Paroisses de La Grand-Combe et des Hautes Vallées Cévenoles

LgcMesseChrismale2015
Photo : mardi 31.03.2015 – Messe chrismale à N.D.I.C. de La Grand-Combe.

Roger WATTEBLED – Évêque du diocèse de Nîmes.
Bertand BENOÎT – Évêque du diocèse de Mende :
son ordination épiscopale aura lieu à Mende le dimanche 03 Mars à 15h00

PAROISSES DE LA GRAND-COMBE ET DES HAUTES VALLÉES CÉVENOLES

L’ensemble paroissial de La Grand-Combe et des Hautes Vallées Cévenoles fait partie du diocèse de Nîmes et comprend 25 paroisses sous l’autorité de l’évêques de Nîmes pour les paroisses gardoises, mais de l’évêque de Mende pour les paroisses lozériennes.


LA GRAND-COMBE

Presbytère : 1 rue Abbé-Masson 30110 La Grand-Combe (courrier)
Téléphone : 04 66 54 06 53
Mail : enspargrcombe@keyyomail.com

Père Michel GUILHOT – Curé – 06 40 77 28 10
Père Ghislain Franck RAMAROSON – Vicaire – 06 21 94 91 78
Paul MAGNIEN – Comptable – 04 66 54 06 53
Georges DELANNOY – Trésorier Général – 04 66 54 06 53 – 0610 140 100

Pélerinage : 19.03 à St Joseph de Puimisson – Rolande 04 66 54 84 52

Lieux de culte :

Église : Notre Dame de l’Immaculée Conception ; place Jean Jaurès
Messe : (hiver) mercredis à 9h00, 1° vendredi/mois et samedis à 17h30
Rosaire (équipe de) : Mercredi 13.02 à 16h30 (chapelle chauffée.)

Église : N.D. de Laval, place de l’église (dépend de La Grand-Combe)
Messe : (hiver) tous les lundis à 17h00 (11.02, Fête de N.D. de Lourdes)

Chemin de Croix : route de Laval D297 puis route de LGC à Laval
Accessible toute l’année (prévoir des chaussures de marche ou baskets)

Chapelle : de la Maison de Retraite Léo Larguier
Messe : 14.02 à 15h00

Presbytère : Groupe biblique – 11.02 à 14h30
CPAE : 21.02 à 09h30

AUJAC
Église :
Messe : 03.02 à 9h30

BONNEVAUX
Église :
Messe : voir messe Aujac

CHAMBON (LE)
Église :
Messe : voir messe Chamborigaud

CHAMBORIGAUD
Église :
Messe : 10.02 à 11h00 – 24.02 à 11h00
Salle paroissiale : Groupe biblique – 11.02 à 14h30
EAP : 06.02 à 14h30

CHAMPCLAUSON
Église :
Messe : 24.02 à 11h00

COLLET DE DÈZE
Église :
Messe : 23.02 à 17h30 – 02.03 à 17h30

COLLET DE DÈZE
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : mercredi 20.02 à 15h00

CONCOULES
Église :
Messe : 10.02 à 9h30

GÉNOLHAC
Église Saint Pierre :
Messe : 03.02 à 11h00 – 17.02 à 11h00 – 03.03 à 10h00
Crypte :
Presbytère : Réunion Cpae Génolhac et paroisses périphériques 08.02

HAUTE LEVADE (LA)
Église : dépend de la paroisse de La Grand-Combe
Messe : 09.02 17h30

LEVADE (LA)
Église : dépend de la paroisse de La Grand-Combe
Messe : 03.02 à 11h00 – 03.03 à 10h00

POMARÈDE (LA)
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : 26.02 à 15h00 – 22.02 à 15h00

PONTEILS
Église :
Messe : 17.02 à 09H30

PONTEILS (Hôpital de)
Chapelle :
Messe : vendredis 01.02 – 15.02 – 01.03 à 16h15

PORTES
Église : Route D906, puis tourner à gauche, rue de l’église
Messe : 1 par an (fermée 364/365J, sauf sacrements sur demande)

PRADEL (LE)
Église : Rte D906, puis D428
Messe :

TRESCOL
Église : Rte D286 – paroisse de La Grand-Combe
Messe : février = 17.02.19 à 11h00
Salle Saint Grégoire : comité diocésain ACO 14.02 à 9h30

SALLES DU GARDON (LES)
Église :
Messe : 10.02 à 11h00

SAINT ANDÉOL
Église : en ruine, comme le village (commune de Pradel)
Messe : des gens disent que l’on entend parfois la cloche sonner à minuit.

SAINT HILAIRE DE LAVIT
Église :
Messe :

SAINT JULIEN DES POINTS
Église :
Messe : 16.02 à 17h30

SAINT MARTIN DE BOUBAUX
Église : (diocèse de Mende)
Messe :

SAINT PRIVAS DE VALLONGUE
Église : dépend de l’évêché de Mende
Messe :

SAINTE CÉCILE D’ANDORGE
Église : place de l’église
Messe : 02.02 à 17h30 (inauguration des travaux S/clocher)

SÉNÉCHAS
Église :
Messe : 24.02 0 9H30

VERNARÈDE (LA)
Église : Grand rue, puis rue de l’église
Messe : fermée pour cause de danger
– Voir association de sauvegarde de l’église de la Vernarède :
.. Monsieur et Mme Royer : 04 66 61 18 13

VIALAS
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : vendredi 08.02 à 16h15

§

Vidéo : Viméo
Images : 202 photos de la Messe chrismale 2015 à La Grand Combe
à l’Église de l’Immaculée Conception, le mardi 31.03.15

Première publication le 06.02.2019
Dernière mise à jour, le : 07.02.2019

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Les Joyeux Mineurs de La Grand-Combe

 

LES JOYEUX MINEURS [de La Grand-Combe]

Société de Danses et Farandoles

Nous sommes de La Grand Combe, au nord du département du Gard, au pied des Cévennes à 12 km d’Ales et 50 de Nîmes. Le groupe est né en 1911 de la fusion de deux sociétés qui fonctionnaient depuis les dernières années du XIX° siècle et n’a eu que deux interruptions d’activité, au cours des deux guerres mondiales.

Deux questions se posent,
– pourquoi « Danses et Farandoles » ?
– pourquoi « Joyeux Mineurs » ?

La Grand Combe fait partie d’un ancien bassin minier. Pendant un siècle et demi l’exploitation du charbon a fait vivre la ville qui est née en 1846. La Compagnie des Mines organisait la vie de ses ouvriers mineurs : travail, logement, santé, école des enfants, cultes, coopératives et bien-sur les loisirs.

Fin XIX° début XX°, des associations sportives furent créées par les directeurs des mines : clubs de foot, boxe, cyclisme, harmonie [des mines] et société de Danses et Farandoles et cela dans toutes les vallées cévenoles qui vivaient du charbon. Tous ces villages avaient leur Harmonie [des mines] et leur société de Danses.

Toutes ces sociétés de Danses et Farandoles ont été pendant longtemps composées uniquement de mineurs et se retrouvaient régulièrement pour confronter leur virtuosité, leur agilité, leur souplesse à l’exécution des pas de Farandole.

Farandole disons-nous ?

Oui, des pas de Farandole qui leur avaient été enseignés par les Maitres à Danser de l’Armée. Maitre à Danser qui été retournés chez eux aux 4 coins de France, après que l’Armée ait supprimé la pratique de la Farandole comme maintien en forme des fantassins. Des sociétés de Danses ont été retrouvées dans plusieurs département. Le Gard a été un terreau de la Farandole mais l’histoire a voulu que Frédéric Mistral déclare la Farandole Provençale, le costume d’Arles, costume officiel et la musique seulement fifres et tambourins.

À la Grand Combe, nous sommes restés fidèles aux origines des sociétés de Danses et Farandoles. Nous avons gardé le costume de farandoleur pour les danses de techniques, un costume pour chaque danse de création et pour la musique, nous avons toujours un orchestre. L’habit des Mineurs et des Placières (femmes qui travaillaient à la mine), sont devenus nos habits « officiels ».

1948 – Les Joyeux Mineurs fêtent 35 ans d’existence à La Grand-Combe

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Photo : Christine Coste [s/FB, de la Famille Chapert, nous dit que cette] :
« photo [a été] prise [à La Grand-Combe] le (dernier) dimanche du [27] juin 1948, devant le café Savary (café de la gare), le groupe allait danser a[u hameau de] La Jasse de Chamborigaud. » [ces deux communes étant distantes de 20 km et toutes deux situées sur la ligne SNCF : Nîmes-Clermont-Ferrand.]

COORDONNÉES D’ASSOCIATIONS DE DANSES ET FARANDOLES

Les Joyeux Mineurs de la Grand Combe,
Société de danses. Date de création de l’association : 31.05.1913
8 D rue du gouffre [Trescol] 30110 La Grand-Combe 04 66 54 83 67

Lei Farandoulaire Sestian
Un groupe folklorique provençal, d’Aix en Provence
qui assure avec ferveur et sincérité le maintien des traditions provençales.

Lous Amics de la Mountogno de Grandieu,
en Lozère, avec sa tradition folklorique d’Auvergne et la Bourrée.

Liste du Concours de Farandole du Sud-Est de la France

Farandoles – Catégorie C :

Les Enfants d’Aramon – 30390 – Aramon : L’Arlequine
Lei Farandoulaire Sestian – 30100 – Aix en Provence : Les Bouffets
Le Moulin de Bretoule – 13570 – Barbentane : Les Tambourins

Farandoles – Catégorie B :

Les Farandoleurs Cheminots Nîmois – 30000 – Nîmes : La Jardinière
La Souleïado de Margarido – 30320 – Marguerittes : La Farandole
Les Joyeux Mineurs – 30110 – La Grand Combe : Variation Celtique
L’Estello – 30128 – Garons : Le Pas Grec
Les Enfants d’Arausio – 84100 – Orange : Les Epées
La Capoulièro – 13500 – Martigues : Made in Capou

Farandoles – Catégorie A :

Farandole des anciens d’Aramon – 30390 – (1ère de cette catégorie)
Lou Rode de Basso Prouvènço – 83170 – Rougiers : Le Quadrille empire
L’Oulivarello – 13000 – Marseille : Les Moissons

Autres groupes de Farandoles :

Le Temps du Costume – 30000 – Nîmes
Mistrau e Soulèu – 30200 – Bagnols sur Cèze
Estello Aubanenco – 13400 – Aubagne
La Respelido Prouvençalo – 13210 – St Rémy de Provence
Li Gai Farandoulaire – 13000 – Marseille
Li Recouleto – 13440 – Cabannes.

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Source : festival-baladins.com
Par : 36è Festival d’Arts et TraditionsPopulaires | 19 & 20 Mai.
Lieu : La Roche-Posay, 86270 (dépt. de la Vienne) France.
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Reblogué par : Mas de la Regordanne
Commentaires entre [ ] : G. Delannoy
Première publication, le : 06.02.2019
Dernière mise à jour, le 07.02.2019

La Grand-Combe, Alès et retours

1° VOYAGE, LA GRAND-COMBE – ALÈS – UZÈS – LA GRAND-COMBE

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Photo (1) : La Citée de Ribes à La Grand-Combe, construite en 1914 et rénovée dès 74.

« Qu’a vist Paris e noun La Grand’Coumbo a ren vist. »
– Qui a vu Paris, et non La Grand-Combe, n’a rien vu.

En pastichant le célèbre vers sur la ville de Cassis par Frédéric Mistral (1830-1914), on peut résumer ce que je pense de ma ville natale … où en fait, je ne suis pas né.

En effet, dans les années 50, les futures parturientes grand-combiennes, ne disposant pas d’une clinique moderne sur La Grand-Combe, préféraient aller accoucher à la clinique (protestante) Bonnefon d’Alès. À cette époque, ce n’était pas encore cette énorme valise de béton blanc, mais une belle maison de maître qui existe toujours et a été transformée en pension de retraite. Naissance et vieillissement, la boucle est bouclée.

Suite à des complications postnatales de ma mère et au travail débordant de mon père occupé à la Cie des Mines de charbon de La Grand’Combe (ainsi écrivait-on autrefois), je ne séjournais que quelques jours à Alès. La providence m’expédia donc trois mois en nourrice dans le duché d’Uzès et au retour de ma chère convalescente, je réintégrais notre domicile grand-combien de Ribes, à mi-pente de la colline du même nom, face au Sud.

Niché dans le giron maternel, j’avais ainsi accompli mon premier voyage « aller » à la sous-préfecture d’Alès, mais j’étais déjà de retour, dans une sorte de corbeille à linge en osier bien calée sur la banquette arrière de la 203 noire familiale, direction La Grand-Combe que j’avais délaissée à mon corps défendant : c’était le mois d’Août, il faisait beau et la vie qui commençait ne pouvait qu’être belle 😉

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Cette photo (2) a été prise à Alès, dans les années 50, au début du boulevard Carnot (sans voitures) qui longe le Gardon. Certes, il y avait déjà à l’époque, des pellicules en couleur, mais c’était plus cher !

À gauche, le bassin entouré de bancs où bien plus tard, mon frère et moi ferions naviguer nos maquettes de voiliers, tandis qu’à droite du boulevard, on aperçoit le gros marronnier du parc de la vieille maison de Maître de la Clinique Bonnefon où je suis né, en l’année 52.

2 – TU AS VOULU VOIR ALÈS ET TU AS VU ALÈS

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Deux photos (3 – 4), deux époques : à gauche, dans les années 50, les anciennes halles avec leurs belles arches et contreforts en pierre de taille abritant le marché aux volailles, tandis qu’à droite, on ne peut que s’esbaudir de cette abracadabrantesque  transformation en cages à poules, due aux édiles de ces temps où le modernisme à tout va, était de rigueur.

