Château du Chambonnet

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Photo : Le château du Chambonnet, entre la gare de Concoules et le village de Ponteils.

Le Chambonnet a vu l’ouverture exceptionnelle de ses portes, en Septembre 2011, par son propriétaire Joop Peterse qui n’a pas ménagé ses efforts pour restaurer et faire revivre ce château. Une pierre portant la dédicace du seigneur Pierre de Sarrazin, confirme que ce château a été construit pendant la période des guerres de religion qui affectaient la vallée de la Cèze et le chemin de Regordane. Bien situé sur ce chemin, le château contrôlait une portion de route entre Planzolles et le Plagniol (commune de Ponteils). Il joua, par la suite, un rôle non négligeable dans la guerre contre les Camisards.

Son architecture est toute simple : un corps de logis aux belles fenêtres de style renaissance flanqué de deux tours. Bien construit en rapport des risques de l’époque, il a cependant subi les outrages du temps ; ce qui a poussé, récemment, à la nécessité de le restaurer et ce, pendant de nombreuses années. Les propriétaires s’y sont attelés avec sérieux. C’est eux qui ont restitué les plafonds à la française et les cheminées en granit, grâce au travail conséquent des artisans et compagnons du devoir de la région.

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P.S. à ne pas confondre avec le Château de Chambonnet
situé en Auvergne-Rhône-Alpes dans l’Allier (03)
à Dompierre-sur-Besbre

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Visite commentée du Château du Chambonnet
à Ponteils et Brésis par Marie Lucy DUMAS.

Tarif : Gratuit
Personne à contacter : Marie Lucy Dumas
Tél. : 06 42 54 34 63

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Consultez aussi sur notre blog,
la page :  » La Grand Combe et ses châteaux « ,
en cliquant sur le lien ci-dessous :

https://masdelaregordane.wordpress.com/2017/12/05/la-grand-combe-et-ses-chateaux/

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Blogué par Mas de la Regordanne, le 21.04.2020
Dernière révision le 23.04.2020

Saint Florent sur Ozonet

L’image contient peut-être : 1 personne, texte qui dit ’Léon GERMAIN’
St Florent sur Auzonnet ….
Allez zou pour le plaisir …Un Germain Sinon Rien ….
 » DU SOLEIL EN BOUTEILLE « 
La Maison Germain

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« Il était une fois, à la Tavernole, commune de la Vernarède, petit village situé un peu plus haut que le château de Portes, un menuisier nommé Auguste Germain. Son épouse, née Orthense Gilly, lui donne un fils le 17 janvier 1872, qu’ils prénomment Léon. A Saint-Florent, quartier de la Cantonade, Joseph-Gustave Gilly et son épouse, née Marie-Joséphine Felgas, exercent le négoce de vins et la fabrication d’apéritifs et de spiritueux.

La première mention au Registre de Commerce date de 1881. En 1900, après le décès de son époux, Mme Gilly vend le fonds de commerce à Léon Germain qui avait épousé trois ans plus tôt la jeune Andréa Coutel, petite-fille d’une certaine… Suzanne Gilly. En 1920, Marie-Thérèse Germain, fille de Léon et Andréa, épouse Arthur Gilly. Les familles Germain et Gilly s’entrelacent donc, du XIXè au XXè siècles, tressant de leurs alliances le berceau d’une longue dynastie de liquoristes.

Les toutes premières créations de Léon Germain sont le Kina Désiré, la Fine Lachamp, la Florentine et la Gentiane noire. Il importe du rhum de la Martinique et rachète une maison de porto au Vigan, les Etablissements Capilleri, spécialiste des grands vins de Syrie, Xérès, Pedro Ximenez, Malaga… Ces produits viennent s’ajouter à une gamme de petites liqueurs Germain, aux noms fleuris et coquins : «Liqueur du cocu», «Crème de pucelle», «N’importe quoi», «Plaisir des dames», «Liqueur du divorce». En 1915, l’absinthe est interdite. En 1930, la maison Germain crée une boisson anisée appelée «L’avion».

Roger Germain rejoint l’entreprise familiale à sa sortie de l’Ecole de commerce de Marseille. Il se marie avec Anne-Marie Galice, du Martinet, qui lui donne un petit Yves en 1933.

Quand Léon Germain décède en 1936, son fils Roger lui succède et, aux côtés d’Arthur Gilly son beau-frère, continue à faire progresser l’entreprise en privilégiant la production d’apéritifs, de liqueurs et de sirop plutôt que le négoce du vin. Roger Germain et Arthur Gilly participent à de nombreuses foires et expositions et créent un dépôt à Lyon qui, hélas, ne survit pas à la guerre. Les deux hommes n’échappent pas à la mobilisation et c’est par la détermination des femmes que l’entreprise survit.
En 1945, un petit Régis naît au foyer de Roger et Anne-Marie Germain.

En 1951, la loi légalise l’appellation «pastis», d’où le nom de «Pastis 51». «L’Avion» disparaît pour faire place au «Pastis Germain». La palette des produits s’agrandit encore : «Malaga Saint-Yves», «Fine Régis», «Cacao Chouva», liqueur de banane, prunelle, «Liqueur jaune», «Liqueur verte»… Et, pour saluer l’arrivée de nombreux polonais dans les mines de la vallée de l’Auzonnet, le «Kummel» et la «Liqueur de Dantzig» qui contient de petites paillettes d’or. Viennent ensuite la «Verveine jaune», la «Liqueur de l’Auzonnet», le «Kirsch fantaisie», le «Cognac Germain», le «Cassis», le «Guignolet», le «Goudron» ainsi que des fruits à l’eau de vie. L’entreprise se développe ainsi jusqu’au décès de Roger Germain en 1970. Son épouse Anne-Marie reprend les rênes de l’entreprise avec ses deux fils alors que Régis termine tout juste des études qu’il partage à Marseille entre l’Ecole supérieure de commerce et un laboratoire de parfums. C’est un tournant, l’entreprise se mécanise. D’un travail manuel, on passe à une capacité de production de 3.600 bouteilles/heure pour une ouverture sur la grande distribution et à la création de produits nouveaux.

