Institut des Territoires Grand-Combiens

MineurM.Delannoy
Logo d’Integr.

Pour faire suite à de nombreux entretiens avec des responsables économiques et culturels de La Grand-Combe et des communes de sa périphérie, nous avons créé INTEGR (INstitut des TErritoires GRand-Combien) dans le but de re-dynamiser le potentiel créatif de ses habitants que le départ au début des années 2 000 des Charbonnages de France, employeur quasi exclusif de la La Grand-Combe (96%) avait laissé en mauvaise posture avec pour résultat, entre autre, un exode de près de 55 % de sa population qui est passée de 16 500 à moins de 7 000 habitants. Par des programmes courageux, la commune, le Département et la Région ont réussi à stopper cette véritable hémorragie. Il est temps à présent de passer à la reconquête des succès d’antan.

N’hésitez pas à vous renseigner et à proposer vos compétences et services en cliquant ICI.

CvIntegr2

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Blogué par : GD / Mas de la Regordane
Première publication, le : 28.07.2018
Dernière mise à jour, le : 09.08.2018

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La Grand-Combe : où est passé le kiosque à musique ?

209_001_gard-la-grand-combe-le-kiosque-et-marcheIl court, il court le kiosque,
Le kiosqu’à musique de La Grand-Combe, Mesdames.
Il court, il court le kiosque à musique
Le kiosque du (haut)bois joli.

Il est passé par ici
Il repassera par là.

(Selon une comptine française du temps jadis.)

Article du Midi Libre de 2013 :

Le kiosque d’entrée de ville a pris place sur l’esplanade Ferdinand-Durand

Le kiosque d'entrée de ville a pris place sur l'esplanade Ferdinand-Durand
Le nouveau kiosque servira de support aux 24es Floralies le 1er mai (2013). © D.R

Durant la semaine, les employés communaux ont commencé à équiper le kiosque, réplique du kiosque à musique du plateau de Bouzac, qui ornait jusqu’alors le rond-point d’entrée de ville avant le début des travaux.

Démonté voici quelques mois, il attendait de connaître son nouvel emplacement. Et voici qu’il vient de le trouver en bordure de l’esplanade Ferdinand-Durand, à quelques mètres du rond-point Portal.

Mieux, le kiosque aura l’honneur de servir de support le 1er mai prochain (2013) aux 24èmes  Floralies et c’est un nouveau ruban qui sera coupé par les autorités à cet effet. Et voici que le trait d’union est vite trouvé, puisque l’on a reparlé durant la semaine de l’histoire du kiosque à musique que toutes nos tempes grises ont connu sur Bouzac et démonté dans les années 1960, malgré la réticence de la population.

Mieux, on ne sait pas ce qu’il est devenu. On a entendu, « qu’il aurait été vendu. » Et même aperçu « dans certaines grandes villes ». « Il doit y avoir des personnes encore aujourd’hui qui savent où il est. » Une chose est certaine lorsque les vieux démons resurgissent, comme cela a été le cas, les souvenirs de jeunesse également et même une certaine amertume. « On aurait jamais dû le laisser démonter, mais à l’époque, on se foutait de tout. »

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Commentaires :

Dernières infos :
– A l’instar du « Canada Dry », le kiosque à musique de Marseille situé en haut à gauche de la Canebière, allées Meillan, entre la façade des bâtiments vitrés de la mairie du 1er et 7° arrondissement de Marseille et l’arrière du « Monument des Mobiles » de 1870, ressemble à s’y méprendre au kiosque de La Grand-Combe, a le charme suranné du kiosque de La Grand-Combe, mais n’est pas le kiosque de La Grand-Combe, car implanté en son lieu actuel dès 1911.
– Un récent sondage personnel auprès de Grand-Combien(e)s d’âges divers et variés donnent pour résultat : 50% des sondés avouent ne pas savoir qui est responsable du tout de prestidigitation ayant pour conséquence la disparition, à ce jour définitive, du premier kiosque de La Grand-Combe et 50% qui disent la même chose, mais ajoutent qu’il y a forcément des Grand-Combien(e)s qui connaissent le nom du magicien. Alors si vous appartenez au deuxième groupe, n’hésitez pas à nous faire part de vos lumières.

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Source : Midi Libre
Publié le 25.04.2013
Comptine : Youtube

Reblogué et commenté par Georges Delannoy.
Publié sur le blog, le : 04.06.2018
Article révisé le : 16.07.2018

HBCM, le Puits Y recyclé ?

Photo : L’ancien puits Yves Morandat, dit Puits Y.

A GARDANNE, UNE MINE DE PROJETS ÉCONOMIQUES AU PUITS MORANDAT

Au lendemain de la fermeture de la mine de charbon de Gardanne en 2003, la ville a entrepris la reconversion de ce site de 14 ha. La Société d’aménagement de Gardanne (Semag) a commencé par rénover les installations existantes en hôtel d’entreprises qu’elle commercialise désormais.

Transformer une ancienne mine en parc d’activités, abriter la cité des sciences de la métropole Aix-Marseille, un restaurant gastronomique avec une vue imprenable sur la montagne Sainte-Victoire, un espace de coworking, une crèche d’entreprise et des services de conciergerie…  Le rêve de Roger Meï devient réalité. Passé le choc de la fermeture de la mine de charbon en 2003, le maire de Gardanne a placé les 14 hectares du Puits Morandat sous le signe de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation. Avec vivacité et humour, l’élu aux 82 printemps, raconte la genèse de ce projet à Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’Industrie, venu découvrir le site le 16 mai.

Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs

« Ici, depuis 1987, la mine générait une grande activité. Sa fermeture en 2003 a laissé un grand vide et un taux de chômage important. J’en ai pleuré. Notre ville de 21 000 habitants compte 1 700 inscrits à Pôle emploi aujourd’hui. J’ai alors eu l’idée de transformer ce bassin minier en pôle d’entreprises. Nous demandons aux sociétés qui s’installent de prendre des jeunes Gardannais en formation », raconte avec émotion Roger Meï, également président de la  Société d’aménagement de Gardanne (Semag). Son objectif ? Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs.

Stéripure triple la capacité de son usine

La société Stéripure, installée à Rousset depuis 2012, a fait le choix du parc d’activités du Puits Morandat. Ce spécialiste de la pasteurisation de fruits à coque, herbes et épices, vient de recruter deux opérateurs issus de Gardanne dans le cadre de son plan d’expansion. Son président Olivier Bourgeois, qui passait tous les jours devant le Puits Morandat a frappé à la porte de la Semag voici 18 mois. « Je cherchais un endroit accessible à la fois proche du TGV et de l’aéroport car j’ai de très nombreux clients étrangers. Dans la région, le foncier est rare », explique-t-il. Stéripure acquiert 5 000 m2 de terrain et investit 2,4 M€ dans une nouvelle usine qui sera inaugurée début juillet. « Nous allons tripler la capacité de notre site de production », se félicite le dirigeant, heureux d’offrir un  cadre de travail boisé à ses employés.

Eiffage construit des bâtiments en blanc livrables en 2020

Plusieurs autres parcelles sont en cours d’acquisition. La Semag, qui commercialise 10 hectares de terrain à bâtir, a retenu Eiffage Immobilier pour construire des bâtiments en blanc sur 17 000 m2 de terrain, livrables en 2020.  « Nous avons demandé à Eiffage de travailler sur l’aspect développement durable », précise le directeur de la Semag, Nicolas Fortuit. A proximité, l’ancien hall des mineurs a été transformé en hôtel d’entreprises et abrite 19 sociétés du numérique, du design, de l’économie circulaire, des biotechs, et de micro-électronique.

Retour aux sources pour Nomosense

En mars 2018, Jérémy Marty, jeune ingénieur de l’Ecole des Mines de Gardanne, a choisi ce lieu chargé de symboles comme siège social de son entreprise Nomosense. « Nous sommes spécialistes des objets connectés. Nous développons des capteurs pour les bâtiments et les villes intelligentes », raconte le chef d’entreprise qui a déjà signé avec la RATP.  Bénéficiant du soutien du groupe numérique  parisien NomoTech, l’entreprise envisage un développement rapide avec le recrutement de quatre collaborateurs d’ici fin 2018.
La reconversion de cet ancien carreau minier en pôle d’activités s’accompagne de  l’exploitation des richesses naturelles du site. « Sur l’ancien terril de la mine, 38 000 panneaux photovoltaïques ont été installés et nous allons réaliser un projet extraordinaire avec la géothermie. Sous vos pieds se trouve 30 millions de mètres cubes d’eau. La galerie à la mer se jette dans le port de Marseille », explique Roger Meï qui souhaiterait exploiter pleinement ce potentiel.

Exploiter les 30 millions de m3 d’eau de la mine

La SAS Energie Solidaire détenue par la Semag (75%) et Dalkia (24%) a investi 3,5 M€ dans la création d’un réseau d’énergie intelligent à partir des eaux d’ennoyage de la mine. Il alimentera les 14 hectares du pôle dont il chauffera et climatisera les bâtiments.  Le parc du Puits Morandat, labellisé Quartier durable Méditerranéen et éco-quartier, deviendra le premier réseau d’énergie français basé sur les eaux d’ennoyage.
Le maire de Gardanne souhaite également ouvrir le site au grand public avec un projet de restaurant gastronomique au sommet du chevalement qui culmine à 50 mètres. La  culture scientifique occupera une position centrale en investissant les 4 000 m2 du Hall des mineurs, des vestiaires et du chevalement. Ce projet nécessite 15 M€ de travaux. A son ouverture, prévue entre 2020 et 2025, la cité de la Métropole Aix-Marseille deviendra un lieu de rencontre et d’apprentissage interactif entre le public et les entreprises, autour de thématiques scientifiques, industrielles, technologiques et énergétiques.

Photo : Depuis 2016, sous l’impulsion de la commune de Gardanne et par l’intermédiaire de la Semag, le site du Puits Yvon Morandat est engagé dans une phase de transformation intense, avec la mise en œuvre de plusieurs chantiers sur trois plans : la mutation économique, l’innovation énergétique et le développement de la culture scientifique.

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Source : CCI Marseille Provence ©N.B.C
Publié le : 17.05.2018

Reblogué le : 17.05.2018
Par : Mas de la Regordane.fr / GD
 

Crédit photo de Une : Eiffage immobilier – 3A Architectes

2004, dernière mine de charbon de France (video)

LaHouve2004

Ce film tourné en 2004 par le Service Communication de Charbonnage de France au puits de La Houve, à Creutzwald en Lorraine, présente la dernière* mine de charbon de France – *hors exploitation en « découverte » (= à ciel ouvert).

Faut-il rappeler que les galeries de la houille sarroise – donc en Allemagne, membre de la « Super Europe, source de paix et de bonheur » – sont mitoyennes de celles de la France, et que cette dernière a crue bon de stopper sa production « pour manque de rentabilité » alors que les Sarrois ont continué l’exploitation à outrance (avec un concurrent en moins 🙂 ) et qu’à ce jour, le charbon représente chez eux 40% de l’énergie produite !!! Cherchez l’erreur !

Film exceptionnel sur le travail du mineur de charbon « un jour au fond » La Houve, la dernière mine de France 2004. À partager sans moderation!

Bon plaisir à tous les « Houvistes » et à tous ceux des autres unités d’exploitations Françaises dont ceux de La Grand-Combe dans le Gard.  Nous pouvons être fiers du travail accompli. Glück Auf !

Eine schicht Untertage im Bergwerk « La Houve  » die letzte Grube Frankreich 2004. Glück auf. Teile ohne zögern!

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Source : Charbonnages de France, Service Communication (via FaceBook)

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BONUS : Chanson « D’où qui sont ? », reprise par Claude Raby

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Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 02.04.2018
Dernière édition : 02.04.2018

CdF, conditions financières du départ des mineurs

Photo : Gardanne, recette du puits Y (Yves Morandat)cdfGardanne

CLIQUEZ ICI POUR VOIR LA VIDEO

Notice

Résumé :

Signé en 1994 par les centrales syndicales FO et CFTC majoritaires aux Charbonnages de France, le Pacte charbonnier planifie pour 2005 la fin de toute exploitation minière en France. Pour obtenir l’adhésion des personnels, la décision de fermeture s’accompagne d’un plan social très avantageux pour les personnels : c’est le Congé charbonnier de fin de carrière (CCFC).

Type de média :
Date de diffusion :
11 février 2003
Source :
Personnalité(s) :

 Éclairage

Longtemps considéré comme le « pain de l’industrie » et le socle de la production énergétique de la France, le charbon voit son importance s’estomper avec la part de plus en plus grande prise par les hydrocarbures. Par ailleurs, le charbon importé est nettement plus avantageux que le charbon extrait en France. Cette situation est d’autant plus ressentie dans le bassin de Gardanne qui n’extrait que du lignite. Or, ce dernier ne peut soutenir à la fois la concurrence des autres produits houillers et celle des dérivées des hydrocarbures. La construction de la centrale thermique décidée en 1951 destinée à remplacer les unités de Cap Pinède et de Sainte-Tulle et l’augmentation de la production locale renforcent peu à peu l’idée que l’exploitation minière de Gardanne ne peut disparaître. Ce sentiment est encore renforcé par les différents chocs pétroliers qui rendent le charbon plus compétitif et par la mise en place du Grand ensemble de Provence qui réorganise l’ensemble du bassin et relance les investissements. La mine de Gardanne devient l’une des plus productives des Charbonnages. Les espoirs sont renforcés par l’élection de François Mitterrand qui, durant sa campagne électorale de 1981, avait opté pour la relance de la production charbonnière et avait martelé l’idée qu’il valait mieux « payer un mineur qu’un chômeur ». Dès la fin de 1981, le rythme des embauches s’accélère et en 1987, le puits Morandat de 1 109 m de profondeur entre en service. Malgré tout, les répits sont de courte durée, même si le site de Gardanne accueille des mineurs venus des autres sites qui commencent à fermer. Le retournement de la conjoncture économique avec le contre-choc pétrolier, le changement de la majorité politique en France en 1986 ouvrent des périodes d’incertitude, d’autant plus que le charbon français peine à se rapprocher des prix internationaux. L’idée que les finances publiques ne peuvent soutenir un secteur qui ne peut résister à la concurrence internationale gagne l’ensemble des syndicats de la profession, sauf la CGT. Celle-ci défend jusqu’au bout le maintien de l’exploitation minière en France, car, pour elle, l’arrêt de l’exploitation est « une aberration au regard des besoins, des réserves importantes et de l’indépendance nationale », tout en ajoutant que « compte tenu de la situation de l’emploi (…) et dans le cadre de la diversité des sources d’énergie, le charbon reste incontournable ».

En 1994, l’ensemble des syndicats, sauf la CGT, signe le Pacte charbonnier qui planifie pour 2005 la fin de toute exploitation charbonnière en France. En retour, et pour obtenir l’adhésion des personnels, un plan social aux conditions avantageuses est signé. Sa principale disposition est contenue dans le congé charbonnier de fin de carrière (CCFC). Alors que le statut de 1946 prévoyait la retraite à 55 ans après une carrière complète au fond, le CCFC permet aux salariés de 45 ans, ayant 25 ans d’ancienneté, de partir avec 80 % du salaire, tout en conservant les avantages sociaux en matière de chauffage, logements et protection sociale et médicale. Si les conditions d’âge et d’ancienneté ne sont pas atteintes, le salarié peut poursuivre sa carrière dans le groupe jusqu’à leur obtention ou choisir un départ en conversion vers une entreprise extérieure.

Opposée au plan charbonnier, la CGT mène à Gardanne une série d’actions de plus en plus violentes, en demandant l’élargissement du CCFC aux salariés des entreprises sous-traitante. Mais elle se rend compte qu’elle est de plus en plus isolée et que les mineurs se rallient au fil du temps aux dispositions de fin de carrière. Aussi, le 2 avril 1999, elle accepte l’alimentation de la centrale thermique en charbon d’importation, tout en obtenant la promesse d’une augmentation de la production locale de 650 000 tonnes entre 1999 et 2005 et la promesse d’embauche pour mettre en oeuvre cet objectif. Tout semble alors réuni pour voir l’exploitation aller jusqu’au terme fixé de 2005. Il n’en sera rien, d’autant que les négociations locales élargissent les dispositions nationales pour les salariés les plus jeunes. Ceux-ci peuvent partir avec 88 % du dernier salaire, un ajustement de 1,5 % par année jusqu’à 45 ans et le maintien des avantages statutaires. Aussi, les conditions de départ de plus en plus avantageuses incitent la plupart des salariés à partir. Fin 2002, ils ne sont plus que 480 à refuser le CCFC sur les 1 200 employés en 1995. Malgré la violence des actions menées par les mineurs attachés à la permanence de l’exploitation charbonnière, la direction décide de fermer le site par anticipation car, pour elle, le manque d’effectifs ne permet plus d’exploiter en toute sécurité le lignite gardannais. Nous sommes le 21 janvier 2003. C’est le début des « reconstructions », celles des espaces, commencées au fond de la mine le 3 mai 2003 avec la fin du pompage, avec pour conséquence l’ennoyage naturel des galeries et de tous les vides miniers, celles, plus difficiles et complexes, des hommes dont certains assurent très difficilement leurs nouvelles conditions de « jeunes retraités » malgré les conditions très avantageuses offertes par le CCFC.

Bibliographie :

Xavier Daumalin, Jean Domenichino, Philippe Mioche, Olivier Raveux, Gueules noire de Provence. Le bassin minier des Bouches-du-Rhône (1744-2003), Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 2005.

Jean Domenichino

 Transcription

Sylvie Depierre

Revenons maintenant à la mine de Gardanne, et voyons dans quelles conditions financières les mineurs vont partir. Force Ouvrière, première organisation syndicale des Charbonnages de France et la CFTC ont signé aujourd’hui avec la direction, les mesures d’accompagnement de fin de carrière. Mais à Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est refusé. Le détail des mesures avec Jean-Louis Boudart et Pierre Cohignac.

Jean-Louis Boudart

Depuis 1995, le groupe Charbonnages de France a mis en place un dispositif pour assurer la réduction programmée de ses activités. Ce dispositif, c’est le pacte charbonnier national. Un pacte qui prévoit que les mineurs de fond cessent leur travail dès l’âge de 45 ans. Après 25 ans d’ancienneté, ils partent avec 80% de leur dernier salaire. Ils conservent leurs avantages en nature – le logement et le chauffage – et bénéficient de garantie de déroulement de carrière jusqu’à 50 ans. Des conditions de départ qui, à Gardanne, ont déjà convaincu des centaines de mineurs.

Jean-Charles Besson

Ces conditions qui ont été mises en oeuvre suite à des négociations au niveau national avec les différentes organisations syndicales, prévoyaient donc cette possibilité de départ, donc un départ au volontariat et auquel ont souscrit de nombreux mineurs sur Gardanne, puisque les effectifs sont ainsi passés de plus de 1 000, de l’ordre de 1 200 en 1995, à aujourd’hui 480.

Jean-Louis Boudart

L’anticipation de la fermeture de la mine de Gardanne a conduit le groupe Charbonnages de France à proposer des mesures d’accompagnement supplémentaires pour les mineurs les plus jeunes, ceux qui n’ont pas encore atteint aujourd’hui l’âge de 45 ans. Pour cela, la direction propose une dispense d’activité. A Gardanne, 150 personnes environ pourront partir avec 88% de leur salaire, le maintien des avantages en nature, ainsi qu’un ajustement salarial de un et demi pour cent par an jusqu’à 45 ans.Aujourd’hui, Force Ouvrière et la CFTC ont signé ce protocole.

Malik Hadjali

Moi je pense que, sincèrement, sincèrement je pense que le, le niveau de rémunération auquel on est arrivé, euh c’est euh on se moque pas des mineurs, bien au contraire. Euh beaucoup, je crois que beaucoup d’entreprises ce, aimeraient pouvoir signer des accords comme, comme, on, on fait à Charbonnages de France.

Jean-Louis Boudart

A Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est toujours considéré comme inacceptable. En Lorraine, où il reste 2 bassins miniers, les deux tiers du personnel des houillères se sont au contraire déclarés en faveur de ces propositions.

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 19.03.2018
Dernière mise à jour : 19.03.2018

 

 

Vie des mineurs de La Grand-Combe et des Cévennes

MineursBriquet
[Photo : C’est l’heure du Briquet (casse croute)]

CONDITIONS DE TRAVAIL  et  VIE DES MINEURS

1. Généralités sur le travail dans les mines de charbon en Cévennes

Au XIXe siècle, le développement de l’extraction du charbon dans le bassin minier d’Alès est notamment freiné par le manque de main d’œuvre, la main d’œuvre locale restant attachée à l’agriculture. En 1850, le mineur cévenol est encore un paysan-mineur. Il se consacre à la mine quand la terre ne le réclame pas, du début d’hiver à la fin du printemps.

Dans les années suivantes, les crises dans l’agriculture ajoutées au déclin de la sériciculture accélèrent l’exode rural dans le Massif Central et en Hautes Cévennes. A la mine, le recrutement ignore les habitants originaires du bassin houiller qui, s’ils quittent leurs occupations, préfèrent occuper des emplois de service dans les grandes villes. De plus, les protestants répugnent à travailler pour les compagnies minières et métallurgiques appartenant aux grands capitalistes catholiques. Les compagnies minières privilégient donc le recrutement de personnel, si possible de religion catholique, en Ardèche, en Lozère, Haute-Loire et un peu dans la vallée du Rhône. L’Ardèche et la Lozère fournissent les deux tiers des embauches. A compter de 1840, les compagnies minières du bassin houiller cévenol recrutent ainsi une main d’œuvre déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, qui se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie exerçant une emprise paternaliste sur son personnel.

En 1911 et 1912, les besoins en charbon croissent avec le rapide essor industriel de la France. Les compagnies recourent à de la main d’œuvre espagnole et algérienne. Fin 1913, le bassin houiller cévenol emploie 16% de travailleurs étrangers. Mal vus, perçus comme des briseurs de grèves par les mineurs cévenols, ceux-ci obtiennent leur renvoi.

Pendant la guerre de 14-18, la Mine remplace les soldats mobilisés par des femmes, des personnes âgées, des prisonniers de guerre et de la main d’œuvre étrangère (Espagne, Europe centrale, Russie…) et coloniale (Afrique du Nord, Madagascar, Indochine). La Mine obtient aussi le retour des mineurs mobilisés, qu’ils soient locaux ou travailleurs des mines du Nord de la France envahies par les Allemands ou situées dans les zones de combat.

En 1918, une population hétéroclite travaille dans le bassin houiller cévenol. Les nombreux mineurs nord-africains constitueront désormais une fraction importante de la population étrangère du bassin. Les mineurs polonais sont regroupés à Saint-Jean de Valériscle, où une cité leur est dédiée avec une école polonaise créée en 1921 pour la scolarisation des enfants dans leur langue maternelle. Ils y resteront jusqu’en 1946.

En 1952, le bassin houiller cévenol emploie 19.371 ouvriers dont 77% de Français, 10% de Nord-africains, 5% d’Espagnols, 3% de Polonais et 3% d’Italiens.

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2. Personnel de la mine

Les ingénieurs employés par les compagnies du bassin houiller cévenol sont majoritairement formés à l’Ecole des mines de Saint-Etienne. L’ingénieur est le seul représentant de la direction que côtoie le mineur. Il descend au fond journellement au fond de la mine pour organiser et diriger le travail st s’assurer de la sécurité.

Les agents de maîtrise (géomètre, dessinateur, comptable…) constituent 6% de l’effectif total ; ils exercent surtout des tâches de surveillance. Le géomètre dresse le plan de la mine donnant l’état des lieux et permettant de se repérer sur les chantiers.

Les maîtres-mineurs secondent l’ingénieur ; le plus souvent, ce sont d’anciens mineurs qui ont suivi une formation spécialisée.

Les mineurs de fond représentent 65 % de l’effectif total de la mine. En Cévennes, les couches de charbon sont souvent minces. Elles sont donc exploitées par des galeries assez basses dans lesquelles le charbon s’évacue fréquemment par trainage et, jusqu’au début du XXe siècle. Cette évacuation se fait à bras d’homme ou par traction animale. Le travail au font s’effectue par équipes de 6 à 10 mineurs.

Différentes qualifications rendent compte du travail effectué.
– le piqueur taille et abat le charbon ; il travaille à la main jusqu’en 1930, date à laquelle se généralise l’emploi du marteau-piqueur. Le travail du piqueur, particulièrement pénible et usant, s’effectue dans des positions souvent inconfortables ;
– le boiseur installe et entretient les soutènements qui empêchent l’effondrement des galeries ;
– le rouleur (25% des mineurs de fond) évacue le minerai abattu par le piqueur ;
– les ouvriers d’entretien, manœuvres et aides sont affectés aux tâches subsidiaires.

Les mineurs au jour représentent 25% de l’effectif total de la mine. Ils sont machinistes, mécaniciens, électriciens, lampistes ou placières (deux emplois souvent tenus par des femmes) ou gardiens…

Les placières travaillent sur le carreau ou dans les ateliers où elles trient, lavent, calibrent, conditionnent… le charbon. Elles sont généralement employées entre 12 et 20 ans ou, avec leurs enfants, lorsqu’elles sont veuves de mineurs. De 1904 à 1913, les femmes et jeunes filles comptent pour 16% des embauches dans le bassin minier cévenol. Les trois quarts sont âgées de 13 ou 14 ans. Les salaires féminins sont encore plus faibles que les salaires masculins. En 1909, les femmes et jeunes filles ne touchent que 70% du salaire versé aux adolescents apprentis au fond.

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3. Travail des enfants à la mine

Avant 1914, les mines du bassin houiller cévenol emploient de très nombreux jeunes garçons et filles. Les jeunes de 12 à 16 ans constituent 6% du personnel des mines et ceux de 16 à 18 ans en constituent 7%. Les dirigeants considèrent que les enfants doivent être très tôt employés au travail à la mine afin de ne pas être rebutés par la pénibilité des tâches à accomplir. De plus, les enfants, plus dociles que les adultes, sont plus faciles à soumettre.

Les enfants travaillent d’abord au jour, au triage du charbon évacué de la mine. A 16 ans (souvent même avant), les garçons descendent au fond avec le statut d’apprentis ; ils sont affectés au roulage des wagonnets ou au trainage des paniers montés sur patins ; ils sont aussi manœuvres, aide-boiseurs et parfois aide-piqueurs. L’expérience acquise, ils deviennent des mineurs de fond. Après de longues années de travail, certains jeunes hommes peuvent suivre les cours de l’Ecole des maîtres-mineurs, créée à Alès en 1841, dont les archives attestent que nombre de ses élèves ont commencé à travailler à la mine à l’âge de 9 ou 10 ans.

MineurEnfants

4. Mouvements sociaux dans les mines cévenoles

Au XIXe siècle, la journée de travail du mineur dure douze voire quatorze heures. Les mineurs payés à la tâche perçoivent de très faibles rémunérations. Les conditions de travail sont rendues pénibles par les eaux d’infiltration et la poussière saturant les galeries où les effondrements et les coups de grisou sont fréquents.

A compter de 1840, les compagnies minières du bassin cévenol recrutent hors du bassin, en Ardèche et en Lozère essentiellement, une main d’œuvre plus docile. Déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, elle se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie. 1848 et la proclamation de la IIe République voient l’explosion des mouvements ouvriers en France. La crise économique entraîne un chômage massif qui atteint le bassin houiller cévenol. De 1851 à 1870, le Second Empire est l’époque du capitalisme conquérant. Malgré un encadrement moral et politique serré, des grèves éclatent régulièrement dans les mines du bassin d’Alès, porteuses de revendications sur le relèvement des salaires, la réduction de la durée de la journée de travail, la fermeture des magasins de vivres de la Compagnie et le renvoi de certains cadres. Les compagnies minières en appellent à la gendarmerie, à l’armée, à la Justice, au livret ouvrier… Sévèrement réprimées, les grèves n’aboutissent pas à la satisfaction des revendications. Les meneurs sont licenciés et/ou arrêtés. Malgré tout, le mouvement syndical s’affirme peu à peu tandis que le socialisme se réorganise et retrouve ses assises.

Les crises que traversent la filière charbon dans les années 1890 et 1900, notamment du fait de la concurrence des charbons étrangers, amènent à réduire les salaires, le temps de travail et même les effectifs. Ainsi, de 1890 à 1913, le nombre de mineurs employés à Portes, Trélys, Cessous (Le Martinet) et Lalle (Bessèges) diminue de 30% tandis que la production régresse de 2,1 millions de tonnes en 1891 à 1,8 million en 1904. Défavorisées par le coût du transport, les mines de charbon du Gard ne comptent que pour 8% de la production nationale en 1890 et 5% en 1910.

Dans tout le bassin, les travailleurs revendiquent des améliorations dans les conditions de travail et la sécurité par de nombreuses grèves. Entre 1902 et 1911, l’échec des grèves, la répression patronale, la division des militants ouvriers, l’instabilité des syndicats, et la création des « syndicats-maison par les compagnies minières entravent le mouvement ouvrier dans le bassin houiller cévenol. Toutefois, en 1905, la durée légale de la journée de travail est ramenée à 8 heures pour les mineurs. A compter de 1909, les mineurs sont rémunérés à l’heure. En 1910, le Code du Travail est voté. 1914 voit la première grève de mineurs victorieuse. Le droit à la retraite est reconnu. Les mineurs obtiennent aussi le licenciement de travailleurs étrangers perçus et/ou utilisés comme briseurs de grève. En 1919, les mineurs obtiennent une hausse substantielle des salaires.

En 1936, les grèves concernent tout le bassin houiller cévenol (au Martinet, au Puits Pisani, la mobilisation ouvrière débute dès février). Les compagnies négocient avec les mineurs et accordent les hausses de salaires et avantages matériels réclamés. L’action syndicale se poursuit dans la métallurgie jusqu’à la répression de fin 1938.

La proclamation de la guerre suspend les revendications ouvrières. Très vite, les Cévennes protestantes et le bassin houiller, bastion du militantisme ouvrier et fief du Parti communiste, résistent par principe au régime de Vichy et les mesures prises à l’encontre des ouvriers, des jeunes et des Juifs renforcent cette opposition. Les mineurs se mobilisent à travers les grèves qui perturbent la production industrielle en 1941 à Trélys, en 1942 à la Grand Combe, Bessèges et Molières où des arrestations ont lieu. En 1942, les syndicats sont interdits, ce qui n’empêche pas la relance du mouvement syndical. Avec l’occupation de la zone sud, les entreprises minières gardoises bénéficient des achats allemands. D’ailleurs, en 1943, 60% de l’économie gardoise travaille pour le Reich. Début 1943, le recrutement des Mouvements de la Résistance s’étend au bassin houiller. Les mineurs participent aux attaques contre l’occupant et le régime de Vichy. Ils subissent, eux-aussi, la répression sanglante du régime de Vichy et de la Milice.

En juillet 1944, la grève générale des mineurs d’Alès, du bassin de la Grand combe, de Molières… paralyse la production. Violemment réprimée par les Allemands et la Milice, elle perturbe le repliement allemand après le débarquement des Alliés en Provence. En 1946, en contre partie des efforts de production abondante de charbon qui leur sont demandés, les travailleurs obtiennent le Statut du mineur garantissant leur salaire, leurs conditions de travail et la protection sociale de leur famille. Les profondes mutations qui transforment l’espace gardois à compter de 1950 s’accompagnent de la disparition progressive de l’extraction de charbon en Cévennes, malgré les luttes entreprises par les mineurs pour sauver leur outil de travail. Le bassin houiller cévenol se vide de l’essentiel de sa population active qui part vers des reconversions professionnelles plus ou moins faciles.

L’extraction du charbon s’arrête à Saint-Jean de Valériscle en 1953, au Martinet en 1959 et à Saint-Florent sur Auzonnet en 1973. L’exploitation se poursuit quelques temps encore à la Grand Combe et à Portes, avant de s’interrompre là-aussi.

MineurLampe

5. Santé des mineurs et de leur famille

En 1848, les conditions de vie dans les villes minières sont très difficiles. La population du bassin houiller cévenol est dans un piètre état de santé. Le taux de mortalité infantile (décès d’enfants de moins de 5 ans) y atteint 252 pour 1.000 alors que la moyenne nationale est de 167 pour mille en France. L’espérance de vie du mineur voisine les 40 ans.

En 1914, 65% des mineurs cévenols meurent avant 55 ans et 20% avant 35 ans. Il faut attendre 1960 pour voir les accidents du travail se raréfier.

Silicose et pneumoconiose du mineur de charbon rassemblent les affections engendrées par l’inhalation de poussières minérales contenant du dioxyde de silice. La silicose proprement dite correspond à l’exposition aux poussières de silice pure ; la pneumoconiose du mineur de charbon résulte de l’inhalation de poussières mixtes (charbon et silice en proportions variables). Le développement de la maladie connait deux phases : une phase d’alvéolite après capture des particules minérales et une phase plus tardive de fibrose. En fonction de l’intensité de l’exposition et du profil évolutif propre à chaque individu, la pneumoconiose évolue d’une forme nodulaire simple à la fibrose massive progressive. Les complications possibles des pneumoconioses sont infectieuses, cardiaques ou dégénératives (emphysème, fibrose associée). Il n’existe pas de traitement spécifique des pneumoconioses. La prévention primaire reste le meilleur traitement. La surveillance des sujets à risque est fondamentale pour permettre une reconnaissance précoce de la maladie et une réparation du dommage subi dans le cadre des maladies professionnelles.

La poussière est inhalée lors du creusement dans la roche des travers-bancs (galeries reliant le puits aux chantiers d’abattage du charbon). La mécanisation de l’abattage aggrave cette nuisance puisque les machines (marteaux-perforateurs et marteaux-piqueurs) produisent beaucoup plus de poussières que les outils à main. Jusqu’à la Loi du 2 août 1945, les compagnies minières ne reconnaissent pas la silicose comme maladie professionnelle du mineur.

En 1898, la Loi fait progresser la réparation des accidents du travail à la mine. Généralement, la Compagnie offre au mineur blessé un emploi moins pénible et elle embauche les veuves et orphelins de mineurs décédés d’un accident de travail. En 1879 et 1880, 34 mineurs meurent suite à des accidents du travail dans le Bassin houiller cévenol.

6. Conditions de vie des mineurs

Au XIXe siècle, la révolution industrielle entraîne la concentration de populations souvent étrangères dans les bassins miniers où elles sont contraintes de s’installer. Ces ouvriers doivent être rapidement logés à proximité de leur lieu de travail. Les logements sont d’autant plus difficiles à trouver que prévaut, en cette première moitié du XIXe siècle, une véritable pénurie de logements en France. Les ouvriers recrutés hors du bassin minier vivent donc dans des conditions déplorables.

Durablement marqués par les théories de Saint-Simon, la plupart des capitaines d’industrie mènent une politique « paternaliste » envers leur main-d’œuvre visant à prendre en charge chaque instant de la vie de l’ouvrier, pour assurer son bien-être, mais surtout pour mieux le contrôler. Le saint-simonisme rêve d’un « nouveau christianisme » dont les fondements seraient la science et l’industrie, et l’objectif la plus haute productivité. Par ailleurs, des utopistes imaginent les ouvriers vivant et travaillant en coopérative.

Pour remplacer dans l’urgence les baraquements érigés spontanément par les nouveaux arrivants pour se loger, la compagnie apporte la solution de la « caserne ». C’est un bâtiment en longueur, à deux ou trois niveaux construit à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Les logements d’une pièce sont desservis par des couloirs et des escaliers communs. Bien que cette solution soit peu coûteuse, facile à réaliser et qu’elle permette une surveillance aisée, la caserne comme tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers peuvent se rencontrer, se réunir…, est un « foyer d’immoralité » aux yeux du paternalisme patronal. La Compagnie ouvre des magasins où s’approvisionnent les mineurs. Devenus plus tard des économats, ils feront partie des cibles des revendications syndicales à cause de l’inféodation à l’employeur qu’ils créent et seront interdits en 1910.

A partir de 1860, à la « caserne », la Compagnie préfère la maison individuelle, où l’ouvrier vit en famille et où le jardin potager ne joue pas seulement un rôle économique. Cette maison individuelle s’insère dans une cité ouvrière créée de toute pièce. Le logement accède directement à l’espace extérieur public. D’un seul niveau, il comprend deux pièces. Les critères d’attribution des logements, basés sur la valeur de l’ouvrier à l’atelier, font de ces habitations une récompense sociale.

Ces cités minières ne sont pas habitées par les seuls ouvriers mineurs. Elles logent aussi des cadres et des employés, d’où la diversité des types de maisons et de leur implantation dans la cité. En construisant les cités, la Compagnie veut attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété. Elle cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain… et leur avance de l’argent pour les aider à les aménager. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage et surtout, nouvel ami de l’ordre, il abandonne… les cabarets.

Rappelons les ravages causés par l’alcool parmi les ouvriers aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, St-Jean de Valériscle, premier site d’extraction industrielle du charbon dans la haute vallée de l’Auzonnet compte 14 cafés en 1914 et un mineur peut boire 5 à 6 litres de vin par jour (de faible degré d’alcool, il est vrai !), plus de l’absinthe dont la consommation sera interdite en 1917.

Créer une cité ouvrière de qualité réduit considérablement le turnover de la main d’œuvre. Des investissements parfois considérables sont lancés, qui s’ajoutent à l’immobilisation de capitaux exigée par l’ouverture d’un puits de mine, par exemple, mais les compagnies amortissent la dépense grâce à la pratique de loyers suffisants pour rentabiliser l’investissement. En dehors des logements, les compagnies édifient également dans les cités des écoles, église, coopérative, cantine, salle des fêtes, complexe sportif, dispensaire médical, pharmacie…

Créer une cité ouvrière à proximité de son usine n’est donc pas simplement une œuvre philanthropique mais d’abord le fruit d’un calcul de rentabilité du travail. Elle permet en effet de garder à proximité du lieu de production une population réputée très mobile et ainsi de conserver le plus longtemps possible les bénéfices d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette population est attirée par des logements confortables, mais aussi par de nouveaux équipements financés par le patron. C’est un moyen de contrôler la vie de l’ouvrier, en orientant totalement sa vie dans et hors de l’usine, du berceau jusqu’à la maison de retraite.

Au XXe siècle, les ouvriers voient de plus en plus mal un tel contrôle social. Les classes populaires aspirent à la propriété individuelle et à une amélioration de leur condition sociale, au-delà de leurs simples conditions sanitaires. Malgré le contrôle strict des dirigeants patronaux, une telle concentration de populations ouvrières permet, paradoxalement, une meilleure organisation syndicale des ouvriers dans la première moitié du XXe siècle. Ce sont ces mêmes ouvriers qui deviennent souvent les fers de lance des grandes grèves de 1936 en France. Les villages ouvriers constituent l’une des expressions les plus achevées de l’impact exercé par l’industrialisation sur l’organisation sociale en général, et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants  en particulier. Ce type d’urbanisation va se prolonger jusque dans les années 1960, car la pénurie de logements sociaux s’aggrave après les destructions de la seconde guerre mondiale. Il n’en demeure pas moins qu’en France, les politiques immobilières patronales ont engendré dans l’ensemble un habitat ouvrier de qualité médiocre.

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Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Editions Jean-Michel Bordessoules, Saint-Jean d’Angély 2003
  • INTEGR – Institut des Territoires Grand-Combien, 13 rue des Poilus 30100 La Grand-Combe 06 10 14 01 00 – facebook –
  • Les mines des Cévennes – Michel VINCENT – Terre cévenole – St-Hilaire de Brethmas,2006

 

Puits de charbon : descente commentée

EssorProvencal1
[Peinture : Essor Provençal]

Les archives de l’Ina recèlent des trésors de courts métrages, dont celui-ci qui est particulièrement bien tourné (dans le bassin de Lens – HBPCN) :

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Première parution : 08.02.2018
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De l’Harmonie des Houillères à l’Orchestre Variation’s

LgcEcoleMusique
Interview de Marc Dumas, directeur de l’École de Musique de la Grand-Combe.

Historique

1990 – Septembre : création de l’École de musique
1998/1999 : création de l’association des Parents d’Élèves et Amis de l’École municipale de Musique de la Grand-Combe (A.P.E)
2003 – Dissolution de l’association de l’Harmonie Municipale de La Grand-Combe
2015 – 210 élèves et 14 Professeurs et 17 disciplines.

Classes (liste non exhaustive, par ordre alphabétique) :

– classe d’accordéon
– classe de chant
– classe d’éveil musical
– classe musique d’ensemble
– classe d’orchestre
– classe d’orgue
– classe de piano
– classe de tuba

Calendrier des activités :

– Auditions : de décembre à février
– Contrôle (de pratique instrumentale) : février
– Examens : mai
– Remise des Prix, Gala de fin d’année et auditions : juin
(1er gala 1991 – prochain gala : juin 2018)

3 CD disponibles :

– Gala 2010 pour les 20 ans de l’École de musique
– Gala 2015 pour les 25 ans de l’École de musique
– Orchestre Variation’s (13 morceaux de musique)

Coordonnées :

L’École de musique communautaire de La Grand-Combe,
rue des Pelouses – 30110 La Grand’Combe.
Directeur : Marc Dumas
Tél. : 04 66 34 45 03
Mail : musiquegrandcombe.pgc@gmail.com
Page Web : ecoledemusique.grandcombe.pagespro-orange.fr
Site Web : http://www.ecoledemusique.fr (en création).

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Sur le même sujet : Fêtes-et-fanfare-à-La-Grand-Combe-1950-Vidéo

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Source : Vidéo YOUTUBE (de 47’30 »)
Publié par : Les Jardins du Gard TV
Réalisé par : Llorente Production, décembre 2015
Ajoutée sur le Net, le : 04 janvier 2016

Mise en page : G.D. / Mas de la Regordane
Première publication : 29.01.2018
Dernière mise à jour : 02.08.2018.

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Les Frères de La Grand-Combe

JBdeLaSalle
Portrait : Saint Jean Baptiste de La Salle

Saint Jean-Baptiste de La Salle est un ecclésiastique français et un innovateur dans le domaine de la pédagogie, qui a consacré sa vie à éduquer les enfants pauvres. Il est le fondateur de l’institut des Frères des Écoles chrétiennes (Wikipédia). Né sous le règne de Louis XIV, le 30 avril 1651 à Reims et décédé le 7 avril 1719 à Rouen, sous le règne de Louis XV ; il fut béatifié le 19 février 1888 à Rome par le Pape Léon XIII.
 

ÉVOCATION D’UN PARCOURS AVEC
LA COMMUNAUTÉ DES FRÈRES DE TRESCOL*
(* Trescol est un quartier de La Grand-Combe.)

[2007] Il y a 25 ans cette année que la communauté des Frères s’est implantée à LA GRAND-COMBE, dans le quartier [des] H.L.M. de TRESCOL.

Pourquoi cette implantation il y a un quart de siècle ?

Les Frères sont arrivés dans notre région, il y a tout juste trois siècles. Rappelons qu’au printemps dernier, l’école de La Salle d’ALÈS a célébré le 300ème anniversaire de l’arrivée des Frères dans cette ville. Cette arrivée, du vivant de St Jean Baptiste de La Salle, le Fondateur des Frères, répondait à un appel pressant de l’Évêque du diocèse.

Puis, au 19ème siècle, au début de l’exploitation des mines, la direction de la Compagnie a fait appel aux Frères pour prendre en charge l’école de garçons de LA GRAND-COMBE.

La communauté fut créée en 1849. Par la suite, deux autres écoles de Frères furent ouvertes, l’une à CHAMPCLAUSON, l’autre à LA LEVADE. La communauté de La GRAND-COMBE vécut, en 1947, la tourmente qu’entraîna pour l’école des Frères la nationalisation des houillères, à savoir l’intégration de cette école, propriété de la [Cie des] mines, dans l’enseignement public. Un important mouvement de résistance se développa alors parmi les parents d’élèves de cette école pour s’opposer à cette décision, mouvement qui, finalement, se concrétisa par la construction d’une nouvelle école, la Villa Béchard.

C’était toujours l’école de garçons, avec deux sections, école et collège, les Frères étant entourés d’une solide équipe d’enseignants laïques, dont plusieurs sont toujours parmi nous. D’ailleurs, ils évoquent volontiers quelques noms de Frères qui les ont particulièrement marqués : F[rère] Marcel, directeur de 1940 à 1956, F. René, F. Jules, F. Serdieu, F. Joseph…

En 1968, avec l’introduction de la mixité, l’école primaire quitta la Villa Béchard et rejoignit l’école primaire des filles dans le bâtiment des Soeurs de St. Vincent de Paul, ce fut la création de l’École St. Pierre.

La communauté des Frères se réduisait au fil des années, faute de recrutement, et elle fut fermée en 1972, le collège de la Villa Béchard continuant avec une équipe de laïcs sous la direction de Marguerite Rey.

Au cours de la décennie 1970-80, trois Frères vinrent successivement à La Grand-Combe pour un recyclage apostolique d’un ou deux ans, en lien avec l’équipe des prêtres et avec des militants chrétiens adultes.

Au début de l’année 1980, l’équipe des prêtres de La Grand-Combe adressa aux responsables de l’Institut des Frères en France un appel en vue de la création d’une petite communauté à La Grand-Combe. Voici quelques extraits de la lettre de demande :

« La présence parmi nous de quelques frères en recyclage apostolique nous a confirmé un certain nombre de convictions sur la vie religieuse et son importance dans notre monde et pour l’Église. Nous avons plus particulièrement apprécié :

1. Leur présence auprès d’un monde populaire, habitant sur un quartier, TRESCOL, qui est presque le quart-monde. Ils étaient proches de toute une population de travailleurs, d’immigrés et même de militants adultes très engagés.

2. Leur souci apostolique : à l’écoute des gens, au service des mouvements pour fonder l’Église. Aujourd’hui, des personnes ont conscience de découvrir en eux un visage de l’Église.

3. Leur manière de vivre leur consécration religieuse ; bien que ne vivant pas en communauté, ce qui a limité leur témoignage, ils ont donné un réel témoignage de pauvreté et d’obéissance par l’écoute et leur disponibilité. Tout cela nous a permis de préciser ce que nous entrevoyons depuis longtemps, et nous amène aujourd’hui à vous faire une demande précise : ce que nous avons commencé à vivre avec des frères, ne serait-il pas possible de le poursuivre par la fondation d’une communauté ? …

Nous verrions bien l’implantation d’une communauté de deux ou trois frères sur le quartier de TRESCOL, formé en majorité de travailleurs, d’immigrés, de marginaux…
Ce projet peut se vivre avec l’équipe de prêtres et en lien avec les mouvements déjà implantés sur le secteur …

C’est parce que nous croyons profondément à la vie religieuse, à son signe pour aujourd’hui, que nous faisons cette démarche en souhaitant bien sûr qu’elle trouvera de votre part un accueil favorable. »

La réponse de l’Institut à cet appel fut effectivement favorable et le responsable général pour la France fit connaître ce projet de création, en même temps que quelques autres, à tous les Frères , faisant appel aux volontaires. C’est ainsi qu’à partir des réponses, il put constituer la communauté de trois frères qui allait s’implanter à TRESCOL, à la rentrée 1982.

Quelques mois avant l’implantation eut lieu à La Grand-Combe une rencontre qu’on peut qualifier de « fondatrice » parce qu’elle réunissait, avec les frères pressentis et les responsables de l’Institut des Frères, l’équipe des prêtres de La Grand-Combe, des représentants des trois Mouvements A.C.O., J.O.C., A.C.E. et les responsables du Collège Villa Béchard et du Lycée Professionnel Pasteur, soit une vingtaine de personnes autour de la table. Chacune de ces instances a pu dire par ses représentants ce qu’elle attendait de la présence d’une communauté. On peut dire que l’ensemble de ces interventions a donné à la communauté les grandes lignes de son projet.

Expression de l’A.C.E. : 

« – Que les Frères soient attentifs à la vie des enfants du Monde Ouvrier…

– Qu’ils permettent à des enfants de fonder un club, surtout dans un quartier où il n’y a pas d’enfants en Mouvement.

– Qu’ils vivent leur insertion en lien avec une Église en classe ouvrière.

– Ils vont vivre dans un quartier. Qu’ils participent avec les gens à la vie du quartier.

– Qu’ils réfléchissent à partir de leurs engagements avec d’autres laïques et religieuses.

C’est important que le Monde Ouvrier soit porté dans la prière, et une communauté de frères, c’est aussi pour cela. »

[Expression] de la J.O.C. :

« – Qu’ils soient partie prenante des priorités de la fédé J.O.C., en faisant un « défrichage » au niveau des gars et des filles au travail et au chômage et des ados.

– Qu’ils accompagnent les équipes qui peuvent naître.

– Qu’ils aient le souci de faire naître et de soutenir des délégués, des responsables.

Pour nous, que vous viviez en communauté et au service des Jeunes du Monde Ouvrier, en essayant de fonder la J.O.C., c’est important pour toute la jeunesse ouvrière.
C’est pour nous un signe de Jésus-Christ.

Nous pensons que dans votre vie de communauté ce sera important de dire à Dieu ce que vous vivez, ce dont vous êtes témoins, ce que vous partagez et faites vivre dans la jeunesse ouvrière.

On espère que la communauté sera durable ; il faut déjà 2 ans pour faire connaissance avec le milieu ; il faut que ça continue. »

[Expression] de l’A.C.O. :

« – Que les frères ne soient pas ‘à notre service’ mais ‘avec nous’, qu’ils soient vraiment des habitants de Trescol, parmi les gens de Trescol.

– Qu’ils soient avec nous en A.C.O. , non pas pour s’informer, mais en étant chercheurs de Dieu avec nous, à partir de ce qu’ils vivront avec les gens du quartier ou [avec] les jeunes ou [avec] les militants.