C’était le temps où un vague oncle à moi, sillonnait le Sud de la France à bord de sa 2CV Citroën fourgonnette et proposait des meubles en « Formica » aux paysans des villages qu’il traversait et les débarrassait « gratuitement » de leurs anciennes tables de ferme, armoires en merisier, bahuts et autre vieux fauteuils Voltaire qu’il revendait à prix d’or aux antiquaires et autres brocanteurs.

Le résultat de ses opérations se solda par l’acquisition d’un petit château meublé à l’ancienne avec un goût exquis et par son embauche comme directeur commercial, par le patron d’une célèbre maison de meubles en « authentique Formica » qui s’était longtemps posé la question de savoir qui pouvait bien lui acheter quatre à cinq cuisines « toutes équipées » et divers mobiliers, tous les mois de l’année.

Cette démolition volontaire, de notre bonne ville d’Alès, entreprise depuis les années 1958 s’opéra sous les mandats consécutifs des maires successifs …
– Paul Béchard, ex St Cyrien, sous secrétaire d’État à l’Armement et « auto proclamé « Empereur du Gard » (sic) « , pas moins que cela.
– Roger Roucaute (à ne pas confondre avec Gabriel Roucaute aussi maire d’Alès de 1945 à 1958)  » commandant les FTP de la zone Sud en tant que « colonel Lazare »,
soit deux personnes dont le képi avait « peut-être » trop longtemps empêché leurs crânes respectifs de se développer harmonieusement.
… ont oeuvré tour à tour, pour que la vieille ville, ayant totalement échappé aux bombardements allemands, « fut rasée sur environ les trois quarts de sa superficie (2 500 logements) lui donnant [ainsi] la deuxième place au rang des villes françaises reconstruites ! »
Peut-être aussi ont-ils voulu illustrer à leur façon le blason de la ville d’Alès ? « de gueules au demi-vol d’argent » ; preuve s’il en fût qu’avec une seule aile, on ne peut pas voler bien haut et qu’à vouloir s’élever à plus haute altitude, il faut ajouter plus de pennes.

Ce travail de sape ne fût pas le seul ouvrage de la République des képis, mais  si l’on en croit certains historiens, le premier démolisseur d’Alais serait un autre militaire, un irréductible romain, le généralissime Jules César qui aurait fait brûler la ville de bois d’Alésia que ces mêmes historiens situent à quelques lieux de l’Alès actuelle.

Depuis l’année 1926, « Alais» s’appelle « Alès». Au recensement de cette année, la ville comptait 12 378 habitants à qui on a, non seulement estropié le nom de leur fière « Alais » qui s’écrivait comme celui de la commune du département de l’Essonne : La Ferté-Alais, la f(i)erté en moins ; mais aussi on l’a défigurée définitivement, en détruisant dès 1958 ses bâtiments historiques les plus célèbres comme « l’Auberge du Coq Hardi » où Louis XIII aurait séjourné.

En lot de consolation, il ne nous reste plus que l’ancienne cathédrale Saint Jean-Baptiste, l’église Saint Joseph (place Henri Barbusse) et une vieille prison décrépite, bâtie après la révocation de l’édit de Nantes (vers 1688) sur un point haut de la vieille ville, soit un fort (d’inspiration) Vauban, sur la butte de la Roque où avaient été préalablement construits au XII° siècle, deux châteaux appartenant aux Barons Pelet d’Alès et Bernard d’Anduze, les deux seigneurs de la ville et détruits pour laisser place à cette estrasse carcérale.

3 – 1962/64 DE LA GRAND-COMBE À ALÈS EN AUTOCARS SCOLAIRES.

 

Photos (5-6) : Autocar Chausson APH 1960 – Autocar Saviem 1973.

En 1962, des allers et retours de La Grand-Combe à Alès, j’en entrepris quotidiennement, pour me rendre au à mon nouveau lycée alèsien. Pour ce faire, je prenais la ligne scolaire de la compagnie Grand-Combienne des Cars Gazagnon qui serpentaient sur un itinéraire immuable qui empruntait la N106 (sur la rive droite du Gardon) en traversant les communes des Salles du Gardon, le quartier de L’Habitarelle, le hameau du Rouvelong, où la route enjambe le Vallat de Fréguéirolle. L’autocar bifurquait ensuite sur l’actuelle N916* au niveau de La Tour, petit village regroupé et surplombé par son magnifique château et sa petite chapelle en retrait.
*route de Clermont-Ferrand à Nîmes.

Puis on passait par le lieu dit Les Plantiers à la sortie duquel se trouve les Ètablissements Nogaret, scierie vieille de pas loin de cent ans, Cendras, L’Abbaye où l’on retraversait le Gardon, puis La Blaquière, La Royale et sa montée des Lauriers couronnée par une station essence aux couleurs jaune et verte d’une célèbre compagnie pétrolière. On redescendait ensuite sur Alès en franchissant à nouveau le Gardon au pont de Brouzen, à droite duquel s’ouvrait, sur la N106 retrouvée, l’avenue du 11 Novembre 1918, dernière ligne droite qui se glisse entre le Près Saint Jean et le Gardon pour arriver au terminus, devant le lycée où l’on entrait par un portail situé en face au niveau du bâtiment n°1 ; alors qu’en face, la rivière coulait selon le débit variable de ses humeurs, encadrée par son nouveau mur bâti contre les inondations : les « grands » (élèves) le franchissaient allègrement pour aller griller, à l’abris des regards, une Bastos ou une P4, cigarettes interdites dans l’enceinte scolaire tout comme dans l’autocar.

4 – PÉRIPÉTIES DE VOYAGE DE LA GRAND-COMBE À ALÈS

Le récit précédent des ces allers-retours pourrait laisser croire, par son côté régulier, à une certaine monotonie pour le jeune écolier que j’étais. Il n’en est rien, car ce serait sans compter les divers avatars qui survenaient sur la route.

Dans le grand virage de La Tour était régulièrement garée  » en planque », la 403 break Peugeot bleu marine de la Gendarmerie Nationale. Elle n’était pas particulièrement discrète avec son antenne de plus de quatre mètres de long d’un gros câble semi-rigide, arrimée de l’arrière du véhicule, jusqu’à l’avant du capot moteur.
Aussi l’élève placé en vigie, derrière le pare-brise de l’autocar, se faisait-il un plaisir d’annoncer bruyamment la présence rassurante des pandores, aujourd’hui remplacés par le radar impersonnel du virage du hameau du Rouvelong. Les chauffeurs faisaient alors mine de ralentir, même s’ils n’avait pas l’habitude d’user « des cars à fond ». Parce que désormais, selon que l’on circule à plus de quatre-vingt ou bien à quatre vins, le tarif de la verbalisation n’est pas le même.

5 – LES PEUPLIERS DE LA TOUR

Un autre lieu remarquable se trouve sur cette route, à savoir un terrain planté de peupliers, à la sortie du village de La Tour, à cinq cent mètres environ sur la gauche, vingt mètres en dessous de la route. Mon père m’avait expliqué que certains paysans avisé de la région, à la naissance d’une fille, plantaient en arbres dans un champ près d’une rivière dans l’espoir qu’à la majorité de la demoiselle, cette dernière puisse en tirer un capital pour constituer sa dot. Planté dans vers les années cinquante, ces peupliers grandissaient chaque année et je pensais les voir couper un jour pour devenir planches de meubles ou portes d’entrée principales de maison cossues.

On est aujourd’hui quelques soixante et dix ans plus tard et ces magnifiques arbres sont toujours là. Alors selon mon humeur, il me plait à penser que la demoiselle ne s’est jamais mariée, soit qu’elle fut top laide, soit qu’elle fut trop belle, mais orgueilleuse, soit qu’elle ait rejoint les étoiles qui brillent le soir au dessus de sa peupleraie, soit encore qu’elle ait épousé quelque riche cadre supérieur de multinationale qui ne s’intéresserait pas plus à ces grands arbres, qu’à une guigne.

6 – LA TERREUR DE LA NATIONALE 106 LA GRAND-COMBE – ALÈS

Ces même gendarmes qui « planquaient » à La Tour avaient dû immanquablement repérer la vedette de cet itinéraire, non une Simca, mais une certaine madame Cabosse (nom évidemment modifié), femme d’un ingénieur des Houillères de La Grand-Combe.

Après avoir lassé toutes les auto-écoles du canton et les chauffeurs des mines de La Grand-Combe qu’ils fussent conducteurs des tractions légères Citroën noires ou de poids-lourds Berliet ou Somua, les autorités compétentes de la Préfecture de Nîmes, avaient fini par délivrer, après moult tentatives infructueuses, le fameux sésame automobile : le Permis de Conduire d’une couleur optimistement rose.

Là encore, l’observation du phénomène Cabosse était toujours le poste avant de l’autocar de la Cie Gazagnon : quand soudain, on voyait arriver une Quatre Chevaux Renault grise zigzaguant sur la route et s’approcher dangereusement à l’encontre de notre autobus, sur une trajectoire des plus improbables, au point que nombre de chauffeurs de la Compagnie préféraient, par simple prudence, se garer au plus près du fossé pour laisser passer le bolide incontrôlé de Dame Cabosse qui s’il avait percuté notre gros bus, aurait certainement fini en citrouille et vu le statut ingénérial (on aurait pu écrire « ingénieurial » comme seigneurial) de la Dame, ils auraient eu du mal à se justifier de l’accident.

À la Grand-Combe, cette conductrice se faisait remarquer aussi par les entrées et sorties spectaculaires de sa même 4CV du garage de sa villa : D’abord, on entendait le lancement criard du moteur, car elle ne pensait pas utile de relâcher le démarreur électrique qui agonisait dans une longue plainte lugubre. Puis s’ensuivait un bruit effrayant de boite de vitesse qu’elle torturait allègrement à la recherche du pignon idoine. Ces hurlements mécaniques étaient le prélude à la sortie intempestive du véhicule : soudain, la Quatre Chevaux bondissait en marche arrière, telle une balle de fusil hors du canon et allait s’écraser illico contre un mur en grosses pierres, si typique des constructions des maçons des mines grand-combiennes … un mur épais et (à chacun ses goûts) pas franchement élégant, mais si utile en ces circonstances.

Confirmant le dicton qui énonce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, le concessionnaire Renault de La Grand-Combe ne rechignait sans doute pas à se livrer à de régulières réparations de pare-chocs et/ou de jupes de tôles froissées ; même si le mari de la Dame, avait trouvé un moyen d’atténuer la violence des chocs répétitifs à l’avant et à l’arrière de la voiture qui entrait aussi violemment dans le garage familial qu’elle en ressortait. Pour ce faire, il avait récupéré un important lot de vieux pneus usagés dont il avait tapissé de plusieurs couches, l’intérieur et l’extérieur du garage.

Ces spectacles quasi quotidiens étaient évidemment l’attraction du quartier et il n’était pas rare de voir les voisines du secteur, sortir leur tête par la fenêtre de leur maison pour assister à l’extraction impressionnante du véhicule de Dame Cabosse ou à son entrée à vitesse supersonique.

7 – LYCÉE JEAN-BAPTISTE DUMAS D’ALÈS

Quand j’arrivais pour la première fois en octobre 1962, au nouveau lycée Jean-Baptiste Dumas, 73 ans après que l’ancien lycée est été inauguré le 21 octobre 1889 et détruit dès 1960, qu’elle déception !

Là encore, l’élégant bâtiment qui avait vu étudier le poète grand-Combien Léo Larguier, avait été remplacé par une caserne de tôles ondulées sur quatre étages, modèle précurseur du tristement célèbre Lycée Pailleron : du nom d’un lycée qui a brûlé en moins de vingt-minutes. C’était le 6 février 1973, à 19h40, vingt personnes dont seize enfants mourraient dans l’incendie de cet établissement voisin des Buttes-Chaumont dans le XIX° arrondissement de Paris.

D’ailleurs, à la veille de ma rentrée scolaire de 1962, l’un des bâtiment du Lycée Jean Baptiste Dumas s’enflammait sous le feu du chalumeau de l’ouvrier qui soudait la plaque portant le nom du Lycée. Ce bâtiment, destiné aux classes professionnelles, disparut en moins d’un quart d’heure, laissant aux pompiers de la ville, le soin d’éteindre … un tas de cendres. Notre rentrée scolaire en fût ainsi reportée de plus d’une semaine, ce dont je n’eus pas l’hypocrisie de me plaindre.

§

Crédit photo :
(1) Carte postale colorisée du Studio Ary (années 50.)
(2 – 3 – 4) : André Filhol, page FaceBook : Vive les Cévenols.
(5-6) : photos Google Search
Blogué par : Mas de la Regordane / G. Delannoy
Première parution, le : 01.02.2019
Dernière remise à jour le : 10.02.2019

La Grand-Combe, Maison des créateurs

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La Grand-Combe, ancien pays de mines de charbon a aussi été le berceau de créateurs fameux. Aujourd’hui, débarrassée de ses bâtiments industriels, la nature cévenole a repris ses droits et offre à l’art grand-combien, sa Maison des Créateurs, sise au Mas de la Regordane, dans un écrin plus verdoyant.

Nous allons ici essayer d’évoquer tous ces créateurs qui ont tissé des liens avec La Grand-Combe, qu’ils soient disparus depuis des lustres ou de la nouvelle génération qui semble avancer à grands pas sur les traces de ses nobles anciens.

§

CRÉATEURS GRAND-COMBIENS À L’HONNEUR

– Maurice ANDRÉ, né le 21 mai 1933 à Alès, mineur de charbon de 14 à 18 ans au Groupe Sud de la Cie des mines de La Grand-Combes, puis trompettiste de notoriété internationale : les Américains le proclament officiellement en 2006 « meilleur trompettiste du monde » devant Louis ArmstrongMiles Davis et Dizzy Gillespie. Il meurt le 25.02.2012 à Bayonne.

