvoirs aux délégués-mineurs qui doivent être élus par la majorité d’entre vous. Luttez dans l’union pour plus de sécurité, pour préserver votre vie.

La Fédération du Sous-Sol.

Extrait du « Figaro », 23 mai 1952

«C’est alors que deux représentants de la CGT prirent la parole. Ce fut pour se livrer à une manifestation communiste, manifestation d’autant plus indécente qu’elle se déroulait devant des cercueils.

M. Léon Travers, secrétaire local de la CFTC, sut donner ensuite aux deux syndicalistes extrémistes la leçon d’élémentaire  correction qu’ils méritaient.

– Pourquoi faut-il, déclara-èt-il avec émotion, que la douleur des familles soit troublée par des dissensions savamment entrenues ?»

Extrait de « L’Aurore », 23 mai 1952

«Les émouvantes obsèques des douze victimes de la catastrophe de Frugères ont été troublées par d’indécents discours communistes.

[…] Après quoi, M. Kloubert Loubert, secrétaire de la Fédération CGT des mineurs du Centre, avec un manque de délicatesse qui fut sévèrement apprécié par les mineurs, profita de son tour de parole pour prononcer un discours de propagande politique. Cette exploitation indécente du deuil qui frappe douze familles de travailleurs créa un dur malaise parmi les assistants de cette cérémonie qui, jusqu’alors, avaient communié dans la même émotion et dans le même deuil.

M. Louis Travers, secrétaire local de la CFTC, parlant ensuite, déplora que des paroles de discorde aient été prononcées en de pareilles circonstances.

Mais quand vint le tour du secrétaire national de la Fédération  des syndicats du sous-sol, M. Victorien Duguet, celui-ci n’hésita pas pourtant à renouveler les accusations indécentes portées par M. Loubert et à rejeter les responsabilités de la catastrophe sur le gouvernement.

Enfin, M. Carcasses, préfet de la Haute-Loire, représentant le gouvernement, s’élève fermement contre la polémique déplacée que venaient de soulever certains orateurs au seuil du cimetière.»

CGT-FO, extrait de Le Réveil des Mineurs, n°25, Mai 1952

La Corporation Minière en deuil

À la trop longue liste des victimes, que dans tous les pays du monde et à travers tous les âges, elle a déjà dressée, la mine homicide vient encore d’ajouter des noms. En quelques jours, seize hommes, descendus le matin pleins de vigueur et de santé, ont trouvé une mort atroce dans les profondes galeries.

Ils sont tombés : 12 à Frugères-les-Mines, 2 à La Grand-Combe, un à Bruay et un autre à Loos-en-Gohelle, en moins d’une semaine. Sachant bien qu’ils risquaient leur vie chaque fois qu’ils mettaient pieds dans la cage de descente, ils l’ont courageusement  sacrifiée pour que d’autres hommes puissent vivre du produit de leur travail.

Un drame horrible vient de se consommer à Frugères-les-Mines ; conscients de ce qui les attendait, 12 mineurs se sont héroïquement effacés pour donner la vie sauve aux 8 plus jeunes d’entre eux. Comprendra-t-on jamais ce qu’il y avait de noble dans les paroles de ces braves gens qui disaient, à leurs cadets, «partez et renvoyez la cage vite, bien vite». Ils savaient cependant qu’elle reviendrait trop tard. Courageusement, ceux qui restaient ont prononcé ces paroles d’espoir ; «renvoyez la cage bien vite» pour que ceux qui partaient n’aient pas trop de regrets d’avoir été choisis pour survivre.

Encore une fois la corporation minière est en deuil. En fait, elle l’est toujours, car il ne se passe pas de semaine qu’ici ou là, isolément ou en groupe, le sous-sol ne se venge de ceux qui ont voulu violer son secret et lui enlever ses richesses. Au sujet de tous ces morts, des enquêtes ont été ordonnées dont il ne vous appartient pas, pour l’instant, de préjuger les résultats.

Y a-t-il eu faute d’exploitation ? Y a-t-il eu imprudence ? Nous souhaitons que la vérité soit dite, sur les causes de tels drames, car nous nous refusons à croire, toujours et encore, à la seule fatalité.

Les représentants du patronat et des Pouvoirs publics sont allés s’incliner devant les dépouilles de ces braves gens. Ils ont prononcé des mots qu’à ce moment ils pensaient. Ils ont rappelé combien cette profession était pénible et surtout dangereuse. Ils se sont associés au deuil des veuves, des mères et des enfants. Nous sommes certains qu’à ce moment là ils étaient sincères. Ce que nous voudrions, c’est qu’ils n’oublient pas trop vite ce qu’ils exprimaient devant les cercueils des victimes. A l’heure même où se produisait à Frugères ce dégagement catastrophique, les représentants des des mineurs discutaient avec les représentants patronaux et ceux des Pouvoirs publics. Hélas ! au cours de cette discussion, nous dirons même de ces marchandages, seuls les représentants des syndicats pensaient à ce que le métier de mineur comportait de dangereux.

Les autres estimaient qu’il était un métier comme un autre et ceci constituait une escroquerie morale. Ce n’était pas une profession comportant un grand besoin de spécialité et de connaissances particulmières. Partant, on marchandait leurs salaires et leurs conditions humaines. On oubliait que la spécialité du métier de mineur était surtout d’avoir à affronter la mort à tous les instants et que, pour l’éviter, ils avaient à calculer et à peser tous leurs gestes.

Cette même commission nationale doit se réunir à nouveau le 4 juin. Nos interlocuteurs du 20 mai auront-ils gardé le souvenir de ce que la réalité de Frugères, de la Grand’Combe, de Bruay et de Loos-en-Gohelle devrait leur rappeler ? Nous voulons l’espérer, en tous cas nous raviverons leurs souvenirs et saurons défendre, comme il convient, les droits de nos camarades, de ceux qui risquent leur vie tous les jours.

On s’est plaint que certains propos malséants aient été tenus à l’occasion des obsèques des victimes de Frugères. Une certaine presse a écrit des insanités contre des ministres, des ingénieurs, des agents de maîtrise, voire même des délégués mineurs qui ne sont pas de leur bord. Elle appelle crime volontaire une catastrophe qui se produit en France, tandis que, selon elle, celles qui se produisent derrière le rideau de fer sont dues à la seule fatalité, sans doute parce qu’elles sont plus fréquentes.

Plaignons les malhonnêtes gens qui tiennent de tels propos ou font de tels écrits, mais de grâce, qu’on n’agisse pas toujours pour leur donner, auprès des masses laborieuses, un semblant de raison dont ils ont tellement besoin.

La Fédération des Mineurs F.O.

Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

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Par : Raymond Caremier
Publié par : Papou Poustache, le 22 Mai 2016, 16:26 pm
Sur le site : cpauvergne.com

Introduction et mise en page : Mas de la Regordane/GD
Première publication : 18.12.2017
Dernière mise à jour : 18.12.2017

La maison du mineur de la Grand-Combe

S’il est un lieu qu’il faut absolument visiter, lors de votre passage à La Grand-Combe, c’est bien la maison du mineur.

VISITE À LA MAISON DU MINEUR DE LA GRAND COMBE

En vacances dans le Languedoc, j’ai profité d’une journée un peu grise (rare dans la région en ce mois de juillet 2014) pour faire un saut à la Maison du Mineur du Puits Ricard à LA GRAND COMBE dans le Gard.