Régis qui, encore étudiant, avait créé la «Verveine verte du Rouvergue» en profite pour créer la «Verveine jaune du Majard», donnant à ces deux breuvages le nom des montagnes qui dominent Saint-Florent. Puis ce sont «L’Anisette», le «Ceven Mint», la fraise, la framboise, la «Liqueur des Huguenots» à base de mûres, la «Grande liqueur des gorges du Tarn». «Ravanelo, reines des îles» remporte au SIAL de Paris le Concours international de la vanille naturelle. Régis crée la «Châtaigne» dont la première fabrication est pour la Corse, avec la Myrte, la Clémentine, le Cédrat, l’Arbouse et la «Liqueur du maquis». Vient ensuite l’élaboration de l’arak «le Ksarak», marque de renommée mondiale que les Libanais ne peuvent plus fabriquer dans leur pays en guerre. Le Ksarak est commercialisé dans dix-huit pays.

A cause des taxes de plus en plus élevées sur l’alcool, M. Lacas, ancien distillateur propose à Régis Germain de mettre au point un pastis titrant 40°1. Ils en déposent le brevet car c’est le premier et seul pastis fabriqué à base de maltoses. En hommage à son grand-père, régis adapte une vieille recette d’absinthe à la nouvelle législation… Ainsi naît «Papé Léon», sans doute le premier né d’une mode maintenant répandue de «pastis à l’ancienne».

Dans les années 1980, sur les conseils insistants d’un nouveau comptable, l’entreprise investit dans du matériel informatique… La note sera trop lourde… Les difficultés financières débouchent sur un redressement judiciaire en 1987. Ayant trouvé en peu de temps des investisseurs, l’entreprise redémarre sous forme de société anonyme : CEDA Germain. En 1992, l’un des actionnaires veut vendre ses parts pour raisons familiales. Serge Corbier demande à racheter la totalité de l’entreprise.
Anne-Marie Germain est âgée de 82 ans, son fils Yves est à la retraite, Régis traverse de graves problèmes de santé, les autres actionnaires donnent leur accord… L’aventure familiale aura duré 111 ans.
L’image contient peut-être : plein air
En 1993, Serge Corbier devient propriétaire de la SARL Germain. En 1998, il cède l’affaire à Mme Hégy et M. Pot. L’aventure Corbier aura duré 5 ans.

Le 1er janvier 2000 voit le lancement d’un nouveau pastis : «Le G Bleu» qui obtient un succès foudroyant. Le chiffre d’affaires grimpe à 3,7 millions d’euros, quatre millions de bouteilles sont vendues et l’entreprise emploie 29 personnes. Devant une telle expansion, les locaux de fabrication semblent trop petits et une délocalisation sur la commune de Rousson est envisagée. En 2001, le G Bleu reçoit la médaille d’or au Concours du Gard gourmand. En 2002, à ce concours la « Verveine du Rouvergue » décroche une médaille d’or et le pastis «Papé Léon» une médaille d’argent mais des difficultés financières apparaissent. 2003 voit le lancement du pastis «Lou Provençaou» et d’une liqueur de menthe «l’Iceberg G» ainsi que l’élection du «G Bleu» au concours national Saveur de l’année pour les apéritifs anisés. Pour des raisons qu’il serait délicat d’exposer, l’année 2004 sera celle de la chute : dépôt de bilan, redressement judiciaire, blocage par l’administration des Douanes de la fabrication et de la vente des produits pour non-paiement des droits indirects. L’entreprise compte 37 salariés, chiffre qu’un plan social ramène à 20 après 17 licenciements. Le 4 mai 2004, le couperet tombe, la liquidation judiciaire des Etablissements Germain est prononcée. L’aventure Pot-Hégy aura duré 6 ans.

Depuis cette date, un homme déterminé s’est battu avec courage, persévérance, acharnement… Dans son regard couleur de «G Bleu», on lit tout l’espoir qu’il met dans l’avenir d’une maison qu’il a connue tout jeune lorsqu’il passait ses vacances dans sa famille aux Mages. Depuis le 2 mai [2006] la fontaine Germain s’est remise à couler. Nous souhaitons du fond de nos cœurs de Saint-Florentins bon vent à cette nouvelle entreprise. »
Chantal Germain
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Source :  St-Florent-Passe-Present-Avenir
Par : Chantal Germain
publié sur FaceBook le 09.04.2020

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Reblogué pour Mas de la Regordane
Première publication, le 09.04.2020

La Grand-Combe, 40% de chômeurs

Gard : La Grand-Combe,
40 % de chômeurs

  • Le chevalement du puits d’Oules, témoin de la glorieuse époque minière./ DDM, L.S.

    Le chevalement du puits d’Oules RICARD, témoin de la glorieuse époque minière./ DDM, L.S.

L’essentiel 40 % : c’est selon les chiffres de l’Insee, le taux de chômage qui sévit à La Grand-Combe, dans le Gard. Il s’agit du taux le plus élevé de France parmi les communes de plus de 1 000 habitants. L’ancienne cité minière ne s’est jamais relevée d’une série de coups durs industriels.

Dans les contreforts du Massif central, c’est en passant par Alès, au sud, qu’on accède à La Grand-Combe. La route nationale 106 nous y guide, en épousant les courbes du Gardon d’Alès, dont le cours d’eau nous accompagne depuis le mont Ricateau, si singulier. Il attire le regard par ses traits volcaniques, qui ne laissent pas de doute sur le rôle que l’homme a joué dans sa formation. Il s’agit d’un crassier : une colline artificielle formée par l’accumulation de résidu minier. Sur plusieurs dizaines de mètres de haut, au moins autant de large, se sont accumulées au fil des années les traces de l’exploitation minière des Cévennes. Une époque révolue depuis une quarantaine d’années dans la région. Sauf qu’à La Grand-Combe, à quelques kilomètres plus au nord, on n’a jamais réussi à s’en relever.

« Imaginez que cette ville a été littéralement créée au milieu du XIXe siècle pour l’exploitation des mines de charbon », commence Patrick Malavieille, maire depuis 1995. Un peu moins d’un siècle plus tard, la démographie de la ville atteint son apogée : environ 15 000 habitants. Plus de 20 % travaillent à la mine, régissant totalement l’économie locale. Derrière, la chute sera continue, parfois brutale. Comme après les fermetures successives des puits. « Dans les décennies 70-80, ce sont 1 200 habitants qui quittent la ville chaque année. » Le cercle devient vicieux. À la fin des années 90, nouvelle claque avec la fermeture de l’entreprise Alcatel. 400 emplois s’envolent. Le coup de grâce.