– Jean Pierre CHABROL, écrivain, poète, cinéaste, né le 11.06.1925 à Chamborigaud au cœur des Cévennes dans une famille d’instituteurs de l’école laïque. Il fut l’ami de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Il meurt le 1° décembre 2001 à Ponteils-et-Brésis près de Génolhac.

– Jean Prosper CHABROL, célèbre architecte protestant de Paris, assiste le 0.10.1857, à la bénédiction par Mgr Plantier de sa création, la nouvelle église de La Grand-Combe, au son du canon et de la musique d’Alès.

– Daniel CROS, artiste peintre, né à La Grand-Combe le 09.02.1949, enseignant au Collège Léo Larguier, président depuis 1982 de « L’Essor Provençal » en succession du peintre Marcel Feydédié (cf. ci-dessous). Il reçoit en 2018 le 1er Prix du Mercure d’Or de France pour l’ensemble de son oeuvre.

– Georges Édouard DELANNOY, né le 26.05.1922 à Alger, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef à la Cie des Mines de La Grand-Combe (1947-1964), directeur général des Houillères du Centre Midi (1981-1985). Intègre et pugnace en dépit de l’opposition des forces politiques de François Mitterrand, il généralisa le principe de l’exploitation du charbon en (mines) « découvertes » qu’il avait observées lors de ses voyages d’études en Union Soviétique (1949) et aux U.S.A. (1954); ce qui eut pour effet de prolonger l’épopée des Houillères du Centre Midi jusqu’en 2007, sans compter celle des mineurs dont le travail s’en trouvait hautement sécurisé. Il est décédé le 19.09.2011 à Paris.

– Charles Dombre, né le 11.04.1814 à Nîmes, polytechnicien ingénieur des Ponts et Chaussées français, crée pour Paulin Talabot, la ligne de chemin de Fer Nîmes/La Pise/La Levade; il s’emploie à former la Cie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient le directeur général (18621882). Il meurt le 26 décembre 1887 à Nîmes.

– Marcel FEYDÉDIÉ, peintre Grand-Combien, président de « L’Essor Provençal » de 1947 à 1982 date à laquelle l’artiste peintre Daniel Cros (voir ci-dessus) lui succéda. Il fut en 1957, le créateur du blason de la ville de La Grand-Combe. : « De sinople au pairle cousu de sable chargé, en chef, de deux pics affrontés et, en pointe, d’une lanterne de mineur, le tout d’or, et accompagné de trois châteaux du même ouverts et ajourés aussi de sable. »

– Victor FUMAT,  né à Cornas (Ardèche) le ngénieur de l’École des Mines de Saint Étienne, il est l’inventeur d’un modèle de lampe de mineur de sécurité. Il fut aussi chef d’exploitation de la Compagnie des mines de La Grand-Combe de 1864 à 1897, date à laquelle il s’opposa au licenciement de 500 mineurs; il fut révoqué, et la grève se solda par le renvoi de 1 500 ouvriers, malgré le soutien apporté publiquement à la Chambre par le député Jean Jaurès. Il est mort en 1907 à Oignies.

– Guy GEERAERT, poète né à Nîmes en 1927 :
SOUVENIRS CÉVENOLS.
J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts,
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines,
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.
Il est mort à Hyères (?) en 2010.

– Mathieu LACROIX, né le 06.10.1819 à Nîmes, ami de Frédéric Mistral, est un poète et ouvrier (maçon). Il a écrit des poèmes sur la mine, tel « Paouré Martino » (Pauvre Martine) qui raconte l’histoire d’un mineur qui trouve la mort dans un coup de grisou et la femme (Martine) duquel on vient apprendre ce malheur. Les mineurs de La Grand Combe étaient très sensibles aux mots écrits par ce poète qui écrivait ses poésies dans le patois local. Il meurt en 1864. La ville de La Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome. Fondu par l’occupant en 1942, un nouveau buste de Mathieu Lacroix (vidéo) a été sculpté par J C Lallement et inauguré en 1955 (?).

– Jean-Charles LALLEMENT dit Bacchus (né à Paris 31.08.1914 – décédé au Grau du Roi – Gard – 26.01.1970), graveur, peintre et sculpteur, prix de Rome 1942, créera le buste du poète Léo Larguier.

– Léo LARGUIER, poète né le 06.10.1878 à La Grand-Combe, rue de la République et décédé le 31 octobre 1950 à Paris

– Georges LIVET, docteur es sciences, géologue, écrivain, né à Paris le 06.02.1884, il devient rapidement cévenol d’adoption. En 1908, il est secrétaire de M Fèvre, ingénieur conseil auprès de multiples sociétés minières. En 1913, il est inscrit comme élève à l’École Spéciale des Travaux Publics. En 1916, M Fèvre le fait entrer à la Compagnie des mines à la Grand-Combe. Ingénieur, il devient Géologue en 1938 après avoir présenté avec succès une thèse de Doctorat ès-Sciences Naturelles sous le titre « Les terrains houillers du Gard ». Passionné de littérature, histoire, chants de mineur et dessin, il nous lègue ainsi une production très éclectique allant – d’une « Histoire et Géographie du Gard » à « La Grand’Combe à travers les âges » (1947 – opuscule édité par le comité des fêtes du centenaire de la commune de La Grand’Combe.)  » – à des planches de dessins publicitaires. Il meurt en 1965.

– Edme-Anthony-Paul Noël, dit Tony Noël, né le  à Paris, est un sculpteur français : il reçoit en 1868 le 1er prix de Rome, ainsi qu’une médaille de 1ère classe en 1874, une médaille de 2ème classe à l’Exposition universelle de 1878 et un grand prix à l’Exposition universelle de 1889. C’est lui a créé le 1er buste de notre poète maçon Mathieu LACROIX (voir ci-dessus.). Il est mort le 0 à Villebon-sur-Yvette

– Jean PLATON, écrivain né en 1926. Auteur en 1994 d’un livre sur Léo Larguier qu’il rencontra à La Grand-Combe en 1936 : De Bouzac à Saint-Germain des Prés (dont l’église et la place évoquent quelque peu celles de notre cité.)

– Maxime RÉAL DEL SARTE, né le 2 mai 1888, à Paris et mort le 15.02.1954 dans la même ville, est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du roi. Il réalisa en 1923 le monument aux morts de La Grand-Combe.

– Pierre Reinhart, né le 19.09.1932 à La Grand-Combe, religieux franciscain travaille au Togo où il exerce comme vicaire général puis administrateur diocésain du diocèse de Dapaong (1984-1991). † Paris.

– Michel RODDE, artiste peintre né à la Grand-Combe en 1913 et décédé en 2009. Il partagea avec Jean Commère le prix Othon-Friesz en 1952.

– Robert STEPHENSON et son frère George Stephenson  l’

– Paulin TALABOT, ingénieur polytechnicien français, né le 18.08.1799 à Limoges. Il a contribué à l’essor du chemin de fer en France et des mines de La Grand-Combe. Il est mort le 21.03.1885 à Paris.

– Charles  TOURNAY, ingénieur et architecte industriel belge spécialisé dans la reconstruction (suite à l’incendie du 02.12.1938) des chevalements du Puits Ricard qu’il fit renforcer de béton armé. Il est mort pendant les travaux, d’une chute depuis le sommet. Cet édifice industriel a depuis « fait l’objet le 14.05.2008 d’une inscription au titre des monuments historiques, avec le label « Patrimoine du xxe siècle » avant d’être restauré en 2010. »

– Bernard VIELZEUF, géographe, né en 1939

§

Première publication originale GD®, le : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane/Maison des créateurs
Dernière mise à jour : 25.01.2019

 

Guy Geeraert, poète cévenol

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Vue de Saint Julien des Points (Département de la Lozère – 48160)

Guy GEERAERT est né à Nîmes en 1927. 
Dès l’enfance, il a été au contact des Cévennes où étaient nés ses grands-parents maternels, sa mère, des oncles et tantes, des cousins. 
Il en a gardé l’empreinte profonde.
C’est là qu’il considère avoir ses véritables racines. 

Les villes de Hyères, Paris, Vichy, Nantes, Le Mans, La Baule, l’ont vu séjourner et ont jalonné ses études. Et c’est finalement à Fréjus qu’il achève son périple, pour y vivre sa retraite.
De tout temps, il s’est adonné à la poésie, celle de la nature, de l’amour, de la vie. Ses premiers poèmes en vers classiques remontent à 1944 alors qu’il était pensionnaire dans un collège mixte (guerre oblige) et s’adressent à ses camarades de classe, garçons et filles.

Guy GERAERT nous a quitté en Novembre 2010 : Adiéu povèta (Adieu poète).

SOUVENIRS CÉVENOLS

J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes 
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts, 
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines, 
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.

Je repense à plaisir, aux routes sinueuses 
Qui jalonnent de trous les bois de châtaigniers 
Aux chemins empierrés des pentes dangereuses 
Où vont s’anéantir d’innombrables sentiers

Et lorsque je revois l’antre béant des grottes 
Où sont morts innocents, la tête et le front haut 
Nombre de mes aïeux écrasés sous les bottes 
Se réveille en mon cœur, le cœur d’un huguenot.

LA BAUME AU CŒUR

Entre Alès et Florac, tout au cœur des Cévennes 
Se niche Saint-Privat où je reviens souvent 
Évoquer à loisir les ombres souveraines 
De nos aïeux dont l’âme est complice du vent.

Que tu sois résident, touriste ou de passage, 
Ouvre bien grands tes yeux à tout jamais charmés, 
Goûte aux plaisirs offerts par notre paysage 
Qui s’incruste en ton cœur même les yeux fermés.

Cherche les souvenirs cachés dans la bastide 
Qui découvre alentour de la Rivière au Col, 
Elle a pour nom « La Baume » et n’a pas une ride 
Fière d’avoir gardé son passé cévenol.

Si tu peux sans pleurer regarder la montagne 
Qui dresse devant toi son sommet couronné, 
Sache qu’un souvenir m’habite et m’accompagne : 
C’est derrière ce mont que mon grand-père est né.

Et tout à l’opposé, derrière toi peut-être, 
Au bourg de Saint-Frézal dans un lieu-dit « Paumier », 
Naquit chez les Martel, Célina, notre ancêtre 
Dont le regard d’amour me revient en premier

A l’heure où l’homme usé sent refroidir ses membres 
Et cherche avidement où déposer son faix, 
C’est ici qu’il prévoit d’ensevelir ses cendres 
Car c’est seulement là qu’il peut trouver la paix.

§

Autres poètes cévenols :

Mathieu LACROIX, né en 1819 à 30000 Nîmes.
Léo LARGUIER, né en 1878 à 30110 La Grand-Combe

§

Première publication sur ce blog : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane / G.D.
Dernière mise à jour : 24.01.2019

Orgue de La Grand-Combe

HOMMAGE À L’ORGUE DE L’ ÉGLISE NOTRE DAME
DE L’IMMACULÉE CONCEPTION À LA GRAND-COMBE

En l’an dix huit cent quatre vingt
L’orgue de La Grand-Combe
Conçu par Cavaillé-Coll Vin-
Cent à qui l’honneur incombe,

Est un instrument romantique
Par ses beaux timbres veloutés.
Il est aussi symphonique
Grâce à moult possibilités.

Par le jeu de ses trois claviers,
Il passe du pianissimo
Aux très puissants fortissimo,
À l’aide de son pédalier.

Cet organe est réputé,
Car il permet de bien jouer,
Par sa facture de qualité,
Des airs tristes ou enjoués.

Bien soigné, voire augmenté,
Il ne fut jamais modifié.
Nous l’entendons cette journée,
Comme les anciens l’entendaient.

Ses dimensions imposantes,
Ne l’empêchent d’être tenu,
Aérien, fin, lignes ténues,
Entre le sol et la soupente.

Plus de mille trois cent tuyaux,
À mille pièces font écho ;
Agencées de main de maître,
Elles donnent au son, à naître

Et portent des noms corporels :
«Oreilles», «gorge», «pied», «anche» ;
Ou encore «jeu à bouche»,
Suivant des plain-chants sensuels.

Cet orgue, de la règle d’or
Du musicien alchimiste
Est le modèle, l’athanor
Pour un son pur, altruiste.

§


Quatre pièces d’orgue du compositeur Louis James Alfred Lefébure-Wely jouées par Roger Goodwyn, organiste à Luxembourg, sur l’orgue Vincent Cavaillé-Coll (1880/81) de l’église de La Grand-Combe (1857/64) représentée en photo ainsi que l’instrument.
Cliquez sur le lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=l0r7lGzBAxA&t=693s

§

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.Delannoy
Rédigé et publié le : 15.01.2019
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 16.01.2019

Trésors de La Grand-Combe

Photo : La Levade, quartier Ouest de La Grand-Combe

Trésors de La Grand-Combe

La Grand-Combe offre
Bien plus de richesses
Que d’antiques coffres
De nobles princesses
D’Anduze ou d’Uzès (1) :

Veines de ses terres
Noires d’anthracite (2) ;
Oignons de ses serres
Qui, le goût excite
Tranchant comme verre.

Châtaignes aux bogues
Piquantes, fruits rogues,
Sols jonchés de pelous (3) ;
De l’antique Bouzac (4)
Jusqu’à vers l’Aubignac (5)

Aigreur des arbouses
Comme à Lamelouze (6).
Persil aux Pelouses (7).
Arums et airelles
Près de la Bitarelle (8).