À l’entrée d’ALÈS, un petit panneau ‘’Mine-Témoin’’ attire mon attention ; on s’égare dans quelques petites ruelles un peu étroites et on arrive à un petit bâtiment bas. Comme ce créneau n’était pas prévu, on n’entre pas. Un peu de matériel minier entoure le local (locomotive électrique, berlines, …), ce sera pour une autre fois ; apparemment, des expositions et des projections sont proposées aux visiteurs. À proximité, il y a un chevalement un peu bizarre (j’apprendrai un peu plus tard dans l’après-midi que c’était celui d’une mine-école) et un terril pointu très verdoyant (les gens d’ici disent ‘’crassier’’). En repartant vers LA GRAND COMBE par la CD 106, on passe devant le chevalement de la Fosse FONTANES magnifiquement repeint en rouge foncé (la tour d’extraction bétonnée du puits DESTIVAL en T a été détruite).

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Mine-témoin d’ALÈS

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Locomotive de jour pour les berlines

La route sinueuse longe le Gardon et elle nous amène à LA GRAND COMBE où la Maison du Mineur n’est pas très bien indiquée. La Vallée Ricard était un grand ensemble avec les puits d’extraction, les installations du jour (lampisterie, criblage, triage, lavoir, agglomération Verrerie, centrale électrique), les wagons-trémies, les locomotives et les kilomètres de rail reliant toutes les fosses et industries voisines. Bien sûr, la plupart des bâtiments et toutes les machines ont disparu mais ce qui reste est en excellent état : le puits principal, les cages à deux étages, la salle des pendus, l’unité de culbutage des berlines et la salle des machines.

  
Chevalement de la mine-école Terril d’ALÈS Puits Fontane

La route sinueuse longe le Gardon et elle nous amène à LA GRAND COMBE où la Maison du Mineur n’est pas très bien indiquée. La Vallée Ricard était un grand ensemble avec les puits d’extraction, les installations du jour (lampisterie, criblage, triage, lavoir, agglomération Verrerie, centrale électrique), les wagons-trémies, les locomotives et les kilomètres de rail reliant toutes les fosses et industries voisines. Bien sûr, la plupart des bâtiments et toutes les machines ont disparu mais ce qui reste est en excellent état : le puits principal, les cages à deux étages, la salle des pendus, l’unité de culbutage des berlines et la salle des machines.

Nous sommes accueillis chaleureusement par les bénévoles présents (anciens mineurs pour la plupart) dans la salle des pendus devenue le cœur du musée ; le tarif de l’entrée est dérisoire (5€)… Un groupe d’une dizaine de visiteurs passionnés de la mine venant de différentes régions se crée autour du Grand Marcel, c’est le surnom de notre guide. C’est un personnage haut en couleurs avec un merveilleux accent cévenol qui se marie très bien avec son humour de chaque instant. Ce Grand Marcel, c’est un puits de science qui manie aussi bien les chiffres (teneurs maximales du méthane et du dioxyde de carbone, pourcentages de carbone dans le charbon, pourcentages massiques des cendres, vitesses de la cage, puissances des moteurs, pression à la sortie des compresseurs, …) que les explications pédagogiques (formation du charbon, géologie des terrains, principe des soutènements, nature des travaux de creusement, …). Il se plaît pourtant à dire qu’il n’a pas beaucoup fréquenté les bancs de l’école car il a commencé à la mine à 14 ans ! Tout ce qu’on apprend de sa bouche concernant le matériel de sauvetage, les outils du mineur (très belle collection de lampes de toutes sortes en particulier), les conditions de travail au fond et l’ambiance entre les hommes) est passionnant, ça sent le vécu ! Le Puits Ricard, c’est sa fosse, c’est sa vie et bien sûr, c’est le meilleur charbon du monde qui a été extrait là ! Malgré l’humour permanent, on sent quand même dans les propos quelques pointes de nostalgie. Comme tous les mineurs de France et d’ailleurs, il avoue que malgré la dureté du métier, il a quand même vécu dans ce puits des années formidables et il regrette que l’exploitation a cessé si vite. ‘’On en a extrait du charbon ici, des millions de berlines !’’.

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Le puits Ricard et la salle des machines au premier plan

L’entrée du musée Cuffat et cage à deux étages Salle des pendus
Une belle collection de lampes Four pour analyser le charbon

Chromatographe en phase gaz

On sort du bâtiment, la visite continue sur le carreau de la fosse :

– Le puits principal haut de 31 m, profond de 801 m et de diamètre 5,50 m, domine l’ensemble ; il a été creusé entre 1932 et 1934 et est entré en fonction en 1935. Initialement en acier, il a été renforcé par du béton à la suite d’un énorme incendie qui a duré sept heures le 3 décembre 1938 et qui a fait deux morts.

  • Le local de culbutage des berlines à proximité du puits est encore là (le charbon récupéré était emmené sur un tapis roulant vers le lavoir voisin qui n’existe plus).

  • La salle des machines est encore très bien entretenue (machine d’extraction munie d’un tambour de 6,10 m de diamètre en traîné par un moteur à courant continu de 1200 CV, 560V ; local du machiniste ; poste électrique de 5000 V, groupes convertisseurs, compresseurs d’aération 7 bar, …).

On apprend que la vitesse de déplacement de la cage à deux étages et qui pèse 8,7t à vide n’est pas toujours la même : 9 m/s pour les hommes et 13 m/s quand elle remonte quatre berlines pleines de charbon (11,2 t, soit près de 20 t en tout).

La machine d’extraction Un des gros compresseurs Chapeau au Grand Roger !

De 1935 à 1978 (date de sa fermeture), la fosse Ricard a exploité trois grosses veines d’anthracite d’excellente qualité et d’épaisseurs 4,70 m, 1,70 m et 10,50 m entre -738 m et -795 m ; la recette principale se situait à l’étage -677 m. La production totale a été de 5 745 millions de tonnes de charbon net.

A la fin de la visite (deux heures en principe), les questions continuent de fuser au grand plaisir du Grand Roger qui est incollable et qui y répond instantanément avec beaucoup de pédagogie, avec une grande précision et avec toujours une anecdote croustillante. Chapeau l’Ancien !!! Tous les visiteurs repartent enchantés, la tête pleine (même saturée) d’images de la mine.

Le site Ricard de la GRAND COMBE mérite assurément le détour. Un grand merci à tous les mineurs bénévoles qui se sont battus pour l’existence de ce musée remarquable et qui n’ont pas compté leurs heures pour l’aménager et recevoir les visiteurs.

La maison du mineur

Jusqu’au 31 août
Du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h30 à 18h
Dimanche et jours fériés de 14h30 à 18h30

Du 1er septembre au 20 décembre
Du mardi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 17h Le dimanche de 14h à 17h

Vallée Ricard, 51 rue des Poilus – 30110 La Grand-Combe
Tél. / Fax : 04 66 34 28 93
maisondumineur.pgc@gmail.com
www.paysgrandcombien.fr
Mine Témoin d’Alès : www.mine-temoin.fr/
Article et photos Georges TYRAKOWSKI (association APPHIM)
Photos prises et diffusées avec autorisation

Date de création : 06/09/2014 @ 10:49
Catégorie : L’asso et ses actions – Les musées de la mine


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Reblogué pour information par : Mas de la Regordane
Première publication : 17.12.2017
Dernière mise à jour : 17.12.2017 

 

Lieux aux alentours de La Grand-Combe

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Photo : église le Laval (-le Pradel).

