Institut des Territoires Grand-Combiens

MineurM.Delannoy
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Pour faire suite à de nombreux entretiens avec des responsables économiques et culturels de La Grand-Combe et des communes de sa périphérie, nous avons créé INTEGR (INstitut des TErritoires GRand-Combien) dans le but de re-dynamiser le potentiel créatif de ses habitants que le départ au début des années 2 000 des Charbonnages de France, employeur quasi exclusif de la La Grand-Combe (96%) avait laissé en mauvaise posture avec pour résultat, entre autre, un exode de près de 55 % de sa population qui est passée de 16 500 à moins de 7 000 habitants. Par des programmes courageux, la commune, le Département et la Région ont réussi à stopper cette véritable hémorragie. Il est temps à présent de passer à la reconquête des succès d’antan.

N’hésitez pas à vous renseigner et à proposer vos compétences et services en cliquant ICI.

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Blogué par : GD / Mas de la Regordane
Première publication, le : 28.07.2018
Dernière mise à jour, le : 09.08.2018

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Vie des mineurs de La Grand-Combe et des Cévennes

MineursBriquet
[Photo : C’est l’heure du Briquet (casse croute)]

CONDITIONS DE TRAVAIL  et  VIE DES MINEURS

1. Généralités sur le travail dans les mines de charbon en Cévennes

Au XIXe siècle, le développement de l’extraction du charbon dans le bassin minier d’Alès est notamment freiné par le manque de main d’œuvre, la main d’œuvre locale restant attachée à l’agriculture. En 1850, le mineur cévenol est encore un paysan-mineur. Il se consacre à la mine quand la terre ne le réclame pas, du début d’hiver à la fin du printemps.

Dans les années suivantes, les crises dans l’agriculture ajoutées au déclin de la sériciculture accélèrent l’exode rural dans le Massif Central et en Hautes Cévennes. A la mine, le recrutement ignore les habitants originaires du bassin houiller qui, s’ils quittent leurs occupations, préfèrent occuper des emplois de service dans les grandes villes. De plus, les protestants répugnent à travailler pour les compagnies minières et métallurgiques appartenant aux grands capitalistes catholiques. Les compagnies minières privilégient donc le recrutement de personnel, si possible de religion catholique, en Ardèche, en Lozère, Haute-Loire et un peu dans la vallée du Rhône. L’Ardèche et la Lozère fournissent les deux tiers des embauches. A compter de 1840, les compagnies minières du bassin houiller cévenol recrutent ainsi une main d’œuvre déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, qui se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie exerçant une emprise paternaliste sur son personnel.

En 1911 et 1912, les besoins en charbon croissent avec le rapide essor industriel de la France. Les compagnies recourent à de la main d’œuvre espagnole et algérienne. Fin 1913, le bassin houiller cévenol emploie 16% de travailleurs étrangers. Mal vus, perçus comme des briseurs de grèves par les mineurs cévenols, ceux-ci obtiennent leur renvoi.

Pendant la guerre de 14-18, la Mine remplace les soldats mobilisés par des femmes, des personnes âgées, des prisonniers de guerre et de la main d’œuvre étrangère (Espagne, Europe centrale, Russie…) et coloniale (Afrique du Nord, Madagascar, Indochine). La Mine obtient aussi le retour des mineurs mobilisés, qu’ils soient locaux ou travailleurs des mines du Nord de la France envahies par les Allemands ou situées dans les zones de combat.

En 1918, une population hétéroclite travaille dans le bassin houiller cévenol. Les nombreux mineurs nord-africains constitueront désormais une fraction importante de la population étrangère du bassin. Les mineurs polonais sont regroupés à Saint-Jean de Valériscle, où une cité leur est dédiée avec une école polonaise créée en 1921 pour la scolarisation des enfants dans leur langue maternelle. Ils y resteront jusqu’en 1946.

En 1952, le bassin houiller cévenol emploie 19.371 ouvriers dont 77% de Français, 10% de Nord-africains, 5% d’Espagnols, 3% de Polonais et 3% d’Italiens.

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2. Personnel de la mine

Les ingénieurs employés par les compagnies du bassin houiller cévenol sont majoritairement formés à l’Ecole des mines de Saint-Etienne. L’ingénieur est le seul représentant de la direction que côtoie le mineur. Il descend au fond journellement au fond de la mine pour organiser et diriger le travail st s’assurer de la sécurité.

Les agents de maîtrise (géomètre, dessinateur, comptable…) constituent 6% de l’effectif total ; ils exercent surtout des tâches de surveillance. Le géomètre dresse le plan de la mine donnant l’état des lieux et permettant de se repérer sur les chantiers.

Les maîtres-mineurs secondent l’ingénieur ; le plus souvent, ce sont d’anciens mineurs qui ont suivi une formation spécialisée.

Les mineurs de fond représentent 65 % de l’effectif total de la mine. En Cévennes, les couches de charbon sont souvent minces. Elles sont donc exploitées par des galeries assez basses dans lesquelles le charbon s’évacue fréquemment par trainage et, jusqu’au début du XXe siècle. Cette évacuation se fait à bras d’homme ou par traction animale. Le travail au font s’effectue par équipes de 6 à 10 mineurs.

Différentes qualifications rendent compte du travail effectué.
– le piqueur taille et abat le charbon ; il travaille à la main jusqu’en 1930, date à laquelle se généralise l’emploi du marteau-piqueur. Le travail du piqueur, particulièrement pénible et usant, s’effectue dans des positions souvent inconfortables ;
– le boiseur installe et entretient les soutènements qui empêchent l’effondrement des galeries ;
– le rouleur (25% des mineurs de fond) évacue le minerai abattu par le piqueur ;
– les ouvriers d’entretien, manœuvres et aides sont affectés aux tâches subsidiaires.

Les mineurs au jour représentent 25% de l’effectif total de la mine. Ils sont machinistes, mécaniciens, électriciens, lampistes ou placières (deux emplois souvent tenus par des femmes) ou gardiens…

Les placières travaillent sur le carreau ou dans les ateliers où elles trient, lavent, calibrent, conditionnent… le charbon. Elles sont généralement employées entre 12 et 20 ans ou, avec leurs enfants, lorsqu’elles sont veuves de mineurs. De 1904 à 1913, les femmes et jeunes filles comptent pour 16% des embauches dans le bassin minier cévenol. Les trois quarts sont âgées de 13 ou 14 ans. Les salaires féminins sont encore plus faibles que les salaires masculins. En 1909, les femmes et jeunes filles ne touchent que 70% du salaire versé aux adolescents apprentis au fond.

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3. Travail des enfants à la mine

Avant 1914, les mines du bassin houiller cévenol emploient de très nombreux jeunes garçons et filles. Les jeunes de 12 à 16 ans constituent 6% du personnel des mines et ceux de 16 à 18 ans en constituent 7%. Les dirigeants considèrent que les enfants doivent être très tôt employés au travail à la mine afin de ne pas être rebutés par la pénibilité des tâches à accomplir. De plus, les enfants, plus dociles que les adultes, sont plus faciles à soumettre.

Les enfants travaillent d’abord au jour, au triage du charbon évacué de la mine. A 16 ans (souvent même avant), les garçons descendent au fond avec le statut d’apprentis ; ils sont affectés au roulage des wagonnets ou au trainage des paniers montés sur patins ; ils sont aussi manœuvres, aide-boiseurs et parfois aide-piqueurs. L’expérience acquise, ils deviennent des mineurs de fond. Après de longues années de travail, certains jeunes hommes peuvent suivre les cours de l’Ecole des maîtres-mineurs, créée à Alès en 1841, dont les archives attestent que nombre de ses élèves ont commencé à travailler à la mine à l’âge de 9 ou 10 ans.

MineurEnfants

4. Mouvements sociaux dans les mines cévenoles

Au XIXe siècle, la journée de travail du mineur dure douze voire quatorze heures. Les mineurs payés à la tâche perçoivent de très faibles rémunérations. Les conditions de travail sont rendues pénibles par les eaux d’infiltration et la poussière saturant les galeries où les effondrements et les coups de grisou sont fréquents.

A compter de 1840, les compagnies minières du bassin cévenol recrutent hors du bassin, en Ardèche et en Lozère essentiellement, une main d’œuvre plus docile. Déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, elle se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie. 1848 et la proclamation de la IIe République voient l’explosion des mouvements ouvriers en France. La crise économique entraîne un chômage massif qui atteint le bassin houiller cévenol. De 1851 à 1870, le Second Empire est l’époque du capitalisme conquérant. Malgré un encadrement moral et politique serré, des grèves éclatent régulièrement dans les mines du bassin d’Alès, porteuses de revendications sur le relèvement des salaires, la réduction de la durée de la journée de travail, la fermeture des magasins de vivres de la Compagnie et le renvoi de certains cadres. Les compagnies minières en appellent à la gendarmerie, à l’armée, à la Justice, au livret ouvrier… Sévèrement réprimées, les grèves n’aboutissent pas à la satisfaction des revendications. Les meneurs sont licenciés et/ou arrêtés. Malgré tout, le mouvement syndical s’affirme peu à peu tandis que le socialisme se réorganise et retrouve ses assises.

Les crises que traversent la filière charbon dans les années 1890 et 1900, notamment du fait de la concurrence des charbons étrangers, amènent à réduire les salaires, le temps de travail et même les effectifs. Ainsi, de 1890 à 1913, le nombre de mineurs employés à Portes, Trélys, Cessous (Le Martinet) et Lalle (Bessèges) diminue de 30% tandis que la production régresse de 2,1 millions de tonnes en 1891 à 1,8 million en 1904. Défavorisées par le coût du transport, les mines de charbon du Gard ne comptent que pour 8% de la production nationale en 1890 et 5% en 1910.

Dans tout le bassin, les travailleurs revendiquent des améliorations dans les conditions de travail et la sécurité par de nombreuses grèves. Entre 1902 et 1911, l’échec des grèves, la répression patronale, la division des militants ouvriers, l’instabilité des syndicats, et la création des « syndicats-maison par les compagnies minières entravent le mouvement ouvrier dans le bassin houiller cévenol. Toutefois, en 1905, la durée légale de la journée de travail est ramenée à 8 heures pour les mineurs. A compter de 1909, les mineurs sont rémunérés à l’heure. En 1910, le Code du Travail est voté. 1914 voit la première grève de mineurs victorieuse. Le droit à la retraite est reconnu. Les mineurs obtiennent aussi le licenciement de travailleurs étrangers perçus et/ou utilisés comme briseurs de grève. En 1919, les mineurs obtiennent une hausse substantielle des salaires.

En 1936, les grèves concernent tout le bassin houiller cévenol (au Martinet, au Puits Pisani, la mobilisation ouvrière débute dès février). Les compagnies négocient avec les mineurs et accordent les hausses de salaires et avantages matériels réclamés. L’action syndicale se poursuit dans la métallurgie jusqu’à la répression de fin 1938.

La proclamation de la guerre suspend les revendications ouvrières. Très vite, les Cévennes protestantes et le bassin houiller, bastion du militantisme ouvrier et fief du Parti communiste, résistent par principe au régime de Vichy et les mesures prises à l’encontre des ouvriers, des jeunes et des Juifs renforcent cette opposition. Les mineurs se mobilisent à travers les grèves qui perturbent la production industrielle en 1941 à Trélys, en 1942 à la Grand Combe, Bessèges et Molières où des arrestations ont lieu. En 1942, les syndicats sont interdits, ce qui n’empêche pas la relance du mouvement syndical. Avec l’occupation de la zone sud, les entreprises minières gardoises bénéficient des achats allemands. D’ailleurs, en 1943, 60% de l’économie gardoise travaille pour le Reich. Début 1943, le recrutement des Mouvements de la Résistance s’étend au bassin houiller. Les mineurs participent aux attaques contre l’occupant et le régime de Vichy. Ils subissent, eux-aussi, la répression sanglante du régime de Vichy et de la Milice.

En juillet 1944, la grève générale des mineurs d’Alès, du bassin de la Grand combe, de Molières… paralyse la production. Violemment réprimée par les Allemands et la Milice, elle perturbe le repliement allemand après le débarquement des Alliés en Provence. En 1946, en contre partie des efforts de production abondante de charbon qui leur sont demandés, les travailleurs obtiennent le Statut du mineur garantissant leur salaire, leurs conditions de travail et la protection sociale de leur famille. Les profondes mutations qui transforment l’espace gardois à compter de 1950 s’accompagnent de la disparition progressive de l’extraction de charbon en Cévennes, malgré les luttes entreprises par les mineurs pour sauver leur outil de travail. Le bassin houiller cévenol se vide de l’essentiel de sa population active qui part vers des reconversions professionnelles plus ou moins faciles.

L’extraction du charbon s’arrête à Saint-Jean de Valériscle en 1953, au Martinet en 1959 et à Saint-Florent sur Auzonnet en 1973. L’exploitation se poursuit quelques temps encore à la Grand Combe et à Portes, avant de s’interrompre là-aussi.

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5. Santé des mineurs et de leur famille

En 1848, les conditions de vie dans les villes minières sont très difficiles. La population du bassin houiller cévenol est dans un piètre état de santé. Le taux de mortalité infantile (décès d’enfants de moins de 5 ans) y atteint 252 pour 1.000 alors que la moyenne nationale est de 167 pour mille en France. L’espérance de vie du mineur voisine les 40 ans.

En 1914, 65% des mineurs cévenols meurent avant 55 ans et 20% avant 35 ans. Il faut attendre 1960 pour voir les accidents du travail se raréfier.

Silicose et pneumoconiose du mineur de charbon rassemblent les affections engendrées par l’inhalation de poussières minérales contenant du dioxyde de silice. La silicose proprement dite correspond à l’exposition aux poussières de silice pure ; la pneumoconiose du mineur de charbon résulte de l’inhalation de poussières mixtes (charbon et silice en proportions variables). Le développement de la maladie connait deux phases : une phase d’alvéolite après capture des particules minérales et une phase plus tardive de fibrose. En fonction de l’intensité de l’exposition et du profil évolutif propre à chaque individu, la pneumoconiose évolue d’une forme nodulaire simple à la fibrose massive progressive. Les complications possibles des pneumoconioses sont infectieuses, cardiaques ou dégénératives (emphysème, fibrose associée). Il n’existe pas de traitement spécifique des pneumoconioses. La prévention primaire reste le meilleur traitement. La surveillance des sujets à risque est fondamentale pour permettre une reconnaissance précoce de la maladie et une réparation du dommage subi dans le cadre des maladies professionnelles.

La poussière est inhalée lors du creusement dans la roche des travers-bancs (galeries reliant le puits aux chantiers d’abattage du charbon). La mécanisation de l’abattage aggrave cette nuisance puisque les machines (marteaux-perforateurs et marteaux-piqueurs) produisent beaucoup plus de poussières que les outils à main. Jusqu’à la Loi du 2 août 1945, les compagnies minières ne reconnaissent pas la silicose comme maladie professionnelle du mineur.

En 1898, la Loi fait progresser la réparation des accidents du travail à la mine. Généralement, la Compagnie offre au mineur blessé un emploi moins pénible et elle embauche les veuves et orphelins de mineurs décédés d’un accident de travail. En 1879 et 1880, 34 mineurs meurent suite à des accidents du travail dans le Bassin houiller cévenol.

6. Conditions de vie des mineurs

Au XIXe siècle, la révolution industrielle entraîne la concentration de populations souvent étrangères dans les bassins miniers où elles sont contraintes de s’installer. Ces ouvriers doivent être rapidement logés à proximité de leur lieu de travail. Les logements sont d’autant plus difficiles à trouver que prévaut, en cette première moitié du XIXe siècle, une véritable pénurie de logements en France. Les ouvriers recrutés hors du bassin minier vivent donc dans des conditions déplorables.

Durablement marqués par les théories de Saint-Simon, la plupart des capitaines d’industrie mènent une politique « paternaliste » envers leur main-d’œuvre visant à prendre en charge chaque instant de la vie de l’ouvrier, pour assurer son bien-être, mais surtout pour mieux le contrôler. Le saint-simonisme rêve d’un « nouveau christianisme » dont les fondements seraient la science et l’industrie, et l’objectif la plus haute productivité. Par ailleurs, des utopistes imaginent les ouvriers vivant et travaillant en coopérative.

Pour remplacer dans l’urgence les baraquements érigés spontanément par les nouveaux arrivants pour se loger, la compagnie apporte la solution de la « caserne ». C’est un bâtiment en longueur, à deux ou trois niveaux construit à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Les logements d’une pièce sont desservis par des couloirs et des escaliers communs. Bien que cette solution soit peu coûteuse, facile à réaliser et qu’elle permette une surveillance aisée, la caserne comme tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers peuvent se rencontrer, se réunir…, est un « foyer d’immoralité » aux yeux du paternalisme patronal. La Compagnie ouvre des magasins où s’approvisionnent les mineurs. Devenus plus tard des économats, ils feront partie des cibles des revendications syndicales à cause de l’inféodation à l’employeur qu’ils créent et seront interdits en 1910.

A partir de 1860, à la « caserne », la Compagnie préfère la maison individuelle, où l’ouvrier vit en famille et où le jardin potager ne joue pas seulement un rôle économique. Cette maison individuelle s’insère dans une cité ouvrière créée de toute pièce. Le logement accède directement à l’espace extérieur public. D’un seul niveau, il comprend deux pièces. Les critères d’attribution des logements, basés sur la valeur de l’ouvrier à l’atelier, font de ces habitations une récompense sociale.

Ces cités minières ne sont pas habitées par les seuls ouvriers mineurs. Elles logent aussi des cadres et des employés, d’où la diversité des types de maisons et de leur implantation dans la cité. En construisant les cités, la Compagnie veut attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété. Elle cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain… et leur avance de l’argent pour les aider à les aménager. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage et surtout, nouvel ami de l’ordre, il abandonne… les cabarets.

Rappelons les ravages causés par l’alcool parmi les ouvriers aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, St-Jean de Valériscle, premier site d’extraction industrielle du charbon dans la haute vallée de l’Auzonnet compte 14 cafés en 1914 et un mineur peut boire 5 à 6 litres de vin par jour (de faible degré d’alcool, il est vrai !), plus de l’absinthe dont la consommation sera interdite en 1917.

Créer une cité ouvrière de qualité réduit considérablement le turnover de la main d’œuvre. Des investissements parfois considérables sont lancés, qui s’ajoutent à l’immobilisation de capitaux exigée par l’ouverture d’un puits de mine, par exemple, mais les compagnies amortissent la dépense grâce à la pratique de loyers suffisants pour rentabiliser l’investissement. En dehors des logements, les compagnies édifient également dans les cités des écoles, église, coopérative, cantine, salle des fêtes, complexe sportif, dispensaire médical, pharmacie…

Créer une cité ouvrière à proximité de son usine n’est donc pas simplement une œuvre philanthropique mais d’abord le fruit d’un calcul de rentabilité du travail. Elle permet en effet de garder à proximité du lieu de production une population réputée très mobile et ainsi de conserver le plus longtemps possible les bénéfices d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette population est attirée par des logements confortables, mais aussi par de nouveaux équipements financés par le patron. C’est un moyen de contrôler la vie de l’ouvrier, en orientant totalement sa vie dans et hors de l’usine, du berceau jusqu’à la maison de retraite.

Au XXe siècle, les ouvriers voient de plus en plus mal un tel contrôle social. Les classes populaires aspirent à la propriété individuelle et à une amélioration de leur condition sociale, au-delà de leurs simples conditions sanitaires. Malgré le contrôle strict des dirigeants patronaux, une telle concentration de populations ouvrières permet, paradoxalement, une meilleure organisation syndicale des ouvriers dans la première moitié du XXe siècle. Ce sont ces mêmes ouvriers qui deviennent souvent les fers de lance des grandes grèves de 1936 en France. Les villages ouvriers constituent l’une des expressions les plus achevées de l’impact exercé par l’industrialisation sur l’organisation sociale en général, et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants  en particulier. Ce type d’urbanisation va se prolonger jusque dans les années 1960, car la pénurie de logements sociaux s’aggrave après les destructions de la seconde guerre mondiale. Il n’en demeure pas moins qu’en France, les politiques immobilières patronales ont engendré dans l’ensemble un habitat ouvrier de qualité médiocre.

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Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Editions Jean-Michel Bordessoules, Saint-Jean d’Angély 2003
  • INTEGR – Institut des Territoires Grand-Combien, 13 rue des Poilus 30100 La Grand-Combe 06 10 14 01 00 – facebook –
  • Les mines des Cévennes – Michel VINCENT – Terre cévenole – St-Hilaire de Brethmas,2006

 

Listing sociétés 30110 La Grand-Combe

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Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.01.2018
Dernière mise à jour : 18.08.2018

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De l’Harmonie des Houillères à l’Orchestre Variation’s

LgcEcoleMusique
Interview de Marc Dumas, directeur de l’École de Musique de la Grand-Combe.

Historique

1990 – Septembre : création de l’École de musique
1998/1999 : création de l’association des Parents d’Élèves et Amis de l’École municipale de Musique de la Grand-Combe (A.P.E)
2003 – Dissolution de l’association de l’Harmonie Municipale de La Grand-Combe
2015 – 210 élèves et 14 Professeurs et 17 disciplines.

Classes (liste non exhaustive, par ordre alphabétique) :

– classe d’accordéon
– classe de chant
– classe d’éveil musical
– classe musique d’ensemble
– classe d’orchestre
– classe d’orgue
– classe de piano
– classe de tuba

Calendrier des activités :

– Auditions : de décembre à février
– Contrôle (de pratique instrumentale) : février
– Examens : mai
– Remise des Prix, Gala de fin d’année et auditions : juin
(1er gala 1991 – prochain gala : juin 2018)

3 CD disponibles :

– Gala 2010 pour les 20 ans de l’École de musique
– Gala 2015 pour les 25 ans de l’École de musique
– Orchestre Variation’s (13 morceaux de musique)

Coordonnées :

L’École de musique communautaire de La Grand-Combe,
rue des Pelouses – 30110 La Grand’Combe.
Directeur : Marc Dumas
Tél. : 04 66 34 45 03
Mail : musiquegrandcombe.pgc@gmail.com
Page Web : ecoledemusique.grandcombe.pagespro-orange.fr
Site Web : http://www.ecoledemusique.fr (en création).

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Sur le même sujet : Fêtes-et-fanfare-à-La-Grand-Combe-1950-Vidéo

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Source : Vidéo YOUTUBE (de 47’30 »)
Publié par : Les Jardins du Gard TV
Réalisé par : Llorente Production, décembre 2015
Ajoutée sur le Net, le : 04 janvier 2016

Mise en page : G.D. / Mas de la Regordane
Première publication : 29.01.2018
Dernière mise à jour : 02.08.2018.

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Crimes et délits à la Grand-Combe et le Gard

TontonFlingueurs31963 – La délinquance vue par Audiard et ses Tontons Flingueurs (vidéo)

Délinquance à La Grand Combe,
actes de délinquance à La Grand Combe sur un an.
Ce qui baisse et ce qui augmente.

Les chiffres de la délinquance pour la ville de La Grand Combe ne sont disponibles qu’au niveau du département du Gard

La Grand Combe, classement du département du Gard en matière d’insécurité et de délinquance

La Grand Combe est elle une ville sûre ? Le sentiment d’insécurité est lié aux actes de délinquance du quotidien sur une année les forces de police et de gendarmerie du département du Gard ont constaté 40 885 crimes, délits et actes de délinquance. Ce chiffre comparé au nombre d’habitants classe le département de La Grand Combe, 82ème département le plus sûr de France sur 128 analysés, y compris les départements et territoires d’outre-mer. Ce chiffre est à rapprocher du nombre total d’habitants du département du Gard : 736 029 personnes. par rapport au nombre d’habitants de La Grand Combe qui est de 5 162. La population de La Grand Combe représente donc 0,70 % de la population du département. Enfin le taux de pauvreté de La Grand Combe est un indicateur intéressant, ce dernier est de 39% de la population de La Grand Combe, cela représente 934 ménages vivant à La Grand Combe dont le revenu mensuel est inférieur 712 euros.

La Grand Combe, Principaux chiffres de la délinquance du département du Gard par type de crimes et délits :

Homicides et tentatives de meurtre en progression

Le nombre d’homicides et de tentatives de meurtres du département du Gard est de 24sur un an. Cela représente un risque de 1 sur 32 001 d’en être victime. Les données de l’année précédente faisaient état de 20 homicides ou tentatives de meurtres, 2 ans auparavant ce chiffre était de 15 personnes tuées.

  • Homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Homicides pour d’autres motifs : 12
  • Homicides commis contre enfants de moins de 15 ans : 1
  • Tentatives d’homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Tentatives d’homicides pour d’autres motifs : 8
  • Coups et blessures volontaires suivis de mort : 3

Coups et blessures en progression

Le nombre de victimes de Coups et blessures volontaires du département du Gard est de 2 264 pour l’ensemble de l’année. Pour la ville de La Grand Combe le risque est de 1 sur 325. Les données de l’année précédente faisaient état de 2 227 faits de coups et blessures enregistrés, et de 2 196 faits 2 ans auparavant.

Cambriolages et violations de domiciles en baisse

Les cambriolages et les violations de domiciles du département du Gard sont au nombre de 8 627 sur une année pour une population de 736 029 habitants. Le risque d’être cambriolé est donc de 1 sur 53. L’année précédente il y a eu 9 382 violations de domiciles ou cambriolages, 2 ans auparavant il y en avait eu 10 313. Viennent s’ajouter aux cambriolages les incendies volontaires de biens privés au nombre de 452 sur un an.

  • Violations de domicile : 92
  • Vols à main armée contre des particuliers à leur domicile : 20
  • Vols violents sans arme contre des particuliers à leur domicile : 38
  • Cambriolages de locaux d’habitations principales : 3 541
  • Vols avec armes blanches contre des particuliers à leur domicile : 23
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des locaux privés : 3 021
  • Cambriolages de résidences secondaires : 386
  • Vols avec entrée par ruse en tous lieux : 76
  • Cambriolages de locaux industriels commerciaux ou financiers : 762
  • Cambriolages d’autres lieux : 668

Vols contre des particuliers hors domicile, vols de voitures et vols contre des entreprises et lieux publics en baisse

Les vols contre des particuliers hors de leurs domiciles, les vols de voitures et les vols auprès de professionnels du département du Gard sont au nombre de 17 470 sur l’année. Les vols dont les victimes sont des particuliers en dehors de leurs domiciles sont de 5 970 en progression sur un an, les vols de voitures, vols dans les voitures, vols de pièces et dégradation sont au nombre de 9 405 en baisse par rapport à l’année précédente. Enfin les vols auprès des entreprises et des professionnels sont au nombre de 2 095. Chiffre qui est en baisse sur une année. Le risque d’être victime de vol est de 1 sur 50. L’année précédente il y a eu 19 014 affaires de vols au total contre 20 456 affaires 2 ans auparavant. Concernant le vol de voitures ou de moto le risque est de 1/ 127.

Vols contre des particuliers hors domicile

  • Vols violents sans arme contre des femmes sur lieu public : 682
  • Vols violents sans arme contre d’autres victimes : 576
  • Vols à la tire : 762
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des lieux publics : 3 805
  • Autres vols à main armée : 29
  • Autres vols avec armes blanches : 116

Vols de voitures et motos

  • Vols d’automobiles : 1 903
  • Vols de véhicules motorisés : 609
  • Vols à la roulotte (vols dans des véhicules) : 3 590
  • Vols d’accessoires sur véhicules à moteur immatriculés : 1 906
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397

Vols contre des professionnels

  • Vols à main armée contre des établissements financiers : 2
  • Vols à main armée contre des établissements industriels ou commerciaux : 37
  • Vols à main armée contre des entreprises de transports de fonds : 0
  • Vols avec armes blanches contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols violents sans arme contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols de véhicules de transport avec fret : 4
  • Vols à l’étalage : 446
  • Vols simples sur chantier : 220
  • Vols simples sur exploitation agricole : 267
  • Autres vols simples contre des établissements publics ou privés : 1 101

Crimes et délits à caractère sexuel en baisse

Les victimes d’atteintes sexuelles, viols et harcèlement du département du Gard sont au nombre de 375 sur un an. Le risque d’être victime de crime ou de délit à caractère sexuel est donc de 1 sur 1 963. L’année précédente il y a eu 408 agressions sexuelles, 2 ans auparavant il y en avait eu 382 sur un an.

