Les Joyeux Mineurs de La Grand-Combe

 

LES JOYEUX MINEURS [de La Grand-Combe]

Société de Danses et Farandoles

Nous sommes de La Grand Combe, au nord du département du Gard, au pied des Cévennes à 12 km d’Ales et 50 de Nîmes. Le groupe est né en 1911 de la fusion de deux sociétés qui fonctionnaient depuis les dernières années du XIX° siècle et n’a eu que deux interruptions d’activité, au cours des deux guerres mondiales.

Deux questions se posent,
– pourquoi « Danses et Farandoles » ?
– pourquoi « Joyeux Mineurs » ?

La Grand Combe fait partie d’un ancien bassin minier. Pendant un siècle et demi l’exploitation du charbon a fait vivre la ville qui est née en 1846. La Compagnie des Mines organisait la vie de ses ouvriers mineurs : travail, logement, santé, école des enfants, cultes, coopératives et bien-sur les loisirs.

Fin XIX° début XX°, des associations sportives furent créées par les directeurs des mines : clubs de foot, boxe, cyclisme, harmonie [des mines] et société de Danses et Farandoles et cela dans toutes les vallées cévenoles qui vivaient du charbon. Tous ces villages avaient leur Harmonie [des mines] et leur société de Danses.

Toutes ces sociétés de Danses et Farandoles ont été pendant longtemps composées uniquement de mineurs et se retrouvaient régulièrement pour confronter leur virtuosité, leur agilité, leur souplesse à l’exécution des pas de Farandole.

Farandole disons-nous ?

Oui, des pas de Farandole qui leur avaient été enseignés par les Maitres à Danser de l’Armée. Maitre à Danser qui été retournés chez eux aux 4 coins de France, après que l’Armée ait supprimé la pratique de la Farandole comme maintien en forme des fantassins. Des sociétés de Danses ont été retrouvées dans plusieurs département. Le Gard a été un terreau de la Farandole mais l’histoire a voulu que Frédéric Mistral déclare la Farandole Provençale, le costume d’Arles, costume officiel et la musique seulement fifres et tambourins.

À la Grand Combe, nous sommes restés fidèles aux origines des sociétés de Danses et Farandoles. Nous avons gardé le costume de farandoleur pour les danses de techniques, un costume pour chaque danse de création et pour la musique, nous avons toujours un orchestre. L’habit des Mineurs et des Placières (femmes qui travaillaient à la mine), sont devenus nos habits « officiels ».

1948 – Les Joyeux Mineurs fêtent 35 ans d’existence à La Grand-Combe

JoyeuxFarandoleursLGC

Photo : Christine Coste [s/FB, de la Famille Chapert, nous dit que cette] :
« photo [a été] prise [à La Grand-Combe] le (dernier) dimanche du [27] juin 1948, devant le café Savary (café de la gare), le groupe allait danser a[u hameau de] La Jasse de Chamborigaud. » [ces deux communes étant distantes de 20 km et toutes deux situées sur la ligne SNCF : Nîmes-Clermont-Ferrand.]

COORDONNÉES D’ASSOCIATIONS DE DANSES ET FARANDOLES

Les Joyeux Mineurs de la Grand Combe,
Société de danses. Date de création de l’association : 31.05.1913
8 D rue du gouffre [Trescol] 30110 La Grand-Combe 04 66 54 83 67

Lei Farandoulaire Sestian
Un groupe folklorique provençal, d’Aix en Provence
qui assure avec ferveur et sincérité le maintien des traditions provençales.

Lous Amics de la Mountogno de Grandieu,
en Lozère, avec sa tradition folklorique d’Auvergne et la Bourrée.

Liste du Concours de Farandole du Sud-Est de la France

Farandoles – Catégorie C :

Les Enfants d’Aramon – 30390 – Aramon : L’Arlequine
Lei Farandoulaire Sestian – 30100 – Aix en Provence : Les Bouffets
Le Moulin de Bretoule – 13570 – Barbentane : Les Tambourins

Farandoles – Catégorie B :

Les Farandoleurs Cheminots Nîmois – 30000 – Nîmes : La Jardinière
La Souleïado de Margarido – 30320 – Marguerittes : La Farandole
Les Joyeux Mineurs – 30110 – La Grand Combe : Variation Celtique
L’Estello – 30128 – Garons : Le Pas Grec
Les Enfants d’Arausio – 84100 – Orange : Les Epées
La Capoulièro – 13500 – Martigues : Made in Capou