I – COMMUNES A MOINS DE 17 km DE LA GRAND-COMBE

  • ALÈS
    via N 106 – 13,8 km – 17 min. – CP 30100
    Anciennement Alais, s/préfecture du Gard, capitale des Cévennes, 39 993 habitants en 2014 et sa communauté d’agglomération 99 378 habitants en 2013.
    – Aérodrome de Deaux-Alès
    .
  • BRANOUX-LES-TAILLADES
    via N 106 et D 154 – 4,8 km – 8 min – CP 30110
    Réunion de Branoux et des Taillades,
    .
  • CENDRAS
    via N 106 – 10,4 km – 13 min – CP 30480
    commune de la Vallée du Galeizon
    – Médiathèque Jean Pierre Chabrol
    – École de musique
    – Biosphéra
    – Association Galei’jades
    – Centre socioculturel Lucie Aubrac
    .
  • LAMELOUZE
    – via D 154 – 13,5 km – 26 min – CP 30110
    .
  • LAVAL-PRADEL
    – via D 297 – 4,8 km – 9 min
    – Cette commune est le résultat de la réunion de Laval et du Pradel
    – On compte +36 lieux-dits à Laval-Pradel : Avillon, l’Antoinette, l’Aubarède, la Blanque, Broussou, Cadacut, Cassagnes, Cassagnettes, le Claux, les Codes, Combes, les Costettes, Fourjeasse, Fourniou, Gourp du Peirau, Guiraudenque, l’Hirondier, Laval, Maison Abric, Malbosc, le Mas Dieu, le Mathieu, le Mazel, Montloubier, le Moulinet, les Oules, le Plantieiras, le Pluzor, le Pontil, le Pradel, la Ramadière, Redoussas, les Roches, Romeyere, la Rouvière, la Rouvilhouse, Segnas.
    .
  • Le Martinet
    – D 128 et D 59 – 9,5 km – 13 min
    – 1. [le martinet (à fer) est un [gros marteau à bascule, longtemps mu par l’énergie hydraulique d’un moulin à eau, et utilisé depuis le Moyen Âge pour des productions industrielles diverses comme la fabrication du papier, du tan, du foulon, du chanvre, le forgeage du fer, le battage du cuivre. Source Wikipédia.]
    – 2. [« Martinet » est un nom très répandu, surtout dans la région de l’est, dérivé de Martin, nom de baptême représentant le nom latin « martinus » ;  ce nom a été popularisé par l’évêque de Tours, évangélisateur de la Gaule. Source Filae.]
    .
  • PORTES
    – via D 128 et D 906 – 10,7 km – 14 min – CP 30530
    – Portes (30530), en occitan, Pòrtas, est une commune dont les habitants sont appelés les Portésiens et les Portésiennes. Son château, classé monument historique est baptisé le Vaisseau des Cévennes. C’est une pure merveille érigée à partir du XI°siècle dont l’état dégradé est dû à l’effondrements de galeries minières dans les années d’après guerre 14-18, et son bel aspect actuel, à 30 ans de restauration par le chantier de l’association REMPART.
    .
  • SAINT-JULIEN-DES-POINTS
    – via N 106 – 13,9 km – 22 min 112 hab (2014) – CP 48160
    – commune de la Lozère dont l’altitude varie de 248 à 725 m.
    .
  • SAINT-JULIEN-LES-ROSIERS
    – via N 106 – 16,4 km – 20 min – CP 30340
    – [Commune de 3 000 habitants située à 5 kms au nord-est d’Alès sur la voie départementale RD 904 qui relie le haut Gard à l’Ardèche. La commune s’étend sur 1400 hectares : deux tiers du territoire sont boisés (chênes verts, châtaigniers, pins), quelques hectares de landes et de bancels en friche qui abritent une faune de sangliers, lièvres, lapins, perdrix ; le tiers restant se situe dans la plaine et se partage entre exploitations agricole, pâturages et urbanisation pavillonnaire. La commune se situe entre 155 et 545 mètres d’altitude.]
    .
  • SAINT-MARTIN-DE-VALERISCLES
    – ancien non : SAINT-MARTIN-DE-VALGAGUE
    – via N 106 – 12,7 – 14 min
    1761 – [Le sieur Gilly qui possède une minière dans la paroisse de Saint Jean de Valériscles, au lieu dit La Nougarède, y installe une verrerie. Source G.R.Gally p.192.]
    1936 Nougarède et Rimes – existent déjà, citées ouvrières crées par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – Cette petite commune de 745 habitants, située dans l’ancienne vallée minière de l’Auzonnet, dispose d’un camping et d’une piscine, installés dans un écrin de verdure. La restauration du quartier médiéval du Barry et de son église romane est achevée : de nombreuses maisons sont rénovées. Les anciennes demeures constituant les anciens remparts, les passages voûtés et ruelles étroites invitent le promeneur à voyager dans le temps. Une auberge est installée dans une tour défensive et offre des chambres d’hôtes à cet ancien fief des seigneurs de Budos, barons, puis marquis de Portes, dont le château est visible depuis le village. A visiter également son musée des blasons (rue de la Tournelle).
    .
  • SAINTE-CÉCILE D’ANDORGEcommune : via N 106 – 9,9 km – 13 min
    – lac : à seulement 6 min de La Grand-Combe
    – Camboux (lac des)
    1950 – créé suite à la construction dans les années du barrage hydraulique (vidéo) éponyme, on peut y pratiquer : baignade, canoë, canyoning, pêche, pédalos,  pique-niquestand up paddle. Base pour : bivouac, escal’arbre, escalade, VTT pump track, tyrolienne, randonnée naturaliste, spéléologie.
    .
  • LES SALLES DU GARDON
    – via D 128 et N 106 – 1 km – 3 min – CP 30110
    1345 – un manuscrit de indiquerait une origine germanique : « sala » signifiant château ; mais plus sûrement « salle », grotte : les rives du Gardon abritent nombre de grottes qui auraient servi d’hôpital pendant la guerre des Camisards.
    1825 – 1830 – Pierre Soustelle, maire de la commune des Salles du Gardon,
    1955 – Soustelle : nom donné au pont construit sur le Gardon qui relie cette dernière à la Grand-Combe. Sur cet ouvrage fut installé le restaurant Planque qui fit les délices des grand-combiens de la deuxième partie du XX° siècle (aujourd’hui bureau de tourisme.)
    – L’Habitarelle
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : [Bitarelle est un nom de famille, représentant un variation d’un nom de hameau la Vitarelle, forme avec aphérèse de l’occitan « habitalera », a désigné à l’origine (une) maison-grange isolée , puis par extension, au Moyen Âge, une auberge-relais située sur les chemins empruntés par les voyageurs. Source Filae.]
    1787 – [Jean François d’Aigalliers de Joly obtient d’installer une fabrique à « la Bitarelle », près de la Grand-Combe. Source G.R.Gally p.192.]
    – L’Impostaire
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : à défaut de mieux, [« postaire » est une forme francisée de « poster », nom alsacien désignant (un) messager a cheval, (un) courrier. Source Filae.]
    .
  • SOUSTELLE
    – via D 283 – 9,9 km – 18 min
    .
    §
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    II – LIEUX DITS ET QUARTIERS

    .
    La Grand-Combe
    .