  • Atteintes sexuelles : 103
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des majeurs : 57
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineurs : 93
  • Viols sur des majeurs : 47
  • Viols sur des mineurs : 68
  • Proxénétisme : 7

Crimes et délits contre des mineurs en progression

Les victimes mineures du département du Gard sont au nombre de 918 sur un an. L’année précédente il y a eu 909 faits concernant des victimes mineures, 2 ans auparavant il y en avait eu 903.

  • Viols sur des mineurs : 68
  • Violences mauvais traitements et abandons d’enfants : 207
  • Délits au sujet de la garde des mineurs : 431
  • Non-versement de pension alimentaire : 212

Infractions liées à l’immigration en baisse

Il y a eu 262 infractions liées à l’immigration sur un an contre 831 l’année précédente et 797, 2 ans auparavant.

  • Aide à l’entrée, à la circulation et au séjour des étrangers : 46
  • Infractions aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers : 58
  • Autres infractions à la police des étrangers : 10
  • Emploi d’étranger sans titre de travail : 40
  • Travail clandestin : 108

Trafics et drogue en progression

Il y a eu 2 153 faits constatés en relation avec des trafics sur un an contre 1 969 l’année précédente et 1 848 2 ans auparavant.

  • Trafic et revente sans usage de stupéfiants : 35
  • Usage revente de stupéfiants : 118
  • Usage de stupéfiants : 1 300
  • Autres infractions à la législation sur les stupéfiants : 20
  • Port ou détention d’armes prohibées : 333
  • Règlements de comptes entre malfaiteurs : 0
  • Recels : 321
  • Délits de débits de boissons et sur l’alcool et le tabac : 26
  • Délits des courses et des jeux : 0
  • Proxénétisme : 7

Animaux et environnement en progression

94 faits contre des animaux ou l’environnement sur une année contre 72 l’année précédente et 112 2 ans auparavant.

  • Destructions cruautés et autres délits envers les animaux : 59
  • Atteintes à l’environnement : 22
  • Chasse et pêche : 13

Atteintes aux biens en baisse

3 458 atteintes aux biens des personnes et aux biens publics en un an contre 3 760 l’année précédente et 3 562 2 ans auparavant.

  • Autres destructions et dégradations de biens privés : 1 142
  • Incendies volontaires de biens privés : 452
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397
  • Autres destructions et dégradations de biens publics : 393
  • Incendies volontaires de biens publics : 74

Crimes et délits psychologiques en progression

3 524 crimes ou délits à caractère psychologique en un an contre 3 225 l’année précédente et 4 078 2 ans auparavant.

  • Atteintes à la dignité et à la personnalité : 364
  • Escroqueries et abus de confiance : 2 108
  • Menaces ou chantages pour extorsion de fonds : 105
  • Menaces ou chantages dans un autre but : 931
  • Délits interdiction de séjour et de paraître : 1
  • Séquestrations : 13
  • Prises d’otages à l’occasion des vols : 0
  • Prises d’otages dans un autre but : 2

Atteinte contre la collectivité en progression

649 crimes ou délits contre la collectivité, la nation et ses représentants en un an contre 638 l’année précédente et 624 2 ans auparavant.

  • Attentats à l’explosif contre des biens privés : 0
  • Attentats à l’explosif contre des biens publics : 0
  • Atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation : 21
  • Violences à dépositaires autorité : 270
  • Outrages à dépositaires autorité : 292
  • Autres délits contre santé publique et professions médicales : 2
  • Fraudes alimentaires et infractions à l’hygiène : 5
  • Infractions au droit de l’urbanisme et de la construction : 59

Faux et usage de faux en baisse

Les faux et l’usage de faux du département du Gard sont au nombre de 1 117 sur l’année. L’année précédente il y a eu 1 517 affaires de faux et usage de faux contre 1 586 affaires 2 ans auparavant.

  • Faux documents d’identité : 60
  • Autres faux documents administratifs : 70
  • Faux documents concernant la circulation des véhicules : 22
  • Falsification et usages de chèques voles : 469
  • Falsification et usages de cartes de crédit : 355
  • Fausse monnaie : 14
  • Faux en écriture publique et authentique : 14
  • Autres faux en écriture : 96
  • Infractions à l’exercice d’une profession réglementée : 8
  • Contrefaçons littéraires et artistiques : 4
  • Contrefaçons et fraudes industrielles et commerciales : 5

Délits économiques en progression

Les délits à caractère économique du département du Gard sont au nombre de 241 sur l’année. L’année précédente il y a eu 179 délits économiques 145 délits 2 ans auparavant.

  • Infractions à la législation sur les chèques : 195
  • Achats et ventes sans factures : 6
  • Banqueroutes abus de biens sociaux et autres délits de société : 10
  • Fraudes fiscales : 0
  • Marchandage prêt de main-d’oeuvre : 3
  • Prix illicites publicité fausse : 11
  • Autres délits économiques et financiers: 16

Enfin les autres délits et actes de délinquance constatés par les forces de police et de gendarmerie du département du Gard dont fait partie La Grand Combe sont au nombre de 1 174 sur l’année.

§

Écrit par : Ville-Data.com delinquance La Grand Combe
[Publié le] :  Mis à jour le 

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane . GD
Première publication : 02.01.2018
Dernière mise à jour : 02.01.2018

Mines 1914-1922 : Paternalisme Vs Syndicalisme

MédailleCieMines

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ET LE DÉCLIN DU CONTRÔLE SOCIAL
DANS LES MINES DU GARD (1914-1922)
par Fabrice SUGIER

En 1913, les neuf compagnies minières du Gard forment, avec deux millions de tonnes de charbon extrait et 12 000 ouvriers occupés, le 3ème bassin houiller français (tableau 1).

Nous l’avons étudié en détail dans notre thèse, et nous n’allons nous intéresser ici qu’à un aspect bien particulier, celui du contrôle social. En prenant l’exemple du bassin cévenol, et en choisissant la période 1914-1922, nous voulons essayer d’examiner les conséquences de la situation de guerre et des bouleversements sociaux qui l’ont suivie sur les entreprises et les populations de l’arrière. La problématique exposée, le déclin du contrôle social, peut donc nous permettre d’accréditer ou de tempérer, dans ce cas précis, l’idée de « fin d’un monde » souvent attachée à l’époque du premier conflit mondial. Nous allons d’abord présenter les différents aspects du dispositif patronal de contrôle social à la veille de 1914 ; puis nous tenterons de discerner les tendances d’évolution pendant et après la guerre.

Tableau 1. – Le bassin gardois en 1913 (Archives du Service des Mines à Alès)

Les entreprises minières et le contrôle social avant la Grande Guerre

Le dispositif mis en place par les compagnies cévenoles entre 1840 et 1875 n’est pas très original par rapport à d’autres déjà décrits pour d’autres bassins (Carmaux, Blanzy, Nord-Pas-de-Calais), ou même d’autres industries. Nous nous contenterons donc d’en exposer brièvement la doctrine et d’en décrire les principaux traits.

La doctrine patronale

Communément appelée « paternalisme », elle repose sur deux thèmes majeurs. Tout d’abord, il existe une communauté d’intérêts entre le patron et l’ouvrier. Ainsi, J.-B. Marsaut, dirigeant de la Compagnie de Bessèges de 1859 à 1914, parle du « lien moral d’une aspiration commune à l’ordre, à la tranquillité et à l’harmonie, indispensables au bien de tous entre les ouvriers et la Compagnie qui leur procure le travail ». Le Moniteur des Cévennes, journal financé par la Compagnie de La Grand-Combe, lui fait écho en soulignant la complémentarité des uns et des autres. Les chefs apportent « la haute intelligence » et « l’habile direction », et les ouvriers « l’amour de la paix, de l’ordre et du travail ». Mais convergence d’intérêts ne signifie pas égalité, d’où la mise en avant d’un deuxième thème, celui de la famille, appliqué à l’entreprise. Le directeur est « ce bon père qui nous fait tant de bienfaits » et qui est « préoccupé par l’amélioration constante du bien-être matériel et moral de son personnel ». Il a donc vocation à régir entièrement la vie de son personnel, ses « enfants », dont il est moralement responsable. Les convictions chrétiennes de nombreux chefs d’entreprises minières cévenoles donnent une force particulière à ce thème, après les descriptions tragiques données par Villermé ou Zola de l’état moral des populations ouvrières. Les métaphores sont omniprésentes dans le discours patronal. Elles tournent par exemple autour de la dualité punition-récompense. Ainsi, tout comme ils doivent écarter les mauvaises fréquentations, « les pêcheurs en eau trouble en quête de mandat électif », les dirigeants miniers doivent savoir punir leur personnel. Le renvoi, en cas de grève, est une « leçon de choses, une leçon nécessaire, profitable à tous et salutaire ». En retour, les mineurs qui accepteront ces règles en retireront bénéfice : « Gardez-leur toujours le respect et l’obéissance, vous y trouverez votre récompense plus tard », recommande le dirigeant d’une association aux mineurs, en parlant de leurs « chefs ».

La politique de contrôle social

Au-delà des différences entre compagnies, elle s’appuie sur quatre piliers essentiels.

Un recrutement sûr

La question du recrutement est primordiale : il doit être mené de façon à ce que le nouvel embauché ait le plus de chances de s’adapter aux règles de la « ville-usine »7. Pour ce faire, plusieurs règles sont observées.

Tout d’abord, le recrutement est très localisé. En 1912, en moyenne, 41,5 % des mineurs adultes du fond occupés par une compagnie cévenole sont nés dans les agglomérations où sont installés ces puits ; et 58,7 % dans une commune du bassin. Par ailleurs, 37 % sont originaires des départements ruraux du Massif Central, mais il s’agit là d’un recrutement centré sur quelques cantons, véritables « terres à mineurs ». La carte de la page suivante montre bien qu’il n’y a pas forcément continuité géographique, mais choix de critères religieux. Les cantons marqués par la présence protestante (au sud du bassin, et sur sa périphérie nord : Barre-des-Cévennes, Saint-Germain- de-Calberte, Valgorge…) sont évités, alors que les efforts des compagnies se portent prioritairement sur les hautes vallées de l’Allier et de l’Ardèche, indéf ectiblement attachées à la foi catholique : Langogne, Coucouron, Mont- pezat, Thueyts, Le Cheylard. Au total, sept des dix cantons ardéchois et lozé- riens qui fournissent le plus de main-d’œuvre sont à 100 % catholiques. Plusieurs témoignages oraux (difficilement vérifiables mais concordants) soulignent d’ailleurs le rôle des curés locaux dans le choix des candidats à l’embauche.

Parallèlement, l’étude du fichier du personnel de la Compagnie de La Grand-Combe révèle trois constantes, qui apparaissent comme autant de « précautions » de l’employeur. Tout d’abord, le recrutement est essentiellement familial. Entre 1904 et 1913, 76,1 % des embauchés possèdent un ou plusieurs parents travaillant déjà à la compagnie. L’adaptation est donc plus facile. D’autre part, il est souvent rythmé par les mêmes étapes : première embauche à 13-14 ans (44 % des ouvriers recrutés sur place), puis ré-embauchage tout de suite après le service militaire. Pour tous ces mineurs, l’absence de toute autre expérience professionnelle rend plus aisée leur acceptation des règles relatives au fonctionnement de la mine et de la ville-usine. Enfin, pour tous les autres, la compagnie exige le plus souvent des antécédents à la mine. Entre 1908 et 1912, 82 % des ouvriers embauchés ont déjà travaillé dans une exploitation française, dont 71,9 % à la Compagnie de La Grand-Combe elle-même, ou chez ses entrepreneurs. Ceci doit bien sûr permettre de réduire le nombre des réactions de rejet que l’on rencontre partout à l’égard du travail souterrain, et qui y explique l’ampleur du « turn-over ».

 

Le recrutement des mineurs par cantons, 1912


Les sursalaires et les dépenses de prévoyance patronale

La politique de recrutement essaie de créer des attaches morales ; mais, pour attirer et retenir l’ouvrier, elle se double de l’octroi de divers avantages matériels. Énumérons-les rapidement, car nous les rencontrons dans la plupart des compagnies françaises.

Les suppléments de salaires comprennent, en particulier, les gratifications pour la Sainte-Barbe (un jour de salaire), les primes aux médaillés du travail (un mois de salaire versé par la Compagnie de Rochebelle), les allocations familiales (créées en 1911 à La Grand-Combe : deux jours de salaire en moyenne par enfant au-delà du troisième et par mois, en 1914).

Les avantages en nature sont surtout les allocations gratuites de charbon (16 % des dépenses facultatives à La Grand-Combe en 1914), les logements loués à des prix très inférieurs à ceux des particuliers (725 logements, soit un pour six ouvriers, à La Grand-Combe en 1914, avec 410 jardins).

La fourniture de services de santé prend une place croissante. Toutes les compagnies rémunèrent un service médical, dont l’organisation est calquée sur celle de l’exploitation : un docteur par division à La Grand-Combe, un hôpital par siège d’exploitation à la Compagnie de Bessèges. Les effets de cette politique sont indéniables, puisque le taux de mortalité baisse alors plus rapidement que la moyenne française, le taux de mortalité infantile étant inférieur au taux national dès après la guerre9.

Des secours et des pensions sont assurés aux non-actifs, et ce bien avant les lois sur les caisses de retraites et de secours mutuels. De plus, les compagnies versent diverses aides aux plus démunis. A La Grand-Combe, ce sont « les secours aux indigents du chantier » (1,4 % des dépenses de prévoyance patronale en 1913).

Le contrôle des comportements et des esprits

La compagnie contrôle la vie de la commune où elle s’est implantée. A La Grand-Combe, elle a créé de toutes pièces une ville dont elle a construit et possède tous les aménagements et bâtiments publics : mairie, commissariat, gendarmerie, église, temple, écoles, cimetières… Elle pourvoit d’ailleurs à leur entretien, en payant les fournitures, le mobilier, l’éclairage et les frais de fonctionnement (paiement des agents de police, des fonctionnaires municipaux, des enseignants). Au total, la Compagnie dépense près de 150 000 F à l’entretien de « sa » commune en 1913.

Les dirigeants des compagnies détiennent, jusqu’à la veille de la guerre, le quasi-monopole de la représentation politique. Les directeurs sont également maires de leur commune et conseillers généraux. Et le député de la circonscription est F. de Ramel, actionnaire important de la principale entre-prise, de 1889 à 1914. Au-delà des procédés de fraude, plusieurs types de pressions permettent ce monopole : les libéralités, la pression des personnels d’encadrement (maîtres-mineurs), et le chantage à l’emploi et à la fermeture des mines (comme le fait avec succès le marquis d’Étampes dans le canton de Saint-Ambroix en 1910).

Afin d’affermir et de pérenniser cette domination, les compagnies s’efforcent de contrôler la vie privée de leurs ouvriers. Trois outils sont utilisés. Par le biais de l’école et de l’Église (sermons de la Sainte-Barbe, en particulier), on inculque aux ouvriers ou futurs ouvriers une morale fondée sur le respect de l’ordre établi, l’exaltation du travail, l’acceptation de sa condition. L’instrument associatif est également important. Grâce à diverses associations (musicales, sportives, professionnelles ou d’entraide) créées à l’initiative de la compagnie et contrôlées par elle, celle-ci régit, d’une certaine façon, jusqu’aux loisirs de son personnel. D’une manière générale, peu d’éléments de la vie privée de l’individu vivant dans une cité minière échappent au contrôle de la compagnie qui y est installée. Par exemple, les registres du personnel de la Compagnie de Cessous comportent, pour chaque ouvrier, les rubriques « fréquentation des cabarets » L’ « ordre et économie », « caractère ». À La Grand-Combe, les veuves ne touchent les allocations de la Compagnie que si elles ont « une bonne conduite ».

Toutefois, aux yeux des compagnies, ce contrôle de la vie publique et privée ne peut être efficace que s’il est légitimé et reconnu par l’ouvrier lui- même. C’est le sens des grandes manifestations publiques organisées ou suscitées par les compagnies, et en premier lieu la Sainte-Barbe, fête des mineurs. Le déroulement de celle-ci, minutieusement réglé par un ordre de service, est à la fois affirmation et reconnaissance publique du pouvoir de la compagnie (la présence de chacun y est d’ailleurs absolument obligatoire pour percevoir la gratification). Ainsi, ce jour-là (chômé), à La Grand-Combe, chaque ouvrier doit se rendre au siège de sa division en ordre. Puis il participe à un défilé dans l’ordre hiérarchique de la mine (cadres de la division, médaillés du travail, ouvriers et retraités). Les cortèges de chaque division se retrouvent ensuite, selon un rite immuable, sur la grande place de la ville, sous l’oeil de la direction et d’un représentant du conseil d’administration, avant que tous n’entrent (là aussi dans un ordre précis) dans l’église pour une messe solennelle. Ainsi s’affirme la cohésion du groupe social, en même temps que la primauté de la hiérarchie, même en dehors du lieu de travail.

Un refus de toute contestation

Malgré ces garde-fous, le pouvoir social des compagnies se heurte à plusieurs types d’opposition. Elles y répondent par une double attitude.

Elles refusent toute ingérence dans la gestion de leur personnel. Vis-à-vis de l’administration, la position patronale est inflexible : les pouvoirs publics doivent faire respecter la liberté du travail et l’ordre public, mais non se poser en intermédiaire en cas de différend entre l’employeur et son personnel. En novembre 1910, le ministre du Travail demande au préfet du Gard d’intervenir pour faire rapporter les renvois à caractère politique prononcés à Molières. Mais le préfet lui répond, le 19 novembre, « qu’ayant été sept ans sous-préfet d’Alès… (il est) payé pour savoir qu’on empêche difficilement les Compagnies minières de procéder à des renvois, même malencontreux ». De façon encore plus énergique, les directeurs des mines nient toute représentativité des syndicats, seulement formés, selon le directeur de Bessèges, de « repris de justice » et de « meneurs étrangers au pays ». Ainsi, en juillet 1914, le directeur écrit à son conseil d’administration qu’il n’a pas cédé aux injonctions du préfet : « J’ai insisté, et les autres directeurs m’ont suivi, qu’en aucun cas nous ne voulions connaître la Fédération des Mineurs du Gard et son secrétaire Chapon, et que nous ne connaissions que nos ouvriers et nos délégués-mineurs… et que je m’abstiendrais d’assister à une réunion où la Fédération des Mineurs du Gard serait représentée ». Par conséquent, contrairement à ce qui se passe dans la Loire et le Nord- Pas-de-Calais (depuis 1891), il n’existe pas de conventions collectives signées sous l’égide des préfets.

La répression des « écarts » et des contestations du système est tout aussi rigoureuse. Les renvois frappent individuellement tous ceux qui affichent leur opposition aux valeurs qui cimentent le groupe social : religion, patriotisme, respect de la loi. En 1910, G. Nouguier est renvoyé pour avoir avoué être franc-maçon ; U. Cartier pour avoir participé à une mutinerie à Nîmes ; et J. Veyrenc pour avoir été condamné après avoir été pris péchant à la dynamite. En cas de grève ou de toute autre contestation collective, les mesures sont encore plus spectaculaires. En 1890, sur 7 370 ouvriers appartenant aux compagnies touchées par la grève, 701 sont renvoyés. A La Grand-Combe, en 1897, 1 246 mineurs sur 4 400 sont mis à pied après avoir participé à une série de mouvements. En 1902 puis en 1906, une épuration tout aussi sévère est effectuée à Rochebelle après chaque conflit.

Le dispositif de contrôle social des compagnies minières gardoises s’appuie donc sur quatre principes essentiels : la sélection préalable de l’ouvrier embauché, l’octroi d’avantages matériels pour l’attacher à la compagnie, le contrôle étroit de la vie à l’extérieur comme à l’intérieur de la mine, et enfin la répression de tout écart et le refus de toute ingérence dans le fonctionnement de ce système. Mais, constant dans ses principes, celui-ci n’est pourtant pas immuable dans les faits.

La tendance au déclin dès avant 1914

Tout d’abord, il faut noter que cet encadrement étroit n’a jamais concerné tous les ouvriers. Malgré les efforts des compagnies, environ un tiers des mineurs résident dans les villages ruraux voisins. Ainsi, au prix de longs trajets quotidiens, ils gardent une indépendance beaucoup plus forte vis-à- vis de leurs employeurs, une fois sortis de la mine. Mais surtout, même dans les cités minières, certains aspects parmi les plus spectaculaires du contrôle social disparaissent au début du XXe siècle. Ainsi, la gratification de la Sainte-Barbe n’est plus remise à la sortie de la messe, les mineurs ne sont plus obligés de participer à celle-ci pour la recevoir. Autre exemple : à Bessèges, la prime versée par la Société des Amis de l’Ordre et du Travail n’est plus attribuée en fonction de critères « moraux », mais devient un sursalaire attribué aux ouvriers stables (plus de dix ans de présence à la compagnie). Enfin, en 1914, après la grève de février, les compagnies se montrent beaucoup moins sévères envers leur personnel, puisqu’une vingtaine de renvois seulement sont prononcés dans tout le bassin. A ces divers phénomènes, on peut avancer quatre éléments d’explication.

Le coût

Les débouchés commerciaux des compagnies gardoises sont très limités, et leur aire « naturelle » de vente, la région marseillaise, très attaquée par les charbons anglais. Aussi la hausse du profit global ne peut-elle être obtenue que par une augmentation du profit unitaire, et non par un accroissement des ventes. Le prix de vente étant fixé par la loi du marché, les entreprises ne peuvent donc jouer que sur les coûts de revient. L’effort de compression porte alors sur les dépenses facultatives, en particulier sur celles jugées les plus coûteuses par rapport aux résultats attendus et obtenus. Par exemple, toutes les compagnies renoncent les unes après les autres à encourager à tout prix l’épargne, en faisant fonctionner des caisses d’épargne privées offrant un taux d’intérêt supérieur à celui de la Caisse d’épargne d’État (le double au départ).

La poussée socialiste et syndicale

Juste avant la guerre, plusieurs scrutins politiques et professionnels voient une nette poussée des forces hostiles à la domination patronale. Le résultat le plus spectaculaire est l’élection d’un député socialiste, M. Valette, dans la deuxième circonscription d’Alès, en 1914. D’autre part, en 1910 et 1914, s’implantent dans presque tous les centres miniers des organisations syndicales, dont l’audience croît rapidement après la grève de février 1914.

La déchristianisation

Phénomène quasi général, elle n’épargne pas le bassin houiller gardois, comme en témoignent les plaintes des autorités religieuses, ou la chute de la fréquentation des écoles religieuses (2 315 enfants dans celles de La Grand-Combe à la fin du XIXe siècle, 1 680 en 1911. Ainsi, un des canaux privilégiés de l’idéologie patronale voit se réduire son audience et donc son efficacité.

L’effet des réformes ouvrières

Avec les lois de 1894 sur les caisses de retraites et de secours, de 1898 sur les accidents du travail, de 1909 sur les économats…, les ouvriers sont beaucoup moins dépendants des libéralités ou des réalisations des compagnies. Par exemple, ils ne sont plus obligés de rester toujours dans la même compagnie pour espérer percevoir une retraite.

À la veille de la guerre, le système d’encadrement élaboré par les compagnies depuis plusieurs décennies connaît donc un certain déclin. Mais, en fait, celui-ci est en partie consenti par les compagnies elles-mêmes (compression des charges facultatives) ; et, d’autre part, il ne remet pas réellement en cause leur domination sur les cités minières.

1914-1922 : les tendances d’évolution du contrôle social

La situation de guerre et ses conséquences

Elle est profondément déstabilisante, car elle impose aux compagnies une double ingérence dans la gestion de leur personnel. Cependant, l’évolution n’est pas linéaire.

1914-1916 : le renforcement du pouvoir social des compagnies

Jusqu’en 1916, la situation de guerre paraît affermir le contrôle social des entreprises. En effet, avec le système des mises en sursis d’appel, les compagnies peuvent choisir nominativement les ouvriers retirés du front pour revenir à la mine ; et inversement, y renvoyer ceux qui ne remplissent pas correctement leur devoir de producteur de charbon. C’est, bien sûr, un moyen de pression considérable, qui permet de maintenir à l’écart de l’exploitation la plupart des syndicalistes. D’autre part, la situation générale de pénurie et de vie chère redonne aux coopératives patronales une importance qu’elles avaient perdue avec la loi sur les économats. Fortes de leur puissance financière et dotées d’une monnaie d’échange très recherchée, le charbon, les compagnies peuvent alors beaucoup plus facilement que les détaillants locaux se procurer tous les produits de consommation courante en grande quantité et à meilleur prix. Elles dominent donc à nouveau le commerce dans le bassin. Enfin, le démantèlement des organisations syndicales, lors de la mobilisation, élimine pour un temps de l’entreprise un contre- pouvoir dont la puissance allait en s’accroissant. Ainsi, sur tous ces plans, nous pouvons parler de reconquête provisoire de terrains de contrôle. De plus, jusqu’à la fin de 1916, les dirigeants miniers parviennent à éviter une intervention trop directe des pouvoirs publics dans la gestion de leur personnel. Le déroulement des négociations salariales de 1915 et 1916 en est une bonne preuve. Prenons le cas de la première, qui se déroule entre août et octobre 1915. Face à l’inflation, qui érode les salaires (perte de 20 à 25 % du pouvoir d’achat), les syndicats réclament une hausse générale des salaires. Les compagnies refusant de négocier, les demandes sont centralisées au niveau régional puis national, et appuyées par les élus socialistes et radicaux des régions minières : Valette, Durafour, Bouveri…, tous membres de la Commission des Mines de l’Assemblée nationale. Constatant le blocage de la négociation, les pouvoirs publics interviennent, et en premier lieu M. Sembat, ministre socialiste des Travaux publics. Le 15 septembre 1915, celui-ci demande à l’ingénieur en chef du Service des mines une enquête sur l’évolution des salaires, des prix à la consommation, et des prix de vente du charbon depuis 1914. La réaction des compagnies ne tarde pas. Le lendemain même, la principale d’entre elles, La Grand-Combe, imitée par ses voisines, annonce qu’elle accorde désormais une allocation de cherté de vie. La rapidité de l’intervention montre bien qu’elles ne veulent pas paraître obéir à une injonction. D’autre part, elles tiennent à déterminer elles-mêmes le montant et les modalités des révisions de salaires. Il s’agit d’une prime- temporaire et donc révocable, et non d’une hausse de salaire. D’autre part, cette allocation est mensuelle et proportionnelle aux charges de famille, ce qui permet d’en exclure les ouvriers les moins assidus et de diviser les bénéficiaires. Et ensuite, malgré le mécontentement des syndicats et les nombreuses démarches de l’administration pour faire ouvrir des négociations, les compagnies s’en tiennent strictement à ces mesures et refusent tout compromis. Le même processus se déroule à l’automne 1916. Ainsi, durant cette première partie de la guerre, les entreprises minières tendent plutôt à renforcer leur contrôle sur les populations, en continuant à maintenir les deux autres protagonistes (syndicats et pouvoirs publics) à l’écart de la gestion des personnels.

1917-1918 : L’évolution

1917 voit un renversement complet de cette tendance. Deux éléments peuvent aider à l’expliquer. Tout d’abord, l’accroissement considérable des besoins en charbon (et surtout en charbon français, car la houille importée pèse de plus en plus lourd sur les dépenses de l’État) conduit les pouvoirs publics à généraliser les mises en sursis d’appel. Trois circulaires du ministère de la Guerre des 6 février, 20 mai et 30 juin 1917 décrètent le rappel des classes 1903 à 1912, en même temps que sont assouplies les conditions d’ancienneté à la mine (circulaires du 25 décembre 1916 et du 10 juin 1917). Ainsi, fin 1917, les sursitaires représentent-ils dans le Gard plus de 80 % des effectifs du fond. Or, selon les termes de la loi de 1899 qui régit la mobilisation, les pouvoirs publics doivent contrôler les conditions de travail et de salaires des ouvriers retirés du front pour être affectés à l’arrière.