« La misère attire la misère »

La population tombe à 5 000 habitants, entretenue seulement désormais par « ceux qui reviennent pour leur retraite et ceux qui sont attirés par les bas loyers », analyse Patrick Malavieille, l’air désolé : « Ça fait des années qu’on est une commune pauvre. Et force est de constater que la misère attire la misère. »

Péniblement, la ville essaie de relever la tête, de déchirer cette photographie triste d’un bourg aux rideaux fermés, où les seules vitrines accueillantes sont celles des organismes sociaux. En semaine, le lycée professionnel, qui offre des formations dans la sécurité et la petite enfance, apporte un peu de vie. Même si ses occupants restent décidés à déserter les lieux. « J’ai beau être du coin, j’envisage pas d’y rester », assure Benoît, posté devant l’entrée après sa pause-déjeuner. Le syndrome de ville-dortoir est aujourd’hui omniprésent.

Au nord de la commune, après la caserne des pompiers, la route recommence à s’élever vers la forêt du Rouvergue. Sur la gauche, surgit alors, dans ses habits de fer rouillé, le chevalement du puits d’Oules [Non du « Ricard »]. Grand, majestueux, autant qu’il est éteint. De sa hauteur, il semble veiller sur la ville qu’il a contribué à bâtir. Aujourd’hui, il n’a plus que son attrait touristique à lui offrir. Une aide qui a tout d’une respiration artificielle : indispensable, mais insuffisante.

Des motifs d’espoir malgré tout

À Patrick Malavieille, maire immuable (sauf entre 2001 et 2008) et figure incontournable de La Grand-Combe, on reproche sa « double casquette » d’élu au département. De sensibilité communiste, celui qui est candidat à un nouveau mandat rétorque : « C’est grâce à mon double mandat que j’ai obtenu pour la commune des subventions pour tels ou tels travaux. Et c’est sans doute aussi grâce à mes réseaux qu’on peut aujourd’hui avoir des motifs d’espoir. » Ils résident dans la nouvelle zone d’activité économique qui doit voir s’installer « une entreprise et un centre de formation de BTP, ainsi qu’un pôle logistique de la SNCF ». Le maire place également beaucoup d’espoirs dans l’ouverture à venir d’un centre Epide (Établissement pour l’insertion dans l’emploi), qui doit accueillir deux sessions de 150 jeunes. De quoi enfin relancer la commune ?

Lucas Serdic

 

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Réponse de Georges L. DELANNOY

Cet article commence déjà par une grossière erreur que tout Grand-Combien qui se respecte a du remarquer du premier coup d’oeil. Non, ce n’est pas la photo du Puits des Oules, aujourd’hui complètement démoli, mais celui du Puits Ricard, 1° Division des H.B.C. (Houillères du Bassin des Cévennes. dont Georges E. Delannoy, jeune polytechnicien, fut ingénieur dès 1947.

40% de taux de chômage ? Je ne suis pas statisticien, mais faisons confiance à ce chiffre qui est terrifiant en soit. Cependant ce chômage n’est pas le résultat d’une fatalité, mais désolé de le dire, d’incompétences tant multiples que notoires.

En effet, les Charbonnages de France n’ont JAMAIS abandonné La Grand-Combe, depuis une « quarantaine d’années », comme l’affirme cet article mal renseigné, mais en date du 31.12.2007, jour officiel où la République Française a enterré à nos frais, cette vieille Grande Dame de 200 ans (voir beaucoup plus), lors d’une cérémonie « funéraire » au Sénat à Paris. Donc 2020 – 2007 = 13 ANS !!!

Si la vieille Dame n’a plus pourvu à la subsistance de ses chers enfants Grands-Combiens, elle est excusable, car elle est morte …. peuchère, mais elle leur a légué un HÉRITAGE ! Et quel héritage !

Des Terrains à perte du vue, ENTIÈREMENT RÉHABILITÉS par des travaux titanesques (comme le reboisement des « Découvertes », ces mines à ciel ouvert qui ont TOUT DE MÊME permis aux mineurs Grand-Combiens de continuer à manger leur  » Pan Blanc » sans avoir les « Mans Negro » de 1981 à 2004. soit PENDANT 23 ANS ! Le temps de réfléchir à l’avenir et de s’y préparer .

Des maisons à des prix défiants toute concurrence sur lesquelles se sont jetés comme des @%!!!. des organismes d’Habitations à Loyers Modérés.

De l’argent en quantité importante par le biais de la SOFIREM, filiale spécialisée (de CdF) dans la reconversion des territoires qui a financé les reconversions individuelles et la création d’entreprises qui embauchaient les anciens mineurs.

Article à suivre, bien sûr 😉

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Source : La Dépêche.fr
Publication du  , mis à jour 

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Reblogué par Mas de la Regordane
Commenté par Georges L. Delannoy
Première publication le 04.04.2020

Villa Béchard 1961 @ La Grand-Combe

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Villa Béchard, 10 05.1961 – 34 élèves de classe de 7° (CM2)

Bonjour, Georges,

Toujours très proche, sentimentalement, de La Grand’Combe, je reviens souvent vers le site Mas de la Régordane ou sur facebook, où je me suis, bien sûr abonné. Ce site constitue une pièce maîtresse dans le puzzle des souvenirs, pour moi qui suis toujours resté au plus profond de moi un grand’combien.

Ce soir j’ai vu l’équipe que vous avez montée pour les prochaines municipales. Je n’ai plus eu de doute. Georges était bien celui qu’à l’époque je connaissais plutôt comme Lionel.

Alors bon, je ne suis pas électeur à La Grand’Combe, j’habite Mont-de-Marsan, mais en guise d’encouragement, je t’envois une « vieille » photo, prise le 10 mai 1961.
Moi je suis en haut à gauche entre Alain Forestier et Jean Insalaco, le visage à moitié dissimulé par Jean-Marie Breysse. Toi tu es entre Guy Mialhe et Toulouse. Finalement… tu n’as pas trop changé !

Je croise les doigts pour votre campagne et je vous souhaite courage et détermination.

Cette photo, c’est notre passé. Ce serait bien si des jeunes grand’combiens d’aujourd’hui pouvaient être encore fiers, 60 ans après, de revoir leur photo d’école.