  • Champclauson
    – au Nord de la Grand-Combe.
    1936 – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – centre équestre – centre de vol à voile et d’ULM (aérodrome de La Grand-Combe-Alès) – La Forêt de Fossiles
    .
  • La Forêt (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Le Gouffre
    – du nom de la Montagne qui surplombe les lieux.
    .
  • La Levade
    1936
    – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Les Pelouses (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • La Pise
    .
  • le Pontil (citée du)
    1936
    – elle existe déjà, cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Ribes (citée de)
    1914 – édification de la citée ouvrière de Ribes
    .
  • Le Riste
    .
  • Sans nom (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Vallée Ricard
    .
  • Trescol
    18??
    – érection du temple protestant évangéliste de Trescol
    .
  • Sainte Barbe
    .
    .

    ANNEXES

    Anciennes colonies de vacances pour les enfants des Houillères du Centre Midi
    .

  • Barre des Cévennes (48)
    colonie de vacances
  • (Les) Brousses (30)
    vidéo rallye des Brousses

    colonie de vacances
  • (Le) GRAU du ROI (30)
    1936 – Colonie de vacances au bord de la mer pour les enfants de mineurs
  • Malataverne
    colonie journalière
  • (Le) Pont de Monvert (48)
    Colonie de vacances
  • (La) TOUR du VIALA (48)
    1936 – Colonie de vacances de 400 hectares aménagés en montagne pour une centaine d’enfants de mineurs, reçus simultanément.§Première publication le : 01.12.2017
    Rédaction : Mas de la Regordane
    Dernière mise à jour : 02.12.2017

    §

    Rédaction : Mas de la Regordane/GD/L2F
    Première publication : 01.12.2017
    Dernière mise à jour : 06.12.2017

Livres et écrits sur La Grand-Combe

1/ La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton

La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton
Cet ouvrage est la suite – et le complément – de La Grand-Combe en Cévennes, jadis canton de gueules noires…, paru en 1989, un document qui a connu plus qu’un succès d’estime ; mais dans le présent livre, les coauteurs ont voulu privilégier surtout le travail, la peine, des mineurs d’un canton qui leur est cher et dont la récession économique, due à l’arrêt de l’exploitation au fond, les a émus.

Cette étude, à la fois économique et sociologique, qui n’est certes pas exhaustive, se présente comme une sorte de triptyque.
– Dans le premier volet est évoqué le travail, durant près d’un siècle et demi, des gueules noires dans les mines et le trajet du charbon depuis son extraction dans les chantiers ou les tailles jusqu’à sa commercialisation ;
– dans le second, est présentée l’exploitation des découvertes, le travail des tractoristes et conducteurs d’engins bien différent de celui de leurs aînés, et les problèmes (emploi, environnement) qu’elle pose ;
– le dernier volet est consacré à la mort des puits à la fin des installations du jour, aux friches industrielles et aux perspectives d’avenir pour ce canton cévenol.

Ce livre est une étude objective, écrite très simplement par trois complices qui connaissent bien ce dont ils parlent : non seulement ils sont nés, de parents gueules noires, dans ce pays ; mais ils ont eux-mêmes œuvré dans les mines : durant de nombreuses années pour deux d’entre eux, pendant une dizaine de mois pour le troisième. Et ils ont suivi, avec beaucoup d’intérêt, mêlé de crêve-coeur (et de nostalgie), tout ce qui s’est passé, à La Grand-Combe et dans son canton, depuis près de trente ans.

Comme La Grand-Combe en Cévennes…, ce livre d’une amitié et une mémoire par 14 images est enrichi de plus de 140 documents iconographiques : cartes et plans, cartes postales anciennes et photos récentes. Il porte témoignage et permet de mieux connaître et, partant, d’aimer, une terre et des hommes qui ont fait si longtemps, par leur travail, leur sueur et leur peur, la prospérité de plusieurs cantons de la Cévenne, des Cévennes. Région : Languedoc-Roussillon / France

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2/ L’exploitation des houillères en Languedoc
et le marché du charbon au XVIIIe siècle

ConcTubeuf

Auteur : Guy-Roland Galy
Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale – Année 1969 – Volume 81 – Numéro 92 pp. 163-195

SOURCE et LECTURE DES PAGES > cliquez sur le lien : www.persee.fr

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3/ LES VISAGES ET LES VOIX de Patrick LAUPIN

Les Visages et les Voix : Le Chemin de la Grand-Combe par Laupin

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Il est des livres qui traversent les années et trouvent toujours leurs lecteurs, contrairement à de nombreux autres qui, au bout de six mois, quittent définitivement l’étal des libraires, bien qu’on en ait abondamment parlé dans les journaux à la mode. L’ouvrage de Patrick Laupin, Les Visages et les Voix, appartient à la première catégorie. Sa première édition, chez Cadex, remonte à 1991, elle fut suivie d’une deuxième chez Comp’Act en 2001 et en voici la troisième chez un nouvel éditeur, La Rumeur Libre, qui se distingue par son exigence…

Patrick Laupin est issu d’une famille de mineurs du bassin houiller des Cévennes. Il a passé une bonne partie de son enfance dans ce milieu, il en a conservé des souvenirs très vifs et, à l’heure de la fermeture des puits et ensuite, il revient sans cesse sur les lieux. Au-delà des souvenirs d’enfance dans lesquels se mêlent les êtres et les paysages, c’est l’enfouissement d’un groupe ouvrier dans l’oubli par le biais de la destruction de leur outil de travail qui se dit dans ce beau livre souvent émouvant, mais toujours d’une grande rigueur intellectuelle.

Et c’est une ode à la classe ouvrière qu’écrit Patrick Laupin : calmement, avec une pudeur jamais prise en défaut, avec un respect de chaque instant…, à l’opposé de la condescendance de certains politiciens qui se penchent sur la France d’en-bas ou du mépris d’autres qui s’apitoient hypocritement sur les travailleurs qui se lèvent tôt. La démagogie est totalement absente de ces pages: Patrick Laupin n’attend rien de ces hommes et de ces femmes dont il parle, car il leur doit déjà tout: “J’ai toujours éprouvé tenir mon langage de cette vallée arborescente de fougères, de cette terre austère et patiente rythmée par le labeur. Enfance, amour et mémoire, ce livre est le souvenir, toujours vivant en moi, de ceux de ma famille, qui travaillèrent à la mine.” Mieux, il entend redonner la parole à une corporation qu’on a voulu réduire au silence, à l’inexistence: “Et je suis convaincu que des êtres restent à jamais séparés des autres lorsqu’ils ont une expérience impossible à transmettre.” Car la première violence faite au travailleur qu’on prive de son travail, c’est le silence qu’on lui impose…
Ce livre est inclassable, il se joue des genres littéraires: ce n’est pas un roman, ce n’est pas un récit, ce n’est pas un essai, c’est la succession de trente-six textes (souvenirs, descriptions, proses au statut indéterminé, poèmes en prose, vers, propos d’anciens mineurs…) dont quatre sont composés exclusivement de paroles de mineurs recueillies sans doute par l’auteur.