Il nous paraît qu’à cette condition, s’occuper d’un club A.C.E. ou d’un groupe de jeunes, ce sera vrai, parce que, sur le quartier, il y a des enfants qui forment des bandes et des jeunes et ils seront parmi eux.

Le fait de vivre en communauté, c’est déjà un signe de ce qu’on vit en Monde Ouvrier : s’en sortir ensemble, vivre en Peuple. »

[Expression] d’ « Éducateurs et Laïcat »
(équipe d’enseignants de la Villa Béchard
et du Lycée Professionnel Pasteur) :

« – Nous attendons un témoignage de vie de frères, une présence du spirituel.
– Qu’ils nous aident à connaître la vie de ces jeunes que nous ne voyons qu’à l’école et dont nous sommes en partie responsables.
– Qu’ils nous interpellent continuellement sur ce que nous voulons et faisons, pour nous aider à avancer dans notre projet qui est de servir, par l’école, les jeunes du Monde Ouvrier. »

Quel programme ! Quelles attentes !

C’est donc au cours de l’été 1982 que la communauté de trois Frères s’implanta dans un logement H.L.M. de Trescol où elle est encore aujourd’hui.

Au fil de ces 25 années, quelques visages ont changé, mais c’est la même Mission qui continue à la suite de Saint Jean-Baptiste de La Salle.

§

Source : sud.lasalle-fec.org
Paru en : 2007

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première Publication : 28.01.2018
Dernière mise à jour : 29.01.2018

Lèo Larguier, poète de La Grand-Combe

I / La Revue Critique (des idées et des livres.)

« Ce n’est pas seulement pour vivre ensemble, mais
pour bien vivre ensemble, qu’on forme un État. »
Aristote

Léo Larguier

Sur les môles

Sur les môles aux vieux platanes,
Et dans les ports au bord des mers,
Où le troupeau des courtisanes
S’enivrait de parfums amers,
Vous débarquiez, gloires épiques :
Un profil droit, entre les piques
Se découpait en dominant
Sous un portique aux blanches pierres,
Mais passez, gloires militaires,
Vos lauriers sont tachés de sang !

Caesar n’est rien… La nuit tranquille
Descend ; ne sonnez plus, buccins,
Et laissez méditer Virgile
Sous la douceur des cieux latins.
Une étoile tremble et se lève,
Le poète poursuit son rêve ;
Vénus qui marchait dans le bois
S’appuie au bras d’un beau satyre,
Et cesse en frémissant de rire
Pour écouter la grande voix.

Du vieux renom des capitaines,
Dans les temps il ne reste rien :
Hors les blessés, les sombres plaines,
Les corbeaux, nul ne se souvient,
Mais lisez ce beau livre antique,
Surprenez ce soir idyllique
Dans les mots divins de ces vers,
Admirez ces têtes fleuries ;
Écoutez… les Dyonisies
Chantent sous les ombrages verts

Tournez les pages… Des colombes
Battent de l’aile dans l’azur ;
Des rosiers embaument les tombes,
Le monde est clair, le jour est pur ;
Contre une colonne dorique,
Une vierge mélancolique
Effeuille sans même les voir
Des pétales de marguerite,
Tandis que passe Théocrite
Dans un vers bleu comme le soir !

Car tout vit dans le livre immense,
Il est pareil à la maison
Que parfume dans le silence,
La muse à la blonde toison ;
Et ses fenêtres sont ouvertes
Sur les plaines de blés couvertes
Où l’on ne voit que des bouviers ;
Les dieux y viennent à l’aurore,
Laissant à sa porte sonore
Des grappes d’or et des ramiers !

Léo Larguier (1878-1950), La Maison du poète 1903

Crépuscule

Un point d’or, l’azur des coteaux,
Le soir d’été baignant la terre,
Un vieux chemin plein de mystère,
Sous les fronts penchés des bouleaux.

Et s’effaçant sous la ramée,
Un couple qui s’en va disant,
Au bleu clair de lune d’argent :
« Mon bien-aimé, ma bien-aimée ! »

Ce n’est rien, mais c’est l’infini
D’une vie aimable et rapide.
Le vent tiédit, l’étang se ride,
On entend des voix dans un nid…

Ô planètes, terres lointaines,
Avez-vous aussi de beaux soirs,
Des chemins creux et des bois noirs
Pleins de frissons et de fontaines,

Et des lilas et des rosiers,
Avec de belles formes blanches,
Sous les tremblants arceaux des branches
Aux fins de jour, dans les sentiers ?

Léo Larguier (1878-1950), Les Isolements 1906

De lointaines choses

J’aime parfois songer à de lointaines choses :
A des jardins persans dont les hauts cèdres bleus
Bénissent l’air léger tout vanillé de roses,
A des maisons d’Asie étouffantes et closes,
Aux chalets isolés qui rient d’un seuil neigeux.

Aux femmes de Golconde ; à Marie-Antoinette
Accoudée en été dans le blanc de midi
Sous un rose chapeau d’où naît la pâquerette,
Fermant un peu les yeux, penchant un peu la tête
Vers les linons mousseux d’un corsage arrondi.

Aux brisants hérissés de bêtes aquatiques,
A des poissons nageant dans l’eau de Magellan,
Aux tempêtes de nuit sur les glaces antiques,
Aux lointains amoureux des régions arctiques
Que baigne un crépuscule infini, triste et lent.

Aux mystères des bois embrumés, à des sentes
Que l’automne remplit de feuilles, de bois mort,
Aux choses qui la nuit tressaillent dans les plantes,
Au-dessous des cailloux, aux rochers pleins de fentes
Sur qui jusqu’au matin la tiède lune dort.

Léo Larguier (1878-1950), Orchestres 1914

II / Biographie 

1878 – Naissance à La Grand-Combe, le 6 décembre, rue de la République, de Léo, César, Albin, Larguier, au sein d’une vieille famille de paysans huguenots. Son père Anselme Honoré Albert est menuisier et sa mère Clarisse Théron s’occupe du foyer.
1893 (?) – Élève au lycée « d’Alais », il s’intéresse déjà à la poésie.
1899 – Il fait son service militaire à Aix en Provence où il rencontre Cézanne.
1901 (?) – Inscrit à Science Po, il préfère « étudier » à Saint-Germain des Près …
1914 – Il est mobilisé pour la « Grande Guerre ».
1915 – Il fait la campagne en Champagne.
1918 – Il est démobilisé de l’armée.
1919 – Il est fait chevalier de la Légion d’honneur,
1936 – Il devient membre de l’Académie Goncourt,
1940 – Il participe à lexode de Paris et va vivre un temps à Vialas dans les Cévennes.
1950 – Il est fait commandeur de la Légion d’Honneur et 

III / Poèmes

  • La Maison du Poètepoèmes (1903)
  • Les Isolementspoèmes (1906)
  • Jacquespoème (1907)
  • Théophile Gautier (1911)
  • JeanJacques Rousseaupièce en un acte et en vers (1912)
  • LHeure des Tziganespièce en un acte (1912)
  • Orchestrespoèmes (1914)
  • Les Bonapartetragédie lyrique en trois tableaux et en vers, (1920)
  • LAprèsmidi chez lantiquaire (1921)
  • La Poupée (1926)
  • En compagnie des vieux peintres (1927)
  • Le Père Corot (1931)
  • Le Faiseur dorNicolas Flamel (1936parus dans la collection Jai lu (LAventure mystérieuse n°A220)
  • LAmateur de femmes (1937)
  • Les Dimanches de la rue Jacob (1938)
  • SaintGermaindesPrésmon village (1938)
  • Les Trésors de Palmyre (1938)
  • Le Soldat Inconnu (1939)
  • Provence et Cévennes (1941réédit2003ISBN 2846210349
  • Au vieux saint de bois (1944)
  • Mes vingt ans et moi (1944)
  • Le Roi sans reine : Louis II de Bavière (1947)
  • La trahison dEurydice (1947)
  • Quatrains dAutomne (Posthume : 1953).

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Source I : La Revue Critique
Publié le : 29 octobre 2017

Source II : Mas de la Regordane/Historique La Grand-Combe

Source III : fracademic.com

Reblogué par : Mas de la Regordanne / GD
Première publication : 28.01.2018
Dernière révision : 28.01.2018

Garde dans les mines de charbon

Qui étaient les gardes des mines ? Un documentaire inédit leur est consacré

Le garde, c’était « les yeux et les oreilles de la mine ». Des personnages centraux du coron, mais dont le rôle ambigu a été, paradoxalement, très peu mis au jour. Eux consignaient toutes leurs activités. Grâce à ces archives, le documentaire « Sous l’œil des Houillères » propose un décryptage inédit du système de surveillance du bassin, le S.S.B.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

Dans les corons, le garde des mines était une figure familière. Pourtant, il reste peu de témoignages sur le rôle, bien plus complexe et ambigu qu’il n’y paraissait, de ceux parfois appelés les « hommes en noir ».

Pour un documentaire qui sera diffusé sur France 3 le 6 novembre après Le Grand Soir 3, le réalisateur Richard Berthollet a examiné des centaines de pages des archives du centre minier de Lewarde. En une cinquantaine de minutes, le réalisateur distille des images rares de ces agents qui se «  tenaient soigneusement à l’écart des caméras et des appareils photos  », des témoignages, de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle aux gardes eux-mêmes.

https://player.vimeo.com/video/235353890Teaser du documentaire « Sous l’oeil des Houillères »
from Pictanovo on Vimeo.

Le point de départ ? La bible des gardes

«  Ce documentaire, c’est une histoire qui a commencé il y a dix ans.  » À l’occasion d’un film qu’il réalise sur le Racing-club de Lens, le journaliste se plonge une première fois dans les archives des Houillières. «  Dans une boîte, au hasard, je tombe sur un mémento  ». C’est ce qui donnera corps à ce projet de documentaire. «  Ce premier document, c’est une «bible» du S.S.B. intitulée « Mémento » à l’adresse du personnel du Service de Surveillance du Bassin qui explique, sur une centaine de pages, ses missions et son mode de fonctionnement. Et, parfait contre-point, nous avons également trouvé des trombinoscopes de gardes accompagnés de centaines de procès-verbaux de surveillance couvrant la période du début des années cinquante à la fin des années soixante-dix. Complémentaires, ces documents dessinent les contours idéologiques et opérationnels du SSB.  » Au fil des boîtes rigoureusement classées et conservées par les archives de Lewarde, le pourquoi et le comment de la surveillance se dessine.

Une histoire inédite

«  Je connaissais le garde, mais pas le côté systématique.  » Richard Berthollet, épaulé par l’historienne Marion Fontaine, explore un pan peu connu et rarement traité de l’histoire des mines. «  Il n’existe pas de livre exclusivement dédié à ce sujet.  » Le documentaire fini, c’est «  une immense fierté, d’habitude, on s’aide des livres d’histoire. Là on a fait le boulot avant.  »

«  Il a aussi fallu comprendre qu’est-ce qui a radicalisé l’État.  »

Le documentaire nous entraîne du XIXe siècle – quand les compagnies minières privées font régner leur ordre – jusqu’à la nationalisation.

Alors que les mineurs pensent que la mine va « leur revenir », la surveillance empire et devient un système sous l’effet conjugué des grèves de 1948 et de la guerre froide. Puis s’invitent dans le documentaire et dans les corons les « événements d’Algérie » avant la fermeture des derniers puits qui marque l’extinction du SSB. L’histoire du bassin minier vue sous un jour inédit.

Pour le voir en avant-première ou à la télévision

Le documentaire « Sous l’œil des Houillères » sera diffusé à deux reprises.

Dans un premier temps, une avant-première de ce documentaire de Marion Fontaine et Richard Berthollet est organisée mercredi 11 octobre, à 20 heures au Leaud (Arenberg Creative Mine), sur le site minier de Wallers-Arenberg (rue Michel-Rondet à Wallers-Arenberg). Seront présents Richard Berthollet, réalisateur,

Marion Fontaine, co-auteure, Amy Benadiba, directrice-conservatrice du Centre historique minier de Leward notamment avec qui un échange est organisé à l’issue de la projection.

Réservation indispensable à diffusion@exquise.org ou au 03 20 43 24 32.

Le documentaire sera ensuite diffusé sur France 3, le 6 novembre, après Le Grand Soir 3, vers 23 heures.

Un portrait en clair-obscur

Le garde des mines contrôle la propreté du trottoir après la livraison du charbon, arrange les conflits de voisinage, connaît le prénom de tous les enfants de la famille et peut aussi ramener par l’oreille celui qui dérape… Le garde, agent de « proximité » avant l’heure, est alors aussi un agent de surveillance. Il possède des fiches sur chaque foyer, exerce une surveillance politique et syndicale, comme le raconte le documentaire. Un mauvais rapport du garde, et la demande de logement redescend en bas de la pile. Un bon rapport (contre un tuyau sur un voisin) et on gagne « les faveurs » des Houillères.

Nostalgie

Le portrait brossé révèle un rôle sombre («  entre milices et barbouzes  », dit le documentaire) et qui évolue au fil du temps. Les gendarmes reconvertis en garde des mines laisseront ensuite la place à d’anciens porions. D’anciens gardiens témoignent, racontent certaines dérives mais parlent d’une époque heureuse où régnaient l’ordre et le travail. La nostalgie du temps de la mine n’est jamais loin.

«  Dans ce cas, les personnes regrettent un rapport humain, c’est paradoxal, en direct avec le propriétaire  », rapporte Richard Berthollet, le réalisateur, quand le garde portait leurs voix auprès de la compagnie des mines. Le garde, un personnage plus complexe qu’il n’y paraît au fil du temps, entre la «  fonction d’îlotage  », de proximité rappelée par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, et la menace sur «  les libertés individuelles » que décrit un autre témoin… «  C’est tout ça qui donne à cette nostalgie une certaine ambiguïté que le film tente d’expliciter  », reprend le réalisateur.

P.Drouet

§

Par Pauline Drouet | 

Blogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.01.2018
Dernière Mise à Jour : 25.01.2018

Inde 2017 : explosion d’une centrale à charbon

Explosion dans une centrale au charbon en Inde :
16 morts et de nombreux blessés

 

Explosion dans une centrale au charbon en Inde: 16 morts et de nombreux blessés

Au moins dix personnes ont été tuées et des dizaines blessées mercredi dans une explosion qui s’est produite dans une centrale électrique au charbon dans le nord de l’Inde, a annoncé la police, craignant une aggravation de ce bilan.

[Octobre 2017] Au moins seize personnes ont été tuées et des dizaines blessées mercredi dans une explosion qui s’est produite dans une centrale électrique au charbon dans le nord de l’Inde, a annoncé la police.

L’explosion s’est produite dans une centrale située dans le district de Raebareli dans l’Etat de l’Uttar Pradesh et gérée par une compagnie publique, la National Thermal Power Corporation (NTPC).

L’explosion a fait 16 morts, selon un bilan communiqué mercredi soir par la police de l’Uttar Pradesh sur son compte Twitter.

Une centaine de personnes ont été blessées, selon un haut responsable de l’Uttar Pradesh, Arvind Kumar, cité par l’agence Press Trust of India (PTI).

Selon Anand Kumar, directeur général de la police de Lucknow, capitale de l’Uttar Pradesh, une enquête préliminaire a montré que de la cendre s’était accumulée dans le fourneau sous la chaudière de la centrale, provoquant l’explosion.
« Un bruit soudain anormal »

En raison de l’accumulation de la cendre, « la pression a augmenté à l’intérieur, provoquant l’explosion », a-t-il déclaré sur une vidéo diffusée sur YouTube.

La compagnie qui gère la centrale a indiqué qu’il y a eu « un bruit soudain anormal » dans l’une des unités de la centrale. « Une enquête a été ouverte par la direction de NTPC pour déterminer les causes de l’accident », a déclaré l’opérateur public dans un communiqué publié mercredi soir.

Le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh Yogi Adityanath a offert une compensation de 200.000 roupies (3.096 dollars) à chaque famille des employés tués.

Des images diffusées après l’accident montraient d’épaisses volutes de fumée grise dans le ciel ainsi que des ambulances affluant sur le lieu du drame.
13 morts lors d’un mariage

Les accidents touchent fréquemment les infrastructures énergétiques en Inde, en raison notamment d’une maintenance défectueuse et d’un manque de moyens financiers dans les zones rurales.

Mardi, au moins 13 personnes ont péri dans l’explosion d’un transformateur lors d’un mariage au Rajasthan, dans l’ouest du pays.

Près de 10.000 personnes sont mortes par électrocution en Inde en 2015, selon les dernières statistiques officielles disponibles.

§

Commentaire GD:

En France, en plus de 200 ans d’exploitation, il n’y a jamais eu d’explosions de centrales à charbon (on ne parle pas de gaz « grisou » qui est un autre problème), pour la bonne raison que l’ingénierie du charbon a toujours fait appel aux meilleurs ingénieurs du moment (École Polytechnique, Centrale, Pont et Chaussée, Écoles des mines de Paris, d’Alès ou de Saint Étienne…)
et qu’aussi bien la direction que le syndicats ont veillé à ce que les règles de sécurité soient appliquées sans faille.

Si l’on avait dû mettre hors service les centrales du Fesc à La Grand-Combe ou la puissante Émile Huchet, des H.B.L., la France n’aurait pas produit assez d’énergie pour faire fonctionner les mines et donc toutes les autres industries qui ont longtemps « fonctionné » au charbon : aciéries, usines de fabrication de ciment…etc.)

L’arrêt de la production de charbon en France, ne fut pas une stupidité, mais un crime contre la souveraineté énergétique de notre pays, délit commis pas des gouvernements que l’on peut qualifier à minima d’irresponsables, pour ne pas dire plus.

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Source : RTL.be
Publié le 01 novembre 2017 à 16h04

Blogué par : Mas de la Regordane.fr / GD
Première Publication : 22.01.2018
Dernière mise à jour : 22.01.2018

Les Placières des mines de La Grand-Combe

I / Dame Noire, honneur aux Placières*

*Femmes employées au tri du charbon à la sortie du puits de mine, afin de séparer le charbon de la pierre.

II / Article de l’A.P.P.H.I.M. sur les Cafus (ou Placières).

Les femmes descendaient au fond aux débuts de la mine. Après l’interdiction législative du fond pour les femmes, elles furent occupées au jour pour divers travaux dont celui de trieuses. On les appelaient cafus ou mahus (Mines de Liévin) . Elles doivent ce nom à l’étoffe qui entoure leur coiffe. Cette étoffe est destinée à protéger des poussières et à maintenir la coiffure ; [à La Grand-Combe, on dit placières, parce que, des heures durant, elles plaçaient et déplaçaient le charbon et les pierres dans leurs bennes respectives. NdE]

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Le triage est l’action de séparation des charbons des terres stériles. C’était un métier éprouvant sans cesse debout avec la cadence infernale du convoyeur à bande. Le bruit, les poussières, les mains abîmées sont les effets de ce travail. En plein été, la chaleur les faisait suffoquer et en hiver leurs mains étaient gelées par le froid. Il ne faut pas oublier tout ce que les trieuses retrouvaient au milieu des charbons notamment les déjections fécales des mineurs ayant fait leurs besoins dans les berlines au fond.

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Le travail était tellement poussiéreux que les trieuses ressortaient aussi noires que les mineurs de fond. Les mineurs les surnommaient  » les culs à gaillettes « , leur derrière étant tout noir à force de s’essuyer les mains dessus.

Elles étaient sous la responsabilité d’un porion au jour qui ne les ménageait pas…

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Les trieuses disparurent des carreaux miniers avec la création des criblages-lavoirs automatisés. Ils permettaient de récupérer la moindre particule de charbon, ce qui n’était pas le cas des trieuses qui laissaient passer beaucoup de « fines ». Certains terrils ont d’ailleurs été relavés dans les dernières années pour récupérer le précieux minerai.

III / Toutes jeunes de 15 à 20 ans, chanson des Placières

et une dernière pour la route … du charbon :

IV / Complainte pour une Trieuse

V / L’épopée des gueules noires, 
femmes et enfants au fond des mines.

http://fr.coal-stock.eu/l-épopée-des-gueules-noires-femmes-et-enfants-au-fond-des-mines.html

VI / Honneur aux Placières par le premier magistrat de la Grand-Combe

§

Blog sponsorisé par : INTEGR

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Site Officiel – http://integr371408430.wordpress.com

Page FaceBook – http://www.facebook.com/integr.fr

§

License vidéo : License Youtube Standard

Vidéos ajoutées le 20/29 décembre 2010,

soit, 4 Titres originaux par : Marc Laforêt
I / Dame Noire, honneur aux Placières.
III / Toutes jeunes de 15 à 20 ans, chanson des Placières
IV / Complainte pour une Trieuse.
VI / Honneur aux Placières, par le maire de La Grand-Combe

II/ Source photos et article : APPHIM
« Mineur de fond, le mineur, son métier, sa vie. »
Visitez leur site, il est très riche et passionnant.
Photos : CdF (Charbonnages de France 1946-2007)

V/ L’épopée des gueules noires, femmes et enfants au fond des mines.
Vidéo de 2’33 » par : Création Vidéo, Gilles Dufour.
Source : fr.coal-stock.eu
Publié : Février 2017

Blog rédigé par : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication : 05.01.2018
Dernière mise à jour : 20.08.2018

Le sport à La Grand-Combe

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La Grand Combe : associations Sportives

Où pratiquer votre sport individuel ou collectif sur la ville de La Grand-Combe (30110)?

LISTE DES ORGANISMES

Amicale des Algériens en Europe
Buts : défendre les intérêts moraux et matériels de ses membres ; oeuvrer pour le rapprochement des peuples et la cohabitation de toutes les communautés ; développer des activités culturelles, sociales, éducatives, pédagogiques et sportives et susciter des liens d’amitiés entre ses membres.

28, rue du Planas, Trescol 30110 La Grand-Combe

Association Citoyenne et Culturelle d’Education Populaire de Trescol
Buts : retisser du lien social ; favoriser l’expression et la participation ; développer des initiatives solidaires ; mettre en oeuvre des activités culturelles et sportives.

12 rue de Trescol, 30110 La Grand-Combe

Association de Boxe Grand’combienne M.N
Buts : assurer le développement de la boxe et la réinsertion par le sport.

23 rue Mistral, 30110 La Grand-Combe

Association Renouveau des Cités Cévennes-Champclauson A.A.E./A.R.C.C.C./A.A.E
Buts : représenter le quartier des Cévennes et celui de Champclauson ; permettre à ses adhérents de s’exprimer par le biais de l’association et développer la pratique du sport, notamment le football.

28, rue de Planasse, 30110 La Grand-Combe

Association Sportive du Collège Villa Béchard
Buts : mise en place d’activités sportives avec l’ensemble des élèves

3, rue Villa Béchard, 30110 La Grand-Combe
Thierry PRETOT, chef d’établissement coordinateur
tél : 04 66 34 12 59

Association Sportive Lycée Professionnel Privé Pasteur
Buts : organiser l’E.P.S. et la pratique des sports dans l’établissement ; participer aux compétitions dans le cadre de l’U.N.S.S. et de l’U.G.S.E.L.

lycée rue Pasteur, 30110 La Grand-Combe

Avenir Sportif Grand’combien
Association de type : Sports, activités de plein air.

Café du Commerce, rue Anatole-France, 30110 La Grand-Combe

Boxing-Club Lous Pelous
Buts : permettre aux adhérents de pratiquer des activités sportives et en particulier la boxe anglaise.

7 rue du Brugas, 30110 La Grand-Combe

Complexe Terre Accueil  

Buts : échanges culturel et sportif (pratique du skate board, vélo, rollers).

5 rue des Tilleuls, 30110 La Grand-Combe

Centre Formation Karting Praga
Création de Centre de Formation et Enseignement à la Pratique du Karting Praga Buts : attribution des agréments d’exploitation du nom praga kart academy et aides et conseils à la création de centre de formation praga kart academy.

42 rue du Riste, 30110 Grand-Combe

Diabolik Team
Buts : se rendre sur les manifestations de voitures tuning

4 rue de Trescol, 30110 La Grand-Combe

Espoir Cycliste Grand’combien Omnisports Fsgt
Association de type : Sports, activités de plein air.

2 chemin de la Haute Levade, 30110 La Grand-Combe

LcFootballeurs193X

Esprit Coeur à Corps
Buts : pratiquer l’éducation physique et sportive de tous les publics et plus particulièrement des populations ayant subi des atteintes cardiaques et à qui il est recommandé de s’inscrire dans un processus de réadaptation cardiaque

Annexe de la mairie, square Mendès-France, 30110 La Grand-Combe

Fitness-Sport pour Tous
Buts : pratique de sport en salle, pleine nature et piscine permettant une remise en forme adaptée ; organisation de manifestations de promotion sportive (spectacles, rencontres sportives, loto).

6 place Baptiste Marcet, 30110 La Grand-Combe

Groupement des Pêcheurs Sportifs Haut-Cévenol
Buts : pratiquer la pêche à la mouche en eau douce ; organiser des compétitions et promouvoir la pêche sportive ; protéger l’eau et son environnement.

2 rue des Châtaigniers, 30110 La Grand-Combe

Lachtouteam-Cévennes
Buts : organiser, promouvoir et développer des activités physiques et sportives.

2 rue des Pervenches, 30110 La Grand-Combe

Les P’tits Loups
Buts : animations sportives, culturelles et éducatives à destination de la petite enfance

9, rue des Ecoles, La Levade 30110 – La Grand-Combe

Office Intercommunal du Sport du Pays Grand’combien
Buts : soutenir, encourager et provoquer tous les efforts et toutes les initiatives tendant à répandre et à développer pour tous la pratique de l’éducation physique et sportive, du sport, des activités de loisirs à caractère sportif et le contrôle médico-sportif ; faciliter, dans les mêmes domaines, une coordination des efforts,…

Annexe mairie, square Mendès-France 30110 La Grand-Combe

Retro Méca Sport
Buts : promotion des sports mécaniques et des véhicules anciens, rendre les sports mécaniques accessibles à chacun, amélioration de l’image de l’automobile et des sports mécaniques, la renaissance et la conservation de véhicules d’ époque, l’organisation de courses, rassemblement, sorties ou toute autre manifestation, la formation à la mécanique, …

286 la Trouche et Castilhon, 30110 La Grand-Combe

Shotokan Karaté Do Grand’combien
Buts : promouvoir le karaté dans les règles imposées par la fédération française de karaté disciplines associées et dans le plus grand respect de l’esprit sportif.

1 rue ?(impasse) Wagner, 30110 La Grand-Combe

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Collation et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 05.01.2018
Dernière mise à jour : 05.01.2018

Crimes et délits à la Grand-Combe et le Gard

TontonFlingueurs31963 – La délinquance vue par Audiard et ses Tontons Flingueurs (vidéo)

Délinquance à La Grand Combe,
actes de délinquance à La Grand Combe sur un an.
Ce qui baisse et ce qui augmente.

Les chiffres de la délinquance pour la ville de La Grand Combe ne sont disponibles qu’au niveau du département du Gard

La Grand Combe, classement du département du Gard en matière d’insécurité et de délinquance

La Grand Combe est elle une ville sûre ? Le sentiment d’insécurité est lié aux actes de délinquance du quotidien sur une année les forces de police et de gendarmerie du département du Gard ont constaté 40 885 crimes, délits et actes de délinquance. Ce chiffre comparé au nombre d’habitants classe le département de La Grand Combe, 82ème département le plus sûr de France sur 128 analysés, y compris les départements et territoires d’outre-mer. Ce chiffre est à rapprocher du nombre total d’habitants du département du Gard : 736 029 personnes. par rapport au nombre d’habitants de La Grand Combe qui est de 5 162. La population de La Grand Combe représente donc 0,70 % de la population du département. Enfin le taux de pauvreté de La Grand Combe est un indicateur intéressant, ce dernier est de 39% de la population de La Grand Combe, cela représente 934 ménages vivant à La Grand Combe dont le revenu mensuel est inférieur 712 euros.

La Grand Combe, Principaux chiffres de la délinquance du département du Gard par type de crimes et délits :

Homicides et tentatives de meurtre en progression

Le nombre d’homicides et de tentatives de meurtres du département du Gard est de 24sur un an. Cela représente un risque de 1 sur 32 001 d’en être victime. Les données de l’année précédente faisaient état de 20 homicides ou tentatives de meurtres, 2 ans auparavant ce chiffre était de 15 personnes tuées.

  • Homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Homicides pour d’autres motifs : 12
  • Homicides commis contre enfants de moins de 15 ans : 1
  • Tentatives d’homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Tentatives d’homicides pour d’autres motifs : 8
  • Coups et blessures volontaires suivis de mort : 3

Coups et blessures en progression

Le nombre de victimes de Coups et blessures volontaires du département du Gard est de 2 264 pour l’ensemble de l’année. Pour la ville de La Grand Combe le risque est de 1 sur 325. Les données de l’année précédente faisaient état de 2 227 faits de coups et blessures enregistrés, et de 2 196 faits 2 ans auparavant.

Cambriolages et violations de domiciles en baisse

Les cambriolages et les violations de domiciles du département du Gard sont au nombre de 8 627 sur une année pour une population de 736 029 habitants. Le risque d’être cambriolé est donc de 1 sur 53. L’année précédente il y a eu 9 382 violations de domiciles ou cambriolages, 2 ans auparavant il y en avait eu 10 313. Viennent s’ajouter aux cambriolages les incendies volontaires de biens privés au nombre de 452 sur un an.

  • Violations de domicile : 92
  • Vols à main armée contre des particuliers à leur domicile : 20
  • Vols violents sans arme contre des particuliers à leur domicile : 38
  • Cambriolages de locaux d’habitations principales : 3 541
  • Vols avec armes blanches contre des particuliers à leur domicile : 23
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des locaux privés : 3 021
  • Cambriolages de résidences secondaires : 386
  • Vols avec entrée par ruse en tous lieux : 76
  • Cambriolages de locaux industriels commerciaux ou financiers : 762
  • Cambriolages d’autres lieux : 668

Vols contre des particuliers hors domicile, vols de voitures et vols contre des entreprises et lieux publics en baisse

Les vols contre des particuliers hors de leurs domiciles, les vols de voitures et les vols auprès de professionnels du département du Gard sont au nombre de 17 470 sur l’année. Les vols dont les victimes sont des particuliers en dehors de leurs domiciles sont de 5 970 en progression sur un an, les vols de voitures, vols dans les voitures, vols de pièces et dégradation sont au nombre de 9 405 en baisse par rapport à l’année précédente. Enfin les vols auprès des entreprises et des professionnels sont au nombre de 2 095. Chiffre qui est en baisse sur une année. Le risque d’être victime de vol est de 1 sur 50. L’année précédente il y a eu 19 014 affaires de vols au total contre 20 456 affaires 2 ans auparavant. Concernant le vol de voitures ou de moto le risque est de 1/ 127.

Vols contre des particuliers hors domicile

  • Vols violents sans arme contre des femmes sur lieu public : 682
  • Vols violents sans arme contre d’autres victimes : 576
  • Vols à la tire : 762
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des lieux publics : 3 805
  • Autres vols à main armée : 29
  • Autres vols avec armes blanches : 116

Vols de voitures et motos

  • Vols d’automobiles : 1 903
  • Vols de véhicules motorisés : 609
  • Vols à la roulotte (vols dans des véhicules) : 3 590
  • Vols d’accessoires sur véhicules à moteur immatriculés : 1 906
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397

Vols contre des professionnels

  • Vols à main armée contre des établissements financiers : 2
  • Vols à main armée contre des établissements industriels ou commerciaux : 37
  • Vols à main armée contre des entreprises de transports de fonds : 0
  • Vols avec armes blanches contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols violents sans arme contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols de véhicules de transport avec fret : 4
  • Vols à l’étalage : 446
  • Vols simples sur chantier : 220
  • Vols simples sur exploitation agricole : 267
  • Autres vols simples contre des établissements publics ou privés : 1 101

Crimes et délits à caractère sexuel en baisse

Les victimes d’atteintes sexuelles, viols et harcèlement du département du Gard sont au nombre de 375 sur un an. Le risque d’être victime de crime ou de délit à caractère sexuel est donc de 1 sur 1 963. L’année précédente il y a eu 408 agressions sexuelles, 2 ans auparavant il y en avait eu 382 sur un an.

  • Atteintes sexuelles : 103
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des majeurs : 57
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineurs : 93
  • Viols sur des majeurs : 47
  • Viols sur des mineurs : 68
  • Proxénétisme : 7

Crimes et délits contre des mineurs en progression

Les victimes mineures du département du Gard sont au nombre de 918 sur un an. L’année précédente il y a eu 909 faits concernant des victimes mineures, 2 ans auparavant il y en avait eu 903.

  • Viols sur des mineurs : 68
  • Violences mauvais traitements et abandons d’enfants : 207
  • Délits au sujet de la garde des mineurs : 431
  • Non-versement de pension alimentaire : 212

Infractions liées à l’immigration en baisse

Il y a eu 262 infractions liées à l’immigration sur un an contre 831 l’année précédente et 797, 2 ans auparavant.

  • Aide à l’entrée, à la circulation et au séjour des étrangers : 46
  • Infractions aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers : 58
  • Autres infractions à la police des étrangers : 10
  • Emploi d’étranger sans titre de travail : 40
  • Travail clandestin : 108

Trafics et drogue en progression

Il y a eu 2 153 faits constatés en relation avec des trafics sur un an contre 1 969 l’année précédente et 1 848 2 ans auparavant.

  • Trafic et revente sans usage de stupéfiants : 35
  • Usage revente de stupéfiants : 118
  • Usage de stupéfiants : 1 300
  • Autres infractions à la législation sur les stupéfiants : 20
  • Port ou détention d’armes prohibées : 333
  • Règlements de comptes entre malfaiteurs : 0
  • Recels : 321
  • Délits de débits de boissons et sur l’alcool et le tabac : 26
  • Délits des courses et des jeux : 0
  • Proxénétisme : 7

Animaux et environnement en progression

94 faits contre des animaux ou l’environnement sur une année contre 72 l’année précédente et 112 2 ans auparavant.

  • Destructions cruautés et autres délits envers les animaux : 59
  • Atteintes à l’environnement : 22
  • Chasse et pêche : 13

Atteintes aux biens en baisse

3 458 atteintes aux biens des personnes et aux biens publics en un an contre 3 760 l’année précédente et 3 562 2 ans auparavant.

  • Autres destructions et dégradations de biens privés : 1 142
  • Incendies volontaires de biens privés : 452
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397
  • Autres destructions et dégradations de biens publics : 393
  • Incendies volontaires de biens publics : 74

Crimes et délits psychologiques en progression

3 524 crimes ou délits à caractère psychologique en un an contre 3 225 l’année précédente et 4 078 2 ans auparavant.

  • Atteintes à la dignité et à la personnalité : 364
  • Escroqueries et abus de confiance : 2 108
  • Menaces ou chantages pour extorsion de fonds : 105
  • Menaces ou chantages dans un autre but : 931
  • Délits interdiction de séjour et de paraître : 1
  • Séquestrations : 13
  • Prises d’otages à l’occasion des vols : 0
  • Prises d’otages dans un autre but : 2

Atteinte contre la collectivité en progression

649 crimes ou délits contre la collectivité, la nation et ses représentants en un an contre 638 l’année précédente et 624 2 ans auparavant.

  • Attentats à l’explosif contre des biens privés : 0
  • Attentats à l’explosif contre des biens publics : 0
  • Atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation : 21
  • Violences à dépositaires autorité : 270
  • Outrages à dépositaires autorité : 292
  • Autres délits contre santé publique et professions médicales : 2
  • Fraudes alimentaires et infractions à l’hygiène : 5
  • Infractions au droit de l’urbanisme et de la construction : 59

Faux et usage de faux en baisse

Les faux et l’usage de faux du département du Gard sont au nombre de 1 117 sur l’année. L’année précédente il y a eu 1 517 affaires de faux et usage de faux contre 1 586 affaires 2 ans auparavant.

  • Faux documents d’identité : 60
  • Autres faux documents administratifs : 70
  • Faux documents concernant la circulation des véhicules : 22
  • Falsification et usages de chèques voles : 469
  • Falsification et usages de cartes de crédit : 355
  • Fausse monnaie : 14
  • Faux en écriture publique et authentique : 14
  • Autres faux en écriture : 96
  • Infractions à l’exercice d’une profession réglementée : 8
  • Contrefaçons littéraires et artistiques : 4
  • Contrefaçons et fraudes industrielles et commerciales : 5

Délits économiques en progression

Les délits à caractère économique du département du Gard sont au nombre de 241 sur l’année. L’année précédente il y a eu 179 délits économiques 145 délits 2 ans auparavant.

  • Infractions à la législation sur les chèques : 195
  • Achats et ventes sans factures : 6
  • Banqueroutes abus de biens sociaux et autres délits de société : 10
  • Fraudes fiscales : 0
  • Marchandage prêt de main-d’oeuvre : 3
  • Prix illicites publicité fausse : 11
  • Autres délits économiques et financiers: 16

Enfin les autres délits et actes de délinquance constatés par les forces de police et de gendarmerie du département du Gard dont fait partie La Grand Combe sont au nombre de 1 174 sur l’année.

§

Écrit par : Ville-Data.com delinquance La Grand Combe
[Publié le] :  Mis à jour le 

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane . GD
Première publication : 02.01.2018
Dernière mise à jour : 02.01.2018

Mai 1948, La Grand-Combe, les mineurs fidèles à leur Foi

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L’école et le monopole

… Le 9 Octobre, Pie XII meurt, d’une mort mystérieuse après une mystérieuse maladie qui dura quatre ans. Avec lui allait disparaître l’intangibilité de la doctrine, la sécurité de la foi, la continuité de la Tradition, la solidité des colonnes de l’Église.

Le cardinal Tisserand, un français, grand savant, et grand libéral, va régner sur le Vatican pendant trois semaines.

Un nom circule déjà, Montini, mais il n’est pas cardinal, il lui faudra attendre. Le parti moderniste du Sacré Collège va pousser un candidat de transition très âgé qui va lui préparer la place, il faudra onze tours de scrutin pou réduire l’opposition qui mettait ses espoirs en des hommes de Tradition, les cardinaux Ottaviani et Siri. Le 28 Octobre, le cardinal Roncalli est élu, ce sera Jean XXIII. Une grande brèche est ouverte dans l’Eglise.

En France, pouvoir temporel et pouvoir spirituel vont accélérer la vitesse de désagrégation de la conscience, de la charité, de l’honneur, de la foi. Pouvoir temporel et pouvoir spirituel vont collaborer pour mater les sursauts populaires de saine conservation, regain d’un bon christianisme ancestral.

Un exemple, d’une actualité brûlante : l’école catholique, la grande ennemie et la grande victime de la Révolution.

Dans la misère depuis le début du siècle, elle est particulièrement éprouvée depuis 1945 et 1947 par le « plan Langevin-Wallon »(1), plan marxiste « de changement de la société ». Parents et enseignants poussés à bout par l’injustice et la menace d’abrogation de la loi Barangé, manifestent à Paris en Avril 1958 sous la quatrième République en décomposition. Le vélodrome d’hiver ne put contenir les dizaines de milliers de parents. Les responsables des associations, les orateurs ne ménageaient pas l’ardeur de leurs harangues. Le clergé de Paris était représenté, fait exceptionnel, la hiérarchie encourageait. La vigueur des propos du cardinal Feltin aiguillonnait cette foule bien décidée à obtenir justice des pouvoirs publics.

Vint Mai 1958, puis l’apostasie de septembre et la pression d’un pouvoir autocrate. Rien n’avait changé à l’échelon local dans l’esprit des défenseurs des écoles ; les A.P.E.L. au printemps 1959, veulent sauver les écoles régies par la loi Barangé qui n’est qu’une duperie. Elles reprennent leur combat pour la justice scolaire. Si la base a conservé sa vigueur, la tête a faibli. A l’occasion de leur congrès national à Caen les 8, 9 et 10 mai 1959, les A.P.E.L. par un grand meeting le 10 mai dans la capitale de Basse Normandie veulent montrer au gouvernement leur détermination d’obtenir satisfaction.

Il faut ici faire une pose et regarder en arrière avant de nous pencher sur ce congrès de Caen.

Aujourd’hui en 1984, malgré le sursaut populaire manifesté à Nantes, Bordeaux, Rennes, Lyon, Lille, Versailles pour la défense d’une école libre, dévoyée, il est difficile après 25 ans ou 35 ans, de bien comprendre ce qui s’est passé en 1959, en 1951.

Il faut au moins remonter au lendemain de la Libération et connaître les événements survenus à partir de 1946.

La guerre scolaire qui couve depuis 100 ans a été rallumée par le Parlement français par la loi du 17 mai 1946, nationalisant les Houillères du centre et du midi de la France. Les compagnies privées des Houillères, dans le midi comme en Lorraine et dans le Nord, avaient fondé et entretenaient des écoles catholiques gratuites pour leurs ouvriers. A la rentrée scolaire d’Octobre 1946, les mineurs comme par le passé, choisirent librement leur école. Mais le 30 novembre 1946, le Comité provisoire de gestion des Houillères, aux mains des communistes, informait par écrit les directeurs des écoles catholiques du bassin des Cévennes qu’elles seraient laïcisées à la date du 1er janvier 1947.

En conséquence, 103 maîtres et maîtresses seraient à cette date congédiés.

Théoriquement, c’est l’État qui est devenu patron, mais la C.G.T. commande. 1500 chefs de famille sont concernés, ingénieurs, contre-maîtres, ouvriers de fond. Presque tous cégétistes. C’est le seul syndicat, hormis une C.F.T.C. embryonnaire. Cégétistes ces mineurs ? pour défendre leur profession, peut-être ! Mais pour sauvegarder leurs enfants, il n’y a plus de C.G.T. qui compte ! Ils pensent sainement, immédiatement ils réagissent : « On ne nationalise par nos enfants comme du charbon. » Une A.P.E.L. est créée. La C.G.T. menace, mais la rentrée scolaire de Janvier 1947 s’effectue comme par le passé. L’A.P.E.L. tient plusieurs réunions publiques et coordonne les protestations.

En février, à Paris, une délégation de mineurs est reçue par P.H. Teitgen vice-président du Conseil, ce député démocrate chrétien, qui l’année précédente se vantait d’avoir fait mieux que Robespierre. Ce moderne ministre de la terreur dit aux mineurs : « Acceptez la laïcisation en exigeant qu’on vous laisse vos maîtres non congréganistes. » Ils refusèrent net ce honteux marché.

En Mars, le conflit s’étend aux bassins houillers de la Loire, d’Aquitaine, de Provence.

En Mai, les organisations anti-religieuses et maçonniques se mobilisent pour influencer le gouvernement du socialiste Ramadier. La laïcisation est décidée par le ministre de l’Education Nationale pour la rentrée d’octobre, mais à la veille de l’inventaire des locaux scolaires en juillet, les familles des mineurs occupent les écoles.

La rentrée se fait avec les maîtres religieux et laïcs non rétribués. Il faut trouver des millions, subir des procès, en engager d’autres. Le problème dramatique de l’enseignement catholique est né là et ne fera que se compliquer depuis quarante ans parce que la seule solution : le bon scolaire attribué à la famille pour le choix dans le respect et la justice, comme en Belgique ou d’autres pays, les parlementaires démocrates, de la gauche à la droite, n’en veulent pas.

Et dans tout cela, où est la hiérarchie catholique ? Absente, muette, inexistante !

Le 15 mai 1948, après trois jours de discussions, l’Assemblée Nationale adopte le projet socialiste de laïcisation des écoles des houillères, par 297 voix contre 270.

Le 21 mai, les mineurs de « La Grand’Combe » dans le Gard, protestent contre « la loi scélérate » et jurent que pas un enfant ne sera obligé d’aller à l’école laïque. Ils s’affirment disposés à tous les sacrifices, « y compris celui du sang ».

Le président de l’A.E.P. (Association Education Populaire) conduit à Rome une délégation de mineurs reçue par Pie XII.

La résistance aux assauts du préfet, des commissaires, des C.R.S. dura des mois. Les condamnations des tribunaux ne firent qu’exaspérer les catholiques. Trois équipes de mineurs parcourent la France, ces orateurs improvisés soulèvent l’enthousiasme à Paris, en Bretagne, en Vendée, en Lorraine, dans le Nord, surtout dans les milieux populaires restés plus chrétiens. Les A.P.E.L. de toutes régions remirent à tous les préfets une motion de solidarité à l’égard des mineurs.

Les A.P.E.L. et les amicales se préparent à envoyer des délégations de soutien à la « Grand’Combe » le 23 Avril 1949. Le gouvernement (c’était le septième depuis trois ans) recula encore. Le grand rassemblement eut lieu. Tous les journaux de France y avaient leurs envoyés spéciaux avec les reporters de Pathé-journal et toute la France lut, vit et entendit comment avec le Frère Marcel, directeur de l’école de la Grand’Combe, les mineurs défendirent la Foi au chant du Magnificat et du cantique : « Nous voulons Dieu dans nos écoles. »

C’est ce courant populaire dû aux laïcs avec quelques frères des Écoles Chrétiennes et quelques sœurs de Saint Vincent de Paul, qui contraignit les parlementaires à faire quelque chose pour calmer l’agitation. Ce fut la misérable loi Barangé.

A chacun des chapitres de notre étude, nous posons la question : que font les évêques ? Où sont les évêques ? Nous sommes obligés de constater que s’ils ne sont pas là, c’est de l’autre côté de la barricade que nous les apercevons. Defensor Civitatis, défenseur de la Cité, tel fut le beau titre donné à maints nobles évêques au cours des âges, à la tête de leurs ouailles, parfois même de leurs troupes, pour défendre la foi contre les barbares de toutes espèces. Souvenons-nous de Saint Émilien, cet évêque de Nantes, mort à la tête de ses soldats en Bourgogne !

A la recherche des causes de la désagrégation de l’Église et de la perte de la foi nous trouvons la désertion et la responsabilité des évêques d’hier et d’aujourd’hui.

Quelle est cette loi Barangé ? Elle porte le nom du député MRP – donc libéral – du Maine et Loire, qui en est l’auteur et fit adopter son projet par le Parlement en 1951 afin de calmer la colère des parents. Elle consistait à octroyer une allocation de 4 000 francs anciens par élève et par an. « Une misérable aumône qui n’aurait jamais dû être acceptée car elle a permis de faire oublier les revendications légitimes que les catholiques n’auraient jamais dû cessé de faire valoir jusqu’à complète satisfaction. » a écrit Pierre Lemaire.

Cette escroquerie est l’œuvre des politiciens libéraux ayant trahi leurs électeurs catholiques. Ce mauvais coup a ses origines dans un « plan d’ensemble d’éducation et d’enseignement national » élaboré dans la clandestinité pendant l’occupation. Plan où l’enseignement privé ne devait plus avoir place, revanche espérée des sectaires contre l’école catholique à laquelle le gouvernement du Maréchal Pétain avait rendu ses droits et sa mission dans le pays, ce qui n’était qu’un minimum de justice.

On trouve la substance de ce plan dans les « Chroniques de la Résistance », publiées après la Libération en 1945 par Maxime Blocq-Mascart (2), membre du Conseil National de la Résistance.

Tous les projets de lois scolaires proposés au Parlement et voté par celui-ci depuis 1945 sont issus de ce plan maçonnique.

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Photo : 28.05.1948 manifestation laïque à La Grand-Combe.

Un grand rassemblement de parents, suscité par le vaillant défenseur de l’école catholique Mgr Cazaux, évêque de Luçon, attira en avril 1950 plus de 100 000 personnes à Saint Laurent-sur-Sèvres. Il y fut décidée la suspension du paiement des impôts pendant 4 mois ; des saisies ne découragèrent pas les protestataires. Le gouvernement recula, mettant un frein à la réalisation des propositions de loi tendant à l’exécution complète du Plan. Quoique des députés catholiques libéraux se soient faits complices de ce forfait.

Il faut savoir, pour saisir et comprendre le ridicule et l’impudence de cette loi Barangé, que l’allocation de 4 000 francs anciens [40 Nf, 6 € ! NdE] par élève était également octroyée à l’enseignement public dont les maîtres sont payés par l’État et les bâtiments entretenus aux frais des communes. En outre, la loi ne s’appliquait qu’aux élèves de 6 à 14 ans, maternelle et secondaire étant exclus.

C’est donc au début de ce retour de la guerre scolaire, que l’ensemble de la hiérarchie catholique aurait dû remettre les principes d’existence de l’école sur son vrai terrain, son seul terrain : les droits de Dieu sur les créatures et les droits de l’Église à les enseigner.

Qu’aucun député catholique n’ait eu la fierté de réclamer la justice en faveur de l’école catholique au nom des droits de N.S.J.C. sur les sociétés et l’éducation, qu’il ait fallu un biais en invoquant les seules difficultés matérielles pour obtenir une libéralité, c’est la preuve du manque de liberté et de foi, une preuve de l’impuissance du législateur lié au système, soumis aux pressions, contraint par le « Plan ». Pour en authentifier l’existence en voici une manifestation. Le compte rendu officiel du Convent de 1952 du Grand Orient de France accordant une place extrêmement importante au problème de l’école avec le programme qu’il présente :

« Désarmer entièrement pour éduquer entièrement… Vouloir la réforme de notre enseignement donc être laïque, mais la vouloir financièrement… Il ne doit y avoir une seule école nationale… En attendant la grande revanche que nous devons préparer vigoureusement et obtenir, nous devons maintenir le principe de la nationalisation de l’enseignement avec, comme conséquence, la suppression des écoles privées confessionnelles, la nation prenant en charge tout l’enseignement entièrement laïcisé. »

Les effets inopérants de cette loi ramènent vite le mécontentement. En 1956, l’abrogation de cette malheureuse loi est demandée. Elle sert de prétexte à la présentation par le Gouvernement d’un projet dit « Concordat Scolaire », il reconnaîtrait des écoles dites agréées dont les professeurs seraient payés par l’État, mais elles seraient placées sous le contrôle de l’État.