Ce droit de regard n’en prend donc que plus d’importance. Mais ce n’est sans doute pas l’élément primordial. Celui-ci est sans doute à rechercher dans la dégradation rapide du climat social. Dans le bassin cévenol, la montée du mécontentement est nettement perceptible à travers les plaintes face à la vie chère, à la spéculation, au rationnement, qui contrastent avec l’augmentation des profits. Même si la corporation reste jusqu’au printemps 1918 à l’écart des grands mouvements de grève, elle est très majoritairement prête à une cessation générale du travail. Ainsi, dans le Gard, dès la fin novembre 1917, tous les syndicats miniers consultés par leur Fédération nationale se prononcent à la quasi-unanimité en faveur de la grève générale, si des augmentations de salaires ne leur sont pas accordées. Pour le pouvoir, la menace est grave. L’arrêt de la production de charbon paralyserait l’économie de guerre et menacerait donc la défense nationale. D’autre part, dans un contexte européen d’agitation, l’entrée dans la lutte d’une corporation aussi importante que celle des mineurs ferait craindre que le pays ne tombe dans une situation révolutionnaire comme la Russie.

Au printemps 1917 se déclenche la première vague importante de grèves depuis 1914 : 18 conflits et 2 808 grévistes en France en avril ; 285 et 76 207 en mai ; 285 et 108 801 en juin. Le Gard n’y échappe pas, avec de multiples mouvements à Nîmes, et une agitation croissante chez les mineurs et les métallurgistes. Tel est le cas dans la plupart des bassins houillers, puisque le congrès de la Fédération nationale du Sous-Sol, réunie à Paris les 17 et 18 juin 1917, agite pour la première fois la menace d’une grève générale corporative du sous-sol si une augmentation générale de 1,50 F à 2,00 F par jour n’est pas accordée. Les élus socialistes et radicaux de la Commission des Mines, qui essaient depuis le début du conflit d’imposer une intervention publique dans la gestion économique et sociale des charbonnages, saisissent alors l’occasion. Le 19 juin, Valette, député du bassin gardois, invoquant les devoirs du gouvernement vis-à-vis des sursitaires, dépose un projet de loi qui reprend purement et simplement les doléances salariales de la Fédération du Sous-Sol. Cette initiative joue alors comme repoussoir. Le 21 juin, le Comité central des Houillères écrit aux compagnies : « Nous sommes dans une période extra-normale et menacés d’une intervention législative imminente qu’il faut tout faire pour éviter » 19. Pour éviter d’institutionnaliser un droit de regard parlementaire, il demande donc aux exploitants d’accepter et de conclure rapidement la négociation avec les syndicats sous l’égide des pouvoirs publics. À Alès, la réunion qui se tient le 25 juin à la sous- préfecture est sans précédent. Pour la première fois, les dirigeants des compagnies acceptent de discuter des salaires avec l’administration et les représentants du personnel. Lombard, directeur de la Compagnie houillère de Bessèges, en est bien conscient : « Après avoir examiné la question sous toutes ses formes, nous avons dû accepter, nous avons fait une triste et pénible besogne… en un mot et pour résumer, nous sommes entamés par la Fédération du Sous-Sol ».

De juin 1917 à décembre 1918, cette double ingérence ne fait que s’amplifier. Le dispositif de contrôle social patronal en est affecté d’une double façon.

De plus en plus, les négociations se déroulent à Paris entre le gouvernement, les dirigeants de la Fédération du Sous-Sol et le Comité central des Houillères. Ainsi, durant la négociation qui se prolonge de novembre 1917 à février 1918, aucune démarche n’est entreprise par les syndicats cévenols, et aucune compagnie n’annonce de mesure salariale. Même les modalités d’application de l’accord national sont soigneusement déterminées par les circulaires du Comité central des Houillères, comme celles du 14 janvier 1918 sur le paiement des indemnités de cherté de vie, et du 9 février 1918 sur les bordereaux de salaires. Ainsi se trouve altérée l’image de la ville- usine se suffisant à elle-même, et celle de la « famille » vivant en harmonie et refusant tout « étranger ».

D’autre part, l’intervention publique et syndicale dans la gestion des personnels est institutionnalisée par la création, dans chaque bassin, de commissions mixtes locales (31 janvier 1918) et régionales (24 septembre 1918). Jusqu’à l’armistice, ces commissions paritaires sont chargées de rédiger les bordereaux de salaires et d’orienter leur révision.

En 1914-1916, la situation particulière de guerre n’a pas affecté, pour l’essentiel, le dispositif de contrôle social. Elle lui a redonné une certaine vigueur dans certains domaines. Mais à partir de 1917 la nécessité de maintenir l’ordre public impose au gouvernement de compléter sa législation en matière économique par une intervention dans le domaine social. Celle-ci n’est au fond que la conséquence logique des dispositions légales régissant la mobilisation et les mises en sursis d’appel. Mais elle apporte un changement considérable dans le Gard, où il n’existait aucune expérience véritable de négociation. Ainsi s’effondre, au moins pour un temps, le quatrième pan de la politique d’encadrement social, le rejet de toute ingérence.

L’après-guerre : 1919-1922

Les conséquences de la guerre sur le contrôle social ne se font pleinement sentir que dans les années suivantes, avec l’émergence de nouveaux comportements sociaux et de nouvelles nécessités économiques.

Le problème de la main-d’œuvre

La politique de recrutement, premier volet du dispositif patronal, est ébranlée par deux phénomènes : l’accroissement de la mobilité et le tarissement du recrutement rural.

Les vides créés par la guerre (disparition de 10 % de la population active, nombreux mutilés) suscitent chez les survivants une aspiration vers le haut : fonctions de maîtrises, industries nouvelles à hauts salaires (construction mécanique, automobile, industrie électrique…). De plus, le fort appel de main- d’œuvre dans les régions à reconstruire du Nord et de l’Est contribue à créer un déséquilibre dans les rémunérations. Fin 1921, le salaire moyen journalier d’un piqueur cévenol est de 19,04 F, soit 26,5 % de moins que dans le Nord-Pas-de-Calais (25,90 F). Par conséquent, la mobilité s’accroît. Si nous la mesurons par un taux ainsi calculé :

entrées + sorties pendant l’année n
effectifs au 31/12/n + effectifs au 31/12/n- 1

nous obtenons 21,2% en 1913 (taux record jusque-là), mais 42 % en 1920, 46,5 % en 1921, 52,4 % en 1922. Ainsi, en théorie, le personnel peut se renouveler en deux ans. De plus, le phénomène ne touche plus seulement les manœuvres, mais également les ouvriers qualifiés : la Compagnie houillère de Bessèges perd 17,2 % de ses piqueurs entre 1919-1922, contre 7,1 % en 1909-1912.

Souci majeur des exploitants, le tarissement du recrutement rural est attesté par de multiples témoignages. Ainsi, le directeur de La Grand-Combe estime que « le recrutement normal, dans la Lozère et dans l’Ardèche particulièrement, a été considérablement réduit par suite des vides creusés par la guerre dans les populations, et par les effets de la prospérité de l’agriculture ». De même, les migrations saisonnières, qui constituaient un des apports principaux en main-d’œuvre, diminuent très sensiblement. La conjonction de ces deux phénomènes suscite une pénurie de main-d’œuvre plus forte que jamais. Comme dans tous les bassins houillers, les compagnies cévenoles se tournent alors vers la main-d’œuvre étrangère. 938 immigrés vivaient dans l’arrondissement d’Alès en 1911 ; ils sont 3 825 fin 1921, et 8 479 fin 1923. A cette date, ils représentent environ 20 % des effectifs gardois.

L’hémorragie des effectifs est stoppée, mais au prix du sacrifice (difficilement consenti par les exploitants) du premier fondement du contrôle social : un recrutement localisé et familial sur quelques terres catholiques. Et, par là-même, il devient beaucoup plus difficile d’inculquer à une partie croissante du personnel les valeurs qui cimentaient le groupe social.

L’évolution des mentalités

Bien que difficile à cerner sur une aussi courte période, elle est aisément perceptible. De nombreux contemporains notent une aspiration à un mieux- vivre, à un délassement après quatre années de guerre et de vie très dure : augmentation du temps de travail, rationnement, pression du contrôle militaire… Ainsi, le sous-préfet parle du « désir de détente physique et morale éprouvé par tous » et de la volonté d’une « vie heureuse, facile et sûre ». F. Lyon, secrétaire du syndicat catholique de La Grand-Combe, en montre bien les conséquences sur les mentalités, en particulier chez les jeunes : « Deux seules choses les animent dans ce chaos : l’amour des sports et les choses immorales (cinéma, dancing). Celui de la famille, du respect de l’obéissance et du travail, a complètement disparu ». D’autre part, les années 1919-1920 voient se développer un très fort élan d’émancipation vis-à-vis de la domination politique des compagnies. Dès 1919, toutes les municipalités sont socialistes, sauf La Grand-Combe qui le devient en 1925. De même, lors des élections professionnelles, les candidats proches des directions sont écrasés par leurs adversaires de la C.G.T. Tous ces phénomènes révèlent clairement aux dirigeants des compagnies que les valeurs qu’ils prônent sont devenues étrangères et même intolérables à un grand nombre d’ouvriers : primauté de la hiérarchie à l’intérieur comme à l’extérieur de la mine, reconnaissance publique par les ouvriers de leur allégeance, respect strict de la morale. La défense à tout prix de ces valeurs ne pourrait donc se faire que par une répression accrue. Or, celle-ci est impensable, dans une période d’agitation sociale grave, et à un moment où la main-d’œuvre professionnelle est très rare. Aussi les compagnies renoncent-elles aux aspects les plus coercitifs et les plus répressifs de l’encadrement des comportements, c’est-à-dire au troisième volet de leur dispositif de contrôle social. Le meilleur symbole en est sans doute la transformation de la Sainte-Barbe : le défilé organisé par la compagnie est supprimé, tout comme le rassemblement sur la place principale et la cérémonie des discours patronaux. Cette journée devient alors une fête comme les autres, sans doute plus brillante, mais désormais sans aucune « mise en scène » ni légitimation.

Le problème du coût

Le problème chronique des débouchés devient encore plus aigu après le retour à une économie de marché, et avec le développement des produits de substitution. Aussi la compression des coûts de production redevient- elle une nécessité vitale, même après deux vagues de baisses des salaires en 1921 et 1922. Les dépenses facultatives s’en trouvent forcément affectées, comme le montre l’exemple de la Compagnie de La Grand-Combe (tableau 2). Les sursalaires en numéraire paraissent les plus visés. Par exemple, les gratifications distribuées le jour de la Sainte-Barbe sont les mêmes qu’en 1914, c’est-à-dire qu’elles ont perdu les trois quarts de leur valeur réelle. Ainsi, même si les avantages concédés demeurent importants, le deuxième volet du dispositif de contrôle social, le sursalaire, n’est pas épargné par les conséquences de la guerre.

Tableau 2. – Dépenses patronales de « prévoyance à titre gracieux », Compagnie de La Grand-Combe (A.D. Gard, 18 J 804-813)

La réaction des compagnies

Le déclin des formes traditionnelles de contrôle social ne signifie pas que les compagnies renoncent à intervenir sur ce terrain. Seulement, elles adaptent leur politique ouvrière aux nouvelles données économiques et sociales.

Elles s’efforcent, en priorité, de retrouver leur liberté pleine et entière en matière de gestion salariale, et plus généralement de conditions de travail. Ainsi, le 14 juin 1921, le Comité central des Houillères écrit au gouvernement que les exploitants refuseront désormais de siéger dans les commissions mixtes chargées de réviser les bordereaux de salaires. A l’intérieur même de l’entreprise, les dirigeants miniers entendent donc bien revenir aux pratiques d’avant-guerre, et refermer la parenthèse des institutions paritaires.

À l’extérieur de la mine, il n’y a pas une mais deux politiques ouvrières. Vis-à-vis de la main-d’œuvre immigrée, les compagnies pratiquent une politique de surveillance très stricte. Celle de La Grand-Combe, en particulier, s’emploie à recréer pour chaque colonie étrangère une sorte de milieu national, dans des cités construites à l’écart des agglomérations (Combe-Ferral à Saint- Jean de Valériscle, pour les Polonais). L’octroi d’avantages importants (logements de bonne qualité et approvisionnement à prix réduit, école spéciale…) a pour contrepartie l’exigence d’un comportement irréprochable. Le moindre écart de conduite ou toute attitude d’opposition politique ou syndicale à la compagnie est alors immédiatement puni de renvoi. Ainsi, vis-à-vis des étrangers, le dispositif patronal de contrôle social est régi par les mêmes principes que celui pratiqué à l’égard des autochtones jusqu’en 1914. Le changement est donc surtout sensible vis-à-vis de ces derniers. En effet, les compagnies orientent alors leur politique vers le soutien aux sports et aux loisirs. Avant 1914, elles subventionnaient déjà des activités de ce type, mais celles-ci étaient très minoritaires par rapport aux associations religieuses, patriotiques ou d’entraide. Après 1919, le gonflement spectaculaire des dépenses engagées pour les clubs sportifs, les harmonies musicales montre bien leur volonté de prendre en compte et d’utiliser à leur profit le désir de détente physique et morale (tableau 2). Ainsi, à La Grand-Combe, l’entreprise soutient dix clubs sportifs : deux de football, un de boxe, d’escrime, de sport taurin, de cyclisme, de course à pied, de tir, d’athlétisme et de basket. Elle réalise pour eux d’importants travaux, comme l’aménagement du stade de l’Impostaire ou la transformation de l’ancienne usine à zinc en gymnase. Enfin, elle paie tous les frais de fonctionnement : salle, chauffage, éclairage, transport des équipes. Au total, alors que les dépenses facultatives de prévoyance patronale globales ont diminué de 19 % entre 1919 et 1922, celles relatives aux sports et aux loisirs ont progressé de 238 %. Il s’agit alors de retenir les ouvriers dans le bassin en essayant de créer le mieux-vivre auquel ils aspirent, sans pour cela engager des dépenses trop lourdes en matière de salaire ou de logement. En tout cas, cette inflexion de la politique patronale est bien perçue par les syndicalistes comme une stratégie de contrôle social. Par exemple, en juillet 1922, I. Michel, délégué-mineur et maire communiste du Martinet, apostrophe ainsi ses concitoyens : « Rejoignez votre syndicat au lieu d’aller flanquer des coups de pied dans la lune, dans votre société de football où vos maîtres ont su si bien vous embrigader, au lieu d’aller entendre des auditions de musique que vous fait donner la compagnie pour tromper votre faim.»

L’examen du bassin cévenol entre 1914 et 1922 peut nous livrer deux leçons. Tout d’abord, le dépérissement du système patronal de contrôle social mis en place au milieu du XIXe siècle est amorcé avant la guerre ; mais celle- ci l’accélère très fortement dans tous ses différents aspects. D’autre part, ce déclin ne signifie pas que les entreprises renoncent à l’encadrement des populations ouvrières hors du lieu de travail. Ceci est aussi bien sensible vis-à-vis des mineurs français qu’à l’égard des ouvriers étrangers. Toutefois, le changement est fondamental. Auparavant, les dirigeants miniers essayaient d’imposer leurs idées et leurs références morales à leur personnel. Celles-ci n’ont pas changé après la guerre, mais désormais les compagnies doivent tenir compte de l’évolution des mentalités de leur personnel, et l’accepter.

§

Source : Persee.fr (version annotée)
Par : Fabrice Sugier, auteur d’une thèse sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier dans les mines de charbon du bassin d’Alès, 1914-1922.
(1990), Fabrice Sugier poursuit ses recherches sur les mineurs du Gard pendant la Seconde Guerre mondiale.

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 31.12.2017
Dernière mise à jour : 31.12.2017

La Grand-Combe 1881, mineurs en grève

à La Grand’Combe dans le bassin minier du Gard en 1881

1 triage la grand combePhoto : vue générale des charbonnages de La Grand’Combe.

Extraits …

Le pasteur Draussin et la grève de 1881 à La Grand-Combe

Le pasteur Hippolyte Draussin (1845-1929) est un enfant du pays, un Cévenol, né à Alès. Il a fait ses études de théologie à la faculté de Montauban, qu’il a terminées en 1867 et devenu pasteur de l’Église réformée.

En décembre 1881, une grève est déclenchée à la Grand’Combe puis elle s’étend à Bessèges pour une hausse salariale. Il s’agit de l’une des premières grèves dans les mines du Gard (4). Le pasteur Draussin, qui ne réside plus dans le Gard, rédige alors un article où il exprime son opinion sur les conditions de travail à la mine. Il ne précise pas les causes immédiates de la grève, mais donne des informations générales sur le travail des mineurs qu’il connaît bien et analyse leurs rapports avec la Compagnie pour les lecteurs de son journal.

Article de L’Église libre relatif à la 1ère grève importante à La Grand’Combe (1881)

« Une grève a éclaté dans le bassin houiller de La grand’Combe (Gard) qui emploie plus de 4 000 ouvriers. Il faut avoir vu de près ces rudes populations de mineurs, dont la vie se partage entre le labeur pénible et périlleux des galeries souterraines et les loisirs d’un foyer domestique généralement sombre, malpropre, étroit où tous les objets sont imprégnés de charbon, – pour savoir quelle sympathie elles méritent et quelle indulgence a droit leur manque d’éducation, nous pourrions presque dire leur grossièreté.

Conduites à la baguette (nous ne disons pas partout mais dans la plupart des bassins), traités comme un troupeau par les Compagnies d’exploitation, qui exigent d’elles non seulement l’assiduité au travail et la docilité aux ordres des chefs (cela est de strict droit), mais la servilité politique ou religieuse, et qui jettent sans miséricorde sur le pavé tout employé mal noté pour ses opinions – pressurées de diverses manières – ces populations sont dans un état constant de rivalité contre leurs maîtres.

Certes nous n’aurions garde de nous porter garant de la légitimité de tous leurs griefs et nous savons qu’elles ne se rendent pas toujours un compte exact des difficultés multiples ni des causes économiques de leur situation. Le mineur, comme tout ouvrier en général, se préoccupe fort peu des fluctuations du marché, de la hausse et de la baisse des produits de l’industrie qui l’occupe, des nécessités de la concurrence, des pertes énormes chiffrées par centaines de mille francs et par millions qu’une dépréciation momentanée des produits fait subir à la Compagnie ou au patron. Mais pourquoi en prendrait-il souci et rabattrait-il ses prétentions dans les moments difficiles, tandis que les périodes prospères pour ses patrons ne lui ont valu à lui aucun accroissement du bien-être ?

Et comment, poussé par l’indifférence ou la dureté de ses maîtres, l’ouvrier ne choisirait-il pas la première occasion favorable pour leur déclare la guerre ? Or l’occasion favorable, c’est généralement une augmentation dans les prix de vente des produits de l’exploitation. Quand une compagnie vend au-dessous du prix de revient, elle ne perdrait rien à la suspension du travail de ses mines et l’ouvrier serait mal venu de réclamer une augmentation de salaire. Mais quand elle réalise de gros bénéfices par quelque hausse plus ou moins provisoire, plus ou moins anormale, dans le prix de sa houille ou de son minerai, les ouvriers, s’ils viennent à l’apprendre, sont tout disposés à réclamer leur part au bénéfice sous forme d’une augmentation de salaire. La prétention est généralement exorbitante et injuste parce qu’elle est calculée sur une période de prospérité sans tenir compte des mauvais jours qu’a traversés et que traversera encore l’industrie.

Mais encore une fois, c’est là une arme légale, et quand le capital et le travail vivent en état d’hostilité, il ne faut pas s’étonner que chaque adversaire attaque au moment qui lui paraît le plus favorable. Hostilité déplorable : c’est d’union et de solidarité qu’il faudrait parler : mais les grandes compagnies songent-elles à traiter leurs ouvriers comme des auxiliaires dignes de respect ? Font-elles quelque chose pour leur instruction, pour leur moralisation ? Rarement. En revanche elles les exaspèrent par certaines vexations, par des injustices scandaleuses. Ainsi, paraît-il la Compagnie houillère de la Grand’Combe avait laissé les abus suivants s’établir chez elle.

Il est d’usage de faire sur la quantité de charbon extrait une réduction d’à peu près un quart pour pierres et matières étrangères. C’est cette réduction qu’on appelle « à Barjac ». Mais lorsque le maître-ouvrier juge, de visu, que le wagonnet ou la benne amenée par l’ouvrier contient une quantité de pierres supérieures à la quotité du quart, le tout est envoyé « à Barjac », l’ouvrier est ainsi frustré du prix de son travail et la compagnie bénéficie du charbon net trouvé dans les récipients. Elle abandonne, dit-on, à la caisse de secours la moitié de ce produit net, mais sous quel contrôle ? Toujours est-il que l’ouvrier, après avoir travaillé 10 à 12 heures, croit avoir gagné environ 5 francs, tandis que par ces manœuvres sa journée est réduite à 3,50 francs. Or il faut considérer que le maître-mineur ou l’agent chargé de la réception du charbon peut avoir quelque intérêt à multiplier les « Barjacs ». Il reçoit à la fin de l’année une gratification dont le chiffre est variable suivant les services rendus à la compagnie et le zèle dont il a fait preuve.

Ce n’est pas tout : l’ouvrier est obligé de se fournir en denrées alimentaires aux magasins de la compagnie qui l’exploite ainsi dans son travail et son épargne, bénéficiant elle par tous les moyens, au détriment de ceux qui vivent et travaillent à son service. Voilà dit-on les causes principales de la grève. S’il en est ainsi, la grève est légitime et nous souhaitons que les mineurs ne reprennent leur travail qu’après avoir obtenu pleine satisfaction sur les deux points que nous venons d’exposer.

En pareille occurrence, le rôle de l’État est d’assurer le maintien de l’ordre, la liberté des travailleurs et des grévistes, et de veiller avec soin aux menées des brouillons du dehors. Si les compagnies se persuadaient une bonne fois que leur devoir est d’inspirer confiance aux ouvriers, de respecter en eux les droits de la dignité et de la liberté individuelle, si elles consacraient une partie des bénéfices de leurs opérations à l’aménagement des logements ouvriers, à l’ouverture d’écoles, de bibliothèques, de cercles de lecture, si elles encourageaient les sociétés de secours mutuels, les sociétés coopératives de consommation, le vieil antagonisme du capital et du travail se dissiperait et les grèves deviendraient promptement impossibles. Mais, hélas ! cet âge d’or est peut-être bien loin de nous (5) ».

Quelle est l’évolution à la suite de cette grève : les vœux du pasteur sont-ils exaucés ?

Une décennie après la grève, Yves Guyot (1843-1928), homme politique, journaliste et économiste français, écrit dans La Tyrannie Socialiste : « Le 20 février 1882, sur l’invitation de M. Desmons, MM. Clémenceau, de Lanessan, Brousse, Laporte, Girodet, Henri Maret se rendent à Alais pour faire une enquête sur la grève de la Grand’Combe, terminée depuis un mois. Juste au moment où ils arrivent, la grève de Bessèges éclate, comme le constatait, non sans malice, M. Goblet, alors ministre de l’Intérieur. (Séance du 10 mars 1882.) […]. Quelle autorité voulez-vous que l’honorable M. Desmons et ses collègues puissent avoir alors sur les ouvriers surexcités par Fournière ? C’est à Fournière que vont les sympathies.

Ainsi, MM. les députés de l’extrême gauche, se trouvant sur les lieux pour l’enquête qu’ils voulaient faire au sujet de l’affaire de la Grand’Combe, sont intervenus avec les meilleurs intentions dans la grève de Bessèges, et voilà comment ils ont été obligés de quitter la région déclarant qu’il n’y avait rien à faire pour eux en présence d’hommes qui n’avaient d’autre but que d’exciter la guerre civile. Voici en quels termes M. Fournière avait annoncé ce fait dans le journal « Le Prolétaire » : « Bessèges. Cinq heures, scène violente avec de Lanessan qui, aux applaudissements des gardes-chiourmes, vient décourager les ouvriers, et Fournière, qui soutient la grève générale. – Acclamations : vive la grève ! vive la révolution sociale ! Le drapeau noir est arboré (6) ».

Un peu plus tard, voici ce qu’en dit M. Curières de Castelnau, ingénieur en chef des Mines, qui pour sa part fait l’éloge funèbre du directeur de la Compagnie, E. Graffin (1829-1898). Elu conseiller municipal de la Grand’Combe en août 1855, E. Graffin avait été nommé maire en 1868 et a dirigé la municipalité jusqu’à sa mort, il a en outre été élu conseiller d’arrondissement en octobre 1874, et conseiller général en décembre 1879 :

« Il était surtout un chef intelligent et énergique, il avait à un haut degré le don du commandement. D’une très grande activité, il exerçait ses fonctions d’ingénieur principal ou de directeur de l’exploitation par une action de présence presque continuelle sur les travaux. D’un caractère très ferme et bienveillant, d’une humeur aimable, enjouée, toujours égale, il savait inspirer à ses subordonnés la confiance, l’affection et le respect. […]. Pour son personnel, il avait les sentiments d’un père. Il en connaissait presque toutes les familles; il se réjouissait de leurs joies, il prenait part à leurs peines et savait leur témoigner l’intérêt bienveillant et discret que son excellent cœur lui inspirait. Il a participé à l’établissement des institutions de prévoyance patronale dont la Compagnie, bien avant les lois sociales actuelles, avait doté la Grand’Combe pour protéger ses ouvriers et leurs familles contre les conséquences de la maladie, de l’accident et de la vieillesse, mais c’est à lui que la population doit la fondation sur des bases nouvelles de la Société de Prévoyance qui, depuis 1890, assure aux ouvriers de la Grand’Combe des retraites supérieures à celles que les mineurs des entreprises similaires peuvent espérer (7) ».

De fait, la Compagnie de la Grand’Combe est réputée pour avoir développé un modèle remarquable de paternalisme (8). Enfin récemment, dans son ethnographie de La Grand’Combe datée de 1992, C. Eckert évoque cette réalisation en ces termes :

« La Grand-Combe est créée en 1846 conformément à la structure typique des cités industrielles développées au XIXème siècle sous l’égide d’une entité économique. Elle a été baptisée du même nom que la Compagnie. L’agglomération urbaine reflétera donc la force de l’industrialisation de l’activité charbonnière. La Compagnie implanta une ville minière […] Pendant plus d’un siècle, la Compagnie a marqué de sa présence la vie locale, toute une époque où bon nombre de Grand-Combiens ont vu leur «devenir» déjà tracé. Il existait une forte interaction entre deux mondes – travail/domestique – dont les espaces se sont avérés complémentaires. Nous soulignons la politique menée par la Compagnie pour stimuler l’endogamie professionnelle et l’auto-reproduction de la famille ouvrière grand-combienne, ceci assurant la pérennité du travail à la mine de père en fils. La famille a donc toujours occupé une place primordiale dans cette société. Dans tous les domaines sociaux, la Compagnie s’est imposée comme pilote. Elle prendra à sa charge la responsabilité de loger son personnel, de l’éducation des enfants, et la mise en place de tout un système de protection sociale, notamment à travers la mise en œuvre d’une Caisse de Secours, d’une Caisse de Retraites et d’écoles, une assistance rare dans le monde ouvrier du XIXème siècle. La Compagnie fait naître donc non seulement un noyau de développement industriel sur lequel elle a le contrôle direct, mais elle engendre le développement d’un noyau urbain maquillé des principes urbanistiques qui suivent la logique de la Compagnie. Effectivement, la Compagnie aura ce contrôle administratif et exécutif pendant une longue période et combinera son action politico-paternaliste auprès de la communauté de travail à l’exécution du pouvoir local : la ville sera le miroir des intérêts de la Compagnie. Ce n’est qu’en 1925 que la ville fondée par la Compagnie devient la ville dirigée par des représentants-défenseurs des intérêts ouvriers (9) ».

Notes

(4) Selon Yves GUYOT, dans La Tyrannie Socialiste, 1893, livre VI, « Le parlement et les grèves », p. 200, l’instigateur est de la grève est le citoyen Fournière. Guyot écrit : « Je dois le faire connaître à la Chambre, car c’est lui qui est le véritable auteur de cette grève. Fournière est un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, ancien ouvrier bijoutier, qui, aujourd’hui, ne travaille plus autrement qu’en propagande révolutionnaire. Les collectivistes envoient en province des voyageurs en révolution : j’ai nommé M. Fournière ; je puis nommer MM. Malon, Guesde et la citoyenne Paul Minck. Je vous ai dit, messieurs, que Fournière avait été l’instigateur de la grève de la Grand’Combe, en novembre dernier. J’ai entre les mains le manifeste qui a été publié à ce moment-là. Dans ce manifeste, je lis des phrases comme celles-ci : “ En attendant l’émancipation totale de tous les exploités, en attendant que le prolétariat rentre en possession de tous ses biens injustement détenus par la classe capitaliste, il nous faut poursuivre cette lutte de classe, triompher sur un point des monopoleurs, en attendant que le parti ouvrier, solidement constitué et conscient de son but, dise à tous les citoyens : « Frères ! debout, en avant pour l’émancipation sociale ! ” »

(5) L’Église Libre, 23-12-1881.