Patrick Laupin ne décrit pas pour le simple plaisir de décrire mais pour capter quelque chose de profond qui renvoie à la construction de son identité, même si le lecteur appréciera de très beaux passages comme celui-ci:

Il y a l’émergence d’un vide dans cette lumière de plomb gonflée d’un creux d’éther, d’un bleu étale vrombissant du jaune et du vert les plus limpides, du mauve violet parfumé d’orage, d’orange des chênaies, de lueurs presque rousses, du jaune vieil argent des ormes guetteurs arqués en à-pic.

L’écriture est exigeante, précise, minutieuse, mais le réel reste en équilibre instable, prêt à s’évanouir si l’attention du lecteur vient à manquer : c’est une écriture à lire lentement pour ne rien perdre de ce qui se dit dans ces pages, une écriture à l’opposé du bavardage contemporain, dans lequel un mot chasse l’autre, un livre chasse l’autre.
Dans le dernier texte, « le Chemin de la Grand-Combe », les phrases commencent et ne se terminent pas, font de la place à une autre phrase qui, à son tour…

Ainsi Patrick Laupin ouvre-t-il de multiples perspectives qui ne s’annulent pas, mais s’ajoutent pour dire le monde dans sa diversité, car la richesse du réel ne s’épuise pas et tout se mêle alors. Le style de Patrick Laupin (son phrasé, car, le lisant, c’est aussi une voix qu’on entend) est reconnaissable entre cent autres.

Il s’agit toujours de dire, de lutter contre le non-dit, de dépasser “l’informulable, l’indéchiffrable, l’intransmissible” , de vaincre ces zones d’ombre pour rendre aux humains d’ici – les mineurs et leurs proches – une dignité que la société de la marchandise, avec sa sacro-sainte rentabilité, leur a déniée. Et c’est alors toute la beauté d’un travail, toute la noblesse d’une vie ouvrière qui se donnent à lire, qui se transmettent par ce livre. Modestie et dignité d’une vie austère et grandiose :

… les cabas de cuir où l’on emmène juste ce qu’il faut manger. le même que l’on garde toute une vie, des années.

le contraire exactement d’aujourd’hui où tout se jette dès qu’utilisé une fois. Car la vie humaine aujourd’hui est jetable. Alors, dans ce travail ingrat et dur, c’était la vie en ce qu’elle est irremplaçable, la vie au travail avec ses luttes contre la matière, contre l’exploitation, contre les risques, la lutte pour vivre mieux, la solidarité, l’amitié… Il fallait dire et répéter ces choses simples qu’actuellement les penseurs de deux sous, bien en cour, qualifient d’archaïques et de ringardes :

Les mineurs en grève sur le carreau, l’embrasure énorme et monstrueuse du puits sans un bruit. Vide noir sacré.

Notre époque entend faire table rase de ce qui n’est plus rentable au prix de vies brisées: il lui faut tout enfouir dans l’oubli, jusqu’à la mémoire pour que la contestation ne gêne pas le règne de la marchandise. Patrick Laupin entend ici redonner vie à certains de ces hommes sacrifiés par l’économisme ambiant. Il y réussit fort bien.

Les mineurs ont recouvré leur mémoire. Il leur prête sa voix : un homme parle dans la cacophonie du spectacle généralisé qui n’est que silence de mort. Un homme parle et le sens alors s’élève, pour tous ceux qu’on a privé de mémoire et de parole, un sens s’élève, donné en partage pour que se réunisse enfin le plus grand nombre qui n’a rien à attendre en dehors de la lutte. Reste au lecteur à se confronter à cette absence qui devient présence : l’avenir est de retour.

ISBN : 2355770042
Éditeur : LA RUMEUR LIBRE EDITIONS (10/10/2008)
Source : Lucien WASSELIN, le 20 juin 2017
La Tribune de la Région Minière, 3317, p.4, 2009
(à propos de Les Visages et les Voix)

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IV / Le Puits Sans-Nom

Couverture

Le Puits Sans-Nom

Par : Mireille PLUCHARD
Édité par : Presses de la Citée

Source : GoogleBooks (belles pages à lire)

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Articles présentés par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

Saint Florent 1975, le puits dynamité (video)

Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité
Photo : le chevalement du puits … [de Saint Florent], s’effondre dans un fracas de béton et de [ferrailles, soulevant] un énorme nuage de poussière.
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I/ Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité.

Paul Rouverand, ancien correspondant de Midi Libre, et président de l’association La Mémoire des mineurs remémore cet événement qui a mis un  point final à l’histoire minière dans la vallée.

On est le 26 mai 1975, le village vit au ralenti. Le dynamitage du puits Saint-Florent est prévu vers 12h30. La circulation a été interrompue aux deux entrées du village.  Les volets sont clos, mais les fenêtres sont ouvertes dans les quartiers voisins. Toutes les mesures de sécurité ont été prises.

Le haut chevalement du puits, ouvrage en béton au sommet duquel tournaient inlassablement les molettes de la cage d’extraction est d’abord abattu à la dynamite. Puis le chevalement du puits, haut de 53 m s’effondre dans un fracas de béton et de tôle qui soulève un énorme nuage de poussière.

Cette douloureuse ablation a eu lieu sous le regard de nombreux mineurs perchés sur les hauteurs de la commune, qui ont vu avec tristesse et quelques larmes s’abattre les superstructures de leur puits comme un navire qui sombre corps et biens. A l’époque le puits était le plus moderne d’Europe.

Il ne restait alors plus qu’un énorme trou béant d’une profondeur de 656,50m et d’un diamètre de 7,50 m. Pendant 3 mois, quatre camions on fait des va-et-vient incessants entre le terril et l’emplacement du puits de mine pour déverser du remblai dans ce gouffre béant. Ensuite une dalle en béton a été coulée pour éviter tout incident.

Rappelons que le creusement du puits Saint-Florent avait commencé le 2 septembre 1946 (le premier tir de mine pour son creusement fut donné par Victorin Duguet, natif du Martinet, à l’époque président des Charbonnages de France) et terminé le 25 octobre 1956. La première tonne fut extraite  au mois de novembre 1954 et la dernière le 21 octobre 1974.

C’est donc pendant 20 ans que le puits a fourni une grande part de la production des Cévennes. Au total 9 413 000 tonnes furent extraites du sous-sol. Il y a eu jusqu’à 1412 mineurs au fond et 722 en surface. Tous les jours, 23 cars transportaient les mineurs.
A l’époque la commune, prospère et active, vivait à l’ère du charbon et comptait de nombreux commerces. Hélas il n’en est plus de même aujourd’hui. Mais Saint-Florent a su faire face et son emplacement a attiré de nouveau résidents et de nombreuses maisons se sont construites.

L’association, la Mémoire des mineurs, qui a vu le jour avec une vingtaine d’anciens mineurs, met tout en œuvre pour laisser une trace du passé minier aux futures générations. Elle propose  2 films seront  le vendredi 29 mai à 20h45 à la salle Aragon :  » La catastrophe du Pontil le 19 décembre 1958 «  et  « Manifestation et dynamitage du puits de St Florent ».

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II/ VIDEO – film d’archives (56′) : la destruction du Puits Saint Florent, avec la participation de Victorin Duguet, désormais à la retraite au Martinet.