On a constaté avec stupeur qu’un projet similaire est proposé aux parents par un dirigeant d’A.P.E.L, Monsieur Lizop à qui les parlementaires ont confié la direction d’un « Secrétariat d’Étude de l’Enseignement Libre ». La collusion est certaine entre certains prétendus défenseurs de l’école libre et certains centres maçonniques voués à la lutte contre l’école catholique. Une campagne d’intoxication dans ce sens se faisait en même temps auprès des A.P.E.L .

Pierre Lemaire, le défenseur de la famille, écrit en mai 1956 :

« Et l’on est obligé de déplorer que certains journalistes catholiques mènent des « négociations » qui sont pour le moins inquiétantes. Les conversations de Mgr Courbe (3) et M. Hernu, succédant à celles du cardinal Tisserand et de M. Mendès, et ces dernières à celles du cardinal Feltin avec André Marie et Berthouin, ne sont pas sans inquiéter vivement les observateurs. Elles les inquiètent même d’autant plus qu’elle s’accompagnent auprès des catholiques de consignes de silence et de passivité qui ne peuvent que favoriser le mauvais coup préparé par les sectaires laïcs aux ordres de la Franc-Maconnerie et du Parti Communiste, alliés une fois de plus dans une œuvre néfaste.

« Ainsi, d’une part, on « négocie » à propos d’une affaire où il n’y a pas de négociations possibles parce qu’il n’y a pas de compromis possible lorsqu’il s’agit d’un droit fondamental, et d’autre part, on évite le plus possible de mettre les catholiques et l’opinion publique générale au courant de la position exacte de la question et de la gravité de la menace. Et donc, de ce fait, on réalise les conditions nécessaires pour que les masses catholiques se trouvent absolument incapables de réagir quand l’attaque sera lancée.

« On évite de poser la question de l’École sur ses bases véritables et on laisse diffuser des opinions aux conséquences les plus dangereuses. Sait-on, en effet, que la fausse théorie prétendant que l’École Libre constitue un service public a permis de mettre au point un projet de nationalisation qui prévoit « la réquisition des locaux et… des maîtres » !… Le Pays tout entier ne devrait-il pas être informé de ce projet aussi criminel que scandaleux ? On laisse des groupements ou des personnalités à étiquettes chrétiennes prendre des positions contraires à l’École Libre, et cela sans jamais les condamner. On laisse la grande masse des catholiques dans l’ignorance du danger actuel et dans l’inaction alors que, mobilisée, elle représenterait une force véritablement invincible.

« Il y a donc dans ce silence et dans cette passivité une véritable trahison.

« M. Lizop, président national des A.P.E.L, devrait comprendre que, si légitimes que soient les intérêts des maîtres, il n’est pas possible dans l’état politique actuel de la France, de leur donner une situation comparable à celle des professeurs de l’État, que l’organisation d’un corps professoral national unique libre peut donner à l’État des moyens de pression qu’il n’aurait jamais sur une infinité de petits groupes de personnes ; enfin, que ce n’est pas la situation des maîtres qui prime, mais la subsistance d’une École Libre. Pas un seul maître libre, véritablement conscient de sa mission, ne contredira ce principe ; les sacrifices immenses acceptés par les maîtres libres le prouvent.

« Pour que l’École Libre subsiste et puisse remplir sa mission, elle doit avant tout sauvegarder absolument sa liberté.

« L’École Libre ne peut accepter aucun contrôle de la part de l’État à l’exception de ceux très réduits admis actuellement : titres selon la loi du 15 Mars 1850, règlements d’hygiène et de sécurité valables pour tout établissement public, contrôles fiscaux valables pour toute entreprise régulière.

« L’École Libre ne peut accepter de contrôle que des parents qui ont naturellement le droit de contrôler les personnes à qui ils confient l’éducation de leurs enfants. »(4)

Les troubles politiques ne permettent aucun règlement, l’agitation continue. Ce sera la réunion d’avril 1958 au Vélodrome d’hiver, puis le premier Congrès national des A.P.E.L à Caen en 1959. Mgr Cazaux espérant beaucoup de ce Congrès avait quelques jours avant adressé aux Vendéens un appel à la prière pour son succès.

« Cette prière, écrivait-il, m’apparaît d’autant plus nécessaire que la question scolaire se repose aujourd’hui avec un caractère renouvelé d’urgence et de gravité… La situation est telle que l’impatience et le mécontentement ont tendance à grandir rapidement et à gronder au cœur des enseignants comme des amis et usagers de l’École Libre… Ils ont conscience de rendre un grand service au pays et à l’État lui-même qui sans eux ne pourrait donner des classes et des maîtres à tous les écoliers de France… Les élèves du premier et deuxième degré de l’enseignement libre coûteraient à l’État plus de 80 milliards [d’Anciens Francs, 80 millions de NF. Nde]… N’ont-ils pas dès lors le droit de répéter ce que le grand Cardinal Mercier disait au gouvernement de son pays : « Nous ne demandons pas que l’État nous paie nos écoles, mais qu’il nous rembourse les économies que nous lui faisons réaliser ».

[LA Trahison]

Le 10 mai 1959, les parents attendaient beaucoup de cette démonstration. Cars et trains spéciaux avaient déversé à Caen sur un immense parc agricole plus de 80 000 personnes. Au cours de la messe dite sur un grand podium en présence d’une douzaine d’évêques, l’homélie de l’un d’eux fit l’effet d’une douche froide sur cette assistance qui s’était déplacée de toutes les régions de France pour recevoir des directives d’action, des assurances de soutien, non pour entendre des semonces et des appels à une sage discipline. La journée commençait mal, mais le repas avait un peu estompé la déconvenue lorsque le premier orateur inscrit au programme de l’après-midi, Monsieur d’Azambuja un des défenseurs des écoles des houillères, monte à la tribune. Connu pour son courage, les applaudissements nourris saluent son arrivée. Quelle ne fut pas la stupeur de cette foule lorsqu’elle entend : « Mes amis, j’avais un discours à vous faire, des encouragements à vous prodiguer, mais on me met dans l’impossibilité de les exprimer. » Puis il quitte le micro. Ses successeurs à la tribune, plus dociles sans doute, adressent aux congressistes des conseils aussi lénifiants les uns que les autres. Le bouquet de cette journée de dupe fut la motion finale inspirée, et vraisemblablement imposée par les évêques venus pour cela, la voici en son entier :

« 80 000 congressistes réunis à Caen et mandatés par les 800 000 familles usagers de l’enseignement libre :

« Prennent acte avec satisfaction de l’adhésion de plus en plus large donnée par l’opinion publique française aux principes d’une liberté effective d’enseignement.

« Ils affirment une foi de plus que la famille tient de la loi naturelle et par priorité le droit de diriger l’éducation de ses enfants et donc celui de choisir l’école qui coopérera avec elle dans cette tâche sacrée, sans que ce choix devienne pour les parents un poids financier aussi injuste qu’insupportable. Ils appellent de leurs vœux pressants une législation inspirée de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et réalisant enfin une véritable justice pour les parents et pour les maîtres de l’enseignement libre. »

Un authentique manifeste marxiste. La hiérarchie amenait les catholiques sur le terrain de l’adversaire lui empruntant sa dialectique et ses armes. Une faute qui appelait une défaite.

A Caen, le soir de ce 10 mai, la foule s’écoule assommée, dépitée vers les parkings et la gare. Chacun se demande pourquoi les dirigeants des A.P.E.L. l’ont tant incité à faire un tel déplacement pour une telle comédie. Quelques-uns, quelques-uns seulement, car le secret a été tenu, ont appris que le président national des A.P.E.L. avait été convoqué d’urgence la veille au soir à Blois, où se trouvait le général de Gaulle, qui donna ordre de ramener au silence ces importuns sous menace d’arrêter tout projet de règlement de la question scolaire. C’était une première réponse du grand homme aux « Oui » des catholiques au Référendum. Pour lui tenir tête, il eut fallu un Cardinal Mercier… ou un Cardinal Pie, des hommes ayant foi en la puissance de Dieu, en Dieu seul et en son Église. La France ne le méritait plus.

Le gouvernement Debré qui a pour ministre de l’Éducation Nationale un vieux militant socialiste M. Boulloche, crée en Juin 1959 une commission d’étude, dénommée du nom de son président P.O. Lapie autre député socialiste sectaire. Cette « commission Lapie » n’avait en réalité aucunement mission de rechercher une juste et honnête solution, mais de préparer les voies à une intégration de l’enseignement privé. D’ailleurs sa composition de douze membres désignés par le ministre révélait son orientation (!) : Magistrats, professeurs d’université, académiciens dont l’inévitable Wladimir d’Ormesson, tous appointés ou honorés par l’État, pas un seul représentant de l’Enseignement Libre ! Un aveu ! Son porte-parole déclara officiellement : « Faire de l’école publique, non pas la grande école nationalisée d’autorité, mais la grande école nationale, acceptée sinon de tous, du moins de presque tous ou à côté de l’instruction proprement dite serait enseigné ce qui constitue notre bien moral commun à tous, étant entendu que chaque enfant pourrait avoir en outre toute facilité de recevoir l’enseignement religieux souhaité par sa famille. Tel est… le but général suivi par la commission. »

Autant dire mainmise à peine camouflée de l’État sur tous les enfants !

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Photo : 1920 (?) La Grand-Combe, place de la victoire, sortie des écoles chrétiennes.

Pendant ce temps les manifestations se multiplient dans le pays. Les unes des associations catholiques, les autres des organisations laïques ou anti-religieuses pour impressionner le gouvernement.

En novembre, le rapport Lapie est rendu public, le projet de loi Boulloche également, ils sont assez semblables. On peut les résumer en ces solutions possibles :

  • l’intégration totale, pour les écoles qui en feront demande,
  • contrat d’association,
  • agrément ou contrat simple,
  • liberté

Première étape en l’attente d’une unification ultérieure. Personne n’est satisfait, les ministres eux-mêmes sont divisés. Le premier ministre Debré dans l’impasse, propose un remaniement du premier article du projet, le ministre Boulloche démissionne. Debré prend sa place et propose son projet qui sera voté à la Chambre par 427 voix contre 71. L’amendement était : « Reconnaît le caractère spécifique tant des établissements privés que de l’enseignement qui y est donné. » Ce fut la loi Debré.

Ce peu de choses a permis de rallier la majorité des voix. Ainsi fut livré à l’Etat sans Dieu, à ses exigences, à son esprit sectaire, à son contrôle l’ensemble de l’enseignement catholique. Restait le choix de se livrer pour un peu de confort, ou de se garder libre et à Dieu dans la pauvreté.

Par cette manœuvre, Satan allait mettre en tentation, dans l’obligation de faire un choix entre une apparence de satisfaction des besoins matériels légitimes ou le sacrifice dans l’honneur et dans la fidélité à la Foi.

Ce fut un drame de conscience pour ceux qui allaient devoir faire ce choix : les directeurs et directrices, les curés, les présidents d’A.P.E.L de chaque école. Il était proposé une amélioration, une aide financière. Maîtres et parents dans leur grande majorité très ignorants de la doctrine de l’Église, et, il faut le dire, d’une piété et d’une pratique très souvent superficielle, parfois inexistante pour un certain nombre. Comprendraient-ils un refus des avantages matériels de cette loi ?

Y a-t-il une résistance possible, une possibilité d’échapper à ce piège ?

Vu l’attitude de la hiérarchie, vu la mentalité du clergé paroissial, vu le climat de l’esprit de soumission instauré par le régime gaulliste, vu les articles démobilisants du journal mensuel des A.P.E.L : « La Famille Éducatrice » servi à tous les parents d’élèves de l’Enseignement libre, journal sous influence et contrôle de la hiérarchie, il faudra beaucoup de courage aux responsables pour résister à la tentation de refuser ou même limiter les dégâts consécutifs à l’application de cette loi.

Mais voyons-en les principaux articles :

« Le texte de la loi Debré

Article 1 :

…L’Etat proclame et respecte la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts.

…Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus ci-dessous, l’enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l’Etat. L’établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance, y ont accès.

Intégration

Article 3 :

Les établissements d’enseignement privé peuvent demander à être intégrés dans l’enseignement public…

Association

Article 4 :

Les établissements d’enseignement privé du premier degré, du deuxième degré et du technique, peuvent, s’ils répondent à un besoin scolaire reconnu, demander à passer avec l’État un contrat d’association à l’enseignement public.

Le contrat d’association peut porter sur une partie ou sur la totalité des classes de l’établissement. Dans les classes faisant l’objet du contrat, l’enseignement est dispensé selon les règles et programmes de l’enseignement public. Il est confié, en accord avec la direction de l’établissement, soit à des maîtres de l’enseignement public, soit à des maîtres liés à l’État par contrat.

Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat sont prises en charge dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public…

Contrat Simple

Article 5 :

…Le Contrat Simple porte sur une partie ou sur la totalité des classes des établissements. Il entraîne le contrôle pédagogique et le contrôle financier de l’État.

Peuvent bénéficier d’un contrat simple les établissements justifiant des seules conditions suivantes : durée de fonctionnement, qualification des maîtres, nombre d’élèves, salubrité des locaux scolaires. Ces conditions seront précisées par décret…

Comités de conciliation

Article 6 :

Il est créé dans chaque département un Comité de conciliation compétent pour connaître de toute contestation née de l’application de la présente loi…

Article 8 :

…Nouvelle loi dans neuf ou douze ans, pour les écoles sous contrat simple.

Article 9 :

Les contrats prévus à l’article 5 ne peuvent être conclus que pendant une période de neuf ans à compter de la promulgation de la présente loi. Toutefois, le gouvernement pourra, après avis du Comité national de conciliation, prolonger ce régime pour une période supplémentaire n’excédant pas trois ans… »

Comment cette loi a-t-elle été reçue, jugée par ceux qui étaient en mesure, supposons-le, d’en comprendre le sens et la portée ?

Le cardinal Roques, président de la Commission Épiscopale de l’enseignement : « Il faut attendre que cette loi-programme ait été précisée par les décrets d’application pour s’en faire une idée exacte… »

Le cardinal Gerlier : « Il semble qu’elle puisse servir de base à un rapprochement qui sans offenser personne ouvrirait la voie à la paix scolaire… »

Le cardinal Liénart : « Une solution non de simple coexistence entre les deux, mais de rapprochement et de coopération entre le public et le privé. Cet esprit n’est pas pour nous déplaire… »

Le cardinal Feltin : « Nul parmi nous ne chante victoire, d’autant plus que restent à promulguer les décrets d’application. »

Satisfaction !

On pourrait en citer d’autres, à quoi bon ? Ils nous écœurent et nous durcissent le cœur. Mais allons en face, là où l’on sait à quoi s’en tenir. Ce ne sont pas des chuchotements d’antichambre épiscopale, mais clamés du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, la réalité des gens qui savent ce qu’ils veulent :

« Un jour de nouvelles majorités reviendront à l’entière séparation des églises et de l’État. Ce jour-là tous les établissements et les maîtres qui auront sollicité le concours des fonds publics seront considérés comme ayant affirmé leur vocation d’entrer dans le service public de l’enseignement, et il sera ainsi fait. Ce n’est ni une menace, ni un chantage. C’est la conséquence logique de ce que vous allez décider. C’est la logique du système. C’est aussi notre volonté et au nom de mes amis, je prend l’engagement de la respecter. Je n’envie pas votre satisfaction. »

L’homme intelligent, cohérent qui a écrit cela est Guy Mollet, secrétaire général du parti socialiste. Nous devons constater un quart de siècle après qu’il y a cohérence, fidélité et continuité. Il n’y a pas eu aggiornamento au parti socialiste (SFIO) !

Quelques jours après J.J. Servan-Schreiber écrivait dans « L’Express » : « Quand M. Guy Mollet annonce à l’Assemblée que le combat ne cessera pas jusqu’à l’abrogation totale des lois qui viennent d’être votées et jusqu’à la nationalisation pure et simple des établissements confessionnels qui auront été nourris par les fonds publics, nous l’approuvons sans réserve. Ce qu’il dit là est nécessaire, incontestable pour un républicain. Et ce qu’il prédit arrivera. C’est clair. »

Georges Suffert un catholique de gauche journaliste dans différentes feuilles socialistes, bien formé par ses amis écrivait le 24 Décembre 1959 dans « France Observateur » : « Que la majorité se retourne et toutes les structures seront en place pour que la nationalisation des écoles ayant accepté de signer des contrats avec l’État soit du jour au lendemain chose faite… et l’Église aura perdu le bénéfice psychologique que son indépendance lui avait valu. »

Wladimir d’Ormesson qui n’était pas un ami de l’école catholique écrit avec sa grosse plume dans son « Figaro » : « Peut-être qu’à l’usage, les français s’apercevront-ils qu’une situation – si simple au fond – aura enfin été exorcisée. Qu’écoles publiques laïques, c’est-à-dire neutres, (l’innocent !) et qu’écoles privées, c’est-à-dire d’inspiration chrétienne, peuvent non seulement coexister mais collaborer dans la liberté… C’est quand cette étape sera franchie que pourra s’entrevoir le vaste réaménagement de l’éducation nationale dégagée des plis du passé, où tous les enfants de France pourront trouver ensemble ce que leurs parents ont le droit d’exiger pour chacun d’eux. »

Cet écrit montre quel travail d’intoxication les gens initiés au Grand Plan de laïcité, pouvaient réaliser auprès de l’opinion, auprès des parents ne voyant pas de profonde différence entre enseignement public et enseignement privé.

Il est vrai que depuis la fin de la guerre, depuis 1945, l’enseignement libre s’est aligné en bien des points sur l’enseignement laïque. Il faut reconnaître que déjà une bonne partie du clergé ne soutenait plus les écoles paroissiales et trop souvent ce sont les parents seuls qui ont maintenu les écoles malgré l’opposition des curés indifférents ou parfois hostiles (5) aux encycliques sur l’éducation de la jeunesse.

La terrible loi Debré est promulguée, les décrets d’application sont sortis, au sein et à la tête des écoles de longues discussions vont s’engager entre partisans des diverses solutions. Le piège est tendu. Le troupeau est au bord du ravin, qui va y tomber ? Que vont faire les pasteurs ? Les « defensores civitatis » ? La question est superflue ! Ce sera bien sûr encore le « oui », le « oui » modulé. Le « oui » dur des inconscients pour le contrat d’association, le « oui » mou des inquiets pour le contrat simple. Le non, conscient et fier sera l’honneur du petit, oh ! tout petit troupeau de quelques unités.

Dans le grand silence et l’embarras des évêques, une voix s’éléve et limite les dégâts pour son diocèse : Mgr Puech évêque de Carcassonne. Sa note publiée dans sa Semaine religieuse du 20 Août 1960 explique lucidement la nocivité de cette loi, il dit :

« On le voit, une telle conception, de tendance totalitaire, ne reconnaît à l’école libre qu’un rôle momentané de suppléance. Bien plus elle est incompatible avec la notion d’une école chrétienne où la « logique de notre foi » réclame que l’enseignement lui-même soit chrétien, et pas seulement l’éducation.

« Or toutes les dispositions de la loi et des décrets, s’orientent si bien selon cette regrettable perspective, que la première mesure proposée pour « régler les rapports de l’Etat et de l’enseignement privé » c’est l’intégration, c’est-à-dire la disparition de cet enseignement privé… Les écoles chrétiennes préfèrent aux moyens de vivre leurs raisons de vivre. »

Voilà la parole sage et courageuse qui aurait pu, qui aurait dû au cours de ce conflit résonner dans chaque diocèse.

Puis Monseigneur Puech dit pourquoi les évêques ont accordé leur confiance ; parce que, poursuit-il, « Les déclarations du gouvernement à la tribune du Parlement ont expressément promis que seraient respectés dans les classes sous contrat l’autorité du directeur, la liberté des maîtres, le caractère propre de l’enseignement. »

Naïveté, marchandage ou connivence ?

L’évêque de Carcassonne lui, n’accorde pas sa confiance, il donne les directives suivantes pour son diocèse :

« Aucune école catholique ne doit demander l’intégration qui lui ferait perdre jusqu’à sa raison d’être.

« Aucune école catholique ne doit souscrire un contrat d’association, dans l’état actuel des textes législatifs et réglementaires ; les risques sont trop graves de perdre les caractères spécifiques d’un enseignement chrétien et même d’aboutir à une intégration différée. »

Malheureusement l’évêque a cédé pour les contrats simples oubliant que les écoles chrétiennes doivent « préférer, aux moyens de vivre, leur raison de vivre ».

Certes pour ces contrats simples l’ingérence de l’État paraissait limitée. Mais ce droit de contrôle, l’État va en user sur les maîtres payés par l’État, qui vont perdre leur indépendance et vont resserrer leurs liens syndicaux avec leurs collègues de l’enseignement laïc. Le caractère spécifique va se dégrader, les programmes y contribueront largement. En bien des écoles la mentalité deviendra rapidement aussi mauvaise que dans les écoles de Jules Ferry.

Comment l’enseignement catholique s’est-il engagé dans ce système ? Rares sont les établissements qui ont demandé l’intégration. Un nombre important a souscrit le contrat d’association, la majorité a opté pour le contrat simple, très petit fut le nombre des écoles restées libres et pauvres.

Notes :

1 – Henri Wallon, professeur au Collège de France, collaborateur du journal « L’Humanité », ministre de l’Éducation Nationale du Gouvernement Provisoire en 1944.
2 – Membre du Comité Constitutionnel en 1958, il coopéra à l’élaboration de la Constitution de la Vème République.
3 – Evêque auxiliaire de Paris, secrétaire général de l’Action Catholique.
4 – « Documents-Paternité » Mai 1956.
5 – Cf. la révolte de 26 curés nantais en mars 1964 contre leur évêque qui avait rappelé au cours d’une réunion des A.P.E.L.  : « La nécessité d’une école chrétienne… Aujourd’hui comme hier le Magister de l’Église estime que la place normale de l’enfant chrétien se trouve à l’école chrétienne. »

§

Source : civitas-institut.com
Par :  

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 02.01.2018
Dernière mise à jour : 22.01.2018

Mines 1914-1922 : Paternalisme Vs Syndicalisme

MédailleCieMines

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ET LE DÉCLIN DU CONTRÔLE SOCIAL
DANS LES MINES DU GARD (1914-1922)
par Fabrice SUGIER

En 1913, les neuf compagnies minières du Gard forment, avec deux millions de tonnes de charbon extrait et 12 000 ouvriers occupés, le 3ème bassin houiller français (tableau 1).

Nous l’avons étudié en détail dans notre thèse, et nous n’allons nous intéresser ici qu’à un aspect bien particulier, celui du contrôle social. En prenant l’exemple du bassin cévenol, et en choisissant la période 1914-1922, nous voulons essayer d’examiner les conséquences de la situation de guerre et des bouleversements sociaux qui l’ont suivie sur les entreprises et les populations de l’arrière. La problématique exposée, le déclin du contrôle social, peut donc nous permettre d’accréditer ou de tempérer, dans ce cas précis, l’idée de « fin d’un monde » souvent attachée à l’époque du premier conflit mondial. Nous allons d’abord présenter les différents aspects du dispositif patronal de contrôle social à la veille de 1914 ; puis nous tenterons de discerner les tendances d’évolution pendant et après la guerre.

Tableau 1. – Le bassin gardois en 1913 (Archives du Service des Mines à Alès)

Les entreprises minières et le contrôle social avant la Grande Guerre

Le dispositif mis en place par les compagnies cévenoles entre 1840 et 1875 n’est pas très original par rapport à d’autres déjà décrits pour d’autres bassins (Carmaux, Blanzy, Nord-Pas-de-Calais), ou même d’autres industries. Nous nous contenterons donc d’en exposer brièvement la doctrine et d’en décrire les principaux traits.

La doctrine patronale

Communément appelée « paternalisme », elle repose sur deux thèmes majeurs. Tout d’abord, il existe une communauté d’intérêts entre le patron et l’ouvrier. Ainsi, J.-B. Marsaut, dirigeant de la Compagnie de Bessèges de 1859 à 1914, parle du « lien moral d’une aspiration commune à l’ordre, à la tranquillité et à l’harmonie, indispensables au bien de tous entre les ouvriers et la Compagnie qui leur procure le travail ». Le Moniteur des Cévennes, journal financé par la Compagnie de La Grand-Combe, lui fait écho en soulignant la complémentarité des uns et des autres. Les chefs apportent « la haute intelligence » et « l’habile direction », et les ouvriers « l’amour de la paix, de l’ordre et du travail ». Mais convergence d’intérêts ne signifie pas égalité, d’où la mise en avant d’un deuxième thème, celui de la famille, appliqué à l’entreprise. Le directeur est « ce bon père qui nous fait tant de bienfaits » et qui est « préoccupé par l’amélioration constante du bien-être matériel et moral de son personnel ». Il a donc vocation à régir entièrement la vie de son personnel, ses « enfants », dont il est moralement responsable. Les convictions chrétiennes de nombreux chefs d’entreprises minières cévenoles donnent une force particulière à ce thème, après les descriptions tragiques données par Villermé ou Zola de l’état moral des populations ouvrières. Les métaphores sont omniprésentes dans le discours patronal. Elles tournent par exemple autour de la dualité punition-récompense. Ainsi, tout comme ils doivent écarter les mauvaises fréquentations, « les pêcheurs en eau trouble en quête de mandat électif », les dirigeants miniers doivent savoir punir leur personnel. Le renvoi, en cas de grève, est une « leçon de choses, une leçon nécessaire, profitable à tous et salutaire ». En retour, les mineurs qui accepteront ces règles en retireront bénéfice : « Gardez-leur toujours le respect et l’obéissance, vous y trouverez votre récompense plus tard », recommande le dirigeant d’une association aux mineurs, en parlant de leurs « chefs ».

La politique de contrôle social

Au-delà des différences entre compagnies, elle s’appuie sur quatre piliers essentiels.

Un recrutement sûr

La question du recrutement est primordiale : il doit être mené de façon à ce que le nouvel embauché ait le plus de chances de s’adapter aux règles de la « ville-usine »7. Pour ce faire, plusieurs règles sont observées.

Tout d’abord, le recrutement est très localisé. En 1912, en moyenne, 41,5 % des mineurs adultes du fond occupés par une compagnie cévenole sont nés dans les agglomérations où sont installés ces puits ; et 58,7 % dans une commune du bassin. Par ailleurs, 37 % sont originaires des départements ruraux du Massif Central, mais il s’agit là d’un recrutement centré sur quelques cantons, véritables « terres à mineurs ». La carte de la page suivante montre bien qu’il n’y a pas forcément continuité géographique, mais choix de critères religieux. Les cantons marqués par la présence protestante (au sud du bassin, et sur sa périphérie nord : Barre-des-Cévennes, Saint-Germain- de-Calberte, Valgorge…) sont évités, alors que les efforts des compagnies se portent prioritairement sur les hautes vallées de l’Allier et de l’Ardèche, indéf ectiblement attachées à la foi catholique : Langogne, Coucouron, Mont- pezat, Thueyts, Le Cheylard. Au total, sept des dix cantons ardéchois et lozé- riens qui fournissent le plus de main-d’œuvre sont à 100 % catholiques. Plusieurs témoignages oraux (difficilement vérifiables mais concordants) soulignent d’ailleurs le rôle des curés locaux dans le choix des candidats à l’embauche.

Parallèlement, l’étude du fichier du personnel de la Compagnie de La Grand-Combe révèle trois constantes, qui apparaissent comme autant de « précautions » de l’employeur. Tout d’abord, le recrutement est essentiellement familial. Entre 1904 et 1913, 76,1 % des embauchés possèdent un ou plusieurs parents travaillant déjà à la compagnie. L’adaptation est donc plus facile. D’autre part, il est souvent rythmé par les mêmes étapes : première embauche à 13-14 ans (44 % des ouvriers recrutés sur place), puis ré-embauchage tout de suite après le service militaire. Pour tous ces mineurs, l’absence de toute autre expérience professionnelle rend plus aisée leur acceptation des règles relatives au fonctionnement de la mine et de la ville-usine. Enfin, pour tous les autres, la compagnie exige le plus souvent des antécédents à la mine. Entre 1908 et 1912, 82 % des ouvriers embauchés ont déjà travaillé dans une exploitation française, dont 71,9 % à la Compagnie de La Grand-Combe elle-même, ou chez ses entrepreneurs. Ceci doit bien sûr permettre de réduire le nombre des réactions de rejet que l’on rencontre partout à l’égard du travail souterrain, et qui y explique l’ampleur du « turn-over ».

 

Le recrutement des mineurs par cantons, 1912


Les sursalaires et les dépenses de prévoyance patronale

La politique de recrutement essaie de créer des attaches morales ; mais, pour attirer et retenir l’ouvrier, elle se double de l’octroi de divers avantages matériels. Énumérons-les rapidement, car nous les rencontrons dans la plupart des compagnies françaises.

Les suppléments de salaires comprennent, en particulier, les gratifications pour la Sainte-Barbe (un jour de salaire), les primes aux médaillés du travail (un mois de salaire versé par la Compagnie de Rochebelle), les allocations familiales (créées en 1911 à La Grand-Combe : deux jours de salaire en moyenne par enfant au-delà du troisième et par mois, en 1914).

Les avantages en nature sont surtout les allocations gratuites de charbon (16 % des dépenses facultatives à La Grand-Combe en 1914), les logements loués à des prix très inférieurs à ceux des particuliers (725 logements, soit un pour six ouvriers, à La Grand-Combe en 1914, avec 410 jardins).

La fourniture de services de santé prend une place croissante. Toutes les compagnies rémunèrent un service médical, dont l’organisation est calquée sur celle de l’exploitation : un docteur par division à La Grand-Combe, un hôpital par siège d’exploitation à la Compagnie de Bessèges. Les effets de cette politique sont indéniables, puisque le taux de mortalité baisse alors plus rapidement que la moyenne française, le taux de mortalité infantile étant inférieur au taux national dès après la guerre9.

Des secours et des pensions sont assurés aux non-actifs, et ce bien avant les lois sur les caisses de retraites et de secours mutuels. De plus, les compagnies versent diverses aides aux plus démunis. A La Grand-Combe, ce sont « les secours aux indigents du chantier » (1,4 % des dépenses de prévoyance patronale en 1913).

Le contrôle des comportements et des esprits

La compagnie contrôle la vie de la commune où elle s’est implantée. A La Grand-Combe, elle a créé de toutes pièces une ville dont elle a construit et possède tous les aménagements et bâtiments publics : mairie, commissariat, gendarmerie, église, temple, écoles, cimetières… Elle pourvoit d’ailleurs à leur entretien, en payant les fournitures, le mobilier, l’éclairage et les frais de fonctionnement (paiement des agents de police, des fonctionnaires municipaux, des enseignants). Au total, la Compagnie dépense près de 150 000 F à l’entretien de « sa » commune en 1913.

Les dirigeants des compagnies détiennent, jusqu’à la veille de la guerre, le quasi-monopole de la représentation politique. Les directeurs sont également maires de leur commune et conseillers généraux. Et le député de la circonscription est F. de Ramel, actionnaire important de la principale entre-prise, de 1889 à 1914. Au-delà des procédés de fraude, plusieurs types de pressions permettent ce monopole : les libéralités, la pression des personnels d’encadrement (maîtres-mineurs), et le chantage à l’emploi et à la fermeture des mines (comme le fait avec succès le marquis d’Étampes dans le canton de Saint-Ambroix en 1910).

Afin d’affermir et de pérenniser cette domination, les compagnies s’efforcent de contrôler la vie privée de leurs ouvriers. Trois outils sont utilisés. Par le biais de l’école et de l’Église (sermons de la Sainte-Barbe, en particulier), on inculque aux ouvriers ou futurs ouvriers une morale fondée sur le respect de l’ordre établi, l’exaltation du travail, l’acceptation de sa condition. L’instrument associatif est également important. Grâce à diverses associations (musicales, sportives, professionnelles ou d’entraide) créées à l’initiative de la compagnie et contrôlées par elle, celle-ci régit, d’une certaine façon, jusqu’aux loisirs de son personnel. D’une manière générale, peu d’éléments de la vie privée de l’individu vivant dans une cité minière échappent au contrôle de la compagnie qui y est installée. Par exemple, les registres du personnel de la Compagnie de Cessous comportent, pour chaque ouvrier, les rubriques « fréquentation des cabarets » L’ « ordre et économie », « caractère ». À La Grand-Combe, les veuves ne touchent les allocations de la Compagnie que si elles ont « une bonne conduite ».

Toutefois, aux yeux des compagnies, ce contrôle de la vie publique et privée ne peut être efficace que s’il est légitimé et reconnu par l’ouvrier lui- même. C’est le sens des grandes manifestations publiques organisées ou suscitées par les compagnies, et en premier lieu la Sainte-Barbe, fête des mineurs. Le déroulement de celle-ci, minutieusement réglé par un ordre de service, est à la fois affirmation et reconnaissance publique du pouvoir de la compagnie (la présence de chacun y est d’ailleurs absolument obligatoire pour percevoir la gratification). Ainsi, ce jour-là (chômé), à La Grand-Combe, chaque ouvrier doit se rendre au siège de sa division en ordre. Puis il participe à un défilé dans l’ordre hiérarchique de la mine (cadres de la division, médaillés du travail, ouvriers et retraités). Les cortèges de chaque division se retrouvent ensuite, selon un rite immuable, sur la grande place de la ville, sous l’oeil de la direction et d’un représentant du conseil d’administration, avant que tous n’entrent (là aussi dans un ordre précis) dans l’église pour une messe solennelle. Ainsi s’affirme la cohésion du groupe social, en même temps que la primauté de la hiérarchie, même en dehors du lieu de travail.

Un refus de toute contestation

Malgré ces garde-fous, le pouvoir social des compagnies se heurte à plusieurs types d’opposition. Elles y répondent par une double attitude.

Elles refusent toute ingérence dans la gestion de leur personnel. Vis-à-vis de l’administration, la position patronale est inflexible : les pouvoirs publics doivent faire respecter la liberté du travail et l’ordre public, mais non se poser en intermédiaire en cas de différend entre l’employeur et son personnel. En novembre 1910, le ministre du Travail demande au préfet du Gard d’intervenir pour faire rapporter les renvois à caractère politique prononcés à Molières. Mais le préfet lui répond, le 19 novembre, « qu’ayant été sept ans sous-préfet d’Alès… (il est) payé pour savoir qu’on empêche difficilement les Compagnies minières de procéder à des renvois, même malencontreux ». De façon encore plus énergique, les directeurs des mines nient toute représentativité des syndicats, seulement formés, selon le directeur de Bessèges, de « repris de justice » et de « meneurs étrangers au pays ». Ainsi, en juillet 1914, le directeur écrit à son conseil d’administration qu’il n’a pas cédé aux injonctions du préfet : « J’ai insisté, et les autres directeurs m’ont suivi, qu’en aucun cas nous ne voulions connaître la Fédération des Mineurs du Gard et son secrétaire Chapon, et que nous ne connaissions que nos ouvriers et nos délégués-mineurs… et que je m’abstiendrais d’assister à une réunion où la Fédération des Mineurs du Gard serait représentée ». Par conséquent, contrairement à ce qui se passe dans la Loire et le Nord- Pas-de-Calais (depuis 1891), il n’existe pas de conventions collectives signées sous l’égide des préfets.

La répression des « écarts » et des contestations du système est tout aussi rigoureuse. Les renvois frappent individuellement tous ceux qui affichent leur opposition aux valeurs qui cimentent le groupe social : religion, patriotisme, respect de la loi. En 1910, G. Nouguier est renvoyé pour avoir avoué être franc-maçon ; U. Cartier pour avoir participé à une mutinerie à Nîmes ; et J. Veyrenc pour avoir été condamné après avoir été pris péchant à la dynamite. En cas de grève ou de toute autre contestation collective, les mesures sont encore plus spectaculaires. En 1890, sur 7 370 ouvriers appartenant aux compagnies touchées par la grève, 701 sont renvoyés. A La Grand-Combe, en 1897, 1 246 mineurs sur 4 400 sont mis à pied après avoir participé à une série de mouvements. En 1902 puis en 1906, une épuration tout aussi sévère est effectuée à Rochebelle après chaque conflit.

Le dispositif de contrôle social des compagnies minières gardoises s’appuie donc sur quatre principes essentiels : la sélection préalable de l’ouvrier embauché, l’octroi d’avantages matériels pour l’attacher à la compagnie, le contrôle étroit de la vie à l’extérieur comme à l’intérieur de la mine, et enfin la répression de tout écart et le refus de toute ingérence dans le fonctionnement de ce système. Mais, constant dans ses principes, celui-ci n’est pourtant pas immuable dans les faits.

La tendance au déclin dès avant 1914

Tout d’abord, il faut noter que cet encadrement étroit n’a jamais concerné tous les ouvriers. Malgré les efforts des compagnies, environ un tiers des mineurs résident dans les villages ruraux voisins. Ainsi, au prix de longs trajets quotidiens, ils gardent une indépendance beaucoup plus forte vis-à- vis de leurs employeurs, une fois sortis de la mine. Mais surtout, même dans les cités minières, certains aspects parmi les plus spectaculaires du contrôle social disparaissent au début du XXe siècle. Ainsi, la gratification de la Sainte-Barbe n’est plus remise à la sortie de la messe, les mineurs ne sont plus obligés de participer à celle-ci pour la recevoir. Autre exemple : à Bessèges, la prime versée par la Société des Amis de l’Ordre et du Travail n’est plus attribuée en fonction de critères « moraux », mais devient un sursalaire attribué aux ouvriers stables (plus de dix ans de présence à la compagnie). Enfin, en 1914, après la grève de février, les compagnies se montrent beaucoup moins sévères envers leur personnel, puisqu’une vingtaine de renvois seulement sont prononcés dans tout le bassin. A ces divers phénomènes, on peut avancer quatre éléments d’explication.

Le coût

Les débouchés commerciaux des compagnies gardoises sont très limités, et leur aire « naturelle » de vente, la région marseillaise, très attaquée par les charbons anglais. Aussi la hausse du profit global ne peut-elle être obtenue que par une augmentation du profit unitaire, et non par un accroissement des ventes. Le prix de vente étant fixé par la loi du marché, les entreprises ne peuvent donc jouer que sur les coûts de revient. L’effort de compression porte alors sur les dépenses facultatives, en particulier sur celles jugées les plus coûteuses par rapport aux résultats attendus et obtenus. Par exemple, toutes les compagnies renoncent les unes après les autres à encourager à tout prix l’épargne, en faisant fonctionner des caisses d’épargne privées offrant un taux d’intérêt supérieur à celui de la Caisse d’épargne d’État (le double au départ).

La poussée socialiste et syndicale

Juste avant la guerre, plusieurs scrutins politiques et professionnels voient une nette poussée des forces hostiles à la domination patronale. Le résultat le plus spectaculaire est l’élection d’un député socialiste, M. Valette, dans la deuxième circonscription d’Alès, en 1914. D’autre part, en 1910 et 1914, s’implantent dans presque tous les centres miniers des organisations syndicales, dont l’audience croît rapidement après la grève de février 1914.

La déchristianisation

Phénomène quasi général, elle n’épargne pas le bassin houiller gardois, comme en témoignent les plaintes des autorités religieuses, ou la chute de la fréquentation des écoles religieuses (2 315 enfants dans celles de La Grand-Combe à la fin du XIXe siècle, 1 680 en 1911. Ainsi, un des canaux privilégiés de l’idéologie patronale voit se réduire son audience et donc son efficacité.

L’effet des réformes ouvrières

Avec les lois de 1894 sur les caisses de retraites et de secours, de 1898 sur les accidents du travail, de 1909 sur les économats…, les ouvriers sont beaucoup moins dépendants des libéralités ou des réalisations des compagnies. Par exemple, ils ne sont plus obligés de rester toujours dans la même compagnie pour espérer percevoir une retraite.

À la veille de la guerre, le système d’encadrement élaboré par les compagnies depuis plusieurs décennies connaît donc un certain déclin. Mais, en fait, celui-ci est en partie consenti par les compagnies elles-mêmes (compression des charges facultatives) ; et, d’autre part, il ne remet pas réellement en cause leur domination sur les cités minières.

1914-1922 : les tendances d’évolution du contrôle social

La situation de guerre et ses conséquences

Elle est profondément déstabilisante, car elle impose aux compagnies une double ingérence dans la gestion de leur personnel. Cependant, l’évolution n’est pas linéaire.

1914-1916 : le renforcement du pouvoir social des compagnies

Jusqu’en 1916, la situation de guerre paraît affermir le contrôle social des entreprises. En effet, avec le système des mises en sursis d’appel, les compagnies peuvent choisir nominativement les ouvriers retirés du front pour revenir à la mine ; et inversement, y renvoyer ceux qui ne remplissent pas correctement leur devoir de producteur de charbon. C’est, bien sûr, un moyen de pression considérable, qui permet de maintenir à l’écart de l’exploitation la plupart des syndicalistes. D’autre part, la situation générale de pénurie et de vie chère redonne aux coopératives patronales une importance qu’elles avaient perdue avec la loi sur les économats. Fortes de leur puissance financière et dotées d’une monnaie d’échange très recherchée, le charbon, les compagnies peuvent alors beaucoup plus facilement que les détaillants locaux se procurer tous les produits de consommation courante en grande quantité et à meilleur prix. Elles dominent donc à nouveau le commerce dans le bassin. Enfin, le démantèlement des organisations syndicales, lors de la mobilisation, élimine pour un temps de l’entreprise un contre- pouvoir dont la puissance allait en s’accroissant. Ainsi, sur tous ces plans, nous pouvons parler de reconquête provisoire de terrains de contrôle. De plus, jusqu’à la fin de 1916, les dirigeants miniers parviennent à éviter une intervention trop directe des pouvoirs publics dans la gestion de leur personnel. Le déroulement des négociations salariales de 1915 et 1916 en est une bonne preuve. Prenons le cas de la première, qui se déroule entre août et octobre 1915. Face à l’inflation, qui érode les salaires (perte de 20 à 25 % du pouvoir d’achat), les syndicats réclament une hausse générale des salaires. Les compagnies refusant de négocier, les demandes sont centralisées au niveau régional puis national, et appuyées par les élus socialistes et radicaux des régions minières : Valette, Durafour, Bouveri…, tous membres de la Commission des Mines de l’Assemblée nationale. Constatant le blocage de la négociation, les pouvoirs publics interviennent, et en premier lieu M. Sembat, ministre socialiste des Travaux publics. Le 15 septembre 1915, celui-ci demande à l’ingénieur en chef du Service des mines une enquête sur l’évolution des salaires, des prix à la consommation, et des prix de vente du charbon depuis 1914. La réaction des compagnies ne tarde pas. Le lendemain même, la principale d’entre elles, La Grand-Combe, imitée par ses voisines, annonce qu’elle accorde désormais une allocation de cherté de vie. La rapidité de l’intervention montre bien qu’elles ne veulent pas paraître obéir à une injonction. D’autre part, elles tiennent à déterminer elles-mêmes le montant et les modalités des révisions de salaires. Il s’agit d’une prime- temporaire et donc révocable, et non d’une hausse de salaire. D’autre part, cette allocation est mensuelle et proportionnelle aux charges de famille, ce qui permet d’en exclure les ouvriers les moins assidus et de diviser les bénéficiaires. Et ensuite, malgré le mécontentement des syndicats et les nombreuses démarches de l’administration pour faire ouvrir des négociations, les compagnies s’en tiennent strictement à ces mesures et refusent tout compromis. Le même processus se déroule à l’automne 1916. Ainsi, durant cette première partie de la guerre, les entreprises minières tendent plutôt à renforcer leur contrôle sur les populations, en continuant à maintenir les deux autres protagonistes (syndicats et pouvoirs publics) à l’écart de la gestion des personnels.

1917-1918 : L’évolution

1917 voit un renversement complet de cette tendance. Deux éléments peuvent aider à l’expliquer. Tout d’abord, l’accroissement considérable des besoins en charbon (et surtout en charbon français, car la houille importée pèse de plus en plus lourd sur les dépenses de l’État) conduit les pouvoirs publics à généraliser les mises en sursis d’appel. Trois circulaires du ministère de la Guerre des 6 février, 20 mai et 30 juin 1917 décrètent le rappel des classes 1903 à 1912, en même temps que sont assouplies les conditions d’ancienneté à la mine (circulaires du 25 décembre 1916 et du 10 juin 1917). Ainsi, fin 1917, les sursitaires représentent-ils dans le Gard plus de 80 % des effectifs du fond. Or, selon les termes de la loi de 1899 qui régit la mobilisation, les pouvoirs publics doivent contrôler les conditions de travail et de salaires des ouvriers retirés du front pour être affectés à l’arrière.

Ce droit de regard n’en prend donc que plus d’importance. Mais ce n’est sans doute pas l’élément primordial. Celui-ci est sans doute à rechercher dans la dégradation rapide du climat social. Dans le bassin cévenol, la montée du mécontentement est nettement perceptible à travers les plaintes face à la vie chère, à la spéculation, au rationnement, qui contrastent avec l’augmentation des profits. Même si la corporation reste jusqu’au printemps 1918 à l’écart des grands mouvements de grève, elle est très majoritairement prête à une cessation générale du travail. Ainsi, dans le Gard, dès la fin novembre 1917, tous les syndicats miniers consultés par leur Fédération nationale se prononcent à la quasi-unanimité en faveur de la grève générale, si des augmentations de salaires ne leur sont pas accordées. Pour le pouvoir, la menace est grave. L’arrêt de la production de charbon paralyserait l’économie de guerre et menacerait donc la défense nationale. D’autre part, dans un contexte européen d’agitation, l’entrée dans la lutte d’une corporation aussi importante que celle des mineurs ferait craindre que le pays ne tombe dans une situation révolutionnaire comme la Russie.

Au printemps 1917 se déclenche la première vague importante de grèves depuis 1914 : 18 conflits et 2 808 grévistes en France en avril ; 285 et 76 207 en mai ; 285 et 108 801 en juin. Le Gard n’y échappe pas, avec de multiples mouvements à Nîmes, et une agitation croissante chez les mineurs et les métallurgistes. Tel est le cas dans la plupart des bassins houillers, puisque le congrès de la Fédération nationale du Sous-Sol, réunie à Paris les 17 et 18 juin 1917, agite pour la première fois la menace d’une grève générale corporative du sous-sol si une augmentation générale de 1,50 F à 2,00 F par jour n’est pas accordée. Les élus socialistes et radicaux de la Commission des Mines, qui essaient depuis le début du conflit d’imposer une intervention publique dans la gestion économique et sociale des charbonnages, saisissent alors l’occasion. Le 19 juin, Valette, député du bassin gardois, invoquant les devoirs du gouvernement vis-à-vis des sursitaires, dépose un projet de loi qui reprend purement et simplement les doléances salariales de la Fédération du Sous-Sol. Cette initiative joue alors comme repoussoir. Le 21 juin, le Comité central des Houillères écrit aux compagnies : « Nous sommes dans une période extra-normale et menacés d’une intervention législative imminente qu’il faut tout faire pour éviter » 19. Pour éviter d’institutionnaliser un droit de regard parlementaire, il demande donc aux exploitants d’accepter et de conclure rapidement la négociation avec les syndicats sous l’égide des pouvoirs publics. À Alès, la réunion qui se tient le 25 juin à la sous- préfecture est sans précédent. Pour la première fois, les dirigeants des compagnies acceptent de discuter des salaires avec l’administration et les représentants du personnel. Lombard, directeur de la Compagnie houillère de Bessèges, en est bien conscient : « Après avoir examiné la question sous toutes ses formes, nous avons dû accepter, nous avons fait une triste et pénible besogne… en un mot et pour résumer, nous sommes entamés par la Fédération du Sous-Sol ».

De juin 1917 à décembre 1918, cette double ingérence ne fait que s’amplifier. Le dispositif de contrôle social patronal en est affecté d’une double façon.

De plus en plus, les négociations se déroulent à Paris entre le gouvernement, les dirigeants de la Fédération du Sous-Sol et le Comité central des Houillères. Ainsi, durant la négociation qui se prolonge de novembre 1917 à février 1918, aucune démarche n’est entreprise par les syndicats cévenols, et aucune compagnie n’annonce de mesure salariale. Même les modalités d’application de l’accord national sont soigneusement déterminées par les circulaires du Comité central des Houillères, comme celles du 14 janvier 1918 sur le paiement des indemnités de cherté de vie, et du 9 février 1918 sur les bordereaux de salaires. Ainsi se trouve altérée l’image de la ville- usine se suffisant à elle-même, et celle de la « famille » vivant en harmonie et refusant tout « étranger ».

D’autre part, l’intervention publique et syndicale dans la gestion des personnels est institutionnalisée par la création, dans chaque bassin, de commissions mixtes locales (31 janvier 1918) et régionales (24 septembre 1918). Jusqu’à l’armistice, ces commissions paritaires sont chargées de rédiger les bordereaux de salaires et d’orienter leur révision.

En 1914-1916, la situation particulière de guerre n’a pas affecté, pour l’essentiel, le dispositif de contrôle social. Elle lui a redonné une certaine vigueur dans certains domaines. Mais à partir de 1917 la nécessité de maintenir l’ordre public impose au gouvernement de compléter sa législation en matière économique par une intervention dans le domaine social. Celle-ci n’est au fond que la conséquence logique des dispositions légales régissant la mobilisation et les mises en sursis d’appel. Mais elle apporte un changement considérable dans le Gard, où il n’existait aucune expérience véritable de négociation. Ainsi s’effondre, au moins pour un temps, le quatrième pan de la politique d’encadrement social, le rejet de toute ingérence.