Farandoles – Catégorie A :

Farandole des anciens d’Aramon – 30390 – (1ère de cette catégorie)
Lou Rode de Basso Prouvènço – 83170 – Rougiers : Le Quadrille empire
L’Oulivarello – 13000 – Marseille : Les Moissons

Autres groupes de Farandoles :

Le Temps du Costume – 30000 – Nîmes
Mistrau e Soulèu – 30200 – Bagnols sur Cèze
Estello Aubanenco – 13400 – Aubagne
La Respelido Prouvençalo – 13210 – St Rémy de Provence
Li Gai Farandoulaire – 13000 – Marseille
Li Recouleto – 13440 – Cabannes.

§

Source : festival-baladins.com
Par : 36è Festival d’Arts et TraditionsPopulaires | 19 & 20 Mai.
Lieu : La Roche-Posay, 86270 (dépt. de la Vienne) France.
_

Reblogué par : Mas de la Regordanne
Commentaires entre [ ] : G. Delannoy
Première publication, le : 06.02.2019
Dernière mise à jour, le 07.02.2019

Publicités

VTT, descente de caluts à La Grand-Combe (vidéo)

VTT - VTT - (- ) Capture d'écran


[ À la Grand-Combe, au niveau du 45 rue des poilus, entre les deux anciens bâtiments de briques rouges des Houillères du Bassin des Cévennes (H.B.C.), hébergeant désormais la « Maison des Métiers Anciens » et la « Maison du Mineur« , le parking est régulièrement pris d’assaut par des hordes de cyclistes au look de terminators.

C’est là en effet, que des vététistes déjantés, amateurs ou champions confirmés, se donnent rendez-vous pour « attaquer » les pentes de la montagne surplombant le site du Puits Ricard et pour « atterrir » sur le (stade) Charles de Gaulle, installé et entretenu par les services municipaux de la mairie de La Grand-Combe. Parce que ces gars là, messieurs et dames, ils ne roulent pas seulement au travers de la forêt, sur ses chemins étroits, pentus et escarpés, mais ils les survolent avec l’agilité et la rapidité de l’aigle.

Maintenant, si vous avez le coeur bien accroché, respirez un grand coup et cliquez sur la vidéo ci-dessous : « ça décoiffe grave ». ]

ARTICLE :

Vidéo : La folle session d’Amaury Pierron et de Rémi Thirion à La Grand-Combe

Le vainqueur de la Coupe du monde de descente Amaury Pierron et son coéquipier Rémi Thirion ont dévalé les chemins escarpés de la Grand-Combe ce week-end pour une très belle session.

Les deux riders de la team Commencal-Vallnord, Amaury Pierron, vainqueur de la Coupe du monde de VTT de descente en août dernier, et Rémi Thirion se sont offert une belle session ce week-end, [à la Grand-Combe] près d’Alès.

Muni de sa GoPro, Rémy Thirion filme son coéquipier Amaury Pierron descendre avec classe et agilité les chemins escarpés de la Grand-Combe. Le parfait entraînement pour attendre la reprise de la Coupe du monde de descente le 27 avril prochain.

§

[Commentaire sur notre titre : « VTT, descente de CALUTS à La Grand-Combe » :

Mais, qu’est-ce qu’un calut ? nous direz-vous ?

Pour nous qui étions jeunes dans les années 50/60, la question ne se posait même pas et nous n’avions pas besoin de commentaire pour comprendre ce qu’est un calut : nous en voyions tous les jours et c’était une interjection bien facile de traiter nos copains de caluts dès qu’ils se livraient à des exercices hors du commun. Moins qu’un reproche, c’était une manifestation de notre admiration.

C’est donc : un allumé ; un barge ou un barjot ; pour les marseillais, un fada …

… les gens ordinaires disent aussi :

un cinglé ; un dingue ou un dingo ; un fêlé ; un fondu ; un fou : un frappadingue ; un givré ; un maboul ; un marteau ; un siphonné ; un sonné ; un tapé ; un zinzin…etc.