Mercredis, Samedis,
Sur son ancien marché,
Toute la région dit
Qu’on peut y dénicher
Sans que ce soit caché :

D’onctueux pélardons (9)
De chèvres du Gardon (10),
Broutant vers la rivière
Froide, longeant les pierres

Frôlées par des truites
Qui au bleu seront cuites
En un vif court-bouillon,
Digne d’un réveillon.

Dans son berceau dressé,
C’est vrai, c’est notoire,
Que des fées ont versé
Nectars en ciboire (11) :

Don de l’ingénierie
Qui de l’ardu se rie
Et la gastronomie,
Du palais, bonne amie.

À toutes époques,
Échevins (12) et maires
Chantaient le savoir faire
Des pairs (13) du Languedoc (14).

§

Notes :
(1) – Anduze et Uzès : deux très anciennes villes seigneuriales du Gard.
(2) – anthracite : Charbon gras (ch. Puits Ricard).
(3) – pelous : bogue de la châtaigne en langue cévenole.
(4) – Lamelouze : petit village des collines au sud de La grand-Combe, mitoyen avec les Salles du Gardon.
(5) – Bouzac : anciennes châtaigneraies qui se trouvaient là où se situait la place Bouzac, rebaptisée « de la Victoire » (14/18), renommée aujourd’hui « Jean Jaurès ».
(6) – Aubignac : quartier Est de La Grand-Combe où se trouvait autrefois un pont du même nom reliant le centre ville à la colline éponyme.
(7) – Les Pelouses : quartier de La Grand-Combe, entre la ligne de chemin de fer et le Gardon. Il n’y a jamais eu de pelouses aux Pelouses, mais des châtaigneraies qui déversaient au sol, leurs piquants pelous.
(8) – une bitarelle est une ferme cévenole composée de plusieurs bâtiments. Par déformation a donné le nom du lieu dit : l’Habitarelle, quartier des Salles du Gardon, commune mitoyenne de La Grand-Combe.
(9) – pélardon : célèbre fromage de chèvres des Cévennes.
(10) – Gardon : plus précisément Gardon d’Alès, nom de la rivière qui vient de la Lozère et coule entre les rives des communes de La Grand-Combe et des Salles du Gardon. Nom d’un poisson comestible qui fraie dans ses eaux.
(11) – ciboire : vase religieux en forme de coupe dont le prêtre se sert pour boire le vin de la messe.
(12) – échevin : au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, magistrat municipal dans les villes du nord de la France, qui assistait le maire.
(13) – pairs : personnes qui occupent le même rang, qui sont égaux en dignité, en situation sociale.
(14) – Languedoc : nom de l’ancienne région de France du Sud où l’on parlait la langue d’Oc et qui ne comprenait approximativement que cinq départements : la Lozère [48] le Gard [30], l’Hérault [34], la Haute Garonne [31] et le Tarn [81] ; avant que l’on y joigne le Roussillon, puis la région Midi-Pyrénées et qu’aujourd’hui on appelle arbitrairement « Occitanie », le total de ces 13 départements.

§

Autres poètes cévenols :

Guy GEERAERT, né en 1927 à 30000 Nîmes
Mathieu LACROIX, né en 1819 à 30000 Nîmes.
Léo LARGUIER, né en 1878 à 30110 La Grand-Combe

§

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.L. Delannoy
Poésies rédigées et publiées le 14.01.2019
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 06.02.2019

CHANSON DU CHARBON

LA CHANSON DU CHARBON

Cheval de flamme et de fumée
Qui disparait dès qu’on t’a vu
Laissant rêver l’âme étonnée
Qui te suit jusqu’à l’inconnu ?
À quoi dois-tu l’élan rapide
Qui te rapproche de l’horizon ?
À la vapeur, cratère humide,
Éclos à l’ardeur du Charbon (bis)

Regardez cette cheminée,
Comme un géant, là-bas ! là-bas !
Le front perdu dans la nuée,
C’est le poumon de mille bras ;
Les lourds marteaux battent l’enclume,
Le fer se tord, le métal fond ;
Tous ces foyers, qui les allume ?
N’est-ce pas encor le charbon ? (bis)

Si le charbon est nécessaire
Autant que l’eau, l’air et le pain,
Honorons donc qui va l’extraire
En escomptant son lendemain ;
Le mineur qui périt sans gloire
Vaut bien un soldat de renom.
Chaque journée a sa victoire ;
Honneur au chercheur de charbon ! (bis)

§

Cette Chanson du Charbon [interprétée pour la première fois le 04 décembre 1865] à un banquet de Sainte Barbe à Épinac-les-Mines, fut écrite pas Théophile Gersant d’Isy, agent des Charbonnages à Dijon, sur l’air des « Cheveux gris », chanson alors à la mode. Elle a été retrouvée et nous a été communiquée en 1976 pas nos amis des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais.

§

Source 1 :  « Centre Midi Magazine », n° 30 d’Octobre 1976
Source 2 : Coutume Ouvrière, célébration de la Sainte-Barbe des mineurs 1865-1866, deux chansons Houillères d’Épinac-les-Mines.
Date d’édition de la chanson : 1866.

§

§

Première publication sur ce site : 08.01.2019
Par : Mas de la Regordane / G.D.
Dernière révision : 28.01.2019

Notre Dame de Laval / La Grand-Combe

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§

À NOTRE DAME DE LAVAL

Ô, Notre Dame de Laval !
Du sommet de ta colline,
Tes grâces pleuvent et dévalent
Vers La Grand-Combe et ses mines.

Dans ta crypte très profonde,
Sommeille une vierge bleue,
Qui à mi-août suit les combes,
Terres tenues en franc-alleu (1).

De vieux mineurs la soutiennent,
Entonnant chants et antiennes,
Ils la portent vers la ville,
Quand milles cierges brillent.

Ton enfant se souvient des jours
De pèlerinage : Amour
exprimé par les habitants,
Au cours de ces rites d’antan.

G.D®

(1) Franc-Alleu, bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial. Tenir en franc-alleu, c’est « tenir (la) terre de Dieu seulement. »

§

ndlaval

Liens utiles :
Laval-Pradel/Le Pélerin
Laval-Pradel/Wikipédia
Laval-pradel-lieu-de-pelerinage/Nemausus

§

Composé avant la messe de 17:30 du : 07.01.2019
Première publication sur ce site, le : 08.01.2019
Copyright : Poésies Grand’Combiennes© par G. Delannoy
Photo 1 : Google Map – Photo 2 : Wikipédia
Dernière modification : 10.01.2019

La Grand-Combe/Alès 1952-1964

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LA GRAND-COMBE / ALES
SOUVENIRS des années 1952 à 1964

À Marie-Louise …

§

I – LORSQUE L’ENFANT PARAÎT

(titre emprunté à André Roussin, 1911-1987)

À cette heure, sortirais-je,
De l’infini sortilège,
Pour qu’enfin, je devienne moi ?
Non de suite, il fait trop froid !

Pourtant faut-il se décider
À paraître sur l’échiquier
De ce monde très incertain
Et accomplir mon bref destin !

C’est dans cette atmosphère
De doute que je vins faire
Mon devoir sur cette terre,
En un siècle délétère.

Yeux bleus et cheveux blonds bouclés
Comme une fille, j’étais parée.
Mais, si rose et frais je sortis,
Maman, elle avait une maladie

Qui fit qu’en lieu de caresse,
Je dû quérir autre adresse :
Ce fût l’orphelinat d’Uzès
Qui abritait ces déesses.

Mon père aussi, victime
D’un labeur où l’on s’escrime,
Me mit chez des étrangères,
Vraies nourrices mercenaires

C’est ainsi que j’arrivais en
Mille neuf cent cinquante deux,
Après que vint le Fils de Dieu
Qui m’a accordé mes vieux ans

§

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II – SOUVENIRS RIBOIS 

(du nom de la Citée de Ribes, construite sur la colline éponyme dès 1914)

Je suis né à Ribes, quartier
Où d’anciens lignages entiers
De mineurs & ingénieurs vivaient,
Essaims d’enfants qui babillaient.

Rapidement, je cheminais
Vers les bancs cirés de l’école.
Laborieusement j’apprenais
À décrypter lettres et symboles.

Les prescriptions maternelles
Étaient de saluer celles
Des personnes rencontrées
Qui toutes, connaissant mes traits,

Me dévisageaient, rigolant,
Gueules noires et crocs blancs,
Comme si j’avais bien émis
Quelque bonne plaisanterie.

« Mon … héros au regard si doux
Questionné sur une raison
Possible, à ces rires fous,
frisant même la déraison,

Me dit : « cela tient au fait
Que le jour de ta naissance,
Les mineurs firent la fête
Et burent d’abondance ;

Car ce jour là, se termine
Au Puits Ricard, l’inondation
Qui a envahi la mine,
Justifiant une collation.

Ainsi, ma simple apparition,
Produisait chez ces vieux porions,
Des souvenirs d’allégresse
Et fraternelles ivresses.

G.D.©

§

villabechard

III – LES DIVINS IRIS

À Margueritte Larguier, institutrice à la Villa Béchard

Les matins, je descendais à pied au Riste (1)
Avec un grand et odorant bouquet d’iris
Cueillis dans mon jardin, ainsi que quelques lys
Qui me transformait en un petit fleuriste.

Tout au long du chemin menant à l’école,
J’allais, fier tel un pur sang qui caracole
Portant ostensiblement ma brassée de fleurs
Comme le curé expose le Sacré Choeur.

J’en profitais pour musarder sur la route,
Comptant que ma gerbe mettrait en déroute
La redoutable humeur de ma maîtresse
Qui succomberait à la puissante ivresse

D’Iris, fille de l’Océanide Électre (2)
Et messagère de tous les dieux éternels
Dont Héra, qui lui marquait un fort affect,
Car elle ne portait que bonnes nouvelles.

Vous l’avez compris, ces fleurs quotidiennes
Fredonnaient chaque jour comme une antienne
À ma préceptrice, non le parfait amour,
Mais l’espoir d’un pardon des bêtises du jour.

G.D.©

Notes § III :
(1) Le Riste : nom d’un quartier situé près des rives du Gardon de La Grand Combe.
La riste : Préparation culinaire du Sud-Est de la France à base d’aubergines, d’oignons et de tomates, servant d’accompagnement. Ex. Une riste d’aubergine.
Le riste : Ancien nom d’une espèce de fil de chanvre et d’une espèce de toile, dans le midi de la France. Ex. riste ou chanvre long
(2) Océanide Électre

§

IV – ÉCOLIER et LYCÉEN – ANNÉES 52/64

La Grand-Combe ne manquait pas
De collèges et d’écoles
Où épaule contre épaule
On dirigeait nos jeunes pas.

Béchard, Pasteur, catholiques, (1)
Les Frères et Soeurs y dansent (2).
Zola, Anatole France, (3)
Eux, chantent la République.

Maitresses en robes à fleurs,
Ou maîtres en tabliers noirs,
Nous faisaient ânonner en choeur,
Lettres de craie sur tableau noir.

Dans de fuyantes baignoires,
Plein de litres d’eau s’écoulaient ;
Tandis que dans les gares,
En retard les trains arrivaient.

Heureusement que les Jeudis,
Journées pleines de délices,
Ballons de foot en cages entraient,
Comme en bouches, pains d’épices.

§

Le Dimanche, jour de Messe
Craintif, j’allais à confesse
Et ouïr le prêche du Père,
Du haut l’ancienne chaire. (4)

Puis chez Boutin, on retenait (5)
Un généreux Saint Honoré,
Pâte à choux et blanche crème.
Voulant prouver un théorème

Mon père, polytechnicien,
Ravageait en cinq parts égale
Le gâteau de notre fringale
Qui ne ressemblait plus à rien,

Comme le neuf J.B. Dumas, (6)
Nouvelle caserne d’Alès
Où lycéen je paresse
Deux printemps et deux frimas.

C’est ainsi qu’après Communion,
Privée ou bien Solennelle,
Au lycée, je flanquais des gnons,
Ou y tirais des bretelles.

§

Lors d’une étude surveillée,
La lectrice allemande (7)
Tourne les pages du Cahier
De Devoirs qu’on nous demande.

Sur nos bancs, le dos bien tassé,
On se prépare à se gausser
De la bécasse d’Outre Rhin,
De Cologne ou de Berlin

Qui ne sait ce qui doit arriver,
Lorsque cette page va tourner ?
Un scorpion provençal y dort,
Pas gros venimeux d’Afrique,

Mais tout petit, cadeau sadique
Pour cette jeune germanique.
La page s’ouvre. La bête sort.
La Grätchen crie. Elle voit sa mort …

Mort de rire, nous étions tous,
De voir la fille s’étouffer,
Comme si elle avait la toux.
Mes amis n’étaient pas parfaits.

G.D.©

Notes § IV :
(1) La « Villa Béchard » (rue éponyme) construite dès 1949 entre la voie de chemin de fer et la nouvelle gendarmerie fut la réponse des catholiques à la confiscation des établissements religieux par l’État républicain. Construite très près du Gardon, une inondation survint en 1958, ce qui retarda d’un mois mon entrée dans cet établissement.
(2) Évocation des Frères des Écoles Chrétiennes (Photo Villa Béchard) et les Soeurs « à cornettes » de Saint Vincent de Paul, au n°1 de la rue Pasteur.
(3) Écoles Publiques de la rue Émile Zola (actuel centre des contributions directes) et Anatole France qui relie le Nord de l’Église à la rue des Poilus.
(4) Chaire : tribune de bois ouvragé où montait le curé pour délivrer son prêche. Elle n’est plus utilisé aujourd’hui, mais est toujours présente dans l’église de La Grand-Combe.
(5) Boutin, célèbre pâtissier de la rue de l’Abbé Méjean. La boutique est toujours là, mais entre les mains d’une nouvelle boulangère-pâtissière.
(6) Le lycée Jean Baptiste (né à Alès le  et mort à Cannes le 1884, est désormais situé au 1 place de Belgique. Il se trouvait autrefois en centre ville d’Alès avant d’être transféré en 1961 sur un très grand terrain le long du Gardon, soit 4 longues « casernes » en « préfabriqués », sur le tristement célèbre modèle des « Établissements scolaire de type Pailleron » dont nombres prirent feu comme fétu de paille. L’un des bâtiments d’Alès n’échappa pas à la « règle » en brûlant la veille de son inauguration, l’année de mon entrée dans cet établissement.
(7) Lectrice : jeune professeure stagière venant enseigner dans sa langue maternelle. Ici, l’allemand.