Bien cordialement

Dominique CASTANIER

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2018 – cérémonie de remise des diplômes à la Villa Béchard

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Photos GD / Mas de la Regordane
Publié le : 03.03.2020

CHARTE « DONNONS MEILLEURE MINE @ LA GRAND-COMBE »

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ENSEMBLES, DONNONS MEILLEURE MINE
@ LA GRAND-COMBE

Charte éthique de « Meilleure Mine @ LGC »

Cette charte éthique est un guide pour l’action.
Elle est l’expression des façons d’agir que nous développons. Elle inspire les choix dans le quotidien de chaque contributeur à notre mouvement afin de faire vivre les valeurs et principes fondateurs de notre groupe.
Notre ambition est de créer une nouvelle forme de gestion municipale et d’inventer une autre manière de faire vivre la démocratie dans notre commune


NOS PRINCIPES

Meilleure Mine @ LGC affirme les principes fondamentaux qui fondent son action. Nous croyons que :

  • Il n’y a pas de vie paisible à La GRAND-COMBE, sans justice sociale
  • Une trop grande disparité dans la répartition des richesses et des pouvoirs à La GRAND-COMBE est génératrice de violence.
  • L’éradication de l’extrême pauvreté, la lutte contre la précarité et le logement indigne, l’accès aux soins et à la santé à La GRAND-COMBE sont des enjeux d’une vie sociale sereine à La Grand-Combe.
  • La croissance matérielle infinie des biens et des impôts à La GRAND-COMBE, n’est ni possible ni souhaitable. Le respect des écosystèmes et du vivant, la protection de la biodiversité et la lutte contre le dérèglement climatique s’imposent à tous.
  • Nous devons inventer un modèle de société, à La GRAND-COMBE , fondé sur l’épanouissement et l’émancipation de la personne humaine, la prospérité des communautés et des citoyens.

NOS VALEURS

Nous portons des valeurs de :

  • Responsabilité – Nous ne sommes pas seulement responsables de ce que nous faisons à La GRAND-COMBE, mais aussi de ce que nous laissons faire, collectivement et individuellement.
  • Liberté – Nous veillons à un équilibre permanent entre les libertés collectives et les libertés individuelles à La GRAND-COMBE.
  • Participation – La politique municipale à La GRAND-COMBE, n’est réservée à personne, chacun peut y prendre sa part, et la qualité de l’action politique municipale, sans partis pris, incite chacun à le faire.
  • Bienveillance – La relation entre les êtres humains est leur plus grande richesse, et la politique municipale de La Grand-Combe participe à l’art du bien-vivre ensemble.
  • Respect de la contradiction et des minorités, Fondement de la démocratie, inspirent tous nos processus de délibération et de décision à La GRAND-COMBE
  • Justesse – Aucune forme d’outrance, d’extrémisme ou d’intégrisme n’inspire l’action publique et n’instruit le débat municipal. à La GRAND-COMBE.

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NOS ENGAGEMENTS

  • Meilleure Mine @ LGC est porteur d’une vision à long terme de transformation de la ville et propose des actions immédiates ou à court terme pour la mettre en œuvre.
  • Quelle que soit l’urgence à agir, ce sont nos valeurs et les finalités qui nous rassemblent qui dictent nos propositions à La GRAND-COMBE.
  • Notre mouvement est constructif. Il ne s’autorise de critique que lorsqu’il est en mesure de faire des propositions alternatives à La GRAND-COMBE.
  • Meilleure Mine @ LGC s’engage pour des pratiques politiques éthiques, transparentes et une vie démocratique fondée sur la possible participation de chaque citoyen au devenir de La GRAND-COMBE.
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NOTRE MOUVEMENT
Meilleure Mine @ LGC
place la qualité des relations entre les personnes au cœur de son fonctionnement et de ses actions. Il veille autant à la qualité de l’objectif à atteindre qu’à la manière de l’atteindre.

  • Notre mouvement fait de l’identification et de la valorisation des talents de ses adhérents, militants et sympathisants un pilier de son fonctionnement.
  • A La GRAND-COMBE, nous inventons et construisons une forme de gestion municipale moderne, décentralisée organisée en réseau, donnant les moyens à chacune et chacun de participer à un exercice démocratique plein et entier.
  • L’organisation de notre mouvement est rigoureuse pour permettre une action politique efficace et efficiente. Chacun y contribue avec sérieux et pragmatisme.

NOS SYMPATISANTS

  • Nos sympathisants sont des citoyens engagés, chacun à son niveau et contribuent par des formes multiples, à la transformation de La GRAND-COMBE.
  • Nos sympathisants se forment pour parfaire leur engagement. Ils bénéficient d’un accueil et d’un accès à toute l’information sur notre mouvement et son fonctionnement à La GRAND-COMBE.
  • Nos sympathisants sont invités à s’impliquer activement dans la vie du mouvement. Ils ont accès, sans discrimination, aux responsabilités communales comme électives.
  • Nos sympathisants disposent de la liberté d’expression et sont respectés dans leurs opinions. La liberté de débat et la liberté de vote sont des règles intangibles.

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NOS RESPONSABLES

  • Les responsables de notre mouvement sont attentifs au respect de la contradiction. Ils développent leurs compétences pour faire de la diversité une richesse et la force de notre mouvement à La GRAND-COMBE.
  • Les responsables de notre mouvement s’engagent à pratiquer une communication non-violente, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du mouvement.
  • Les responsables de notre mouvement sont solidaires entre eux ainsi que des décisions collectives à La GRAND-COMBE.
  • Les responsables de notre mouvement exercent une stricte limitation du cumul et du renouvellement de leurs fonctions à La GRAND-COMBE.

NOS ÉLUS

  • Nos élus respectent une stricte limitation du cumul et du renouvellement des mandats et des fonctions à La GRAND-COMBE.
  • Nos élus qui bénéficient d’une indemnité au titre de leur mandat, en reversent une partie au mouvement afin de contribuer à son développement à La GRAND-COMBE.
  • Nos élus publient leur déclaration d’intérêts quand ils acceptent d’être candidat, et une déclaration de patrimoine au début et à l’issue de leur mandat à La GRAND-COMBE.
  • Nos candidats s’engagent par écrit à se démettre de leur mandat et de toutes fonctions de responsabilités au sein de notre mouvement au cas où ils seraient condamnés pour atteinte à la probité. Les adhérents de Meilleure Mine @ LGC savent que seuls les actes comptent. Ils s’engagent à agir selon cette charte éthique, à veiller à son respect et participent ainsi à la métamorphose de la société à LA GRAND-COMBE.« Ne cherchez jamais le progrès d’un homme ailleurs que dans ses actes » (Epictète).

     

Meilleure Mine @ LGC est mouvement citoyen,
rejoignez-nous pour reprendre la main sur la gestion de la ville !