Cette liste n’ayant pas de fin, je vous la laisse découvrir avec le site : languefrancaise.net

Enfin comme toujours, les gens du Sud de la France aimant exagérer et moquer (gentiment), pour nous, le calut est avant tout un type abracadabrantesque, comme aimait à le préciser notre « past » président Jacques Chirac, mais toujours avec une note de sympathie et même d’admiration pour quelqu’un qui nous en met plein la vue.]

_

Sur le net,  en parle de façon plus savante (mais aussi donne un sens  sévère que nous n’avons personnellement jamais pressenti ) :

Source : etymologie-occitane.fr
Posté le : le 18 juillet 2011

Calut, caludo, caludasse

Calut, caludo « nigaud », un mot que nous rencontrons à Manduel surtout sous la forme de l’augmentatif caludasse. Alibert donne caluc, caluga adjectif et substantif  « myope; qui a le tournis (en parlant d’un mouton) qui a le vertige; sot imbécile ».

L’abbé de Sauvages parle de fedo caludo et décrit cette maladie des moutons appelée en français le « tournis » ou plus scientifiquement la Cénurose. Les moutons qui souffrent de  cette maladie, la cénurose, tournent souvent en rond.

cénurose

L’étymologie est le latin caligo « brouillard, vapeurs, fumées » mais aussi « ténèbres ». Au figuré le mot latin prend déjà le sens de « aveuglement d’esprit ». Ciceron parle de « la confusion , le désordre de ces temps »: caligo illorum temporumLes deux sens, au propre et au figuré sont conservés dans la langue d’oc = la langue du Midi.

  1. Au sens propre : « brouillard, brume obscurité » en languedocien dans le dérivé calignada « braise, feu de menu bois » et dans caluga  « muge », un poisson dont les yeux sont à moitié recouverts. Voir l’image dans le site marseillais : http://www.marseille-sympa.com/muge.html.

    Le sens le plus fréquent en occitan ancien et moderne est « myope ». Le verbe escaludà à Nîmesmais escalugà à Colognac signifie « éblouir, aveugler ». Le mot a été conservé aussi en ancien français chalin, calin « brouillard, brume, obscurité ». (Cf. Godefroy). En français moderne  caligineux.

  2. Au figuré, calu, calut ou caludasse « aveuglement de l’esprit » > « niais, nigaud ». A Nîmes on prononce de nos jours  calu, calude  « fou, inconscient, idiot(e) » (Mathon), en  francitan à Gignac caluc, caluga subst. « sot, imbécile et même fou » (Lhubac).

    D’après les exemples qu’ils donnent, le mot est souvent utilisé dans la circulation  pour décrire la façon de conduire des autres.

En Camargue, « certains taureaux calus (fous) bacèlent dans les planches. » (Domergue), qui dans son Lexique de la 2e édition de Avise le biou ajoute : « Un caludas est un gros calu. Au sens premier calu signifie  « myope ».

J’ai l’impression que les formes avec un -d- sont limitées au Gard , Nîmes- Ales.   A Marseillecalu = « fou ».

§

Source de l’article : l’Equipe.fr
Publié le : 
Rédacteur : A. Domingues
Publié par : Rémy Thirion

§

Reblogué par : Mas de la Regordane
Commentaires additionnels entre [ ] : G. Delannoy
Première publication : 05.02.2019
Dernière révision : 06.02.2019

_

La Grand-Combe, Alès et retours

1° VOYAGE, LA GRAND-COMBE – ALÈS – UZÈS – LA GRAND-COMBE

822_001_cpsm-30-la-grand-combe-les-cites-de-ribes-1964-grand-format_LI (2)
Photo (1) : La Citée de Ribes à La Grand-Combe, construite en 1914 et rénovée dès 74.

« Qu’a vist Paris e noun La Grand’Coumbo a ren vist. »
– Qui a vu Paris, et non La Grand-Combe, n’a rien vu.

En pastichant le célèbre vers sur la ville de Cassis par Frédéric Mistral (1830-1914), on peut résumer ce que je pense de ma ville natale … où en fait, je ne suis pas né.

En effet, dans les années 50, les futures parturientes grand-combiennes, ne disposant pas d’une clinique moderne sur La Grand-Combe, préféraient aller accoucher à la clinique (protestante) Bonnefon d’Alès. À cette époque, ce n’était pas encore cette énorme valise de béton blanc, mais une belle maison de maître qui existe toujours et a été transformée en pension de retraite. Naissance et vieillissement, la boucle est bouclée.