§

V – Trésors de La Grand-Combe

La Grand-Combe offre
Bien plus de richesses
Que d’antiques coffres
De nobles princesses
D’Anduze ou d’Uzès :

Veines de ses terres
Noires d’anthracite,
Oignons de ses serres
Qui, le goût excite ;
Tranchant comme verre.

Châtaignes aux bogues
Piquantes, fruits rogues ;
Aigreur des arbouses
Comme à Lamelouze
Persil aux Pelouses

Mercredis, Samedis,
Sur son ancien marché
Toute la région dit
Qu’on peut y dénicher
Sans que ce soit caché :

Onctueux pélardons
Des chèvres du Gardon
Broutant, vers la rivière
Froide, longeant les pierres

Frôlées par des truites
Qui au bleu seront cuites
En un vif court-bouillon
Digne d’un réveillon.

Dans son berceau dressé,
C’est vrai, c’est notoire,
Que des fées ont versé
Nectars en ciboire :

Don de l’ingénierie
Qui de l’ardu se rie ;
De la gastronomie,
Du palais, bonne amie.

À toutes époques,
Échevins et maires
Chantaient le savoir faire
Des pairs du Languedoc.

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.L. Delannoy
Poésies composées et publiées depuis le 01.01.201
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 18.01.2019

La Grand-Combe : où est passé le kiosque à musique ?

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LE KIOSQUE À MUSIQUE DE LA GRAND’COMBE

À l’époque de Soustelle,
Le kiosque se fit la belle :
Vrai mystère, aussi épais
Que de Tolstoï « Guerre et Paix »…
(Ne pas écrire « guère épais »)

…Ou de celui  » de la Chambre
Jaune  » de Gaston Leroux re-
Publié en dix neuf cent sept,
Date où vit jour notre aubette,
Depuis disparue, c’est bête.

Mais enfin, à La Grand-Combe,
Cette disparition … magique
Ne fut pas prise au tragique,
Ni fit l’effet d’une bombe
Qui eût creusé une tombe.

C’était temps de rénovations,
Où pour un oui, ou pour un non,
On démolissait le passé,
Sans que quiconqu’en fût froissé
Ou en eût le moral cassé.

L’harmonie de la Compagnie
Des mines, donnait sans manie
Des aubades et moult concerts,
Pour amateurs ou bien experts



De sons fougueux ou pépères.

Aujourd’hui, c’est la baguette,
Qui dirige bien l’Orchestre
Variation’s, de maître Dumas,
Des doux printemps aux durs frimas,
Et neiges tombées en amas.

Composera t-on par magie,
Une chanson en sol mineur ?
Un air de douce nostalgie,
À la renommée des mineurs
Qui s’amenuise pour l’heure.

Allons donc, soyons vraiment fous :
Imaginons un mécène
Qui rebâtirait la scène
D’où les notes iraient vers nous
Bondissantes hors les garde-fous.

Au soir du quatorze juillet,
Ou bien au grand bal des pompiers,
Le kiosque vert diffuserait
Des airs qui nous enivreraient
Et nos corps électriseraient.

G.D.©

§

Il court, il court le kiosque,
Le kiosque à musique [de La Grand-Combe] Mesdames.
Il court, il court le kiosque à musique
Le kiosque du [haut]bois joli.
Il est passé par ici,
Il repassera par là.
(Selon une comptine française du temps jadis.)

§

ARTICLE DU MIDI LIBRE (de 2013) :

Le kiosque d’entrée de ville a pris place sur l’esplanade Ferdinand-Durand

Le kiosque d'entrée de ville a pris place sur l'esplanade Ferdinand-Durand
Ce nouveau kiosque servira de support aux 24ièmes Floralies le 1er mai (2013). © D.R.
 

Durant la semaine, les employés communaux ont commencé à équiper le kiosque, [modeste] réplique de l’ancien kiosque à musique du plateau Bouzac, qui ornait jusqu’alors le rond-point d’entrée de ville avant le début des travaux.

Démonté voici quelques mois, il attendait de connaître son nouvel emplacement. Et voici qu’il vient de le trouver en bordure de l’esplanade Ferdinand-Durand, à quelques mètres du rond-point Portal.

Mieux, le kiosque aura l’honneur de servir de support le 1er mai prochain (2013) aux 24èmes  Floralies et c’est un nouveau ruban qui sera coupé par les autorités à cet effet. Et voici que le trait d’union est vite trouvé, puisque l’on a reparlé durant la semaine de l’histoire du kiosque à musique que toutes nos tempes grises ont connu sur Bouzac et démonté dans les années 60, malgré la réticence de la population.

Mieux, on ne sait pas ce qu’il est devenu. On a entendu, « qu’il aurait été vendu. » Et même aperçu « dans certaines grandes villes ». « Il doit y avoir des personnes encore aujourd’hui qui savent où il est. » Une chose est certaine lorsque les vieux démons resurgissent, comme cela a été le cas, les souvenirs de jeunesse également et même une certaine amertume. « On aurait jamais dû le laisser démonter, mais à l’époque, on se foutait de tout. »

§

Dernières infos :

– A l’instar du « Canada Dry », le kiosque à musique de Marseille situé en haut à gauche de La Canebière, aux Allées Meilhan, entre la façade des bâtiments vitrés de la mairie du 1er et 7° arrondissement de Marseille et à l’arrière du « Monument des Mobiles » de 1870, ressemble à s’y méprendre au kiosque de La Grand-Combe : il a le charme suranné du kiosque de La Grand-Combe, mais n’est pas le kiosque de La Grand-Combe, car implanté en son lieu actuel dès 1911.

– Un récent sondage personnel auprès de Grand-Combien(e)s d’âges divers et variés donnent pour résultat : 50% des sondés avouent ne pas savoir qui est responsable du tour de prestidigitation ayant eu pour conséquence la disparition, à ce jour définitive, du premier kiosque de La Grand-Combe et 50% qui disent la même chose, mais ajoutent qu’il y a forcément des Grand-Combien(e)s qui connaissent le nom du ou des prestidigitateurs. Alors si vous appartenez au deuxième groupe, n’hésitez pas à nous faire part de vos lumières.

§

Poésie : Le kiosqe à musique de la Grand-Combe
Composés par G. Delannoy
Tiré du recueil : Poésies Grand-Combiennes

Première publication le : 14.01.2019
Comptine : Youtube

Source article : Midi Libre
Publié le 25.04.2013

Reblogué et commenté par G. Delannoy.
Pour Mars de la Regordane.
Première publication, le : 04.06.2018
Dernière résion, le : 06.02.2019

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Source : tva-intra-gratuit.fr
Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.01.2018
Dernière mise à jour : 18.08.2018

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De l’Harmonie des Houillères à l’Orchestre Variation’s

LgcEcoleMusique

Marc Dumas, directeur de l’École de Musique de la Grand-Combe.

INTRODUCTION

Extrait du « Kiosque à Musique de La Grand-Combe. »

L’Harmonie de la Compagnie
Des Mines, donnait sans manie
Des Aubades et moult concerts
Pour des amateurs ou experts.

Aujourd’hui, c’est la baguette,
Qui dirige bien l’Orchestre
Variation’s, de maître Dumas,
Des doux printemps aux durs frimas

Qui composera par magie,
Une chanson en sol mineur,
Un air de douce nostalgie,
À la renommée des mineurs ?

G.D.©

§

Historique

1990 – Septembre : création de l’École de musique

1998/1999 : création de l’association des Parents d’Élèves et Amis de l’École municipale de Musique de la Grand-Combe (A.P.E)

2003 – Dissolution de l’association de l’Harmonie Municipale de La Grand-Combe

2015 – 210 élèves et 14 Professeurs et 17 disciplines.

Classes (liste non exhaustive, par ordre alphabétique) :

– classe d’accordéon

– classe de chant

– classe d’éveil musical

– classe musique d’ensemble

– classe d’orchestre

– classe d’orgue

– classe de piano

– classe de tuba

Calendrier des activités :

– Auditions : de décembre à février

– Contrôle (de pratique instrumentale) : février

– Examens : mai

– Remise des Prix, Gala de fin d’année et auditions : juin

(1er gala 1991 – prochain gala : juin 2018)

3 CD disponibles :

– Gala 2010 pour les 20 ans de l’École de musique

– Gala 2015 pour les 25 ans de l’École de musique

– Orchestre Variation’s (13 morceaux de musique)

Coordonnées :

L’École de musique communautaire de La Grand-Combe,

rue des Pelouses – 30110 La Grand’Combe.

Directeur : Marc Dumas

Tél. : 04 66 34 45 03

Mail : musiquegrandcombe.pgc@gmail.com

Page Web : ecoledemusique.grandcombe.pagespro-orange.fr

Site Web : http://www.ecoledemusique.fr (en création).

§

Sur le même sujet : Fêtes-et-fanfare-à-La-Grand-Combe-1950-Vidéo

§

Source : Vidéo YOUTUBE (de 47’30 »)

Publié par : Les Jardins du Gard TV

Réalisé par : Llorente Production, décembre 2015

Ajoutée sur le Net, le : 04 janvier 2016

Mise en page : G.D. / Mas de la Regordane

Première publication : 29.01.2018

Dernière mise à jour : 02.08.2018.

§

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Lèo Larguier, poète de La Grand-Combe

Léo Larguier

I / La Revue Critique (des idées et des livres.)

« Ce n’est pas seulement pour vivre ensemble, mais pour bien vivre ensemble, qu’on forme un État. » – Aristote

SUR LES MÔLES

Sur les môles aux vieux platanes,
Et dans les ports au bord des mers,
Où le troupeau des courtisanes
S’enivrait de parfums amers,
Vous débarquiez, gloires épiques :
Un profil droit, entre les piques
Se découpait en dominant
Sous un portique aux blanches pierres,
Mais passez, gloires militaires,
Vos lauriers sont tachés de sang !

Caesar n’est rien… La nuit tranquille
Descend ; ne sonnez plus, buccins,
Et laissez méditer Virgile
Sous la douceur des cieux latins.
Une étoile tremble et se lève,
Le poète poursuit son rêve ;
Vénus qui marchait dans le bois
S’appuie au bras d’un beau satyre,
Et cesse en frémissant de rire
Pour écouter la grande voix.

Du vieux renom des capitaines,
Dans les temps il ne reste rien :
Hors les blessés, les sombres plaines,
Les corbeaux, nul ne se souvient,
Mais lisez ce beau livre antique,
Surprenez ce soir idyllique
Dans les mots divins de ces vers,
Admirez ces têtes fleuries ;
Écoutez… les Dyonisies
Chantent sous les ombrages verts

Tournez les pages… Des colombes
Battent de l’aile dans l’azur ;
Des rosiers embaument les tombes,
Le monde est clair, le jour est pur ;
Contre une colonne dorique,
Une vierge mélancolique
Effeuille sans même les voir
Des pétales de marguerite,
Tandis que passe Théocrite
Dans un vers bleu comme le soir !

Car tout vit dans le livre immense,
Il est pareil à la maison
Que parfume dans le silence,
La muse à la blonde toison ;
Et ses fenêtres sont ouvertes
Sur les plaines de blés couvertes
Où l’on ne voit que des bouviers ;
Les dieux y viennent à l’aurore,
Laissant à sa porte sonore
Des grappes d’or et des ramiers !

Léo Larguier (1878-1950), La Maison du poète 1903

CRÉPUSCULE

Un point d’or, l’azur des coteaux,
Le soir d’été baignant la terre,
Un vieux chemin plein de mystère,
Sous les fronts penchés des bouleaux.

Et s’effaçant sous la ramée,
Un couple qui s’en va disant,
Au bleu clair de lune d’argent :
« Mon bien-aimé, ma bien-aimée ! »

Ce n’est rien, mais c’est l’infini
D’une vie aimable et rapide.
Le vent tiédit, l’étang se ride,
On entend des voix dans un nid…

Ô planètes, terres lointaines,
Avez-vous aussi de beaux soirs,
Des chemins creux et des bois noirs
Pleins de frissons et de fontaines,

Et des lilas et des rosiers,
Avec de belles formes blanches,
Sous les tremblants arceaux des branches
Aux fins de jour, dans les sentiers ?

Léo Larguier (1878-1950), Les Isolements 1906

DE LOINTAINES CHOSES

J’aime parfois songer à de lointaines choses :
A des jardins persans dont les hauts cèdres bleus
Bénissent l’air léger tout vanillé de roses,
A des maisons d’Asie étouffantes et closes,
Aux chalets isolés qui rient d’un seuil neigeux.

Aux femmes de Golconde ; à Marie-Antoinette
Accoudée en été dans le blanc de midi
Sous un rose chapeau d’où naît la pâquerette,
Fermant un peu les yeux, penchant un peu la tête
Vers les linons mousseux d’un corsage arrondi.