L’après-guerre : 1919-1922

Les conséquences de la guerre sur le contrôle social ne se font pleinement sentir que dans les années suivantes, avec l’émergence de nouveaux comportements sociaux et de nouvelles nécessités économiques.

Le problème de la main-d’œuvre

La politique de recrutement, premier volet du dispositif patronal, est ébranlée par deux phénomènes : l’accroissement de la mobilité et le tarissement du recrutement rural.

Les vides créés par la guerre (disparition de 10 % de la population active, nombreux mutilés) suscitent chez les survivants une aspiration vers le haut : fonctions de maîtrises, industries nouvelles à hauts salaires (construction mécanique, automobile, industrie électrique…). De plus, le fort appel de main- d’œuvre dans les régions à reconstruire du Nord et de l’Est contribue à créer un déséquilibre dans les rémunérations. Fin 1921, le salaire moyen journalier d’un piqueur cévenol est de 19,04 F, soit 26,5 % de moins que dans le Nord-Pas-de-Calais (25,90 F). Par conséquent, la mobilité s’accroît. Si nous la mesurons par un taux ainsi calculé :

entrées + sorties pendant l’année n
effectifs au 31/12/n + effectifs au 31/12/n- 1

nous obtenons 21,2% en 1913 (taux record jusque-là), mais 42 % en 1920, 46,5 % en 1921, 52,4 % en 1922. Ainsi, en théorie, le personnel peut se renouveler en deux ans. De plus, le phénomène ne touche plus seulement les manœuvres, mais également les ouvriers qualifiés : la Compagnie houillère de Bessèges perd 17,2 % de ses piqueurs entre 1919-1922, contre 7,1 % en 1909-1912.

Souci majeur des exploitants, le tarissement du recrutement rural est attesté par de multiples témoignages. Ainsi, le directeur de La Grand-Combe estime que « le recrutement normal, dans la Lozère et dans l’Ardèche particulièrement, a été considérablement réduit par suite des vides creusés par la guerre dans les populations, et par les effets de la prospérité de l’agriculture ». De même, les migrations saisonnières, qui constituaient un des apports principaux en main-d’œuvre, diminuent très sensiblement. La conjonction de ces deux phénomènes suscite une pénurie de main-d’œuvre plus forte que jamais. Comme dans tous les bassins houillers, les compagnies cévenoles se tournent alors vers la main-d’œuvre étrangère. 938 immigrés vivaient dans l’arrondissement d’Alès en 1911 ; ils sont 3 825 fin 1921, et 8 479 fin 1923. A cette date, ils représentent environ 20 % des effectifs gardois.

L’hémorragie des effectifs est stoppée, mais au prix du sacrifice (difficilement consenti par les exploitants) du premier fondement du contrôle social : un recrutement localisé et familial sur quelques terres catholiques. Et, par là-même, il devient beaucoup plus difficile d’inculquer à une partie croissante du personnel les valeurs qui cimentaient le groupe social.

L’évolution des mentalités

Bien que difficile à cerner sur une aussi courte période, elle est aisément perceptible. De nombreux contemporains notent une aspiration à un mieux- vivre, à un délassement après quatre années de guerre et de vie très dure : augmentation du temps de travail, rationnement, pression du contrôle militaire… Ainsi, le sous-préfet parle du « désir de détente physique et morale éprouvé par tous » et de la volonté d’une « vie heureuse, facile et sûre ». F. Lyon, secrétaire du syndicat catholique de La Grand-Combe, en montre bien les conséquences sur les mentalités, en particulier chez les jeunes : « Deux seules choses les animent dans ce chaos : l’amour des sports et les choses immorales (cinéma, dancing). Celui de la famille, du respect de l’obéissance et du travail, a complètement disparu ». D’autre part, les années 1919-1920 voient se développer un très fort élan d’émancipation vis-à-vis de la domination politique des compagnies. Dès 1919, toutes les municipalités sont socialistes, sauf La Grand-Combe qui le devient en 1925. De même, lors des élections professionnelles, les candidats proches des directions sont écrasés par leurs adversaires de la C.G.T. Tous ces phénomènes révèlent clairement aux dirigeants des compagnies que les valeurs qu’ils prônent sont devenues étrangères et même intolérables à un grand nombre d’ouvriers : primauté de la hiérarchie à l’intérieur comme à l’extérieur de la mine, reconnaissance publique par les ouvriers de leur allégeance, respect strict de la morale. La défense à tout prix de ces valeurs ne pourrait donc se faire que par une répression accrue. Or, celle-ci est impensable, dans une période d’agitation sociale grave, et à un moment où la main-d’œuvre professionnelle est très rare. Aussi les compagnies renoncent-elles aux aspects les plus coercitifs et les plus répressifs de l’encadrement des comportements, c’est-à-dire au troisième volet de leur dispositif de contrôle social. Le meilleur symbole en est sans doute la transformation de la Sainte-Barbe : le défilé organisé par la compagnie est supprimé, tout comme le rassemblement sur la place principale et la cérémonie des discours patronaux. Cette journée devient alors une fête comme les autres, sans doute plus brillante, mais désormais sans aucune « mise en scène » ni légitimation.

Le problème du coût

Le problème chronique des débouchés devient encore plus aigu après le retour à une économie de marché, et avec le développement des produits de substitution. Aussi la compression des coûts de production redevient- elle une nécessité vitale, même après deux vagues de baisses des salaires en 1921 et 1922. Les dépenses facultatives s’en trouvent forcément affectées, comme le montre l’exemple de la Compagnie de La Grand-Combe (tableau 2). Les sursalaires en numéraire paraissent les plus visés. Par exemple, les gratifications distribuées le jour de la Sainte-Barbe sont les mêmes qu’en 1914, c’est-à-dire qu’elles ont perdu les trois quarts de leur valeur réelle. Ainsi, même si les avantages concédés demeurent importants, le deuxième volet du dispositif de contrôle social, le sursalaire, n’est pas épargné par les conséquences de la guerre.

Tableau 2. – Dépenses patronales de « prévoyance à titre gracieux », Compagnie de La Grand-Combe (A.D. Gard, 18 J 804-813)

La réaction des compagnies

Le déclin des formes traditionnelles de contrôle social ne signifie pas que les compagnies renoncent à intervenir sur ce terrain. Seulement, elles adaptent leur politique ouvrière aux nouvelles données économiques et sociales.

Elles s’efforcent, en priorité, de retrouver leur liberté pleine et entière en matière de gestion salariale, et plus généralement de conditions de travail. Ainsi, le 14 juin 1921, le Comité central des Houillères écrit au gouvernement que les exploitants refuseront désormais de siéger dans les commissions mixtes chargées de réviser les bordereaux de salaires. A l’intérieur même de l’entreprise, les dirigeants miniers entendent donc bien revenir aux pratiques d’avant-guerre, et refermer la parenthèse des institutions paritaires.

À l’extérieur de la mine, il n’y a pas une mais deux politiques ouvrières. Vis-à-vis de la main-d’œuvre immigrée, les compagnies pratiquent une politique de surveillance très stricte. Celle de La Grand-Combe, en particulier, s’emploie à recréer pour chaque colonie étrangère une sorte de milieu national, dans des cités construites à l’écart des agglomérations (Combe-Ferral à Saint- Jean de Valériscle, pour les Polonais). L’octroi d’avantages importants (logements de bonne qualité et approvisionnement à prix réduit, école spéciale…) a pour contrepartie l’exigence d’un comportement irréprochable. Le moindre écart de conduite ou toute attitude d’opposition politique ou syndicale à la compagnie est alors immédiatement puni de renvoi. Ainsi, vis-à-vis des étrangers, le dispositif patronal de contrôle social est régi par les mêmes principes que celui pratiqué à l’égard des autochtones jusqu’en 1914. Le changement est donc surtout sensible vis-à-vis de ces derniers. En effet, les compagnies orientent alors leur politique vers le soutien aux sports et aux loisirs. Avant 1914, elles subventionnaient déjà des activités de ce type, mais celles-ci étaient très minoritaires par rapport aux associations religieuses, patriotiques ou d’entraide. Après 1919, le gonflement spectaculaire des dépenses engagées pour les clubs sportifs, les harmonies musicales montre bien leur volonté de prendre en compte et d’utiliser à leur profit le désir de détente physique et morale (tableau 2). Ainsi, à La Grand-Combe, l’entreprise soutient dix clubs sportifs : deux de football, un de boxe, d’escrime, de sport taurin, de cyclisme, de course à pied, de tir, d’athlétisme et de basket. Elle réalise pour eux d’importants travaux, comme l’aménagement du stade de l’Impostaire ou la transformation de l’ancienne usine à zinc en gymnase. Enfin, elle paie tous les frais de fonctionnement : salle, chauffage, éclairage, transport des équipes. Au total, alors que les dépenses facultatives de prévoyance patronale globales ont diminué de 19 % entre 1919 et 1922, celles relatives aux sports et aux loisirs ont progressé de 238 %. Il s’agit alors de retenir les ouvriers dans le bassin en essayant de créer le mieux-vivre auquel ils aspirent, sans pour cela engager des dépenses trop lourdes en matière de salaire ou de logement. En tout cas, cette inflexion de la politique patronale est bien perçue par les syndicalistes comme une stratégie de contrôle social. Par exemple, en juillet 1922, I. Michel, délégué-mineur et maire communiste du Martinet, apostrophe ainsi ses concitoyens : « Rejoignez votre syndicat au lieu d’aller flanquer des coups de pied dans la lune, dans votre société de football où vos maîtres ont su si bien vous embrigader, au lieu d’aller entendre des auditions de musique que vous fait donner la compagnie pour tromper votre faim.»

L’examen du bassin cévenol entre 1914 et 1922 peut nous livrer deux leçons. Tout d’abord, le dépérissement du système patronal de contrôle social mis en place au milieu du XIXe siècle est amorcé avant la guerre ; mais celle- ci l’accélère très fortement dans tous ses différents aspects. D’autre part, ce déclin ne signifie pas que les entreprises renoncent à l’encadrement des populations ouvrières hors du lieu de travail. Ceci est aussi bien sensible vis-à-vis des mineurs français qu’à l’égard des ouvriers étrangers. Toutefois, le changement est fondamental. Auparavant, les dirigeants miniers essayaient d’imposer leurs idées et leurs références morales à leur personnel. Celles-ci n’ont pas changé après la guerre, mais désormais les compagnies doivent tenir compte de l’évolution des mentalités de leur personnel, et l’accepter.

§

Source : Persee.fr (version annotée)
Par : Fabrice Sugier, auteur d’une thèse sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier dans les mines de charbon du bassin d’Alès, 1914-1922.
(1990), Fabrice Sugier poursuit ses recherches sur les mineurs du Gard pendant la Seconde Guerre mondiale.

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 31.12.2017
Dernière mise à jour : 31.12.2017

La Grand-Combe après la mine, 1995

LGCvueGenerale1.JPGLA GRAND-COMBE

Voici un texte écrit par une professeure à l’École d’architecture de paysage (Université de Montréal, Québec, Canada) dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est particulièrement pessimiste et terriblement réductrice. Mais bon … c’est un point de vue intéressant pour le débat du re-nouveau de La Grand-Combe, ville qui n’a pas cessé, depuis son existence, de relever les défis.

Paysage de mine, paysage miné –
Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait)

Depuis la fermeture des puits en 1985 [1993/2001, NdE], la vie locale de la Grand-Combe, petite ville minière située à une quinzaine de kilomètres d’Alès, est fortement marquée par la crise économique. Le nombre d’habitants (environ 6 500 en 1993) est en déclin, avec une forte proportion d’anciens mineurs à la retraite et de chômeurs.

La configuration du lieu en fait un isolat géographique, enclavé au pied des Cévennes, éloigné des axes de circulation principaux qui relient Alès, Montpellier, Nîmes. C’est aussi un isolat culturel, un microcosme créé pour l’exploitation du charbon au milieu du XIXe siècle. Le déclin de l’activité de la mine est lisible dans l’ambiance de la ville et de ses alentours. Les nombreuses façades aux volets fermés, le rythme de vie ralenti créent une atmosphère engourdie. Au cœur de la ville, les bâtiments de traitement du charbon ayant été récemment détruits, le site du Puits Ricard forme aujourd’hui une friche de 30 hectares s’étendant jusqu’à la gare, béante, grise, fermée au nord par une haute colline de remblais.

  Photo J. Epstein : Mine dans le paysage.

Tout autour de la ville, des vestiges rouillés d’infrastructures industrielles et des éléments de bâtiments en briques rougeâtres parsèment le paysage qui est asséché, avec des terrils qui se consument encore, vers Champclauson, entrecoupé de remblaiements. Le remblai plus visible est celui qui recouvre l’ancien petit village de la Forêt, jouxtant la Grand-Combe juste au nord du site du Puits Ricard. Des pans entiers du paysage sont enfouis sous de tels amoncellements de pierres grises, accumulés à mesure que furent creusées les galeries et lentement reboisés avec des plantations de pins. (Photo J. Epstein.)

Un site façonné par la mine

L’aspect désolé de ce lieu est le résultat de l’activité ancienne de la mine, au moins autant que la conséquence de son arrêt. Les marques du déclin économique sont si fortes qu’on a tendance à oublier que la détérioration du site avait commencé pendant le fonctionnement de la mine. Les terrils, la destruction d’hectares de forêts de châtaigniers remplacés par des pins, l’assèchement de sources et les remblais dus au creusement des galeries se firent dans la durée, lentement. Cette altération se poursuit avec la mine à ciel ouvert par laquelle les Houillères ont remplacé l’exploitation des mines de fond depuis quelques années, étendant les détériorations en amont de la friche industrielle, vers Villefort.

Mais le déclin économique et la diminution du nombre d’habitants depuis la fermeture des puits de fond, jouent aussi un rôle déterminant dans cette évolution. Tant que la Grand-Combe était peuplée et active, les effets destructeurs de la mine s’accompagnaient en effet de pratiques d’appropriation de cet espace par les mineurs, notamment la culture des jardins. Les deux façons dont la mine s’était inscrite dans ce lieu (appropriation créatrice individuelle et collective avec les jardins ; action destructrice globale de l’industrie) formaient une dynamique qui a maintenu pendant longtemps une relation d’équilibre entre le sauvage, la nature cultivée et l’industrie. On peut faire l’hypothèse que les actes de façonnement de ce territoire par les mineurs jouaient un rôle dans le maintien de cet équilibre, aux plans esthétique, morphologique, biophysique et surtout symbolique, influant sur la perception que les habitants avaient de cet espace. Cet équilibre est maintenant rompu ; un certain seuil de détérioration du site par l’industrie semble avoir été dépassé. Aujourd’hui, le déclin des gestes d’appropriation laisse une place prépondérante à l’enfrichement, à l’action destructrice de la mine à ciel ouvert, à l’assèchement et aux ravages causés par les feux. Les actes de façonnement du paysage disparaissent, donnant à voir un pays de plus en plus vide, où la présence des mineurs est de moins en moins visible.

La manière dont les pratiques disparues, les usages encore vivaces, les traces d’anciennes coutumes encore lisibles dans le territoire sont évoqués, décrits, montrés par les anciens mineurs éclaire cette dynamique du déclin. Descriptions et observations permettent de cerner les mutations du rapport entre gestes créatifs et destruction globale du site ; elles révèlent comment est perçue la relation entre le paysage d’ensemble et ses détails ; elles soulèvent aussi des questions sur le changement de statut des mineurs qui passent du rôle d’acteurs à celui de spectateurs des transformations de cet espace, et sur l’évolution de leurs représentations d’un lieu qui, autrefois vécu et approprié, devient aujourd’hui un paysage dont ils perçoivent l’inéluctable dégradation.

Les jardins

Le complexe minier s’est incrusté dans les reliefs accidentés du milieu rural et montagnard cévenol. La plupart des habitants des collines autour de la ville ou des anciens villages cévenols intégrés dans le « périmètre minier » de la Grand’Combe étaient à la fois paysans et mineurs. Les tâches étaient parfois réparties entre la femme qui entretenait le jardin et l’homme qui travaillait à la mine, mais dans bien des cas hommes et femmes étaient employés par la mine et entretenaient le jardin après leur journée de travail. Les jardins étaient situés soit autour des maisons, sur des terrains plats ou en terrasse, soit sur des lots beaucoup plus éloignés de l’habitat principal, le long des chemins des galeries ou dans des prairies. Dans l’évocation de ce que fut ce lieu du temps de l’activité de la mine, ce sont des images de verdure idyllique qui ressortent, images idéalisées de l’époque où la Grand-Combe et ses alentours étaient habités, « vivants », contrastant fortement avec le site actuel décrit comme « vide, triste, sombre, mort ». Ces jardins sont aussi décrits comme les symboles d’une abondance passée, avec leurs récoltes qui assuraient bien plus que l’auto-subsistance de chaque famille, certaines productions étant régulièrement vendues entre voisins. On évoque aussi le marché de la Grand-Combe qui rassemblait – et qui rassemble encore dans une moindre mesure – les mineurs, les paysans-mineurs et les paysans venus des parties plus éloignées des Cévennes.

Les descriptions et l’observation des jardins révèlent aussi des éléments dont on parle moins : la façon dont la mine y était inscrite avec des objets miniers récupérés et « détournés » pour la culture des légumes ou comme objets décoratifs. Ce type de réappropriation est plus évident dans les petites communes autour de la ville, où le nombre de « petits jardins » potagers et d’agrément était autrefois très important. Mais elle existe aussi dans les jardins situés dans la Grand-Combe, sur les collines au-dessus de l’ancien site de la centrale de la Pise. La plupart des objets réutilisés dans les jardins étaient encombrants, lourds, le plus souvent rouillés, tordus, et en très mauvais état. Il s’agit le plus souvent de « rails, ferrailles, tiges de fer biscornues ». (Taurines, Cammarata 1988) Ces différents matériaux étaient le plus souvent réutilisés pour la confection de tonnelles. Les anciens rails qui servaient à la progression des berlines dans les galeries étaient utilisés comme piliers ou comme armatures pour le soutien des grillages, pour les poulaillers ou les clapiers ou pour confectionner des clôtures. Les anciennes boiseries en pin étaient réutilisées pour construire des réduits et des garages. Des objets isolés étaient aussi réutilisés, de façon plus décorative : berlines servant de bacs à eau pour l’arrosage, morceaux de charbons mis en évidence dans une partie du jardin.

Ces pratiques de réappropriation s’apparentent à celles des milieux ouvriers ; c’est « la perruque » dont parle de Certeau (1980 : 68-74). Elles donnent à la culture utilitaire des jardins une dimension créatrice, personnelle. Cependant, ces « détournements » sont peu pensés en termes esthétiques et restent très étroitement liés à des fonctions utilitaires. Ils reflètent autant une relation de dépendance vis-à-vis de la mine qu’une créativité individuelle librement réappropriée. Les anciens mineurs parlent peu des conditions de récupération de ces objets, où se lit la dépendance dans laquelle ils vivaient : les petits lopins de terre cultivés en jardins avaient souvent été loués ou vendus par la mine, la réappropriation et la réutilisation des objets avaient même été codifiées par les Houillères, chaque mineur achetant à bas prix sa part de ferrailles au cours de ventes s’effectuant régulièrement. Par cette récupération, comme par les autres conditions de la vie quotidienne (logement, éducation, soins…), « le mineur, peu à peu (…) s’instituait comme membre de la famille minière ». (Taurines, Cammarata 1988)

L’ambivalence entre réappropriation et dépendance semble expliquer la discrétion de ces marquages, leur absence d’ostentation. Quand ils étaient entretenus, les terrasses et jardins cultivés constituaient dans le territoire des fragments de nature verdoyante, parfaitement visibles, mais les détails du marquage des jardins n’étaient pas perceptibles de loin. Hormis quelques rares cas de mise en scène d’éléments bâtis de la mine (anciens puits entourés de fleurs), ces jardins dénotent l’inscription de la mine de façon ponctuelle, comme en pointillé. Les objets, comme la berline ou le morceau de charbon, peuvent être montrés avec fierté, mais la lecture de ces ensembles d’inscriptions n’était possible que par un regard rapproché, en nuances et vues de près. Les jardins étaient habituellement faits par les mineurs en prévision de leur retraite. Pour les retraités, de moins en moins nombreux, qui continuent à les entretenir, la présence des marques d’appropriation contribue encore à donner un sens « minier » à cet espace, avec toutes les ambivalences et les contradictions de la mine – valorisation/dévalorisation, fierté/dépendance. Mais cette lecture est bien plus elliptique qu’elle ne fut. Ces marques, ces repères sont de plus en plus ténus dans le paysage. Les terrasses et les jardins abandonnés, le « retour à la nature sauvage » et l’enfrichement qui « assombrissent » le lieu sont évoqués comme une évolution inévitable.

L’action destructrice de la mine

Certains usages de la nature (promenades en forêt, cueillette de champignons, baignades), qui ont toujours eu de l’importance, donnent aujourd’hui au mineurs un statut de témoins de l’action destructrice de la mine.

L’évocation des promenades en forêt autour de la Grand-Combe est le prétexte à décrire des coins de nature où on se réunissait l’été, « au frais » ; ce sont des lieux valorisés, comme les jardins, pour leur verdure et la présence de l’eau. Ces lieux, situés à l’intérieur du « périmètre minier », sont tout proches de la ville, mais cachés, « dans la forêt » ou le long du Gardon. Dans certains cas, l’usage « récréatif » et l’agrément contemplatif du lieu s’accompagnaient et s’accompagnent encore de gestes d’appropriation. Juste au-dessus de la Grand-Combe, vers le lieu-dit La Forêt, des cabanes et des bancs ont par exemple été construits de façon tout à fait sommaire par des familles maghrébines qui viennent encore s’y réunir et célébrer des fêtes. Mais si certains de ces usages sont encore vivaces, la plupart des lieux évoqués ont disparu, enfouis sous les remblais de la mine. Les anciens lieux de promenade maintenant recouverts de pierres sont décrits comme ayant été des oasis jadis « frais, verts, avec des sources ».

Au-delà de l’idéalisation propre à la mémoire, les anciens mineurs décrivent des souvenirs précis de ruisseaux, de chemins, avec maints détails sur la disparition d’espèces animales, de plantes, de sources. Ces lieux sont ceux devant lesquels ils passent chaque jour depuis plusieurs décennies, dont ils connaissent les détails, dont ils ont vu les plus petits recoins disparaître. Ils montrent aussi des coins de nature ou des lieux-dits qui sont encore visibles, mais déjà inaccessibles, et dont on sait qu’ils seront bientôt enfouis par la mine à ciel ouvert, dans le creux de la combe. C’est le cas notamment du petit village de Notre-Dame de Laval, en contrebas du Mas Dieu, où se trouvaient de nombreux objets miniers réutilisés dans le cimetière et l’église. Ces repères sont de plus en plus réduits, encerclés par la mine à ciel ouvert ou déjà enfouis. Les derniers indices des coutumes associées au mode de vie minier sont dominés par l’image d’ensemble de la dégradation.

En décrivant ainsi ces détériorations, les mineurs montrent une conscience fine des transformations de leur espace, jusque dans ses composantes écologiques. Cette observation consciente est d’ailleurs devenue une conscience paysagère, qui semble née de la déprise industrielle, et de l’évolution de leur statut. Autrefois acteurs des transformations de cet espace, ils ne sont plus aujourd’hui que les spectateurs de ce qui devient dès lors un paysage. Mais ils révèlent aussi leur impuissance face à ces mutations. Cette absence de « prise » (Berque 1992) sur le devenir du paysage n’est pas spécifique à cette situation, mais ici le fatalisme et le sentiment d’impuissance sont peut-être accentués par l’ambivalence créée par la mine, les anciens mineurs ayant participé malgré eux, par leur travail, à ces détériorations dont ils perçoivent aujourd’hui les conséquences visuelles et écologiques.

Deux autres points sont importants à relever. Pendant l’activité de la mine de fond les mineurs voyaient la nature se détériorer lentement et les coins de nature disparaître peu à peu. Or, c’est seulement depuis la fermeture de la mine que le déclin est perçu comme irréversible (???, NdE]. Il semble donc probable que pendant l’activité de la mine, la perception des détériorations globales du paysage, à laquelle s’ajoutait la perception des nuisances dues au traitement du charbon, étaient compensées par la vitalité de la culture quotidienne. Dans le même sens, le rôle de l’appropriation d’objets de la mine dans les jardins peut être interprété comme un palliatif, ou encore un antidote, à l’action destructrice de la mine. Créer et décorer des zones de verdure avec les objets de l’industrie qui la détruisait peut avoir été pour les mineurs une façon d’annuler symboliquement les actions destructrices, dont ils n’étaient pas les « décideurs », mais auxquelles ils participaient.

Mais la signification des gestes d’appropriation qui se construisaient à travers un bricolage de valeurs et de connaissances, ne saurait se réduire à cette seule fonction symbolique. Cette interprétation laisse ouverte en particulier la question du rôle concret des gestes de réappropriation dans la formation morphologique et esthétique du territoire, dans sa dynamique biophysique. La compréhension des significations culturelles de ces gestes gagnerait à être complétée par une analyse de leur rôle physique et « écosystémique », par une étude reliant ethno-botanique, géographie et écologie. Il serait notamment important de connaître leur apport dans le maintien des ressources en eau, analysant en quoi l’entretien des jardins jouait un rôle dans l’irrigation des terres, en quoi leur abandon a contribué à l’assèchement.

Absence d’ostentation et authenticité

L’importance de la proximité du regard, dans le marquage des jardins, dans les promenades, dans l’observation des détails de leur espace, semble laisser croire que les anciens mineurs aient été et seraient encore étrangers à la notion de paysage comme ensemble visuel cadré, vu de loin, hérité de la tradition picturale. Or, même si les « vues de près » semblent prédominantes, il serait simpliste de réduire leurs formes de regard actuelles et passées à ce seul registre. Comme dans toute perception, le rapport au paysage se jouait et se joue dans une imbrication complexe de vues proches, lointaines, d’images cadrées, mobiles, d’ambiances. C’est l’« expérience variée » dont parle Wittgenstein (1958), la dynamique « phénoménologique » de la perception dont les interactions sont aussi denses que celles du bricolage de sens par les gestes (Epstein 1984).

Par contre, il est une caractéristique qui semble spécifique à cette situation : l’absence d’ostentation dans leurs manières de parler du site. Cette absence d’ostentation que nous avions relevée dans le marquage des jardins, se manifeste tout particulièrement par une quasi-absence de représentations picturales de l’espace et par une résistance de la part des anciens mineurs à la mise en spectacle du paysage. Il y a une volonté tacite et parfois clairement énoncée de ne pas « mettre ce lieu en paysage », de ne pas en faire un objet de consommation.

Les anciens mineurs connaissent bien, soit par les médias, soit par les actions de requalification qui ont pris place à la Grand-Combe même, les discours institutionnels qui ont aujourd’hui cours sur la « mise en paysage » des espaces (Lizet 1991 ; Cloarec, de la Soudière 1992). Les projets de réaménagement du site minier s’appuyaient sur la nécessité d’un changement d’image du site, d’une mise en valeur de son paysage, d’un développement du tourisme comme alternative à la mine. Mais ces tentatives de requalification n’ont trouvé aucun écho chez les anciens mineurs et se sont soldées par un échec. Cette situation est tout à fait différente de celle d’autres régions en crise (zones post-industrielles ou rurales) où certains chercheurs ont relevé une « intériorisation », par les habitants, de modèles paysagers valorisés dans le cadre du tourisme, et qui finissent par coexister avec les modes anciens de représentation de l’espace (Cadiou 1991). Ici, le devenir du site continue à être associé à la détérioration, à la toute-puissance de la mine, maintenant à ciel ouvert. La mise en valeur de tout « potentiel touristique » est dévalorisée ; ils n’y croient pas. [???, NdE]

Judith Epstein

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Source originale : books.openedition.org
Consultez la source : plus complète (notes, références …)
Titre original : Paysage de mine, paysage miné – Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait, p.123-133)
Editeur : © Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1995
Auteure : Judith Epstein, professeur à l’École d’architecture de paysage, Université de Montréal, Québec, Canada.

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Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

La Grand-Combe 1881, mineurs en grève

à La Grand’Combe dans le bassin minier du Gard en 1881

1 triage la grand combePhoto : vue générale des charbonnages de La Grand’Combe.

Extraits …

Le pasteur Draussin et la grève de 1881 à La Grand-Combe

Le pasteur Hippolyte Draussin (1845-1929) est un enfant du pays, un Cévenol, né à Alès. Il a fait ses études de théologie à la faculté de Montauban, qu’il a terminées en 1867 et devenu pasteur de l’Église réformée.

En décembre 1881, une grève est déclenchée à la Grand’Combe puis elle s’étend à Bessèges pour une hausse salariale. Il s’agit de l’une des premières grèves dans les mines du Gard (4). Le pasteur Draussin, qui ne réside plus dans le Gard, rédige alors un article où il exprime son opinion sur les conditions de travail à la mine. Il ne précise pas les causes immédiates de la grève, mais donne des informations générales sur le travail des mineurs qu’il connaît bien et analyse leurs rapports avec la Compagnie pour les lecteurs de son journal.

Article de L’Église libre relatif à la 1ère grève importante à La Grand’Combe (1881)

« Une grève a éclaté dans le bassin houiller de La grand’Combe (Gard) qui emploie plus de 4 000 ouvriers. Il faut avoir vu de près ces rudes populations de mineurs, dont la vie se partage entre le labeur pénible et périlleux des galeries souterraines et les loisirs d’un foyer domestique généralement sombre, malpropre, étroit où tous les objets sont imprégnés de charbon, – pour savoir quelle sympathie elles méritent et quelle indulgence a droit leur manque d’éducation, nous pourrions presque dire leur grossièreté.

Conduites à la baguette (nous ne disons pas partout mais dans la plupart des bassins), traités comme un troupeau par les Compagnies d’exploitation, qui exigent d’elles non seulement l’assiduité au travail et la docilité aux ordres des chefs (cela est de strict droit), mais la servilité politique ou religieuse, et qui jettent sans miséricorde sur le pavé tout employé mal noté pour ses opinions – pressurées de diverses manières – ces populations sont dans un état constant de rivalité contre leurs maîtres.

Certes nous n’aurions garde de nous porter garant de la légitimité de tous leurs griefs et nous savons qu’elles ne se rendent pas toujours un compte exact des difficultés multiples ni des causes économiques de leur situation. Le mineur, comme tout ouvrier en général, se préoccupe fort peu des fluctuations du marché, de la hausse et de la baisse des produits de l’industrie qui l’occupe, des nécessités de la concurrence, des pertes énormes chiffrées par centaines de mille francs et par millions qu’une dépréciation momentanée des produits fait subir à la Compagnie ou au patron. Mais pourquoi en prendrait-il souci et rabattrait-il ses prétentions dans les moments difficiles, tandis que les périodes prospères pour ses patrons ne lui ont valu à lui aucun accroissement du bien-être ?

Et comment, poussé par l’indifférence ou la dureté de ses maîtres, l’ouvrier ne choisirait-il pas la première occasion favorable pour leur déclare la guerre ? Or l’occasion favorable, c’est généralement une augmentation dans les prix de vente des produits de l’exploitation. Quand une compagnie vend au-dessous du prix de revient, elle ne perdrait rien à la suspension du travail de ses mines et l’ouvrier serait mal venu de réclamer une augmentation de salaire. Mais quand elle réalise de gros bénéfices par quelque hausse plus ou moins provisoire, plus ou moins anormale, dans le prix de sa houille ou de son minerai, les ouvriers, s’ils viennent à l’apprendre, sont tout disposés à réclamer leur part au bénéfice sous forme d’une augmentation de salaire. La prétention est généralement exorbitante et injuste parce qu’elle est calculée sur une période de prospérité sans tenir compte des mauvais jours qu’a traversés et que traversera encore l’industrie.

Mais encore une fois, c’est là une arme légale, et quand le capital et le travail vivent en état d’hostilité, il ne faut pas s’étonner que chaque adversaire attaque au moment qui lui paraît le plus favorable. Hostilité déplorable : c’est d’union et de solidarité qu’il faudrait parler : mais les grandes compagnies songent-elles à traiter leurs ouvriers comme des auxiliaires dignes de respect ? Font-elles quelque chose pour leur instruction, pour leur moralisation ? Rarement. En revanche elles les exaspèrent par certaines vexations, par des injustices scandaleuses. Ainsi, paraît-il la Compagnie houillère de la Grand’Combe avait laissé les abus suivants s’établir chez elle.

Il est d’usage de faire sur la quantité de charbon extrait une réduction d’à peu près un quart pour pierres et matières étrangères. C’est cette réduction qu’on appelle « à Barjac ». Mais lorsque le maître-ouvrier juge, de visu, que le wagonnet ou la benne amenée par l’ouvrier contient une quantité de pierres supérieures à la quotité du quart, le tout est envoyé « à Barjac », l’ouvrier est ainsi frustré du prix de son travail et la compagnie bénéficie du charbon net trouvé dans les récipients. Elle abandonne, dit-on, à la caisse de secours la moitié de ce produit net, mais sous quel contrôle ? Toujours est-il que l’ouvrier, après avoir travaillé 10 à 12 heures, croit avoir gagné environ 5 francs, tandis que par ces manœuvres sa journée est réduite à 3,50 francs. Or il faut considérer que le maître-mineur ou l’agent chargé de la réception du charbon peut avoir quelque intérêt à multiplier les « Barjacs ». Il reçoit à la fin de l’année une gratification dont le chiffre est variable suivant les services rendus à la compagnie et le zèle dont il a fait preuve.

Ce n’est pas tout : l’ouvrier est obligé de se fournir en denrées alimentaires aux magasins de la compagnie qui l’exploite ainsi dans son travail et son épargne, bénéficiant elle par tous les moyens, au détriment de ceux qui vivent et travaillent à son service. Voilà dit-on les causes principales de la grève. S’il en est ainsi, la grève est légitime et nous souhaitons que les mineurs ne reprennent leur travail qu’après avoir obtenu pleine satisfaction sur les deux points que nous venons d’exposer.

En pareille occurrence, le rôle de l’État est d’assurer le maintien de l’ordre, la liberté des travailleurs et des grévistes, et de veiller avec soin aux menées des brouillons du dehors. Si les compagnies se persuadaient une bonne fois que leur devoir est d’inspirer confiance aux ouvriers, de respecter en eux les droits de la dignité et de la liberté individuelle, si elles consacraient une partie des bénéfices de leurs opérations à l’aménagement des logements ouvriers, à l’ouverture d’écoles, de bibliothèques, de cercles de lecture, si elles encourageaient les sociétés de secours mutuels, les sociétés coopératives de consommation, le vieil antagonisme du capital et du travail se dissiperait et les grèves deviendraient promptement impossibles. Mais, hélas ! cet âge d’or est peut-être bien loin de nous (5) ».

Quelle est l’évolution à la suite de cette grève : les vœux du pasteur sont-ils exaucés ?

Une décennie après la grève, Yves Guyot (1843-1928), homme politique, journaliste et économiste français, écrit dans La Tyrannie Socialiste : « Le 20 février 1882, sur l’invitation de M. Desmons, MM. Clémenceau, de Lanessan, Brousse, Laporte, Girodet, Henri Maret se rendent à Alais pour faire une enquête sur la grève de la Grand’Combe, terminée depuis un mois. Juste au moment où ils arrivent, la grève de Bessèges éclate, comme le constatait, non sans malice, M. Goblet, alors ministre de l’Intérieur. (Séance du 10 mars 1882.) […]. Quelle autorité voulez-vous que l’honorable M. Desmons et ses collègues puissent avoir alors sur les ouvriers surexcités par Fournière ? C’est à Fournière que vont les sympathies.

Ainsi, MM. les députés de l’extrême gauche, se trouvant sur les lieux pour l’enquête qu’ils voulaient faire au sujet de l’affaire de la Grand’Combe, sont intervenus avec les meilleurs intentions dans la grève de Bessèges, et voilà comment ils ont été obligés de quitter la région déclarant qu’il n’y avait rien à faire pour eux en présence d’hommes qui n’avaient d’autre but que d’exciter la guerre civile. Voici en quels termes M. Fournière avait annoncé ce fait dans le journal « Le Prolétaire » : « Bessèges. Cinq heures, scène violente avec de Lanessan qui, aux applaudissements des gardes-chiourmes, vient décourager les ouvriers, et Fournière, qui soutient la grève générale. – Acclamations : vive la grève ! vive la révolution sociale ! Le drapeau noir est arboré (6) ».

Un peu plus tard, voici ce qu’en dit M. Curières de Castelnau, ingénieur en chef des Mines, qui pour sa part fait l’éloge funèbre du directeur de la Compagnie, E. Graffin (1829-1898). Elu conseiller municipal de la Grand’Combe en août 1855, E. Graffin avait été nommé maire en 1868 et a dirigé la municipalité jusqu’à sa mort, il a en outre été élu conseiller d’arrondissement en octobre 1874, et conseiller général en décembre 1879 :

« Il était surtout un chef intelligent et énergique, il avait à un haut degré le don du commandement. D’une très grande activité, il exerçait ses fonctions d’ingénieur principal ou de directeur de l’exploitation par une action de présence presque continuelle sur les travaux. D’un caractère très ferme et bienveillant, d’une humeur aimable, enjouée, toujours égale, il savait inspirer à ses subordonnés la confiance, l’affection et le respect. […]. Pour son personnel, il avait les sentiments d’un père. Il en connaissait presque toutes les familles; il se réjouissait de leurs joies, il prenait part à leurs peines et savait leur témoigner l’intérêt bienveillant et discret que son excellent cœur lui inspirait. Il a participé à l’établissement des institutions de prévoyance patronale dont la Compagnie, bien avant les lois sociales actuelles, avait doté la Grand’Combe pour protéger ses ouvriers et leurs familles contre les conséquences de la maladie, de l’accident et de la vieillesse, mais c’est à lui que la population doit la fondation sur des bases nouvelles de la Société de Prévoyance qui, depuis 1890, assure aux ouvriers de la Grand’Combe des retraites supérieures à celles que les mineurs des entreprises similaires peuvent espérer (7) ».

De fait, la Compagnie de la Grand’Combe est réputée pour avoir développé un modèle remarquable de paternalisme (8). Enfin récemment, dans son ethnographie de La Grand’Combe datée de 1992, C. Eckert évoque cette réalisation en ces termes :

« La Grand-Combe est créée en 1846 conformément à la structure typique des cités industrielles développées au XIXème siècle sous l’égide d’une entité économique. Elle a été baptisée du même nom que la Compagnie. L’agglomération urbaine reflétera donc la force de l’industrialisation de l’activité charbonnière. La Compagnie implanta une ville minière […] Pendant plus d’un siècle, la Compagnie a marqué de sa présence la vie locale, toute une époque où bon nombre de Grand-Combiens ont vu leur «devenir» déjà tracé. Il existait une forte interaction entre deux mondes – travail/domestique – dont les espaces se sont avérés complémentaires. Nous soulignons la politique menée par la Compagnie pour stimuler l’endogamie professionnelle et l’auto-reproduction de la famille ouvrière grand-combienne, ceci assurant la pérennité du travail à la mine de père en fils. La famille a donc toujours occupé une place primordiale dans cette société. Dans tous les domaines sociaux, la Compagnie s’est imposée comme pilote. Elle prendra à sa charge la responsabilité de loger son personnel, de l’éducation des enfants, et la mise en place de tout un système de protection sociale, notamment à travers la mise en œuvre d’une Caisse de Secours, d’une Caisse de Retraites et d’écoles, une assistance rare dans le monde ouvrier du XIXème siècle. La Compagnie fait naître donc non seulement un noyau de développement industriel sur lequel elle a le contrôle direct, mais elle engendre le développement d’un noyau urbain maquillé des principes urbanistiques qui suivent la logique de la Compagnie. Effectivement, la Compagnie aura ce contrôle administratif et exécutif pendant une longue période et combinera son action politico-paternaliste auprès de la communauté de travail à l’exécution du pouvoir local : la ville sera le miroir des intérêts de la Compagnie. Ce n’est qu’en 1925 que la ville fondée par la Compagnie devient la ville dirigée par des représentants-défenseurs des intérêts ouvriers (9) ».

Notes

(4) Selon Yves GUYOT, dans La Tyrannie Socialiste, 1893, livre VI, « Le parlement et les grèves », p. 200, l’instigateur est de la grève est le citoyen Fournière. Guyot écrit : « Je dois le faire connaître à la Chambre, car c’est lui qui est le véritable auteur de cette grève. Fournière est un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, ancien ouvrier bijoutier, qui, aujourd’hui, ne travaille plus autrement qu’en propagande révolutionnaire. Les collectivistes envoient en province des voyageurs en révolution : j’ai nommé M. Fournière ; je puis nommer MM. Malon, Guesde et la citoyenne Paul Minck. Je vous ai dit, messieurs, que Fournière avait été l’instigateur de la grève de la Grand’Combe, en novembre dernier. J’ai entre les mains le manifeste qui a été publié à ce moment-là. Dans ce manifeste, je lis des phrases comme celles-ci : “ En attendant l’émancipation totale de tous les exploités, en attendant que le prolétariat rentre en possession de tous ses biens injustement détenus par la classe capitaliste, il nous faut poursuivre cette lutte de classe, triompher sur un point des monopoleurs, en attendant que le parti ouvrier, solidement constitué et conscient de son but, dise à tous les citoyens : « Frères ! debout, en avant pour l’émancipation sociale ! ” »

(5) L’Église Libre, 23-12-1881.

(6) Yves GUYOT, La Tyrannie Socialiste, 1893, p. 203.

(7) http://www.annales.com/archives/x/graffin.html E. GRAFFIN (1829-1898), École des mines de Paris (promotion 1849). Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole des Mines, Mai 1898.

(8) Les patrons du XIXe siècle furent surtout influencés par de nouveaux théoriciens comme Frédéric Le Play, considéré comme le père fondateur du Paternalisme. Fin XIXe, un discours et des pratiques paternalistes vont proposer de régler la question sociale. Un patronat éclairé tente consacre des moyens importants au logement, à l’éducation, à la santé, aux loisirs des ouvriers.

(9) Cornélia ECKERT, L’agonie de la civilisation des gueules noires: ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe, France), 1992, pp. 48-50. www.vibrant.org.br/downloads/v3n2_eckert.htm.

Indications bibliographiques

Wikipédia : Compagnie_des_Mines_de_la_Grand’Combe_et_des_chemins_de_fer_du_Gard
Site Internet : patrimoine-minier.fr/cévennes/index.html : Bassin Houiller des Cévennes – Patrimoine Industriel Minier

Site Internet : archives nationales. culture. gouv.fr. Répertoire Compagnie des mines de la Grand’Combe.

ECKERT Cornelia, L’agonie de la civilisation des gueules noires : ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe), p.35-36 www.vibrant.org.br/…/v3n2_eckert.htm

GAILLARD Jean-Michel, Un exemple français de ville-usine, La Grand’Combe (Gard) et sa « Compagnie des mines » 1836-1921, thèse de troisième cycle, Paris X, Nanterre, 1974.

PACZKOWSKI Claude, VIELZEUF Aimé, VIGNE Jean. La Grand’Combe en Cévenne : mines et mineurs du canton. 208 p., Lacour, Nîmes, 1991.

RIVELAINE Hubert, Balade en Sol mineur, Les mines du bassin houiller d’Alès, 139 p. Le Plein de Sens, 2005.

ROGER Isabelle, « L’apport de la compagnie minière au développement de La Grand’Combe 1830-1946 » Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon. Actes du XLIX° Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Alès les 22 et 23 mai 1976. Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon.

TESSIER Catherine, La politique sociale de la compagnie des mines de la Grand’Combe (1836-1914), Maîtrise d’histoire, Université Jean Moulin Lyon 3, 1997, 121 p.

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Source : maison-histoire-aphpo.fr
Par : Madeleine Souche
Mise en ligne : 29-10-2010

Reblogué par : Mas de la Regordane
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

Henri Baron, 36 ans au charbon

EcoleMineStEtienne

VIE DE MONSIEUR HENRI BARON

Henri BARON est né vers la fin de la grande guerre, le 26 juin 1918, de parents commerçants, à Montpellier. Son père tenait un commerce rue de la Loge. Le jeune Henri a fait ses études primaires à Montpellier, puis a suivi à Béziers les enseignements des Frères des Écoles Chrétiennes (au P.I.C.) qui l’ont conduit au double baccalauréat : «Math Élem » en juin, «Philo Lettres» en octobre. Après une « Math Sup. » et une « Math Spéciale » à Montpellier, il est allé à Lyon, terminer sa préparation aux concours. Admissible à Polytechnique, il est reçu à l’École Centrale ainsi qu’aux Mines de Saint-Étienne et de Nancy.

Nous sommes alors en 1939. C’est la déclaration de guerre. Il est alors mobilisé le 15 septembre 1939 à l’École d’Artillerie de Poitiers. Il fera la campagne de Belgique comme aspirant puis la retraite sur Dunkerque. Là, il aura la chance d’être embarqué sur un bateau anglais. Transféré en Algérie, il sera démobilisé le 31 octobre 1941 à Alger. Il rejoindra immédiatement Saint-Étienne, car il a choisi l’École des Mines de cette ville où il fera ses trois années de scolarité qui le conduiront au titre d’ingénieur. Il en sortira donc en mai 1944.

Cette même année, il se marie avec Pierrette CAMBON, originaire elle-même de Montpellier, qu’il a rencontrée en 1942 et avec qui il s’était fiancé en 1943. A cette époque de restriction, l’achat d’un costume posait un problème de tickets et il n’était pas question de les investir dans un habit de cérémonie à usage limité. Henri BARON s’est donc marié en grande cape, tenue des Ingénieurs des Mines de Saint-Étienne, à l’étonnement des Montpelliérains qui ne connaissaient pas cet uniforme. [voir photo]

Il commence alors sa carrière professionnelle, engagé comme Ingénieur du Fond par la Compagnie des Mines de la Grand Combe. Il sera affecté successivement aux Exploitations des Mines « Luminières », « Champclauson » puis au siège de « Ricard ». Fin 1946, les Mines de la Grand Combe sont nationalisées et deviennent le « Groupe Centre » du Bassin des Cévennes, lui-même rattaché à la nouvelle entité « Charbonnages de France ». En 1948, il est promu Ingénieur Divisionnaire et nommé Chef des Sièges « Laval-Mazel » et « Oules ».

Huit ans plus tard, il est promu Ingénieur Principal et à ce titre sera responsable du secteur « Trescol » du Groupe Centre, à la fois pour le fond et le jour. Au total, il est chargé d’une production de 2 500 tonnes par jour avec un effectif de 2 000 personnes. En 1960, il prendra en outre le commandement du secteur « Sud » qui comprend les Sièges de « Rochebelle, Destival, Fontanès et Saint-Martin de Valgalgues ».

En 1962, il est appelé à des fonctions moins directement opérationnelles. Il devient chef des « Services Généraux » de l’ensemble du Bassin, regroupant sous son autorité les Services « Sécurité », « Organisation », « Essais », « Matériels ». En 1968, il dirigera pendant une courte période le Service des « Études économiques, statistiques et contrôles de gestion » du Bassin.

En effet, c’est cette même année 1968 que sont promulgués les décrets « Bettencourt » (du nom du ministre de l’époque) : les sept Bassins (Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire et Provence) sont regroupés en un seul Bassin dénommé : « Houillères du Bassin du Centre et du Midi » (HBCM) dont la direction générale est fixée à Saint-Étienne. Henri BARON, dès 1969, est appelé à cette nouvelle direction générale où, promu Ingénieur en Chef, il assume la centralisation et l’unification de la Gestion des Ingénieurs et Cadres Supérieurs ainsi que la coordination et l ‘harmonisation de la Gestion des Personnels « Maîtrise et Ouvriers ». En 1976, il devient Secrétaire Général des HBCM, il supervisera alors l’ensemble des Services Administratifs. Il gardera ses fonctions jusqu’au 1er janvier 1980, date à laquelle, faisant valoir ses droits à la retraite, il se retirera dans sa ville natale de Montpellier.

Ce déroulement de carrière montre une incontestable réussite professionnelle. Ce sont, bien entendu, des qualités techniques qui l’ont permise mais également des qualités humaines. Il est intéressant de souligner à cet égard la part importante de fonction de gestion de personnels qu’il a assumée. Madame BARON me faisait remarquer que, bien que l’essentiel de cette activité se soit déroulée près d’Alès et pour les dix dernières années à Saint-Étienne, elle n’en a pas moins déménagé une dizaine de fois. En effet, l’Ingénieur, Responsable d’un puits, résidait dans le logement prévu à cet effet à une très proche distance de « son puits ». Il ne faut pas oublier en outre, qu’à l’époque, le téléphone était une « denrée » très rare et que souvent seul le logement de l’Ingénieur en disposait. Madame BARON m’indiquait d’ailleurs que son mari, lorsqu’il montait dans sa chambre, débranchait rapidement son téléphone du salon pour aller le rebrancher immédiatement à l’étage de peur qu’un appel ne parvienne pendant ce court laps de temps. Peut-être « en rajoutait-il un peu » comme l’on dirait maintenant. L’avantage par contre de ces déménagements successifs était une amélioration progressive du « standing ». En effet le monde de la Mine était très hiérarchisé et chaque promotion conduisait à un logement un peu plus grand avec un jardin tendant progressivement vers le « parc ». Je n’ai pas connu, bien sûr, les diverses habitation de Monsieur et Madame BARON, mais j’ai pu constater ce phénomène lors d’un stage que j’ai effectué dans les Mines de la Sarre. Là, Monsieur l’Ingénieur en Chef était presque un châtelain. Mais peut-être les Cévennes et Saint-Étienne n’étaient-ils pas la Sarre et Monsieur et Madame Baron n’ont-ils jamais été des châtelains !