Film 16mm n&b de Jean-Paul Aubert
Avec la collaboration de :
Patricia Garnier / Alain Nahum / Éric Pittard / Jean-Henri Roger
Et de : Bruno Serci / Renaud Victor / Claudine Visayse
Chansons : La cançon del minaire / Tòni / Cevenas 75 / interprétées par Patric
1979 / Durée : 56mn

Numérisation et restauration : Patrice Besnard / Labo VAO / 2012

Les années 70 marquent la fermeture du Bassin Houiller des Cévennes. Les puits ferment les uns après les autres. Celui que nous avons filmé est celui de Saint Florent (l’un des plus modernes), tout près d’Alès et de la Grand Combe dont les puits fermeront à leur tour un peu plus tard. Ce n’est pas qu’il n’y ait plus de charbon. Il y en a beaucoup. Dans la région, on connaît le charbon depuis le Moyen-Age… Mais il y a le pétrole ! et il est même avantageux de faire venir le charbon de l’étranger. Conséquence : à Saint Florent et dans les villages voisins, les cafés ont presque tous fermé. Pour faire ses courses il faut une voiture, aller dans les villes voisines, dans les grandes surfaces. Mais dans les villages, la vie a disparu.
En même temps qu’on détruisait les puits, on ouvrait des musées, parfois sur le lieu même de la mine… Un syndicaliste prend la parole et donne son point de vue : ceux qui ont passé leur vie au fond de la mine se retrouvent sans rien, leur maison ne leur appartient même pas, ce sont les étrangers qui achètent les vieilles maisons… Comment vivre dans un pays mort ?

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I/ Source (texte) : MidiLibre
Titre original : « Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité. »
II/ Source Film : archives-video.univ-paris8.fr

Reblogué : par Mas de la Regordane/GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 17.12.2017

La Grand-Combe, la galerie de mine Sainte-Barbe (video)

La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe avait marqué l’histoire des minesPhoto DR : L’entrée de la galerie Sainte-Barbe telle que l’on peut la voir aujourd’hui
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I / La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe
avait marqué l’histoire des mines

Un site oublié des visiteurs, pourtant digne d’intérêt.

Son appellation de « galerie Sainte-Barbe” peut traduire à elle seule son importance au sein des installations de Ricard du début du siècle dernier, dans ce qui était le pôle minier des Cévennes. Nommée du nom de la patronne des mineurs, vénérée dans tous les bassins houillers, elle allait avoir un rôle prépondérant à jouer dans l’évacuation du charbon à partir des puits du Pontil et [du puits] de la Fontaine en direction du [puits]  Ricard.

Murée voici une quinzaine d’années, la Galerie Sainte Barbe sert depuis, de collecteur d’eau, coulant à profusion et se déversant dans le ruisseau Grand-Combe ‘et non pas le ruisseau Sans Nom plus au nord). Il était dit aussi qu’elle ne tomberait pas dans l’oubli et méritait bien d’être intégrée dans le parcours des visites de la Maison du mineur. Pour cela, la municipalité en collaboration avec les Amis du musée du mineur, allaient aménager ses abords, restaurer sa magnifique architecture sur laquelle sera peinte une fresque, œuvre de l’artiste Jean-Claude Sibillat. Mais aussi, implanter un panneau explicatif sur lequel le visiteur pourra découvrir l’année du début de son creusement et surtout à quoi elle avait servi.

Un peu d’histoire sur la galerie Sainte-Barbe

On peut lire sur le panneau implanté à quelques mètres [à droite] de l’entrée de la galerie Saint-Barbe « que celle-ci avait été creusée au temps de la Compagnie des Mines de la Grand-Combe pour développer l’exploitation à partir des puits du Pontil, de la Forêt et de la Fontaine

1902 – «Son creusement est entrepris depuis la vallée Ricard à la côte 215 m, puis en …
1903 … à la côte 228 m à partir du puits Castelnau au Pontil.
1907 – la galerie principale jusqu’au puits du Pontil, longue de 2 330 m est terminée. Maçonnée, elle est large de 3,30 m et haute de 2,40 m. Les travaux d’aménagement, gares, recettes, pose des voies, des lignes électriques.., sont réalisés entre 1907 et 1909.
1909 (octobre) – La liaison avec le puits Castelnau est effective. Peu avant le terminus de ce puits, un embranchement de 410 m mène au puits du Pontil.
1914/18 – Un autre [embranchement] à 500 m de l’entrée menant au puits de la Forêt, verra durant la seconde guerre mondiale, sa longueur portée à de 426 m à 1 826 m jusqu’au puits de la Fontaine n° 2. Un dernier diverticule desservait l’exploitation du [puits de] Sans Nom. L’ensemble des galeries atteignait ainsi une longueur totale de 4 300 m.
1952 – Durant 50 ans, 25 millions de tonnes de charbon sortiront de la galerie Sainte-Barbe

Une belle initiative en somme, s’inscrivant afin de mettre en avant, deux précieux témoins de l’exploitation du charbon. On se souvient aussi que deux années plus tard, en 2011, dans le même style et avec la même collaboration, c’est le puits de la Trouche, par les vestiges de son chevalement en pierre, qui était invité à faire partie du patrimoine. Deux inaugurations qui avaient drainé à chaque fois la grande foule et l’honneur donné à André Pezon [décédé le 09.01.2014 à 88 ans, NdE], alors président des Amis du musée de couper les rubans.

Mais comment ne pas dire aujourd’hui que cette réelle volonté de voir ces deux entités de la ville compléter la visite de la Maison patrimoniale n’a pas été suivie d’effet. Il apparaît clairement que très rares sont les visiteurs, à se rendre sur place, admirer d’une part ce chevalement du puits de mine, le plus ancien dans le Pays grand-combien. Mais également, pourtant à quelques encablures du puits Ricard classé aux Monuments Historiques, l’entrée majestueuse de la galerie. La végétation abondante trahit même ce que l’on pourrait qualifier un sentiment d’abandon, tandis que des ronciers et autres figuiers s’incrustent dangereusement dans les fissures de sa façade. Il y aurait sans doute quelque chose à faire de ce côté-là, de même qu’organiser des visites de groupes dans ces lieux chargés d’histoire.

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II / VIDEO années 50 – galerie Sainte Barbe
(visionner de 00′:40″ à 01′:52″)

00:26 – sortie de la galerie des mines de Sainte Barbe, de berlines remplies de charbon.
00:40 – gros plan sur le fronton de la Galerie Ste Barbe.
00:43 – gros plan sur le conducteur d’une locomotive électrique qui tire …
00:46 – …des berlines où sont installés des mineurs qui entrent dans la galerie
01:16 – sortie de berlines remplies de charbon.
01:25 – maintenant ce sont les mineurs qui ressortent de la galerie, à bord d’un train de berlines tirées par une locomotive électrique à bord de laquelle se trouve évidemment le conducteur et un mineur (contremaitre ?) qui descend en marche.  Sourires des mineurs … pour la caméra 😉

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Source I : MidiLibre.fr
Publication : 2015
Titre original : « La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe avait marqué l’histoire des mines. »
Source II : Youtube

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.10.2017
Dernière modification : 02.01.2018

Ingénieurs des Mines de La Grand-Combe

2014-08-02 16.01.06-1
Photo : Médaille d’or des Mines

LISTE DES INGÉNIEURS (ET ASSIMILÉS*)
DES MINES DE LA GRAND-COMBE ET D’ALÈS

(détail des infos : date de naissance/décès – Titre, École – date d’arrivée et de départ de la  Compagnie des Mines/des H.B.C./des H.B.C.M./ville de Retraite/[dernière année connue])