(6) Yves GUYOT, La Tyrannie Socialiste, 1893, p. 203.

(7) http://www.annales.com/archives/x/graffin.html E. GRAFFIN (1829-1898), École des mines de Paris (promotion 1849). Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole des Mines, Mai 1898.

(8) Les patrons du XIXe siècle furent surtout influencés par de nouveaux théoriciens comme Frédéric Le Play, considéré comme le père fondateur du Paternalisme. Fin XIXe, un discours et des pratiques paternalistes vont proposer de régler la question sociale. Un patronat éclairé tente consacre des moyens importants au logement, à l’éducation, à la santé, aux loisirs des ouvriers.

(9) Cornélia ECKERT, L’agonie de la civilisation des gueules noires: ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe, France), 1992, pp. 48-50. www.vibrant.org.br/downloads/v3n2_eckert.htm.

Indications bibliographiques

Wikipédia : Compagnie_des_Mines_de_la_Grand’Combe_et_des_chemins_de_fer_du_Gard
Site Internet : patrimoine-minier.fr/cévennes/index.html : Bassin Houiller des Cévennes – Patrimoine Industriel Minier

Site Internet : archives nationales. culture. gouv.fr. Répertoire Compagnie des mines de la Grand’Combe.

ECKERT Cornelia, L’agonie de la civilisation des gueules noires : ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe), p.35-36 www.vibrant.org.br/…/v3n2_eckert.htm

GAILLARD Jean-Michel, Un exemple français de ville-usine, La Grand’Combe (Gard) et sa « Compagnie des mines » 1836-1921, thèse de troisième cycle, Paris X, Nanterre, 1974.

PACZKOWSKI Claude, VIELZEUF Aimé, VIGNE Jean. La Grand’Combe en Cévenne : mines et mineurs du canton. 208 p., Lacour, Nîmes, 1991.

RIVELAINE Hubert, Balade en Sol mineur, Les mines du bassin houiller d’Alès, 139 p. Le Plein de Sens, 2005.

ROGER Isabelle, « L’apport de la compagnie minière au développement de La Grand’Combe 1830-1946 » Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon. Actes du XLIX° Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Alès les 22 et 23 mai 1976. Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon.

TESSIER Catherine, La politique sociale de la compagnie des mines de la Grand’Combe (1836-1914), Maîtrise d’histoire, Université Jean Moulin Lyon 3, 1997, 121 p.

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Source : maison-histoire-aphpo.fr
Par : Madeleine Souche
Mise en ligne : 29-10-2010

Reblogué par : Mas de la Regordane
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

FLN algérien et mineurs de La Grand’Combe

ALGERIE 2007 004
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 » Nous habitons le quartier de Bologhine, m’avait dit Azzedine, le fils de Aïssa Mokrane, pas très loin du stade. » Le mythique stade Omar Hammadi d’Alger qui   connut tant de rencontres sportives passionnées et de manifestations politiques. Notre taxi dût se renseigner à plusieurs reprises avant de trouver la petite rue à la chaussée en terre battue, poussièreuse mais tranquille, si étroite qu’une seule voiture à la fois peut l’emprunter.

Une maison basse à un étage dont les boiseries sont peintes à neuf…La porte s’ouvre, un homme petit et maigre à l’oeil vif, habillé à l’européenne, coiffé d’un bonnet traditionnel en laine. C’est Aïssa Mokrane.

La propagande des années cinquante présentait les combattants du FLN comme des bandits, des « fellagas », l’air manaçant. A l’image des « terroristes » étrangers de l’affiche rouge nazie. Et c’est un grand-père souriant qui nous accueille et nous présente son épouse, une de ses filles et son fils. Il nous fait pénétrer dans la salle de séjour modeste mais coquette et confortable avec ses coussins profonds, ses tables basses et la desserte décorée des photos de ses enfants et nombreux petits enfants. Plus tard il nous montrera avec fierté la courette surmontée d’une treille, située à l’arrière de la maison. Aïssa est propriétaire de cette maison qu’il a achetée  lorsqu’il a quitté définitivement la France.

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[1947] Il a vingt ans, en 1947, quand il débarque à Alès où se trouvait déjà l’un de ses frères. Né à Akbou en Grande Kabylie dans une famille de paysans pauvres, Aïssa avait eu la chance de pouvoir fréquenter l’école publique française.  Il passa avec succès les épreuves du certificat d’étude « indigène » qui était réservé aux « français musulmans » afin de les différencier des Européens. Il savait donc lire et écrire en français. Privilège rare dans un pays sous domination coloniale où moins de 10% des petits Algériens étaient scolarisés.

[1948] En 1948, il est embauché aux Houillères à la mine de Fontanes. Après les années noires de l’occupation nazie, les mineurs de charbon sont à la pointe du combat pour le relèvement économique de la France. Le bassin des Cévennes compte alors quelque 20 000 mineurs dont 3 200 mineurs algériens. La corporation minière est très politisée. Les idées révolutionnaires y sont prépondérantes et les syndicats, notamment la CGT, fortement organisés. Les Renseignements Généraux mentionnent « une importante activité indépendantiste » parmi les mineurs algériens. Périodiquement, des leaders du PPA-MTLD de Messali Hadj, du Mouvement pour les Libertés de Ferhat Abbas ou du Parti Communiste Algérien tiennent meeting à Alès ou à La Grand Combe.

[1950] Logé dans des baraques en planches au Camp de la Loubières près d’Alès, Aïssa Mokrane fait fonction « d’écrivain public » auprès de ses compatriotes illettrés. En Algérie déjà, révolté par la domination coloniale, il sympathisait avec l’UDMA (Union Démocratique du Manifeste Algérien) sans en être membre. C’est à Alès, en 1950, qu’il adhère au PPA-MTLD dont il va rapidement devenir un des responsables, en raison de son bagage intellectuel. Il recevra chez lui, à plusieurs reprises, Mohamed Boudiaf, le futur Président de l’Algérie assassiné en 1992. Mohamed Boudiaf était, à cette époque, responsable de la Fédération de France du PPA-MTLD et il visitait les groupes locaux deux fois par an. « C’était un responsable exigent, sévère mais juste. » dit, de lui, Aïssa Mokrane. Alès et sa périphérie immédiate comptaient 140 à 150 adhérents. Chiffre important, compte-tenu des conditions semi-clandestines dans lesquelles agissait cette organisation. Boudiaf considérait pourtant que c’était insuffisant : « Les Algériens n’approuvent-ils pas massivement notre revendication de l’Indépendance? »

[1953] Une crise profonde traverse ce parti. Un congrès s’est tenu à Alger en 1953 dont les conclusions ont été désavouées par Messali.

[1954] En janvier 1954, la Fédération de France tient, pendant deux jours, son propre congrès à Paris au cours duquel des critiques sévères sont adressées au comité central et aux orientations du congrès de 1953. Messali Hadj en profite pour écarter les cadres qui ne lui sont pas acquis et les remplacer par ses amis. Fort de son aura il entreprend de rallier la base à sa cause. Ses diverses tentatives resteront vaines dans le Gard. Bouzid, responsable messaliste, vient à Alès en mars 1954 et rencontre Mokrane qui l’informe « que toute l’organisation a opté pour le neutralisme ». Ayant insisté pour rencontrer les militants, une assemblée générale a lieu au cours de laquelle ceux-ci confirment leur position. Trois autres tentatives auront lieu: en avril 1954, Bouzid et un second responsable viennent à Alès; le 17 mai, trois responsables dont Bouzid reviennent et demandent « une réunion avec tous les responsables d’Alès ». Satisfaction leur est accordée. Après plusieurs heures de discussions, ils repartent bredouilles. La dernière tentative aura lieu avec une troupe théatrale venue se produire en août dont le spectacle sera boycotté par les militants alésiens. Les R.G. mentionnent la présence de Bouzid à nouveau à Alès, la veille du 1er novembre 1954. Aïssa Mokrane dément cette information.

Messali Hadj convoque un nouveau congrès à Bruxelles en juillet 1954. Le comité central convoque de son côté un congrès à Alger en août. Cherif Djenkal, l’adjoint de Aïssa Mokrane, participe au congrès d’Alger (il n’est pas membre du comité central contrairement à ce qui a été écrit). Ces deux congrès officialisent l’éclatement du PPA-MTLD. Les militants d’Alès ne soutiennent pas Messali Hadj et continuent de se prononcer pour la neutralité, dans un souci d’unité, tout en manifestant leur inclination pour les « centralistes ». C’est également la position de Mohamed Boudiaf.

Le 1er novembre 1954, l’insurrection est déclenchée en Algérie par les 9 sur décision du CRUA qui lui aussi avait recommandé la neutralité dans le conflit interne au PPA-MTLD. Le 5 novembre, celui-ci est dissout par le gouvernement français. Dès le lendemain 6 novembre, la police française perquisitionne chez A. Mokrane à Alès, chez Mohammed Djenidi à La Grand Combe et chez Abdallah Hidèche à Champclauson et les informe officiellement de l’interdiction prononcée le 5. Deux autres perquisitions auront lieu par la suite.

Dans le prolongement de leurs engagements antérieurs, Mokrane, Djenkal, Djenidi et Hideche ne vont pas soutenir Messali qui créé le MNA (Mouvement Nationaliste Algérien) pour combattre le FLN. Laissons parler Mokrane: « Le MTLD devenant le FLN rentre dans la clandestinité, modifie son organisation et reste en attente d’un contact avec le FLN qui parvient fin décembre, début janvier. Changer une organisation légale en clandestine demande plus de vigilance. Une réorganisation de la base au sommet. Prendre le temps nécessaire. Prévoir les précautions et endroits de réunions et le temps. Un apprentissage continu. Pour toutes ces raisons le travail a continué mais au ralenti. »

Les historiens considèrent généralement qu’une période d’expectative a suivi l’éclatement du PPA-MTLD et le début de l’insurrection du 1er novembre, en raison des interrogations qui travaillaient les Algériens. Il semble bien que cette période ait été de courte durée dans le bassin minier du Gard.

[1955] La police fait état des premières manifestations du FLN à partir de septembre 1955. Mokrane parle de « fin décembre  début janvier 1955. » Un autre acteur, Yahia Dahmouche que Mokrane connait bien puisqu’il était lui aussi mineur à Fontanes et habitait le camp de La Loubières, indique, pour ce qui le concerne, avoir spontanément commencé à collecter de l’argent pour les familles des militants emprisonnés à la suite de l’interdiction du 5 novembre et avoir accepté de participer, en août 1955, à une rencontre dans un café du quartier de La Royale à Alès, tenu par Hocine Djémaï, en présence d’un certain « Abdallah » délégué par le FLN. A. Mokrane affirme que ce délégué régional était un ancien responsable du PPA-MTLD nommé Si Omar. « Si tu es avec ceux de la montagne, lui aurait dit Dahmouche, on travaillera avec toi,sinon… ». C’est ainsi que se serait formée la première kasma du FLN à Alès. Ce qui confirme que l’insurrection du 1er novembre correspondait bien à une attente. Elle était devenue inévitable en raison des crimes du colonialisme, des spoliations, des frustrations ressenties par le Peuple algérien. En raison de l’échec des combats pacifiques des organisations indépendantistes, stérilisés par des lois électorales iniques et une fraude massive.

Parmi les mineurs algériens des Cévennes qui, en 1954, baignaient dans un milieu largement acquis à l’idée de la prise de pouvoir par les armes, à l’image de la Révolution russe d’octobre 1917, l’insurrection du 1er novembre 1954 fut rapidement soutenue et la police indique que « jamais le MNA [ne réussira] à s’implanter dans le bassin minier ». Des groupes de choc venus de l’extérieur tenteront, de temps à autre, quelques opérations, mais sans bases locales ils seront rapidement neutralisés et le Gard ne connaîtra pas la guerre intestine qui fit tant de ravages ailleurs en France et en Algérie.

Cette première kasma désigne un chef, un responsable à la propagande et un trésorier. Sa première initiative sera d’adresser des lettres à quinze cafetiers et bouchers algériens d’Alès pour leur enjoindre de verser 1 000 Francs par mois, en s’assurant qu’ils n’ont aucun lien avec la police française. Par la suite, la structure de l’organisation évoluera en cellules, groupes et sections et Alès deviendra dans les années 59-60 un important centre de commandement. Les mineurs algériens du Gard participeront massivement aux actions et notamment aux grèves à l’appel du FLN et ils verseront l’ichtirâk avec un grand patriotisme. Mais en 1955, nous n’en sommes encore qu’aux premiers pas.

Le 5 septembre 1955, Aïssa Mokrane est arrêté par la police, à son domicile, au pied de la colline de l’Hermitage à Alès, devant son épouse et ses cinq jeunes enfants. En même temps que lui sont arrêtés deux autres dirigeants, Djenkal et Hideche. « Vous n’êtes pas près de revoir votre mari. » lance un des policiers. La jeune épouse d’Aïssa est tellement choquée qu’il faudra l’hospitaliser à Montpellier où elle décèdera le 31 mars 1956. Le certificat médical délivré le 4 avril mentionnera « un état [d’agi]tation confusionnelle ayant évolué vers un délire aigu mortel. Il semble qu’un traumatisme émotionnel grave (arrestation du mari) ait pu avoir un rôle déclenchant cependant une rechute d’une maladie de Bouillaud pour laquelle la malade avait été antérieurement soignée, s’intégrant avec les troubles mentaux et a joué un rôle certain… »

Les 5 jeunes enfants seront accueillis, les plus jeunes par l’Entraide alésienne, les autres par l’Orphelinat de la Résistance de la CGT. Le quotidien communiste La Marseillaise, sous la plume de son chef d’agence Raoul Galataud, consacrera 1/4 de page de son édition d’Alès du 16 avril 1956 à cette situation dramatique. La photo qui illustre l’article représente Aïssa Mokrane et un de ses enfants, devant la crèche. A leurs côtés, Léa Pasquier, elle-même ancienne résistante dont le mari Sully Pasquier, un cheminot communiste, fut assassiné par les waffen SS et jeté par les nazis dans le Puits de Célas (commune de Mons, au sud de Salindres) dans la nuit du 10 juin 1944. Image forte de solidarité résistante à l’oppression.

Ces arrestations, loin d’intimider les Algériens de la région d’Alès, vont au contraire leur « donner un sursaut de patriotisme » écrit Aïssa Mokrane, et susciter de nombreuses adhésions au FLN.

[1955] Sur mandat du juge d’instruction Perez, Mokrane, Djenkal et Hideche sont transférés en Algérie et incarcérés, d’abord à l’Ecole de Police d’Hussein Dey où ils sont « tabassés », puis à Berrouaghia. Depuis le 23 février 1955, le Cabinet Edgar Faure a succédé au Cabinet Mendès France. Edgar Faure dissout l’Assemblée Nationale et convoque les électeurs pour le 2 janvier 1956. A la faveur de ces évolutions politiques, alors que la guerre d’Algérie est de plus en plus impopulaire en France, Mokrane, Hidèche et Djenkal sont libérés le 9 décembre 1955. Djenkal monte au maquis où il tombera en combattant. Aîssa Mokrane qui est interdit de séjour en Algérie, doit retourner en France où sont restés son épouse malade et ses enfants. Il réussit à trouver l’argent pour la traversée Alger-Marseille et des connaissances de Molières sur Cèze rencontrées à la Gare St. Charles lui prêtent l’argent du billet de train pour Alès. Bien évidemment il se présente aux Houillères afin d’y reprendre l’emploi qu’il occupait avant son arrestation, mais il apprend qu’il a été licencié pour abandon de poste. C’est dans les semaines qui vont suivre qu’il perdra son épouse. Puisque son absence n’est pas de son fait, Aïssa Mokrane avec l’aide de Maitre Dussargues du Barreau d’Alès, attaque les Houillères devant le Tribunal des Prud’hommes. Les Houillères seront condamnées à le réintégrer avec un rappel de salaire de 1 an. Ce jugement sera confirmé en appel ainsi que par la Cour de Cassation.

[1958] En 1958, Aïssa Mokrane qui est désormais grillé dans la région d’Alès, est contraint de partir pour Paris avec ses enfants. A force de persévérance, de courage et d’intelligence, il réussira, après avoir suivi des cours de formation professionnelle, à trouver un emploi stable dans une entreprise d’usinage mécanique qui lui permettra d’élever ses enfants.

[1962] A l’Indépendance, en 1962, il rentre en Algérie. Il reprend des études à Oran qui vont le conduire à devenir professeur technique. Ce sera alors sa profession jusqu’à sa retraite dont il bénéficie désormais, entouré de l’affection des siens.

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Source I / : bernard-deschamps.net
Par : Bernard DESCHAMPS
Publié le : 18.09.2007

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II / Remise de la médaille du 50ème anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie à Monsieur Bernard DESCHAMPS :

son allocution

Monsieur le Consul d’Algérie, Messieurs les Consuls-Adjoints, Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis, vous l’imaginez, heureux de la distinction qui m’est décernée par M. le Président de la République Algérienne et que vous venez, Monsieur le Consul, de me remettre.

Je la dédie à celles et ceux qui, en France, ont soutenu le légitime et juste combat du Peuple algérien pour son indépendance.

Il y a 50 ans, le 18 mars 1962, les Accords d’Évian conclus par les représentants du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne et de l’État français, reconnaissaient le droit à l’indépendance de l’Algérie, mettant ainsi fin à 132 années d’occupation coloniale et à 7 ans, 4 mois et 18 jours d’une guerre atroce dans laquelle la France perdit son âme.

Ces accords furent ratifiés par référendum en France et en Algérie. Ils furent approuvés par 90,06% des suffrages exprimés à l’échelle nationale de notre pays ; 91% dans le département du Gard ;  94% à Aigues-Mortes et 96% à La Grand’Combe.

C’est le mérite du Général de Gaulle, d’avoir eu le courage – il dut affronter plusieurs tentatives d’attentats – de conclure cette paix après avoir, il est vrai, accentué la pression militaire durant les quatre dernières années de la guerre, de 1958 à 1962.

Faire progresser et triompher en France la reconnaissance de la légitimité du combat du Peuple algérien pour son indépendance et la nécessité de négocier avec son représentant authentique le Front National de Libération, fut un long et difficile combat. Des décennies de conditionnement idéologique, à l’école, dans la presse, la littérature, les arts, avaient formaté le Peuple de France qui croyait en toute bonne foi que l’Algérie c’était la France, pour reprendre la formule célèbre de François Mitterrand. Il fallut déconstruire cette idée par un long et patient travail d’explications. Cette action prit des formes diverses. Certains s’impliquant dans une aide directe au FLN. Ce fut le cas des réseaux Jeanson et Curriel et, dans une acception chrétienne, des réseaux de la Cimade qui furent particulièrement actifs dans le Gard.

Dans ce département, d’importantes manifestations exigèrent avec de plus en plus de force, dans un premier temps la Paix en Algérie, puis l’Indépendance. Des militants, des élus, des hommes de foi, des personnalités gardoises contribuèrent à éveiller les consciences et marquèrent cette époque de leur empreinte : Robert Jonis, un des responsables départementaux du PCF  et les députés communistes Gilberte Roca et Gabriel Roucaute ; des Pasteurs protestants, Idebert Exbrayat, Laurent et Michel Olivès ; des élus socialistes, le Dr. Jean Bastide et le Dr. Émile Guigou, en rupture alors avec leur parti ; Attilio Francini et Jean Fabrègue de la CGT ; Ninou Schwartz de l’Union des Femmes Françaises ; le Professeur Jean Brunel et Lucien Vincens, responsables du Mouvement de la Paix ; des responsables du PSU, comme Jacques Compère-Roussey et Fernand Vigouroux ;  Gabriel Bergonnier, responsable du Secours Populaire ; Jean Chabanis de Christianisme Social ; André Raulet  de la Ligue des Droits de l’Homme ; Paul Marcellin et  André Sarran de la Fédération des Œuvres Laïques  … et tant d’autres que vous me pardonnerez de ne pouvoir citer.

Le département du Gard connut de grandes manifestations pour s’opposer au départ des soldats rappelés sous les drapeaux en 1956. Elles furent réprimées par le pouvoir en place qui destitua trois maires communistes : Alexandre Molinier d’Aigues-Mortes, Sylvain Boissier de Cardet, Narcisse Bolmont de Chamborigaud et 36 militants gardois furent traduits devant les tribunaux militaires. En 1958, un jeune ouvrier communiste d’Aigues-Mortes, Marc Sagnier écrivit au Président de la République son refus de porter les armes contre le Peuple algérien. Il paya son geste courageux de onze mois de bagne, en dehors de toute décision judiciaire, à Timfouchy dans le sud algérien.

Les Algériens travaillant dans notre département, en particulier dans le bassin minier des Cévennes et sur le chantier de Marcoule, apportèrent eux aussi avec le FLN, dans les conditions difficiles de la clandestinité, leur contribution au grand combat patriotique de leur Peuple et les noms de Aïssa Mokrane (ancien mineur à Alès et qui vit maintenant à Alger) ; de Mohamed Ben Belkacem, « le professeur » ; de Mohand Cherif Djenkal mort au combat ; de Mohammed Djenidi ; de Abdallah Hideche ; de Messaoud Alaoua ; de Fatima et de Mohamed Krim ; de Mohand Bachir Sali,  sont toujours présents dans la mémoire de leurs compatriotes. Le milieu du football se souvient aussi des noms de Mohamed Bouricha, Abderrahman Defnoun (qui nous font la joie d’être des nôtres) et de Amokrane Oualiken qui, en 1958, ont tout quitté, famille et situation confortable pour rejoindre à Tunis, « La glorieuse équipe de foot du FLN ». Nous avons le plaisir d’avoir aussi parmi nous, mes amis la moudjahida Fatima Krim, le moudjahid Abderrahman Djoudi,  Mokrane le fils de Yahia Dahmouche et Youssef Mahouche parent de Lakdar Mahouche. Malheureusement le moudjahid Abderrahman Djoudi n’a pu se déplacer en raison de sa santé)

Je salue également la présence nombreuse de petites filles et de petits fils de moudjahidine venus spécialement d’Alès et de La Grand’Combe.

Jamais les patriotes algériens de la région n’organisèrent d’attentats contre nos compatriotes, pourtant la répression fut cruelle, allant jusqu’à la torture à l’eau et à l’électricité pratiquée à Saint Hippolyte du Fort.

Cinquante ans, c’est court à l’échelle de l’histoire de l’humanité, mais l’Algérie est depuis devenue une grande nation respectée dans le monde. Sa voix est écoutée pour sa politique de Paix, comme en témoignent une nouvelle fois, ces temps-ci, son soutien au Peuple palestinien et à l’Autorité palestinienne et sa recherche persévérante d’une solution pacifique à la situation du Mali. C’est un diplomate algérien, Lakdar Brahimi,  qui a été désigné par les Nations Unies pour tenter de trouver une issue négociée au drame que vit la Syrie.

Ce ne fut pas facile de bâtir une société nouvelle, pour ce Peuple  décimé par huit années d’une guerre atroce et privé d’une partie de sa population d’origine européenne poussée à l’exil en 1962, par les crimes de l’OAS. Il releva cependant le défi avec courage et aujourd’hui des Écoles, des Université, des Hôpitaux existent sur l’ensemble du territoire, alors que 10% seulement des petits Algériens étaient scolarisés avant l’indépendance et que les épidémies, la tuberculose notamment, faisaient des ravages. Ce Peuple déjà si éprouvé par la dure lutte menée pour son indépendance contre une des armées parmi les plus puissantes du monde, fut également confronté à une terrible guerre civile manipulée de l’étranger, qui fit quelque 200 000 victimes durant la décennie noire des années quatre-vingt-dix. Il s’en est relevé et l’Algérie a aujourd’hui retrouvé la paix.

L’Algérie est un immense chantier. Des grues partout. Des autoroutes, des ponts, des barrages hydrauliques, des immeubles locatifs en nombre sont construits et, dans ce pays où existe le multipartisme et une presse irrespectueuse et très combative, d’importantes réformes sont en cours pour approfondir la démocratie. Le peuple algérien évolue à son rythme en toute souveraineté et il n’accepte pas qu’on lui dicte sa conduite de l’extérieur. Nous devons respecter sa volonté.

C’est cette réalité que les voyageurs qui s’y rendent découvrent et que continuent de nier les revanchards de « L’Algérie française » qui avaient, en mars dernier, ici même,  mis notre colloque d’historiens en état de siège.

Le Peuple algérien qui a combattu victorieusement le colonialisme français, n’a pas de haine pour le Peuple de France. Il aspire au contraire au développement de liens durables d’amitié  avec notre pays et notre Peuple. C’était l’objectif du projet de traité d’amitié décidé en 2003 par les Présidents Bouteflika et Chirac et enterré depuis par Sarkozy. Dans quelques jours, le Président Hollande se rendra en voyage officiel en Algérie. Son élection a soulevé un grand espoir dans le Peuple algérien et sa condamnation du pogrom du 17 octobre 1961 à Paris a été saluée comme un geste important, même si des pas restent encore à faire pour reconnaître et condamner définitivement le crime que constituait le colonialisme.  On peut légitimement espérer que cette visite marquera un tournant dans les relations entre l’Algérie et la France. C’est mon vœu le plus cher.

La distinction que vous me remettez aujourd’hui, Monsieur le Consul, témoigne de la reconnaissance par l’Algérie de l’action menée en France pour l’indépendance de votre pays. Elle témoigne également de la volonté de l’Etat algérien de nouer et d’approfondir des relations confiantes d’amitié avec notre pays. Je la reçois comme tel. Certes j’étais et je suis toujours très engagé dans cette démarche, mais d’autres ont fait tellement plus que moi. Aussi vous me permettrez de dédier cette médaille tout spécialement à mon camarade Marc Sagnier qui, le 4 mai 1958, écrivit au Président de la République française :

« Monsieur le Président,

J’ai longuement réfléchi à la guerre que nous poursuivons depuis quatre ans et j’ai pris la décision de vous informer de mon refus d’y participer […] car ma conscience m’ordonne de ne pas faire la guerre à un peuple qui lutte pour son indépendance. Je ne refuse pas d’accomplir mon service militaire, car j’aime mon pays qui fut toujours à l’avant-garde de la lutte pour les libertés et je veux être capable de le défendre s’il est attaqué, aussi je me tiens à la disposition des autorités militaires. »

Marc nous a quittés prématurément en 1995. Les sévices qu’il avait subis en détention ne sont pas étrangers à son usure précoce. S’il vivait encore, c’est lui qui aurait mérité de recevoir cette distinction et il serait heureux des progrès accomplis par l’Algérie, malgré d’immenses difficultés, depuis l’Indépendance.

Vous voudrez bien, Monsieur le Consul, transmettre à Son Excellence Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire, mes sentiments de profonde gratitude pour cette distinction qui honore tous les amis de l’Algérie.

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Source II : pcf-nimes.over-blog.org
Publié le : 27 Novembre 2012 par section pcf Nimes

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III / ALGÉRIE J’ÉCRIS TON NOM

Algérie, j'écris ton nom.