Suite à des complications postnatales de ma mère et au travail débordant de mon père occupé à la Cie des Mines de charbon de La Grand’Combe (ainsi écrivait-on autrefois), je ne séjournais que quelques jours à Alès. La providence m’expédia donc trois mois en nourrice dans le duché d’Uzès et au retour de ma chère convalescente, je réintégrais notre domicile grand-combien de Ribes, à mi-pente de la colline du même nom, face au Sud.

Niché dans le giron maternel, j’avais ainsi accompli mon premier voyage « aller » à la sous-préfecture d’Alès, mais j’étais déjà de retour, dans une sorte de corbeille à linge en osier bien calée sur la banquette arrière de la 203 noire familiale, direction La Grand-Combe que j’avais délaissée à mon corps défendant : c’était le mois d’Août, il faisait beau et la vie qui commençait ne pouvait qu’être belle 😉

AndreFilholsViveLesCevenolsCArnotAles

Cette photo (2) a été prise à Alès, dans les années 50, au début du boulevard Carnot (sans voitures) qui longe le Gardon. Certes, il y avait déjà à l’époque, des pellicules en couleur, mais c’était plus cher !

À gauche, le bassin entouré de bancs où bien plus tard, mon frère et moi ferions naviguer nos maquettes de voiliers, tandis qu’à droite du boulevard, on aperçoit le gros marronnier du parc de la vieille maison de Maître de la Clinique Bonnefon où je suis né, en l’année 52.

2 – TU AS VOULU VOIR ALÈS ET TU AS VU ALÈS

AlesMarchéCagesPoules

Deux photos (3 – 4), deux époques : à gauche, dans les années 50, les anciennes halles avec leurs belles arches et contreforts en pierre de taille abritant le marché aux volailles, tandis qu’à droite, on ne peut que s’esbaudir de cette abracadabrantesque  transformation en cages à poules, due aux édiles de ces temps où le modernisme à tout va, était de rigueur.

C’était le temps où un vague oncle à moi, sillonnait le Sud de la France à bord de sa 2CV Citroën fourgonnette et proposait des meubles en « Formica » aux paysans des villages qu’il traversait et les débarrassait « gratuitement » de leurs anciennes tables de ferme, armoires en merisier, bahuts et autre vieux fauteuils Voltaire qu’il revendait à prix d’or aux antiquaires et autres brocanteurs.

Le résultat de ses opérations se solda par l’acquisition d’un petit château meublé à l’ancienne avec un goût exquis et par son embauche comme directeur commercial, par le patron d’une célèbre maison de meubles en « authentique Formica » qui s’était longtemps posé la question de savoir qui pouvait bien lui acheter quatre à cinq cuisines « toutes équipées » et divers mobiliers, tous les mois de l’année.

Cette démolition volontaire, de notre bonne ville d’Alès, entreprise depuis les années 1958 s’opéra sous les mandats consécutifs des maires successifs …
– Paul Béchard, ex St Cyrien, sous secrétaire d’État à l’Armement et « auto proclamé « Empereur du Gard » (sic) « , pas moins que cela.
– Roger Roucaute (à ne pas confondre avec Gabriel Roucaute aussi maire d’Alès de 1945 à 1958)  » commandant les FTP de la zone Sud en tant que « colonel Lazare »,
soit deux personnes dont le képi avait « peut-être » trop longtemps empêché leurs crânes respectifs de se développer harmonieusement.
… ont oeuvré tour à tour, pour que la vieille ville, ayant totalement échappé aux bombardements allemands, « fut rasée sur environ les trois quarts de sa superficie (2 500 logements) lui donnant [ainsi] la deuxième place au rang des villes françaises reconstruites ! »
Peut-être aussi ont-ils voulu illustrer à leur façon le blason de la ville d’Alès ? « de gueules au demi-vol d’argent » ; preuve s’il en fût qu’avec une seule aile, on ne peut pas voler bien haut et qu’à vouloir s’élever à plus haute altitude, il faut ajouter plus de pennes.

Ce travail de sape ne fût pas le seul ouvrage de la République des képis, mais  si l’on en croit certains historiens, le premier démolisseur d’Alais serait un autre militaire, un irréductible romain, le généralissime Jules César qui aurait fait brûler la ville de bois d’Alésia que ces mêmes historiens situent à quelques lieux de l’Alès actuelle.