A

AGNEL Siméon : 1875/?, ing. aux mines-1909
ANCELIN
Jean : 08.12.1923/?, EMP, HBCM-1944/80
ANDUZE Robert : 17.06.1929/?, ECP, HBCM-1984
AUCOUTURIER Joseph : 05.04.20/?, ing Gd-Combe 45/8?, R/Alès-99

B

BAILLE Martin : 1869/?, ing. aux mines Gd-Combe-1900/1902
BAJAN
 Pierre : 1912/?, ing. Civil Mines, Cie Gd-Combe-1946?/74
BARBERIS François : 05.01.30/?, ETMA, HBCM-1984
BARGETON Georges : 06.09.1927/?, ECL, HBCM-1984
BARON Jules : 1820/?, ing. usine plomb de Gd-Combe-1863
BARON Henri : 26.06.1918/29.04.2002, Centrale, Gd-Combe 1944/80
BARRAL M. : ?/?, chef domaines forestiers, cie mines Gd-Comb-1936
BARRAULT Narcisse : 1848/?, ing. mines Grand-Combe-1875/81
BATAILLE M. : ?/?, serv tech fond, Grand-Combe-1936
BEAU François Pierre : 9.10.1815/14.09.79, EP, Mines, Dg Gd-Combe-1849/63 – Maire Gd-Combe 1850/63. Élu Conseiller général. 2 petits fils MpF
BEAU François Auguste : 1851/?, ing. div Cie Gd-Combe-1881/96
BERNARD L. : ?/?, serv tech fond cie mines Gd-Combe-1936
BIGUET Charles : 1849/?, ing. mines Gd-Combe-1882
BLANC H. : ?/?, serv tech fond Grand-Combe-1936
BOFFY Gérard : 06.03.47/?, ETMA, HBCM-1984
BOISSIN Albert : ?/?, ing div T.P. de L’État (Mines), Alès
BONNEAU Norbert : 10.04.21/?, ing. mines, Gd-Combe-1960, Alès
BORGNETTA : ?/?, ing. cie Gd-Combe
BOUDROT
Pierre : 11.07.21/?, ing. Grand-Combe, Rt/Mtpellier(12)99
BOUTEILLE : directeur, S.A. des mines de Cessous-1922/1953
BOYER Pierre : ?/?, ing. serv tech fond cie, Dir. Gd-Combe-36/5?
BOYER René : 08.11.21/?, ing. Gd-Combe-53/9?, Rt/Mtpellier-2018
BRINGUIER : ingénieur, S.A. des mines de Cessous-1922/1953
BRUN Odilon : 188c/?, ing. Gd-Combe-(11)1905
BRUNEL Henri Frédéric : 1879/?, ing. 1910
BRUNEL Aimé : 20.08.30/?, EMSE, HBCM-1984
BUCLEZ H. : ?/?, serv tech fond cie mines Gd-Combe-1936
BUCLEZ Jean : 25.11.25/?, ing. ECP, Grand-Combe-194?/

C

CALLON Jules : 09.12.1815/08.06.75,EP,mineParis, Dg Gd-C-46/48,R75
CAMARET (de) Charles : 1853/?, ingénieur Gd-Combe-1888
CAPPELAERE : dir. général des H.B.C. [1960]
CASTELNAU Marc(elin) : 1823/?, ing. mécanicien Pise/Gd-Combe-1853/69
CASTELNAU (de) Clément : 08.05.1849/1907, EP, Mines, Dg Gd-C 96/98
CAYROL Joseph : 1836/?, ing. civil La Pise-1885
CAZAMIAN Pierre (fils) : médecin des HBC [1946-1954]
CHAZEL André : ?/?, chef compta, Grand-Combe (1962)
CLAIRET J. : ?/?, serv tech fond cie mines Gd-Combe-1936
CLÉMENT J. Jacques : 18.10.49/?, Dg ADIRA Alès, HBCM-1984
COFFINHAL M. : ?/?, chef serv appro? cie mines Gd-Combe-1936
COSTE : médecin des HBC [1948-1953]

D

DALMAS Edmond : 1883/?, ing. civil des mines-1909
DALMAS
 – Mines Gd-Combe, Retraite-(02)1963
DARODES Georges : 1853/?, ing. mines Grand-Combe-1900/09
DARTAYRE Pierre : 24.07.30/?, A. et M., HBCM-1984
DAUPLAN Marcel : ?/?, A. et M., chef compta cie mines-1936, R/Alès
DAVID Laurent : 1884/1958,ing.min-10.1906/29,dir.mines Rocheb-30/44
DELANNOY Georges : 26.07.1922/19.09.2011,EP, Gd-C-47/64, Dg 81/04
DELAUNAY Louis : 1860-1938, EP, Mines, pdt cons adm cie mines Gd-C
DELOCHE : ?/?, Grand-Combe [1960]
DESTIVAL Jules 1867/?, ing.div. Cie Grand-Combe-1898
DUBOIS Claud/e/ius : 1865/1926, La Gd-Combe, dir.adj.cial-1905/23
DUCASTAING
Jean : ?/?, ing. Fesc, Dg cie mines Gd-Combe-1936
DUCOS – Mines Gd-Combe R/(02)1961
DURAND Jean-Marie : 06.11.29/20??, ing. ASS, Gd-Combe, Hbcm-1984

E

ESTEVE Pierre : ?/?, Dga cie mines Grand-Combe-1936

F

FAISCAU : ?/?, ing. Grand-Combe-1950, R/Montpellier-(12)99
FALQUE
 G. : ?/?, ing. chef Grand-Combe-1936,
FALQUE P. / ?/?, ing div jour cie mines Gd-Combe-1936, Marseille
FLÉCHON Étienne. : ?/?, serv fond cie mines Gd-Combe-1936/64
FOULON (LE) Claude : 04.05.37/?, École Violet, Hbcm-1984
FOURNEL Émile : 30.05.34/?, EMSE, Hbcm-1984
FRANCO Nicolas : 24.10.1948/?, ETMD, Hbcm-1984
FRESSEIX de Veyvialle Barthélémy : 1816/? ing.civ.LaTrouche-1848
FUMAT Victor : 18.03.1842/07, ing. MinesParis, cie Gd-Combe-1864/95

G – H – I

GALLIER René : 10.01.24/?, docteur en droit, Hbcm-1984 [R(12)1999]
de GAULLE Xavier 9.11.1887/9.02.1955, ing.civ.mines, StMartV1920/22
GAUSSERES Amédée : 1876/?, ing. civ. mines Gd-Combe-1903/08
GIBRAT Robert : Ing, Fesc, prof d’électrotech. Éc/MinesParis
GODARD
 Jean : 1898/09.1972, ing.div.jour, Fesc, Gd-Combe-1936/(04)62
GONTIER Charles : 1878/?, ing. Gd-Combe-1903
GRAFFIN Louis C. Émile : 1829/?, ing.PP52/63, Dg cieGd-Combe 64/96
GUÉNARD C. : ?/?, ing cie mines Grand-Combe-1936/
GUILHAUMAT Jules : 1842/?, ing. aux mines-1873