Aux brisants hérissés de bêtes aquatiques,
A des poissons nageant dans l’eau de Magellan,
Aux tempêtes de nuit sur les glaces antiques,
Aux lointains amoureux des régions arctiques
Que baigne un crépuscule infini, triste et lent.

Aux mystères des bois embrumés, à des sentes
Que l’automne remplit de feuilles, de bois mort,
Aux choses qui la nuit tressaillent dans les plantes,
Au-dessous des cailloux, aux rochers pleins de fentes
Sur qui jusqu’au matin la tiède lune dort.

Léo Larguier (1878-1950), Orchestres 1914

II / Biographie 

1878 – Naissance à La Grand-Combe, le 6 décembre, rue de la République, de Léo, César, Albin, Larguier, au sein d’une vieille famille de paysans huguenots. Son père Anselme Honoré Albert est menuisier et sa mère Clarisse Théron s’occupe du foyer.
1893 (?) – Élève au lycée « d’Alais », il s’intéresse déjà à la poésie.
1899 – Il fait son service militaire à Aix en Provence où il rencontre Cézanne.
1901 (?) – Inscrit à Science Po, il préfère « étudier » à Saint-Germain des Près …
1914 – Il est mobilisé pour la « Grande Guerre ».
1915 – Il fait la campagne en Champagne.
1918 – Il est démobilisé de l’armée.
1919 – Il est fait chevalier de la Légion d’honneur,
1936 – Il devient membre de l’Académie Goncourt,
1940 – Il participe à lexode de Paris et va vivre un temps à Vialas dans les Cévennes.
1950 – Il est fait commandeur de la Légion d’Honneur et 

III / Poèmes

  • La Maison du Poètepoèmes (1903)
  • Les Isolementspoèmes (1906)
  • Jacquespoème (1907)
  • Théophile Gautier (1911)
  • JeanJacques Rousseaupièce en un acte et en vers (1912)
  • LHeure des Tziganespièce en un acte (1912)
  • Orchestrespoèmes (1914)
  • Les Bonapartetragédie lyrique en trois tableaux et en vers, (1920)
  • LAprèsmidi chez lantiquaire (1921)
  • La Poupée (1926)
  • En compagnie des vieux peintres (1927)
  • Le Père Corot (1931)
  • Le Faiseur dorNicolas Flamel (1936parus dans la collection Jai lu (LAventure mystérieuse n°A220)
  • LAmateur de femmes (1937)
  • Les Dimanches de la rue Jacob (1938)
  • SaintGermaindesPrésmon village (1938)
  • Les Trésors de Palmyre (1938)
  • Le Soldat Inconnu (1939)
  • Provence et Cévennes (1941réédit2003ISBN 2846210349
  • Au vieux saint de bois (1944)
  • Mes vingt ans et moi (1944)
  • Le Roi sans reine : Louis II de Bavière (1947)
  • La trahison dEurydice (1947)
  • Quatrains dAutomne (Posthume : 1953).

§

IV / Hommage à Léo Larguier,
par un grand-combien du XXIè siècle

A toi Léo Larguier,
Né à La Grand’Combe
Dont le corps repose
Aux Salles du Gardon,

Tout près d’un vieux figuier.
Au sud de ta tombe,
Un bouquet de roses :
Ta Muse en fit don.

Si, rue République
Fût ton ancien séjour ;
Le Soleil Oblique
Sera ton prime amour,

Disque d’or des Cévennes,
Apaisant les peines
Gravées sur ton haut front
De fins micro-sillons.

Georges Delannoy.

§

Source I : La Revue Critique
Publié le : 29 octobre 2017

Source II : Mas de la Regordane/Historique La Grand-Combe

Source III : fracademic.com

Source IV : Georges Delannoy, Poèmes Grand-Combiens
Publié le : 01.01.2019

Reblogué par : Mas de la Regordanne / GD
Première publication : 28.01.2018
Dernière révision : 01.01.2019

Henri Baron, 36 ans au charbon

EcoleMineStEtienne

VIE DE MONSIEUR HENRI BARON

Henri BARON est né vers la fin de la grande guerre, le 26 juin 1918, de parents commerçants, à Montpellier. Son père tenait un commerce rue de la Loge. Le jeune Henri a fait ses études primaires à Montpellier, puis a suivi à Béziers les enseignements des Frères des Écoles Chrétiennes (au P.I.C.) qui l’ont conduit au double baccalauréat : «Math Élem » en juin, «Philo Lettres» en octobre. Après une « Math Sup. » et une « Math Spéciale » à Montpellier, il est allé à Lyon, terminer sa préparation aux concours. Admissible à Polytechnique, il est reçu à l’École Centrale ainsi qu’aux Mines de Saint-Étienne et de Nancy.

Nous sommes alors en 1939. C’est la déclaration de guerre. Il est alors mobilisé le 15 septembre 1939 à l’École d’Artillerie de Poitiers. Il fera la campagne de Belgique comme aspirant puis la retraite sur Dunkerque. Là, il aura la chance d’être embarqué sur un bateau anglais. Transféré en Algérie, il sera démobilisé le 31 octobre 1941 à Alger. Il rejoindra immédiatement Saint-Étienne, car il a choisi l’École des Mines de cette ville où il fera ses trois années de scolarité qui le conduiront au titre d’ingénieur. Il en sortira donc en mai 1944.

Cette même année, il se marie avec Pierrette CAMBON, originaire elle-même de Montpellier, qu’il a rencontrée en 1942 et avec qui il s’était fiancé en 1943. A cette époque de restriction, l’achat d’un costume posait un problème de tickets et il n’était pas question de les investir dans un habit de cérémonie à usage limité. Henri BARON s’est donc marié en grande cape, tenue des Ingénieurs des Mines de Saint-Étienne, à l’étonnement des Montpelliérains qui ne connaissaient pas cet uniforme. [voir photo]

Il commence alors sa carrière professionnelle, engagé comme Ingénieur du Fond par la Compagnie des Mines de la Grand Combe. Il sera affecté successivement aux Exploitations des Mines « Luminières », « Champclauson » puis au siège de « Ricard ». Fin 1946, les Mines de la Grand Combe sont nationalisées et deviennent le « Groupe Centre » du Bassin des Cévennes, lui-même rattaché à la nouvelle entité « Charbonnages de France ». En 1948, il est promu Ingénieur Divisionnaire et nommé Chef des Sièges « Laval-Mazel » et « Oules ».

Huit ans plus tard, il est promu Ingénieur Principal et à ce titre sera responsable du secteur « Trescol » du Groupe Centre, à la fois pour le fond et le jour. Au total, il est chargé d’une production de 2 500 tonnes par jour avec un effectif de 2 000 personnes. En 1960, il prendra en outre le commandement du secteur « Sud » qui comprend les Sièges de « Rochebelle, Destival, Fontanès et Saint-Martin de Valgalgues ».

En 1962, il est appelé à des fonctions moins directement opérationnelles. Il devient chef des « Services Généraux » de l’ensemble du Bassin, regroupant sous son autorité les Services « Sécurité », « Organisation », « Essais », « Matériels ». En 1968, il dirigera pendant une courte période le Service des « Études économiques, statistiques et contrôles de gestion » du Bassin.

En effet, c’est cette même année 1968 que sont promulgués les décrets « Bettencourt » (du nom du ministre de l’époque) : les sept Bassins (Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire et Provence) sont regroupés en un seul Bassin dénommé : « Houillères du Bassin du Centre et du Midi » (HBCM) dont la direction générale est fixée à Saint-Étienne. Henri BARON, dès 1969, est appelé à cette nouvelle direction générale où, promu Ingénieur en Chef, il assume la centralisation et l’unification de la Gestion des Ingénieurs et Cadres Supérieurs ainsi que la coordination et l ‘harmonisation de la Gestion des Personnels « Maîtrise et Ouvriers ». En 1976, il devient Secrétaire Général des HBCM, il supervisera alors l’ensemble des Services Administratifs. Il gardera ses fonctions jusqu’au 1er janvier 1980, date à laquelle, faisant valoir ses droits à la retraite, il se retirera dans sa ville natale de Montpellier.

Ce déroulement de carrière montre une incontestable réussite professionnelle. Ce sont, bien entendu, des qualités techniques qui l’ont permise mais également des qualités humaines. Il est intéressant de souligner à cet égard la part importante de fonction de gestion de personnels qu’il a assumée. Madame BARON me faisait remarquer que, bien que l’essentiel de cette activité se soit déroulée près d’Alès et pour les dix dernières années à Saint-Étienne, elle n’en a pas moins déménagé une dizaine de fois. En effet, l’Ingénieur, Responsable d’un puits, résidait dans le logement prévu à cet effet à une très proche distance de « son puits ». Il ne faut pas oublier en outre, qu’à l’époque, le téléphone était une « denrée » très rare et que souvent seul le logement de l’Ingénieur en disposait. Madame BARON m’indiquait d’ailleurs que son mari, lorsqu’il montait dans sa chambre, débranchait rapidement son téléphone du salon pour aller le rebrancher immédiatement à l’étage de peur qu’un appel ne parvienne pendant ce court laps de temps. Peut-être « en rajoutait-il un peu » comme l’on dirait maintenant. L’avantage par contre de ces déménagements successifs était une amélioration progressive du « standing ». En effet le monde de la Mine était très hiérarchisé et chaque promotion conduisait à un logement un peu plus grand avec un jardin tendant progressivement vers le « parc ». Je n’ai pas connu, bien sûr, les diverses habitation de Monsieur et Madame BARON, mais j’ai pu constater ce phénomène lors d’un stage que j’ai effectué dans les Mines de la Sarre. Là, Monsieur l’Ingénieur en Chef était presque un châtelain. Mais peut-être les Cévennes et Saint-Étienne n’étaient-ils pas la Sarre et Monsieur et Madame Baron n’ont-ils jamais été des châtelains !

En 1980 donc, Henri BARON retrouve sa ville natale où il aura une vie sociale très active. Déjà, durant sa période d’activité professionnelle, il avait été un militant dynamique dans les milieux syndicaux et associatifs. En effet, il avait été Président du Syndicat des Ingénieurs du Bassin des Cévennes de 1959 à 1969 et à ce titre de 1959 à 1964 et en 1968, 1969, Administrateur du Bassin des Cévennes.

Il avait été également à la Grand Combe, Président du club sportif omnisports bien qu’il n’ait jamais pratiqué lui-même de sport. Comme dit Madame BARON, il était et il le disait lui-même un sportif de gradins. Mais il fallait un Ingénieur des Mines comme Président et il s’était dévoué. Cela dénote d’ailleurs un trait de son caractère, il était très serviable et ne savait pas refuser. C’est ce qui l’a conduit à s’occuper de la Société des Ingénieurs Civils de France dont il deviendra le Président régional une fois à la retraite. De même il sera Président de l’Association Languedoc-Roussillon d’ « Intermines » (le regroupement des anciens élèves des trois écoles des Mines : de Paris, Nancy, Saint-Etienne) de 1980 à 1989. Les promotions d’Officier au titre de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre des Palmes Académiques viendront récompenser son action en 1988.

Parmi toutes ses activités, il en est une qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Il s’agit de son goût pour l’histoire, spécialement pour l’histoire médiévale. Ce goût avait pu se concrétiser car Mme BARON possédait dans l’Aveyron, à Sainte Eulalie-de-Cernon une maison. Cela lui permit de découvrir dans le village une ancienne commanderie. Sa réhabilitation et sa mise en valeur l’ont occupé activement. Il a convaincu le Maire de l’intérêt de cette découverte. Il a également, dès 1966, fondé un foyer rural orienté vers l’initiation des jeunes ruraux à l’Histoire et aux Arts Médiévaux. Ceci l’a conduit à devenir Maire-Adjoint et Membre de la Société des Arts et Lettres de l’Aveyron. Madame BARON trouvait d’ailleurs que cela faisait beaucoup d’activités extérieures dont Henri BARON s’occupait au détriment des questions de la maison. Mais il se défendait, paraît-il, en disant que son épouse s’en occupait tellement bien qu’il était inutile qu’il le fasse. Je retiendrai pour moi cette pirouette.

Henri BARON est entré en 1988 à l’Académie et il y fut un membre de qualité et assidu. C’est d’autant plus méritoire que malheureusement il était atteint d’une rétinite pigmentaire, maladie génétique qui lui fut transmise par sa mère. Cette maladie s’est développée progressivement pendant sa retraite. Son champ visuel s’est réduit petit à petit, jusqu’à ce qu’un soir, il demande à son épouse si l’applique lumineuse du coté de son lit était éteinte, or elle était allumée. Madame BARON m’a confié que ce souvenir lui était très douloureux. Cette perte d’autonomie qui le contraignait à se faire aider par un fidèle ami Louis PELISSIER pour ses déplacements ou par son épouse, obligeait également celle-ci à respecter un ordre rigoureux dans la maison pour lui permettre de garder ses repères.

Il paraît, que malgré les difficultés que lui créait cet handicap, Henri BARON ne s’était pas départi de sa joie de vivre, de son dynamisme et de son humour. Il m’a été indiqué qu’il témoignait de sa joie de vivre en intronisant, dans l’Ordre International des Anysetiers dont il était dignitaire, les nouveaux membres par des discours en vers. Je suis tout admiratif car j’en serai bien incapable et heureusement cet exercice ne m’a pas été demandé aujourd’hui.

Et puis, ce 29 avril 2002, alors qu’il était dans sa 84ème année, il est décédé dans la maison familiale qu’il occupait, dans la nuit, calmement, sans souffrance, d’un problème cardiaque. Le SAMU n’a pu que constater le décès. Il semblerait que rien ne laissait prévoir cette fin, un électrocardiogramme réalisé deux mois avant n’avait rien indiqué et aucun accident n’était intervenu antérieurement. Au dire de Madame BARON, ce fut d’une certaine façon une belle fin de vie même si, bien sûr, elle l’aurait souhaitée plus tardive.