Quel est ce territoire longtemps sans nom, sans état, sans police, sans route, sans institutions propres ?
Quelle est cette bande de terre, prise en étau entre Méditerranée et un vaste désert dont il est facile de comprendre que sa quasi vacuité territoriale et institutionnelle le fit appartenir aux plus entreprenants ? Jugez-en par son occupation successive depuis ces 2.000 dernières années.
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En -148 avant J.-C. ce furent les Carthaginois (714 ans),
ensuite les Les Romains, (584 ans),
puis les Vandales (100 ans),
remplacés par les Byzantins (112 ans),
auxquels succèdent les Arabes (865 ans),
lesquels seront chassés par les Turcs (315 ans),
suivis des Portugais (17 ans)
et des Espagnols (282 ans).
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Enfin pour la période sur laquelle nous nous pencherons plus particulièrement en ce 50ème anniversaire de la présence des ressortissants de notre pays, les Français (130 ans), mais aussi des émigrants de presque tous les pays de l’actuelle Europe et oserais-je mentionner les occupants depuis à peine 50 ans sous le nom de «nationaux du moment » ?
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1830 – Quand, le 14 juin, les troupes royales de Charles X, roi des Français, embarquées à Toulon et commandées par le maréchal de Bourmont débarquent à Sidi Ferruch à l’Ouest d’Alger, elles ont un double but :
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premièrement supprimer la piraterie qui sévit de façon endémique depuis plus de trois siècles au détriment des biens et navires marchands non seulement français mais aussi anglais, italiens, espagnols, américains… croisant en Méditerranée.
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Deuxièmement, abolir la mise en esclavage des équipages et passagers qui en résulte ; soit deux fléaux qui procurent à la Régence d’Alger l’essentiel de ses ressources qu’elle n’est pas capable de produire autrement.
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Le 19 juin,
 cinq jours après un débarquement à peine perturbé par des cavaliers en patrouille, les 50.000 guerriers de Hussein, le Dey d’Alger, soit des troupes de janissaires turcs, kabyles, arabes et kougoulis, commandés par son gendre Ibrahim sont vaincus par les armes de 20.000 soldats français à Staoueli sur la route d’Alger.
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Le 05 juillet, les prisonniers du bagne d’Alger sont libérés ; parmi lesquels un marin toulonnais qui survivait là depuis 20 ans. Au même moment, le Dey embarque sur la goélette Jeanne d’Arc, mise à sa disposition, ainsi que celle de sa famille, par le gouvernement français qui fait preuve de sa légendaire politesse : «après vous, monsieur le Dey ». C’est au tour, 10 jours plus tard, de 2.500 janissaires turcs de regagner Istamboul. Puis ce sont les villes de Blida, Mers el Kebir, Bône, Oran qui tombent aux mains des français qui y plantent la bannière à fleur de Lys, avant qu’elle ne soit remplacée le 17 août par notre actuel drapeau tricolore. Le roi est chassé du trône, vive la République française !
A peine débarqués, les Français organisent la colonisation avec les indigènes, mot qui signifie très exactement : « celui qui habite son propre pays ». Dans les 7 mois qui suivent leur arrivée, les Français créent le corps des Zouaves, essentiellement composé de Kabyles (tribu des Zouaouas) et entérinent l’élection de Bacri, chef de la communauté des 5.000 juifs d’Alger dont 2 de ses membres ainsi que 7 musulmans vont entrer, à cette même période, au premier Conseil Municipal d’Alger.
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1831 – On parle souvent de massacres en Algérie en faisant allusion à ceux des années 1960, mais en ce premier janvier de 1831, les habitants de la ville de Médea qui s’était déclarés favorables à la France sont massacrés après le départ des troupes françaises. Une pratique qui fera recette tout au long des conflits armés entre la France et certains chefs de tribus locales.
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Novembre de la même année verra le commerçant Abou Derba, à la tête d’une délégation de notables algérois, demander au gouvernement français de maintenir et poursuivre la colonisation par crainte d’un retour à l’anarchie et l’insécurité ; 3.000 civils européens peuplent déjà la colonie.
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1834 – Après la victoire totale le 2 février du général Desmichels, ce dernier propose à Abd el Kader, chef d’une unique tribu, de signer un traité que la communauté des historiens reconnaît aujourd’hui comme avoir grandement avantagé l’émir, au point de laisser croire à ses partisans du moment et ceux à venir que le gouvernement français a perdu la face et que ce qui ne pourra jamais être conquis par les armes pourra l’être par la terreur et l’endoctrinement politico-religieux, ce qui va être lourd de conséquence.
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Après avoir créé un Bureau des Affaires Arabes afin d’offrir un statut particulier qui ne soit pas en contradiction avec les coutumes religieuses et juridiques musulmanes,
 puis avoir installé un Gouverneur Général qui contrôle, entre autres, le développement matériel et les énormes investissements financiers consentis par l’Etat et des organismes privés à la nouvelle colonie, la France progresse dans la pacification des territoires, l’installation d’une agriculture solide et d’un commerce florissant qui amènera plus de 100 années après, au constat suivant :
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1937 – Le Gouverneur Général de l’Algérie (nouveau nom du territoire inventé en 1838 par l’administration française) et les Assemblées Algériennes où siègent côte à côte aussi bien des musulmans d’origine berbère ou arabe descendants des anciens envahisseurs que des Européens, constatent que l’Algérie du moment occupe un territoire d’une superficie légèrement supérieure à la moitié de la France. Elle est peuplée de 7.147.157 habitants, soit 6.201.144 indigènes et 946.013 européens dont la moitié d’origine française. Les deux communautés travaillent tant dans les quelques 972 villages de la campagne dont plus de 80 % sont des créations purement françaises. Les Indigènes sont plutôt éleveurs de troupeaux tandis que les cultivateurs sont essentiellement d’origine européenne. Dans les villes, une masse de plus en plus importante est aspirée par les grandes agglomérations comme Alger, Oran et Constantine. Les terres algériennes appartiennent au deux tiers aux musulmans, tandis que l’industrie et le commerce est aux mains des Européens.
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1942 – Alger fait partie de la France non occupée par les Allemands et suite au débarquement des troupes alliées, la principale cité de l’Algérie devient le siège du gouvernement de la France Libre du Général de Gaulle. Il apparaît aujourd’hui que les partisans de Ferhat Abbas, futur leader indépendantiste, auraient secrètement négocié avec le gouvernement provisoire de la France, dès cette époque, une autonomie accrue de cette province française, contre la participation des musulmans à l’effort de guerre, principalement en nombre d’hommes engagés au combat.
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1954 – L’agriculture de l’Algérie, considérée comme le «grenier de la France» tant elle exporte vers la métropole des quantités importantes de produits frais, secs ou viticoles, vient à connaitre une crise importante due à la concurrence des produits du sud de l’Europe (majoritairement la France, mais aussi l’Italie et l’Espagne). L’industrialisation, malgré les ouvertures de nouvelles mines, l’exploitation de nouveaux champs pétroliers, reste faible avec moins de 200.000 ouvriers concentrés sur les grandes agglomérations dont la population musulmane est devenue majoritaire, d’où une paupérisation accrue et un chômage croissant dans une population toujours plus jeune et peu instruite. Ce cocktail explosif amène ceux-là même qui n’avaient jamais envisagé un avenir séparé de la France à écouter les discours irresponsables des communistes métropolitains et moscovites, ou encore ceux des nationalistes musulmans intégristes : l’Algérie aux musulmans !
Après le meurtre cette même année d’un jeune couple d’instituteurs français ainsi que d’un musulman qui s’est courageusement interposé entre eux et leurs agresseurs, la guerre d’Algérie que l’on nomme alors, pacification d’un territoire français prend une tournure irrévocable.
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1962 – Les « évènements d’Algérie », guerre qui ne dit pas son nom, se termine par les accords d’Evian signés par ben Youcef ben Keddah et les représentants du gouvernement du Général de Gaulle, « appelé » aux commandes de l’Etat en 1958 et assisté dans cette «tâche» de liquidation d’un territoire français par son ministre Louis Joxe. Ainsi est bâclé de façon incontestable 130 ans de présence et de culture française.

Si les clauses furent et sont toujours respectées scrupuleusement par l’actuel gouvernement français, comme par l’achat 30% plus cher de son gaz et pétrole, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles furent et sont toujours bafouées par l’actuel régime algérien.
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A l’heure actuelle, dans un climat de négationnisme et de repentance, on voudrait nous faire croire que la France fut et demeure un pays d’esclavagistes, particulièrement doué pour faire « suer le burnous » à des populations innocentes.

Alors que penser de ce qu’écrivit E.-F. Gauthier dans son ouvrage (Un siècle de colonisation) :

« S’il existe quelque part sur la planète une région où tout mis en balance, le phénomène colonial ait abouti à un épanouissement plus éclatant qu’en Algérie, on n’imagine pas où cela peut bien être. »

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Source : histoiresdefrance.wordpress.com
Par : Lio de France.
Article déjà publié sur : Revue Sud Est   –  Résistance Républicaine
ANNEXES : Avenir de l’Algérie par Alain Soral (vidéo 19:01)

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Reblogué et mise en page par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.12.2017
Dernière mise à jour : 25.12.2017

Combattants polonais du pays grand-combien morts pour la France 39-45 ?

MaquisardsPolonais
Photo2016© Plaque des Héros polonais tombés pour la libération de la France – BOHATEROM POLSKIM POLEGLYM O WOLNOSĆ FRANCJI
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I / PLAQUE EN HOMMAGE AUX HÉROS POLONAIS TOMBÉS
POUR LA LIBÉRATION DE LA FRANCE, ALÈS (GARD)

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Sur le mur de la Bourse du Travail [de la ville d’Alès, capitale régionale des Cévennes], une plaque rend hommage aux Polonais tombés pour la libération de la France : combattants volontaires 1939-1940, résistants et maquisards de la région alésienne FTP-MOI, CFL, et réfugiés polonais arrêtés à Lasalle le 28 février 1944 et pendus à Nîmes le 2 mars 1944.

Contexte historique

ADAMIAK Eugène, né en Pologne en 1924, mineur à la Grand-Combe, FTPF, blessé grièvement par un milicien qu’il était chargé d’exécuter ; il meurt lors de son transport le 16 juillet 1944 près de St Florent-sur-Auzonnet. (son nom figure aussi au monument aux morts du cimetière de la Grand-Combe et depuis 2012 sur une plaque commémorative à Saint Forent-sur-Auzonnet).

CZARNECKI Henri né à Bessèges en 1926, élève au Lycée polonais de Villard-de-Lans, FFI, tué sur le plateau de Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1944.

DAMASIEWICZ Josef, né en Pologne en 1892, réfugié, venu du camp de Vernet-les-Bains au Centre d’accueil de Lasalle avec sa famille en décembre 1942, pris par la police allemande le 28 février 1944 avec 20 autres otages polonais, pendu à Nîmes le 2 mars 1944, enterré dans le carré militaire au cimetière du Pont de Justice à Nîmes.

ECKARDT Émile, d’origine alsacienne, gérant de l’hôtel du Fangas sur le Mont Aigoual, pris en otage par les SS le 29 février 1944 à Ardaillès, pendu à Nîmes, le 2 mars 1944.

JANKOWSKI Jan né en 1902 en Pologne, fonctionnaire au Consulat polonais à Paris, réfugié, arrivé du camp de Vernet-les-Bains avec son épouse en décembre 1942 au centre d’accueil n° 67bis de Lasalle dont il était le gestionnaire, pris par la police allemande comme otage, pendu à Nîmes le 2 mars. Cimetière du Pont de Justice.

JEDRZEJEWSKI Casimir, mineur à La Grand-Combe, pseudo « Maurice » au maquis FTP des Bouzèdes, arrêté après l’attaque de la Maison Centrale de Nîmes. Fusillé au Fort de Montluc à Lyon le 19 juin 1944.

JUSZCZYK Stanislas, domicilié au Martinet.

KASJANOWICZ Stanislas, né en 1918, soldat polonais réfugié, arrivé depuis fin 1943 avec son épouse au Centre d’accueil de Lasalle, pris le 28 février 1944 par la police allemande et pendu le 2 mars à Nîmes. Cimetière du Pont de Justice.

KIJAK Marian

GIERONOWICZ Edward, né en 1926 en Pologne, domicilié aux Brousses, parti au maquis, tué par une patrouille allemande.

KISZKA Wawrzyniec (Laurent), né en 1921 en Pologne, mineur au Martinet. FTP-MOI à Marseille en 1943 tua, avec Lucien Vivaldi, le Président de la Section spéciale de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence. Arrêté fin janvier 1944, condamné à mort, libéré par un groupe FTP, caché dans le maquis des Basses-Alpes, capturé par les Allemands près de Digne, il décéda à l’hôpital le 23 mai 1944 (Son nom figure sur la plaque commémorative au Martinet).

KOWALSKI François

LUKAWSKI Jan, né en 1924 à Paris, réfugié venu de Vernet-les-Bains depuis fin décembre 1942 dans le Centre d’accueil de Lasalle. Pris par la police allemande le 28 février 1944 et pendu à Nîmes. Cimetière du Pont de Justice.

MALINOWSKI Stanislas, né en 1922 en Pologne, mineur à Cendras, FTPF 7202e Cie, pseudo « Jouhaux », blessé et achevé par les Allemands au combat de La Rivière (Lozère) le 5 juin 1944.

MASLAK Jan domicilié à La Grand-Combe.

MLYNARCZYK Josef

PIETRZYKOWSKI André, domicilié à Portes, 7207e cie FTPF, pseudo « Biscuit », tombé à Moussac lors de l’accrochage du 25 août 1944 avec une colonne allemande. Son nom figure à Portes et à Moussac.

PIWKO Jan domicilié au Martinet.

SOCZAWA Eugène

STRUZYK Eugène, domicilié à Bessèges, pseudo « Oxis », CFL, tombé lors de la bataille du Pont d’Auzon en août 1944 (son nom figure sur la stèle d’Allègre et de Bessèges)

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II / LA JUSTICE DÉSHONORÉE 1940-1944

Couverture
 

On croit à tort que la justice au temps de Vichy se résume aux seules cours martiales et autres sections spéciales de sinistre mémoire. C’est ignorer que les tribunaux correctionnels, incarnation de la justice quotidienne la plus ordinaire, ont prononcé jusqu’à deux fois plus de peines qu’avant-guerre.

Aux ordres du gouvernement de Laval, c’est l’histoire de la justice des années sombres qui est ici étudiée. Certes, les gardes des Sceaux de Pétain n’ont guère touché aux structures et à l’organisation du système, mais ils n’ont pas cessé de politiser cette justice et d’élargir les champs d’application des textes répressifs. En détournant les lois républicaines ou en promulguant de nouvelles, l’État français élabore pas à pas un « droit commun » visant à placer hors d’état de nuire tous ceux qui pourraient mettre l’ordre nouveau en péril : Juifs, communistes, réfractaires aux chantiers de la jeunesse et au travail obligatoire, détenteurs de faux papiers ou simplement auteurs de délits d’opinion.

Tout naturellement, les premiers résistants forment bientôt une nouvelle catégorie de justiciables, contre lesquels vont particulièrement s’acharner les juridictions d’exception. C’est bien cette politisation à outrance des tribunaux qui explique l’inflation judiciaire de l’époque. Virginie Sansico montre, par le dépouillement d’une masse considérable d’archives (en particulier du ressort de la cour d’appel de Lyon), la justice de Vichy en train de se faire. Le sordide côtoie le dérisoire, le tragique voisine avec le pathétique… Une chose est certaine : l’iniquité était bien souvent au rendez-vous, déshonorant une institution dont l’histoire semblait pourtant si intimement liée à celle de la République.


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III / La résistance polonaise en France

POWN, PKWN et autre FTP-MOI

Ceux qui n’étaient pas mobilisés dans l’Armée régulière polonaise en France, ou qui n’ont pas pu rejoindre l’Angleterre, ont été les piliers de la Résistance qui commençait à s’organiser dans la clandestinité… sous l’inspiration du Consul Général A.Kawalkowski alias Justyn, en accord avec le Gouvernement polonais réfugié à Londres, aidé par un émissaire Czeslaw Bitner.

Cette Organisation a été crée le 6 septembre 1941, en collaboration avec la Résistance française. Elle avait pour mission le renseignement, le sabotage, la rédaction et la diffusion de journaux clandestins en langue polonaise, française et allemande, la recherche et la préparation de terrains de parachutage.

La capacité de parachutage consistait en 60 bases de réception dont 19 dans le midi, 41 dans les Nord et le Centre, conformément aux messages transmis par la section française de la BBC. Y ont été parachutés des officiers, sous-officiers, des armes, du matériel de liaison radio, des explosifs.

Cette Organisation clandestine sur le territoire français a pris comme nom la P.O.W.N. Polska Organizacja Walki o Niepodleglosc – Organisation Polonaise de Lutte pour l’Indépendance. En 1943, l’Organisation comportait 4 000 membres ayant prêté serment.
Ce n’est que lorsque dans la nuit du 22 au 23 juillet 1943 le colonel Antoni Zdrojewski a été parachuté, qu’a commencé la véritable lutte armée militaire.

Le colonel Zdrojewski a été Chef des opérations militaires polonaises sur le sol français. Il était en contact suivi avec le général Marie-Pierre Koenig, commandant en Chef des F.F.I.

Les relations entre Français et Polonais, combattant l’ennemi commun étaient très amicales. On trouvait des compagnies polonaises dans le maquis dans le cadre des FFI. L’Organisation très sophistiquée comportait des sections de transport et d’acheminement des hommes et du matériel parachuté vers leurs lieux de destination.

Aux femmes et aux jeunes Scouts incombaient les missions de liaison, du renseignement, du transport de journaux clandestins, de tracts, etc…

Les unités du renseignement ont transmis l’information sur 182 rampes de lancement de bombes volantes VI et V2 dont 162 ont été bombardées par l’aviation alliée.

La section sabotage avait pour mission de détruire les lignes téléphoniques et hautes tensions, de dresser des barricades sur les routes, de détruire ou déplacer les poteaux de direction. Leur mission consistait également à provoquer voire faciliter la désertion de l’armée allemande ou de l’Organisation Todt, d’éléments enrôlés de force, de Polonais ou d’Alsaciens qui par la suite ont participé dans la libération de la France dans les rangs de la POWN ou autres cellules de la Résistance française. C’est ainsi que 15 000 [personnes] de la Wehrmacht et 10 000 de l’Organisation Todt, ont été soustraites à l’effectif allemand. Le général Eisenhower a estimé que l’action de la Résistance représentait un apport équivalent à 8 divisions militaires.

Les Unités polonaises combattaient ouvertement la Wehrmacht. Le bataillon LVOV combattit dans le Cantal et en Corrèze, le bataillon Varsovie fut engagé dans les opérations de l’Isère et des Alpes. En juillet 1944, un mois avant la libération de l’Isère, les élèves du Lycée polonais de Villard de Lans prirent part au combat contre les Allemands aux côtés des maquisards français, sur le plateau du Vercors. Sur les 27 Polonais, pour la plupart âgés de 16 à 19 ans, 11 périrent avec 2 professeurs et le médecin de l’école.

Des unités polonaises de la POWN luttèrent aux côtés des FFI dans les départements de la Côte d’Or, du Jura, de la Saône et Loire.

Lorsque le contact fut établi entre la POWN et le CNR, les groupes de combat dirigés par le colonel Zdrojewski furent rattachés au mouvement des FFI, sur la base d’un accord conclu à Lyon le 28 Mai 1944 entre le général Chaban Delmas, délégué militaire du Gouvernement provisoire de la République Française et le général Zdrojewski. L’Organisation POWN n’était pas la seule impliquée dans la Résistance sur le territoire français. D’autres groupes de résistance existaient à l’instar de ceux émanent du Parti Communiste Français tels que la section polonaise de la main-d’œuvre immigrée, la MOI. Elle entretenait une correspondance avec Fred (Alias Jacques Duclos).
Les membres des groupes de langue polonaise de la MOI étaient surtout d’anciens soldats des Brigades Internationales d’Espagne, de la Brigade Jaroslaw Dabrowski (environ 3 000 hommes).

L’arrivée de la POWN dans le bassin minier du Nord-Pas de Calais , entraîna une confrontation entre les partisans du gouvernement polonais en exil à Londres et le réseau MOI du PCF.

Des Polonais s’engageaient également dans les Bataillons de la Jeunesse. Ils étaient présents de ce fait dans deux organisations qui allaient donner naissance à la puissante Organisation de résistance des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTP) après l’agression de l’URSS par les armées d’Hitler en Juin 1941.
D’autres Unités étrangères d’obédience juive étaient actives, avec comme identité ou appellation : (Juif né en Pologne).

En 1944, on commença à former des Comités Polonais de Libération Nationale PKWN qui appuyaient la politique communiste de la Pologne, elle était opposée à la POWN sous les ordres du gouvernement polonais en exil à Londres.

Les membres du Parti Socialiste Polonais PPS avaient donné naissance dès le début de 1941 dans les départements du Nord et Pas de Calais à deux organisations clandestines, l’Organisation S et Orzel Bialy (Aigle blanc).
Ces deux organisations avaient pour but d’informer les Polonais de France sur l’évolution de la situation militaire et propager l’idée de Résistance aux Allemands.

Bien amicalement, Prosper ;) ;)

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IV / Enquête Cévenole 2nd volet : le Maquis Communiste

Rappel du contexte

Mon Grand-père, Laurent DAVID, a dirigé une grande entreprise à Alès pendant la guerre, les Houillères de Rochebelle. Il aurait évité à 200 jeunes français le STO [Ervice du Travail Obligatoire en Allemagne, NdE]. Il aurait aidé à nourrir les ouvriers de la Mine. Il a été lynché et quasi exécuté par les maquis FTP (communistes) à la Libération, et pas les autres patrons de Mines. Pourquoi ? 70 ans après, je mène l’enquête.

Synthèse de ce Second Volet de l’enquête

Les historiens font aujourd’hui la différence entre maquis et résistance. Les maquis ont permis à des fugitifs (réfractaires, travailleurs étrangers, militants communistes, juifs, etc.) de se cacher tout en bénéficiant d’un soutien croissant des populations rurales environnantes. Les résistants ont pris les armes et ont contribué à organiser les actions contre l’occupant. La résistance a été obligée de structurer et approvisionner les maquis.

Il y a eu dans un second temps création de maquis résistants.  De nombreux témoignages suggèrent qu’à partir de 1943, les résistants communistes ont cherché à rééduquer les populations rurales tout en réquisitionnant vêtements, essence et nourriture. Le message est très mal passé auprès de ces populations, les paysans étaient trop souvent malmenés et traités de profiteurs de guerre.  Par ailleurs, l’endoctrinement communiste des jeunes résistants, et le projet politique affiché pour la libération ne plaisait pas toujours aux populations. Les résistants communistes ont donc été conduits à assouplir leur position, ne serait ce que pour continuer à s’approvisionner. Mais jusqu’au bout, des groupes de résistants apolitiques et des habitants de zones rurales leur ont reproché leur double jeu.

Des stratégies différentes dans la Résistance

Il y a eu différents groupes résistants sur des mêmes territoires. Et pour déjouer l’occupant, il a fallu [que] ces groupes se déplacent régulièrement, quitte dans certains cas à se disputer des territoires ou des sources d’approvisionnement. Assez vite cependant, un clivage s’est formé entre les maquis dits FFI (en général reconnaissant l’autorité de de Gaulle et du Conseil National de la Résistance), et les maquis FTP (communistes, qui participaient au CNR, mais n’appliquaient pas toujours ses directives sur le terrain). Avec dans le Gard et Le Languedoc, un contrôle du commandement FFI par des communistes convaincus et le refus des résistants apolitiques d’obéir aux ordres des communistes.

Conséquence, dans le Gard, les communistes se jugeaient majoritaires [et] donc avaient des positions plus dures que dans d’autres régions.  Parmi les grandes divergences entre maquis nous avons noté les points suivants :

  • Quand attaquer l’Occupant ? Le choix des FFI consistait à rester caché jusqu’au jour du débarquement, où les forces de la résistance devraient se soulever contre l’occupant pour gêner sa logistique. C’était la position du Général de Gaulle. Le choix des FTP était différent, il fallait engager l’ennemi dès que possible par des exactions d’éclat, pour deux raisons : pour fixer des troupes en France (et soulager la pression en Russie) et pour frapper l’opinion publique des villes et imposer le parti communiste comme première force d’opposition à l’occupant.
  • Quel recrutement pour la résistance : compte tenu de l’absence d’armes et des problèmes d’alimentation, ni les FFI ni les FTP ne voulaient voir grossir trop vite les effectifs résistants. Mais les maquis FTP endoctrinaient leurs troupes donc cherchaient des recrues, si possible dans des univers où le discours communiste passait bien, c.à.d. dans le monde ouvrier.
  • Quel programme à la Libération ? Le choix des FFI consistait à restaurer au plus  vite la  légalité républicaine, et s’il fallait juger des collaborateurs, le faire dans le respect des droits de la défense et si possible à l’abris de réactions populaires locales exacerbées. Le programme des FTP consistait à créer des milices populaires en charge de reprendre la gestion des affaires courantes et juger des crimes de guerre. Les Gaullistes voulaient absolument éviter ces formations de milices populaires et la priorité de la libération a consisté à désarmer ces milices, une fois l’occupant chassé.
  • Que penser des paysans propriétaires et des notables des villages et des villes : les FFI les voyaient soit comme des profiteurs de guerre qui collaboraient d’une manière ou d’une autre, soit comme des relais essentiels pour approvisionner les maquis : dans le doute, sauf quand la collaboration était indiscutable, ils les ménageaient. A l’inverse, les FTP les voyaient comme des ennemis de classe et des collaborateurs qu’on pouvait malmener pour la bonne cause.

La Résistance dans les Cévennes

On a surestimé après-coup l’impact militaire de la Résistance : Il n’y a pas « Une » Histoire de France, il y en a plusieurs, selon le point de vue de celui qui l’écrit. L’idéologie gaulliste et communiste se sont construites sur le mythe d’un pays résistant à l’occupant.
Le communiste en tant que « parti des 70.000 fusillés » de la résistance (un historien américain en vue, en a reconnu 350). Le Gaulliste quand Eisenhower a reconnu que la résistance française équivalait à six divisions.  Les historiens sont plus nuancés aujourd’hui sur l’impact militaire effectif de la Résistance. Un anglais facétieux expliquait que les 150 principaux attentats commis par la résistance en France ont employé moins d’explosifs que n’en transportait un Mosquito (avion en Balsa qui pouvait transporter jusqu’à 900 kg de bombes).

On a confondu Maquis et Résistance : La réalité historique, vue par les historiens anglo-saxons de l’engagement résistant en France, c’était quelques héros peu nombreux, des tas de jeunes fuyant dès 1943 le travail forcé en Allemagne, plus un engagement tardif de populations en nombre croissant à partir du 7 juin 1944. Autant le « Maquis » constitue une réalité historique indéniable, avec des centaines de milliers de fugitifs dès l’été 1943 nourris et vêtus par les populations rurales dans un fantastique élan de solidarité, autant la Résistance sera resté un phénomène très restreint dans le temps et dans l’espace à l’exception de quelques zones bien précises (Vercors, etc.). Après-guerre, on associera le Maquis aux Groupes résistants, alors que les Maquis dans la très grande majorité des cas n’étaient pas armés.

Les communistes, en militant contre la guerre en 39/40, avaient aidé les nazis au départ : Ces mêmes historiens anglo-saxons rappellent qu’à l’entrée en guerre de la France en 1939-1940, la signature du Pacte Hitler-Staline a conduit des militants communistes à militer contre l’entrée en guerre. On a déploré en 1940 des actes de sabotage contre l’industrie de l’armement française du fait de résistants communistes. Pour ces raisons, les communistes n’étaient pas forcément légitimes en 1942 et 1943 aux yeux de la population pour incarner la défense de la patrie, même si de nombreux militants communistes ont donné leur vie dans la résistance.

Principaux Maquis Cévenols : de nombreux fugitifs se sont cependant regroupés dans les Cévennes dès 1943 pour développer des actions de guérilla. L’histoire a conservé le nom d’Aigoual-Cévennes (mars 43 – Août 44), Lasalle (mi-juillet 43 – fusion en juillet 44 avec Souleirade dans Aigoual-Cévennes), Mandagout (juillet 43 – août 44), Bir Hakeim (déc 43 – mai 44) et FTP Maquis du Serre.

En 1943, la police de Vichy avait une obsession : retrouver les réfractaires qui voulaient échapper au STO. Les groupes de résistants ont donc été obligés de se déplacer très régulièrement pour échapper aux rafles. Ces déplacements permanents (toutes les 4 à 6 semaines) ont conduit Vichy à surestimer le nombre de résistants, donc à confiner fin 1943 les forces de police dans les villes (elles n’osaient plus s’aventurer dans les maquis, persuadées que les résistants étaient partout). Dans la ville d’Alès, cependant, il y avait une garnison allemande en plus de la police de Vichy. On peut donc imaginer que les résistants étaient moins visibles dans Alès. Et que  le « refus » de payer l’impôt révolutionnaire exigé par les communistes y était plus facile. A la Grand Combe ou à Bessèges, les deux autres grandes Mines du bassin, dans des vallées étroites éloignées de la garnison d’Alès, il était certainement plus difficile aux entreprises minières de résister aux pressions des maquis.

Autre indice troublant, il y a eu un « casse » de la caisse de la Mine de Rochebelle le 6 juin 1944 (100.000 euro de l’époque), et une action de sabotage à Rochebelle le 21 juin 1944 mais pas dans les autres mines. Le seul autre attentat significatif reporté sur le bassin a eu lieu à la Grand Combe en 1943.