Depuis l’année 1926, « Alais» s’appelle « Alès». Au recensement de cette année, la ville comptait 12 378 habitants à qui on a, non seulement estropié le nom de leur fière « Alais » qui s’écrivait comme celui de la commune du département de l’Essonne : La Ferté-Alais, la f(i)erté en moins ; mais aussi on l’a défigurée définitivement, en détruisant dès 1958 ses bâtiments historiques les plus célèbres comme « l’Auberge du Coq Hardi » où Louis XIII aurait séjourné.

En lot de consolation, il ne nous reste plus que l’ancienne cathédrale Saint Jean-Baptiste, l’église Saint Joseph (place Henri Barbusse) et une vieille prison décrépite, bâtie après la révocation de l’édit de Nantes (vers 1688) sur un point haut de la vieille ville, soit un fort (d’inspiration) Vauban, sur la butte de la Roque où avaient été préalablement construits au XII° siècle, deux châteaux appartenant aux Barons Pelet d’Alès et Bernard d’Anduze, les deux seigneurs de la ville et détruits pour laisser place à cette estrasse carcérale.

3 – 1962/64 DE LA GRAND-COMBE À ALÈS EN AUTOCARS SCOLAIRES.

 

Photos (5-6) : Autocar Chausson APH 1960 – Autocar Saviem 1973.

En 1962, des allers et retours de La Grand-Combe à Alès, j’en entrepris quotidiennement, pour me rendre au à mon nouveau lycée alèsien. Pour ce faire, je prenais la ligne scolaire de la compagnie Grand-Combienne des Cars Gazagnon qui serpentaient sur un itinéraire immuable qui empruntait la N106 (sur la rive droite du Gardon) en traversant les communes des Salles du Gardon, le quartier de L’Habitarelle, le hameau du Rouvelong, où la route enjambe le Vallat de Fréguéirolle. L’autocar bifurquait ensuite sur l’actuelle N916* au niveau de La Tour, petit village regroupé et surplombé par son magnifique château et sa petite chapelle en retrait.
*route de Clermont-Ferrand à Nîmes.

Puis on passait par le lieu dit Les Plantiers à la sortie duquel se trouve les Ètablissements Nogaret, scierie vieille de pas loin de cent ans, Cendras, L’Abbaye où l’on retraversait le Gardon, puis La Blaquière, La Royale et sa montée des Lauriers couronnée par une station essence aux couleurs jaune et verte d’une célèbre compagnie pétrolière. On redescendait ensuite sur Alès en franchissant à nouveau le Gardon au pont de Brouzen, à droite duquel s’ouvrait, sur la N106 retrouvée, l’avenue du 11 Novembre 1918, dernière ligne droite qui se glisse entre le Près Saint Jean et le Gardon pour arriver au terminus, devant le lycée où l’on entrait par un portail situé en face au niveau du bâtiment n°1 ; alors qu’en face, la rivière coulait selon le débit variable de ses humeurs, encadrée par son nouveau mur bâti contre les inondations : les « grands » (élèves) le franchissaient allègrement pour aller griller, à l’abris des regards, une Bastos ou une P4, cigarettes interdites dans l’enceinte scolaire tout comme dans l’autocar.

4 – PÉRIPÉTIES DE VOYAGE DE LA GRAND-COMBE À ALÈS

Le récit précédent des ces allers-retours pourrait laisser croire, par son côté régulier, à une certaine monotonie pour le jeune écolier que j’étais. Il n’en est rien, car ce serait sans compter les divers avatars qui survenaient sur la route.

Dans le grand virage de La Tour était régulièrement garée  » en planque », la 403 break Peugeot bleu marine de la Gendarmerie Nationale. Elle n’était pas particulièrement discrète avec son antenne de plus de quatre mètres de long d’un gros câble semi-rigide, arrimée de l’arrière du véhicule, jusqu’à l’avant du capot moteur.
Aussi l’élève placé en vigie, derrière le pare-brise de l’autocar, se faisait-il un plaisir d’annoncer bruyamment la présence rassurante des pandores, aujourd’hui remplacés par le radar impersonnel du virage du hameau du Rouvelong. Les chauffeurs faisaient alors mine de ralentir, même s’ils n’avait pas l’habitude d’user « des cars à fond ». Parce que désormais, selon que l’on circule à plus de quatre-vingt ou bien à quatre vins, le tarif de la verbalisation n’est pas le même.