En 1980 donc, Henri BARON retrouve sa ville natale où il aura une vie sociale très active. Déjà, durant sa période d’activité professionnelle, il avait été un militant dynamique dans les milieux syndicaux et associatifs. En effet, il avait été Président du Syndicat des Ingénieurs du Bassin des Cévennes de 1959 à 1969 et à ce titre de 1959 à 1964 et en 1968, 1969, Administrateur du Bassin des Cévennes.

Il avait été également à la Grand Combe, Président du club sportif omnisports bien qu’il n’ait jamais pratiqué lui-même de sport. Comme dit Madame BARON, il était et il le disait lui-même un sportif de gradins. Mais il fallait un Ingénieur des Mines comme Président et il s’était dévoué. Cela dénote d’ailleurs un trait de son caractère, il était très serviable et ne savait pas refuser. C’est ce qui l’a conduit à s’occuper de la Société des Ingénieurs Civils de France dont il deviendra le Président régional une fois à la retraite. De même il sera Président de l’Association Languedoc-Roussillon d’ « Intermines » (le regroupement des anciens élèves des trois écoles des Mines : de Paris, Nancy, Saint-Etienne) de 1980 à 1989. Les promotions d’Officier au titre de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre des Palmes Académiques viendront récompenser son action en 1988.

Parmi toutes ses activités, il en est une qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Il s’agit de son goût pour l’histoire, spécialement pour l’histoire médiévale. Ce goût avait pu se concrétiser car Mme BARON possédait dans l’Aveyron, à Sainte Eulalie-de-Cernon une maison. Cela lui permit de découvrir dans le village une ancienne commanderie. Sa réhabilitation et sa mise en valeur l’ont occupé activement. Il a convaincu le Maire de l’intérêt de cette découverte. Il a également, dès 1966, fondé un foyer rural orienté vers l’initiation des jeunes ruraux à l’Histoire et aux Arts Médiévaux. Ceci l’a conduit à devenir Maire-Adjoint et Membre de la Société des Arts et Lettres de l’Aveyron. Madame BARON trouvait d’ailleurs que cela faisait beaucoup d’activités extérieures dont Henri BARON s’occupait au détriment des questions de la maison. Mais il se défendait, paraît-il, en disant que son épouse s’en occupait tellement bien qu’il était inutile qu’il le fasse. Je retiendrai pour moi cette pirouette.

Henri BARON est entré en 1988 à l’Académie et il y fut un membre de qualité et assidu. C’est d’autant plus méritoire que malheureusement il était atteint d’une rétinite pigmentaire, maladie génétique qui lui fut transmise par sa mère. Cette maladie s’est développée progressivement pendant sa retraite. Son champ visuel s’est réduit petit à petit, jusqu’à ce qu’un soir, il demande à son épouse si l’applique lumineuse du coté de son lit était éteinte, or elle était allumée. Madame BARON m’a confié que ce souvenir lui était très douloureux. Cette perte d’autonomie qui le contraignait à se faire aider par un fidèle ami Louis PELISSIER pour ses déplacements ou par son épouse, obligeait également celle-ci à respecter un ordre rigoureux dans la maison pour lui permettre de garder ses repères.

Il paraît, que malgré les difficultés que lui créait cet handicap, Henri BARON ne s’était pas départi de sa joie de vivre, de son dynamisme et de son humour. Il m’a été indiqué qu’il témoignait de sa joie de vivre en intronisant, dans l’Ordre International des Anysetiers dont il était dignitaire, les nouveaux membres par des discours en vers. Je suis tout admiratif car j’en serai bien incapable et heureusement cet exercice ne m’a pas été demandé aujourd’hui.

Et puis, ce 29 avril 2002, alors qu’il était dans sa 84ème année, il est décédé dans la maison familiale qu’il occupait, dans la nuit, calmement, sans souffrance, d’un problème cardiaque. Le SAMU n’a pu que constater le décès. Il semblerait que rien ne laissait prévoir cette fin, un électrocardiogramme réalisé deux mois avant n’avait rien indiqué et aucun accident n’était intervenu antérieurement. Au dire de Madame BARON, ce fut d’une certaine façon une belle fin de vie même si, bien sûr, elle l’aurait souhaitée plus tardive.

Henri BARON a eu une vie riche, bien remplie, complète, que ce soit professionnellement ou familialement. En effet, Monsieur et Madame BARON ont un garçon et une fille qui eux même ont réussi leur vie professionnelle et familiale, quatre petits enfants. Beaucoup de gens souhaiterait avoir une vie comparable. Si c’est toujours une tristesse de voir disparaître quelqu’un, je crois, à avoir entendu parler les amis qui l’ont connu, qu’ils retiendront de lui, la leçon d’optimiste et de courage qu’il aura donné jusqu’à la fin malgré le lourd handicap qui avait accompagné la dernière étape de sa vie.

Pour ma part, je viens d’essayer de rendre compte de la vie de cet homme que j’aurai aimé connaître, d’abord pour ses qualités humaines mais également afin de m’entretenir avec lui de son activité professionnelle.

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Source : Académie des Sciences et Lettres de Montpellierd – 2005
Par : Pierre Louis,  successeur et auteur de l’éloge d’Henri Baron

Blogué et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

L’huissier assassiné de La Grand-Combe

1934 – Nîmes, le 14.08 : le journal L’Express du Midi informe ses lecteurs :

MeurtreHuissierLGC18.08.1934

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La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran

La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran
Au premier rang, l’invité d’honneur de Rémy et Marc, Raisin Laupies. [DR]
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Deux cinéastes amateurs font revivre ce fait divers de 1934.

Un ciel gris et des températures frisquettes. Toutes les conditions étaient donc réunies pour venir passer une partie de l’après-midi de mercredi, au chaud, dans la salle Marcel-Pagnol.

C’est là, en tout cas, que le cinéaste amateur Marc Laforêt et Rémy Jouvert, ce dernier étant l’auteur d’un documentaire historique sur l’affaire Fabreguettes, proposaient d’assister à la projection de leur film sur ce sujet. Deux horaires, à 15 heures et 18 heures, avaient même été proposés afin de toucher un maximum de personnes.

Le précieux témoignage de Raisin Laupies, 101 ans

Petit retour dans le passé pour se remémorer ce fait divers cantonal, qui avait défrayé la chronique en août 1934. Un huissier grand-combien, Albert Étienne, avait été assassiné au Mas Dieu. L’auteur de ce crime, Marius Fabreguettes, un jeune Masdivin qui avait avoué son crime, quelques jours après de vaines recherches. Condamné au bagne de Cayenne, il reviendra en France en 1949, et même au Mas Dieu, après qu’une erreur administrative le lui a permis.

Dans la salle, mercredi après-midi, assis au premier rang, se trouvait Raisin Laupies, invité d’honneur des deux historiens et doyen de la commune de Laval-Pradel, arborant fièrement ses 101 printemps, qui avait très bien connu Marius Fabreguettes. Son témoignage, recueilli en avant-première, chez lui, chemin de l’église, au Pradel, voici quelques semaines, avait tout de surréaliste.

Raisin se rappelait, en effet, de cette histoire, qui avait mis le village et ses environs en émois, comme si elle s’était déroulée hier. Il côtoyait ce fils de menuisier du Mas Dieu, « qui montait pratiquement chaque jour au Pradel avec sa moto ». Et d’ajouter : « Nous nous étions joints aux nombreuses personnes en plus des services de gendarmerie qui se prêtaient aux recherches. Mais jamais je n’aurais pu penser que cela soit lui l’assassin. Et lorsqu’il était revenu au pays, j’avais fait en sorte de ne pas le rencontrer. »

MeurtreHuissier2

De son côté, fort du travail déjà réalisé par son ami Rémy Jouvert, Marc Laforêt projette de réaliser un film sur cette affaire. « Pour cela, je peux déjà compter sur les nombreux personnages qui ont joué dans Galinette le retour, dit-il. Mais la reconstitution des décors de 1930, les costumes et les véhicules coûtent chers. Je lance donc un appel aux généreux donateurs pour leur aide précieuse. »

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Source : MidiLibre
Publié le 27.09.2016

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 29.12.2017

La Grand-Combe : La Forêt, quartier d’avenir ?

Projet sur le Quartier de La Forêt.

Ecoquartier du hameau de la forêt, La Grand-Combe, Languedoc Roussillon (30)

Note synthétique

« L’identité et le pouvoir d’innovation d’un lieu sont garantis par la conservation de sa complexité. » Alberto Magnaghi, « Le projet local », Éditions Mardaga, Liège, 2003

L’éco-quartier : un système en crise

Les éco-quartiers sont trop souvent des pièces urbaines performantes sur le plan environnemental, mais manquant de liens avec leur contexte. Ici, au vu des rares disponibilités foncières de la commune, c’est surtout un enjeu pour l’ensemble de la Grand-Combe. C’est pourquoi il est important de repenser ce que peut être un éco-quartier et construire non pas un morceau de ville autonome, mais un fragment riche de multiples relations : spatiales, sociales, historiques, économiques, environnementales ou en un mot : urbaines.

Un dessous hérité, un dessus à renouveler

Pendant plusieurs décennies, le visage de la Grand Combe a été façonné par l’exploitation de son « dessous ». Activités, logements et équipements ont été conçus pour et par la mine. Il en reste des cicatrices, mais aussi les fondements d’une identité : la logique de l’ingénieur a tiré des lignes tendues, modelé de grandes plateformes, construit des bâtiments rationnels. Par ailleurs, la vie des mineurs et de leurs familles a laissé d’autres traces, plus molles dans leurs géométries : des petites terrasses en pierre sèche où installer leurs jardins, des petits édicules pour leurs outils ou leurs voitures. Cette logique plus organique, du passage du temps et de l’usage des lieux, s’exprime aujourd’hui par le retour du naturel et de la friche. Dans le but d’affirmer l’identité des lieux et de ne surtout pas la lisser, nous pensons que la reconquête du « dessus » devra s’appuyer sur le ferment poétique que constituent ces deux énergies contraires : celle de l’ingénieur et celle de l’organique.

Le « déjà-là » comme ressource essentielle

Considéré pour ses aspects esthétiques mais également pratiques et économiques, le « déjà-là » sera la base de toute intervention sur le site. Il s’agit de révéler le lieu à lui-même, par touches successives, en revendiquant la dimension opportuniste d’une telle position mais également sa valeur culturelle. C’est une manière de repenser notre rapport à la consommation des ressources et d’affirmer que les traces du passé orientent nécessairement nos pas futurs. Si certaines actions structurantes doivent s’imposer sur le paysage, d’autres peuvent se contenter d’ajustements, dans une logique d’adaptation bienveillante de ce qui existe aux besoins d’aujourd’hui.

Le réalisme économique au centre du projet

Il est impossible aujourd’hui de penser un projet urbain en prenant comme a priori que tout y sera construit et vendu : qui pour habiter dès à présent sur ce site en friche ? Qui pour construire ces logements ? La manière dont les choses se fabriquent et leur temporalité est aussi déterminante que le reste, et l’incertitude sur ce point est intégrée à notre démarche. De façon très pragmatique, afin de développer une offre de logement complémentaire à celle qui existe dans les autres quartiers de la Grand’Combe, nous proposons d’explorer plusieurs pistes de montages opérationnels : appel classique à des promoteurs, l’habitat participatif, l’accompagnement à l’auto-construction, la simple définition de lots à bâtir, petite promotion, etc. C’est aussi la condition d’une véritable mixité urbaine.

À l’échelle du bâtiment, outre la maîtrise des coûts de construction, considérer l’économie comme centrale pose la question plus large des ressources et des entreprises locales. En activant les filières bois et pierre, mais aussi d’autres acteurs économiques, nous pensons que ce projet peut contribuer à les faire monter en qualité et les consolider économiquement.

Une balade ascensionnelle dans sept « situations habitées »
(1 à 7) à travers trois éléments de liaison (A-B-C)

À partir d’une lecture attentive du « déjà-là » nous avons circonscrit sept situations, chacune porteuse d’un potentiel spécifique pour le renouveau du quartier. Ces « situations habitées » combinent constructions neuves et réhabilitations ; créations et simples reprises d’espaces publics ; programmes de logements et d’activité. Trois éléments de liaison sont identifiés afin de les mettre en relation entre elles et avec le reste du territoire. L’ensemble fabrique une image possible du futur quartier. Comme le dit Jean-Luc Godard, « ce n’est pas une image juste, mais juste une image », qui extrapole à partir des éléments de connaissance en notre possession actuellement. Par son pouvoir d’évocation, cette image est néanmoins le moteur d’émergence de projets, peut être tout à fait différents que ceux envisagés au départ.

Depuis le centre-ville en empruntant la vallée Ricard, la place basse (1) marque le seuil du nouveau Quartier de la Forêt. C’est un espace ouvert par un travail de défrichage et de démolition sélective qui fait l’articulation avec le fond de la combe. Les logements existants ont été réhabilités. Plus tard, un local associatif pourra y être implanté, ou un emplacement sera réservé à un équipement public dans la logique des grands objets de la vallée Ricard.

Depuis cette place, pour débuter l’ascension du coteau, on peut emprunter un parcours piéton. C’est la traverse Est-Ouest (A), nouvel élément structurant du quartier qui s’appuie sur les escaliers existants en partie basse et nous mène jusqu’au Camp Fougères.

Sur notre droite, nous longeons le jardin des ingénieurs (2a). À l’intérieur d’une enceinte qui accueillait anciennement des maisons plus cossues, des logements participatifs ont été construits, en articulant finement espaces partagés et espaces plus intimes. La qualité et la diversité de la végétation qui confèrent à ce lieu une atmosphère hors du commun a été préservée par l’implantation des nouveaux bâtiments.

Au nord de ceux-ci se trouve la cité de la Forêt (2b), déjà habitée au moment du projet. Par de petites interventions ciblées d’amélioration des logements et de leurs abords, elle a profité du renouveau global du quartier.

Toujours sur la traverse, nous croisons le promontoire des écoles (2c). Sur la gauche, l’ancien bâtiment a été transformé en pépinière d’entreprise par une réhabilitation exemplaire sur le plan environnemental. Des maisons- ateliers ont été construites à ses pieds. L’immeuble d’habitat collectif a été conservé pour diversifier l’offre de logements et accueillir décohabitants et célibataires.

Cet ensemble de trois sous-entités est relié par le renforcement de la structure végétale qui était présente initialement. Elles constituent ainsi le parc habité (2).

En haut de l’escalier existant qui a été conforté, nous atteignons le plateau des halles (3). À l’emplacement des anciennes casernes, quatre halles ont été implantées. Dans l’axe de la traverse Est-Ouest, une de ces halles reste ouverte, offrant un espace public ombragé. À terme, un ou plusieurs petits commerces pourront s’y installer. Construites par la commune, les autres halles ont été revendues par travées : des auto-constructeurs ont édifié leurs propres logements et des locaux d’activité sous ce toit commun. Le bois, particulièrement adapté à l’auto-construction, est mis à l’honneur.

Toujours sur la traverse, la montée du coteau nous fait pénétrer un bois. C’est la chênaie habitée (4) qui accueille dans sa partie haute des maisons à patios. Celles-ci ont été implantées librement sur des lots à bâtir et construites principalement en bois. Cela respecte la logique organique de la situation mais permet également une certaine évolutivité : du T3 au T6, les maisons peuvent s’adapter à l’évolution de la famille. Un accompagnement architectural des acquéreurs a permis d’assurer la cohérence de l’ensemble.

Ayant traversé la chênaie, nous arrivons enfin au Camp Fougères (5). Sur les terrasses laissées par les anciennes constructions, des bandes de logements ont été édifiées de manière relativement compacte le long d’un ouvrage hydraulique en béton de site. Parce que chaque terrasse était particulière, les typologies sont toutes différentes, du T2 au T5. Les bandes au nord, soit trente logements, ont été portées par un opérateur classique. Au sud, ce sont des maisons densément articulées que des familles elles-mêmes ont construites. Une esplanade publique est réservée au centre du système, et l’ensemble est relié par un réseau de venelles apportant de la fraîcheur en été. Chaque logement a un emplacement réservé à proximité immédiate pour la première voiture. Les autres véhicules des ménages peuvent stationner le long de voirie. Jetant une nouvelle lumière sur les lieux et attirant des initiatives, cette première opération a entraîné la reconfiguration de l’ensemble du quartier par un effet de levier.

Autour du Camp Fougères, la lisière cultivée (6) est une bande de 50M d’épaisseur constituée de jardins potagers et de vergers. Ceux-ci s’appuient sur les terrasses vernaculaires construites par les mineurs-jardiniers de l’époque. Pour les habitants, c’est un lieu convivial et partagé, support de projets communs ou individuels.

Plus loin, nous entrons dans la forêt des loisirs (7). Dans une épaisseur de 100 m à partir de la lisière, c’est la partie la plus pratiquée d’une forêt. C’est le lieu des cabanes dans les arbres, des parcours de bi-cross, et le point de départ de randonnées. Il est également arpenté par les autres habitants de la Grand-Combe, et les touristes.

Si je suis en voiture, le serpent carrossable (B) s’enroule autour du Camp Fougères et me permet de rejoindre la place basse. C’est l’ancienne voirie confortée qui permet de desservir l’ensemble des situations habitées. Dans la partie nord du Camp Fougère, un nouveau bouclage permettra de relier directement la cité de la Forêt.

Sinon, je peux rejoindre la Grand-Combe par le sentier de l’Arboux. Avec la vallée Ricard, via le Quartier de la Forêt, mais aussi la place de la mairie, il forme la boucle de la Grand-Combe (C). C’est une nouvelle lecture de l’étendue géographique de la commune et une manière pour le quartier d’être raccordé au système urbain, autant spatialement que dans les représentations mentales.

Un quartier réinstallé dans son territoire

Porte d’entrée de la Grand-Combe depuis le Nord, le nouveau quartier ainsi constitué contribuera à borner un élément structurant de la commune qu’est la vallée Ricard, aujourd’hui bien peu lisible et difficile à faire muter. L’objectif à long terme est de renaturer le vallon et d’intégrer son chapelet d’équipements au paysage. De la place basse du Quartier la Forêt au parking du supermarché en passant par le centre de secours, cela permettra de réaffirmer le lien entre la ville et sa géographie et par-là retrouver le sens du nom : « La Grand-Combe ».

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Source : atelierarchitecture.fr/Urba
Lieu : 30110, La Grand-Combe
Maître d’ouvrage : Mairie de la Grand-Combe
Maître d’oeuvre : Virage
– Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés
– Atelier de Montrottier Loïc Parmentier & associés
– Atelier de L’Ourcq Felix Mulle & associés
– Euclid Ingénieurie ( BET TCE)
– Agence Franck Boutte (consultant & ingénierie en environnement)
– Plus2 Paysages (paysagiste)

Calendrier : Lauréat du concours
Montant de l’enveloppe : 5 500 000 € HT / 6 578 000 TTC
Panneaux du concours : Planche n°1 – Planche n°2
Fiche projet : La Grand-Combe

courrier@atelierarchitecture.fr – 04 71 46 90 24
46, avenue du 15 Septembre, 15290 Le Rouget
Daté de : 

Reblogué par : Mas de La Regordane / GD
Première publication : 27.12.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

 

La Grand-Combe ville fleurie ?

La Grand-Combe est-elle une ville fleurie ? Si l’on ne peut pas vraiment l’affirmer, ce ne sont pas les efforts qui manquent pour que cette ancienne ville au passé minéral, se reconvertisse franchement au végétal, qu’elle possède depuis un temps ancestral.

Au Concours des Villes et Villages Fleuris, concours créé en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement et les espaces verts urbains, la commune de La Grand-Combe ne se classe que dans la catégorie la plus faible, avec une seule et timide fleur sur son panneau d’accueil, alors qu’il y en en quatre possibles.

Ne pensez-vous pas que c’est un devoir collectif pour tous les habitants de la commune, pour faire en sorte que cela change ? sans attendre tout d’une mairie qui a de nombreux autres projets à réaliser ? Et de même que la ville a représenté l’excellence des minéraux (charbon), pour quelle raison ne le serait-elle pas dans le domaine des végétaux décoratifs ?
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La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies
Photo DR : Le plateau de Bouzac sera envahi par les fleurs et les plantes.
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I / Les Floralies à la Grand-Combe

2017 (30/04) –  » Outre des milliers de fleurs, le plateau du Bouzac accueillera le marché aux plants dimanche 30 avril.

Déjà la 28e édition prévue ce dimanche 30 avril sur le plateau de Bouzac. Chacun garde le souvenir du lancement des Floralies et son jardin extraordinaire implanté dans la salle Marcel-Pagnol. Depuis, l’événement grandcombien a su résister et subsister même, preuve qu’il tient encore toute sa place dans ce programme des festivités locales.
Un petit changement toutefois en ce mois d’avril, le fait que ces 28e Floralies n’auront plus de support comme cela était le cas pour les précédentes.

Pour simple rappel, une réalisation municipale en ville ou dans les quartiers, ayant trait à l’environnement, mais aussi à son embellissement, était inaugurée ce jour-là. On se souvient alors du rond-point Toschi, du jardin sur l’esplanade, de la place Baptiste-Marcet, du kiosque à l’entrée de ville, (déplacé sur l’esplanade), des jardins du Riste, du Mazet du rond-point Francis-Berger, et bien d’autres bien sûr.

Dimanche, donc, ces Floralies se limiteront sur le plateau Bouzac entièrement fleuri, où aura également trouvé place le grenier cévenol, mais aussi le marché aux plants, avec ces variétés méditerranéennes économes en eau, ainsi que quelques animations pour les enfants.

À noter, durant l’après-midi, le concert à l’église, à 16 heures, avec l’ensemble vocal varois Cœurs en chœur. »

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II / La Grand-Combe, ville qui aime la végétation

Si l’on consulte les voies de circulation de la Grand-Combe ont constate que nombreuses sont celles qui portent le nom de végétaux : 18% des noms les concernent.

rue ABILON FORÊT – rue des AIRELLES – 6 voies pour l’ARBOUX – rue des ARBOUZIERS – rue des ARMOISES – chemin de l’ARUM – chemin de l’AUBÉPINE – chemin et rue des BRUYÈRES – camp et rue des FOUGÈRES – rue des CÈPES – rue des CHÂTAIGNIERS – chemin du CHÊNE – rue des CHÊNES VERTS – rue du CHÈVREFEUILLE – rue des CYPRÈS – rue des ÉGLANTIERS – avenue des FLEURS – rue des GENETS – HLM la PINÈDE – impasse des JARDINS – rue des MARRONNIERS – rue du MURIER – rue et impasse des OLIVIERS – passage de la TREILLE – citée, impasse et rue des PELOUSES – rue des PERVENCHES – rue des PEUPLIERS – chemin et rue de la PINÈDE – chemin des PINS – rue des PLATANES – rue des PRÉS – chemin des ROSIERS – rue des SORBIERS – rue du THYM – rue des TILLEULS – avenue des TROÈNES – rue des VIOLETTES.

et pour arroser toute cette verdure, une goutte d’humour avec :

l’impasse BACH (rivière en allemand) – impasse et rue des BAINS – chemin du (ruisseau) BERBÉZIER – passage (de la rivière) du GARDON – rue des LAVOIRS – passage des PUITS – chemin du RUISSEAU et rue du RUISSEAU PROLONGÉE – rue des SOURCES.

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Source : MidiLibre.fr
Titre original : « La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies »
Publié le : 03.05.2017

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 26.12.2017
Dernière mise à jour : 26.12.2017

FLN algérien et mineurs de La Grand’Combe

ALGERIE 2007 004
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 » Nous habitons le quartier de Bologhine, m’avait dit Azzedine, le fils de Aïssa Mokrane, pas très loin du stade. » Le mythique stade Omar Hammadi d’Alger qui   connut tant de rencontres sportives passionnées et de manifestations politiques. Notre taxi dût se renseigner à plusieurs reprises avant de trouver la petite rue à la chaussée en terre battue, poussièreuse mais tranquille, si étroite qu’une seule voiture à la fois peut l’emprunter.

Une maison basse à un étage dont les boiseries sont peintes à neuf…La porte s’ouvre, un homme petit et maigre à l’oeil vif, habillé à l’européenne, coiffé d’un bonnet traditionnel en laine. C’est Aïssa Mokrane.

La propagande des années cinquante présentait les combattants du FLN comme des bandits, des « fellagas », l’air manaçant. A l’image des « terroristes » étrangers de l’affiche rouge nazie. Et c’est un grand-père souriant qui nous accueille et nous présente son épouse, une de ses filles et son fils. Il nous fait pénétrer dans la salle de séjour modeste mais coquette et confortable avec ses coussins profonds, ses tables basses et la desserte décorée des photos de ses enfants et nombreux petits enfants. Plus tard il nous montrera avec fierté la courette surmontée d’une treille, située à l’arrière de la maison. Aïssa est propriétaire de cette maison qu’il a achetée  lorsqu’il a quitté définitivement la France.

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[1947] Il a vingt ans, en 1947, quand il débarque à Alès où se trouvait déjà l’un de ses frères. Né à Akbou en Grande Kabylie dans une famille de paysans pauvres, Aïssa avait eu la chance de pouvoir fréquenter l’école publique française.  Il passa avec succès les épreuves du certificat d’étude « indigène » qui était réservé aux « français musulmans » afin de les différencier des Européens. Il savait donc lire et écrire en français. Privilège rare dans un pays sous domination coloniale où moins de 10% des petits Algériens étaient scolarisés.

[1948] En 1948, il est embauché aux Houillères à la mine de Fontanes. Après les années noires de l’occupation nazie, les mineurs de charbon sont à la pointe du combat pour le relèvement économique de la France. Le bassin des Cévennes compte alors quelque 20 000 mineurs dont 3 200 mineurs algériens. La corporation minière est très politisée. Les idées révolutionnaires y sont prépondérantes et les syndicats, notamment la CGT, fortement organisés. Les Renseignements Généraux mentionnent « une importante activité indépendantiste » parmi les mineurs algériens. Périodiquement, des leaders du PPA-MTLD de Messali Hadj, du Mouvement pour les Libertés de Ferhat Abbas ou du Parti Communiste Algérien tiennent meeting à Alès ou à La Grand Combe.

[1950] Logé dans des baraques en planches au Camp de la Loubières près d’Alès, Aïssa Mokrane fait fonction « d’écrivain public » auprès de ses compatriotes illettrés. En Algérie déjà, révolté par la domination coloniale, il sympathisait avec l’UDMA (Union Démocratique du Manifeste Algérien) sans en être membre. C’est à Alès, en 1950, qu’il adhère au PPA-MTLD dont il va rapidement devenir un des responsables, en raison de son bagage intellectuel. Il recevra chez lui, à plusieurs reprises, Mohamed Boudiaf, le futur Président de l’Algérie assassiné en 1992. Mohamed Boudiaf était, à cette époque, responsable de la Fédération de France du PPA-MTLD et il visitait les groupes locaux deux fois par an. « C’était un responsable exigent, sévère mais juste. » dit, de lui, Aïssa Mokrane. Alès et sa périphérie immédiate comptaient 140 à 150 adhérents. Chiffre important, compte-tenu des conditions semi-clandestines dans lesquelles agissait cette organisation. Boudiaf considérait pourtant que c’était insuffisant : « Les Algériens n’approuvent-ils pas massivement notre revendication de l’Indépendance? »

[1953] Une crise profonde traverse ce parti. Un congrès s’est tenu à Alger en 1953 dont les conclusions ont été désavouées par Messali.

[1954] En janvier 1954, la Fédération de France tient, pendant deux jours, son propre congrès à Paris au cours duquel des critiques sévères sont adressées au comité central et aux orientations du congrès de 1953. Messali Hadj en profite pour écarter les cadres qui ne lui sont pas acquis et les remplacer par ses amis. Fort de son aura il entreprend de rallier la base à sa cause. Ses diverses tentatives resteront vaines dans le Gard. Bouzid, responsable messaliste, vient à Alès en mars 1954 et rencontre Mokrane qui l’informe « que toute l’organisation a opté pour le neutralisme ». Ayant insisté pour rencontrer les militants, une assemblée générale a lieu au cours de laquelle ceux-ci confirment leur position. Trois autres tentatives auront lieu: en avril 1954, Bouzid et un second responsable viennent à Alès; le 17 mai, trois responsables dont Bouzid reviennent et demandent « une réunion avec tous les responsables d’Alès ». Satisfaction leur est accordée. Après plusieurs heures de discussions, ils repartent bredouilles. La dernière tentative aura lieu avec une troupe théatrale venue se produire en août dont le spectacle sera boycotté par les militants alésiens. Les R.G. mentionnent la présence de Bouzid à nouveau à Alès, la veille du 1er novembre 1954. Aïssa Mokrane dément cette information.

Messali Hadj convoque un nouveau congrès à Bruxelles en juillet 1954. Le comité central convoque de son côté un congrès à Alger en août. Cherif Djenkal, l’adjoint de Aïssa Mokrane, participe au congrès d’Alger (il n’est pas membre du comité central contrairement à ce qui a été écrit). Ces deux congrès officialisent l’éclatement du PPA-MTLD. Les militants d’Alès ne soutiennent pas Messali Hadj et continuent de se prononcer pour la neutralité, dans un souci d’unité, tout en manifestant leur inclination pour les « centralistes ». C’est également la position de Mohamed Boudiaf.

Le 1er novembre 1954, l’insurrection est déclenchée en Algérie par les 9 sur décision du CRUA qui lui aussi avait recommandé la neutralité dans le conflit interne au PPA-MTLD. Le 5 novembre, celui-ci est dissout par le gouvernement français. Dès le lendemain 6 novembre, la police française perquisitionne chez A. Mokrane à Alès, chez Mohammed Djenidi à La Grand Combe et chez Abdallah Hidèche à Champclauson et les informe officiellement de l’interdiction prononcée le 5. Deux autres perquisitions auront lieu par la suite.

Dans le prolongement de leurs engagements antérieurs, Mokrane, Djenkal, Djenidi et Hideche ne vont pas soutenir Messali qui créé le MNA (Mouvement Nationaliste Algérien) pour combattre le FLN. Laissons parler Mokrane: « Le MTLD devenant le FLN rentre dans la clandestinité, modifie son organisation et reste en attente d’un contact avec le FLN qui parvient fin décembre, début janvier. Changer une organisation légale en clandestine demande plus de vigilance. Une réorganisation de la base au sommet. Prendre le temps nécessaire. Prévoir les précautions et endroits de réunions et le temps. Un apprentissage continu. Pour toutes ces raisons le travail a continué mais au ralenti. »

Les historiens considèrent généralement qu’une période d’expectative a suivi l’éclatement du PPA-MTLD et le début de l’insurrection du 1er novembre, en raison des interrogations qui travaillaient les Algériens. Il semble bien que cette période ait été de courte durée dans le bassin minier du Gard.

[1955] La police fait état des premières manifestations du FLN à partir de septembre 1955. Mokrane parle de « fin décembre  début janvier 1955. » Un autre acteur, Yahia Dahmouche que Mokrane connait bien puisqu’il était lui aussi mineur à Fontanes et habitait le camp de La Loubières, indique, pour ce qui le concerne, avoir spontanément commencé à collecter de l’argent pour les familles des militants emprisonnés à la suite de l’interdiction du 5 novembre et avoir accepté de participer, en août 1955, à une rencontre dans un café du quartier de La Royale à Alès, tenu par Hocine Djémaï, en présence d’un certain « Abdallah » délégué par le FLN. A. Mokrane affirme que ce délégué régional était un ancien responsable du PPA-MTLD nommé Si Omar. « Si tu es avec ceux de la montagne, lui aurait dit Dahmouche, on travaillera avec toi,sinon… ». C’est ainsi que se serait formée la première kasma du FLN à Alès. Ce qui confirme que l’insurrection du 1er novembre correspondait bien à une attente. Elle était devenue inévitable en raison des crimes du colonialisme, des spoliations, des frustrations ressenties par le Peuple algérien. En raison de l’échec des combats pacifiques des organisations indépendantistes, stérilisés par des lois électorales iniques et une fraude massive.

Parmi les mineurs algériens des Cévennes qui, en 1954, baignaient dans un milieu largement acquis à l’idée de la prise de pouvoir par les armes, à l’image de la Révolution russe d’octobre 1917, l’insurrection du 1er novembre 1954 fut rapidement soutenue et la police indique que « jamais le MNA [ne réussira] à s’implanter dans le bassin minier ». Des groupes de choc venus de l’extérieur tenteront, de temps à autre, quelques opérations, mais sans bases locales ils seront rapidement neutralisés et le Gard ne connaîtra pas la guerre intestine qui fit tant de ravages ailleurs en France et en Algérie.

Cette première kasma désigne un chef, un responsable à la propagande et un trésorier. Sa première initiative sera d’adresser des lettres à quinze cafetiers et bouchers algériens d’Alès pour leur enjoindre de verser 1 000 Francs par mois, en s’assurant qu’ils n’ont aucun lien avec la police française. Par la suite, la structure de l’organisation évoluera en cellules, groupes et sections et Alès deviendra dans les années 59-60 un important centre de commandement. Les mineurs algériens du Gard participeront massivement aux actions et notamment aux grèves à l’appel du FLN et ils verseront l’ichtirâk avec un grand patriotisme. Mais en 1955, nous n’en sommes encore qu’aux premiers pas.

Le 5 septembre 1955, Aïssa Mokrane est arrêté par la police, à son domicile, au pied de la colline de l’Hermitage à Alès, devant son épouse et ses cinq jeunes enfants. En même temps que lui sont arrêtés deux autres dirigeants, Djenkal et Hideche. « Vous n’êtes pas près de revoir votre mari. » lance un des policiers. La jeune épouse d’Aïssa est tellement choquée qu’il faudra l’hospitaliser à Montpellier où elle décèdera le 31 mars 1956. Le certificat médical délivré le 4 avril mentionnera « un état [d’agi]tation confusionnelle ayant évolué vers un délire aigu mortel. Il semble qu’un traumatisme émotionnel grave (arrestation du mari) ait pu avoir un rôle déclenchant cependant une rechute d’une maladie de Bouillaud pour laquelle la malade avait été antérieurement soignée, s’intégrant avec les troubles mentaux et a joué un rôle certain… »

Les 5 jeunes enfants seront accueillis, les plus jeunes par l’Entraide alésienne, les autres par l’Orphelinat de la Résistance de la CGT. Le quotidien communiste La Marseillaise, sous la plume de son chef d’agence Raoul Galataud, consacrera 1/4 de page de son édition d’Alès du 16 avril 1956 à cette situation dramatique. La photo qui illustre l’article représente Aïssa Mokrane et un de ses enfants, devant la crèche. A leurs côtés, Léa Pasquier, elle-même ancienne résistante dont le mari Sully Pasquier, un cheminot communiste, fut assassiné par les waffen SS et jeté par les nazis dans le Puits de Célas (commune de Mons, au sud de Salindres) dans la nuit du 10 juin 1944. Image forte de solidarité résistante à l’oppression.

Ces arrestations, loin d’intimider les Algériens de la région d’Alès, vont au contraire leur « donner un sursaut de patriotisme » écrit Aïssa Mokrane, et susciter de nombreuses adhésions au FLN.

[1955] Sur mandat du juge d’instruction Perez, Mokrane, Djenkal et Hideche sont transférés en Algérie et incarcérés, d’abord à l’Ecole de Police d’Hussein Dey où ils sont « tabassés », puis à Berrouaghia. Depuis le 23 février 1955, le Cabinet Edgar Faure a succédé au Cabinet Mendès France. Edgar Faure dissout l’Assemblée Nationale et convoque les électeurs pour le 2 janvier 1956. A la faveur de ces évolutions politiques, alors que la guerre d’Algérie est de plus en plus impopulaire en France, Mokrane, Hidèche et Djenkal sont libérés le 9 décembre 1955. Djenkal monte au maquis où il tombera en combattant. Aîssa Mokrane qui est interdit de séjour en Algérie, doit retourner en France où sont restés son épouse malade et ses enfants. Il réussit à trouver l’argent pour la traversée Alger-Marseille et des connaissances de Molières sur Cèze rencontrées à la Gare St. Charles lui prêtent l’argent du billet de train pour Alès. Bien évidemment il se présente aux Houillères afin d’y reprendre l’emploi qu’il occupait avant son arrestation, mais il apprend qu’il a été licencié pour abandon de poste. C’est dans les semaines qui vont suivre qu’il perdra son épouse. Puisque son absence n’est pas de son fait, Aïssa Mokrane avec l’aide de Maitre Dussargues du Barreau d’Alès, attaque les Houillères devant le Tribunal des Prud’hommes. Les Houillères seront condamnées à le réintégrer avec un rappel de salaire de 1 an. Ce jugement sera confirmé en appel ainsi que par la Cour de Cassation.

[1958] En 1958, Aïssa Mokrane qui est désormais grillé dans la région d’Alès, est contraint de partir pour Paris avec ses enfants. A force de persévérance, de courage et d’intelligence, il réussira, après avoir suivi des cours de formation professionnelle, à trouver un emploi stable dans une entreprise d’usinage mécanique qui lui permettra d’élever ses enfants.

[1962] A l’Indépendance, en 1962, il rentre en Algérie. Il reprend des études à Oran qui vont le conduire à devenir professeur technique. Ce sera alors sa profession jusqu’à sa retraite dont il bénéficie désormais, entouré de l’affection des siens.

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Source I / : bernard-deschamps.net
Par : Bernard DESCHAMPS
Publié le : 18.09.2007

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II / Remise de la médaille du 50ème anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie à Monsieur Bernard DESCHAMPS :

son allocution

Monsieur le Consul d’Algérie, Messieurs les Consuls-Adjoints, Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je suis, vous l’imaginez, heureux de la distinction qui m’est décernée par M. le Président de la République Algérienne et que vous venez, Monsieur le Consul, de me remettre.

Je la dédie à celles et ceux qui, en France, ont soutenu le légitime et juste combat du Peuple algérien pour son indépendance.

Il y a 50 ans, le 18 mars 1962, les Accords d’Évian conclus par les représentants du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne et de l’État français, reconnaissaient le droit à l’indépendance de l’Algérie, mettant ainsi fin à 132 années d’occupation coloniale et à 7 ans, 4 mois et 18 jours d’une guerre atroce dans laquelle la France perdit son âme.

Ces accords furent ratifiés par référendum en France et en Algérie. Ils furent approuvés par 90,06% des suffrages exprimés à l’échelle nationale de notre pays ; 91% dans le département du Gard ;  94% à Aigues-Mortes et 96% à La Grand’Combe.

C’est le mérite du Général de Gaulle, d’avoir eu le courage – il dut affronter plusieurs tentatives d’attentats – de conclure cette paix après avoir, il est vrai, accentué la pression militaire durant les quatre dernières années de la guerre, de 1958 à 1962.

Faire progresser et triompher en France la reconnaissance de la légitimité du combat du Peuple algérien pour son indépendance et la nécessité de négocier avec son représentant authentique le Front National de Libération, fut un long et difficile combat. Des décennies de conditionnement idéologique, à l’école, dans la presse, la littérature, les arts, avaient formaté le Peuple de France qui croyait en toute bonne foi que l’Algérie c’était la France, pour reprendre la formule célèbre de François Mitterrand. Il fallut déconstruire cette idée par un long et patient travail d’explications. Cette action prit des formes diverses. Certains s’impliquant dans une aide directe au FLN. Ce fut le cas des réseaux Jeanson et Curriel et, dans une acception chrétienne, des réseaux de la Cimade qui furent particulièrement actifs dans le Gard.

Dans ce département, d’importantes manifestations exigèrent avec de plus en plus de force, dans un premier temps la Paix en Algérie, puis l’Indépendance. Des militants, des élus, des hommes de foi, des personnalités gardoises contribuèrent à éveiller les consciences et marquèrent cette époque de leur empreinte : Robert Jonis, un des responsables départementaux du PCF  et les députés communistes Gilberte Roca et Gabriel Roucaute ; des Pasteurs protestants, Idebert Exbrayat, Laurent et Michel Olivès ; des élus socialistes, le Dr. Jean Bastide et le Dr. Émile Guigou, en rupture alors avec leur parti ; Attilio Francini et Jean Fabrègue de la CGT ; Ninou Schwartz de l’Union des Femmes Françaises ; le Professeur Jean Brunel et Lucien Vincens, responsables du Mouvement de la Paix ; des responsables du PSU, comme Jacques Compère-Roussey et Fernand Vigouroux ;  Gabriel Bergonnier, responsable du Secours Populaire ; Jean Chabanis de Christianisme Social ; André Raulet  de la Ligue des Droits de l’Homme ; Paul Marcellin et  André Sarran de la Fédération des Œuvres Laïques  … et tant d’autres que vous me pardonnerez de ne pouvoir citer.

Le département du Gard connut de grandes manifestations pour s’opposer au départ des soldats rappelés sous les drapeaux en 1956. Elles furent réprimées par le pouvoir en place qui destitua trois maires communistes : Alexandre Molinier d’Aigues-Mortes, Sylvain Boissier de Cardet, Narcisse Bolmont de Chamborigaud et 36 militants gardois furent traduits devant les tribunaux militaires. En 1958, un jeune ouvrier communiste d’Aigues-Mortes, Marc Sagnier écrivit au Président de la République son refus de porter les armes contre le Peuple algérien. Il paya son geste courageux de onze mois de bagne, en dehors de toute décision judiciaire, à Timfouchy dans le sud algérien.

Les Algériens travaillant dans notre département, en particulier dans le bassin minier des Cévennes et sur le chantier de Marcoule, apportèrent eux aussi avec le FLN, dans les conditions difficiles de la clandestinité, leur contribution au grand combat patriotique de leur Peuple et les noms de Aïssa Mokrane (ancien mineur à Alès et qui vit maintenant à Alger) ; de Mohamed Ben Belkacem, « le professeur » ; de Mohand Cherif Djenkal mort au combat ; de Mohammed Djenidi ; de Abdallah Hideche ; de Messaoud Alaoua ; de Fatima et de Mohamed Krim ; de Mohand Bachir Sali,  sont toujours présents dans la mémoire de leurs compatriotes. Le milieu du football se souvient aussi des noms de Mohamed Bouricha, Abderrahman Defnoun (qui nous font la joie d’être des nôtres) et de Amokrane Oualiken qui, en 1958, ont tout quitté, famille et situation confortable pour rejoindre à Tunis, « La glorieuse équipe de foot du FLN ». Nous avons le plaisir d’avoir aussi parmi nous, mes amis la moudjahida Fatima Krim, le moudjahid Abderrahman Djoudi,  Mokrane le fils de Yahia Dahmouche et Youssef Mahouche parent de Lakdar Mahouche. Malheureusement le moudjahid Abderrahman Djoudi n’a pu se déplacer en raison de sa santé)

Je salue également la présence nombreuse de petites filles et de petits fils de moudjahidine venus spécialement d’Alès et de La Grand’Combe.

Jamais les patriotes algériens de la région n’organisèrent d’attentats contre nos compatriotes, pourtant la répression fut cruelle, allant jusqu’à la torture à l’eau et à l’électricité pratiquée à Saint Hippolyte du Fort.

Cinquante ans, c’est court à l’échelle de l’histoire de l’humanité, mais l’Algérie est depuis devenue une grande nation respectée dans le monde. Sa voix est écoutée pour sa politique de Paix, comme en témoignent une nouvelle fois, ces temps-ci, son soutien au Peuple palestinien et à l’Autorité palestinienne et sa recherche persévérante d’une solution pacifique à la situation du Mali. C’est un diplomate algérien, Lakdar Brahimi,  qui a été désigné par les Nations Unies pour tenter de trouver une issue négociée au drame que vit la Syrie.

Ce ne fut pas facile de bâtir une société nouvelle, pour ce Peuple  décimé par huit années d’une guerre atroce et privé d’une partie de sa population d’origine européenne poussée à l’exil en 1962, par les crimes de l’OAS. Il releva cependant le défi avec courage et aujourd’hui des Écoles, des Université, des Hôpitaux existent sur l’ensemble du territoire, alors que 10% seulement des petits Algériens étaient scolarisés avant l’indépendance et que les épidémies, la tuberculose notamment, faisaient des ravages. Ce Peuple déjà si éprouvé par la dure lutte menée pour son indépendance contre une des armées parmi les plus puissantes du monde, fut également confronté à une terrible guerre civile manipulée de l’étranger, qui fit quelque 200 000 victimes durant la décennie noire des années quatre-vingt-dix. Il s’en est relevé et l’Algérie a aujourd’hui retrouvé la paix.

L’Algérie est un immense chantier. Des grues partout. Des autoroutes, des ponts, des barrages hydrauliques, des immeubles locatifs en nombre sont construits et, dans ce pays où existe le multipartisme et une presse irrespectueuse et très combative, d’importantes réformes sont en cours pour approfondir la démocratie. Le peuple algérien évolue à son rythme en toute souveraineté et il n’accepte pas qu’on lui dicte sa conduite de l’extérieur. Nous devons respecter sa volonté.

C’est cette réalité que les voyageurs qui s’y rendent découvrent et que continuent de nier les revanchards de « L’Algérie française » qui avaient, en mars dernier, ici même,  mis notre colloque d’historiens en état de siège.

Le Peuple algérien qui a combattu victorieusement le colonialisme français, n’a pas de haine pour le Peuple de France. Il aspire au contraire au développement de liens durables d’amitié  avec notre pays et notre Peuple. C’était l’objectif du projet de traité d’amitié décidé en 2003 par les Présidents Bouteflika et Chirac et enterré depuis par Sarkozy. Dans quelques jours, le Président Hollande se rendra en voyage officiel en Algérie. Son élection a soulevé un grand espoir dans le Peuple algérien et sa condamnation du pogrom du 17 octobre 1961 à Paris a été saluée comme un geste important, même si des pas restent encore à faire pour reconnaître et condamner définitivement le crime que constituait le colonialisme.  On peut légitimement espérer que cette visite marquera un tournant dans les relations entre l’Algérie et la France. C’est mon vœu le plus cher.

La distinction que vous me remettez aujourd’hui, Monsieur le Consul, témoigne de la reconnaissance par l’Algérie de l’action menée en France pour l’indépendance de votre pays. Elle témoigne également de la volonté de l’Etat algérien de nouer et d’approfondir des relations confiantes d’amitié avec notre pays. Je la reçois comme tel. Certes j’étais et je suis toujours très engagé dans cette démarche, mais d’autres ont fait tellement plus que moi. Aussi vous me permettrez de dédier cette médaille tout spécialement à mon camarade Marc Sagnier qui, le 4 mai 1958, écrivit au Président de la République française :

« Monsieur le Président,

J’ai longuement réfléchi à la guerre que nous poursuivons depuis quatre ans et j’ai pris la décision de vous informer de mon refus d’y participer […] car ma conscience m’ordonne de ne pas faire la guerre à un peuple qui lutte pour son indépendance. Je ne refuse pas d’accomplir mon service militaire, car j’aime mon pays qui fut toujours à l’avant-garde de la lutte pour les libertés et je veux être capable de le défendre s’il est attaqué, aussi je me tiens à la disposition des autorités militaires. »

Marc nous a quittés prématurément en 1995. Les sévices qu’il avait subis en détention ne sont pas étrangers à son usure précoce. S’il vivait encore, c’est lui qui aurait mérité de recevoir cette distinction et il serait heureux des progrès accomplis par l’Algérie, malgré d’immenses difficultés, depuis l’Indépendance.

Vous voudrez bien, Monsieur le Consul, transmettre à Son Excellence Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire, mes sentiments de profonde gratitude pour cette distinction qui honore tous les amis de l’Algérie.

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Source II : pcf-nimes.over-blog.org
Publié le : 27 Novembre 2012 par section pcf Nimes

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III / ALGÉRIE J’ÉCRIS TON NOM

Algérie, j'écris ton nom.