Mr X était résistant, lui

En discutant avec le responsable d’un lieu de mémoire des Mines dans le bassin, il m’a été répondu : « Nous ne trouvons pas trace de votre grand père mais M X (le patron d’une autre mine) a été en contact avec la résistance », je me suis intéressé à un autre volet de l’enquête : sur quels critères, certains responsables ont[-ils] sauvé leur job et pas d’autres en 1944 ? Peut-on imaginer que Laurent n’ait pas été en contact avec la résistance ?

Par ailleurs, je découvre avec surprise qu’en dépit d’un programme d’investissements importants en 1940 et 1941, suite à une augmentation de capital,  la Mine de Rochebelle a vu sa production baisser de 18% entre 1940 et 1942, malgré les injonctions de Vichy (Laurent a été convoqué chez [Pierre] Pucheu en 1942), alors que les autres mines du bassin d’Alès ont augmenté leur production sur la même période. Et alors que la Mine dirigée par ce Mr X, a augmenté sa production pour les allemands en 1942….
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Source I : © Mémoire et Résistance dans le Gard Droits réservés
Page Internet : MuséedelaRésistanceEnLigne.org
Date document : 2016
Lieu : France – Languedoc-Roussillon – Gard – Alès

Source II : La Justice Déshonorée 1940 – 1944 / GoogleBooks
Par : Virginie Sansico
Éditeur : Tallandier – 624 pages

Source III : www.39-45.org
Par : Prosper Vandenbroucke
Posté le : 15 Nov 2016, 17:51

Source IV : famille-david-dubois.fr
Par : Antoine David © 2017 Famille David
Posté le : 2017 ?

Articles I, II, III & IV reblogués : Mas de la Regordane / GD
Première parution : 24.12.2017
Dernière mise à jour : 04.08.2018

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Emile Aujoulat, 30 ans de mines à La Grand-Combe

LGC.12
Photo de La grand-Combe (30110) dans les années 1900 ?

[Jolie trouvaille sur Internet que cette page personnelle décrivant parfaitement et en un style simple, mais réaliste, l’ambiance des « Riches Heures des Mines de La Grand-Combe. »]

AUJOULAT des HUBACS

[1908] C’est le 29 mars 1908 à La Grand-Combe que nait Émile Auguste AUJOULAT, dernier des 3 fils ayant survécus, le benjamin de Louis Jean Pierre AUJOULAT et de Marie Lucie DOMERGUE.

[1911] Il n’a pas 3 ans, lorsqu’en 1911, meurt cette soeur ainée, Anne Marie Rosalie, qui fût, sans nul doute, une seconde maman. Mais il est bien trop jeune pour en avoir des souvenirs.

[1919] Au retour de la guerre, selon la coutume, son frère ainé Louis reprend la ferme familiale. Son cadet, Ernest qui est aussi son parrain, part travailler aux Mines. Il a peut-être 14 ans, mais il doit contribuer aux travaux de la ferme.

[1924] A la mort de sa mère, en 1924, il n’a pas 16 ans. Seul avec son père, suite au départ de l’ainé, ils tentent de reprendre cette moitié de ferme. Tâche impossible, ils se replient sur leur petit commerce, et autres travaux saisonniers, surtout l’hiver, à la …

Compagnie des Mines de La Grand-Combe :

à 15 ans, du 19 Octobre 1923 au 05 Avril 1924,
à 16 ans, du 26 Septembre 1924 au 09 Mars 1925,
à 18 ans, du 15 Novembre 1926 au 25 Avril 1927,
à 22 ans, du 01 Mars 1930 au 02 Avril 1930.

[1934] Mais sur la commune de Saint Étienne de Lugdares, il fait la rencontre de Sidonie Eva Vialle, originaire du Brouzet[-les-Alès ?], et plus jeune de 6 ans. Ils se marient dans cette commune le 07 Avril 1934. Il avait 26 ans, et elle avait 20 ans. Ils s’installent à La Grand-Combe, ou à peu près 15 mois après …

[1935] … nait Francis, le 14 Juillet 1935. Ils déménagent, du quartier [commune] des Salles du Gardon à celui de Ribes, la dernière rangée de Maison, la plus haute [rue des Églantiers].

[1937] Puis le 07 Juin 1937, c’est la naissance de Raymond, et un peu plus tard …

[1943] le 20 Juillet 1943, [la naissance] de Colette. La maison devient trop petite, et ils se déplacent, toujours à Ribes, mais dans une maison plus grande (cuisine, couloir, 3 autres pièces et toilette/douche). Enfin, le petit dernier, Michel, le 11 Décembre 1953, alors que l’ainé à déjà 18 ans.

Pour faire vivre toute cette famille, Émile travaille à la Compagnie des Mines de La Grand-Combe. D’abord MANOEUVRE, ses origines fermières, sa connaissance du soin des animaux, notamment des chevaux pendant son service militaire, son respect de la personne et de la hiérarchie, lui permettent de devenir le COCHER DES INGÉNIEURS.

[1948 ?] Le dimanche, il menait en calèche à la messe, les femmes des Messieurs Godard, Guénard, Marion … En semaine, c’était leurs enfants qu’il conduisait à l’école, à coté de l’Usine à Zinc. Son fils ainé, Francis, se rappelle encore lorsqu’il pouvait grimper à l’arrière de cette calèche.

[1954 ?] Avec la motorisation, les chevaux disparaissent des Mines, et il se retrouve manoeuvre, toujours pour la Compagnie des Mines de La Grand-Combe, mais à l’usine du Parc à Charbon.

[1961]  Après ses 30 ans de service, il prend sa retraite en 1961, à 53 ans. Mais il aime le travail et Michel, son plus jeune, n’a que 8 ans. Déjà, hors journée, il travaillait chez Allain, pour livrer le charbon. Il continue, et en plus, travaille aussi à l’Usine de Biscotte, située à la cime de Ribes. Et pour se reposer, il lui reste encore ses trois jardins avec vignes (Les Hautes Faïsses de Ribes, L’Impostaire, et Le Pont des Salles) : il fait son vin et son alcool, car il a le droit de brûlage, (malheureusement non transmissible).

[1977] N’oublions pas son plus grand plaisir, ou comment lier l’utile à l’agréable : durant des années, finalement jusqu’à ce que son petit fils prenne la relève, à son tour, à 14 ans, en 1977 : les longs week-end de Pâques, Pentecôte, les saisons d’été, avec son cousin, le Père Martin, à la buvette de la Trappe de Notre Dame des Neiges. [à 71 km de La Grand-Combe]

[1981] Bon mangeur, bon vivant, il est décédé le 11 Janvier 1981, dans de grandes souffrances que la médecine de l’époque ne pouvait encore que peu soulager, sinon guérir. Seule, cette foi inébranlable qui renverse les montagnes.

Son épouse, Sidonie Eva, restera encore quelques années dans cette cité de Ribes. Puis elle se rapprochera un peu plus de La Grand-Combe, quelques temps en face de l’ancienne gare routière, route de Trescol, ensuite aux Pelouses,  finalement à la Maison de Retraite des Pins, à l’Arboux.

[2006] Le temps venant, bien qu’en pleine santé physique, son esprit s’est progressivement éloigné des réalités de ce monde, et cette mère au foyer, toujours très attentionnée pour la famille, les proches, fervente croyante, pieuse et pratiquante, jusqu’à son dernier jour, s’en est allée ce mercredi 11 Janvier 2006, soit 25 ans, jour pour jour, après son mari Émile.

§

Source : aujoulat.free.fr
Par : Thierry AUJOULAT

Reblogué sur : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 18.12.2017
Dernière mise à jour : 20.12.2017
P.S. les années entre [ ] ont été ajoutées par nos soins.

Le château de Portes, près de La Grand-Combe (video)

Chateau2Portes1Le « Vaisseau des Cévennes », alias le château de Portes, porte bien son nom. Avec sa tour sud en forme d’étrave, dirigée en direction d’Alais (Alès), terres de l’ennemi ancestral du comte de Budos, il ressemble en effet à un destroyer des années 1900. En fait il s’agit d’une aile renaissance, crée au XIV° siècle en remplacement de l’une des quatre tours de ce castel de forme plutôt classique.

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Source : Vidéo Youtube
Titre original : « La Grand’Combe, Portes, années 50 »
Reblogué par : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication, le : 10.12.2017
Dernière révision, le : 07.07.2018

Morts pour la France de La Grand-Combe

LGCbouzac
Photo : La Grand-Combe, le monument aux morts, de Réal del Sarte, dans les années 30

I/ Les Morts Pour la France de La Grand-Combe

§1

Résultats   – 1 à 100 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
1914-1918 11/11/1918 Uskub Serbie
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 27/08/1914 Stenay (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/09/1915 Souain (51) Médaille Militaire
1914-1918 19/06/1915 Sainte-Anne-d’Auray (56) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 08/11/1914 Veldoeck (FlandreOccidentale) Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 23/09/1914 Cheppy (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/01/1917 En mer
1914-1918 27/09/1915 Souain (51)
1914-1918 14/08/1916 Barleux (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/05/1916 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 23/10/1917 Allemant (02)
1914-1918 16/03/1916 Vaux-devant-Damloup (55)
1914-1918 19/07/1918 Fleury-la-Rivière (51)
1914-1918 30/08/1918 Languevoisin-Quiquery (80)
1914-1918 28/10/1914 Massiges (51)
1914-1918 22/02/1915 Marre (55) Médaille Militaire
1914-1918 08/1914 Vergaville (57)
1914-1918 24/08/1916 Cerisy-Gailly (80)
1914-1918 25/09/1915 Souain (51)
1914-1918 09/05/1917 (02)
1914-1918 12/08/1916 (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/09/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 12/11/1914 (55)
BARRES Louis Émile 1914-1918 14/12/1918 Degerloch
Allemagne
1914-1918 09/05/1915 Les Éparges (55)
1914-1918
1914-1918 25/06/1916 Belleville (54)
BASTIDE Léopold 1914-1918 26/06/1916 Deuxnouds-devant-Beauzée (55)
BASTIDE Urbain Édouard 1914-1918 16/06/1915 Metzeral (68)
BAYLE Auguste 1914-1918
1914-1918 21/12/1916 Châteauroux (36) Croix de Guerre
BEAU Emmanuel François Marie 1914-1918 25/09/1914 Maucourt (80) Légion d'HonneurCroix de Guerre
BEAUME Lucien Casimir Albert 1914-1918 06/10/1915 Saint-Hilaire-le-Grand (51)
BELIN Auguste Louis 1914-1918 25/08/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55)
BELIN Joseph Firmin 1914-1918 08/03/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
BENOIT Joseph 1914-1918 04/09/1916 Combles (80)
BENOIT Joseph Louis 1914-1918 06/10/1914 Massiges (51)
BENOIT Marius Jean Baptiste 1914-1918 30/10/1918 Haringhe (Flandre Occident. Belgique
BÉRAL Jean Marius 1914-1918 21/10/1918 Braunfels Allemagne
BERJOT Hippolyte André 1914-1918 30/10/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
BERTHOMIEUX Daniel 1914-1918
BERTON Gustave Alfred 1914-1918 03/10/1915 (51)
BERTON Raymond 1914-1918 12/04/1918 Pontoise-lès-Noyon (60)
BILLEBAUD Joseph Marius 1914-1918 12/11/1914 Tracy-le-Val (60)
BILLEBAUD Jules Albert 1914-1918 07/05/1916 Bras (55)
BILLEBAUD Louis François 1914-1918 21/07/1916 Maricourt (80)
BOISSIN Henri Édouard 1914-1918 04/1917 Montigny-sur-Vesle (51)
BONHOMME Auguste Baptiste 1914-1918 16/08/1916 Zeitenlick GrèceSépulture Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOREAU Gabriel Firmin 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
BORELLY Émile Adolphe 1914-1918 29/12/1916 Bezonvaux (55)
BOULET Basile Marie Irénée 1914-1918 25/01/1917 Esnes-en-Argonne (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOULET Jean Pierre 1914-1918 23/03/1916 Malancourt (55)
BOULLE Gabriel Marius 1914-1918 22/08/1914 Ethe (Luxembourg) Belgique
BOULLE Jean 1914-1918
BOUQUET Martin Henri 1914-1918 03/11/1916 Maurepas (80)
BOUSQUET Marius Émile 1914-1918 11/02/1915 Goldbach (68)
BRUN Auguste Marius 1914-1918 05/06/1916 Longueval (02)
BRUN Marius Jean Baptiste 1914-1918
BRUNET Louis Auguste 1914-1918 14/11/1918 Puckheim Allemagne
BRUSCHET Paul Ferdinand 1914-1918 23/12/1915 La Grand-Combe (30)
BUSCAIL Gaston 1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre-Occident. Belgique
CABANEL Henri Élie 1914-1918 08/08/1918 Thennes (80)
CANONGE Félix 1914-1918 20/06/1915 Sainte-Menehould (51)
CANONGE François 1914-1918
CANONGE Marcel 1914-1918 17/09/1914 Trémont (55)
CANONGE Salomon Henri 1914-1918 30/08/1918 Thoix (80)
CATHARA Grégoire Édouard 1914-1918 25/08/1916 Zeitenlick Grèce
CAUQUE André Émile 1914-1918 22/09/1917 Châlons-sur-Vesle (51)
CAUSSE Clovis Arthur 1914-1918 16/08/1914 Vergaville (57)
CAVALIER Marius Paul François 1914-1918 06/09/1916 Berny-en-Santerre (80)
CELLIÉ Jules Jean Baptiste 1914-1918 22/08/1916 (55)
CEYSSON Augustin Régis 1914-1918 01/09/1914 Ville-devant-Chaumont (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
CHABALIER Victor André 1914-1918 24/08/1917 Avocourt (55)
CHABROL René Louis Ferdinand 1914-1918 18/04/1917 Saint-Quentin (02)
CHAILARD Baptiste Pierre 1914-1918 07/10/1915 Châlons-sur-Marne (51)
CHANEAC Auguste Henri 1914-1918 21/09/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55)
CHANIAL Louis Félix 1914-1918 29/08/1914 Gray (70)
CHAPON Gabriel Cyprien 1914-1918 10/09/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
CHAPON Léon Édouard 1914-1918 23/07/1915 Harbonnières (80)
CHAPON Louis Eugène 1914-1918 24/03/1917 Bihlista (Bilisht) Albanie
CHAPON Paul 1914-1918 29/10/1916 (80)

CHAPTAL Jean Firmin

1914-1918 03/03/1915 Lihons (80)
CHAREYRE Marius 1914-1918
CHASTANIER Philibert 1914-1918 06/10/1915 Massiges (51)
CHAUSSE Louis François 1914-1918 15/10/1916 Zeitenlick Grèce
CHAUZAL Marcel Paul 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
CHAZAL Abel Joseph 1914-1918 23/08/1915 Flirey (54)
CHÉROUSE François Maurice 1914-1918 26/09/1914 Ippécourt (55)
CHOLVY Lezin Victor 1914-1918 19/03/1915 (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
CLÉMENT Émile Prosper 1914-1918 26/02/1916 En mer
CLÉMENT Joseph Clovis 1914-1918 20/07/1915 Stosswihr (68)
COMBE Auguste Élie 1914-1918 13/06/1917 Paissy (02)
COMBERNOUX Ferdinand Henri Marie 1914-1918 04/10/1918 Paris 17 (75) Médaille MilitaireCroix de Guerre
COMPAN Louis Alexis Henri 1914-1918 02/09/1914 Gerbéviller (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
COSTE Henri Pierre 1914-1918 15/12/1914 Ypres Flandres -Occident. Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
COULOMB Léon Henri 1914-1918 28/11/1914 Ypres (Flandres -Occident. Belgique
DARDALHON Gabriel Édouard 1914-1918 02/05/1917 Coincy (02) Croix de Guerre
DAUTUN Gabriel Émile 1914-1918 17/09/1918 Celles-sur-Aisne (02)
DELEUZE Albert Adolphe 1914-1918 23/03/1915 Thann (68)

§2

Résultats   – 101 à 200 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
DELEUZE Cyprien Louis 1914-1918 20/08/1914 Saint-Nicolas-de-Port (54)
DELEUZE Joseph Étienne 1914-1918 09/01/1915 Harbonnières (80)

DELEUZE Léopold Henri Zacharie

1914-1918 13/04/1918 Merville-au-Bois (80)
DELEUZE Victorin 1914-1918 05/11/1916 Combles (80)

DELEZON Édouard Émile

1914-1918 19/04/1915 Creil (60)

DELEZON Henri

1914-1918 08/05/1915 Avignon (84)

DELON Étienne

1914-1918 05/01/1915 Lachalade (55)

DENIS Pierre Félix

1914-1918

DESCHANEL Élie Jules

1914-1918 28/12/1914 Neuville-Saint-Vaast (62) Médaille MilitaireCroix de Guerre

DEZEUZE Paulin Léon

1914-1918 24/07/1916 Fleury-devant-Douaumont (55)

DIET Joseph Marius

1914-1918 08/1914 (55)

DONADILLE Marcel Émile

1914-1918 21/03/1918 Vienza Italie Médaille MilitaireCroix de Guerre

DOULCIER Claudius Alexandre Émile

1914-1918 11/04/1916 Avocourt (55)

DOULSIERE Marius Henri

1914-1918 20/10/1918 Vélès Serbie Médaille MilitaireCroix de Guerre

DUFOUR Antonin

1914-1918 26/03/1916 (55)

DUMAS Henri

1914-1918 19/07/1915 Bonzée (55)

DUMAS Kléber Gabriel

1914-1918 21/04/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

DUMAS Marcel Justin

1914-1918 15/05/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

DUMAS Marius Albert

1914-1918 26/09/1915 Massiges (51)

DUNY Léon Hippolyte

1914-1918 05/05/1917 Vauxaillon (02)

DURAND Émilien René

1914-1918 12/02/1916 Hyères (83)

DURAND Louis Édouard

1914-1918 23/10/1916 Fleury-devant-Douaumont (55)
ESCALIER Louis Camille 1914-1918 03/08/1918 Monchy-Humières (60)
1914-1918 25/09/1915 Massiges (51)
1914-1918 28/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 03/09/1914 Saint-Remy (88)
1914-1918 23/07/1915 Perthes-lès-Hurlus (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/01/1917 En mer
1914-1918 06/09/1914 Montpellier (34)
1914-1918 10/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 12/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 27/10/1918 Mannheim Allemagne
1914-1918
1914-1918 06/02/1915 Pont-Saint-Esprit (30) Croix de Guerre
1914-1918 16/07/1918 Vrigny (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 07/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
1914-1918 19/02/1915 Malancourt (55)
1914-1918 14/07/1915 Cannes (06)
1914-1918 16/04/1917 Paissy (02)
1914-1918
1914-1918 24/09/1916 Jouaignes (02)
1914-1918 20/12/1914 Boureuilles (55)
1914-1918 22/08/1914 Bourg-Bruche (67) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 30/05/1918 Chouy (02)
1914-1918 10/02/1916 Souchez (62)
1914-1918 01/03/1918 Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus (51)
1914-1918 08/08/1915 Gray (70)
1914-1918 04/03/1917 Cuperly (51)
1914-1918 12/08/1915 Xivray-et-Marvoisin (55)
1914-1918 09/06/1915 Hébuterne (62)
1914-1918 20/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
1914-1918 27/09/1914 Chauvoncourt (55)
1914-1918 12/10/1918 Lons-le-Saunier (39)
1914-1918 29/04/1917 Bistrica (Bistritsa) Serbie
1914-1918
1914-1918 06/01/1915 Roclincourt (62)
1914-1918 25/09/1915 Neuville-Saint-Vaast (62)
1914-1918 13/10/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 24/08/1914 Saulxures (67)
1914-1918 27/09/1914 Xivray-et-Marvoisin (55)
1914-1918 07/03/1915 Stosswihr (68)
1914-1918 10/11/1914 Condé-en-Barrois (55)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 10/09/1914 Heippes (55)
1914-1918
1914-1918 18/09/1914 Caisnes (60)
1914-1918 07/01/1915 Saint-Éloi Belgique
1914-1918 09/02/1916 Éclusier-Vaux (80)
1914-1918 26/11/1914 Ypres (Flandre-Occident) Belgique
1914-1918 05/07/1915 Saint-Dizier (52)
1914-1918 27/01/1917 Massafra (Tarente) Italie
1914-1918 30/06/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 25/08/1914 Buzy (55)
1914-1918 04/11/1915 Massiges (51)
1914-1918 27/01/1915 Senones (88)
1914-1918 20/09/1916 Curlu (80)
1914-1918 20/12/1914 Rarécourt (55)
1914-1918 05/11/1916 Bouchavesnes (80)
1914-1918 02/01/1915 Tracy-le-Val (60) Médaille Militaire
1914-1918 25/11/1917 Samogneux (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 05/06/1918 Louvois (51)
1914-1918 23/02/1917 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 16/09/1914 L’Aigle (61)
1914-1918 18/08/1914 Loudrefing (57)
1914-1918 25/09/1914 Lihons (80)
1914-1918
1914-1918 26/08/1914 Mont-sur-Meurthe (54)
1914-1918 12/08/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 01/12/1914 Lam-pernisse Belgique
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 16/07/1918 La Chapelle-Monthodon (02)
1914-1918 15/12/1914 Nieuport Belgique
1914-1918 25/08/1914 Boinville (55)
1914-1918 15/05/1915 Massiges (51)
1914-1918 16/06/1915 (60)
1914-1918 25/06/1915
1914-1918 04/04/1918 Morisel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 15/06/1915 Metzeral (68)

§3

Résultats   – 201 à 300 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
MAURIN Jean Louis 1914-1918 21/03/1916 Malancourt (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 04/02/1915 Massiges (51)
1914-1918 20/08/1914 Frémery (57) Légion d'HonneurCroix de Guerre
1914-1918 04/10/1918 Güntz Allemagne
1914-1918 06/11/1918 Nazareth Belgique
1914-1918 10/08/1917 Ostel (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/06/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 05/12/1914 Malo-les-Bains (59) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 07/10/1914 La Tronche (38)
1914-1918 08/04/1915 Châlons-sur-Marne (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 29/10/1915 Tahure (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 26/07/1918 Bouilly (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/08/1914 Morhange (57)
1914-1918
1914-1918 03/08/1918 Haramont (02)
1914-1918
1914-1918 16/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 29/10/1914 Forges (55)
1914-1918 06/11/1916 Sailly-Saillisel (80)
1914-1918 15/12/1916 Douaumont (55)
1914-1918 20/06/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 17/08/1918 Lyon (69)
1914-1918 06/04/1916 Douaumont (55)
1914-1918 25/01/1917 En mer Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 15/09/1914 Mognéville (55)
1914-1918 11/08/1918 Bus-la-Mésière (80)
1914-1918 1918 Monnes (02)
1914-1918 17/09/1914 Robert-Espagne (55)
1914-1918 28/08/1914 Anglemont (88)
1914-1918 23/10/1917 (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 31/10/1916 Rancourt (80) Légion d'HonneurMédaille Militaire
1914-1918 26/05/1915 Aubigny-en-Artois (62)
1914-1918 13/09/1914 Lunéville (54)
1914-1918 23/09/1914 Tracy-le-Mont (60) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 01/08/1918 La Grand-Combe (30)
1914-1918 21/08/1914 La Broque (67)
1914-1918 05/09/1916 Combles (80)
1914-1918 26/08/1914 Moyenmoutier (88) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 17/09/1915 Massiges (51)
1914-1918 25/08/1914 Buzy (55)
1914-1918 09/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 15/12/1916 Vacherauville (55)
1914-1918 24/08/1914 Oret Belgique
1914-1918 03/09/1916 Herbécourt (80)
1914-1918 04/12/1914 Massiges (51)
1914-1918 29/05/1917 Reims (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 07/10/1916 Kénali Serbie
1914-1918 14/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 23/05/1915 Toulon (83)
1914-1918 1915
1914-1918 20/12/1914 Boureuilles (55)
1914-1918 28/12/1914 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 08/09/1917 Parois (51)
1914-1918 27/06/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 22/08/1914 Lunéville (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 1916
1914-1918 14/08/1914 Coincourt (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 10/01/1915 Ligny-en-Barrois (55)
1914-1918 02/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 26/08/1914 Moyenmoutier (88)
1914-1918 29/09/1914 Limoges (87)
1914-1918 14/04/1915 Montzéville (55)
1914-1918 04/07/1916 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 16/03/1916 Vaux-devant-Damloup (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 01/07/1916 Assevillers (80)
1914-1918 06/06/1918 Ambleny (02)
1914-1918 23/01/1915 Thann (68)
1914-1918
1914-1918 24/08/1914 (55)
1914-1918 11/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918
1914-1918 15/09/1916 Rancourt (80) Croix de Guerre
1914-1918 20/04/1917 Bistrica (Bistritsa) Serbie
1914-1918 25/05/1917 Montpellier (34) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 10/10/1918 Seboncourt (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/09/1914 Massiges (51)
1914-1918 01/08/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 26/08/1914 Mont-sur-Meurthe (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 29/04/1918 Kemmel Belgique
1914-1918 12/06/1918 Antheuil-Portes (60) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 27/04/1917 Berméricourt (51)
1914-1918 12/05/1916 Orbey (68)
1914-1918
1914-1918 28/06/1916 Esnes (55)
1914-1918
1914-1918 26/08/1918 Jaulzy (60)
1914-1918 20/07/1915 (68)
1914-1918 26/09/1914 Chauvoncourt (55)
1914-1918 14/03/1918 La Grand-Combe (30)
1914-1918 21/06/1915 Krithia Turquie Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 30/09/1915 Perthes-lès-Hurlus (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/04/1915 Les Éparges (55)
1914-1918 19/03/1916 Remenauville (54)
1914-1918 11/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 05/02/1917 Bazoches (02)
1914-1918 16/09/1914 Cumières (55)
1914-1918 27/09/1915 Perthes-lès-Hurlus (51)

TEISSIER Clément Louis

1914-1918 09/11/1914 Leper (Ypres) Belgique

§4

Résultats   – 301 à 338 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M

TESTON Auguste Camille

1914-1918 25/03/1918 Ornes (55)

TESTON Édouard Hippolyte

1914-1918 23/04/1917 Mourmelon-le-Petit (51)

TESTON Zéphirin Urbain

1914-1918 21/01/1915 (68)

TESTUD François Gaston

1914-1918 26/03/1916 Esnes (55)

TESTUT Fernand Albin

1914-1918 17/09/1916 Combles (80)

THERAUBE Fernand Louis

1914-1918 11/10/1914 Munich (Bavière) Allemagne

THIMOTHÉE Marius

1914-1918 (55)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 12/08/1916 Biaches (80)

TOUR Auguste Édouard

1914-1918 05/11/1915 Sainte-Menehould (51)
1914-1918 11/07/1915 Ablain-Saint-Nazaire (62)

TREMOLET Georges Prosper

1914-1918 12/04/1915 Flirey (54)
1914-1918 02/06/1918 Montmirail (51)
1914-1918 19/07/1915 Ferryville Tunisie Médaille MilitaireCroix de Guerre

TRIBES Émile Théophile

1914-1918 26/09/1914 Dun-sur-Meuse (55)
1914-1918 03/09/1914 (54)

TRIBES Hippolyte Fernand

1914-1918 12/07/1918 Rouvrel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 30/05/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

TRIBES Louis Henri Hippolyte

1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre Occident. Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
TRINQUAL Louis Marius 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 21/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 06/04/1915 (55)
1914-1918 25/03/1917 Champs (02)
VIALA Jean Baptiste 1914-1918 22/08/1914 Lunéville (54)
1914-1918 09/08/1916 Maurepas (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 20/08/1914 Vergaville (57
1914-1918 27/08/1914 Rambervillers (88)
1914-1918 07/08/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 04/03/1915 Vauquois (55)
1914-1918 15/11/1916 Sailly-Saillisel (80)
1914-1918 03/02/1916 Lignières (18)
1914-1918 11/08/1915 Vienne-le-Château (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 26/02/1915 Perthes-lès-Hurlus (51)
1914-1918 03/11/1918 Mann-heim Allemagne
1914-1918 19/08/1914 Dieuze (57)
VOLPILIÈRE Fernand Jean 1914-1918 29/09/1915 Tahure (51)

§5

II/ Les Morts Pour la France de La Levade

Résultats   – 1 à 60 sur 60
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
1914-1918 25/08/1914 Warcq (55)
1914-1918 23/10/1917
Allemant (02)
1914-1918 12/11/1914 (55)
BASTIDE André 1914-1918 1918
1914-1918 21/12/1916 Châteauroux (36) Croix de Guerre
1914-1918 25/09/1914 Maucourt (80) Légion d'HonneurCroix de Guerre
1914-1918 12/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 04/09/1916
Combles (80)
1914-1918 29/12/1916 Bezonvaux (55)
1914-1918 25/01/1917 Esnes-en-Argonne (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOURRET Marius 1914-1918 1917
1914-1918 05/06/1916 Longueval (02)
1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre Occident. Belgique
1914-1918 18/04/1917 Saint-Quentin (02)
1914-1918 29/08/1914 Gray (70)
1914-1918 10/09/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 23/07/1915 Harbonnières (80)
1914-1918 24/03/1917 Bihlista (Bilisht) Albanie
CHARBONNIER Benjamin 1914-1918 1918
1914-1918 02/09/1914 Gerbéviller (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 06/02/1917 Rigny-la-Salle (55)
1914-1918 06/12/1914 Malancourt (55) Médaille Militaire
1914-1918 12/12/1917 Saint-Michel (73) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 24/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 31/07/1916 (55)
1914-1918 03/07/1918 Moulin-sous-Touvent (60)
1914-1918 08/06/1918 Jouarre (77)
1914-1918 1917
1914-1918 26/09/1916 Bray-sur-Somme (80)
1914-1918 07/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
GRAFFIN Robert 1914-1918 1918
1914-1918 04/03/1917 Cuperly (51)
1914-1918 27/09/1914 Chauvoncourt (55)
Guerre d’Algérie 18/10/1959 Tebessa (Bône) Algérie Croix de la Valeur militaire
1914-1918 07/03/1915 Stosswihr (68)
1914-1918 1914
1914-1918 1915
1914-1918 1915
LEYRIS Marius Auguste Albert 1914-1918 25/06/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 15/12/1914 Nieuport Belgique
MAURIN Charles Jean 1914-1918 15/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 21/03/1916 Malancourt (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
MERCIER Pierre 1914-1918 1915
1914-1918 26/07/1918 Bouilly (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
OUAIRY Pierre Marie 1914-1918 04/07/1917 Vannes (56)
1914-1918 20/12/1915 La Croix-en-Champagne (51)

PALPACUER Marius Augustin

1914-1918 25/08/1914 (55)
1914-1918 19/08/1914 Saint-Médard (57)
1914-1918 18/04/1917 Soissons (02)
RABUT André 1914-1918 1915
1914-1918 1917

RIEU Régis François

1914-1918 10/01/1915 Ligny-en-Barrois (55)
1914-1918 31/10/1914 Massiges (51)
1914-1918 25/03/1918 Ornes (55)
1914-1918 23/04/1917 Mourmelon-le-Petit (51)
1914-1918 21/01/1915 (68)
1914-1918 02/06/1918 Montmirail (51)
1914-1918 03/09/1914 (54)
1914-1918 12/07/1918 Rouvrel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 04/03/1915 Vauquois (55)

§

Source : MemorialGenWeb.Org

Livre d’Or des Mines de la Grand’Combe (Relevé n° 69146) Photo
Catégorie : Livre d’Or, Livre, Liste, Archive, état-civil)
Situation – informations :
Edité par la Compagnie des Mines de la Grand’Combe en 1924


Relevé initial effectué de La Grand-Combe, par : Daniel PEYRE
Relevé initial de La Levade effectué par : Paul MAZIÈRE
Mise en page par : Mas de la Regordane/GD/L2F
Première publication : 06.12.2017
Dernière mise à jour : 13.12.2017

La Grand-Combe et ses châteaux

BlasonLGC2 (2)

.
Créé seulement en 1957, le blason de La Grand-Combe est « … accompagné de trois châteaux […] ouverts et ajourés aussi de sable… » dont on dit communément qu’ils sont ceux de La Levade, de Trouillas et de Portes. Qu’en est-il ? Cet article se propose de faire toute la lumière sur ces bâtiments historiques, derniers témoins du passé ancestral du territoire de La Grand-Combe.