RicardLuminagora

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Publié par : Ensembles, donnons meilleure mine @ La Grand-Combe
Reblogué pour Mas de la Regordane, le 22.02.2020

La Grand-Combe, élection municipale 2020

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Sur cette page vous informera de l’évolution de la 3° liste apolitique pour l’élection municipale 2020 à 30110 La Grand-Combe (feuilleton à suivre)
déjà sur FaceBook à l’adresse suivante : fb.me/meilleuremine

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Nous venons de visionner une vidéo du candidat IZNOGOOD, le candidat grand-combien qui veut être calife à la place du calife :

Il y répète comme un perroquet que sa liste est à 100% pur grand-combienne et que cela serait un gage d’efficacité et de crédibilité.

Monsieur Didier Mérand, tête de liste de  » Donnons Meilleure Mine @ La Grand-Combe  » serait-il moins efficace parce que  » parisien..g  » et résident depuis seulement 5 ans dans notre commune ?

Cela me rappelle que le père de Georges Delannoy, colistier de Didier Mérand, n’était lui aussi, pas un grand-combien, mais le fils d’un pupille de la Nation de la région picarde, officier de garnison et qu’il est venu à La Grand-Combe avec son seul diplôme de l’Ecole Polytechnique, sans même passer par l’Ecole des Mines, car il n’avait pas les moyens de s’en payer les études.

Arrivé en 1947 au Puits Ricard, il s’y est fait remarquer par une gestion ferme, mais humaine des Hommes et des matériels mis à sa disposition par les HBC et aucun des mineurs de la Grand-Combe, n’a jamais critiqué son action professionnelle et sociale, voire même : ils reconnaissent qu’il les a toujours protégés contre la Direction des mines.

Durant son premier séjour de 17 ans (47-64) il a grimpé tous les échelons de la mine et dans les coeurs des familles des quelques 10.000 mineurs sous ses ordres. Le soir, vers 18 heures, après une journée de 10 heures effectives passées à la mine, il rentrait à la maison, prenait une douche rapide et repartait jusqu’à 20 h pour visiter les familles de mineurs afin de s’assurer de ses propres yeux, qu’il y avait à manger à la maison, qu’elles étaient bien tenues, que les enfants étaient habillés … ce que l’on traite aujourd’hui avec un certain mépris du terme de « paternalisme ».

Lors de son 2° séjour (2001-2004), fort de sa nomination par le 1er Ministre Pierre Mauroy comme Directeur Général des mines (HBCM), il est venu remettre les pendules à l’heure en menant un combat énergique contre le Gouvernement qui ne voulait pas payer les 400 mineurs de Carmaux (81) et contre l’Infernal suppôt local d’Henry Krasucki qui condamnait les mineurs à risquer leur vie dans les entrailles de la terre, alors que les techniques modernes des « Découvertes  » permettaient d’extraire le charbon avec des engins de T.P. dotés de cabines souvent climatisées. Durant le mandat de Georges Delannoy (père), il n’y a pas eu un seul licenciement.

Alors gageons que la liste  » Didier Mérand  » saura s’inspirer de cet exemple et même si l’époque a changé, elle aura des résultats et une action efficace et pérenne. 

Georges Delannoy, devant, à droite de la photo.

https://masdelaregordane.wordpress.com/2017/11/02/georges-delannoy-38-ans-au-charbon

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Publié le 18.02.2020
Mise à jour le 02.03.2020

La Grand-Combe, élections municipales 2020

Municipales 2020 : bienvenue à La Grand-Combe, la ville au taux de chômage le plus élevé de France

La ville de La Grand-Combe (Gard), en janvier 2020.
La ville de La Grand-Combe (Gard), en janvier 2020.
(AWA SANE / ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

A quelques semaines des municipales, franceinfo a analysé les données démographiques, politiques, économiques et sociales de toutes les communes françaises. Dans le Gard, la ville de La Grand-Combe, 5 000 habitants, bat le record de chômage en métropole : 40%.

Entre les conserves de maïs doux et les paquets de macaronis à petit prix, Louisa garde le sourire. Cette mère célibataire aux cheveux bruns passe le plus clair de son temps derrière la caisse de cette petite épicerie solidaire du Secours populaire, située dans le centre-ville de La Grand-Combe (Gard). Elle s’active bénévolement pour venir en aide aux plus démunis… dont elle fait aussi partie. Sans emploi depuis de longues années, Louisa vit au RSA avec sa fille et doit faire face aux dépenses courantes avec 150 euros par mois. « Je n’ai pas de voiture, je ne peux pas me déplacer et ici, il n’y a rien, pas d’emploi », égrène la quinquagénaire sans colère, mais d’un ton désabusé.

Le chevalement du puits Ricard, un ancien charbonnage, à La Grand-Combe (Gard), le 21 janvier 2020.
Le chevalement du puits Ricard, un ancien charbonnage, à La Grand-Combe (Gard), le 21 janvier 2020. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

Dehors, il fait froid et la pluie a fait fuir les rares passants du bourg. Le local du Secours populaire est d’ailleurs l’un des seuls « commerces » du centre ouvert ce mardi matin. La ville dort-elle encore ? Ou ne s’est-elle jamais réveillée depuis le départ des mines de charbon dans les années 1970 ? Vidée des deux tiers de ses habitants en moins de cinquante ans, la commune de 5 000 âmes détient aujourd’hui un triste record : 40% de chômage, le plus haut taux pour une ville de plus de 1 000 habitants en France métropolitaine, selon les données de l’Insee.

>> Votre commune fait-elle partie des plus touchées par le chômage en France ? Découvrez-le avec notre infographie 

Un chiffre qui désabuse les habitants et aiguise les rivalités politiques, à quelques semaines des élections municipales« L’Etat a laissé tombé les communes minières », accuse Patrick Malavieille, le maire communiste de la ville depuis 25 ans (avec une interruption de 2001 à 2008). « C’est la chute libre, la dégringolade », brocarde son opposant Ludovic Bouix (ex-UDI), qui pointe la responsabilité de la municipalité.

Les habitants font grise mine

Cette « dégringolade », elle est visible quelques kilomètres après Alès. La Grand-Combe apparaît à travers les montagnes boisées des Cévennes. Deux édifices de l’âge d’or de la ville se dessinent dans le ciel : l’église Notre-Dame, la plus vaste du département, et le chevalement du puits Ricard, un ancien charbonnage désormais classé aux Monuments historiques. Entre les deux, les anciennes cités minières, les nouvelles barres HLM et les commerces fermés se répartissent sur le vaste territoire de la commune. « Ici, les gens sont des zombies, prévient Jérémy*, emmitouflé dans sa veste. C’est marche ou crève. Moi, je marche, je me casse. » Avec son CAP maçonnerie, le quadragénaire natif du coin veut rejoindre Montpellier pour essayer de retrouver un emploi.