Quel est ce territoire longtemps sans nom, sans état, sans police, sans route, sans institutions propres ?
Quelle est cette bande de terre, prise en étau entre Méditerranée et un vaste désert dont il est facile de comprendre que sa quasi vacuité territoriale et institutionnelle le fit appartenir aux plus entreprenants ? Jugez-en par son occupation successive depuis ces 2.000 dernières années.
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En -148 avant J.-C. ce furent les Carthaginois (714 ans),
ensuite les Les Romains, (584 ans),
puis les Vandales (100 ans),
remplacés par les Byzantins (112 ans),
auxquels succèdent les Arabes (865 ans),
lesquels seront chassés par les Turcs (315 ans),
suivis des Portugais (17 ans)
et des Espagnols (282 ans).
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Enfin pour la période sur laquelle nous nous pencherons plus particulièrement en ce 50ème anniversaire de la présence des ressortissants de notre pays, les Français (130 ans), mais aussi des émigrants de presque tous les pays de l’actuelle Europe et oserais-je mentionner les occupants depuis à peine 50 ans sous le nom de «nationaux du moment » ?
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1830 – Quand, le 14 juin, les troupes royales de Charles X, roi des Français, embarquées à Toulon et commandées par le maréchal de Bourmont débarquent à Sidi Ferruch à l’Ouest d’Alger, elles ont un double but :
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premièrement supprimer la piraterie qui sévit de façon endémique depuis plus de trois siècles au détriment des biens et navires marchands non seulement français mais aussi anglais, italiens, espagnols, américains… croisant en Méditerranée.
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Deuxièmement, abolir la mise en esclavage des équipages et passagers qui en résulte ; soit deux fléaux qui procurent à la Régence d’Alger l’essentiel de ses ressources qu’elle n’est pas capable de produire autrement.
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Le 19 juin,
 cinq jours après un débarquement à peine perturbé par des cavaliers en patrouille, les 50.000 guerriers de Hussein, le Dey d’Alger, soit des troupes de janissaires turcs, kabyles, arabes et kougoulis, commandés par son gendre Ibrahim sont vaincus par les armes de 20.000 soldats français à Staoueli sur la route d’Alger.
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Le 05 juillet, les prisonniers du bagne d’Alger sont libérés ; parmi lesquels un marin toulonnais qui survivait là depuis 20 ans. Au même moment, le Dey embarque sur la goélette Jeanne d’Arc, mise à sa disposition, ainsi que celle de sa famille, par le gouvernement français qui fait preuve de sa légendaire politesse : «après vous, monsieur le Dey ». C’est au tour, 10 jours plus tard, de 2.500 janissaires turcs de regagner Istamboul. Puis ce sont les villes de Blida, Mers el Kebir, Bône, Oran qui tombent aux mains des français qui y plantent la bannière à fleur de Lys, avant qu’elle ne soit remplacée le 17 août par notre actuel drapeau tricolore. Le roi est chassé du trône, vive la République française !
A peine débarqués, les Français organisent la colonisation avec les indigènes, mot qui signifie très exactement : « celui qui habite son propre pays ». Dans les 7 mois qui suivent leur arrivée, les Français créent le corps des Zouaves, essentiellement composé de Kabyles (tribu des Zouaouas) et entérinent l’élection de Bacri, chef de la communauté des 5.000 juifs d’Alger dont 2 de ses membres ainsi que 7 musulmans vont entrer, à cette même période, au premier Conseil Municipal d’Alger.
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1831 – On parle souvent de massacres en Algérie en faisant allusion à ceux des années 1960, mais en ce premier janvier de 1831, les habitants de la ville de Médea qui s’était déclarés favorables à la France sont massacrés après le départ des troupes françaises. Une pratique qui fera recette tout au long des conflits armés entre la France et certains chefs de tribus locales.
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Novembre de la même année verra le commerçant Abou Derba, à la tête d’une délégation de notables algérois, demander au gouvernement français de maintenir et poursuivre la colonisation par crainte d’un retour à l’anarchie et l’insécurité ; 3.000 civils européens peuplent déjà la colonie.
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1834 – Après la victoire totale le 2 février du général Desmichels, ce dernier propose à Abd el Kader, chef d’une unique tribu, de signer un traité que la communauté des historiens reconnaît aujourd’hui comme avoir grandement avantagé l’émir, au point de laisser croire à ses partisans du moment et ceux à venir que le gouvernement français a perdu la face et que ce qui ne pourra jamais être conquis par les armes pourra l’être par la terreur et l’endoctrinement politico-religieux, ce qui va être lourd de conséquence.
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Après avoir créé un Bureau des Affaires Arabes afin d’offrir un statut particulier qui ne soit pas en contradiction avec les coutumes religieuses et juridiques musulmanes,
 puis avoir installé un Gouverneur Général qui contrôle, entre autres, le développement matériel et les énormes investissements financiers consentis par l’Etat et des organismes privés à la nouvelle colonie, la France progresse dans la pacification des territoires, l’installation d’une agriculture solide et d’un commerce florissant qui amènera plus de 100 années après, au constat suivant :
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1937 – Le Gouverneur Général de l’Algérie (nouveau nom du territoire inventé en 1838 par l’administration française) et les Assemblées Algériennes où siègent côte à côte aussi bien des musulmans d’origine berbère ou arabe descendants des anciens envahisseurs que des Européens, constatent que l’Algérie du moment occupe un territoire d’une superficie légèrement supérieure à la moitié de la France. Elle est peuplée de 7.147.157 habitants, soit 6.201.144 indigènes et 946.013 européens dont la moitié d’origine française. Les deux communautés travaillent tant dans les quelques 972 villages de la campagne dont plus de 80 % sont des créations purement françaises. Les Indigènes sont plutôt éleveurs de troupeaux tandis que les cultivateurs sont essentiellement d’origine européenne. Dans les villes, une masse de plus en plus importante est aspirée par les grandes agglomérations comme Alger, Oran et Constantine. Les terres algériennes appartiennent au deux tiers aux musulmans, tandis que l’industrie et le commerce est aux mains des Européens.
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1942 – Alger fait partie de la France non occupée par les Allemands et suite au débarquement des troupes alliées, la principale cité de l’Algérie devient le siège du gouvernement de la France Libre du Général de Gaulle. Il apparaît aujourd’hui que les partisans de Ferhat Abbas, futur leader indépendantiste, auraient secrètement négocié avec le gouvernement provisoire de la France, dès cette époque, une autonomie accrue de cette province française, contre la participation des musulmans à l’effort de guerre, principalement en nombre d’hommes engagés au combat.
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1954 – L’agriculture de l’Algérie, considérée comme le «grenier de la France» tant elle exporte vers la métropole des quantités importantes de produits frais, secs ou viticoles, vient à connaitre une crise importante due à la concurrence des produits du sud de l’Europe (majoritairement la France, mais aussi l’Italie et l’Espagne). L’industrialisation, malgré les ouvertures de nouvelles mines, l’exploitation de nouveaux champs pétroliers, reste faible avec moins de 200.000 ouvriers concentrés sur les grandes agglomérations dont la population musulmane est devenue majoritaire, d’où une paupérisation accrue et un chômage croissant dans une population toujours plus jeune et peu instruite. Ce cocktail explosif amène ceux-là même qui n’avaient jamais envisagé un avenir séparé de la France à écouter les discours irresponsables des communistes métropolitains et moscovites, ou encore ceux des nationalistes musulmans intégristes : l’Algérie aux musulmans !
Après le meurtre cette même année d’un jeune couple d’instituteurs français ainsi que d’un musulman qui s’est courageusement interposé entre eux et leurs agresseurs, la guerre d’Algérie que l’on nomme alors, pacification d’un territoire français prend une tournure irrévocable.
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1962 – Les « évènements d’Algérie », guerre qui ne dit pas son nom, se termine par les accords d’Evian signés par ben Youcef ben Keddah et les représentants du gouvernement du Général de Gaulle, « appelé » aux commandes de l’Etat en 1958 et assisté dans cette «tâche» de liquidation d’un territoire français par son ministre Louis Joxe. Ainsi est bâclé de façon incontestable 130 ans de présence et de culture française.

Si les clauses furent et sont toujours respectées scrupuleusement par l’actuel gouvernement français, comme par l’achat 30% plus cher de son gaz et pétrole, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles furent et sont toujours bafouées par l’actuel régime algérien.
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A l’heure actuelle, dans un climat de négationnisme et de repentance, on voudrait nous faire croire que la France fut et demeure un pays d’esclavagistes, particulièrement doué pour faire « suer le burnous » à des populations innocentes.

Alors que penser de ce qu’écrivit E.-F. Gauthier dans son ouvrage (Un siècle de colonisation) :

« S’il existe quelque part sur la planète une région où tout mis en balance, le phénomène colonial ait abouti à un épanouissement plus éclatant qu’en Algérie, on n’imagine pas où cela peut bien être. »

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Source : histoiresdefrance.wordpress.com
Par : Lio de France.
Article déjà publié sur : Revue Sud Est   –  Résistance Républicaine
ANNEXES : Avenir de l’Algérie par Alain Soral (vidéo 19:01)

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Reblogué et mise en page par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.12.2017
Dernière mise à jour : 25.12.2017

Joyeux Noël à La Grand-Combe et dans le monde

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La crèche avec Jésus, Marie, Joseph, un berger avec sa brebis (symbole de l’immolation du fils de Dieu) et les rois mages MelchiorGaspard et Balthazar qui Lui apportent l’Or car c’est un Roi. L’Encens : c’est un Dieu. La Myrrhe : c’est un Mortel.
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J O Y E U X   N O Ë L   2 0 1 7 !

Nous chrétiens, célébrons la naissance du Sauveur, de Christ, du fils de Dieu qui par miséricorde, s’est fait homme pour nous montrer le Chemin.

Cet évènement est annoncé par les plus grands prophète, tout au long de l’Ancien Testament et désormais, Dieu est avec nous.

Ce soir, nous allons Lui rendre visite à l’église, lors de la Messe de Minuit qui sera célébrée des millions de fois par les prêtres du monde entier à la gloire de notre Roi, Celui Qui viendra à la fin des temps, séparer le bon grain de l’ivraie, ce qui ne nous exonère pas de faire ce travail quotidiennement.

En ce qui concerne nos frères musulmans, je leur dis qu’ils prient Celui Qu’ils ne connaissent pas, car leurs Écritures sont plutôt déficientes à ce sujet, alors que les Évangiles sont riches d’enseignements et bel et bien la continuation logique et vérifiable de l’Ancien Testament dont certains Juifs savent bien que le Christ Roi remplit parfaitement les conditions pour être reconnu par eux, comme le Messie qu’ils attendent.

Pensons-y, le temps rétrécit et il ne sera bientôt plus temps pour faire une conversion (à 180°) et non une révolution (à 360° qui de fait vous replace au même endroit.)
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Photo : Église de Notre Dame de l’Immaculée Conception de La Grand-Combe 30110

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Texte et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.12.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

Combattants polonais du pays grand-combien morts pour la France 39-45 ?

MaquisardsPolonais
Photo2016© Plaque des Héros polonais tombés pour la libération de la France – BOHATEROM POLSKIM POLEGLYM O WOLNOSĆ FRANCJI
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I / PLAQUE EN HOMMAGE AUX HÉROS POLONAIS TOMBÉS
POUR LA LIBÉRATION DE LA FRANCE, ALÈS (GARD)

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Sur le mur de la Bourse du Travail [de la ville d’Alès, capitale régionale des Cévennes], une plaque rend hommage aux Polonais tombés pour la libération de la France : combattants volontaires 1939-1940, résistants et maquisards de la région alésienne FTP-MOI, CFL, et réfugiés polonais arrêtés à Lasalle le 28 février 1944 et pendus à Nîmes le 2 mars 1944.

Contexte historique

ADAMIAK Eugène, né en Pologne en 1924, mineur à la Grand-Combe, FTPF, blessé grièvement par un milicien qu’il était chargé d’exécuter ; il meurt lors de son transport le 16 juillet 1944 près de St Florent-sur-Auzonnet. (son nom figure aussi au monument aux morts du cimetière de la Grand-Combe et depuis 2012 sur une plaque commémorative à Saint Forent-sur-Auzonnet).

CZARNECKI Henri né à Bessèges en 1926, élève au Lycée polonais de Villard-de-Lans, FFI, tué sur le plateau de Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1944.

DAMASIEWICZ Josef, né en Pologne en 1892, réfugié, venu du camp de Vernet-les-Bains au Centre d’accueil de Lasalle avec sa famille en décembre 1942, pris par la police allemande le 28 février 1944 avec 20 autres otages polonais, pendu à Nîmes le 2 mars 1944, enterré dans le carré militaire au cimetière du Pont de Justice à Nîmes.

ECKARDT Émile, d’origine alsacienne, gérant de l’hôtel du Fangas sur le Mont Aigoual, pris en otage par les SS le 29 février 1944 à Ardaillès, pendu à Nîmes, le 2 mars 1944.

JANKOWSKI Jan né en 1902 en Pologne, fonctionnaire au Consulat polonais à Paris, réfugié, arrivé du camp de Vernet-les-Bains avec son épouse en décembre 1942 au centre d’accueil n° 67bis de Lasalle dont il était le gestionnaire, pris par la police allemande comme otage, pendu à Nîmes le 2 mars. Cimetière du Pont de Justice.

JEDRZEJEWSKI Casimir, mineur à La Grand-Combe, pseudo « Maurice » au maquis FTP des Bouzèdes, arrêté après l’attaque de la Maison Centrale de Nîmes. Fusillé au Fort de Montluc à Lyon le 19 juin 1944.

JUSZCZYK Stanislas, domicilié au Martinet.

KASJANOWICZ Stanislas, né en 1918, soldat polonais réfugié, arrivé depuis fin 1943 avec son épouse au Centre d’accueil de Lasalle, pris le 28 février 1944 par la police allemande et pendu le 2 mars à Nîmes. Cimetière du Pont de Justice.

KIJAK Marian

GIERONOWICZ Edward, né en 1926 en Pologne, domicilié aux Brousses, parti au maquis, tué par une patrouille allemande.

KISZKA Wawrzyniec (Laurent), né en 1921 en Pologne, mineur au Martinet. FTP-MOI à Marseille en 1943 tua, avec Lucien Vivaldi, le Président de la Section spéciale de la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence. Arrêté fin janvier 1944, condamné à mort, libéré par un groupe FTP, caché dans le maquis des Basses-Alpes, capturé par les Allemands près de Digne, il décéda à l’hôpital le 23 mai 1944 (Son nom figure sur la plaque commémorative au Martinet).

KOWALSKI François

LUKAWSKI Jan, né en 1924 à Paris, réfugié venu de Vernet-les-Bains depuis fin décembre 1942 dans le Centre d’accueil de Lasalle. Pris par la police allemande le 28 février 1944 et pendu à Nîmes. Cimetière du Pont de Justice.

MALINOWSKI Stanislas, né en 1922 en Pologne, mineur à Cendras, FTPF 7202e Cie, pseudo « Jouhaux », blessé et achevé par les Allemands au combat de La Rivière (Lozère) le 5 juin 1944.

MASLAK Jan domicilié à La Grand-Combe.

MLYNARCZYK Josef

PIETRZYKOWSKI André, domicilié à Portes, 7207e cie FTPF, pseudo « Biscuit », tombé à Moussac lors de l’accrochage du 25 août 1944 avec une colonne allemande. Son nom figure à Portes et à Moussac.

PIWKO Jan domicilié au Martinet.

SOCZAWA Eugène

STRUZYK Eugène, domicilié à Bessèges, pseudo « Oxis », CFL, tombé lors de la bataille du Pont d’Auzon en août 1944 (son nom figure sur la stèle d’Allègre et de Bessèges)

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II / LA JUSTICE DÉSHONORÉE 1940-1944

Couverture
 

On croit à tort que la justice au temps de Vichy se résume aux seules cours martiales et autres sections spéciales de sinistre mémoire. C’est ignorer que les tribunaux correctionnels, incarnation de la justice quotidienne la plus ordinaire, ont prononcé jusqu’à deux fois plus de peines qu’avant-guerre.

Aux ordres du gouvernement de Laval, c’est l’histoire de la justice des années sombres qui est ici étudiée. Certes, les gardes des Sceaux de Pétain n’ont guère touché aux structures et à l’organisation du système, mais ils n’ont pas cessé de politiser cette justice et d’élargir les champs d’application des textes répressifs. En détournant les lois républicaines ou en promulguant de nouvelles, l’État français élabore pas à pas un « droit commun » visant à placer hors d’état de nuire tous ceux qui pourraient mettre l’ordre nouveau en péril : Juifs, communistes, réfractaires aux chantiers de la jeunesse et au travail obligatoire, détenteurs de faux papiers ou simplement auteurs de délits d’opinion.

Tout naturellement, les premiers résistants forment bientôt une nouvelle catégorie de justiciables, contre lesquels vont particulièrement s’acharner les juridictions d’exception. C’est bien cette politisation à outrance des tribunaux qui explique l’inflation judiciaire de l’époque. Virginie Sansico montre, par le dépouillement d’une masse considérable d’archives (en particulier du ressort de la cour d’appel de Lyon), la justice de Vichy en train de se faire. Le sordide côtoie le dérisoire, le tragique voisine avec le pathétique… Une chose est certaine : l’iniquité était bien souvent au rendez-vous, déshonorant une institution dont l’histoire semblait pourtant si intimement liée à celle de la République.


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III / La résistance polonaise en France

POWN, PKWN et autre FTP-MOI

Ceux qui n’étaient pas mobilisés dans l’Armée régulière polonaise en France, ou qui n’ont pas pu rejoindre l’Angleterre, ont été les piliers de la Résistance qui commençait à s’organiser dans la clandestinité… sous l’inspiration du Consul Général A.Kawalkowski alias Justyn, en accord avec le Gouvernement polonais réfugié à Londres, aidé par un émissaire Czeslaw Bitner.

Cette Organisation a été crée le 6 septembre 1941, en collaboration avec la Résistance française. Elle avait pour mission le renseignement, le sabotage, la rédaction et la diffusion de journaux clandestins en langue polonaise, française et allemande, la recherche et la préparation de terrains de parachutage.

La capacité de parachutage consistait en 60 bases de réception dont 19 dans le midi, 41 dans les Nord et le Centre, conformément aux messages transmis par la section française de la BBC. Y ont été parachutés des officiers, sous-officiers, des armes, du matériel de liaison radio, des explosifs.

Cette Organisation clandestine sur le territoire français a pris comme nom la P.O.W.N. Polska Organizacja Walki o Niepodleglosc – Organisation Polonaise de Lutte pour l’Indépendance. En 1943, l’Organisation comportait 4 000 membres ayant prêté serment.
Ce n’est que lorsque dans la nuit du 22 au 23 juillet 1943 le colonel Antoni Zdrojewski a été parachuté, qu’a commencé la véritable lutte armée militaire.

Le colonel Zdrojewski a été Chef des opérations militaires polonaises sur le sol français. Il était en contact suivi avec le général Marie-Pierre Koenig, commandant en Chef des F.F.I.

Les relations entre Français et Polonais, combattant l’ennemi commun étaient très amicales. On trouvait des compagnies polonaises dans le maquis dans le cadre des FFI. L’Organisation très sophistiquée comportait des sections de transport et d’acheminement des hommes et du matériel parachuté vers leurs lieux de destination.

Aux femmes et aux jeunes Scouts incombaient les missions de liaison, du renseignement, du transport de journaux clandestins, de tracts, etc…

Les unités du renseignement ont transmis l’information sur 182 rampes de lancement de bombes volantes VI et V2 dont 162 ont été bombardées par l’aviation alliée.

La section sabotage avait pour mission de détruire les lignes téléphoniques et hautes tensions, de dresser des barricades sur les routes, de détruire ou déplacer les poteaux de direction. Leur mission consistait également à provoquer voire faciliter la désertion de l’armée allemande ou de l’Organisation Todt, d’éléments enrôlés de force, de Polonais ou d’Alsaciens qui par la suite ont participé dans la libération de la France dans les rangs de la POWN ou autres cellules de la Résistance française. C’est ainsi que 15 000 [personnes] de la Wehrmacht et 10 000 de l’Organisation Todt, ont été soustraites à l’effectif allemand. Le général Eisenhower a estimé que l’action de la Résistance représentait un apport équivalent à 8 divisions militaires.

Les Unités polonaises combattaient ouvertement la Wehrmacht. Le bataillon LVOV combattit dans le Cantal et en Corrèze, le bataillon Varsovie fut engagé dans les opérations de l’Isère et des Alpes. En juillet 1944, un mois avant la libération de l’Isère, les élèves du Lycée polonais de Villard de Lans prirent part au combat contre les Allemands aux côtés des maquisards français, sur le plateau du Vercors. Sur les 27 Polonais, pour la plupart âgés de 16 à 19 ans, 11 périrent avec 2 professeurs et le médecin de l’école.

Des unités polonaises de la POWN luttèrent aux côtés des FFI dans les départements de la Côte d’Or, du Jura, de la Saône et Loire.

Lorsque le contact fut établi entre la POWN et le CNR, les groupes de combat dirigés par le colonel Zdrojewski furent rattachés au mouvement des FFI, sur la base d’un accord conclu à Lyon le 28 Mai 1944 entre le général Chaban Delmas, délégué militaire du Gouvernement provisoire de la République Française et le général Zdrojewski. L’Organisation POWN n’était pas la seule impliquée dans la Résistance sur le territoire français. D’autres groupes de résistance existaient à l’instar de ceux émanent du Parti Communiste Français tels que la section polonaise de la main-d’œuvre immigrée, la MOI. Elle entretenait une correspondance avec Fred (Alias Jacques Duclos).
Les membres des groupes de langue polonaise de la MOI étaient surtout d’anciens soldats des Brigades Internationales d’Espagne, de la Brigade Jaroslaw Dabrowski (environ 3 000 hommes).

L’arrivée de la POWN dans le bassin minier du Nord-Pas de Calais , entraîna une confrontation entre les partisans du gouvernement polonais en exil à Londres et le réseau MOI du PCF.

Des Polonais s’engageaient également dans les Bataillons de la Jeunesse. Ils étaient présents de ce fait dans deux organisations qui allaient donner naissance à la puissante Organisation de résistance des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTP) après l’agression de l’URSS par les armées d’Hitler en Juin 1941.
D’autres Unités étrangères d’obédience juive étaient actives, avec comme identité ou appellation : (Juif né en Pologne).

En 1944, on commença à former des Comités Polonais de Libération Nationale PKWN qui appuyaient la politique communiste de la Pologne, elle était opposée à la POWN sous les ordres du gouvernement polonais en exil à Londres.

Les membres du Parti Socialiste Polonais PPS avaient donné naissance dès le début de 1941 dans les départements du Nord et Pas de Calais à deux organisations clandestines, l’Organisation S et Orzel Bialy (Aigle blanc).
Ces deux organisations avaient pour but d’informer les Polonais de France sur l’évolution de la situation militaire et propager l’idée de Résistance aux Allemands.

Bien amicalement, Prosper ;) ;)

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IV / Enquête Cévenole 2nd volet : le Maquis Communiste

Rappel du contexte

Mon Grand-père, Laurent DAVID, a dirigé une grande entreprise à Alès pendant la guerre, les Houillères de Rochebelle. Il aurait évité à 200 jeunes français le STO [Ervice du Travail Obligatoire en Allemagne, NdE]. Il aurait aidé à nourrir les ouvriers de la Mine. Il a été lynché et quasi exécuté par les maquis FTP (communistes) à la Libération, et pas les autres patrons de Mines. Pourquoi ? 70 ans après, je mène l’enquête.

Synthèse de ce Second Volet de l’enquête

Les historiens font aujourd’hui la différence entre maquis et résistance. Les maquis ont permis à des fugitifs (réfractaires, travailleurs étrangers, militants communistes, juifs, etc.) de se cacher tout en bénéficiant d’un soutien croissant des populations rurales environnantes. Les résistants ont pris les armes et ont contribué à organiser les actions contre l’occupant. La résistance a été obligée de structurer et approvisionner les maquis.

Il y a eu dans un second temps création de maquis résistants.  De nombreux témoignages suggèrent qu’à partir de 1943, les résistants communistes ont cherché à rééduquer les populations rurales tout en réquisitionnant vêtements, essence et nourriture. Le message est très mal passé auprès de ces populations, les paysans étaient trop souvent malmenés et traités de profiteurs de guerre.  Par ailleurs, l’endoctrinement communiste des jeunes résistants, et le projet politique affiché pour la libération ne plaisait pas toujours aux populations. Les résistants communistes ont donc été conduits à assouplir leur position, ne serait ce que pour continuer à s’approvisionner. Mais jusqu’au bout, des groupes de résistants apolitiques et des habitants de zones rurales leur ont reproché leur double jeu.

Des stratégies différentes dans la Résistance

Il y a eu différents groupes résistants sur des mêmes territoires. Et pour déjouer l’occupant, il a fallu [que] ces groupes se déplacent régulièrement, quitte dans certains cas à se disputer des territoires ou des sources d’approvisionnement. Assez vite cependant, un clivage s’est formé entre les maquis dits FFI (en général reconnaissant l’autorité de de Gaulle et du Conseil National de la Résistance), et les maquis FTP (communistes, qui participaient au CNR, mais n’appliquaient pas toujours ses directives sur le terrain). Avec dans le Gard et Le Languedoc, un contrôle du commandement FFI par des communistes convaincus et le refus des résistants apolitiques d’obéir aux ordres des communistes.

Conséquence, dans le Gard, les communistes se jugeaient majoritaires [et] donc avaient des positions plus dures que dans d’autres régions.  Parmi les grandes divergences entre maquis nous avons noté les points suivants :

  • Quand attaquer l’Occupant ? Le choix des FFI consistait à rester caché jusqu’au jour du débarquement, où les forces de la résistance devraient se soulever contre l’occupant pour gêner sa logistique. C’était la position du Général de Gaulle. Le choix des FTP était différent, il fallait engager l’ennemi dès que possible par des exactions d’éclat, pour deux raisons : pour fixer des troupes en France (et soulager la pression en Russie) et pour frapper l’opinion publique des villes et imposer le parti communiste comme première force d’opposition à l’occupant.
  • Quel recrutement pour la résistance : compte tenu de l’absence d’armes et des problèmes d’alimentation, ni les FFI ni les FTP ne voulaient voir grossir trop vite les effectifs résistants. Mais les maquis FTP endoctrinaient leurs troupes donc cherchaient des recrues, si possible dans des univers où le discours communiste passait bien, c.à.d. dans le monde ouvrier.
  • Quel programme à la Libération ? Le choix des FFI consistait à restaurer au plus  vite la  légalité républicaine, et s’il fallait juger des collaborateurs, le faire dans le respect des droits de la défense et si possible à l’abris de réactions populaires locales exacerbées. Le programme des FTP consistait à créer des milices populaires en charge de reprendre la gestion des affaires courantes et juger des crimes de guerre. Les Gaullistes voulaient absolument éviter ces formations de milices populaires et la priorité de la libération a consisté à désarmer ces milices, une fois l’occupant chassé.
  • Que penser des paysans propriétaires et des notables des villages et des villes : les FFI les voyaient soit comme des profiteurs de guerre qui collaboraient d’une manière ou d’une autre, soit comme des relais essentiels pour approvisionner les maquis : dans le doute, sauf quand la collaboration était indiscutable, ils les ménageaient. A l’inverse, les FTP les voyaient comme des ennemis de classe et des collaborateurs qu’on pouvait malmener pour la bonne cause.

La Résistance dans les Cévennes

On a surestimé après-coup l’impact militaire de la Résistance : Il n’y a pas « Une » Histoire de France, il y en a plusieurs, selon le point de vue de celui qui l’écrit. L’idéologie gaulliste et communiste se sont construites sur le mythe d’un pays résistant à l’occupant.
Le communiste en tant que « parti des 70.000 fusillés » de la résistance (un historien américain en vue, en a reconnu 350). Le Gaulliste quand Eisenhower a reconnu que la résistance française équivalait à six divisions.  Les historiens sont plus nuancés aujourd’hui sur l’impact militaire effectif de la Résistance. Un anglais facétieux expliquait que les 150 principaux attentats commis par la résistance en France ont employé moins d’explosifs que n’en transportait un Mosquito (avion en Balsa qui pouvait transporter jusqu’à 900 kg de bombes).

On a confondu Maquis et Résistance : La réalité historique, vue par les historiens anglo-saxons de l’engagement résistant en France, c’était quelques héros peu nombreux, des tas de jeunes fuyant dès 1943 le travail forcé en Allemagne, plus un engagement tardif de populations en nombre croissant à partir du 7 juin 1944. Autant le « Maquis » constitue une réalité historique indéniable, avec des centaines de milliers de fugitifs dès l’été 1943 nourris et vêtus par les populations rurales dans un fantastique élan de solidarité, autant la Résistance sera resté un phénomène très restreint dans le temps et dans l’espace à l’exception de quelques zones bien précises (Vercors, etc.). Après-guerre, on associera le Maquis aux Groupes résistants, alors que les Maquis dans la très grande majorité des cas n’étaient pas armés.

Les communistes, en militant contre la guerre en 39/40, avaient aidé les nazis au départ : Ces mêmes historiens anglo-saxons rappellent qu’à l’entrée en guerre de la France en 1939-1940, la signature du Pacte Hitler-Staline a conduit des militants communistes à militer contre l’entrée en guerre. On a déploré en 1940 des actes de sabotage contre l’industrie de l’armement française du fait de résistants communistes. Pour ces raisons, les communistes n’étaient pas forcément légitimes en 1942 et 1943 aux yeux de la population pour incarner la défense de la patrie, même si de nombreux militants communistes ont donné leur vie dans la résistance.

Principaux Maquis Cévenols : de nombreux fugitifs se sont cependant regroupés dans les Cévennes dès 1943 pour développer des actions de guérilla. L’histoire a conservé le nom d’Aigoual-Cévennes (mars 43 – Août 44), Lasalle (mi-juillet 43 – fusion en juillet 44 avec Souleirade dans Aigoual-Cévennes), Mandagout (juillet 43 – août 44), Bir Hakeim (déc 43 – mai 44) et FTP Maquis du Serre.

En 1943, la police de Vichy avait une obsession : retrouver les réfractaires qui voulaient échapper au STO. Les groupes de résistants ont donc été obligés de se déplacer très régulièrement pour échapper aux rafles. Ces déplacements permanents (toutes les 4 à 6 semaines) ont conduit Vichy à surestimer le nombre de résistants, donc à confiner fin 1943 les forces de police dans les villes (elles n’osaient plus s’aventurer dans les maquis, persuadées que les résistants étaient partout). Dans la ville d’Alès, cependant, il y avait une garnison allemande en plus de la police de Vichy. On peut donc imaginer que les résistants étaient moins visibles dans Alès. Et que  le « refus » de payer l’impôt révolutionnaire exigé par les communistes y était plus facile. A la Grand Combe ou à Bessèges, les deux autres grandes Mines du bassin, dans des vallées étroites éloignées de la garnison d’Alès, il était certainement plus difficile aux entreprises minières de résister aux pressions des maquis.

Autre indice troublant, il y a eu un « casse » de la caisse de la Mine de Rochebelle le 6 juin 1944 (100.000 euro de l’époque), et une action de sabotage à Rochebelle le 21 juin 1944 mais pas dans les autres mines. Le seul autre attentat significatif reporté sur le bassin a eu lieu à la Grand Combe en 1943.

Mr X était résistant, lui

En discutant avec le responsable d’un lieu de mémoire des Mines dans le bassin, il m’a été répondu : « Nous ne trouvons pas trace de votre grand père mais M X (le patron d’une autre mine) a été en contact avec la résistance », je me suis intéressé à un autre volet de l’enquête : sur quels critères, certains responsables ont[-ils] sauvé leur job et pas d’autres en 1944 ? Peut-on imaginer que Laurent n’ait pas été en contact avec la résistance ?

Par ailleurs, je découvre avec surprise qu’en dépit d’un programme d’investissements importants en 1940 et 1941, suite à une augmentation de capital,  la Mine de Rochebelle a vu sa production baisser de 18% entre 1940 et 1942, malgré les injonctions de Vichy (Laurent a été convoqué chez [Pierre] Pucheu en 1942), alors que les autres mines du bassin d’Alès ont augmenté leur production sur la même période. Et alors que la Mine dirigée par ce Mr X, a augmenté sa production pour les allemands en 1942….
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Source I : © Mémoire et Résistance dans le Gard Droits réservés
Page Internet : MuséedelaRésistanceEnLigne.org
Date document : 2016
Lieu : France – Languedoc-Roussillon – Gard – Alès

Source II : La Justice Déshonorée 1940 – 1944 / GoogleBooks
Par : Virginie Sansico
Éditeur : Tallandier – 624 pages

Source III : www.39-45.org
Par : Prosper Vandenbroucke
Posté le : 15 Nov 2016, 17:51

Source IV : famille-david-dubois.fr
Par : Antoine David © 2017 Famille David
Posté le : 2017 ?

Articles I, II, III & IV reblogués : Mas de la Regordane / GD
Première parution : 24.12.2017
Dernière mise à jour : 04.08.2018

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Skier à la Grand-Combe ? (video)

Loisinord
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Dans le Nord, à 62290 Noeux les mines (Loisinord), ils l’ont fait.
Au Sud-Ouest, à 81450 Le Garric-Carmaux (Cap Découverte), ils l’ont fait !
Alors quand le fera t-on sur la commune de La Grand-Combe ?
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LOISINORD (vidéo)
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https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/export/player/Mineur00293/wide
Pour visionner la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessus.
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CAP DÉCOUVERTE (vidéo)
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Source Loisinord : fresques.ina.fr
Source Cap Découverte : Youtube

Texte et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 23.12.2017
Dernière remise à jour : 23.12.2017

France, seul pays ayant fermé ses mines de charbon ? (video)

Ici, nous vous proposons des informations qui « sembleraient indiquer » que le charbon n’est mort …. qu’en France ! tandis que dans de nombreux autres pays, les exploitations se portent plutôt bien, voire, redémarrent (Algérie, Angleterre). Et nous qu’attent-on ? un feu vert de l’Europe, c’est à dire, sans langue de bois, des Oligarques étasuniens ?

Sommaire
I – La République indépendante du Dombass (ex Ukraine, ex URSS … )
II – L’Allemagne
III – L’Algérie
IV – L’Angleterre
V – La France : circulez, il n’y a rien à voir !

I / 2017 (14.12) – DONETSK

Cette nouvelle exploitation a été inaugurée le 14 décembre 2017, en présence du ministre de la Houille et de l’Energie de la République de Donetsk, Edouard Golenko, à la mine Zassiadko qui se trouve dans le quartier Kievski de Donetsk, situé près de la ligne du front. Cette exploitation pourra produire 1 000 tonnes de charbon quotidiennement pendant 18 mois avec la charge normale.

La mise en service de ce front d’abattage est destinée à remplacer l’ancien, dont l’exploitation a été terminée le 30 novembre dernier. La procédure a été validée par une commission, avec à sa tête le faisant fonction de directeur de la mine, Andreï Netcheporenko. Ce front d’abattage fournira l’emploi à 250 mineurs, il fait 281 mètres de long, avec une couche de houille épaisse de 0,8 mètre. Sa réserve est évaluée à 420 tonnes de houille. La production servira à alimenter en charbon la centrale thermique de Zouïevka et les usines métallurgiques. C’est la 8e exploitation de houille, mise en service en RPD depuis le début de l’année.

Reportage et photos de Svetlana Kissileva

Par : Svetlana Kissileva – Tags : DNR – Donetsk – économie – Русский

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II / 2017 (08.11) – ALLEMAGNE

Allemagne : moins de nucléaire, plus de charbon ?

France 2 fait le détail de la production d’énergie en Allemagne, quelques années après sa sortie du nucléaire.
VIDÉO France 2 : cliquez sur le lien ci-dessus

D’un côté, l’Allemagne démantèle ses vieilles centrales nucléaires, de l’autre, elle construit des éoliennes. Sur le papier, la transition énergétique se déroule comme prévu, dans la pratique, c’est plus compliqué. En 2011, Angela Merkel a pris une décision historique : abandonner le nucléaire d’ici 2022. Mais la chancelière prévient toutefois que « personne ne peut affirmer qu’une telle transition énergétique sera facile ».

Hausse de la part des énergies renouvelables

Dès 2011, 8 réacteurs sur 16 sont mis à l’arrêt. Mais comment l’Allemagne a-t-elle compensé leur disparition ?

Elle s’est d’abord appuyée sur les centrales à charbon. Certaines mines à ciel ouvert tournent à plein régime.

Dans le même temps, les Allemands vont aussi investir dans les énergies renouvelables. Bilan cinq ans après : la part de l’énergie nucléaire est passée de 17,6 % à 13,1 %, celle des énergies renouvelables a augmenté de 20,1 % à 29,5 %, mais la part du charbon est restée stable autour de 40 %.

Publié le : 

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III / L’Algérie « repart » au charbon

POUR SUPPLÉER À UNE GRANDE DEMANDE EN ÉNERGIE

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La région de Béchar recèle un important gisement de charbon subdivisé en trois sous-bassins, à savoir Mezarif, Kenadsa et Abadla
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La région de Béchar recèle un important gisement de charbon subdivisé en trois sous-bassins, à savoir Mezarif, Kenadsa et Abadla. 
L’activité d’extraction de charbon dans la région reprendra après un arrêt qui aura duré près de 50 ans.

Après des mois d’hésitation, le ministre de l’Énergie et des Mines, Youcef Yousfi, lâche le morceau. L’Algérie retournera au charbon et qu’importe si cette démarche va à l’encontre de la lutte contre le changement climatique qui recommande d’exclure le charbon en raison de son impact sur l’environnement.

La Chine ne tire-t-elle pas 80% de son électricité du charbon ? Et puis, la technologie fera le reste. De nouvelles technologies ont été mises au point, permettant de réduire les émissions de CO2.

Du coup, les centrales électriques au charbon coûteront plus cher, mais qu’importe quand c’est de stabilité sociale qu’il s’agit. L’impératif de la sécurité énergétique impose sa loi et ses prix.

En visite de travail hier, à la wilaya de Béchar, le ministre de l’Énergie et des Mines a affirmé que les pouvoirs publics sont décidés à mettre en valeur les potentialités minières et d’hydrocarbures de la wilaya de Béchar afin d’amorcer le développement économique et social des régions du sud-ouest du pays.

Deux actions sont déjà engagées par les pouvoirs publics dans la perspective de concrétiser cette ambition : relancer les études sur la possibilité de la réouverture des mines de charbon et poursuivre les travaux d’exploration pétrolière et gazière, soulignait hier, M.Yousfi en marge de cette visite.

S’agissant du premier volet, une possible reprise de l’activité d’extraction de charbon dans la région à l’arrêt depuis près de cinq décennies permettra, notamment d’améliorer la couverture en électricité de toute la Saoura à la faveur de la mise en place d’une nouvelle centrale électrique. Elle fonctionnera au charbon. «Nous étudions la possibilité de rouvrir les mines de charbon et d’avoir une centrale électrique qui fonctionnerait au charbon. Ceci permettrait de créer des emplois locaux et d’exploiter cette ressource naturelle», a déclaré le ministre de l’Energie, soulignant toutefois que cette possibilité «est au stade des études». «On va voir si c’est possible de produire du charbon et à quel coût», a-t-il ajouté.

Dans cette optique, il est prévu de compléter et de mettre à jour les études faites jusqu’à présent en matière d’impacts socio-économiques, mais aussi environnementaux de la réouverture des mines de charbon sur la région et la population. «Il y a un certain nombre de difficultés. Nous allons donc compléter et mettre à jour les études faites sur cela et j’espère que nous arriverons à quelque chose de positif», indique M.Yousfi.

La région de Béchar recèle un important gisement de charbon subdivisé en trois sous-bassins, à savoir Mezarif, Kenadsa et Abadla qui totalisent des réserves potentielles de plus de 208 millions de tonnes, dont le plus important est celui de Kenadsa (30 km du chef-lieu de wilaya) avec un potentiel estimé à 142 millions de tonnes, selon des explications fournies par la direction de l’énergie et des mines de la capitale du sud-ouest algérien. Il s’agit donc d’importantes quantités largement suffisantes pour faire tourner une centrale électrique à charbon pour de longues années.

Avec seulement 20 millions de tonnes, «il est possible de faire fonctionner une centrale électrique de 300 à 400 MW durant 30 ans», assurait, dans ce sens, le président-directeur général de Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, présent à l’exposé fait sur le potentiel minier de la wilaya.

Cependant, la mise en valeur du potentiel minier de la wilaya de Béchar n’est pas limitée seulement au charbon, puisque les activités d’exploration en cours cibleront toutes les substances. «Nous avons pris du retard dans l’exploration minière (dans la région)», a reconnu le ministre, ajoutant que cette activité «sera intensifiée» pour évaluer le potentiel existant en minerais comme le palladium, le cuivre, l’or et la baryte. «Nous allons accélérer l’exploration pour voir les opportunités d’exploitation de ces gisements», a-t-il assuré.

Le ministre a, d’autre part, affirmé que l’exploitation du site minier de Ghar Djebilet dans la wilaya voisine de Tindouf se fera par une société nationale en association avec un partenaire étranger éventuellement. La société algérienne qui sera créée, notamment par Sonatrach, Manadjim El Djazaïr (Manal), et d’autres entreprises de sidérurgie va, d’abord, étudier la possibilité d’exploiter ce site. Plus tard, «s’il y a des partenaires qui veulent se joindre à cette société, ils seront les bienvenus», explique le ministre qui souhaite que la wilaya de Béchar se transforme en «un pôle de l’industrie minière dans la région du sud-ouest du pays».

Source : lexpressiondz.com
Par : 

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IV / Angleterre : le charbon ferait-il un pied de nez à feue, la « dame de fer » ?

Cliquez sur le lien ci-dessous pour vous faire votre opinion.

La renaissance des mines de charbon

FRANCE 24   13.031
REPORTAGE : Les mines de charbon du Pays de Galles, fermées par l’ancienne Premier ministre britannique Margaret Thatcher dans les années 1980, commencent à rouvrir. ([par :] F. Thelma).

Source : musicamoviles.com

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Publié sur ce blog par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 16.12.2017
Dernière mise à jour : 25.01.2018

Techniques minières à la Grand Combe et ailleurs (video)

BriquetteCharbon
Photo : Maquette d’un train de wagons, chargés de charbon, depuis des trémies.

Du pic et aux galeries soutenues par des pieux de bois, aux haveuses et aux soutènements marchands, il a fallu plusieurs siècles de progrès techniques pour moderniser, rentabiliser et sécuriser les exploitations minières de toutes matières et donc de la houille, synonyme du charbon.

I/ Techniques charbonnière dans les mines de la Loire (Saint Étienne)
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Source :  par : brgmTV. Publié le : 23.07.2012
Les houillères du bassin de la Loire. Film extrait de la cinémathèque de Charbonnages de France et édité en 2007 dans le cadre du double DVD « Du charbon au pays de Cézanne, Histoire des mineurs dans le Centre-Midi », sur l’histoire des mineurs et du charbon en Provence (Gardanne, Meyreuil) et dans les Houillères du Bassin  du Centre-Midi (HBCM).
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II/ Les chantiers de dressant vers 1993

et vue sur différents métiers de la mine à VOUTERS (HBL)
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Source :  par : Alain Meier. Publié le : 27.12.2013
Catégorie : Films et animations
Licence : licence YouTube standard
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III / Le soutènement marchand dans les mines du Nord et de Provence

un film produit par CdF (Charbonnages de France) qui donne une suite au slogan sécuritaire archi connu des mineurs : « Ou tu me boises, ou je t’écrase ! »
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Source :      brgmTV Publié le : 23.07.2012
Automatisation de la production du charbon. Les plus récents progrès de la technique minière dans un chantier automatisé des Houillères de Provence. Film extrait de la cinémathèque de Charbonnages de France et édité en 2007 dans le cadre du double DVD « Du charbon au pays de Cézanne, Histoire des mineurs dans le Centre-Midi », sur l’histoire des mineurs et du charbon en Provence et dans le Centre-Midi (1972). © BRGM – Charbonnages de France
Catégorie : Actualités et politique
Licence : licence YouTube standard

IV Le métier de « mineur de fond », par un ancien de la fosse n°2 d’Oignies

V / Les découvertes, l’avenir de l’exploitation du charbon

Enfin, de nombreux syndicalistes passéistes, des membres timorés du gouvernement français, ont d’une part incité les mineurs à vouloir perdurer dans leur galeries, oh combien dangereuses, et d’autre part mis des bâtons dans les roues des ingénieurs visionnaires (qui ont tout de même forcé le passage) en équipant les mines de pelles géantes. En effet, bien souvent le charbon est comme Lagardère qui, si l’on ne vient pas à lui, s’arrange pour venir à nous, grâce aux moyens hyper puissants dont on dispose aujourd’hui et qui permettent de produire de façon enfin rentable et bien moins risquée.

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Textes et mise en page : Mas de la Regordanne/GD
Première publication : 16.12.2017
Dernière mise à jour : 01.01.2018

Emile Aujoulat, 30 ans de mines à La Grand-Combe

LGC.12
Photo de La grand-Combe (30110) dans les années 1900 ?

[Jolie trouvaille sur Internet que cette page personnelle décrivant parfaitement et en un style simple, mais réaliste, l’ambiance des « Riches Heures des Mines de La Grand-Combe. »]

AUJOULAT des HUBACS

[1908] C’est le 29 mars 1908 à La Grand-Combe que nait Émile Auguste AUJOULAT, dernier des 3 fils ayant survécus, le benjamin de Louis Jean Pierre AUJOULAT et de Marie Lucie DOMERGUE.

[1911] Il n’a pas 3 ans, lorsqu’en 1911, meurt cette soeur ainée, Anne Marie Rosalie, qui fût, sans nul doute, une seconde maman. Mais il est bien trop jeune pour en avoir des souvenirs.

[1919] Au retour de la guerre, selon la coutume, son frère ainé Louis reprend la ferme familiale. Son cadet, Ernest qui est aussi son parrain, part travailler aux Mines. Il a peut-être 14 ans, mais il doit contribuer aux travaux de la ferme.

[1924] A la mort de sa mère, en 1924, il n’a pas 16 ans. Seul avec son père, suite au départ de l’ainé, ils tentent de reprendre cette moitié de ferme. Tâche impossible, ils se replient sur leur petit commerce, et autres travaux saisonniers, surtout l’hiver, à la …

Compagnie des Mines de La Grand-Combe :

à 15 ans, du 19 Octobre 1923 au 05 Avril 1924,
à 16 ans, du 26 Septembre 1924 au 09 Mars 1925,
à 18 ans, du 15 Novembre 1926 au 25 Avril 1927,
à 22 ans, du 01 Mars 1930 au 02 Avril 1930.

[1934] Mais sur la commune de Saint Étienne de Lugdares, il fait la rencontre de Sidonie Eva Vialle, originaire du Brouzet[-les-Alès ?], et plus jeune de 6 ans. Ils se marient dans cette commune le 07 Avril 1934. Il avait 26 ans, et elle avait 20 ans. Ils s’installent à La Grand-Combe, ou à peu près 15 mois après …

[1935] … nait Francis, le 14 Juillet 1935. Ils déménagent, du quartier [commune] des Salles du Gardon à celui de Ribes, la dernière rangée de Maison, la plus haute [rue des Églantiers].

[1937] Puis le 07 Juin 1937, c’est la naissance de Raymond, et un peu plus tard …

[1943] le 20 Juillet 1943, [la naissance] de Colette. La maison devient trop petite, et ils se déplacent, toujours à Ribes, mais dans une maison plus grande (cuisine, couloir, 3 autres pièces et toilette/douche). Enfin, le petit dernier, Michel, le 11 Décembre 1953, alors que l’ainé à déjà 18 ans.

Pour faire vivre toute cette famille, Émile travaille à la Compagnie des Mines de La Grand-Combe. D’abord MANOEUVRE, ses origines fermières, sa connaissance du soin des animaux, notamment des chevaux pendant son service militaire, son respect de la personne et de la hiérarchie, lui permettent de devenir le COCHER DES INGÉNIEURS.

[1948 ?] Le dimanche, il menait en calèche à la messe, les femmes des Messieurs Godard, Guénard, Marion … En semaine, c’était leurs enfants qu’il conduisait à l’école, à coté de l’Usine à Zinc. Son fils ainé, Francis, se rappelle encore lorsqu’il pouvait grimper à l’arrière de cette calèche.

[1954 ?] Avec la motorisation, les chevaux disparaissent des Mines, et il se retrouve manoeuvre, toujours pour la Compagnie des Mines de La Grand-Combe, mais à l’usine du Parc à Charbon.

[1961]  Après ses 30 ans de service, il prend sa retraite en 1961, à 53 ans. Mais il aime le travail et Michel, son plus jeune, n’a que 8 ans. Déjà, hors journée, il travaillait chez Allain, pour livrer le charbon. Il continue, et en plus, travaille aussi à l’Usine de Biscotte, située à la cime de Ribes. Et pour se reposer, il lui reste encore ses trois jardins avec vignes (Les Hautes Faïsses de Ribes, L’Impostaire, et Le Pont des Salles) : il fait son vin et son alcool, car il a le droit de brûlage, (malheureusement non transmissible).

[1977] N’oublions pas son plus grand plaisir, ou comment lier l’utile à l’agréable : durant des années, finalement jusqu’à ce que son petit fils prenne la relève, à son tour, à 14 ans, en 1977 : les longs week-end de Pâques, Pentecôte, les saisons d’été, avec son cousin, le Père Martin, à la buvette de la Trappe de Notre Dame des Neiges. [à 71 km de La Grand-Combe]

[1981] Bon mangeur, bon vivant, il est décédé le 11 Janvier 1981, dans de grandes souffrances que la médecine de l’époque ne pouvait encore que peu soulager, sinon guérir. Seule, cette foi inébranlable qui renverse les montagnes.

Son épouse, Sidonie Eva, restera encore quelques années dans cette cité de Ribes. Puis elle se rapprochera un peu plus de La Grand-Combe, quelques temps en face de l’ancienne gare routière, route de Trescol, ensuite aux Pelouses,  finalement à la Maison de Retraite des Pins, à l’Arboux.

[2006] Le temps venant, bien qu’en pleine santé physique, son esprit s’est progressivement éloigné des réalités de ce monde, et cette mère au foyer, toujours très attentionnée pour la famille, les proches, fervente croyante, pieuse et pratiquante, jusqu’à son dernier jour, s’en est allée ce mercredi 11 Janvier 2006, soit 25 ans, jour pour jour, après son mari Émile.

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Source : aujoulat.free.fr
Par : Thierry AUJOULAT

Reblogué sur : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 18.12.2017
Dernière mise à jour : 20.12.2017
P.S. les années entre [ ] ont été ajoutées par nos soins.