De fait, cette commune ne fut crée qu’en 1836 par décret royal de Louis Philippe 1er, roi des Français. Les cinq communes environnantes qui firent apport de territoires, afin de constituer l’aire de cette nouvelle citée, sont : Blannaves (Branoux-Les Taillades), Laval(-Pradel), Les Salles du Gardon, Portes et Sainte Cécile d’Andorge, soit autant de communes qui feront l’objet de notre investigation en matière de châteaux.

Car si Cadet Rousselle a trois châteaux ou trois maisons (vidéo) selon la version de cette chanson populaire du XVIIIème siècle, le territoire de La Grand-Combe en compte une bonne dizaine que nous allons vous présenter en attendant de compléter notre enquête. Tâche que vous pouvez nous faciliter en nous communiquant vos informations en cliquant ICI.

CHÂTEAU DE CHAMPCLOS

SainteCeciledAndorge
.
Situé sur la commune de Saint Cécile d’Andorge, le château de Champclos serat visible depuis la route départementale de la Bégude, dans la vallée de l’Andorge, rivière qui a donné son nom à la commune. Qui aurait des information et/ou des photos sur cet édifice (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DE LA FAVÈDE

ChateauDeLaFavede

Autour de Branoux, Le château de La Favède, découvert grâce à l’association

CHÂTEAU DU FRAISSINET

ChateauFraissinet.
.
Situé sur la commune de Branoux-les-Taillades 30110, près du lac des Camboux, le château du Fraissinet est un grand mas actuellement exploité comme gîte de tourisme.

CHÂTEAU DE LA LEVADE

ChateauLaLevade
.
Le château de La Levade est en fait une grande maison de maître du XIXe siècle, et n’est certes pas l’un des trois châteaux que le peintre Marcel Feydédié dessina sur le blason de La Grand-Combe. La première pierre aurait été posé pour le nouveau maire de La Grand-Combe François (Pierre, Marie) BEAU, né le 19.10.1815 à Morlaix † 14.09.1879 à Vals-les-Bains, officier de la Légion d’Honneur. Polytechnicien, École des Mines. Directeur d’exploitation de la Cie des Mines de 1849 à 1863. Maire jusqu’en 1863. Conseiller général du Gard en 1858, 1861, 1871, 1874.

Aux temps de la Cie des Mines des années 1946, il servait à loger les hôtes de marque de l’Administration des Houillères, pratique qui perdura jusqu’à la fin des années 50, avec l’hébergement des jeunes ingénieurs célibataires qui n’avaient pas de logement.

En septembre 1947, ils déboursaient, pour résider en ces lieux, pour avoir en quelque sorte, « une vie de château », un loyer mensuel de 2 238 (anciens) francs, somme qui leur était retenue par les services de la Paye de la rue Soubeyran à Alès.
Qu’en pensez-vous (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DE LA POMAREDE

à venir …

CHÂTEAU DE PORTES

ChatPortes1
.
Aussi appelé le « Vaisseau des Cévennes« , ce château fort de la fin du Moyen-Âge, remanié durant la période dite de la Renaissance, est situé sur la commune limitrophe de Portes.

Il surveillait sur dix lieues, l’ancien chemin de Regordane, qu’empruntaient les pèlerins de Saint-Gilles (du Gard), ville où les Croisés s’embarquaient vers la Terre sainte. C’est assurément le premier des châteaux du blason de La Grand-Combe.

CHÂTEAU DU PRADEL

ChateauDuPradel
.
Situé sur la commune du Pradel, désormais Laval-Pradel, le château du Pradel, à ne pas confondre avec les ruines du château de Trouillas, fut aussi un ancien relais de poste, qui a somme toujours belle allure.
1652 – En cette année, la terre et la Seigneurie du Pradel entrent dans la famille Roquefeuil-Gabriac, puis elle sera cédée au Sieur de Trouillas, Joseph Mathieu Deleuze qui la revendra au Marquis de Castries.
1789 – Après la révolution, le château et ses dépendances appartiennent à divers négociants des environs et …
1914 – … par actes du 19 février 1914 et du 12 mai 1918, il est vendu à la Compagnie des mines de la Grand-Combe.
1924 – M. l’abbé Larguier curé du Pradel [prédécesseur de l’abbé Henri Chambon -1954] [bénéficie ? d’un] bail [de 10 ans] pour [une] salle de réunion et [un] terrain au château du Pradel (Réf. Arch. Rochebelle 6D12).
1990 – La Commune de Laval-Pradel rachète [le château] aux Charbonnages de France.

Composition : Deux ailes à vocation agricole sont rajoutées au XIXe siècle, au bâtiment d’origine rectangulaire pour lui donner sa configuration actuelle en forme de U. Il est composé de deux étages sur rez-de-chaussée plus un comble. Aux quatre angles se trouvent des échauguettes circulaires en briques. Des moellons de calcaire irréguliers ont été utilisés pour le gros oeuvre, et des pierres taillées pour les chaînages d’angle et les encadrements de baies. La porte d’entrée (du côté opposé à la route actuelle) se compose d’un encadrement en légère saillie. Les fenêtres sont à croisées avec linteaux et arc de décharge cintré ou en bâtière. Le comble prend jour sur l’extérieur par 5 occulis de chaque côté du bâtiment. Le corps du bâtiment est partagé en appartements d’habitation. L’aile droite rénovée s’est transformée en salle polyvalente utilisée pour les fêtes et les animations culturelles de la commune.

Source : mairiedelavalpradel.fr

CHÂTEAU DE SAINTE FOIX

BlasonBranoux
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Sur la commune de Branoux les Taillades, anciennement Blanaves, et selon un article sur Wikipédia « un château fort est construit sur un éperon rocheux à La Devêze, le château de Sainte-Foix, dominant la vallée du Gardon, lieu de passage important entre Languedoc et Gévaudan. On trouve des vestiges d’anciens chemins médiévaux pavés sur les hauteurs de Branoux[-les-Taillades]. »
Qu’en pensez-vous (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DES SALLES DU GARDON

ChateauSallesDuGardon
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Ce château est situé sur la commune des Salles du Gardon, du nom de la rivière qui la sépare de La Grand-Combe. Un manuscrit de 1345 indiquerait une origine germanique de l’appellation « Salles » comme étant « sala », signifiant « château » ; mais plus sûrement une autre étymologie donne « salle » pour une grotte.

En effet, les rives du Gardon abritent nombre de grottes qui auraient servi d’hôpital pendant la guerre des Camisards. Ce n’est pas l’un des trois châteaux du blason de la Grand-Combe.

CHÂTEAU DE TRESCOL

TrescolGouffre.
Il n’y a malheureusement plus trace de cet édifice ! Les vestiges du château de Trescol furent probablement démolis au XIXe siècle pour laisser place au puits de mine de la Trouche.

A notre humble avis, ce castel serait bien le troisième château du blason de la Grand-Combe. Qu’en pensez-vous (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DE TROUILLAS

trouilla

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Du château de Trouillas, il ne reste plus que le socle et trois de ses tours d’angle sur les quatre initiales. Voilà le deuxième château représenté sur le blason de La Grand-Combe.

1350 – cet édifice fut construit du 12ème au 14ème siècle.
1750 – le charbon y fut exploité sur ces territoires en cette période.
1793 – mentionné sur Saint-Andéol de Trouillas, commune aujourd’hui rayée de la carte.
1802 – mention sur le site cassini.ehess.fr de Saint-Andéol de Trouillas.
1826 – la commune de Saint-Andéol de Trouillas est rattaché à celle de Laval-Pradel.

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P.T.T ? voilà le résultat de ce tiercé, soit un moyen mémotechnique de se souvenir des trois châteaux figurant sur le blason de la Grand-Combe : Portes, Trouillas, Trescol, et un lot de consolation, sous forme d’hommage aux six autres postulants (provisoires ?), les châteaux de Champclos, du Fraissinet, de La Levade, du Pradel, de Sainte Foix et celui des Salles du Gardon.

Bon ! comme on disait autrefois dans les services de l’ancienne Administration des P.T.T. (Postes Télégraphe Téléphone) alias La Poste : cette quête des vieux castels de notre bonne ville ne fut en fait qu’un Petit Travail Tranquille 😉
Qu’en pensez-vous (Réponse s/CONTACT) ?

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Texte original : Mas de la Regordane/GD.
Première publication : 05.12.2017
Dernière révision : 02.01.2018

Lieux aux alentours de La Grand-Combe

NDLaval2
Photo : église le Laval (-le Pradel).

I – COMMUNES A MOINS DE 17 km DE LA GRAND-COMBE

  • ALÈS
    via N 106 – 13,8 km – 17 min. – CP 30100
    Anciennement Alais, s/préfecture du Gard, capitale des Cévennes, 39 993 habitants en 2014 et sa communauté d’agglomération 99 378 habitants en 2013.
    – Aérodrome de Deaux-Alès
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  • BRANOUX-LES-TAILLADES
    via N 106 et D 154 – 4,8 km – 8 min – CP 30110
    Réunion de Branoux et des Taillades,
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  • CENDRAS
    via N 106 – 10,4 km – 13 min – CP 30480
    commune de la Vallée du Galeizon
    – Médiathèque Jean Pierre Chabrol
    – École de musique
    – Biosphéra
    – Association Galei’jades
    – Centre socioculturel Lucie Aubrac
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  • LAMELOUZE
    – via D 154 – 13,5 km – 26 min – CP 30110
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  • LAVAL-PRADEL
    – via D 297 – 4,8 km – 9 min
    – Cette commune est le résultat de la réunion de Laval et du Pradel
    – On compte +36 lieux-dits à Laval-Pradel : Avillon, l’Antoinette, l’Aubarède, la Blanque, Broussou, Cadacut, Cassagnes, Cassagnettes, le Claux, les Codes, Combes, les Costettes, Fourjeasse, Fourniou, Gourp du Peirau, Guiraudenque, l’Hirondier, Laval, Maison Abric, Malbosc, le Mas Dieu, le Mathieu, le Mazel, Montloubier, le Moulinet, les Oules, le Plantieiras, le Pluzor, le Pontil, le Pradel, la Ramadière, Redoussas, les Roches, Romeyere, la Rouvière, la Rouvilhouse, Segnas.
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  • Le Martinet
    – D 128 et D 59 – 9,5 km – 13 min
    – 1. [le martinet (à fer) est un [gros marteau à bascule, longtemps mu par l’énergie hydraulique d’un moulin à eau, et utilisé depuis le Moyen Âge pour des productions industrielles diverses comme la fabrication du papier, du tan, du foulon, du chanvre, le forgeage du fer, le battage du cuivre. Source Wikipédia.]
    – 2. [« Martinet » est un nom très répandu, surtout dans la région de l’est, dérivé de Martin, nom de baptême représentant le nom latin « martinus » ;  ce nom a été popularisé par l’évêque de Tours, évangélisateur de la Gaule. Source Filae.]
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  • PORTES
    – via D 128 et D 906 – 10,7 km – 14 min – CP 30530
    – Portes (30530), en occitan, Pòrtas, est une commune dont les habitants sont appelés les Portésiens et les Portésiennes. Son château, classé monument historique est baptisé le Vaisseau des Cévennes. C’est une pure merveille érigée à partir du XI°siècle dont l’état dégradé est dû à l’effondrements de galeries minières dans les années d’après guerre 14-18, et son bel aspect actuel, à 30 ans de restauration par le chantier de l’association REMPART.
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  • SAINT-JULIEN-DES-POINTS
    – via N 106 – 13,9 km – 22 min 112 hab (2014) – CP 48160
    – commune de la Lozère dont l’altitude varie de 248 à 725 m.
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  • SAINT-JULIEN-LES-ROSIERS
    – via N 106 – 16,4 km – 20 min – CP 30340
    – [Commune de 3 000 habitants située à 5 kms au nord-est d’Alès sur la voie départementale RD 904 qui relie le haut Gard à l’Ardèche. La commune s’étend sur 1400 hectares : deux tiers du territoire sont boisés (chênes verts, châtaigniers, pins), quelques hectares de landes et de bancels en friche qui abritent une faune de sangliers, lièvres, lapins, perdrix ; le tiers restant se situe dans la plaine et se partage entre exploitations agricole, pâturages et urbanisation pavillonnaire. La commune se situe entre 155 et 545 mètres d’altitude.]
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  • SAINT-MARTIN-DE-VALERISCLES
    – ancien non : SAINT-MARTIN-DE-VALGAGUE
    – via N 106 – 12,7 – 14 min
    1761 – [Le sieur Gilly qui possède une minière dans la paroisse de Saint Jean de Valériscles, au lieu dit La Nougarède, y installe une verrerie. Source G.R.Gally p.192.]
    1936 Nougarède et Rimes – existent déjà, citées ouvrières crées par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – Cette petite commune de 745 habitants, située dans l’ancienne vallée minière de l’Auzonnet, dispose d’un camping et d’une piscine, installés dans un écrin de verdure. La restauration du quartier médiéval du Barry et de son église romane est achevée : de nombreuses maisons sont rénovées. Les anciennes demeures constituant les anciens remparts, les passages voûtés et ruelles étroites invitent le promeneur à voyager dans le temps. Une auberge est installée dans une tour défensive et offre des chambres d’hôtes à cet ancien fief des seigneurs de Budos, barons, puis marquis de Portes, dont le château est visible depuis le village. A visiter également son musée des blasons (rue de la Tournelle).
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  • SAINTE-CÉCILE D’ANDORGEcommune : via N 106 – 9,9 km – 13 min
    – lac : à seulement 6 min de La Grand-Combe
    – Camboux (lac des)
    1950 – créé suite à la construction dans les années du barrage hydraulique (vidéo) éponyme, on peut y pratiquer : baignade, canoë, canyoning, pêche, pédalos,  pique-niquestand up paddle. Base pour : bivouac, escal’arbre, escalade, VTT pump track, tyrolienne, randonnée naturaliste, spéléologie.
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  • LES SALLES DU GARDON
    – via D 128 et N 106 – 1 km – 3 min – CP 30110
    1345 – un manuscrit de indiquerait une origine germanique : « sala » signifiant château ; mais plus sûrement « salle », grotte : les rives du Gardon abritent nombre de grottes qui auraient servi d’hôpital pendant la guerre des Camisards.
    1825 – 1830 – Pierre Soustelle, maire de la commune des Salles du Gardon,
    1955 – Soustelle : nom donné au pont construit sur le Gardon qui relie cette dernière à la Grand-Combe. Sur cet ouvrage fut installé le restaurant Planque qui fit les délices des grand-combiens de la deuxième partie du XX° siècle (aujourd’hui bureau de tourisme.)
    – L’Habitarelle
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : [Bitarelle est un nom de famille, représentant un variation d’un nom de hameau la Vitarelle, forme avec aphérèse de l’occitan « habitalera », a désigné à l’origine (une) maison-grange isolée , puis par extension, au Moyen Âge, une auberge-relais située sur les chemins empruntés par les voyageurs. Source Filae.]
    1787 – [Jean François d’Aigalliers de Joly obtient d’installer une fabrique à « la Bitarelle », près de la Grand-Combe. Source G.R.Gally p.192.]
    – L’Impostaire
    – citée d’habitation créée par la Cie des Mines de la Grand-Combe.
    – étymologie : à défaut de mieux, [« postaire » est une forme francisée de « poster », nom alsacien désignant (un) messager a cheval, (un) courrier. Source Filae.]
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  • SOUSTELLE
    – via D 283 – 9,9 km – 18 min
    .
    §
    .

    II – LIEUX DITS ET QUARTIERS

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    La Grand-Combe
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  • Champclauson
    – au Nord de la Grand-Combe.
    1936 – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
    2017 – centre équestre – centre de vol à voile et d’ULM (aérodrome de La Grand-Combe-Alès) – La Forêt de Fossiles
    .
  • La Forêt (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
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  • Le Gouffre
    – du nom de la Montagne qui surplombe les lieux.
    .
  • La Levade
    1936
    – présence d’un des 2 dispensaires de la cie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Les Pelouses (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • La Pise
    .
  • le Pontil (citée du)
    1936
    – elle existe déjà, cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Ribes (citée de)
    1914 – édification de la citée ouvrière de Ribes
    .
  • Le Riste
    .
  • Sans nom (citée de)
    1936 – existent déjà cette citée ouvrière crée par la compagnie des Mines de La Grand-Combe.
    .
  • Vallée Ricard
    .
  • Trescol
    18??
    – érection du temple protestant évangéliste de Trescol
    .
  • Sainte Barbe
    .
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    ANNEXES

    Anciennes colonies de vacances pour les enfants des Houillères du Centre Midi
    .

  • Barre des Cévennes (48)
    colonie de vacances
  • (Les) Brousses (30)
    vidéo rallye des Brousses

    colonie de vacances
  • (Le) GRAU du ROI (30)
    1936 – Colonie de vacances au bord de la mer pour les enfants de mineurs
  • Malataverne
    colonie journalière
  • (Le) Pont de Monvert (48)
    Colonie de vacances
  • (La) TOUR du VIALA (48)
    1936 – Colonie de vacances de 400 hectares aménagés en montagne pour une centaine d’enfants de mineurs, reçus simultanément.§Première publication le : 01.12.2017
    Rédaction : Mas de la Regordane
    Dernière mise à jour : 02.12.2017

    §

    Rédaction : Mas de la Regordane/GD/L2F
    Première publication : 01.12.2017
    Dernière mise à jour : 06.12.2017

Livres et écrits sur La Grand-Combe

1/ La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton

La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton
Cet ouvrage est la suite – et le complément – de La Grand-Combe en Cévennes, jadis canton de gueules noires…, paru en 1989, un document qui a connu plus qu’un succès d’estime ; mais dans le présent livre, les coauteurs ont voulu privilégier surtout le travail, la peine, des mineurs d’un canton qui leur est cher et dont la récession économique, due à l’arrêt de l’exploitation au fond, les a émus.

Cette étude, à la fois économique et sociologique, qui n’est certes pas exhaustive, se présente comme une sorte de triptyque.
– Dans le premier volet est évoqué le travail, durant près d’un siècle et demi, des gueules noires dans les mines et le trajet du charbon depuis son extraction dans les chantiers ou les tailles jusqu’à sa commercialisation ;
– dans le second, est présentée l’exploitation des découvertes, le travail des tractoristes et conducteurs d’engins bien différent de celui de leurs aînés, et les problèmes (emploi, environnement) qu’elle pose ;
– le dernier volet est consacré à la mort des puits à la fin des installations du jour, aux friches industrielles et aux perspectives d’avenir pour ce canton cévenol.

Ce livre est une étude objective, écrite très simplement par trois complices qui connaissent bien ce dont ils parlent : non seulement ils sont nés, de parents gueules noires, dans ce pays ; mais ils ont eux-mêmes œuvré dans les mines : durant de nombreuses années pour deux d’entre eux, pendant une dizaine de mois pour le troisième. Et ils ont suivi, avec beaucoup d’intérêt, mêlé de crêve-coeur (et de nostalgie), tout ce qui s’est passé, à La Grand-Combe et dans son canton, depuis près de trente ans.

Comme La Grand-Combe en Cévennes…, ce livre d’une amitié et une mémoire par 14 images est enrichi de plus de 140 documents iconographiques : cartes et plans, cartes postales anciennes et photos récentes. Il porte témoignage et permet de mieux connaître et, partant, d’aimer, une terre et des hommes qui ont fait si longtemps, par leur travail, leur sueur et leur peur, la prospérité de plusieurs cantons de la Cévenne, des Cévennes. Région : Languedoc-Roussillon / France

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2/ L’exploitation des houillères en Languedoc
et le marché du charbon au XVIIIe siècle

ConcTubeuf

Auteur : Guy-Roland Galy
Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale – Année 1969 – Volume 81 – Numéro 92 pp. 163-195

SOURCE et LECTURE DES PAGES > cliquez sur le lien : www.persee.fr

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3/ LES VISAGES ET LES VOIX de Patrick LAUPIN

Les Visages et les Voix : Le Chemin de la Grand-Combe par Laupin

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Il est des livres qui traversent les années et trouvent toujours leurs lecteurs, contrairement à de nombreux autres qui, au bout de six mois, quittent définitivement l’étal des libraires, bien qu’on en ait abondamment parlé dans les journaux à la mode. L’ouvrage de Patrick Laupin, Les Visages et les Voix, appartient à la première catégorie. Sa première édition, chez Cadex, remonte à 1991, elle fut suivie d’une deuxième chez Comp’Act en 2001 et en voici la troisième chez un nouvel éditeur, La Rumeur Libre, qui se distingue par son exigence…

Patrick Laupin est issu d’une famille de mineurs du bassin houiller des Cévennes. Il a passé une bonne partie de son enfance dans ce milieu, il en a conservé des souvenirs très vifs et, à l’heure de la fermeture des puits et ensuite, il revient sans cesse sur les lieux. Au-delà des souvenirs d’enfance dans lesquels se mêlent les êtres et les paysages, c’est l’enfouissement d’un groupe ouvrier dans l’oubli par le biais de la destruction de leur outil de travail qui se dit dans ce beau livre souvent émouvant, mais toujours d’une grande rigueur intellectuelle.

Et c’est une ode à la classe ouvrière qu’écrit Patrick Laupin : calmement, avec une pudeur jamais prise en défaut, avec un respect de chaque instant…, à l’opposé de la condescendance de certains politiciens qui se penchent sur la France d’en-bas ou du mépris d’autres qui s’apitoient hypocritement sur les travailleurs qui se lèvent tôt. La démagogie est totalement absente de ces pages: Patrick Laupin n’attend rien de ces hommes et de ces femmes dont il parle, car il leur doit déjà tout: “J’ai toujours éprouvé tenir mon langage de cette vallée arborescente de fougères, de cette terre austère et patiente rythmée par le labeur. Enfance, amour et mémoire, ce livre est le souvenir, toujours vivant en moi, de ceux de ma famille, qui travaillèrent à la mine.” Mieux, il entend redonner la parole à une corporation qu’on a voulu réduire au silence, à l’inexistence: “Et je suis convaincu que des êtres restent à jamais séparés des autres lorsqu’ils ont une expérience impossible à transmettre.” Car la première violence faite au travailleur qu’on prive de son travail, c’est le silence qu’on lui impose…
Ce livre est inclassable, il se joue des genres littéraires: ce n’est pas un roman, ce n’est pas un récit, ce n’est pas un essai, c’est la succession de trente-six textes (souvenirs, descriptions, proses au statut indéterminé, poèmes en prose, vers, propos d’anciens mineurs…) dont quatre sont composés exclusivement de paroles de mineurs recueillies sans doute par l’auteur.

Patrick Laupin ne décrit pas pour le simple plaisir de décrire mais pour capter quelque chose de profond qui renvoie à la construction de son identité, même si le lecteur appréciera de très beaux passages comme celui-ci:

Il y a l’émergence d’un vide dans cette lumière de plomb gonflée d’un creux d’éther, d’un bleu étale vrombissant du jaune et du vert les plus limpides, du mauve violet parfumé d’orage, d’orange des chênaies, de lueurs presque rousses, du jaune vieil argent des ormes guetteurs arqués en à-pic.

L’écriture est exigeante, précise, minutieuse, mais le réel reste en équilibre instable, prêt à s’évanouir si l’attention du lecteur vient à manquer : c’est une écriture à lire lentement pour ne rien perdre de ce qui se dit dans ces pages, une écriture à l’opposé du bavardage contemporain, dans lequel un mot chasse l’autre, un livre chasse l’autre.
Dans le dernier texte, « le Chemin de la Grand-Combe », les phrases commencent et ne se terminent pas, font de la place à une autre phrase qui, à son tour…

Ainsi Patrick Laupin ouvre-t-il de multiples perspectives qui ne s’annulent pas, mais s’ajoutent pour dire le monde dans sa diversité, car la richesse du réel ne s’épuise pas et tout se mêle alors. Le style de Patrick Laupin (son phrasé, car, le lisant, c’est aussi une voix qu’on entend) est reconnaissable entre cent autres.