5 – LES PEUPLIERS DE LA TOUR

Un autre lieu remarquable se trouve sur cette route, à savoir un terrain planté de peupliers, à la sortie du village de La Tour, à cinq cent mètres environ sur la gauche, vingt mètres en dessous de la route. Mon père m’avait expliqué que certains paysans avisé de la région, à la naissance d’une fille, plantaient en arbres dans un champ près d’une rivière dans l’espoir qu’à la majorité de la demoiselle, cette dernière puisse en tirer un capital pour constituer sa dot. Planté dans vers les années cinquante, ces peupliers grandissaient chaque année et je pensais les voir couper un jour pour devenir planches de meubles ou portes d’entrée principales de maison cossues.

On est aujourd’hui quelques soixante et dix ans plus tard et ces magnifiques arbres sont toujours là. Alors selon mon humeur, il me plait à penser que la demoiselle ne s’est jamais mariée, soit qu’elle fut top laide, soit qu’elle fut trop belle, mais orgueilleuse, soit qu’elle ait rejoint les étoiles qui brillent le soir au dessus de sa peupleraie, soit encore qu’elle ait épousé quelque riche cadre supérieur de multinationale qui ne s’intéresserait pas plus à ces grands arbres, qu’à une guigne.

6 – LA TERREUR DE LA NATIONALE 106 LA GRAND-COMBE – ALÈS

Ces même gendarmes qui « planquaient » à La Tour avaient dû immanquablement repérer la vedette de cet itinéraire, non une Simca, mais une certaine madame Cabosse (nom évidemment modifié), femme d’un ingénieur des Houillères de La Grand-Combe.

Après avoir lassé toutes les auto-écoles du canton et les chauffeurs des mines de La Grand-Combe qu’ils fussent conducteurs des tractions légères Citroën noires ou de poids-lourds Berliet ou Somua, les autorités compétentes de la Préfecture de Nîmes, avaient fini par délivrer, après moult tentatives infructueuses, le fameux sésame automobile : le Permis de Conduire d’une couleur optimistement rose.

Là encore, l’observation du phénomène Cabosse était toujours le poste avant de l’autocar de la Cie Gazagnon : quand soudain, on voyait arriver une Quatre Chevaux Renault grise zigzaguant sur la route et s’approcher dangereusement à l’encontre de notre autobus, sur une trajectoire des plus improbables, au point que nombre de chauffeurs de la Compagnie préféraient, par simple prudence, se garer au plus près du fossé pour laisser passer le bolide incontrôlé de Dame Cabosse qui s’il avait percuté notre gros bus, aurait certainement fini en citrouille et vu le statut ingénérial (on aurait pu écrire « ingénieurial » comme seigneurial) de la Dame, ils auraient eu du mal à se justifier de l’accident.

À la Grand-Combe, cette conductrice se faisait remarquer aussi par les entrées et sorties spectaculaires de sa même 4CV du garage de sa villa : D’abord, on entendait le lancement criard du moteur, car elle ne pensait pas utile de relâcher le démarreur électrique qui agonisait dans une longue plainte lugubre. Puis s’ensuivait un bruit effrayant de boite de vitesse qu’elle torturait allègrement à la recherche du pignon idoine. Ces hurlements mécaniques étaient le prélude à la sortie intempestive du véhicule : soudain, la Quatre Chevaux bondissait en marche arrière, telle une balle de fusil hors du canon et allait s’écraser illico contre un mur en grosses pierres, si typique des constructions des maçons des mines grand-combiennes … un mur épais et (à chacun ses goûts) pas franchement élégant, mais si utile en ces circonstances.

Confirmant le dicton qui énonce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, le concessionnaire Renault de La Grand-Combe ne rechignait sans doute pas à se livrer à de régulières réparations de pare-chocs et/ou de jupes de tôles froissées ; même si le mari de la Dame, avait trouvé un moyen d’atténuer la violence des chocs répétitifs à l’avant et à l’arrière de la voiture qui entrait aussi violemment dans le garage familial qu’elle en ressortait. Pour ce faire, il avait récupéré un important lot de vieux pneus usagés dont il avait tapissé de plusieurs couches, l’intérieur et l’extérieur du garage.