Drame à Frugères les Mines 20 Mai 1952

[Nous publions ici un long article sur la mort de 12 mineurs dans les Houillères d’Auvergne le 20 Mai 1952. Ce récit très sobre, mais très complet, détaille les évènements, cite le nom des hommes qui ont péri et ceux qui leur ont porté témoignage. Ce serait une bonne chose qu’une narration exemplaire de ce type, soit faite, concernant tous les accidents du travail, surtout quand il y a eu mort d’homme. Des morts « au champ d’honneur du travail », comme ceux qui sont morts pour la France, au champ d’honneur des combats. Le rédacteur de ce texte a su prendre de la hauteur et parler aussi des autres morts dont ceux de La Grand-Combe qu’il cite plusieurs fois et notamment pour signaler que ce même mois de Mai 1952, deux mineurs grand-combiens avaient, eux aussi, trouvé la mort.]

Les mines du Grosménil : Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

Il y a maintenant 64 ans que cette catastrophe est survenue le 20 Mai 1952. Voici quelques photos du site de Grosménil à Frugères les mines certaines photos pour certains seront inédites car provenant de collection privée. Cette mine était très active et employée beaucoup de mineurs jusqu’à ce 20 Mai 1952 ou 12 mineurs y laissèrent la vie. En fin de cet article vous aurez le récit complet de cette triste catastrophe relaté par Raymond Caremier.

L’EFFROYABLE CATASTROPHE À PLUS DE 600 MÈTRES SOUS TERRE

Douze victimes qui laissent une trentaine d’orphelins, tel est le bilan de cette catastrophe qui endeuille toute la population laborieuse de cette partie de la Haute-Loire. Récit de ces tristes journées qui tétanisent le peuple dans toute la lourdeur du silence, de l’injustice et de l’incompréhension.

Comme les nombreux puits du bassin minier de Brassac-Les-Mines, le puits du Parc est sujet à d’importants dégagements de gaz carbonique. Par précaution et surtout par mesure de sécurité les tirs de mines sont déclenchés depuis la surface par une équipe de spécialistes lorsque les personnels ont été remontés en surface.

Des clochers de Frugères-Les-Mines, de Brassac-Les-Mines à Vergongheon en passant par Sainte-Florine, Lempdes et Bournoncle-Saint-Pierre, le glas résonne tristement dans la campagne ensoleillée.

Tout en fin d’article Vous aurez [le récit poignant, les témoignages et des] photos d’époque de la catastrophe. Celles-ci ne sont pas très nettes, car ce sont des coupures de journaux de l’époque.
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Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
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Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
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Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

FRUGÈRES LES MINES
LA CATASTROPHE DU PUITS DU PARC LE 20 MAI 1952

Pour ne pas oublier, le « Challenge du souvenir » …

Chaque année, à la date anniversaire de la catastrophe, et pendant plusieurs décennies,
le club de football local a organisé un tournoi de sixte dont l’équipe victorieuse recevait le « Challenge du souvenir ».
Remis en jeu chaque année, le trophée et toutes les valeurs qu’il représentait valaient au Bassin Minier un engouement et une ferveur empruntés de solidarité et de respect.

1 – L’EFFROYABLE CATASTROPHE À PLUS DE 600 MÈTRES SOUS TERRE

Comme les nombreux puits du bassin minier de Brassac-Les-Mines, le puits du Parc est sujet à d’importants dégagements de gaz carbonique. Par précaution et surtout par mesure de sécurité les tirs de mines sont déclenchés depuis la surface par une équipe de spécialistes lorsque les personnels ont été remontés en surface.

En ce matin de printemps du 20 mai 1952, les équipes du puits du Parc sont descendues aux différents étages d’exploitation de la mine. Une équipe composée de 20 mineurs sous les ordres du chef de poste Fernand Borel est chargée d’exécuter des travaux préparatoires à l’exploitation de nouvelles couches de charbon à l’étage 620..

Ils empruntent tout d’abord une cage qui les conduits à l’étage 515, puis par une seconde cage ne pouvant contenir que cinq personnes et actionnée par un treuil à air comprimé, ils descendent ainsi 100 mètres plus bas, à l’étage 620.

Quatorze d’entre eux restent à la base du puits pour effectuer des travaux de maçonnerie, de forge et d’autres occupés à creuser une galerie destinée au retour des berlines du futur engagement.

Le chef de poste accompagné de cinq autres mineurs se rendent sur le chantier qui commence à 600 mètres de la base du puits. Deux d’entre eux se portent au front de taille , tandis que trois autres continuent un chantier de percement d’un plan incliné montant vers l’étage 571 où se trouve une galerie minière en préparation.

Ce plan incliné de 45° dans le rocher d’une section de 3,5 mètres par 2,70 mètres est divisé en deux parties ; une pour revoir le déblai, une seconde beaucoup plus étroite, équipée d’échelles, réservée au passage des personnels.

Les travaux de ce plan avaient avancé précédemment d’une quarantaine de mètres et il ne restait plus qu’une vingtaine de mètres pour atteindre la fameuse galerie de l’étage 571.

Le travail s’effectue de façon normale sauf vers le chantier du plan incliné. Vers les 11 heures, le chef mineur Nicoud en visite à l’étage rencontre son beau-frère Fernand Borel et les deux hommes observent qu’à son extrémité « que le chantier travaille ».

Une série d’éboulements continus de faible importance empêche André Blanquet et Léon Delort de se porter en tête du chantier. Le chef de poste Fernand Borel leur donne pour consigne de dégager la base au fur et à mesure des éboulis et de charger blocs et débris dans les bennes.

Pendant cette phase de travaux, un des trois mineurs abandonne ses collègues pour se rendre dans la grande galerie.

Vers midi, Fernand Borel se rend vers les deux hommes, André Blanquet, rescapé de la catastrophe raconte :
« Mon camarade m’a demandé l’heure, et je lui répondis qu’il était environ midi. A cet instant précis le chef de poste se recula d’un bond, l’air horrifié et s’écria « sauvez-vous les gars » ». Il avait certainement vu arriver la masse de rocher ; nous-mêmes sentions à cet instant un souffle bizarre, mais pas encore d’une grande puissance ; nous nous trouvions dans la poussière, notre lampe se distinguait seulement par un point rouge. »

Léon Delort et André Blanquet obéissent immédiatement en se faufilant entre les bennes et cherchent à gagner l’extrémité de la galerie et le puits ou tout au moins une partie de la galerie fortement aéré par un ventilateur.

Une seconde explosion se produit suivie d’un puissant souffle qui projette à terre André Blanquet. Un épais nuage de poussière s’engage à grande vitesse dans la galerie rectiligne. L’odeur aigrelette du gaz carbonique, le grisou, suit son chemin. Les hommes ne s’aperçoivent plus.

Cette seconde explosion a mis hors d’usage le ventilateur et a endommagé les compresseurs à air nécessaires à la manœuvre de la petite cage d’accès existante.

Six mineurs pourront, non sans difficulté, y accéder tandis que deux autres se sont placés sur le toit de l’engin. La mise en service de compresseurs supplémentaires va les hisser jusqu’à l’étage 515 .

Pris en charge par les mineurs de cet étage, Louis Joanny de Sainte-Florine André Dantal , Pierre Charbonnel et René Badon de Lempdes, Paul Gauthier et André Blanquet de Frugères-Les-Mines, Paul Brumerelle et Pierre Bardy de Vergongheon sont conduits au jour. Ils vont être les seuls rescapés !

Le machiniste s’empresse de renvoyer la cage vers le bas, hélas , son arrivée n’est suivie d’aucune sonnerie, d’aucun signal.

La nappe de gaz nocifs avait fait son œuvre de mort.

L’alerte a été donnée au jour. Comme une trainée de poudre, la funeste nouvelle se répand dans toutes les communes du bassin.

En moins d’une heure, une foule muette et anxieuse se presse autour du puits tragique.

Des épouses, des mères, des mineurs ignorent si l’un des leurs se trouve parmi les victimes …

2 – LA POPULATION RÉUNIE SUR LE CARREAU DE LA MINE
Sur le carreau de la mine, la population attend anxieusement, la gorge serrée, les premières remontées, on se remémore que trois mineurs en 1929 et cinq mineurs le 10 avril 1942 avaient été les malheureuses victimes d’un semblable dégagement instantané de gaz carbonique.

Ici, en moins d’une heure le gaz est parvenu à l’étage 515.

La présence de l’importante nappe de gaz interdit le travail de l’équipe de sauvetage. Sous la direction des ingénieurs MM. Collange et Michel et de M. Nicoud chef mineur, les équipes de secours, munies d’appareils respiratoires descendant à l’étage tragique, tandis que des mesures d’aération et de ventilation sont prises.

Il faut attendre deux longues heures, incroyablement longues, avant que l’équipe puisse descendre sans risque.

Parvenus au fond, ils découvrent près de la cage les corps des mineurs Raphaël Licois, Albert Bouche, Robert Mallet, Constantion Chiado-Fioro, Alexandre Sahunet et Albert Flory. .

Au fond de la fouille du puits, les malheureux De Noni et Fuzet vraisemblablement trompés par l’obscurité et suffoqués par les gaz apparaissent dans le halo des lampes. Le cadavre du chef de poste Borel est découvert aux abords du lieu où le dégagement s’est produit. René Bernard et Jean Knorst sont trouvés sur le lieu même de leur travail.

La mort a fait son œuvre. Avec acharnement les corps sont remontés un à un vers la surface.

Entre 14h30 et 15heures sont remontés les corps d’Albert Bouche, Constantino Chiado-Fioro, Albert Flory, Alexandre Sahunet et Raphaël Licois. A cette triste liste s’ajoute la dépouille de Robert Malet, forgeron, qui intervenait exceptionnellement au fond de la mine.

Un profond silence étreint la foule. Les hommes se décoiffent, les femmes sanglotent !.

Derrière les porteurs de civière qui transportent les corps à la salle de déshabillage, un bien triste cortège se forme, celui des parents qui pleurent un être cher.

De temps à autre, la foule qui se trouve devant la porte d’entrée laisse passer une femme, un frère, un mère , qui va rendre une funèbre visite à l’un des disparus.

A 17h30 le corps du chef Borel est arraché à la terre.

Une heure plus tard les sauveteurs ramènent les corps de Raymond Fuzet  et de Jean Knorst .
Vers 19 heures les victimes Léon Delort et Bruno de Noni rejoignent leurs camarades. Dix minutes plus tard, la dernière dépouille est sortie du fatal puits, c’est celle de René Bernard.

Une chambre mortuaire est installée en fin de soirée à proximité de la chambre de déshabillage où sont transportés les corps des victimes, les mineurs à tour de rôle vont veiller toute la nuit sur leurs camarades.

Vers les 19h 30, Monseigneur Chappe , Evêque du Puy arrive au puits du Parc et s’incline devant les victimes et s’entretient longuement avec les familles éprouvées.

Pendant des heures, la foule demeure aux alentours comme si elle ne veut pas s’arracher à la douleur et hésitant à laisser ceux qui, hier encore, étaient au milieu d’eux.

Puis, petit à petit, les groupes se disloquent. Chacun repart chez soi, tristement.

3 – LE VIBRANT HOMMAGE AUX VICTIMES

Jeudi 22 mai 1952, jour de l’Ascension, est un jour de deuil pour l’ensemble de la population du bassin minier. Dans les rues de Frugères-Les-Mines, les visages sont graves.

Dès les premières heures de la matinée , en vélo, en moto, en voiture et même en autocar des milliers de personnes convergent vers le carreau du puits du Parc où doit être célébrée la cérémonie officielle , la foule des anonymes vient apporter un dernier salut aux douze mineurs tombés au champ d’honneur du travail.

Bien avant la cérémonie, sur le carreau de la mine et sur les flancs de la colline la foule s’entasse dans un impressionnant silence.

Un à un, les cercueils de chêne clair sont posés près de la salle des machines. Dix cercueils sont ainsi alignés sous des monceaux de fleurs et de gerbes. Deux autres cercueils, à la demande des familles seront amenés à la fin de la cérémonie religieuse.

Tandis que la foule ne cesse d’arriver, avant que ne commence le service funèbre, les mineurs en bleu de travail, lampe accrochée à leurs vêtements montent une garde d’honneur autour des cercueils.

A leurs côtés, des gendarmes arme au pied, la Lyre des Mineurs de Sainte-Florine, les Sapeurs-Pompiers de Vergongheon, Sainte-Florine et Arvant placés sous la direction des Lieutenants Bouquet, Labaume et Gaubens.

Devant cette haie d’honneur, sont rangés les drapeaux des différents syndicats de Mineurs du Bassin d’Auvergne, des associations d’Anciens Combattants et de Prisonniers de Guerre, de l’Amicale « Rhin et Danube », de l’Amicale des Anciens du Maquis de la 33e Compagnie et de l’Amicale du groupe de résistance d’Arvant.

Au centre du catafalque, parmi les innombrables gerbes et couronnes, on remarque celle des Charbonnages de France, de la Ville de Clermont, du Consulat d’Italie à Lyon, des différents syndicats du personnel de la S.C.A.L , des établissements Ducellier et Conchon-Quinette , des Fédérations et des syndicats C.G.T, C.G.T-F.O et C.F.T.C, des Cheminots de Clermont, des Mutilés et Invalides du Travail.

Sur l’autel dressé devant la rangée de cercueils ont été placées les dix lampes que les mineurs tenaient à leur main au moment de leur mort.

La messe est célébrée par l’abbé Mallet curé de Sainte-Florine. Tout au long de l’office, la chorale composée des choristes des paroisses de Lempdes, Vergongheon, Sainte-Florine et Frugères accompagne la liturgie.

Dans une poignante tristesse « Le Chant des Adieux » retentit, tandis que le Chanoine Reynaud, Archiprêtre de Brioude , assure au nom de l’Eglise toute sa sympathie envers les familles de victimes.

La Lyre des Mineurs de Sainte Florine entonne une marche funèbre.

Après la cérémonie religieuse, l’autel est enlevé et les dépouilles mortelles des deux mineurs pour lesquels la famille avait demandé des obsèques civiles sont portées aux côtés des autres cercueils.

Dans un émouvant silence, sont lus les télégrammes reçus de La Sarre, du Bassin d’Aquitaine, des Charbonnages de France et de nombreux bassins miniers et les messages de sympathie venus de la France entière.

Commencent alors les éloges funèbres prononcés par les représentants des Houillères, par les représentants du personnel, par M. Jean Pomel Conseiller Général du canton d’Auzon et M. Carcassès Préfet de La Haute-Loire, porteur du message du Président de La République .

M. Millot, Président du conseil d’Administration du Bassin d’Auvergne : « Le deuil qui nous frappe, dit-il, est si lourd, si cruel que les mots apparaissent bien ternes et bien usés et pourtant comment nous taire ».

Après avoir présenté au nom des Houillères du Bassin d’Auvergne ses condoléances aux familles des victimes, il rend hommage au dévouement inlassable des sauveteurs et termine très ému son allocution « Je vous adresse mineurs de Grosménil morts à la tâche, un suprême et dernier adieu ».

Au nom du syndicat des mineurs C.G.T, la voix étranglée par les sanglots, M. Loubert adresse un dernier message aux victimes : « Adieu camarades nous ne vous oublierons pas et nous aiderons de notre mieux les êtres chers que laissez sur terre ».

M. Louis Travers, Secrétaire local de la C.F.T.C prend la parole : « Le nom de Frugères, dit-il, restera gravé en lettres de sang dans notre bassin minier, nous demeurerons fidèles à nos morts qui ont consenti un sacrifice d’une sublime grandeur. Ils étaient nos frères de travail, ils étaient d’une grande famille « la famille des travailleurs ».
« Inclinons nous ! Saluons bien bas ces victimes tombées au champ d’honneur du Travail, compatissons à la douleur de ceux qu’ils ont laissés : leurs femmes, les orphelins, leurs vieux parents. Comme pour nous donner une leçon de fraternité, le destin a voulu dans sa cruauté, rassembler des hommes de tous âges, de communes différentes aussi, d’idéal différent également. »
« C’est bien dans ces sentiments là , poursuit-il, que la classe ouvrière de chez nous communie en ce jour de deuil, c’est bien dans ces sentiments que de tous les coins de France sont parvenus à l’adresse des familles si rudement frappées et à l’adresse de la corporation toute entière les témoignages de sympathie et de véritable affection. »
Sur un ton poignant de sincérité, il termine par : « Au revoir camarades, ce n’est qu’un au revoir frères ! »

Alors que M. Jean Edouard au nom de la Fédération des mineurs Force Ouvrière présente ses vives condoléances aux familles, c’est au tour de M. Archaud d’apporter le salut de la Fédération des Mutilés et Invalides du Travail.

Amputé des deux jambes à la suite d’un accident du travail survenu en 1913 en gare de Clermont-Ferrand, Jules Archaud s’avance aidé de deux mineurs : « Les travailleurs du sous-sol viennent une fois de plus d’être éprouvés, ce qui leur arrive plus souvent qu’à leur tour. Aussi est-ce étreint par l’angoisse que je m’incline devant les dépouilles de ces victimes et devant la douleur des familles que je m’incline devant ces douze héros du travail. »

Madame Simone Troigros responsable fédérale de la C.F.T.C s’adresse à la foule en ces termes : « Le travail qui doit faire vive les hommes a été pour vos mineurs ce qui a détruit votre vie. Votre présence par la pensée nous incitera à lutter pour que soient conjurés au vingtième siècle les éléments qui vous ont vaincus ».

Au nom des travailleurs nord-africains, M. Belaoues, en des termes d’une simplicité touchante tient à s’associer à la douleur des familles des victimes et à les assurer de sa vive sympathie.

M. Jean Pomel, maire de Vergongheon, Conseiller Général d’Auzon très ému s’écrie « Au moment où la terre va recouvrir les corps des douze victimes, comment exhaler notre douleur ? » « Loin de nous la pensée d’accuser quiconque de cette terrible catastrophe, cette destinée, cette mort aveugle qui fauche même les meilleurs, sans distinction et sans raison, ne menace-t-elle pas tous les travailleurs du sous-sol ? Y-a-t-il une profession plus noble mais aussi plus meurtrière ? »

C’est au tour de M. Carcassès de prendre la parole qui délivre le message du Président de La République M. Vincent Auriol : « « Douloureusement ému par la catastrophe minière de Frugères, je vous prie au nom du Gouvernement de la République et en mon nom personnel, de transmettre aux familles des victimes l’expression de ma profonde et affectueuse sympathie. Je tiens à leur donner l’assurance que, dans l’épreuve si cruelle qui les frappe, elles peuvent compter sur la solidarité de la Nation. »

La cérémonie s’achève par le discours du représentant de l’Etat, les cortèges se forment ..

Dans leur cercueil, les mineurs, un à un, quittent pour la dernière fois le puits du Parc.

4 – TOUT LE BASSIN MINIER EN DEUIL

Des clochers de Frugères-Les-Mines, de Brassac-Les-Mines à Vergongheon en passant par Sainte-Florine, Lempdes et Bournoncle-Saint-Pierre le glas résonne tristement dans la campagne ensoleillée.

  • La cérémonie terminée, à Frugères-Les-Mines le long cortège se forme derrières les corbillards d’Albert Bouche et Léon Delort tandis que les cercueils des autres mineurs sont acheminés par ambulance vers leur commune respective. En tête du cortège, « La Lyre des Mineurs », puis viennent les drapeaux des Anciens Combattants de 1914-1918, des A.C.P.G, de l’Amicale « Rhin et Danube », des anciens F.F.I. Les enfants des écoles portant des bouquets précèdent les corbillards dont les cordons sont tenus par des mineurs en tenue de travail. Le lent défilé se dirige vers le cimetière communal. Au nom de la population, M. Dorel Maire de Frugères adresse un dernier adieu aux disparus.
  • Le matin à Sainte-Florine, on inhume le corps de Raymond Fuzet .Un de ses anciens camarades rend un dernier hommage en présence de M. Migeon Sous-préfet de Brioude et de M. Barbier maire de la localité. Les mêmes personnalités sont présentes aux obsèques d’Alexandre Sahunet. Après l’ absoute donnée par l’ abbé Mallet, un cortège groupant « La Lyre des Mineurs », les enfants des écoles, les pompiers, les associations de Sainte-Florine et toute la population accompagnent le mineur à sa dernière demeure.
  • La dépouille de Bruno de Noni a été déposée dans l’église de Brassac-Les-Mines. A 14h30 toute la population de la localité s’est assemblée pour l’office religieux célébré par le Chanoine Ferrandon. Un long cortège comprenant de nombreuses personnalités parmi lesquelles M. Duché Sous-préfet d’Issoire, M. Dassaud Sénateur, MM. Laroussinie, maire de Brassac, M. Coiffier maire-adjoint et tout le Conseil Municipal suit le char funéraire.
  • A Lempdes, après l’absoute donnée par le Chanoine Anglade , en présence d’une nombreuse assistance et M. Carcassés Préfet , sont inhumés René Bernard, Fernand Borel et Robert Mallet après le discours d’adieu prononcé par M. Combes , maire de la localité.
  • C’est à Bournoncle-Saint-Pierre qu’est inhumé Raphaël Licois où l’absoute est donnée par le Curé Chazelet et en présence de M. Tisserand Secrétaire Général de La Préfecture et de Gabriel Alezais maire de la commune.
  • A Vergongheon l’inhumation de Constantino Chiado-Fioro précède celles d’Albert Flory et de Jean Knorst . L’absoute est donnée par l’abbé Martin en présence de M. Badault, Chef de Cabinet du Préfet et de M. Tisserand Secrétaire Général de La Préfecture tandis que M. Jean Pomel prononce l’éloge funèbre.

LES DOUZE VICTIMES

A la mairie de Frugères, c’est Gabriel Chalchat, Chef de Service aux Houillères d’Auvergne qui a la triste et pénible tâche de procéder aux formalités administratives. Sur le registre d’état-civil, chacun des 12 actes de décès est libellé ainsi : « Le vingt mai mil neuf cent cinquante deux, douze heures trente, est décédé accidentellement au puits du Parc … »

  • Fernand Borel (38 ans) né à Aigueperse (Puy de Dôme) le 26 mars 1914, Chef de Poste embauché le 13 octobre 1938 , domicilié à Lempdes (Haute-Loire) , fils de Florent Borel et d’ Adélaïde Roussel , marié un enfant,inhumé à Lempdes.
  • René Bernard (34 ans), né à Ardes sur Couze (Puy de Dôme) le 28 juillet 1917, ouvrier mineur embauché le 3 septembre 1945 , domicilié à Lempdes (Haute-Loire), fils de Bernard Laurent Bernard et de Marguerite Lapirot, marié 2 enfants,inhumé à Lempdes.
  • Albert Henri Bouche (39 ans), né à Frugères Les Mines le 1er août 1912, , ouvrier mineur embauché le 15 octobre 1934, domicilié à Frugères Les Mines, fils de Antoine Bouche retraité mineur et de Marguerite Orlhac, marié 3 anfants,inhumé à Frugères Les Mines.
  • Bruno Guiseppe de Noni (36 ans) , né le 31 octobre 1915 à Revine-Lago (Région de Vénétie – Italie), ouvrier mineur embauché le 9 octobre 1947 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de Luigi Angelo de Noni et d’Elivira Magagni domiciliés à Brassac Les Mines (Puy de Dôme), marié 3 enfants,inhumé à Brassac Les Mines.
  • Léon Auguste Delort (37 ans), né le 4 novembre 1914 à Tanavelle (Cantal), ouvrier mineur embauché le 18 décembre 1945 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de Jean Baptiste Delort cultivateur à Tanavelle et de Marie Réal, marié 3 enfants,inhumé à Frugères Les Mines.
  • Constantino Piétro Chiado-Fioro (50 ans) né le 27 août 1901 à Ruéglio (Région du Piémont – Italie), ,ouvrier mineur embauché le 18 septembre 1939 , domicilié à Vergongheon, fils de Guisseppe Chiado-Fioro et de Maria Carrosso, marié un enfant, inhumé à Vergongheon.
  • Albert Marius Flory (42 ans) né le 20 juillet 1909 à Vergongheon domicilié au même lieu , ouvrier mineur embauché le 30 octobre 1933 , fils d’Alfred Pierre Flory et de Marie Alphonsine Pougheon, marié 2 enfants, inhumé à Vergongheon.
  • Raymond Fuzet (26 ans), né le 7 octobre 1925 à Vergongheon, ouvrier mineur embauché le 2 mai 1945 , domicilié à sainte-Florine, fils d’André Marcel Fuzet et de Marthe Pauline Sabatier, marié 2 enfants, inhumé à sainte Florine.
  • Jean Adam Knorst (34 ans), né le 31 août 1917 à Teting sur Nied (Moselle), ouvrier mineur embauché le 17 mars 1947, domicilié à Vergongheon, fils d’Adam Knorst cultivateur à Teting et de Marguerite Morsch, marié 8 enfants, inhumé à Vergongheon.
  • Raphël Daniel Licois (33 ans) né le 26 septembre 1918 à Tours (Indre et Loire), ouvrier mineur embauché le 24 mai 1931, domicilié à Bournoncle Saint Pierre, fils de Raphaël Alfred Licois et de Adrienne Branchu, marié 4 anfants,inhumé à Bournoncle Saint Pierre.
  • Robert Mallet (31 ans) né le 16 août 1920 à Lempdes (Haute-Loire) et y demeurant , ouvrier forgeron embauché le 8 novembre 1941, fils de Mathieu Mallet et de Marie Vedel, marié un enfant, inhumé à Lempdes.
  • Alexandre Sahunet (42 ans) né le 18 mars 1910 à Sainte-Florine, ouvrier mineur embauché le 19 novembre 1943 , domicilié à Frugères Les Mines, fils de François Sahunet et d’Urilie Vincenta Maria Pilar, marié 4 enfants, inhumé à Sainte Florine.

Témoignages

Louis Vigier Le matin méme , nous y étions tous les enfants des écoles sur le talus à attendre !! je me souviens, j’avais 7 ans ! C’est la première fois que je voyais des mineurs sortir de la cage entièrement nus et noirs pour se diriger vers la chambre chaude pour la douche !! quelque fois j’en cauchemarde encore !!et pourtant je suis devenu moi-même mineur de fond à Bayard quelques années plus tard ; et durant 7 années !!! Cordialement !!

Marie Ange Oleon j’ai mon oncle qui est un des rescapés de la catastrophe du 20 mai 1952. je suis la nièce d’André Blanquet.

Cary Kris Mon oncle et l’un des seul rescapés de ce drame!!! Oui je suis la petite niece de trottinette, la petite fille de son frere Alfred dit Frazy.

Les réactions après la catastrophe de 1952

CGT, extrait de Le Travailleur du sous-sol, mai-juin 1952.

«ASSEZ DE MASSACRES AU FOND DES PUITS !

Mineurs, luttez pour assurer votre sécurité

Encore une. Après Courrières et Vuillemin (Moselle) en 1948, Liévin en 1949, Saint-Éloi-les-Mines en 1950, Bruay en 1951, une catastrophe s’est produite au puits du Gros-Mesnil  (Haute-Loire) le 20 mai. 12 mineurs ont péri laissant 12 veuves et 36 orphelins.

Chaque jour, le sang coule dans nos bassins miniers.

Du 1er janvier 1952 au 25 mai on compte :

56 tués dans le Nord-Pas-de-Calais.
20 tués dans les mines de fer de l’Est.
5 tués dans les mines de la Loire.

Depuis le 1er avril jusqu’au 25 mai, il y a eu 10 tués dans le Gard et l’Hérault.

Il faut noter en plus les accidents dans les autres bassins et peites mines, ainsi que les centaines de blessés graves. Il s’agit en fait d’un véritable massacre au fond des puits.

Les responsabilités

Que l’on ne vienne surtout pas invoquer la fatalité. Ce qui tue les mineurs, c’est la politique de charbon au plus bas prix.

La catastrophe du puits Gros-Mesnil eût pu être évitée.

Dans un manifeste, notre syndicat de la Haute-Loire démontre l’entière responsabilité des Houillères et de l’État-patron et du service des mines.

1° La mise en chantier du plan à chariot n°3, où s’est produit le dégagement instantané n’aurait pas dû être effectuée à proximité d’une zone dangereuse connue par l’exploitant par les divers dégagements survenus antérieurement au niveau supérieur, et y compris au niveau 620 où eut lieu un dégagement à environ 6 mètres du lieu de la mise en chantier du plan ;

2° La mise en chantier du plan à chariot n°3 a été effectuée en montant, malgré la connaissance dangereuse de son emplacement, alors que le réglement des mines à dégagement instantanné prévoit que les travaux doivent être conduits de manière à réaliser le desserrage progressif des terrains. Tenant compte de ces dispositions, les travaux auraient dûs être entrepris en descendant, comme d’ailleurs ils le furent constamment dans ce puits du Parc ;

3° Comment se fait-il que lors du changement  des terrains du front de taille du plan à chariot n°3, des sondages n’ont pas été effectués afin de reconnaître la qualité des terrains suspects de dégagements instantannés ? Vu cet état de fait, pourquoi des mesures de précautions n’ont-elle pas été prises en rapport avec la connaissance de cette zone dangereuse ?

4° De plus, les tirs réglementaires ne furent pas effectués la veille ni au front de taille de l’avancement qui est dans des terrains de schistes charbonneux, ni au plan à chariot n°3. Les derniers tirs de l’avancement ayant été effectués le 12 ou 13 mai, celui du plan à chariot n°3 le 17 mai ;

5° Les sorties de secours du personnel étaient négligées, en particulier le puits intérieur du niveau 620 à 515 muni d’une seule cage sans contrepoids (rat) et démuni d’échelles, ce qui aurait permis, malgré le manque de pression au moment du dégagement de remonter les ouvriers parvenus à la recette 620 ;

6° De plus, les travaux de l’avancement ne devaient pas s’effectuer aux mêmes postes ni en même temps que les travaux du plan à chariot n°3, ce qui est contraire au réglement ;

7° L’ingénieur du puits avait, paraît-il, demandé de faire un bure (puits intérieur) au lieu d’un plan à chariot ; un refus lui fut signifié par la direction des houillères du bassin d’Auvergne avec ordre de faire le plan à chariot en montant ;

8° L’ingénieur du service des mines aurait déclaré, lors de son enquête, qu’il préférait être dans sa peau que dans celle des ingénieurs, que le plan à chariot n’aurait pas dû être fait à cet endroit ;

Comment se fait-il que des dispositions n’aient pas été prises avant, le service des mines étant bien au courant de tous les travaux effectués au puits du Parc :

La Commission d’enquête réclamée par le syndicat des mineurs s’impose d’urgence, afin que toutes les responsabilités soient établies et que soient châtiés les coupables.

Le lendemain de la catastrophe, en signe de protestation et pour exiger plus de sécurité, tous les mineurs et les ouvriers des usines du bassin de la Haute-Loire débrayèrent 24 heures.

Par milliers, ils se retrouvèrent le lendemain lors de la cérémonie officielle.

Là, nos camarades Kléber Loubert, secrétaire de la Fédération régionale du centre et Victorin Duguet, secrétaire général de la Fédération du Sous-Sol qui représentait notre Fédération avec Achille Blondeau, secrétaire fédéral, firent le procès des responsables de la catastrophe.

Dans un discours émouvant qui fit venir les larmes aux yeux de l’assistance, Loubert retraça la terrible tragédie.

«Nous n’avons pas le droit, conclut-il, de discuter de la fatalité quand les mineurs se dressent contre l’abandon des règles de sécurité, quand on leur vole leurs délégués. Nous exigeons qu’une commission d’enquête soit constituée avec la participation des ouvriers.»

Un réquisitoire

Prenant ensuite la parole, Victorin Duguet [du Martinet, près de La Grand-Combe] rend aux victimes de l’État-Patron un dernier hommage au nom de tous les mineurs de France. Il situe ensuite les responsabilités et dresse un véritable réquisitoire.

«Ce qui tue les mineurs, déclare Victorin Duguet, ce qui provoque les catastrophes, ce sont les méthodes d’exploitation, les cadences infernales de travail, la négligence trop souvent, et même l’abandon total des mesures de sécurité, l’insuffisance ou la mauvaise qualité du matériel et des installations, l’insuffisance des pouvoirs des délégués mineurs, le non-respect de leurs rapports, une loi de voleurs qui empêche les travailleurs de la mine de se donner les délégués mineurs de leur choix.

Ce qui tue les mineurs et provoque la catastrophe, c’est le refus d’appliquer leur statut et son article 12, c’est cette course au charbon au plus bas prix pour les besoins de la politique de guerre qui fait que les mineurs soit brimés, bafoués, qui veut que les prix de tâche soient constamment abaissés, qui fait que les réclamations et les avis des mineurs et de leurs syndicats sont systématiquement repoussés.

Voilà ce qui tue les mineurs, voilà ce qui provoque les catastrophes.

Voilà ce qui jette le deuil, la misère, la désolation dans nos foyers, voilà ce qui fait qu’aujourd’hui nous pleurons douze des nôtres, ici, tandis qu’à la Grand-Combe, nos frères pleurent aussi deux des leurs, tués eux-aussi par le gaz carbonique.

C’est cela qui tue les mineurs et de cela il y a des responsables.

Oui, c’est vous messieurs les ministres, qui êtes responsables des malheurs qui frappent notre corporation, par votre politique de rendement au plus bas prix, innovée par le socialiste de droite Lacoste et ses néfastes décrets, et continuée par le républicain populaire Louvel, ministre du pétainiste Pinay.

Oui, c’est vous, monsieur le directeur, messieurs les ingénieurs, qui portez une lourde part de responsabilité, lorsque vous appliquez servilement les consignes d’une pareille poplitique de malheur et votre responsabilité est d’autant plus engagée que vous connaissez les souffrances et les misères de notre corporation, comme vous connaissez le danger et la dureté du métier de mineur.

N’est-ce pas une honte que parmi les victimes que nous pleurons aujourd’hui, l’une d’elles a dû, la quinzaine dernière, se présenter quatre fois au bureau pour réclamer son dû ?

N’est-ce pas une honte que ces hommes aient eu leur salaire diminué de près de 200 francs par jour depuis le premier mai ?»

Et répondant aux discours hypocrites que ceux qui parlent de respect des morts, Duguet indique :

«Le meilleur moyen de respecter des morts, c’est de de dénoncer les responsables de leur mort et de lutter tous ensemble pour que pareille tragédie ne se renouvelle pas.»

La CFTC au secours de la direction

Auparavant, un employé des Houillères, dénommé Travers, avait pris la parole au nom de la CFTC. Son discours avait vraisemblablement été préparé dans les bureaux de la direction.

Il parla de la fraternité qui unit le directeur des Houillères et les ouvriers. Il s’indigna que la CGT dénonce les responsables de la catastrophe, couvrant ainsi la politique d’insécurité dans les mines pratiquée par les Houillères.

Il fut naturellement félicité le lendemain par le Figaro nazi et le journal fasciste l’Aurore.

L’engagement national

Le préfet, lui, prit la parole après notre camarade Duguet. Parlant au non du gouvernement, il tenta de défendre l’État-Patron, prostestant contre les accusations formulées par Loubert et Duguet.

Comme s’il suffisait de venir verser des larmes de crocodiles sur les cercueils de ceux que la politique de charbon au plus bas prix a assassiné.

Le préfet a pris l’engagement national d’assistance et de réparations envers les victimes. A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien n’a encore été fait par le gouvernement. Qu’attend-il pour faire voter le projet de loi du groupe communiste demandant 10 millions pour les victimes ?

Pour en finir avec les massacres

C’en est assez de victimes. Il faut en finir avec la politique du charbon au plus bas prix qui tue au fond des puits. Il faut en finir avec les cadences infernales à la mode américaine. (C’est aux USA qu’il y a le plus de tués dans les mines). Il faut accorder de meilleurs salaires et prix de tâche. Il faut que toutes les règles de sécurité soient observées. Le projet de loi communiste sur l’extension des pouvoirs des délégués-mineurs doit être voté de suite [le PCF demandait que le délégué puisse arrêter les travaux dangereux, voir l’annexe : «Les délégués mineurs»]. En outre, les mineurs doivent avoir le délégué de leur choix. C’est un mal-élu avec 25 % des voix qui fonctionne au puits Gros-Mesnil. Depuis quatre jours il n’était pas descendu à ce puits. Lors de sa dernière descente, il n’a même pas signalé l’existence du gaz. Et pourtant, tous les ouvriers savaient que l’on approchait d’une poche de gaz.

Nous l’avons déjà dit et nous le répétons, un délégué élu avec une minorité de voix, qui n’a pas la confizance des ouvriers, n’a pas d’autorité. De ce fait, il ne peut pas défendre convenablement la sécurité et la vie des ouvriers.

Assez d’assassinats. Mineurs et similaires, refusez de travailler dans des conditions d’insécurité. Refusez de travailler pour de bas prix à la tâche. Ripostez avec force quand on vous inflige une brimade, quand il y a un tué ou un blessé grave dans votre puits. Exigez plus de pouvoirs aux délégués-mineurs qui doivent être élus par la majorité d’entre vous. Luttez dans l’union pour plus de sécurité, pour préserver votre vie.

La Fédération du Sous-Sol.

Extrait du « Figaro », 23 mai 1952

«C’est alors que deux représentants de la CGT prirent la parole. Ce fut pour se livrer à une manifestation communiste, manifestation d’autant plus indécente qu’elle se déroulait devant des cercueils.

M. Léon Travers, secrétaire local de la CFTC, sut donner ensuite aux deux syndicalistes extrémistes la leçon d’élémentaire  correction qu’ils méritaient.

– Pourquoi faut-il, déclara-èt-il avec émotion, que la douleur des familles soit troublée par des dissensions savamment entrenues ?»

Extrait de « L’Aurore », 23 mai 1952

«Les émouvantes obsèques des douze victimes de la catastrophe de Frugères ont été troublées par d’indécents discours communistes.

[…] Après quoi, M. Kloubert Loubert, secrétaire de la Fédération CGT des mineurs du Centre, avec un manque de délicatesse qui fut sévèrement apprécié par les mineurs, profita de son tour de parole pour prononcer un discours de propagande politique. Cette exploitation indécente du deuil qui frappe douze familles de travailleurs créa un dur malaise parmi les assistants de cette cérémonie qui, jusqu’alors, avaient communié dans la même émotion et dans le même deuil.

M. Louis Travers, secrétaire local de la CFTC, parlant ensuite, déplora que des paroles de discorde aient été prononcées en de pareilles circonstances.

Mais quand vint le tour du secrétaire national de la Fédération  des syndicats du sous-sol, M. Victorien Duguet, celui-ci n’hésita pas pourtant à renouveler les accusations indécentes portées par M. Loubert et à rejeter les responsabilités de la catastrophe sur le gouvernement.

Enfin, M. Carcasses, préfet de la Haute-Loire, représentant le gouvernement, s’élève fermement contre la polémique déplacée que venaient de soulever certains orateurs au seuil du cimetière.»

CGT-FO, extrait de Le Réveil des Mineurs, n°25, Mai 1952

La Corporation Minière en deuil

À la trop longue liste des victimes, que dans tous les pays du monde et à travers tous les âges, elle a déjà dressée, la mine homicide vient encore d’ajouter des noms. En quelques jours, seize hommes, descendus le matin pleins de vigueur et de santé, ont trouvé une mort atroce dans les profondes galeries.

Ils sont tombés : 12 à Frugères-les-Mines, 2 à La Grand-Combe, un à Bruay et un autre à Loos-en-Gohelle, en moins d’une semaine. Sachant bien qu’ils risquaient leur vie chaque fois qu’ils mettaient pieds dans la cage de descente, ils l’ont courageusement  sacrifiée pour que d’autres hommes puissent vivre du produit de leur travail.

Un drame horrible vient de se consommer à Frugères-les-Mines ; conscients de ce qui les attendait, 12 mineurs se sont héroïquement effacés pour donner la vie sauve aux 8 plus jeunes d’entre eux. Comprendra-t-on jamais ce qu’il y avait de noble dans les paroles de ces braves gens qui disaient, à leurs cadets, «partez et renvoyez la cage vite, bien vite». Ils savaient cependant qu’elle reviendrait trop tard. Courageusement, ceux qui restaient ont prononcé ces paroles d’espoir ; «renvoyez la cage bien vite» pour que ceux qui partaient n’aient pas trop de regrets d’avoir été choisis pour survivre.

Encore une fois la corporation minière est en deuil. En fait, elle l’est toujours, car il ne se passe pas de semaine qu’ici ou là, isolément ou en groupe, le sous-sol ne se venge de ceux qui ont voulu violer son secret et lui enlever ses richesses. Au sujet de tous ces morts, des enquêtes ont été ordonnées dont il ne vous appartient pas, pour l’instant, de préjuger les résultats.

Y a-t-il eu faute d’exploitation ? Y a-t-il eu imprudence ? Nous souhaitons que la vérité soit dite, sur les causes de tels drames, car nous nous refusons à croire, toujours et encore, à la seule fatalité.

Les représentants du patronat et des Pouvoirs publics sont allés s’incliner devant les dépouilles de ces braves gens. Ils ont prononcé des mots qu’à ce moment ils pensaient. Ils ont rappelé combien cette profession était pénible et surtout dangereuse. Ils se sont associés au deuil des veuves, des mères et des enfants. Nous sommes certains qu’à ce moment là ils étaient sincères. Ce que nous voudrions, c’est qu’ils n’oublient pas trop vite ce qu’ils exprimaient devant les cercueils des victimes. A l’heure même où se produisait à Frugères ce dégagement catastrophique, les représentants des des mineurs discutaient avec les représentants patronaux et ceux des Pouvoirs publics. Hélas ! au cours de cette discussion, nous dirons même de ces marchandages, seuls les représentants des syndicats pensaient à ce que le métier de mineur comportait de dangereux.

Les autres estimaient qu’il était un métier comme un autre et ceci constituait une escroquerie morale. Ce n’était pas une profession comportant un grand besoin de spécialité et de connaissances particulmières. Partant, on marchandait leurs salaires et leurs conditions humaines. On oubliait que la spécialité du métier de mineur était surtout d’avoir à affronter la mort à tous les instants et que, pour l’éviter, ils avaient à calculer et à peser tous leurs gestes.

Cette même commission nationale doit se réunir à nouveau le 4 juin. Nos interlocuteurs du 20 mai auront-ils gardé le souvenir de ce que la réalité de Frugères, de la Grand’Combe, de Bruay et de Loos-en-Gohelle devrait leur rappeler ? Nous voulons l’espérer, en tous cas nous raviverons leurs souvenirs et saurons défendre, comme il convient, les droits de nos camarades, de ceux qui risquent leur vie tous les jours.

On s’est plaint que certains propos malséants aient été tenus à l’occasion des obsèques des victimes de Frugères. Une certaine presse a écrit des insanités contre des ministres, des ingénieurs, des agents de maîtrise, voire même des délégués mineurs qui ne sont pas de leur bord. Elle appelle crime volontaire une catastrophe qui se produit en France, tandis que, selon elle, celles qui se produisent derrière le rideau de fer sont dues à la seule fatalité, sans doute parce qu’elles sont plus fréquentes.

Plaignons les malhonnêtes gens qui tiennent de tels propos ou font de tels écrits, mais de grâce, qu’on n’agisse pas toujours pour leur donner, auprès des masses laborieuses, un semblant de raison dont ils ont tellement besoin.

La Fédération des Mineurs F.O.

Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952
Les mines du Grosménil :Frugères et la catastrophe du 20 Mai 1952

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Par : Raymond Caremier
Publié par : Papou Poustache, le 22 Mai 2016, 16:26 pm
Sur le site : cpauvergne.com

Introduction et mise en page : Mas de la Regordane/GD
Première publication : 18.12.2017
Dernière mise à jour : 18.12.2017

La maison du mineur de la Grand-Combe

S’il est un lieu qu’il faut absolument visiter, lors de votre passage à La Grand-Combe, c’est bien la maison du mineur.

VISITE À LA MAISON DU MINEUR DE LA GRAND COMBE

En vacances dans le Languedoc, j’ai profité d’une journée un peu grise (rare dans la région en ce mois de juillet 2014) pour faire un saut à la Maison du Mineur du Puits Ricard à LA GRAND COMBE dans le Gard.

À l’entrée d’ALÈS, un petit panneau ‘’Mine-Témoin’’ attire mon attention ; on s’égare dans quelques petites ruelles un peu étroites et on arrive à un petit bâtiment bas. Comme ce créneau n’était pas prévu, on n’entre pas. Un peu de matériel minier entoure le local (locomotive électrique, berlines, …), ce sera pour une autre fois ; apparemment, des expositions et des projections sont proposées aux visiteurs. À proximité, il y a un chevalement un peu bizarre (j’apprendrai un peu plus tard dans l’après-midi que c’était celui d’une mine-école) et un terril pointu très verdoyant (les gens d’ici disent ‘’crassier’’). En repartant vers LA GRAND COMBE par la CD 106, on passe devant le chevalement de la Fosse FONTANES magnifiquement repeint en rouge foncé (la tour d’extraction bétonnée du puits DESTIVAL en T a été détruite).

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Mine-témoin d’ALÈS

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Locomotive de jour pour les berlines

La route sinueuse longe le Gardon et elle nous amène à LA GRAND COMBE où la Maison du Mineur n’est pas très bien indiquée. La Vallée Ricard était un grand ensemble avec les puits d’extraction, les installations du jour (lampisterie, criblage, triage, lavoir, agglomération Verrerie, centrale électrique), les wagons-trémies, les locomotives et les kilomètres de rail reliant toutes les fosses et industries voisines. Bien sûr, la plupart des bâtiments et toutes les machines ont disparu mais ce qui reste est en excellent état : le puits principal, les cages à deux étages, la salle des pendus, l’unité de culbutage des berlines et la salle des machines.

  
Chevalement de la mine-école Terril d’ALÈS Puits Fontane

La route sinueuse longe le Gardon et elle nous amène à LA GRAND COMBE où la Maison du Mineur n’est pas très bien indiquée. La Vallée Ricard était un grand ensemble avec les puits d’extraction, les installations du jour (lampisterie, criblage, triage, lavoir, agglomération Verrerie, centrale électrique), les wagons-trémies, les locomotives et les kilomètres de rail reliant toutes les fosses et industries voisines. Bien sûr, la plupart des bâtiments et toutes les machines ont disparu mais ce qui reste est en excellent état : le puits principal, les cages à deux étages, la salle des pendus, l’unité de culbutage des berlines et la salle des machines.

Nous sommes accueillis chaleureusement par les bénévoles présents (anciens mineurs pour la plupart) dans la salle des pendus devenue le cœur du musée ; le tarif de l’entrée est dérisoire (5€)… Un groupe d’une dizaine de visiteurs passionnés de la mine venant de différentes régions se crée autour du Grand Marcel, c’est le surnom de notre guide. C’est un personnage haut en couleurs avec un merveilleux accent cévenol qui se marie très bien avec son humour de chaque instant. Ce Grand Marcel, c’est un puits de science qui manie aussi bien les chiffres (teneurs maximales du méthane et du dioxyde de carbone, pourcentages de carbone dans le charbon, pourcentages massiques des cendres, vitesses de la cage, puissances des moteurs, pression à la sortie des compresseurs, …) que les explications pédagogiques (formation du charbon, géologie des terrains, principe des soutènements, nature des travaux de creusement, …). Il se plaît pourtant à dire qu’il n’a pas beaucoup fréquenté les bancs de l’école car il a commencé à la mine à 14 ans ! Tout ce qu’on apprend de sa bouche concernant le matériel de sauvetage, les outils du mineur (très belle collection de lampes de toutes sortes en particulier), les conditions de travail au fond et l’ambiance entre les hommes) est passionnant, ça sent le vécu ! Le Puits Ricard, c’est sa fosse, c’est sa vie et bien sûr, c’est le meilleur charbon du monde qui a été extrait là ! Malgré l’humour permanent, on sent quand même dans les propos quelques pointes de nostalgie. Comme tous les mineurs de France et d’ailleurs, il avoue que malgré la dureté du métier, il a quand même vécu dans ce puits des années formidables et il regrette que l’exploitation a cessé si vite. ‘’On en a extrait du charbon ici, des millions de berlines !’’.

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Le puits Ricard et la salle des machines au premier plan

L’entrée du musée Cuffat et cage à deux étages Salle des pendus
Une belle collection de lampes Four pour analyser le charbon

Chromatographe en phase gaz

On sort du bâtiment, la visite continue sur le carreau de la fosse :

– Le puits principal haut de 31 m, profond de 801 m et de diamètre 5,50 m, domine l’ensemble ; il a été creusé entre 1932 et 1934 et est entré en fonction en 1935. Initialement en acier, il a été renforcé par du béton à la suite d’un énorme incendie qui a duré sept heures le 3 décembre 1938 et qui a fait deux morts.

  • Le local de culbutage des berlines à proximité du puits est encore là (le charbon récupéré était emmené sur un tapis roulant vers le lavoir voisin qui n’existe plus).

  • La salle des machines est encore très bien entretenue (machine d’extraction munie d’un tambour de 6,10 m de diamètre en traîné par un moteur à courant continu de 1200 CV, 560V ; local du machiniste ; poste électrique de 5000 V, groupes convertisseurs, compresseurs d’aération 7 bar, …).

On apprend que la vitesse de déplacement de la cage à deux étages et qui pèse 8,7t à vide n’est pas toujours la même : 9 m/s pour les hommes et 13 m/s quand elle remonte quatre berlines pleines de charbon (11,2 t, soit près de 20 t en tout).

La machine d’extraction Un des gros compresseurs Chapeau au Grand Roger !

De 1935 à 1978 (date de sa fermeture), la fosse Ricard a exploité trois grosses veines d’anthracite d’excellente qualité et d’épaisseurs 4,70 m, 1,70 m et 10,50 m entre -738 m et -795 m ; la recette principale se situait à l’étage -677 m. La production totale a été de 5 745 millions de tonnes de charbon net.