IDOUX Henry : 1875/?, ing. aux mines-(01)1906

J

JALABERT Louis Ferdinand : 1828/?, ing. Cie Grand-Combe-1885
JOURDAN
 : 18??/197?, cocher aux mines, GdCombe, R/(05)1959

L

LAFITTE Henri : 1856/?, ing. mines Gd-Combe-1887 
LAGARDE
 : ?/?, cie mines Gd-Combe – R/?1963
LANGE Louis : 1856/?, ing cie Grand-Combe-1880
LARGUIER
 Émile : ?/?, ing serv cial cie mines Gd-Combe-1936
LAVERSANNE
Jacques : 15.09.49/?, Min Paris, Hbcm-1984
LAUNAY (de) Louis : ?/?, pdt cons adm cie mines Gd-Combe-1936
LIVET Georges 18?/19?, chef étud géol géom cie Gd-Combe-1918/52

M

MAGNE Joseph : 1878/?, ing. div. mines Gd-Combe-1904/10
MALGLOIRE
François : ?/?, ing Grand-Combe [1964]
MARCILLAT François : 1823/?, ing. Champclauson,Gd-Combe-1853
MARCY : ing. S.A. des mines de Cessous [1922-1953]
MARION Émile : ?/?, ing div jour cie mines Gd-Combe-1936/(04)1962
MARSAUT J.-B. : dirigeant de la cie de Bessèges-1859/1914
MATHET François : 1823/1908, MinesParis, ing. civ. cie Gd-C-1852/57
MAZODIER Marius : 1864/? , ing. ppl aux mines-1897/1902
MAZODIER Marie Maurice : 1863/?, ing. mines Gd Combe-1900
MENET Charles : 07.04.1955/?, CentraleParis, Hbcm-1984
MESMEUR : ing Grand-Combe-1955, R/Montpellier-(12)99
MESTRIUS
André : 23.09.27/?, minRabat, Dg CdF Én. Alès Hbcm-1984
MEUSNIER Charles : 1829/?, ing. civ. -1860
MOREL : Ing. chef mines Rochebelle, Dg groupe Sud Hbc-1942?
MUTELLE Robert : 21.07.23/?, ing. Grand-Combe, Alès

N – O

NIVOLIER Jean : 00.00.2?/?, ing. Grand-Combe,
OLLIER Jean Luc : 19.07.46/?, ETMA, HBCM-1984

P – Q

PEGUET (Pequet) Claude : 1853/? ing. mines Gd-Combe-1879/84
PEREZ
Paul : 01.12.55/?, A. et M., Hbcm-1984
PIN
Patrick : 31.07.47/?, médecin Hbcm-1984
PLA Richard : 15.07.51/?, A. et M., Hbcm-1984
PLACE (de) : 02.10.1884 (Réf. 2D1 plans du rdc et 1er étage)
PLANES
André : ?/?, ing chef serv cial Cie Mines Gd-C-1936
PLATON (xMartin) Hippolyte : 1825/, géom.chef, Cie Gd-Comb-1857/86
PLATON Hippolyte Gabriel : 1863/?, ing.civ, Cie Mines Gd-Combe-1897
POPEK Yvan : 01.01.43/?, MinDouai, HBCM-1984

R

RAVIART André : 28.10.1929/?, MinNancy, Dga HBCM-84-StEtienne, Alès
REGERAT
 Germain : 1878/19??, ing.aux mines Grand-Combe 1905/34
REINHARD A. : ?/?, Serv Tech Fond Cie Mines Gd-Combe-1936/12.1962
REVEL Bertrand : 08.07.56/?, MaitriseDroit, HBCM-1984
RICATEAU : Dg mines
ROTHSCHILD (baron James de) / actionn. Cie des Mines Gd-Combe-1936
ROUSSEL Henri : 21.06.31/?, A. et M., HBCM-1984

S

SAINT-JEAN : médecin des Houillères de Cessous [1929-1944]
SANGOY Victor : 1864/?, ing. div. aux mines-1895/98
SERPENTIER
François : 09.08.25/?, Médecin des HBCM Gd-Combe.
SERRADELL Henri : 20.08.23/?, EMSE, HBCM-1984
SOBOUL Émile, 1867/?, ing.div. Grand-Combe-1898/1905
SOUBEIRAN (de) Alfred : 1855/1936, EP75, MinesParis, Gd-Combe 1908/9
SOULIER – HBCM Gd-Combe – retraite 08.1959

T

TALABOT Paulin : ?/?, Grand-Combe 1833
TEIL Adrien : ?/?, Serv Tech Fond, Cie Mines Gd-Combe-1936
THIBAUD : ?/?, ing.chef Cie Grand-Combe, contemporain de Trautmann
TRAUTMANN Louis : 1821/?, EP, MinParis, ing.chef, Dg Cie Gd-Combe
TURPIN
 Michel : 188?/1958, IngPp, Fesc, Gd-Combe 1919/54, R/Alès

U – V – W – X – Y – Z

VARIN Félix (dit D’AINVELLE) : 21.01.1806/05.06.1857, EP, mines, 04.1847 Ing.chef,
Dg La Gd-Combe et Bessèges. Maire d’Alès. RT 03.03.1857
VOLLE
Jean : 18.05.23/?, Ing Grand-Combe, Alès, Marseille [12/99]

§

Abréviations :

A.et M. (Arts et Métiers) – ASS (…) – Cie Mines Gd-C 1936 (présent sur le listing 1936 de la Cie des Mines de la Grand-Combe) – ECP (Ecole Centrale Paris) – École VioletEP ( Ecole Polytechnique) – EMC (…) – EMSE (…) – EMP (…) –  ETMA (…) – ETMD (…) – G-C ou Gd-Combe (La Grand-Combe) – HBCM-1984 (présent sur le listing 1984 des Houillères du Bassin du Centre Midi, section Cévennes) – Ing. (Ingénieur) – MinDouai (École des Mines de Douai – Nord) – MinParis (École des Mines de Paris).

N’hésitez pas à nous communiquer d’autres noms,
dates ou précisions en cliquant
ICI

BONUS

1856/57 Liste des naissances à La Grand-Combe
1857/58 Liste des naissances à La Grand-Combe
1858/59 Liste des naissances à La Grand-Combe
en bas de page, retrouvez les années précédentes ou suivantes.

§

Source : archives G.Delannoy©
Première publication : 23.11.2017
Dernière mise à jour : 15.01.2018

La Grand-Combe au travers des âges (vidéo)

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LGC8
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La Grand-Combe est encore plus belle et fière qu’hier, autant travailleuse et pimpante qu’aujourd’hui et aussi vibrante d’espoir que demain.

Dans ce court-métrage la commune de La Grand-Combe est évoquée en ses trois âges et un bel hommage est rendu au passé, au présent et au futur de cette jeune commune de tout juste 181 ans … enfin, selon le calendrier républicain qui oublie que ce nom était déjà porté par ces lieux sous le règne du roi Louis le XIVème, soit il y a plus de 300 ans 😉
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mairielagrandcombe Production : Mairie la Grand-Combe

Un film réalisé par : Marc LAFORET
À l’occasion des : Vœux 2012 de la municipalité
Source : DAILYMOTION
Titre original : « La Grand Combe dans le temps »
Texte et mise en page : masdelaregordane.fr
Première publication : 24.10.2017
Dernière révision : 09.12.2017