Ces spectacles quasi quotidiens étaient évidemment l’attraction du quartier et il n’était pas rare de voir les voisines du secteur, sortir leur tête par la fenêtre de leur maison pour assister à l’extraction impressionnante du véhicule de Dame Cabosse ou à son entrée à vitesse supersonique.

7 – LYCÉE JEAN-BAPTISTE DUMAS D’ALÈS

Quand j’arrivais pour la première fois en octobre 1962, au nouveau lycée Jean-Baptiste Dumas, 73 ans après que l’ancien lycée est été inauguré le 21 octobre 1889 et détruit dès 1960, qu’elle déception !

Là encore, l’élégant bâtiment qui avait vu étudier le poète grand-Combien Léo Larguier, avait été remplacé par une caserne de tôles ondulées sur quatre étages, modèle précurseur du tristement célèbre Lycée Pailleron : du nom d’un lycée qui a brûlé en moins de vingt-minutes. C’était le 6 février 1973, à 19h40, vingt personnes dont seize enfants mourraient dans l’incendie de cet établissement voisin des Buttes-Chaumont dans le XIX° arrondissement de Paris.

D’ailleurs, à la veille de ma rentrée scolaire de 1962, l’un des bâtiment du Lycée Jean Baptiste Dumas s’enflammait sous le feu du chalumeau de l’ouvrier qui soudait la plaque portant le nom du Lycée. Ce bâtiment, destiné aux classes professionnelles, disparut en moins d’un quart d’heure, laissant aux pompiers de la ville, le soin d’éteindre … un tas de cendres. Notre rentrée scolaire en fût ainsi reportée de plus d’une semaine, ce dont je n’eus pas l’hypocrisie de me plaindre.

§

Crédit photo :
(1) Carte postale colorisée du Studio Ary (années 50.)
(2 – 3 – 4) : André Filhol, page FaceBook : Vive les Cévenols.
(5-6) : photos Google Search
Blogué par : Mas de la Regordane / G. Delannoy
Première parution, le : 01.02.2019
Dernière remise à jour le : 10.02.2019

Ne restez pas assis !

Do not remain seated ! Ne restez pas assis !

Cette activité innocente bloque la moitié de l’irrigation sanguine de vos jambes en 60 minutes, et réduit votre espérance de vie de 2 heures chaque fois que vous la faites

Chère lectrice, cher lecteur,

chaque cigarette fumée, réduit votre espérance de vie de onze minutes.

Mais chaque heure que nous passons assis, la réduit de deux heures !

En position assise, les muscles fondent, les vaisseaux sanguins s’encrassent, la graisse s’accumule, et même nos os deviennent comme du chewing-gum. En effet, comme nos muscles, ils ramollissent quand on ne les sollicite pas.

L’absence de contractions musculaires réduit le flux sanguin à travers le corps. Les processus biologiques sont ralentis. Les fonctions métaboliques et cardio-vasculaires s’enrayent : par exemple, le glucose du sang n’est pas brûlé, il abîme les petits vaisseaux sanguins (capillaires) et réduit la sensibilité des cellules à l’insuline.

Selon une méta-analyse réalisée en 2012, les personnes qui passent beaucoup de temps assises ont deux fois plus de risque d’être atteintes de diabète ou d’une maladie cardiaque que celles qui le sont très peu.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’excès de temps passé assis constitue la quatrième cause de mortalité.

Les ravages de la civilisation du canapé

Dans les maisons, les bureaux, les lieux et transports publics, partout nous trouvons des sièges rembourrés, des fauteuils, des canapés qui nous permettent de vivre assis, voire vautrés.

À tel point que nous avons oublié qu’il n’existe rien qui ressemble à une chaise dans l’environnement naturel.

Traditionnellement, les hommes s’asseyaient par terre, éventuellement adossés à un rocher. Ou alors sur une pierre ou un tronc d’arbre. Mais ces positions « inconfortables » les obligeaient à maintenir leurs muscles toniques.

Pendant des millions d’années, il n’y a rien eu dans la vie courante qui ressemblait à une chaise, et encore moins à un fauteuil. La position assise était inconfortable et obligeait à maintenir les muscles toniques.

Chez les Égyptiens, puis les Romains, il y avait une sorte de chaise réservée au pharaon et aux personnalités importantes (chaise curule).

C’est l’origine du « trône » de nos rois, un symbole de pouvoir.