A la fin de la visite (deux heures en principe), les questions continuent de fuser au grand plaisir du Grand Roger qui est incollable et qui y répond instantanément avec beaucoup de pédagogie, avec une grande précision et avec toujours une anecdote croustillante. Chapeau l’Ancien !!! Tous les visiteurs repartent enchantés, la tête pleine (même saturée) d’images de la mine.

Le site Ricard de la GRAND COMBE mérite assurément le détour. Un grand merci à tous les mineurs bénévoles qui se sont battus pour l’existence de ce musée remarquable et qui n’ont pas compté leurs heures pour l’aménager et recevoir les visiteurs.

La maison du mineur

Jusqu’au 31 août
Du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h30 à 18h
Dimanche et jours fériés de 14h30 à 18h30

Du 1er septembre au 20 décembre
Du mardi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 17h Le dimanche de 14h à 17h

Vallée Ricard, 51 rue des Poilus – 30110 La Grand-Combe
Tél. / Fax : 04 66 34 28 93
maisondumineur.pgc@gmail.com
www.paysgrandcombien.fr
Mine Témoin d’Alès : www.mine-temoin.fr/

Article et photos Georges TYRAKOWSKI (association APPHIM)
Photos prises et diffusées avec autorisation

Date de création : 06/09/2014 @ 10:49
Catégorie : L’asso et ses actions – Les musées de la mine

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Une p’tite chansonette pleine de nostalgie d’Edmond Tanière …
https://www.facebook.com/les.gueules.noires/videos/1950293984988870


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Reblogué pour information par : Mas de la Regordane
Première publication : 17.12.2017
Dernière mise à jour : 22.06.2018

 

Fêtes chrétiennes à La Grand-Combe (video)

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Photo : Notre Dame de l’Immaculé Conception de La Grand-Combe

1836 – année de la fondation de La Grand-Combe qui comptait alors 574 habitants,

1851(04.11) – sur la place Bouzac, une grande croix de fer est érigée et bénie par monseigneur Jean-François, Marie Cart (1799-1855), évêque de Nîmes qui accorde en ce jour de clôture de jubilé, quarante jours d’indulgence, pour une durée perpétuelle, à quiconque réciterait un Notre Père et un Ave Maria en passant devant elle.

1852 (00.10) – consécration de l‘église de Champclauson, premier édifice religieux construit par la Compagnie des Mines de La Grand’Combe.

1857 (04.10) – église de la Grand’Combe : suite à une allocation des plus généreuse de la Compagnie des Mines de la Grand-Combe qui a abondé dans le projet d’érection d’une église dans la nouvelle commune, Pierre Prosper Chabrol, célèbre architecte (protestant) de Paris, ainsi qu’une foule immense issue de tous les villages et villes du Sud de la France, assistent en ce jour, à la pose de la première pierre de l’église de la Grand’Combe dont « le clocher devient le centre et le point de ralliement des rues et des places » de la commune. Notre Dame de la Grand-Combe, consacrée quelques années plus tard Notre dame de l’Immaculée Conception, sera dotée d’une seule nef, mais plus large que celle de Notre Dame de Paris…

1864 – Inauguration de l’église à la Grand-Combe : achèvement des travaux de l’église, construite en grès du pays, provenant du ruisseau de l’Arboux, près de l’actuel cimetière et de la carrière de la mine de Champclauson.

1868 – Le temple de Trescol de culte Réformé Évangélique (des croyants au Christ, donc des chrétiens) est construit à Trescol par la Compagnie des Mines de La Grand-Combe. Il est orné de belles colonnades avec balcons.

1879 (novembre) – inauguration de la Chapelle de la Levade, quartier de La grand-Combe. Cette chapelle (dite) de secours (en fait une vraie église) et son presbytère furent aussi édifiés par la Compagnie des Mines de La Grand’Combe.

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1880/81 – Installation des grandes orgues de la Grand-Combe, oeuvre de Vincent Cavaillé-Coll, l’un des derniers représentants de l’illustre famille des fabricants d’orgues de Paris.

R. Goodwyn joue Lefébure-Wely sur le Cavaillé-Coll de la Grand-Combe

1888 – Les anciens vitraux de l’église de La Grand-Combe sont remplacés par ceux issus des ateliers du peintre et maître verrier parisien, Oudinot. En plus des scènes traditionnelles de la vie de Jésus, l’un des vitraux représente la bénédiction, par l’abbé Méjean, de l’église primitive située à la Frugère et un autre, le pèlerinage à Notre Dame de Laval, avec la représentation d’un puits de mine.

1914 – Musulmans : arrivée des premiers ouvriers algériens dont le Coran, en plus de 30 versets consacrés à Jésus, mentionne la naissance miraculeuse et la vie exemplaire de ce dernier. Par exemple, la sourate 3 versets 45/61 rappelle qu’il est : «  …Fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà et l’un des rapprochés de Dieu …« , tandis que la sourate 5 verset 46 précise : « Et Nous avons envoyé après eux, Jésus Fils de Marie, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui, et Nous lui avons donné l’Evangile où il y a guide et lumière… « .

1950 – Communions avec Jésus, à La Grand-Combe dans les années 50

2012 – Sarabande de Haendel par Marie la siffleuse – vidéo 4’43 » de Marc Laforêt

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2015 (31/03) – Messe Chrismale dans l’église de La Grand Combe.
Toutes les photos : cliquez ICI

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et en bonus, une sonnerie de cloches à La Grand-Combe 😉

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Source : Youtube

Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 10.12.2017
Dernière mise à jour : 29.01.2018

Louison Bobet, circuit de La Grand-Combe 1955 (video)

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Photo : 1955 (22.07) Louison Bobet grimpe le Col du Chioula.
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Curiculum vitae
:
– Nom : BOBET,  prénom : Louis, dit « Louison. »

Sportif et coureur cycliste français, né le 12 mars 1925 à Saint-Méen-le-Grand (35), et décédé à Biarritz (64), le 13 mars 1983 à l’âge de 58 ans.
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Louison Bobet démarra dans la vie active comme mitron, dans la boulangerie familiale, effectuant de fréquentes livraisons à vélo. Du pain, soit des sucres lents, un vélo, voila les ingrédients pour faire un champion international … le génie en plus 🙂

Louison sera cycliste professionnel durant 14 ans, de 1947 à 1961. Il enregistrera 122 victoires à son actif, durant cette période. Outre le maillot de l’équipe de France qu’il porta au Tour de France ou aux championnats du monde, il fut membre de plusieurs équipes :
– 8 ans chez Stella de 1948 à 1955,
– 6 ans chez Mercier de 1955 à 1960,
– puis chez Ignis en 1961.

Sa carrière professionnelle s’arrêta le 10 août 1962,  il entama une reconversion en imaginant un nouveau concept de santé-loisir et en créant le premier établissement de thalassothérapie à Quiberon, suivi d’un second centre à Biarritz.

Script du court métrage
Venue de Louison Bobet au Circuit (officiel) de la Grand-Combe en 1955

00:00 – à venir

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Source film amateur : Youtube
Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 10.12.2017
Dernière mise à jour : 26.12.2017

Aérodrome de Champclauson à La Grand-combe (video)

lagrandecombe_avionPhoto : La Grand-Combe, vue d’avion.
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§ Avant propos :

Au sommet de la commune gardoise de la Grand-Combe, au Nord Est de la ville, au quartier de Champclauson, il est un lieu appelé l’Enfer. Je ne saurais vous dire la raison de ce toponyme, mais il doit bien y avoir un lien avec les mines de charbon et son dur métier, car descendre au sein d’une galerie qui peut atteindre plus de 800 mètres de profondeur (puits Ricard, puits Destival), n’est-ce pas aller frapper du pic aux portes de l’Enfer ?

Mais il est des miracles inexplicables ou des détournement de destination pour le moins merveilleux : cet Enfer grand-combien a pour vocation … la montée au ciel !

Ainsi, dans les années 50, une noria de bulldozers et de niveleuses ont chamboulé l’aspect du sommet de la montagne de Champclauson pour l’aplanir et le transformer en rien de moins qu’une piste d’aviation.

Oh bien sur, si à l’instar de John Travolta vous possédez un Boeing 747, inutile d’essayer de le faire atterrir sur la modeste piste de l’aérodrome de La Grand-Combe-Champclauson.

Mais si vous voulez jouer « les filles de l’air »
Pourquoi ne pas venir visiter cet Enfer
Et prendre illico un baptême de l’air …
Faire du vol à voile, de la montgolfière*
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§ Article 1

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L’aérodrome de Champclauson, est occupé entre autre par le CVVG : en effet depuis plus de 50 ans, on peut s’adonner à l’aviation sur ce terrain avec le Centre de Vol à Voile Gardois, créé par Henri Poitevin. Ce club déploie désormais ses ailes avec Alain Poncet, son président actuel.
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§ Article 2

La Grand-Combe : sur l’aérodrome, le hangar du film “La grande vadrouille”

  • Le hangar, anciennement lozérien, de Champclauson a sa belle histoire.
    Le hangar, anciennement lozérien, de Champclauson a sa belle histoire.DR
L’association Cévennes Air-Club en est propriétaire depuis 2000.

L’histoire de l’aérodrome de Champclauson, qui avait débuté à la fin de la guerre, grâce à la volonté évidente de quelques passionnés, fait partie intégrante du patrimoine grandcombien. Ils ne sont d’ailleurs plus beaucoup en tant que pionniers à avoir participé à ce chantier un peu fou. Si l’on ajoute qu’il s’y est passé beaucoup de choses là-haut, sur le plateau de l’Enfer, au temps où les fêtes aériennes, notamment, battaient leur plein, on aura fait le tour du sujet.

Aujourd’hui, les associations qui ont pignon sur la piste souffrent du trop peu d’intérêt qu’on leur porte. Dommage ! Et dire que sur ce même plateau, bien souvent battu par les vents violents, figure un bâtiment que l’on aperçoit furtivement dans un film qui a fait le tour du monde, « La grande vadrouille », de Gérard Oury.

C’est en Lozère que la scène a été tournée

À l’occasion du cinquantenaire de sa sortie dans les salles obscures, un petit retour dans le passé s’imposait donc. Sans que l’on puisse parler de secret, disons plutôt que seulement une poignée de personnes savent de quoi il s’agit. Au début des années 2000, François Pellet, le président de l’association Cévennes-air-club, et ses ULM, décide d’acheter un bâtiment implanté depuis des lustres sur l’aérodrome de Mende. Celui-ci sera démonté et remonté à Champclauson, grâce à l’implication sans faille du président.

Durant plusieurs mois, cela constituera un important chantier sur lequel plusieurs bénévoles vont travailler, avant que François Pellet ne se retrouve souvent esseulé dans la phase finale. Mais le hangar sera couvert, puis achevé en 2002, et l’association Cac pourra loger ses appareils. Depuis, après quelques années de pleine activité, elle perdra son dynamisme, mais aussi plusieurs de ses membres, ceci pouvant expliquer cela. Comment ne pas dire qu’aujourd’hui les portes du hangar ne s’ouvrent que très peu souvent.

Le vieux bâtiment, alors lozérien, avait eu le temps d’être immortalisé sur la pellicule de Gérard Oury. On l’aperçoit, en effet, quelques secondes, pour peu que le regard y prête attention, lorsque « les évadés décollent en planeurs de l’aérodrome mendois ». Un bâtiment vu donc par des millions de regards, mais tombé quasiment dans l’oubli sur l’aérodrome de Champclauson, aux côtés de ceux de l’Aéro-club-Cévennes-Montagne et du centre de vol à Voile gardois. Puisse cette nouvelle, resurgie du passé, drainer là-haut sur le plateau de l’Enfer, tel un pèlerinage, de nombreux visiteurs, venus voir et toucher du bout des doigts le bâtiment.

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Source article 1 : Vidéo Youtube
Source article 2 : MidiLibre (Publié le 

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Avant propos : Mas de la Regordane / Georges Delannoy
Première publication : 10.12.2017
Dernière mise à jour : 18.07.2018

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Fêtes et Fanfare à La Grand-Combe 1950 (video)

LGCsteGymnastique2Photo : Nos ancêtres les Gaulois sportifs grand-combiens

On s’est bien amusé avec les pompons avec les pompiers ! Ainsi débute ce court métrage présentant les prouesses de divers corps constitués : les pompiers et les clubs sportifs de La Grand-Combe dans les années 50.

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Détail et commentaires sur le script de ce court métrage 

00:00 – à venir

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Sur le même sujet (cliquez sur le lien ci-dessous) :
De-l’Harmonie-des-Houillères-à-l’Orchestre-Variation’s-2015-Vidéo

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Source : Youtube
Première publication : 10.12.2017
Dernière mise à jour : 29.01.2018

Corso Fleuri à La Grand-Combe 1958 (video)

ConcertsLGC

Chaque année, La ville de La Grand Combe voyait l’été arriver, avec l’été, un superbe Corso fleuri. Toutes les associations, écoles, clubs divers se préparaient à ce grand évènement en rivalisant d’imagination. De multiples petites mains satisfaisaient aux minutieux décors qui prenaient place sur des remorques tirées par tout un cortège de camionnettes et de véhicules privés.

« Je me souviens qu’à la Villa Béchard où j’étais en classe de 9ème (actuel Ce1 ?) nous n’étions pas en reste d’effervescence : les frères avaient projeté de réaliser un énorme « nounours » polaire, donc tout blanc. Mission nous avait été donnée de ramasser toutes les feuilles d’emballage avec lesquelles on enveloppait les oranges à cette époque. Puis après les avoir défroissées, ont les frangeait sur un seul coté avec nos ciseaux. Enfin on en recouvrait la carcasse métallique équipée d’un fin grillage qui figurait notre « nounours ». Les franges des emballages d’oranges imitaient à merveille les poils de l’animal polaire : travail fastidieux, mais résultat spectaculaire garanti ! »

Corso Fleuri à La Grand-Combe le 08 Juin 1958.

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Source : Youtube
Texte : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication : 10.12.2017
Dernière révision : 15.08.2018

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Le château de Portes, près de La Grand-Combe (video)

Chateau2Portes1Le « Vaisseau des Cévennes », alias le château de Portes, porte bien son nom. Avec sa tour sud en forme d’étrave, dirigée en direction d’Alais (Alès), terres de l’ennemi ancestral du comte de Budos, il ressemble en effet à un destroyer des années 1900. En fait il s’agit d’une aile renaissance, crée au XIV° siècle en remplacement de l’une des quatre tours de ce castel de forme plutôt classique.

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Source : Vidéo Youtube
Titre original : « La Grand’Combe, Portes, années 50 »
Reblogué par : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication, le : 10.12.2017
Dernière révision, le : 07.07.2018

Hommage de Real del Sarte aux morts de La Grand-Combe

S’il est un important symbole à La Grand-Combe, c’est bien le Monument aux Morts de la guerre 14/18, œuvre de Maxime Real del Sarte.

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Photo : reproduction de la gravure parue dans le livret des « 100 ans de la Cie des Mines. »

I/ Monument aux morts : le gisant représente l’artiste Real Del Sarte

Monument aux morts : le gisant représente l'artiste Real Del Sarte
Le gisant, tout comme la statue, a retrouvé son emplacement place de la Victoire. © D.R

[Jeudi 16.02.2012, NdE] Le retour de la statue du monument aux morts après cinq mois d’absence, (lire Midi Libre de vendredi), a été comme on le sait très apprécié par la population. Nos tempes grises se sentaient même un peu orphelines de ce monument qui n’avait plus bougé depuis 1923 au centre de cette place de la Victoire, devenue ensuite place Jean-Jaurès en 1954.

« Pour moi, le monument aux morts représente beaucoup, tout comme l’église et l’avoir vu partir m’avait angoissé« , confie un retraité, visiblement ravi de le voir de retour.

Mais ce petit événement qui a eu lieu jeudi en milieu d’après-midi, a permis d’en savoir un peu plus sur son histoire. « Sa parfaite représentation ». Caméra sur l’épaule afin d’immortaliser ce grand moment de la vie de la cité, le cinéaste Marc Laforêt laissera filtrer son penchant d’historien également, pour parler du célèbre sculpteur Maxime Real del Sarte qui avait réalisé la statue emblématique, mais aussi le gisant.

« L’artiste mutilé de la guerre de 14-18 avait perdu le bras gauche. Le travail était donc effectué par un ou plusieurs de ses élèves. Pour ce qui est de l’œuvre demandée par la municipalité de l’époque et telle que l’on peut la voir aujourd’hui, il avait tenu à ce que le gisant, soit sa parfaite représentation, avec son portrait et ce soldat couché amputé d’un bras, recouvert par un linceul. Cette œuvre remarquable faisant partie des plus belles que le sculpteur ait eu à réaliser dans sa carrière, était un hommage aux enfants de La Grand-Combe, 423 exactement, tombés au champ d’honneur. »

Et sur sa lancée, Marc d’insister également sur l’implantation du monument aux morts, « se retrouvant ainsi parfaitement dans l’axe de l’entrée de l’église et du pont des Abbés, ouvrage disparu, qui de la rue du Brugas desservait la place Jean-Jaurès… Le pont des Abbés tenait sa signification par le fait que l’importante communauté chrétienne de l’époque habitait dans le quartier, aujourd’hui des Pelouses… »

Voilà donc livrée une petite leçon d’histoire fort intéressante et enrichissante ;

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II/ RÉAL DEL SARTE Maxime- Sculpteur

Biographie

(2 mai 1888, à Paris – 15 février 1954) Maxime Réal del Sarte est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du Roi.

Il entra à l’École des Beaux-Arts en 1908. Le matin même du concours, il s’engagea politiquement, du côté des antidreyfusards : pénétrant au Palais de justice de Paris, il se présenta à l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation et, apostrophant les magistrats, les accusa de « forfaiture » à propos du dernier pourvoi de l’affaire Dreyfus.

Blessé aux Éparges, sur le front de Verdun le 29 janvier 1916, Real del Sarte dut être amputé de l’avant-bras gauche. [Il reçu la] Légion d’honneur en 1940.

Œuvres

Il n’en reprit pas moins son métier de sculpteur et l’œuvre qu’il avait conçue en mars 1914, Le Premier Toit, reçut le Grand Prix national des Beaux-Arts en 1921. Anne André Glandy la décrit : «Un homme et une femme agenouillés l’un en face de l’autre : dans un geste de protection l’homme relève la femme et la maintient tandis qu’avec tendresse elle cherche à s’appuyer sur lui. C’est le principe de la clef de voûte, la base de toute architecture.» Charles Maurras écrira un poème pour cette œuvre.

Salon des artistes français – Paris 1924 – Ceux-là aussi ont des droits sur nous (fragment du monument à la Victoire pour la ville de Rouen) ; groupe plâtre –

Médaille de bronze en 1920, puis d’argent en 1927 au salon des Artistes Français.

Bibliographie

Annette Becker, « Real del Sarte », dans Monuments de mémoire, Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale, Paris, Mission aux commémorations, 1991, p. 239-241

LGCbouzac

III/ Monument aux morts de la guerre de 1914-1918

monument aux morts de la guerre de 1914-1918
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Auteur de l’oeuvre
Description : Monument réalisé après soumission d’une maquette en plâtre, souscription publique
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Commune : Grand-Combe (La)
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Département : Gard
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Emplacement : sur terre plein
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Catégorie : sculpture 
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Matière : pierre : taillé [et] bronze : fonte
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Représentation : figure (soldat, couché), figure (Victoire), figure (homme, en pied), figure (femme, en pied), figure (enfant, en pied) [* voir note en bas de cette fiche, NdE]
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Précision sur la représentation :

Sujet : – La déesse de la Victoire, ailée, foulant aux pieds une chaîne et offrant une couronne à un soldat mort enveloppé dans un drapeau ;
– 2 personnages à gauche : une femme, suivie d’un homme, marchant sous les ailes de la victoire et représentant la population (minière) de la grand combe.
– 3 personnages à droite : un mineur enserrant dans ses bras un jeune galibot et un autre mineur en arrière.

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Dimensions : hauteur = 500 ; largeur = 400 ; profondeur = 500
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Inscriptions : inscription (gravée) – inscription (fondue) – signature (fondue)
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Précision sur les 3 inscriptions :
– titre sur la face principale du socle, transcription : « la victoire du droit 1918 » ;
– inscription fondue sur plaque, face principale du socle, transcription : « 1914 1918 souvenez vous 1939 1945 » ;
– signature fondue sur la base du groupe.
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Cadre : enquête thématique régionale (sculpture monumentale de la IIIe République)
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Auteur : Derrieu Bernard
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Réf de la notice inventaire : IM30000528
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Copyright © Inventaire général

……………………………..

* Note de l’éditeur :Ce monument aux morts de la Grand Combe représente au centre, statue de femme ailée, la déesse messagère de la Victoire, inspirée par celle de Samothrace*, mais qui aurait retrouvée sa tête et justifierait ainsi la mention sur le monument « À LA VICTOIRE DU DROIT – 1918. »

Sous l’aile protectrice droite de la déesse, un premier personnage torse nu, suivi d’un autre dans la même tenue, mais ayant une lampe de mineur accrochée au ceinturon et un long pic de mineur, entre les deux, un enfant, un galibot sans doute, assiste les deux adultes dans leur travaux. Sous l’aile gauche, une femme suivi d’un homme.

Enfin sur un socle en contrebas du monument couché sur le dos, recouvert par un linceul, un soldat blessé qui représenterait Real del Sarte lui-même, avec son bras gauche amputé, recevant de la déesse la couronne Victoire, placée au dessus de lui.
[Je vais aller voir sur place pour peaufiner ce brouillon de description actuel, fait à distance depuis de simples photos.] G.D.

** note :  Samothrace, Νίκη τῆς Σαμοθράκης / Níkê tês Samothrákês dont la hauteur de 5,12 m est quasi identique aux 5 m de notre monument.
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§

Source article I : MidiLibre
Source article II : MonumentsMorts.univ-lille3.fr
Source article III: Inventaire-Patrimoine-Culturel

Mise en Page : Mas de la Regordane/GD
Première publication : 07.12.2017
Dernière mise à jour : 19.06.2018

Morts pour la France de La Grand-Combe

LGCbouzac
Photo : La Grand-Combe, le monument aux morts, de Réal del Sarte, dans les années 30

I/ Les Morts Pour la France de La Grand-Combe

§1

Résultats   – 1 à 100 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
1914-1918 11/11/1918 Uskub Serbie
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 27/08/1914 Stenay (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/09/1915 Souain (51) Médaille Militaire
1914-1918 19/06/1915 Sainte-Anne-d’Auray (56) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 08/11/1914 Veldoeck (FlandreOccidentale) Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 23/09/1914 Cheppy (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/01/1917 En mer
1914-1918 27/09/1915 Souain (51)
1914-1918 14/08/1916 Barleux (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/05/1916 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 23/10/1917 Allemant (02)
1914-1918 16/03/1916 Vaux-devant-Damloup (55)
1914-1918 19/07/1918 Fleury-la-Rivière (51)
1914-1918 30/08/1918 Languevoisin-Quiquery (80)
1914-1918 28/10/1914 Massiges (51)
1914-1918 22/02/1915 Marre (55) Médaille Militaire
1914-1918 08/1914 Vergaville (57)
1914-1918 24/08/1916 Cerisy-Gailly (80)
1914-1918 25/09/1915 Souain (51)
1914-1918 09/05/1917 (02)
1914-1918 12/08/1916 (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/09/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 12/11/1914 (55)
BARRES Louis Émile 1914-1918 14/12/1918 Degerloch
Allemagne
1914-1918 09/05/1915 Les Éparges (55)
1914-1918
1914-1918 25/06/1916 Belleville (54)
BASTIDE Léopold 1914-1918 26/06/1916 Deuxnouds-devant-Beauzée (55)
BASTIDE Urbain Édouard 1914-1918 16/06/1915 Metzeral (68)
BAYLE Auguste 1914-1918
1914-1918 21/12/1916 Châteauroux (36) Croix de Guerre
BEAU Emmanuel François Marie 1914-1918 25/09/1914 Maucourt (80) Légion d'HonneurCroix de Guerre
BEAUME Lucien Casimir Albert 1914-1918 06/10/1915 Saint-Hilaire-le-Grand (51)
BELIN Auguste Louis 1914-1918 25/08/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55)
BELIN Joseph Firmin 1914-1918 08/03/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
BENOIT Joseph 1914-1918 04/09/1916 Combles (80)
BENOIT Joseph Louis 1914-1918 06/10/1914 Massiges (51)
BENOIT Marius Jean Baptiste 1914-1918 30/10/1918 Haringhe (Flandre Occident. Belgique
BÉRAL Jean Marius 1914-1918 21/10/1918 Braunfels Allemagne
BERJOT Hippolyte André 1914-1918 30/10/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
BERTHOMIEUX Daniel 1914-1918
BERTON Gustave Alfred 1914-1918 03/10/1915 (51)
BERTON Raymond 1914-1918 12/04/1918 Pontoise-lès-Noyon (60)
BILLEBAUD Joseph Marius 1914-1918 12/11/1914 Tracy-le-Val (60)
BILLEBAUD Jules Albert 1914-1918 07/05/1916 Bras (55)
BILLEBAUD Louis François 1914-1918 21/07/1916 Maricourt (80)
BOISSIN Henri Édouard 1914-1918 04/1917 Montigny-sur-Vesle (51)
BONHOMME Auguste Baptiste 1914-1918 16/08/1916 Zeitenlick GrèceSépulture Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOREAU Gabriel Firmin 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
BORELLY Émile Adolphe 1914-1918 29/12/1916 Bezonvaux (55)
BOULET Basile Marie Irénée 1914-1918 25/01/1917 Esnes-en-Argonne (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOULET Jean Pierre 1914-1918 23/03/1916 Malancourt (55)
BOULLE Gabriel Marius 1914-1918 22/08/1914 Ethe (Luxembourg) Belgique
BOULLE Jean 1914-1918
BOUQUET Martin Henri 1914-1918 03/11/1916 Maurepas (80)
BOUSQUET Marius Émile 1914-1918 11/02/1915 Goldbach (68)
BRUN Auguste Marius 1914-1918 05/06/1916 Longueval (02)
BRUN Marius Jean Baptiste 1914-1918
BRUNET Louis Auguste 1914-1918 14/11/1918 Puckheim Allemagne
BRUSCHET Paul Ferdinand 1914-1918 23/12/1915 La Grand-Combe (30)
BUSCAIL Gaston 1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre-Occident. Belgique
CABANEL Henri Élie 1914-1918 08/08/1918 Thennes (80)
CANONGE Félix 1914-1918 20/06/1915 Sainte-Menehould (51)
CANONGE François 1914-1918
CANONGE Marcel 1914-1918 17/09/1914 Trémont (55)
CANONGE Salomon Henri 1914-1918 30/08/1918 Thoix (80)
CATHARA Grégoire Édouard 1914-1918 25/08/1916 Zeitenlick Grèce
CAUQUE André Émile 1914-1918 22/09/1917 Châlons-sur-Vesle (51)
CAUSSE Clovis Arthur 1914-1918 16/08/1914 Vergaville (57)
CAVALIER Marius Paul François 1914-1918 06/09/1916 Berny-en-Santerre (80)
CELLIÉ Jules Jean Baptiste 1914-1918 22/08/1916 (55)
CEYSSON Augustin Régis 1914-1918 01/09/1914 Ville-devant-Chaumont (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
CHABALIER Victor André 1914-1918 24/08/1917 Avocourt (55)
CHABROL René Louis Ferdinand 1914-1918 18/04/1917 Saint-Quentin (02)
CHAILARD Baptiste Pierre 1914-1918 07/10/1915 Châlons-sur-Marne (51)
CHANEAC Auguste Henri 1914-1918 21/09/1914 Saint-Maurice-sous-les-Côtes (55)
CHANIAL Louis Félix 1914-1918 29/08/1914 Gray (70)
CHAPON Gabriel Cyprien 1914-1918 10/09/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
CHAPON Léon Édouard 1914-1918 23/07/1915 Harbonnières (80)
CHAPON Louis Eugène 1914-1918 24/03/1917 Bihlista (Bilisht) Albanie
CHAPON Paul 1914-1918 29/10/1916 (80)

CHAPTAL Jean Firmin

1914-1918 03/03/1915 Lihons (80)
CHAREYRE Marius 1914-1918
CHASTANIER Philibert 1914-1918 06/10/1915 Massiges (51)
CHAUSSE Louis François 1914-1918 15/10/1916 Zeitenlick Grèce
CHAUZAL Marcel Paul 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
CHAZAL Abel Joseph 1914-1918 23/08/1915 Flirey (54)
CHÉROUSE François Maurice 1914-1918 26/09/1914 Ippécourt (55)
CHOLVY Lezin Victor 1914-1918 19/03/1915 (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
CLÉMENT Émile Prosper 1914-1918 26/02/1916 En mer
CLÉMENT Joseph Clovis 1914-1918 20/07/1915 Stosswihr (68)
COMBE Auguste Élie 1914-1918 13/06/1917 Paissy (02)
COMBERNOUX Ferdinand Henri Marie 1914-1918 04/10/1918 Paris 17 (75) Médaille MilitaireCroix de Guerre
COMPAN Louis Alexis Henri 1914-1918 02/09/1914 Gerbéviller (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
COSTE Henri Pierre 1914-1918 15/12/1914 Ypres Flandres -Occident. Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
COULOMB Léon Henri 1914-1918 28/11/1914 Ypres (Flandres -Occident. Belgique
DARDALHON Gabriel Édouard 1914-1918 02/05/1917 Coincy (02) Croix de Guerre
DAUTUN Gabriel Émile 1914-1918 17/09/1918 Celles-sur-Aisne (02)
DELEUZE Albert Adolphe 1914-1918 23/03/1915 Thann (68)

§2

Résultats   – 101 à 200 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
DELEUZE Cyprien Louis 1914-1918 20/08/1914 Saint-Nicolas-de-Port (54)
DELEUZE Joseph Étienne 1914-1918 09/01/1915 Harbonnières (80)

DELEUZE Léopold Henri Zacharie

1914-1918 13/04/1918 Merville-au-Bois (80)
DELEUZE Victorin 1914-1918 05/11/1916 Combles (80)

DELEZON Édouard Émile

1914-1918 19/04/1915 Creil (60)

DELEZON Henri

1914-1918 08/05/1915 Avignon (84)

DELON Étienne

1914-1918 05/01/1915 Lachalade (55)

DENIS Pierre Félix

1914-1918

DESCHANEL Élie Jules

1914-1918 28/12/1914 Neuville-Saint-Vaast (62) Médaille MilitaireCroix de Guerre

DEZEUZE Paulin Léon

1914-1918 24/07/1916 Fleury-devant-Douaumont (55)

DIET Joseph Marius

1914-1918 08/1914 (55)

DONADILLE Marcel Émile

1914-1918 21/03/1918 Vienza Italie Médaille MilitaireCroix de Guerre

DOULCIER Claudius Alexandre Émile

1914-1918 11/04/1916 Avocourt (55)

DOULSIERE Marius Henri

1914-1918 20/10/1918 Vélès Serbie Médaille MilitaireCroix de Guerre

DUFOUR Antonin

1914-1918 26/03/1916 (55)

DUMAS Henri

1914-1918 19/07/1915 Bonzée (55)

DUMAS Kléber Gabriel

1914-1918 21/04/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

DUMAS Marcel Justin

1914-1918 15/05/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

DUMAS Marius Albert

1914-1918 26/09/1915 Massiges (51)

DUNY Léon Hippolyte

1914-1918 05/05/1917 Vauxaillon (02)

DURAND Émilien René

1914-1918 12/02/1916 Hyères (83)

DURAND Louis Édouard

1914-1918 23/10/1916 Fleury-devant-Douaumont (55)
ESCALIER Louis Camille 1914-1918 03/08/1918 Monchy-Humières (60)
1914-1918 25/09/1915 Massiges (51)
1914-1918 28/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 03/09/1914 Saint-Remy (88)
1914-1918 23/07/1915 Perthes-lès-Hurlus (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/01/1917 En mer
1914-1918 06/09/1914 Montpellier (34)
1914-1918 10/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 12/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 27/10/1918 Mannheim Allemagne
1914-1918
1914-1918 06/02/1915 Pont-Saint-Esprit (30) Croix de Guerre
1914-1918 16/07/1918 Vrigny (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 07/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
1914-1918 19/02/1915 Malancourt (55)
1914-1918 14/07/1915 Cannes (06)
1914-1918 16/04/1917 Paissy (02)
1914-1918
1914-1918 24/09/1916 Jouaignes (02)
1914-1918 20/12/1914 Boureuilles (55)
1914-1918 22/08/1914 Bourg-Bruche (67) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 30/05/1918 Chouy (02)
1914-1918 10/02/1916 Souchez (62)
1914-1918 01/03/1918 Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus (51)
1914-1918 08/08/1915 Gray (70)
1914-1918 04/03/1917 Cuperly (51)
1914-1918 12/08/1915 Xivray-et-Marvoisin (55)
1914-1918 09/06/1915 Hébuterne (62)
1914-1918 20/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
1914-1918 27/09/1914 Chauvoncourt (55)
1914-1918 12/10/1918 Lons-le-Saunier (39)
1914-1918 29/04/1917 Bistrica (Bistritsa) Serbie
1914-1918
1914-1918 06/01/1915 Roclincourt (62)
1914-1918 25/09/1915 Neuville-Saint-Vaast (62)
1914-1918 13/10/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 24/08/1914 Saulxures (67)
1914-1918 27/09/1914 Xivray-et-Marvoisin (55)
1914-1918 07/03/1915 Stosswihr (68)
1914-1918 10/11/1914 Condé-en-Barrois (55)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 10/09/1914 Heippes (55)
1914-1918
1914-1918 18/09/1914 Caisnes (60)
1914-1918 07/01/1915 Saint-Éloi Belgique
1914-1918 09/02/1916 Éclusier-Vaux (80)
1914-1918 26/11/1914 Ypres (Flandre-Occident) Belgique
1914-1918 05/07/1915 Saint-Dizier (52)
1914-1918 27/01/1917 Massafra (Tarente) Italie
1914-1918 30/06/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 25/08/1914 Buzy (55)
1914-1918 04/11/1915 Massiges (51)
1914-1918 27/01/1915 Senones (88)
1914-1918 20/09/1916 Curlu (80)
1914-1918 20/12/1914 Rarécourt (55)
1914-1918 05/11/1916 Bouchavesnes (80)
1914-1918 02/01/1915 Tracy-le-Val (60) Médaille Militaire
1914-1918 25/11/1917 Samogneux (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 05/06/1918 Louvois (51)
1914-1918 23/02/1917 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 16/09/1914 L’Aigle (61)
1914-1918 18/08/1914 Loudrefing (57)
1914-1918 25/09/1914 Lihons (80)
1914-1918
1914-1918 26/08/1914 Mont-sur-Meurthe (54)
1914-1918 12/08/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 01/12/1914 Lam-pernisse Belgique
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 16/07/1918 La Chapelle-Monthodon (02)
1914-1918 15/12/1914 Nieuport Belgique
1914-1918 25/08/1914 Boinville (55)
1914-1918 15/05/1915 Massiges (51)
1914-1918 16/06/1915 (60)
1914-1918 25/06/1915
1914-1918 04/04/1918 Morisel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 15/06/1915 Metzeral (68)

§3

Résultats   – 201 à 300 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
MAURIN Jean Louis 1914-1918 21/03/1916 Malancourt (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 04/02/1915 Massiges (51)
1914-1918 20/08/1914 Frémery (57) Légion d'HonneurCroix de Guerre
1914-1918 04/10/1918 Güntz Allemagne
1914-1918 06/11/1918 Nazareth Belgique
1914-1918 10/08/1917 Ostel (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/06/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 05/12/1914 Malo-les-Bains (59) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 07/10/1914 La Tronche (38)
1914-1918 08/04/1915 Châlons-sur-Marne (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 29/10/1915 Tahure (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 26/07/1918 Bouilly (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/08/1914 Morhange (57)
1914-1918
1914-1918 03/08/1918 Haramont (02)
1914-1918
1914-1918 16/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 29/10/1914 Forges (55)
1914-1918 06/11/1916 Sailly-Saillisel (80)
1914-1918 15/12/1916 Douaumont (55)
1914-1918 20/06/1915 Vienne-le-Château (51)
1914-1918 17/08/1918 Lyon (69)
1914-1918 06/04/1916 Douaumont (55)
1914-1918 25/01/1917 En mer Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 15/09/1914 Mognéville (55)
1914-1918 11/08/1918 Bus-la-Mésière (80)
1914-1918 1918 Monnes (02)
1914-1918 17/09/1914 Robert-Espagne (55)
1914-1918 28/08/1914 Anglemont (88)
1914-1918 23/10/1917 (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 31/10/1916 Rancourt (80) Légion d'HonneurMédaille Militaire
1914-1918 26/05/1915 Aubigny-en-Artois (62)
1914-1918 13/09/1914 Lunéville (54)
1914-1918 23/09/1914 Tracy-le-Mont (60) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 01/08/1918 La Grand-Combe (30)
1914-1918 21/08/1914 La Broque (67)
1914-1918 05/09/1916 Combles (80)
1914-1918 26/08/1914 Moyenmoutier (88) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 17/09/1915 Massiges (51)
1914-1918 25/08/1914 Buzy (55)
1914-1918 09/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 15/12/1916 Vacherauville (55)
1914-1918 24/08/1914 Oret Belgique
1914-1918 03/09/1916 Herbécourt (80)
1914-1918 04/12/1914 Massiges (51)
1914-1918 29/05/1917 Reims (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918
1914-1918 07/10/1916 Kénali Serbie
1914-1918 14/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 23/05/1915 Toulon (83)
1914-1918 1915
1914-1918 20/12/1914 Boureuilles (55)
1914-1918 28/12/1914 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 08/09/1917 Parois (51)
1914-1918 27/06/1916 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 22/08/1914 Lunéville (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 1916
1914-1918 14/08/1914 Coincourt (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 10/01/1915 Ligny-en-Barrois (55)
1914-1918 02/07/1916 Barleux (80)
1914-1918 26/08/1914 Moyenmoutier (88)
1914-1918 29/09/1914 Limoges (87)
1914-1918 14/04/1915 Montzéville (55)
1914-1918 04/07/1916 Verdun-sur-Meuse (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 16/03/1916 Vaux-devant-Damloup (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 01/07/1916 Assevillers (80)
1914-1918 06/06/1918 Ambleny (02)
1914-1918 23/01/1915 Thann (68)
1914-1918
1914-1918 24/08/1914 (55)
1914-1918 11/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918
1914-1918 15/09/1916 Rancourt (80) Croix de Guerre
1914-1918 20/04/1917 Bistrica (Bistritsa) Serbie
1914-1918 25/05/1917 Montpellier (34) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 10/10/1918 Seboncourt (02) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 22/09/1914 Massiges (51)
1914-1918 01/08/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 26/08/1914 Mont-sur-Meurthe (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 29/04/1918 Kemmel Belgique
1914-1918 12/06/1918 Antheuil-Portes (60) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 27/04/1917 Berméricourt (51)
1914-1918 12/05/1916 Orbey (68)
1914-1918
1914-1918 28/06/1916 Esnes (55)
1914-1918
1914-1918 26/08/1918 Jaulzy (60)
1914-1918 20/07/1915 (68)
1914-1918 26/09/1914 Chauvoncourt (55)
1914-1918 14/03/1918 La Grand-Combe (30)
1914-1918 21/06/1915 Krithia Turquie Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 30/09/1915 Perthes-lès-Hurlus (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 25/04/1915 Les Éparges (55)
1914-1918 19/03/1916 Remenauville (54)
1914-1918 11/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 05/02/1917 Bazoches (02)
1914-1918 16/09/1914 Cumières (55)
1914-1918 27/09/1915 Perthes-lès-Hurlus (51)

TEISSIER Clément Louis

1914-1918 09/11/1914 Leper (Ypres) Belgique

§4

Résultats   – 301 à 338 sur 338    ·   · 1   2   3   4   ·  ·  
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M

TESTON Auguste Camille

1914-1918 25/03/1918 Ornes (55)

TESTON Édouard Hippolyte

1914-1918 23/04/1917 Mourmelon-le-Petit (51)

TESTON Zéphirin Urbain

1914-1918 21/01/1915 (68)

TESTUD François Gaston

1914-1918 26/03/1916 Esnes (55)

TESTUT Fernand Albin

1914-1918 17/09/1916 Combles (80)

THERAUBE Fernand Louis

1914-1918 11/10/1914 Munich (Bavière) Allemagne

THIMOTHÉE Marius

1914-1918 (55)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 12/08/1916 Biaches (80)

TOUR Auguste Édouard

1914-1918 05/11/1915 Sainte-Menehould (51)
1914-1918 11/07/1915 Ablain-Saint-Nazaire (62)

TREMOLET Georges Prosper

1914-1918 12/04/1915 Flirey (54)
1914-1918 02/06/1918 Montmirail (51)
1914-1918 19/07/1915 Ferryville Tunisie Médaille MilitaireCroix de Guerre

TRIBES Émile Théophile

1914-1918 26/09/1914 Dun-sur-Meuse (55)
1914-1918 03/09/1914 (54)

TRIBES Hippolyte Fernand

1914-1918 12/07/1918 Rouvrel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 30/05/1915 Ville-sur-Tourbe (51)

TRIBES Louis Henri Hippolyte

1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre Occident. Belgique Médaille MilitaireCroix de Guerre
TRINQUAL Louis Marius 1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 21/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 06/04/1915 (55)
1914-1918 25/03/1917 Champs (02)
VIALA Jean Baptiste 1914-1918 22/08/1914 Lunéville (54)
1914-1918 09/08/1916 Maurepas (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 20/08/1914 Dieuze (57)
1914-1918 20/08/1914 Vergaville (57
1914-1918 27/08/1914 Rambervillers (88)
1914-1918 07/08/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 04/03/1915 Vauquois (55)
1914-1918 15/11/1916 Sailly-Saillisel (80)
1914-1918 03/02/1916 Lignières (18)
1914-1918 11/08/1915 Vienne-le-Château (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 26/02/1915 Perthes-lès-Hurlus (51)
1914-1918 03/11/1918 Mann-heim Allemagne
1914-1918 19/08/1914 Dieuze (57)
VOLPILIÈRE Fernand Jean 1914-1918 29/09/1915 Tahure (51)

§5

II/ Les Morts Pour la France de La Levade

Résultats   – 1 à 60 sur 60
Nom Prénoms Conflit Date & lieu de décès M
1914-1918 25/08/1914 Warcq (55)
1914-1918 23/10/1917
Allemant (02)
1914-1918 12/11/1914 (55)
BASTIDE André 1914-1918 1918
1914-1918 21/12/1916 Châteauroux (36) Croix de Guerre
1914-1918 25/09/1914 Maucourt (80) Légion d'HonneurCroix de Guerre
1914-1918 12/08/1914 Lagarde (57)
1914-1918 04/09/1916
Combles (80)
1914-1918 29/12/1916 Bezonvaux (55)
1914-1918 25/01/1917 Esnes-en-Argonne (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
BOURRET Marius 1914-1918 1917
1914-1918 05/06/1916 Longueval (02)
1914-1918 23/04/1917 Nieuport, Flandre Occident. Belgique
1914-1918 18/04/1917 Saint-Quentin (02)
1914-1918 29/08/1914 Gray (70)
1914-1918 10/09/1914 Verdun-sur-Meuse (55)
1914-1918 23/07/1915 Harbonnières (80)
1914-1918 24/03/1917 Bihlista (Bilisht) Albanie
CHARBONNIER Benjamin 1914-1918 1918
1914-1918 02/09/1914 Gerbéviller (54) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 06/02/1917 Rigny-la-Salle (55)
1914-1918 06/12/1914 Malancourt (55) Médaille Militaire
1914-1918 12/12/1917 Saint-Michel (73) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 24/08/1916 Maurepas (80)
1914-1918 31/07/1916 (55)
1914-1918 03/07/1918 Moulin-sous-Touvent (60)
1914-1918 08/06/1918 Jouarre (77)
1914-1918 1917
1914-1918 26/09/1916 Bray-sur-Somme (80)
1914-1918 07/09/1918 La Seyne-sur-Mer (83)
GRAFFIN Robert 1914-1918 1918
1914-1918 04/03/1917 Cuperly (51)
1914-1918 27/09/1914 Chauvoncourt (55)
Guerre d’Algérie 18/10/1959 Tebessa (Bône) Algérie Croix de la Valeur militaire
1914-1918 07/03/1915 Stosswihr (68)
1914-1918 1914
1914-1918 1915
1914-1918 1915
LEYRIS Marius Auguste Albert 1914-1918 25/06/1915 Seddul-Bahr Turquie
1914-1918 15/12/1914 Nieuport Belgique
MAURIN Charles Jean 1914-1918 15/06/1915 Metzeral (68)
1914-1918 21/03/1916 Malancourt (55) Médaille MilitaireCroix de Guerre
MERCIER Pierre 1914-1918 1915
1914-1918 26/07/1918 Bouilly (51) Médaille MilitaireCroix de Guerre
OUAIRY Pierre Marie 1914-1918 04/07/1917 Vannes (56)
1914-1918 20/12/1915 La Croix-en-Champagne (51)

PALPACUER Marius Augustin

1914-1918 25/08/1914 (55)
1914-1918 19/08/1914 Saint-Médard (57)
1914-1918 18/04/1917 Soissons (02)
RABUT André 1914-1918 1915
1914-1918 1917

RIEU Régis François

1914-1918 10/01/1915 Ligny-en-Barrois (55)
1914-1918 31/10/1914 Massiges (51)
1914-1918 25/03/1918 Ornes (55)
1914-1918 23/04/1917 Mourmelon-le-Petit (51)
1914-1918 21/01/1915 (68)
1914-1918 02/06/1918 Montmirail (51)
1914-1918 03/09/1914 (54)
1914-1918 12/07/1918 Rouvrel (80) Médaille MilitaireCroix de Guerre
1914-1918 04/03/1915 Vauquois (55)

§

Source : MemorialGenWeb.Org

Livre d’Or des Mines de la Grand’Combe (Relevé n° 69146) Photo
Catégorie : Livre d’Or, Livre, Liste, Archive, état-civil)
Situation – informations :
Edité par la Compagnie des Mines de la Grand’Combe en 1924


Relevé initial effectué de La Grand-Combe, par : Daniel PEYRE
Relevé initial de La Levade effectué par : Paul MAZIÈRE
Mise en page par : Mas de la Regordane/GD/L2F
Première publication : 06.12.2017
Dernière mise à jour : 13.12.2017

La Grand-Combe et ses châteaux

BlasonLGC2 (2)

.
Créé seulement en 1957, le blason de La Grand-Combe est « … accompagné de trois châteaux […] ouverts et ajourés aussi de sable… » dont on dit communément qu’ils sont ceux de La Levade, de Trouillas et de Portes. Qu’en est-il ? Cet article se propose de faire toute la lumière sur ces bâtiments historiques, derniers témoins du passé ancestral du territoire de La Grand-Combe.

De fait, cette commune ne fut crée qu’en 1836 par décret royal de Louis Philippe 1er, roi des Français. Les cinq communes environnantes qui firent apport de territoires, afin de constituer l’aire de cette nouvelle citée, sont : Blannaves (Branoux-Les Taillades), Laval(-Pradel), Les Salles du Gardon, Portes et Sainte Cécile d’Andorge, soit autant de communes qui feront l’objet de notre investigation en matière de châteaux.

Car si Cadet Rousselle a trois châteaux ou trois maisons (vidéo) selon la version de cette chanson populaire du XVIIIème siècle, le territoire de La Grand-Combe en compte une bonne dizaine que nous allons vous présenter en attendant de compléter notre enquête. Tâche que vous pouvez nous faciliter en nous communiquant vos informations en cliquant ICI.

CHÂTEAU DE CHAMPCLOS

SainteCeciledAndorge
.
Situé sur la commune de Saint Cécile d’Andorge, le château de Champclos serat visible depuis la route départementale de la Bégude, dans la vallée de l’Andorge, rivière qui a donné son nom à la commune. Qui aurait des information et/ou des photos sur cet édifice (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DE LA FAVÈDE

ChateauDeLaFavede

Autour de Branoux, Le château de La Favède, découvert grâce à l’association

CHÂTEAU DU FRAISSINET

ChateauFraissinet.
.
Situé sur la commune de Branoux-les-Taillades 30110, près du lac des Camboux, le château du Fraissinet est un grand mas actuellement exploité comme gîte de tourisme.

CHÂTEAU DE LA LEVADE

ChateauLaLevade
.
Le château de La Levade est en fait une grande maison de maître du XIXe siècle, et n’est certes pas l’un des trois châteaux que le peintre Marcel Feydédié dessina sur le blason de La Grand-Combe. La première pierre aurait été posé pour le nouveau maire de La Grand-Combe François (Pierre, Marie) BEAU, né le 19.10.1815 à Morlaix † 14.09.1879 à Vals-les-Bains, officier de la Légion d’Honneur. Polytechnicien, École des Mines. Directeur d’exploitation de la Cie des Mines de 1849 à 1863. Maire jusqu’en 1863. Conseiller général du Gard en 1858, 1861, 1871, 1874.

Aux temps de la Cie des Mines des années 1946, il servait à loger les hôtes de marque de l’Administration des Houillères, pratique qui perdura jusqu’à la fin des années 50, avec l’hébergement des jeunes ingénieurs célibataires qui n’avaient pas de logement.

En septembre 1947, ils déboursaient, pour résider en ces lieux, pour avoir en quelque sorte, « une vie de château », un loyer mensuel de 2 238 (anciens) francs, somme qui leur était retenue par les services de la Paye de la rue Soubeyran à Alès.
Qu’en pensez-vous (Réponse s/CONTACT) ?

CHÂTEAU DE LA POMAREDE

à