Les devantures de commerces fermés à La Grand-Combe, le 21 janvier 2020.
Les devantures de commerces fermés à La Grand-Combe, le 21 janvier 2020. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

Le constat est vite dressé : avec le départ des mines, la ville a perdu l’ensemble de son équilibre économique. « C’est comme si vous preniez une station balnéaire et que vous lui enleviez la mer. Biarritz sans l’océan, il ne reste plus rien », souffle Patrick Malavieilledans son costume tout noir. Les quelques usines qui embauchaient encore à la fin des années 1990, comme Alcatel Câbles, ont déserté à leur tour. Bilan : il n’existe aujourd’hui plus aucun gros employeur sur le territoire, à l’exception de la mairie, de la maison de retraite et des établissements scolaires.

Quand on met tous les œufs dans le même panier et que le panier tombe, tout est cassé.Ludovic Bouix, candidat d’opposition à la mairieà franceinfo

Ce no man’s land de l’emploi est encore marqué par l’époque du charbon, où les ouvriers avaient le droit à un logement, du chauffage, des soins gratuits. Aujourd’hui, la ville est devenue un repoussoir pour les jeunes. « Ici, on se sent seul, démuni et il n’y a pas de boulot », déplore Nicolas, 28 ans, en attendant sa pizza près du camion installé sur la place principale. Ce soir-là, le snack est l’unique point lumineux du quartier et le jeune homme est simplement de passage dans sa ville d’origine. Cela fait plusieurs années qu’il n’attend plus rien des politiques et s’est  installé à Marmande (Lot-et-Garonne) pour trouver un emploi stable.

« Les politiques n’arrivent pas à redémarrer la ville »

Le cercle vicieux de la paupérisation de la commune est déjà bien entamé. Avec ce taux de chômage élevé, les revenus des habitants ont fondu. Le taux de pauvreté a atteint 39% en 2016, selon l’Insee. Et seuls 20% des ménages sont imposés. Trois fois moins qu’au niveau national. « La misère augmente chaque année, je ne l’ai jamais vue régresser et les politiques n’arrivent pas à redémarrer la ville », commente d’une voix essoufflée Jean-Pierre Espa, assis devant son modeste bureau de secrétaire général de l’antenne du Secours populaire. « L’hiver, certaines personnes doivent choisir entre se chauffer et se nourrir », raconte ce retraité massif, « tombé dans l’humanitaire comme Obélix dans la marmite ».

Jean-Pierre Espa, secrétaire général de l’antenne du Secours populaire de La Grand-Combe (Gard), le 21 janvier 2020.
Jean-Pierre Espa, secrétaire général de l’antenne du Secours populaire de La Grand-Combe (Gard), le 21 janvier 2020. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

Il se murmure d’ailleurs qu’il y aurait autant d’acteurs sociaux dans la commune que chez la voisine Alès, pourtant huit fois plus peuplée. Ces derniers évitent de trop parler de politique pour ne pas risquer une brouille avec la mairie… mais font tous le même constat. « On est vraiment perçus comme un point noir. Tout le monde part et ceux qui restent sont à l’agonie », raconte Azzedine Maalou, figure locale du monde associatif et candidat sans étiquette aux municipales « pour se faire entendre »« J’ai vu des gens pleurer quand on a fait une distribution de colis alimentaires », se remémore le trentenaire, petit-fils de mineur algérien, intarissable sur « son » festival de rap qui réveille la ville chaque été.

Je connais beaucoup de gens qui ne mangent que des compotes ou qu’une seule fois par jour.Azzedine Maalou, candidat d’opposition à la mairieà franceinfo

Cette situation économique préoccupante accapare largement la campagne électorale en cours. Le maire a misé depuis des années sur une nouvelle zone industrielle, installée à coups de millions d’euros à l’entrée de la ville avec un pont flambant neuf. Mais les entreprises ne semblent pas se bousculer, malgré un prix attractif : 15 euros le mètre carré. « Le drapeau rouge est un repoussoir », grince le centriste Ludovic Bouix. Pas de quoi convaincre le maire : « Il y a peu de mairies communistes… mais il y a beaucoup de chômage en France ! » rétorque-t-il, en dénonçant les « chasseurs de primes », ces entreprises qui prennent les subventions et déguerpissent au bout de quelques années.

Une ville « dortoir »

Un coup d’œil dans les vitrines des rares agences immobilières de la ville permet d’entrevoir une autre conséquence de cette débâcle : le « krach » immobilier. On tombe par exemple sur un grand appartement du centre-ville, 89 m² « à rafraîchir », pour 36 000 euros, soit environ 400 euros le mètre carré, ou encore un terrain constructible de 512 m² pour 15 000 euros, soit moins de 30 euros le mètre carré. « Tout le monde se barre d’ici. C’est une ville dortoir », se lamente Jacques, propriétaire d’un immeuble à moitié vide et candidat sur une liste d’opposition. Comme lui, ils sont nombreux à se remémorer l’époque où la ville comptait un vélodrome, un camping, un cinéma et des restaurants.

L’arrivée de nouvelles populations, attirées par les loyers très bas de la ville, cristallise aussi les inquiétudes. « Ils [l’équipe municipale en place] ghettoïsent la ville où ils règnent en maître », accuse Ludovic Bouix depuis la table de son salon. Le maire balaie ces attaques « infondées », même s’il reconnaît qu’en « concentrant les difficultés, on ajoute de nouvelles difficultés ».

Impossible de trouver un nouveau médecin

Parmi ces défis récents, la question de la santé revient régulièrement. « On a des retards de prise en charge, notamment pour les soins dentaires, alerte Marie-Laure Pons, médecin depuis seize ans dans la ville. Beaucoup ont droit à des soins gratuits, mais ils ne peuvent pas aller voir des spécialistes sans voiture. Il manque une étape dans la prise en charge. » Une précarité qui s’accentue avec la désertification médicale. Depuis le début de l’année, deux médecins ont arrêté de pratiquer sur la commune. Et impossible de trouver un remplaçant malgré une maison médicale flambant neuve.