Henri BARON a eu une vie riche, bien remplie, complète, que ce soit professionnellement ou familialement. En effet, Monsieur et Madame BARON ont un garçon et une fille qui eux même ont réussi leur vie professionnelle et familiale, quatre petits enfants. Beaucoup de gens souhaiterait avoir une vie comparable. Si c’est toujours une tristesse de voir disparaître quelqu’un, je crois, à avoir entendu parler les amis qui l’ont connu, qu’ils retiendront de lui, la leçon d’optimiste et de courage qu’il aura donné jusqu’à la fin malgré le lourd handicap qui avait accompagné la dernière étape de sa vie.

Pour ma part, je viens d’essayer de rendre compte de la vie de cet homme que j’aurai aimé connaître, d’abord pour ses qualités humaines mais également afin de m’entretenir avec lui de son activité professionnelle.

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Source : Académie des Sciences et Lettres de Montpellierd – 2005
Par : Pierre Louis,  successeur et auteur de l’éloge d’Henri Baron

Blogué et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

La Grand-Combe : La Forêt, quartier d’avenir ?

Projet sur le Quartier de La Forêt.

Ecoquartier du hameau de la forêt, La Grand-Combe, Languedoc Roussillon (30)

Note synthétique

« L’identité et le pouvoir d’innovation d’un lieu sont garantis par la conservation de sa complexité. » Alberto Magnaghi, « Le projet local », Éditions Mardaga, Liège, 2003

L’éco-quartier : un système en crise

Les éco-quartiers sont trop souvent des pièces urbaines performantes sur le plan environnemental, mais manquant de liens avec leur contexte. Ici, au vu des rares disponibilités foncières de la commune, c’est surtout un enjeu pour l’ensemble de la Grand-Combe. C’est pourquoi il est important de repenser ce que peut être un éco-quartier et construire non pas un morceau de ville autonome, mais un fragment riche de multiples relations : spatiales, sociales, historiques, économiques, environnementales ou en un mot : urbaines.

Un dessous hérité, un dessus à renouveler

Pendant plusieurs décennies, le visage de la Grand Combe a été façonné par l’exploitation de son « dessous ». Activités, logements et équipements ont été conçus pour et par la mine. Il en reste des cicatrices, mais aussi les fondements d’une identité : la logique de l’ingénieur a tiré des lignes tendues, modelé de grandes plateformes, construit des bâtiments rationnels. Par ailleurs, la vie des mineurs et de leurs familles a laissé d’autres traces, plus molles dans leurs géométries : des petites terrasses en pierre sèche où installer leurs jardins, des petits édicules pour leurs outils ou leurs voitures. Cette logique plus organique, du passage du temps et de l’usage des lieux, s’exprime aujourd’hui par le retour du naturel et de la friche. Dans le but d’affirmer l’identité des lieux et de ne surtout pas la lisser, nous pensons que la reconquête du « dessus » devra s’appuyer sur le ferment poétique que constituent ces deux énergies contraires : celle de l’ingénieur et celle de l’organique.

Le « déjà-là » comme ressource essentielle

Considéré pour ses aspects esthétiques mais également pratiques et économiques, le « déjà-là » sera la base de toute intervention sur le site. Il s’agit de révéler le lieu à lui-même, par touches successives, en revendiquant la dimension opportuniste d’une telle position mais également sa valeur culturelle. C’est une manière de repenser notre rapport à la consommation des ressources et d’affirmer que les traces du passé orientent nécessairement nos pas futurs. Si certaines actions structurantes doivent s’imposer sur le paysage, d’autres peuvent se contenter d’ajustements, dans une logique d’adaptation bienveillante de ce qui existe aux besoins d’aujourd’hui.

Le réalisme économique au centre du projet

Il est impossible aujourd’hui de penser un projet urbain en prenant comme a priori que tout y sera construit et vendu : qui pour habiter dès à présent sur ce site en friche ? Qui pour construire ces logements ? La manière dont les choses se fabriquent et leur temporalité est aussi déterminante que le reste, et l’incertitude sur ce point est intégrée à notre démarche. De façon très pragmatique, afin de développer une offre de logement complémentaire à celle qui existe dans les autres quartiers de la Grand’Combe, nous proposons d’explorer plusieurs pistes de montages opérationnels : appel classique à des promoteurs, l’habitat participatif, l’accompagnement à l’auto-construction, la simple définition de lots à bâtir, petite promotion, etc. C’est aussi la condition d’une véritable mixité urbaine.

À l’échelle du bâtiment, outre la maîtrise des coûts de construction, considérer l’économie comme centrale pose la question plus large des ressources et des entreprises locales. En activant les filières bois et pierre, mais aussi d’autres acteurs économiques, nous pensons que ce projet peut contribuer à les faire monter en qualité et les consolider économiquement.

Une balade ascensionnelle dans sept « situations habitées »
(1 à 7) à travers trois éléments de liaison (A-B-C)

À partir d’une lecture attentive du « déjà-là » nous avons circonscrit sept situations, chacune porteuse d’un potentiel spécifique pour le renouveau du quartier. Ces « situations habitées » combinent constructions neuves et réhabilitations ; créations et simples reprises d’espaces publics ; programmes de logements et d’activité. Trois éléments de liaison sont identifiés afin de les mettre en relation entre elles et avec le reste du territoire. L’ensemble fabrique une image possible du futur quartier. Comme le dit Jean-Luc Godard, « ce n’est pas une image juste, mais juste une image », qui extrapole à partir des éléments de connaissance en notre possession actuellement. Par son pouvoir d’évocation, cette image est néanmoins le moteur d’émergence de projets, peut être tout à fait différents que ceux envisagés au départ.

Depuis le centre-ville en empruntant la vallée Ricard, la place basse (1) marque le seuil du nouveau Quartier de la Forêt. C’est un espace ouvert par un travail de défrichage et de démolition sélective qui fait l’articulation avec le fond de la combe. Les logements existants ont été réhabilités. Plus tard, un local associatif pourra y être implanté, ou un emplacement sera réservé à un équipement public dans la logique des grands objets de la vallée Ricard.

Depuis cette place, pour débuter l’ascension du coteau, on peut emprunter un parcours piéton. C’est la traverse Est-Ouest (A), nouvel élément structurant du quartier qui s’appuie sur les escaliers existants en partie basse et nous mène jusqu’au Camp Fougères.

Sur notre droite, nous longeons le jardin des ingénieurs (2a). À l’intérieur d’une enceinte qui accueillait anciennement des maisons plus cossues, des logements participatifs ont été construits, en articulant finement espaces partagés et espaces plus intimes. La qualité et la diversité de la végétation qui confèrent à ce lieu une atmosphère hors du commun a été préservée par l’implantation des nouveaux bâtiments.

Au nord de ceux-ci se trouve la cité de la Forêt (2b), déjà habitée au moment du projet. Par de petites interventions ciblées d’amélioration des logements et de leurs abords, elle a profité du renouveau global du quartier.

Toujours sur la traverse, nous croisons le promontoire des écoles (2c). Sur la gauche, l’ancien bâtiment a été transformé en pépinière d’entreprise par une réhabilitation exemplaire sur le plan environnemental. Des maisons- ateliers ont été construites à ses pieds. L’immeuble d’habitat collectif a été conservé pour diversifier l’offre de logements et accueillir décohabitants et célibataires.

Cet ensemble de trois sous-entités est relié par le renforcement de la structure végétale qui était présente initialement. Elles constituent ainsi le parc habité (2).

En haut de l’escalier existant qui a été conforté, nous atteignons le plateau des halles (3). À l’emplacement des anciennes casernes, quatre halles ont été implantées. Dans l’axe de la traverse Est-Ouest, une de ces halles reste ouverte, offrant un espace public ombragé. À terme, un ou plusieurs petits commerces pourront s’y installer. Construites par la commune, les autres halles ont été revendues par travées : des auto-constructeurs ont édifié leurs propres logements et des locaux d’activité sous ce toit commun. Le bois, particulièrement adapté à l’auto-construction, est mis à l’honneur.

Toujours sur la traverse, la montée du coteau nous fait pénétrer un bois. C’est la chênaie habitée (4) qui accueille dans sa partie haute des maisons à patios. Celles-ci ont été implantées librement sur des lots à bâtir et construites principalement en bois. Cela respecte la logique organique de la situation mais permet également une certaine évolutivité : du T3 au T6, les maisons peuvent s’adapter à l’évolution de la famille. Un accompagnement architectural des acquéreurs a permis d’assurer la cohérence de l’ensemble.

Ayant traversé la chênaie, nous arrivons enfin au Camp Fougères (5). Sur les terrasses laissées par les anciennes constructions, des bandes de logements ont été édifiées de manière relativement compacte le long d’un ouvrage hydraulique en béton de site. Parce que chaque terrasse était particulière, les typologies sont toutes différentes, du T2 au T5. Les bandes au nord, soit trente logements, ont été portées par un opérateur classique. Au sud, ce sont des maisons densément articulées que des familles elles-mêmes ont construites. Une esplanade publique est réservée au centre du système, et l’ensemble est relié par un réseau de venelles apportant de la fraîcheur en été. Chaque logement a un emplacement réservé à proximité immédiate pour la première voiture. Les autres véhicules des ménages peuvent stationner le long de voirie. Jetant une nouvelle lumière sur les lieux et attirant des initiatives, cette première opération a entraîné la reconfiguration de l’ensemble du quartier par un effet de levier.

Autour du Camp Fougères, la lisière cultivée (6) est une bande de 50M d’épaisseur constituée de jardins potagers et de vergers. Ceux-ci s’appuient sur les terrasses vernaculaires construites par les mineurs-jardiniers de l’époque. Pour les habitants, c’est un lieu convivial et partagé, support de projets communs ou individuels.

Plus loin, nous entrons dans la forêt des loisirs (7). Dans une épaisseur de 100 m à partir de la lisière, c’est la partie la plus pratiquée d’une forêt. C’est le lieu des cabanes dans les arbres, des parcours de bi-cross, et le point de départ de randonnées. Il est également arpenté par les autres habitants de la Grand-Combe, et les touristes.

Si je suis en voiture, le serpent carrossable (B) s’enroule autour du Camp Fougères et me permet de rejoindre la place basse. C’est l’ancienne voirie confortée qui permet de desservir l’ensemble des situations habitées. Dans la partie nord du Camp Fougère, un nouveau bouclage permettra de relier directement la cité de la Forêt.

Sinon, je peux rejoindre la Grand-Combe par le sentier de l’Arboux. Avec la vallée Ricard, via le Quartier de la Forêt, mais aussi la place de la mairie, il forme la boucle de la Grand-Combe (C). C’est une nouvelle lecture de l’étendue géographique de la commune et une manière pour le quartier d’être raccordé au système urbain, autant spatialement que dans les représentations mentales.

Un quartier réinstallé dans son territoire

Porte d’entrée de la Grand-Combe depuis le Nord, le nouveau quartier ainsi constitué contribuera à borner un élément structurant de la commune qu’est la vallée Ricard, aujourd’hui bien peu lisible et difficile à faire muter. L’objectif à long terme est de renaturer le vallon et d’intégrer son chapelet d’équipements au paysage. De la place basse du Quartier la Forêt au parking du supermarché en passant par le centre de secours, cela permettra de réaffirmer le lien entre la ville et sa géographie et par-là retrouver le sens du nom : « La Grand-Combe ».

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Source : atelierarchitecture.fr/Urba
Lieu : 30110, La Grand-Combe
Maître d’ouvrage : Mairie de la Grand-Combe
Maître d’oeuvre : Virage
– Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés
– Atelier de Montrottier Loïc Parmentier & associés
– Atelier de L’Ourcq Felix Mulle & associés
– Euclid Ingénieurie ( BET TCE)
– Agence Franck Boutte (consultant & ingénierie en environnement)
– Plus2 Paysages (paysagiste)

Calendrier : Lauréat du concours
Montant de l’enveloppe : 5 500 000 € HT / 6 578 000 TTC
Panneaux du concours : Planche n°1 – Planche n°2
Fiche projet : La Grand-Combe

courrier@atelierarchitecture.fr – 04 71 46 90 24
46, avenue du 15 Septembre, 15290 Le Rouget
Daté de : 

Reblogué par : Mas de La Regordane / GD
Première publication : 27.12.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

 

La Grand-Combe ville fleurie ?

La Grand-Combe est-elle une ville fleurie ? Si l’on ne peut pas vraiment l’affirmer, ce ne sont pas les efforts qui manquent pour que cette ancienne ville au passé minéral, se reconvertisse franchement au végétal, qu’elle possède depuis un temps ancestral.

Au Concours des Villes et Villages Fleuris, concours créé en 1959 en France pour promouvoir le fleurissement et les espaces verts urbains, la commune de La Grand-Combe ne se classe que dans la catégorie la plus faible, avec une seule et timide fleur sur son panneau d’accueil, alors qu’il y en en quatre possibles.

Ne pensez-vous pas que c’est un devoir collectif pour tous les habitants de la commune, pour faire en sorte que cela change ? sans attendre tout d’une mairie qui a de nombreux autres projets à réaliser ? Et de même que la ville a représenté l’excellence des minéraux (charbon), pour quelle raison ne le serait-elle pas dans le domaine des végétaux décoratifs ?
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La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies
Photo DR : Le plateau de Bouzac sera envahi par les fleurs et les plantes.
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I / Les Floralies à la Grand-Combe

2017 (30/04) –  » Outre des milliers de fleurs, le plateau du Bouzac accueillera le marché aux plants dimanche 30 avril.