S’asseoir était le privilège du seul roi ! Tous les autres se tenaient debout. Ici, la grande salle du trône du palais d’Hiver de Saint-Petersbourg, en Russie.

Ce privilège s’est transmis aux églises chrétiennes, où historiquement seuls les chefs (les évêques) avaient le droit de s’asseoir sur une chaise ! Le mot « cathédrale » ne désignait d’ailleurs pas à l’origine le bâtiment, mais la chaise de l’évêque qui se trouvait à l’intérieur (cathedra : « siège à dossier » en grec) !

Ce n’est que tout récemment que les églises ont été remplies de chaises. Dans les peintures anciennes, vous ne voyez aucune chaise dans les églises !!

La cathédrale d’Anvers, peinte au 17e siècle : on s’y promenait (avec son chien !), on s’y rencontrait, on y discutait, mais personne n’était assis sur une chaise, sauf le chef de l’église, l’évêque. Au Moyen Âge, les nobles avaient même le privilège de circuler à cheval à l’intérieur.

Pour les autres, ma foi, ils se tenaient debout.

La récente invasion des chaises

L’invasion des chaises et fauteuils dans nos vies n’a commencé qu’au 18e siècle en Europe, avec le développement du « style » Louis XV, puis Louis XVI. Les banquets ne se tenaient plus autour de tables à tréteaux autour desquelles on dansait, mais les gens ont commencé à vouloir passer des heures à table ou à parler dans des salons.

Les fameuses « bergères Louis XV » ont été les premiers fauteuils de masse confortables à se répandre dans les intérieurs. Mais ils étaient, bien sûr, réservés aux riches.

Néanmoins, ces chaises et fauteuils restèrent longtemps extrêmement inconfortables. On n’était d’ailleurs pas censé s’appuyer sur le dossier, et encore moins se balancer dessus – ils étaient trop fragiles pour cela.

L’irrésistible canapé moderne

Aujourd’hui, nous sommes entourés de fauteuils et de canapés hyperconfortables.

Même si vous n’avez aucune intention de vous arrêter pour vous y poser, leur forme est tellement attirante que, rien que pour le plaisir, vous avez envie de vous y jeter et d’y rester !

Les canapés modernes ressemblent souvent à des lits. Même si ce n’était pas notre intention, le simple fait de passer à côté nous donne l’envie de nous y écrouler, pour le plaisir.

Il faut donc une capacité de résistance hors norme pour rester debout, marcher, surtout quand nos voitures, elles aussi, sont si confortables et faciles d’utilisation. On appuie sur un bouton et, hop, ça démarre !

Presque impossible de compenser

Il est illusoire d’imaginer compenser toutes ces heures passées assis en faisant du sport.

Les bienfaits pour la santé d’une heure de sport sont totalement anéantis par six heures passées en position assise !

Pour ma part, je me suis équipé d’un bureau qui me permet de me tenir debout, comme sur la photo ci-dessous :

Il possède un ingénieux système de pieds télescopiques qui me permettent de le baisser pour y travailler assis.

Certains ont même sous leur bureau un tapis roulant qui leur permet de marcher en tapant sur leur clavier. Je n’ai jamais essayé, mais je suppose que c’est amusant (le prix aussi doit être « amusant », d’ailleurs).

Pour une santé optimale, il faut faire 10 000 à 15 000 pas par jour. C’est beaucoup, et on n’y parvient pas dans la plupart des professions sans prévoir spécifiquement des itinéraires à parcourir à pied chaque jour.

Je vous encourage vraiment à tout faire pour vous mettre debout, et marcher, chaque fois que vous le pouvez. C’est une des choses les plus simples et les plus importantes à faire pour votre santé.

Le seul « détail » (qui n’en est pas un, car c’est en fait très important) est de soigner votre posture pour être bien debout, et marcher comme il faut. L’idée générale est d’être droit mais détendu, en maximisant la distance entre le bassin et les épaules.

Je vous donnerai prochainement des informations précises et très utiles à ce sujet, apprises auprès du Dr Bernadette de Gasquet, la spécialiste des postures.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

§

Source : Santé et Innovation.
Posté sur Internet le : 31.01.2018

Reblogué par : Mas de la Regordanne /GD
Première parution : 31.01.2018
Dernière mise à jour : 31.01.2018