Marie-Laure Pons, médecin à La Grand-Combe, le 21 janvier 2020.
Marie-Laure Pons, médecin à La Grand-Combe, le 21 janvier 2020. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

Face à ces décrochages successifs, les politiques paraissent démunis. « Le maire n’est plus intéressé par la ville… La preuve, il n’est jamais là », raille son opposant de longue date Ludovic Bouix (UDI). Il faut dire que le premier magistrat cumule ce mandat avec ceux de conseiller communautaire et de conseiller départemental. « Je sais que ce n’est pas à la mode, mais heureusement que je cumule ! Sinon, je ne serais pas dans les petits papiers des collectivités pour obtenir les subventions nécessaires à la ville », se justifie Patrick Malavieille.

« Déconstruire le discours pessimiste »

Pour autant, il est un point sur lequel tout le monde s’accorde : la nécessité de changer l’image de la ville. « Quand on parle de La Grand-Combe, on est pointé du doigt », affirme Ludovic Bouix. « Dans les mentalités, La Grand-Combe est encore une ville que l’on subit, où l’on ne va pas par choix », reconnaît Patrick Malavieille, installé face à la lampe de mineur posée sur son bureau. Entre le devoir de mémoire et le besoin de renouvellement, l’équilibre est difficile à trouver. « Même ceux qui n’ont pas vécu la grande époque vivent dans la nostalgie de celle-ci », note le maire.

L’avenir de La Grand-Combe passera peut-être finalement par le réseau de solidarité qui a dû se mettre en place dans la ville. « Notre travail est aussi de déconstruire le discours pessimiste, insiste Pierre Privat, président du Service d’entraide protestant. Le rôle du groupe, de la mixité est très important pour cela. Parmi la quarantaine de personnes que l’on suit à l’année, on a décroché plusieurs contrats de travail, des formations, et on a eu des obtentions de permis. »

Pierre Privat, président du Sep, et Magalie Audras, sa directrice, le 21 janvier 2020 à La Grand-Combe.
Pierre Privat, président du Sep, et Magalie Audras, sa directrice, le 21 janvier 2020 à La Grand-Combe. (ROBIN PRUDENT / FRANCEINFO)

L’antenne du Secours populaire est aussi devenue un refuge pour de nombreuses personnes isolées. Pas uniquement pour recevoir de l’aide, mais aussi pour en donner et rompre la solitude. « Avant, je ne sortais pas de chez moi, je ne parlais pas, mais là, je suis bien », sourit Louisa. Et elle n’est pas la seule, assure la trésorière de la structure, Gisèle Grandidier : « Elles veulent rendre ce qu’on leur donne ! » Une lueur d’espoir pour conjurer le mauvais sort et éviter que La Grand-Combe ne devienne « la grande tombe », comme le prédit un tag inscrit à la hâte sur l’un des panneaux de la ville.

* Le prénom a été modifié

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Source : France.info
Par Robin Prudent – France Télévisions
Mis à jour le  – publié le 
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Reblogué par Mas de la Regordane
En date du 31.01.2020

La Levade, quartier de la Grand-Combe

Voici une charmante vidéo de 2:50 concernant l’un des quartiers de la ville (ex minière) de La Grand-Combe, dans le Gard.

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Je vous laisse en apprécier les images en attendant d’écrire un article sur ces lieux de mémoire des mines et de la ligne de chemin de fer : Nîmes – La Grand-Combe (Gare de la La Pise) – La Levade, l’une des premières de France.

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Photo : Rue de l’église.

Je ne manquerai pas d’évoquer le pont suspendu qui franchi le Gardon, la gare Sncf, l’église où j’ai été baptisé un certain 03 Août …

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… la rampe des berlines automotrices de charbon, transformée en escalier géant, la maison de l’Administration de la Cie des Mines, etc …

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Source : montage vidéo David Gavignet
david.gvt@hotmail.fr

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Reblogué sur Mas de la Regordane
Publié : le 22.01.2020

La Vernarède, commune minière du Gard

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C’est la Société qui exploitait les mines de charbon (la Société anonyme de l’éclairage au gaz et des Hauts Fourneaux et Fonderies de Marseille et des Mines de Portes et Sénéchas) qui a demandé et obtenu la création de la commune de La Vernarède.

L’acte de fondation de La Vernarède est du 29 novembre 1869: le Conseil municipal a été installé le 2 mai 1870 et la mairie conférée à M. Roussellier, directeur de la Société exploitant les Mines.

La population recensée en 1869 était de 3 005 habitants. La Vernarède fut créée à partir de parcelles des [communes de] Chambon (Gard) et de Portes (Gard). Cette ville champignon qui a compté jusqu’à 4 000 habitants a accueilli les ouvriers de la Cie minière de Portes et Sénéchas qui exploitait le charbon sur son territoire.

Cette Compagnie avait été fondée en 1854 par le financier Jules Isaac Mirès (1809-1871), qui l’intégra d’emblée dans sa Société de l’éclairage au Gaz, des fonderies et hauts fourneaux de Marseille. Ainsi Mirès alimentait en coke son entreprise sidérurgique qui avait le monopole de l’éclairage dans la cité phocéenne et à Arles.

C’est par la suite, [monsieur] Samson Jordan (1831-1900), professeur de métallurgie à l’École centrale, administrateur délégué jusqu’en 1900, qui lui donna un grand développement. Le charbon de Portes, d’excellente qualité, alimenta la marine impériale et la marine nationale. Mais une mauvaise gestion des ressources au XXe siècle et d’incessantes luttes sociales condamnèrent la Cie au déclin, jusqu’à sa nationalisation en 1946 et l’abandon total de l’exploitation en 1956.

Les plans inclinés de Portes et Sénéchas qui transportaient le charbon de la Vernarède à la Grand’Combe de 1859 à 1867 sont remarquables d’un point de vue technique et architectural. De nombreux vestiges de cet ancien chemin de fer minier [) voie étroite de 0,60m)] subsistent aux lieux-dits de La Canebière et au Péreyrol, mais c’est sur la commune voisine de Sainte-Cécile-d’Andorge qu’ils ont été restaurés et mis en valeur.

Ainsi, les ouvrages d’art de la tour des Pinèdes et du Simonet, où se situaient les plans dits  » bis-automoteurs » offrent des panoramas saisissants de l’ère industrielle en Cévennes. Dans ce système, les wagons pleins de coke ou de charbon brut faisaient remonter les wagons vides. Le topoguide de randonnée du Pays grand’combien édité par le Parc national des Cévennes offre deux balades sur ce thème.