Il s’agit toujours de dire, de lutter contre le non-dit, de dépasser “l’informulable, l’indéchiffrable, l’intransmissible” , de vaincre ces zones d’ombre pour rendre aux humains d’ici – les mineurs et leurs proches – une dignité que la société de la marchandise, avec sa sacro-sainte rentabilité, leur a déniée. Et c’est alors toute la beauté d’un travail, toute la noblesse d’une vie ouvrière qui se donnent à lire, qui se transmettent par ce livre. Modestie et dignité d’une vie austère et grandiose :

… les cabas de cuir où l’on emmène juste ce qu’il faut manger. le même que l’on garde toute une vie, des années.

le contraire exactement d’aujourd’hui où tout se jette dès qu’utilisé une fois. Car la vie humaine aujourd’hui est jetable. Alors, dans ce travail ingrat et dur, c’était la vie en ce qu’elle est irremplaçable, la vie au travail avec ses luttes contre la matière, contre l’exploitation, contre les risques, la lutte pour vivre mieux, la solidarité, l’amitié… Il fallait dire et répéter ces choses simples qu’actuellement les penseurs de deux sous, bien en cour, qualifient d’archaïques et de ringardes :

Les mineurs en grève sur le carreau, l’embrasure énorme et monstrueuse du puits sans un bruit. Vide noir sacré.

Notre époque entend faire table rase de ce qui n’est plus rentable au prix de vies brisées: il lui faut tout enfouir dans l’oubli, jusqu’à la mémoire pour que la contestation ne gêne pas le règne de la marchandise. Patrick Laupin entend ici redonner vie à certains de ces hommes sacrifiés par l’économisme ambiant. Il y réussit fort bien.

Les mineurs ont recouvré leur mémoire. Il leur prête sa voix : un homme parle dans la cacophonie du spectacle généralisé qui n’est que silence de mort. Un homme parle et le sens alors s’élève, pour tous ceux qu’on a privé de mémoire et de parole, un sens s’élève, donné en partage pour que se réunisse enfin le plus grand nombre qui n’a rien à attendre en dehors de la lutte. Reste au lecteur à se confronter à cette absence qui devient présence : l’avenir est de retour.

ISBN : 2355770042
Éditeur : LA RUMEUR LIBRE EDITIONS (10/10/2008)
Source : Lucien WASSELIN, le 20 juin 2017
La Tribune de la Région Minière, 3317, p.4, 2009
(à propos de Les Visages et les Voix)

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IV / Le Puits Sans-Nom

Couverture

Le Puits Sans-Nom

Par : Mireille PLUCHARD
Édité par : Presses de la Citée

Source : GoogleBooks (belles pages à lire)

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Articles présentés par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

Saint Florent 1975, le puits dynamité (video)

Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité
Photo : le chevalement du puits … [de Saint Florent], s’effondre dans un fracas de béton et de [ferrailles, soulevant] un énorme nuage de poussière.
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I/ Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité.

Paul Rouverand, ancien correspondant de Midi Libre, et président de l’association La Mémoire des mineurs remémore cet événement qui a mis un  point final à l’histoire minière dans la vallée.

On est le 26 mai 1975, le village vit au ralenti. Le dynamitage du puits Saint-Florent est prévu vers 12h30. La circulation a été interrompue aux deux entrées du village.  Les volets sont clos, mais les fenêtres sont ouvertes dans les quartiers voisins. Toutes les mesures de sécurité ont été prises.

Le haut chevalement du puits, ouvrage en béton au sommet duquel tournaient inlassablement les molettes de la cage d’extraction est d’abord abattu à la dynamite. Puis le chevalement du puits, haut de 53 m s’effondre dans un fracas de béton et de tôle qui soulève un énorme nuage de poussière.

Cette douloureuse ablation a eu lieu sous le regard de nombreux mineurs perchés sur les hauteurs de la commune, qui ont vu avec tristesse et quelques larmes s’abattre les superstructures de leur puits comme un navire qui sombre corps et biens. A l’époque le puits était le plus moderne d’Europe.

Il ne restait alors plus qu’un énorme trou béant d’une profondeur de 656,50m et d’un diamètre de 7,50 m. Pendant 3 mois, quatre camions on fait des va-et-vient incessants entre le terril et l’emplacement du puits de mine pour déverser du remblai dans ce gouffre béant. Ensuite une dalle en béton a été coulée pour éviter tout incident.

Rappelons que le creusement du puits Saint-Florent avait commencé le 2 septembre 1946 (le premier tir de mine pour son creusement fut donné par Victorin Duguet, natif du Martinet, à l’époque président des Charbonnages de France) et terminé le 25 octobre 1956. La première tonne fut extraite  au mois de novembre 1954 et la dernière le 21 octobre 1974.

C’est donc pendant 20 ans que le puits a fourni une grande part de la production des Cévennes. Au total 9 413 000 tonnes furent extraites du sous-sol. Il y a eu jusqu’à 1412 mineurs au fond et 722 en surface. Tous les jours, 23 cars transportaient les mineurs.
A l’époque la commune, prospère et active, vivait à l’ère du charbon et comptait de nombreux commerces. Hélas il n’en est plus de même aujourd’hui. Mais Saint-Florent a su faire face et son emplacement a attiré de nouveau résidents et de nombreuses maisons se sont construites.

L’association, la Mémoire des mineurs, qui a vu le jour avec une vingtaine d’anciens mineurs, met tout en œuvre pour laisser une trace du passé minier aux futures générations. Elle propose  2 films seront  le vendredi 29 mai à 20h45 à la salle Aragon :  » La catastrophe du Pontil le 19 décembre 1958 «  et  « Manifestation et dynamitage du puits de St Florent ».

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II/ VIDEO – film d’archives (56′) : la destruction du Puits Saint Florent, avec la participation de Victorin Duguet, désormais à la retraite au Martinet.

Film 16mm n&b de Jean-Paul Aubert
Avec la collaboration de :
Patricia Garnier / Alain Nahum / Éric Pittard / Jean-Henri Roger
Et de : Bruno Serci / Renaud Victor / Claudine Visayse
Chansons : La cançon del minaire / Tòni / Cevenas 75 / interprétées par Patric
1979 / Durée : 56mn

Numérisation et restauration : Patrice Besnard / Labo VAO / 2012

Les années 70 marquent la fermeture du Bassin Houiller des Cévennes. Les puits ferment les uns après les autres. Celui que nous avons filmé est celui de Saint Florent (l’un des plus modernes), tout près d’Alès et de la Grand Combe dont les puits fermeront à leur tour un peu plus tard. Ce n’est pas qu’il n’y ait plus de charbon. Il y en a beaucoup. Dans la région, on connaît le charbon depuis le Moyen-Age… Mais il y a le pétrole ! et il est même avantageux de faire venir le charbon de l’étranger. Conséquence : à Saint Florent et dans les villages voisins, les cafés ont presque tous fermé. Pour faire ses courses il faut une voiture, aller dans les villes voisines, dans les grandes surfaces. Mais dans les villages, la vie a disparu.
En même temps qu’on détruisait les puits, on ouvrait des musées, parfois sur le lieu même de la mine… Un syndicaliste prend la parole et donne son point de vue : ceux qui ont passé leur vie au fond de la mine se retrouvent sans rien, leur maison ne leur appartient même pas, ce sont les étrangers qui achètent les vieilles maisons… Comment vivre dans un pays mort ?

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I/ Source (texte) : MidiLibre
Titre original : « Saint-Florent-sur-Auzonnet : il y a 40 ans, le puits était dynamité. »
II/ Source Film : archives-video.univ-paris8.fr

Reblogué : par Mas de la Regordane/GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 17.12.2017

La Grand-Combe, la galerie de mine Sainte-Barbe (video)

La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe avait marqué l’histoire des minesPhoto DR : L’entrée de la galerie Sainte-Barbe telle que l’on peut la voir aujourd’hui
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I / La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe
avait marqué l’histoire des mines

Un site oublié des visiteurs, pourtant digne d’intérêt.

Son appellation de « galerie Sainte-Barbe” peut traduire à elle seule son importance au sein des installations de Ricard du début du siècle dernier, dans ce qui était le pôle minier des Cévennes. Nommée du nom de la patronne des mineurs, vénérée dans tous les bassins houillers, elle allait avoir un rôle prépondérant à jouer dans l’évacuation du charbon à partir des puits du Pontil et [du puits] de la Fontaine en direction du [puits]  Ricard.

Murée voici une quinzaine d’années, la Galerie Sainte Barbe sert depuis, de collecteur d’eau, coulant à profusion et se déversant dans le ruisseau Grand-Combe ‘et non pas le ruisseau Sans Nom plus au nord). Il était dit aussi qu’elle ne tomberait pas dans l’oubli et méritait bien d’être intégrée dans le parcours des visites de la Maison du mineur. Pour cela, la municipalité en collaboration avec les Amis du musée du mineur, allaient aménager ses abords, restaurer sa magnifique architecture sur laquelle sera peinte une fresque, œuvre de l’artiste Jean-Claude Sibillat. Mais aussi, implanter un panneau explicatif sur lequel le visiteur pourra découvrir l’année du début de son creusement et surtout à quoi elle avait servi.

Un peu d’histoire sur la galerie Sainte-Barbe

On peut lire sur le panneau implanté à quelques mètres [à droite] de l’entrée de la galerie Saint-Barbe « que celle-ci avait été creusée au temps de la Compagnie des Mines de la Grand-Combe pour développer l’exploitation à partir des puits du Pontil, de la Forêt et de la Fontaine

1902 – «Son creusement est entrepris depuis la vallée Ricard à la côte 215 m, puis en …
1903 … à la côte 228 m à partir du puits Castelnau au Pontil.
1907 – la galerie principale jusqu’au puits du Pontil, longue de 2 330 m est terminée. Maçonnée, elle est large de 3,30 m et haute de 2,40 m. Les travaux d’aménagement, gares, recettes, pose des voies, des lignes électriques.., sont réalisés entre 1907 et 1909.
1909 (octobre) – La liaison avec le puits Castelnau est effective. Peu avant le terminus de ce puits, un embranchement de 410 m mène au puits du Pontil.
1914/18 – Un autre [embranchement] à 500 m de l’entrée menant au puits de la Forêt, verra durant la seconde guerre mondiale, sa longueur portée à de 426 m à 1 826 m jusqu’au puits de la Fontaine n° 2. Un dernier diverticule desservait l’exploitation du [puits de] Sans Nom. L’ensemble des galeries atteignait ainsi une longueur totale de 4 300 m.
1952 – Durant 50 ans, 25 millions de tonnes de charbon sortiront de la galerie Sainte-Barbe

Une belle initiative en somme, s’inscrivant afin de mettre en avant, deux précieux témoins de l’exploitation du charbon. On se souvient aussi que deux années plus tard, en 2011, dans le même style et avec la même collaboration, c’est le puits de la Trouche, par les vestiges de son chevalement en pierre, qui était invité à faire partie du patrimoine. Deux inaugurations qui avaient drainé à chaque fois la grande foule et l’honneur donné à André Pezon [décédé le 09.01.2014 à 88 ans, NdE], alors président des Amis du musée de couper les rubans.

Mais comment ne pas dire aujourd’hui que cette réelle volonté de voir ces deux entités de la ville compléter la visite de la Maison patrimoniale n’a pas été suivie d’effet. Il apparaît clairement que très rares sont les visiteurs, à se rendre sur place, admirer d’une part ce chevalement du puits de mine, le plus ancien dans le Pays grand-combien. Mais également, pourtant à quelques encablures du puits Ricard classé aux Monuments Historiques, l’entrée majestueuse de la galerie. La végétation abondante trahit même ce que l’on pourrait qualifier un sentiment d’abandon, tandis que des ronciers et autres figuiers s’incrustent dangereusement dans les fissures de sa façade. Il y aurait sans doute quelque chose à faire de ce côté-là, de même qu’organiser des visites de groupes dans ces lieux chargés d’histoire.

§

II / VIDEO années 50 – galerie Sainte Barbe
(visionner de 00′:40″ à 01′:52″)

00:26 – sortie de la galerie des mines de Sainte Barbe, de berlines remplies de charbon.
00:40 – gros plan sur le fronton de la Galerie Ste Barbe.
00:43 – gros plan sur le conducteur d’une locomotive électrique qui tire …
00:46 – …des berlines où sont installés des mineurs qui entrent dans la galerie
01:16 – sortie de berlines remplies de charbon.
01:25 – maintenant ce sont les mineurs qui ressortent de la galerie, à bord d’un train de berlines tirées par une locomotive électrique à bord de laquelle se trouve évidemment le conducteur et un mineur (contremaitre ?) qui descend en marche.  Sourires des mineurs … pour la caméra 😉

§

Source I : MidiLibre.fr
Publication : 2015
Titre original : « La Grand-Combe : la galerie Sainte-Barbe avait marqué l’histoire des mines. »
Source II : Youtube

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.10.2017
Dernière modification : 02.01.2018

Ingénieurs des Mines de La Grand-Combe

2014-08-02 16.01.06-1
Photo : Médaille d’or des Mines

LISTE DES INGÉNIEURS (ET ASSIMILÉS*)
DES MINES DE LA GRAND-COMBE ET D’ALÈS

(détail des infos : date de naissance/décès – Titre, École – date d’arrivée et de départ de la  Compagnie des Mines/des H.B.C./des H.B.C.M./ville de Retraite/[dernière année connue])

A

AGNEL Siméon 1875/?, ing. aux mines-1909
ANCELIN
Jean 08.12.1923/?, EMP, HBCM-1944/80
ANDUZE Robert 17.06.1929/?, ECP, HBCM-1984
AUCOUTURIER Joseph 05.04.1920/?, ing Gd-Combe 45/8?, R/Alès-99
AULAGNIÉ ?/?, 1913/1919 dir. Sté Houil. du Nord d’Alès.

B

BAILLE Martin 1869/?, ing.  Cie mines Gd-Combe-1900/1902
BAJAN
 Pierre 1912/?, ing. Civil Mines, Cie Gd-Combe-1946?/74
BARBERIS François 05.01.30/?, ETMA, HBCM-1984
BARGETON Georges 06.09.1927/?, ECL, HBCM-1984
BARON Henri 26.06.1918/29.04.2002, Centrale, Gd-Combe 1944/80
BARON Jules 1820/?, ing. usine plomb de Gd-Combe-1863
BARRAL M. ?/?, chef domaines forestiers, cie mines Gd-Comb-1936
BARRAULT Narcisse 1848/?, ing. mines Grand-Combe-1875/81
BATAILLE M. ?/?, serv tech fond, Grand-Combe-1936
BEAU François Pierre 9.10.1815/14.09.79, EP, Mines, Dg Gd-Combe-1849/63 – Maire Gd-Combe 1850/63. Élu Conseiller général. 2 petits fils MpF
BEAU François Auguste 1851/?, ing. div Cie Gd-Combe-1881/96
BERNARD L. ?/?, serv tech fond cie mines Gd-Combe-1936
BIGUET Charles 1849/?, ing. mines Gd-Combe-1882
BLANC H. ?/?, serv tech fond Grand-Combe-1936
BOFFY Gérard 06.03.47/?, ETMA, HBCM-1984
BOISSIN Albert ?/?, ing div T.P. de L’État (Mines), Alès
BONNEAU Norbert 10.04.21/?, ing. mines, Gd-Combe-1960, Alès
BORGNETTA : ?/?, ing. Cie Gd-Combe
BOUDROT
Pierre 11.07.21/?, ing. Gd-Combe, Rt/Mtpellier12.99
BOURDALOUE ?/?, ing. chemins de fer du Gard, 1840 invente le chemin de fer bis-automoteur qui a fonctionné jusqu’en 1914/18.
BOUTEILLE ?/?, directeur, S.A. des mines de Cessous-1922/1953
BOYER Jean ?/?, 1917/1938 dir Sté Mines Nord d’Alès
BOYER Pierre ?/?, ing. serv tech fond cie, Dir. Gd-Combe-36/5?
BOYER René 08.11.21/?, ing. Gd-Combe-53/9?, Rt/Mtpellier-2018
BRINGUIER ?/?, ing., S.A. des mines de Cessous-1922/1953
BRUN Odilon 188c/?, ing. Gd-Combe-(11)1905
BRUNEL Aimé 20.08.30/?, EMSE, HBCM-1984
BRUNEL Henri Frédéric : 1879/?, ing. 1910
BUCLEZ H. ?/?, service tech fond, Cie Mines Gd-Combe-1936
BUCLEZ Jean 25.11.25/?, ing. ECP, Grand-Combe-194?/
BUREAU Joseph ?/?, ing. mines d’Albi, 01.11.1904/1913 dir Sté Houil. du Nord d’Alès.

C

CALLON Jules 09.12.1815/08.06.75,EP,mineParis, Dg Gd-C-46/48,R75
CAMARET (de) Charles 1853/?, ing. Gd-Combe-1888
CAPPELAERE ?/?, dir. général des H.B.C. [1960]
CASTELNAU Marc(elin) 1823/?, ing. mécanicien Pise/Gd-Combe-1853/69
CASTELNAU (de) Clément 08.05.1849/1907, EP, Mines, Dg Gd-C 96/98
CAYROL Joseph 1836/?, ing. civil La Pise-1885
CAZAMIAN Pierre (fils) médecin des HBC [1946-1954]
CHAZEL André ?/?, chef compta, Grand-Combe (1962)
CLAIRET J. ?/?, serv tech fond cie mines Gd-Combe-1936
CLÉMENT J. Jacques 18.10.49/?, Dg ADIRA Alès, HBCM-1984
COFFINHAL M. ?/?, chef serv appro? Cie Gd-Combe-1936
COSTE ?/?, médecin des HBC [1948-1953]

D

DALMAS Edmond 1883/?, ing. civil des mines-1909
DALMAS
 ?/?, Mines Gd-Combe, Retraite-(02)1963
DARODES Georges 1853/?, ing. mines Grand-Combe-1900/09
DARTAYRE Pierre 24.07.30/?, A. et M., HBCM-1984
DAUPLAN Marcel ?/?, A. et M., chef compta cie mines-1936, R/Alès
DAVID Laurent 1884/1958,ing.min-10.1906/29,dir.mines Rocheb-30/44
DELANNOY Georges 26.07.1922/19.09.2011,EP, Gd-C-47/64, Dg 81/04
DELAUNAY Louis 1860/1938, EP, Mines, pdt cons adm cie Gd-Combe
DELOCHE ?/?, Gd-Combe [1960]
DESTIVAL Jules 1867/?, ing.div. Cie Gd-Combe-1898
DUBOIS Claud/e/ius 1865/1926, Gd-Combe, dir.adj.cial-1905/23
DUCASTAING
Jean ?/?, ing. Fesc, Dg cie mines Gd-Combe-1936
DUCOS ?/?, Mines Gd-Combe R/(02)1961
DURAND Jean-Marie : 06.11.29/20??, ing. ASS, Gd-Combe, Hbcm-1984

E

ESTEVE Pierre ?/?, Dga cie mines Grand-Combe-1936

F

FAISCAU ?/?, ing. Grand-Combe-1950, R/Montpellier-(12)99
FALQUE
 G. ?/?, ing. chef Grand-Combe-1936,
FALQUE P. ?/?, ing div jour cie mines Gd-Combe-1936, Marseille
FAMEL Pierre ?/27.11.34, fonde 25.05.1900 Sté Houil. du Nord d’Alès
FILLERON ?/?, ing. Gd-Combe 1964
FLÉCHON Étienne. ?/?, serv fond cie mines Gd-Combe-1936/64
FOULON (LE) Claude 04.05.37/?, École Violet, Hbcm-1984
FOURNEL Émile 30.05.34/?, EMSE, Hbcm-1984
FRANCO Nicolas 24.10.1948/?, ETMD, Hbcm-1984
FRESSEIX de Veyvialle Barthélémy 1816/? ing.civ.LaTrouche-1848
FUMAT Victor 18.03.1842/07, ing. MinesParis, cie Gd-Combe-1864/95

G – H – I

GALLIER René 10.01.24/?, docteur en droit, Hbcm-1984 [R(12)1999]
de GAULLE Xavier 9.11.1887/9.02.1955, ing.civ.mines, StMartV1920/22
GAUSSERES Amédée 1876/?, ing. civ. mines Gd-Combe-1903/08
GÉNINA 19??/?, ing. mines Gd-Combe-1948 (cf. École Libre)
GIBRAT Robert ?/? ing, Fesc, prof d’électrotech. Éc/MinesParis
GIRARD 1900/10.1904 directeur Sté Houil. du Nord d’Alès.
GODARD
 Jean 1898/09.1972, ing.div.jour, Fesc, Gd-Combe-1936/(04)62
GONTIER Charles 1878/?, ing. Gd-Combe-1903
GRAFFIN Louis C. Émile 1829/?, ing.PP52/63, Dg cieGd-Combe 64/96
GUÉNARD C. ?/?, ing cie mines Grand-Combe-1936/
GUILHAUMAT Jules 1842/?, ing. aux mines-1873
GUIGNON ?/?, ing principal, dir Sté Houil. Nord d’Alès 1938/1946

IDOUX Henry : 1875/?, ing. aux mines-(01)1906

J

JALABERT Louis Ferdinand : 1828/?, ing. Cie Grand-Combe-1885
JOURDAN
 : 18??/197?, cocher aux mines, GdCombe, R/(05)1959

L

LAFITTE Henri : 1856/?, ing. mines Gd-Combe-1887 
LAGARDE
 : ?/?, cie mines Gd-Combe – R/?1963
LANGE Louis : 1856/?, ing cie Grand-Combe-1880
LARGUIER
 Émile : ?/?, ing serv cial cie mines Gd-Combe-1936
LAVERSANNE
Jacques : 15.09.49/?, Min Paris, Hbcm-1984
LAUNAY (de) Louis : ?/?, pdt cons adm cie mines Gd-Combe-1936
LIVET Georges 18?/19?, chef étud géol géom cie Gd-Combe-1918/52

M

MAGNE Joseph : 1878/?, ing. div. mines Gd-Combe-1904/10
MALGLOIRE
François : ?/?, ing Grand-Combe [1964]
MARCILLAT François : 1823/?, ing. Champclauson,Gd-Combe-1853
MARCY : ing. S.A. des mines de Cessous [1922-1953]
MARION Émile : ?/?, ing div jour cie mines Gd-Combe-1936/(04)1962
MARSAUT J.-B. : dirigeant de la cie de Bessèges-1859/1914
MATHET François : 1823/1908, MinesParis, ing. civ. cie Gd-C-1852/57
MAZODIER Marius : 1864/? , ing. ppl aux mines-1897/1902
MAZODIER Marie Maurice : 1863/?, ing. mines Gd Combe-1900
MENET Charles : 07.04.1955/?, CentraleParis, Hbcm-1984
MESMEUR : ing Grand-Combe-1955, R/Montpellier-(12)99
MESTRIUS
André : 23.09.27/?, minRabat, Dg CdF Én. Alès Hbcm-1984
MEUSNIER Charles : 1829/?, ing. civ. -1860
MOREL : Ing. chef mines Rochebelle, Dg groupe Sud Hbc-1942?
MUTELLE Robert : 21.07.23/?, ing. Grand-Combe, Alès

N – O

OLLIER Jean Luc : 19.07.46/?, ETMA, HBCM-1984

P – Q

PEGUET (Pequet) Claude : 1853/? ing. mines Gd-Combe-1879/84
PEREZ
Paul : 01.12.55/?, A. et M., Hbcm-1984
PIN
Patrick : 31.07.47/?, médecin Hbcm-1984
PLA Richard : 15.07.51/?, A. et M., Hbcm-1984
PLACE (de) : 02.10.1884 (Réf. 2D1 plans du rdc et 1er étage)
PLANES
André : ?/?, ing chef serv cial Cie Mines Gd-C-1936
PLATON (xMartin) Hippolyte : 1825/, géom.chef, Cie Gd-Comb-1857/86
PLATON Hippolyte Gabriel : 1863/?, ing.civ, Cie Mines Gd-Combe-1897
POPEK Yvan : 01.01.43/?, MinDouai, HBCM-1984

R

RAVIART André : 28.10.1929/?, MinNancy, Dga HBCM-84-StEtienne, Alès
REGERAT
 Germain : 1878/19??, ing.aux mines Grand-Combe 1905/34
REINHARD A. : ?/?, Serv Tech Fond Cie Mines Gd-Combe-1936/12.1962
REVEL Bertrand : 08.07.56/?, MaitriseDroit, HBCM-1984
RICATEAU : Dg mines
ROTHSCHILD (baron James de) / actionn. Cie des Mines Gd-Combe-1936
ROUSSEL Henri : 21.06.31/?, A. et M., HBCM-1984

S

SAINT-JEAN : médecin des Houillères de Cessous [1929-1944]
SANGOY Victor : 1864/?, ing. div. aux mines-1895/98
SERPENTIER
François : 09.08.25/?, Médecin des HBCM Gd-Combe.
SERRADELL Henri : 20.08.23/?, EMSE, HBCM-1984
SOBOUL Émile, 1867/?, ing.div. Grand-Combe-1898/1905
SOUBEIRAN (de) Alfred : 1855/1936, EP75, MinesParis, Gd-Combe 1908/9
SOULIER – HBCM Gd-Combe – retraite 08.1959

T

TALABOT Paulin : ?/?, Grand-Combe 1833
TEIL Adrien : ?/?, Serv Tech Fond, Cie Mines Gd-Combe-1936
THIBAUD : ?/?, ing.chef Cie Grand-Combe, contemporain de Trautmann
TRAUTMANN Louis : 1821/?, EP, MinParis, ing.chef, Dg Cie Gd-Combe
TURPIN
 Michel : 188?/1958, IngPp, Fesc, Gd-Combe 1919/54, R/Alès

U – V – W – X – Y – Z

VARIN Félix (dit D’AINVELLE) : 21.01.1806/05.06.1857, EP, mines, 04.1847 Ing.chef,
Dg La Gd-Combe et Bessèges. Maire d’Alès. RT 03.03.1857
VOLLE
Jean : 18.05.23/?, Ing Grand-Combe, Alès, Marseille [12/99]

§

Abréviations :

A.et M. (Arts et Métiers) – ASS (…) – Cie Mines Gd-C 1936 (présent sur le listing 1936 de la Cie des Mines de la Grand-Combe) – ECP (Ecole Centrale Paris) – École VioletEP ( Ecole Polytechnique) – EMC (…) – EMSE (…) – EMP (…) –  ETMA (…) – ETMD (…) – G-C ou Gd-Combe (La Grand-Combe) – HBCM-1984 (présent sur le listing 1984 des Houillères du Bassin du Centre Midi, section Cévennes) – Ing. (Ingénieur) – MinDouai (École des Mines de Douai – Nord) – MinParis (École des Mines de Paris).

N’hésitez pas à nous communiquer d’autres noms,
dates ou précisions en cliquant
ICI

BONUS

1856/57 Liste des naissances à La Grand-Combe
1857/58 Liste des naissances à La Grand-Combe
1858/59 Liste des naissances à La Grand-Combe
en bas de page, retrouvez les années précédentes ou suivantes.

§

Source : archives Georges Delannoy©
Première publication : 23.11.2017
Dernière mise à jour : 04.08.2018

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La Grand-Combe au travers des âges (vidéo)

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LGC8
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La Grand-Combe est encore plus belle et fière qu’hier, autant travailleuse et pimpante qu’aujourd’hui et aussi vibrante d’espoir que demain.

Dans ce court-métrage la commune de La Grand-Combe est évoquée en ses trois âges et un bel hommage est rendu au passé, au présent et au futur de cette jeune commune de tout juste 181 ans … enfin, selon le calendrier républicain qui oublie que ce nom était déjà porté par ces lieux sous le règne du roi Louis le XIVème, soit il y a plus de 300 ans 😉
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mairielagrandcombe Production : Mairie la Grand-Combe

Un film réalisé par : Marc LAFORET
À l’occasion des : Vœux 2012 de la municipalité
Source : DAILYMOTION
Titre original : « La Grand Combe dans le temps »
Texte et mise en page : Georges Delannoy / masdelaregordane.fr
Première publication : 24.10.2017
Dernière révision : 20.08.2017

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La Grand-Combe Sainte Barbe 1950 – 2017 (vidéos)

C’est aujourd’hui le 4 Décembre 2017, souvenons nous, avec ce court métrage amateur, de l’ambiance extraordinaire de la Fête de Sainte Barbe il y a 67 ans à La Grand-Combe des années 1950 !
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Et voici la version 2013 … en double exemplaire, s’il vous plait 😉
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Revenant à la Grand-Combe en 2017,
voici un échantillon du spectacle de la Sainte Barbe.
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Vidéo : Youtube
Rédaction et mise en page : Mas de la Regordane
Première publication : 18.10.2017
Dernière mise à jour : 10.12.2017