Déjà la 28e édition prévue ce dimanche 30 avril sur le plateau de Bouzac. Chacun garde le souvenir du lancement des Floralies et son jardin extraordinaire implanté dans la salle Marcel-Pagnol. Depuis, l’événement grandcombien a su résister et subsister même, preuve qu’il tient encore toute sa place dans ce programme des festivités locales.
Un petit changement toutefois en ce mois d’avril, le fait que ces 28e Floralies n’auront plus de support comme cela était le cas pour les précédentes.

Pour simple rappel, une réalisation municipale en ville ou dans les quartiers, ayant trait à l’environnement, mais aussi à son embellissement, était inaugurée ce jour-là. On se souvient alors du rond-point Toschi, du jardin sur l’esplanade, de la place Baptiste-Marcet, du kiosque à l’entrée de ville, (déplacé sur l’esplanade), des jardins du Riste, du Mazet du rond-point Francis-Berger, et bien d’autres bien sûr.

Dimanche, donc, ces Floralies se limiteront sur le plateau Bouzac entièrement fleuri, où aura également trouvé place le grenier cévenol, mais aussi le marché aux plants, avec ces variétés méditerranéennes économes en eau, ainsi que quelques animations pour les enfants.

À noter, durant l’après-midi, le concert à l’église, à 16 heures, avec l’ensemble vocal varois Cœurs en chœur. »

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II / La Grand-Combe, ville qui aime la végétation

Si l’on consulte les voies de circulation de la Grand-Combe ont constate que nombreuses sont celles qui portent le nom de végétaux : 18% des noms les concernent.

rue ABILON FORÊT – rue des AIRELLES – 6 voies pour l’ARBOUX – rue des ARBOUZIERS – rue des ARMOISES – chemin de l’ARUM – chemin de l’AUBÉPINE – chemin et rue des BRUYÈRES – camp et rue des FOUGÈRES – rue des CÈPES – rue des CHÂTAIGNIERS – chemin du CHÊNE – rue des CHÊNES VERTS – rue du CHÈVREFEUILLE – rue des CYPRÈS – rue des ÉGLANTIERS – avenue des FLEURS – rue des GENETS – HLM la PINÈDE – impasse des JARDINS – rue des MARRONNIERS – rue du MURIER – rue et impasse des OLIVIERS – passage de la TREILLE – citée, impasse et rue des PELOUSES – rue des PERVENCHES – rue des PEUPLIERS – chemin et rue de la PINÈDE – chemin des PINS – rue des PLATANES – rue des PRÉS – chemin des ROSIERS – rue des SORBIERS – rue du THYM – rue des TILLEULS – avenue des TROÈNES – rue des VIOLETTES.

et pour arroser toute cette verdure, une goutte d’humour avec :

l’impasse BACH (rivière en allemand) – impasse et rue des BAINS – chemin du (ruisseau) BERBÉZIER – passage (de la rivière) du GARDON – rue des LAVOIRS – passage des PUITS – chemin du RUISSEAU et rue du RUISSEAU PROLONGÉE – rue des SOURCES.

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Source : MidiLibre.fr
Titre original : « La Grand-Combe : ce dimanche, les 28es Floralies »
Publié le : 03.05.2017

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 26.12.2017
Dernière mise à jour : 26.12.2017

Corso Fleuri à La Grand-Combe 1958 (video)

ConcertsLGC

Chaque année, La ville de La Grand Combe voyait l’été arriver, avec l’été, un superbe Corso fleuri. Toutes les associations, écoles, clubs divers se préparaient à ce grand évènement en rivalisant d’imagination. De multiples petites mains satisfaisaient aux minutieux décors qui prenaient place sur des remorques tirées par tout un cortège de camionnettes et de véhicules privés.

« Je me souviens qu’à la Villa Béchard où j’étais en classe de 9ème (actuel Ce1 ?) nous n’étions pas en reste d’effervescence : les frères avaient projeté de réaliser un énorme « nounours » polaire, donc tout blanc. Mission nous avait été donnée de ramasser toutes les feuilles d’emballage avec lesquelles on enveloppait les oranges à cette époque. Puis après les avoir défroissées, ont les frangeait sur un seul coté avec nos ciseaux. Enfin on en recouvrait la carcasse métallique équipée d’un fin grillage qui figurait notre « nounours ». Les franges des emballages d’oranges imitaient à merveille les poils de l’animal polaire : travail fastidieux, mais résultat spectaculaire garanti ! »

Corso Fleuri à La Grand-Combe le 08 Juin 1958.

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Source : Youtube
Texte : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication : 10.12.2017
Dernière révision : 15.08.2018

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Hommage de Real del Sarte aux morts de La Grand-Combe

S’il est un important symbole à La Grand-Combe, c’est bien le Monument aux Morts de la guerre 14/18, œuvre de Maxime Real del Sarte.

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Photo : reproduction de la gravure parue dans le livret des « 100 ans de la Cie des Mines. »

I/ Monument aux morts : le gisant représente l’artiste Real Del Sarte

Monument aux morts : le gisant représente l'artiste Real Del Sarte
Le gisant, tout comme la statue, a retrouvé son emplacement place de la Victoire. © D.R

[Jeudi 16.02.2012, NdE] Le retour de la statue du monument aux morts après cinq mois d’absence, (lire Midi Libre de vendredi), a été comme on le sait très apprécié par la population. Nos tempes grises se sentaient même un peu orphelines de ce monument qui n’avait plus bougé depuis 1923 au centre de cette place de la Victoire, devenue ensuite place Jean-Jaurès en 1954.

« Pour moi, le monument aux morts représente beaucoup, tout comme l’église et l’avoir vu partir m’avait angoissé« , confie un retraité, visiblement ravi de le voir de retour.

Mais ce petit événement qui a eu lieu jeudi en milieu d’après-midi, a permis d’en savoir un peu plus sur son histoire. « Sa parfaite représentation ». Caméra sur l’épaule afin d’immortaliser ce grand moment de la vie de la cité, le cinéaste Marc Laforêt laissera filtrer son penchant d’historien également, pour parler du célèbre sculpteur Maxime Real del Sarte qui avait réalisé la statue emblématique, mais aussi le gisant.

« L’artiste mutilé de la guerre de 14-18 avait perdu le bras gauche. Le travail était donc effectué par un ou plusieurs de ses élèves. Pour ce qui est de l’œuvre demandée par la municipalité de l’époque et telle que l’on peut la voir aujourd’hui, il avait tenu à ce que le gisant, soit sa parfaite représentation, avec son portrait et ce soldat couché amputé d’un bras, recouvert par un linceul. Cette œuvre remarquable faisant partie des plus belles que le sculpteur ait eu à réaliser dans sa carrière, était un hommage aux enfants de La Grand-Combe, 423 exactement, tombés au champ d’honneur. »

Et sur sa lancée, Marc d’insister également sur l’implantation du monument aux morts, « se retrouvant ainsi parfaitement dans l’axe de l’entrée de l’église et du pont des Abbés, ouvrage disparu, qui de la rue du Brugas desservait la place Jean-Jaurès… Le pont des Abbés tenait sa signification par le fait que l’importante communauté chrétienne de l’époque habitait dans le quartier, aujourd’hui des Pelouses… »

Voilà donc livrée une petite leçon d’histoire fort intéressante et enrichissante ;

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II/ RÉAL DEL SARTE Maxime- Sculpteur

Biographie

(2 mai 1888, à Paris – 15 février 1954) Maxime Réal del Sarte est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du Roi.

Il entra à l’École des Beaux-Arts en 1908. Le matin même du concours, il s’engagea politiquement, du côté des antidreyfusards : pénétrant au Palais de justice de Paris, il se présenta à l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation et, apostrophant les magistrats, les accusa de « forfaiture » à propos du dernier pourvoi de l’affaire Dreyfus.

Blessé aux Éparges, sur le front de Verdun le 29 janvier 1916, Real del Sarte dut être amputé de l’avant-bras gauche. [Il reçu la] Légion d’honneur en 1940.

Œuvres

Il n’en reprit pas moins son métier de sculpteur et l’œuvre qu’il avait conçue en mars 1914, Le Premier Toit, reçut le Grand Prix national des Beaux-Arts en 1921. Anne André Glandy la décrit : «Un homme et une femme agenouillés l’un en face de l’autre : dans un geste de protection l’homme relève la femme et la maintient tandis qu’avec tendresse elle cherche à s’appuyer sur lui. C’est le principe de la clef de voûte, la base de toute architecture.» Charles Maurras écrira un poème pour cette œuvre.

Salon des artistes français – Paris 1924 – Ceux-là aussi ont des droits sur nous (fragment du monument à la Victoire pour la ville de Rouen) ; groupe plâtre –

Médaille de bronze en 1920, puis d’argent en 1927 au salon des Artistes Français.

Bibliographie

Annette Becker, « Real del Sarte », dans Monuments de mémoire, Les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale, Paris, Mission aux commémorations, 1991, p. 239-241

LGCbouzac

III/ Monument aux morts de la guerre de 1914-1918

monument aux morts de la guerre de 1914-1918
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Auteur de l’oeuvre
Description : Monument réalisé après soumission d’une maquette en plâtre, souscription publique
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Commune : Grand-Combe (La)
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Département : Gard
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Emplacement : sur terre plein
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Catégorie : sculpture 
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Matière : pierre : taillé [et] bronze : fonte
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Représentation : figure (soldat, couché), figure (Victoire), figure (homme, en pied), figure (femme, en pied), figure (enfant, en pied) [* voir note en bas de cette fiche, NdE]
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Précision sur la représentation :

Sujet : – La déesse de la Victoire, ailée, foulant aux pieds une chaîne et offrant une couronne à un soldat mort enveloppé dans un drapeau ;
– 2 personnages à gauche : une femme, suivie d’un homme, marchant sous les ailes de la victoire et représentant la population (minière) de la grand combe.
– 3 personnages à droite : un mineur enserrant dans ses bras un jeune galibot et un autre mineur en arrière.

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Dimensions : hauteur = 500 ; largeur = 400 ; profondeur = 500
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Inscriptions : inscription (gravée) – inscription (fondue) – signature (fondue)
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Précision sur les 3 inscriptions :
– titre sur la face principale du socle, transcription : « la victoire du droit 1918 » ;
– inscription fondue sur plaque, face principale du socle, transcription : « 1914 1918 souvenez vous 1939 1945 » ;
– signature fondue sur la base du groupe.
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Cadre : enquête thématique régionale (sculpture monumentale de la IIIe République)
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Auteur : Derrieu Bernard
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Réf de la notice inventaire : IM30000528
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Copyright © Inventaire général

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* Note de l’éditeur :Ce monument aux morts de la Grand Combe représente au centre, statue de femme ailée, la déesse messagère de la Victoire, inspirée par celle de Samothrace*, mais qui aurait retrouvée sa tête et justifierait ainsi la mention sur le monument « À LA VICTOIRE DU DROIT – 1918. »

Sous l’aile protectrice droite de la déesse, un premier personnage torse nu, suivi d’un autre dans la même tenue, mais ayant une lampe de mineur accrochée au ceinturon et un long pic de mineur, entre les deux, un enfant, un galibot sans doute, assiste les deux adultes dans leur travaux. Sous l’aile gauche, une femme suivi d’un homme.

Enfin sur un socle en contrebas du monument couché sur le dos, recouvert par un linceul, un soldat blessé qui représenterait Real del Sarte lui-même, avec son bras gauche amputé, recevant de la déesse la couronne Victoire, placée au dessus de lui.
[Je vais aller voir sur place pour peaufiner ce brouillon de description actuel, fait à distance depuis de simples photos.] G.D.

** note :  Samothrace, Νίκη τῆς Σαμοθράκης / Níkê tês Samothrákês dont la hauteur de 5,12 m est quasi identique aux 5 m de notre monument.
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Source article I : MidiLibre
Source article II : MonumentsMorts.univ-lille3.fr
Source article III: Inventaire-Patrimoine-Culturel

Mise en Page : Mas de la Regordane/GD
Première publication : 07.12.2017
Dernière mise à jour : 19.06.2018

La Grand-Combe au travers des âges (vidéo)

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LGC8
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La Grand-Combe est encore plus belle et fière qu’hier, autant travailleuse et pimpante qu’aujourd’hui et aussi vibrante d’espoir que demain.

Dans ce court-métrage la commune de La Grand-Combe est évoquée en ses trois âges et un bel hommage est rendu au passé, au présent et au futur de cette jeune commune de tout juste 181 ans … enfin, selon le calendrier républicain qui oublie que ce nom était déjà porté par ces lieux sous le règne du roi Louis le XIVème, soit il y a plus de 300 ans 😉
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mairielagrandcombe Production : Mairie la Grand-Combe

Un film réalisé par : Marc LAFORET
À l’occasion des : Vœux 2012 de la municipalité
Source : DAILYMOTION
Titre original : « La Grand Combe dans le temps »
Texte et mise en page : Georges Delannoy / masdelaregordane.fr
Première publication : 24.10.2017
Dernière révision : 20.08.2017

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La Grand-Combe Sainte Barbe 1950 – 2017 (vidéos)

C’est aujourd’hui le 4 Décembre 2017, souvenons nous, avec ce court métrage amateur, de l’ambiance extraordinaire de la Fête de Sainte Barbe il y a 67 ans à La Grand-Combe des années 1950 !
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Et voici la version 2013 … en double exemplaire, s’il vous plait 😉
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Revenant à la Grand-Combe en 2017,
voici un échantillon du spectacle de la Sainte Barbe.
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Vidéo : Youtube
Rédaction et mise en page : Mas de la Regordane
Première publication : 18.10.2017
Dernière mise à jour : 10.12.2017