La traditionnelle fête des « Gueules Noires » se déroule à La Vernarède vers la mi août sur la place du village. Une fête à l’honneur des anciens mineurs du village qui a commencé dans les années 60.

Il y a 60 ans, la dernière voiture d’or noir sortait du puits nord de La Vernarède. Depuis, les machines se sont éteintes, les hommes ne ressortent plus des mines le visage recouvert de poussière. Excepté, peut-être, le 15 août, lors d’un incontournable rassemblement pour tous les habitants du village qui célèbrent leur passé, leur histoire.
Car cette fête des « Gueules Noires » n’a pas toujours été de tout repos. Elle avait pourtant très bien commencé quand, dans les années 60, elle recevait les grands noms de la chanson française : Mireille Mathieu, Marcel Amont…

Seulement, au début des années 70, les budgets sont limités et la manifestation connait peu à peu une importante perte d’affluence. En 1972, alors que certains songent à arrêter l’événement, une bande de copains décide de reprendre les choses en main. Si les vedettes ne viennent plus : ce seront eux les vedettes ! Ils créent une association avec l’aide de la mairie et montent un spectacle. Les femmes du village préparent les costumes. Les anciens gèrent la buvette. Tout le village joue le jeu. Non, la fête des « Gueules Noires » ne mourra pas.

Leur premier spectacle en cette année 72 est un succès. Si bien qu’il se jouera plusieurs années et que le public, un temps perdu, reviendra encore plus nombreux. Et voilà 44 ans que ça dure ! Que cet habile mélange de cabaret, de sketchs et d’histoire sur les mines séduit les foules.

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Source : Facebook
Cathy Devillard Laisne
publié le 18.05.2019

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Reblogué sur Mes de la Regordane, le : 20.05.2019
dernière mise à jour de la page, le : 20.05.2019

Les Mineurs des Cévennes

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

 

A dix et parfois plus, ils allaient à la taille,
Dans cette cage obscure [à] de grandes profondeurs
Envie ou pas envie, il fallait vaille que vaille,
Accomplir le destin du métier de mineur.

En bas il faisait noir, en bas il faisait chaud ;
Et nus comme des vers ils allaient au charbon
Arracher l’anthracite pour que les hauts fourneaux
Produisent le métal de la reconstruction.

Le Général a dit : « premier métier de France ».
On pouvait être fier d’être de ces gens là.
Il fallait du courage, il fallait de la chance.
C’était comme un soldat qui partait au combat.

Dans le fond de la mine, il n’y a plus de couleur,
Car par nécessité ils étaient tous des frères.
On laissait notre haine, on laissait notre peur.
Il n’y avait pas la place pour les ranger sous terre.

Dans un éboulement ou un coup de grisou,
Il fallait être fort, encore plus solidaire
Quand ils allaient au fond, au fond qu’en savions nous
S’ils en sortiraient debout ou en civière.

Et femme de mineur, et femme de seigneur !
Quand tournaient les molettes dans nos belles Cévennes,
Ça sentait la richesse, ça sentait le bonheur.
La vie était bien belle, rayonnante et sereine.

Le jour de Ste Barbe, au cœur de la Grand’ Combe,
C’était un jour de fête comme on en connait plus.
Ils ne l’auraient raté vraiment pour rien au monde
Habillés en dimanche, guinchant au coin des rues.

Médaille du travail s[ur] fond de silicose
Leur salaire était fait de crachats de poumons.
La poussière de charbon était en overdose,
Revers de la médaille des hommes du charbon.

Pourtant ils voulaient tous travailler à la mine,
ils étaient orgueilleux d’être de ces gens là.
Parce lorsqu’on est frère, on trouve toujours la rime
On devient des colosses dans un même combat.

Je suis né de ce père qui faisait ce métier ;
J’ai en moi les valeurs de ces gens de courage
Qui travaillaient bien plus qu’une seule journée
Maçon ou jardinier, plus 8 heures dans la cage.

Aujourd’hui, disparue la « salle des pendus »
Et les puits sont bouchés, pour la sécurité.
Mais reste en ma mémoire ces images perdues :
Je suis fils de mineur, je n’oublierais jamais.

Christian PIERREDON

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Poème rédigé par : Christian Pierredon
à : EN SOUVENIR DES MINEURS GARDOIS
Posté sur : FaceBook, le 6 mai 2019 à 19:52
Titre original : LES MINEURS [ DES CÉVENNES]

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Blogué sur Mas de la Regordane, le : 13.05.2019
Dernière révision, le : 14.05.2019

La Grand-Combe, le Pontil … haut et bas

Laval-Pradel : quand le Pontil comptait ses deux quartiers

  • Le Pontil des années 1960 avec ses cités et ses deux puits de mine.
    Le Pontil des années 1960 avec ses cités et ses deux puits de mine.DR

Pour les plus jeunes générations, le quartier excentré du Pontil se résume à ces quelques maisons le long de la rue en cul de sac.

Au bout, juste avant de découvrir le décor dantesque de la grande fosse minière de Grand-Baume, la stèle commémorative de ce que l’on appelle la catastrophe du Pontil, du 18 décembre 1958 où neuf mineurs avaient péri au fond de la mine, victimes d’un coup de grisou.

Mais auparavant, le Pontil comptait deux “villages”, le Pontil haut et le Pontil bas. Le premier a été rasé au début des années 1980, suite à un choix politique, afin de poursuivre l’extraction du charbon en Cévennes, en découverte.

Après Mercoirol et avant Portes et le Serre des Andats, la vallée du Pontil entre le célèbre col du Malpertus, (387 m) et l’Affenadou, l’exploitation à grande échelle de l’unité du Gard s’est attaquée à Grand-Baume du nom du secteur sur le cadastre. Mais pour cela, il convenait de déplacer une cinquantaine de familles de retraités mineurs principalement, logées dans des cités appartenant aux Houillères.

Sans état d’âme et afin de faire honneur en tonnes de charbon extraites, à ce contrat accordé par l’état, les décideurs rasaient le Pontil haut et ses cités construites autours des anciens puits de mine, ceux du Pontil et de Castelnau.

Il faut dire aussi qu’à cette époque, la préservation de l’environnement n’était pas une préoccupation majeure. La disparition du village, remplacé par un véritable chaos, avait provoqué beaucoup de tristesse parmi ses habitants dont la plupart y étaient nés.

Le Pontil haut ne vivra alors que par ses souvenirs du bon vieux temps, de son épicerie, de son café, de cette route unique qui reliait [les communes de] Portes et le Pradel au chef-lieu grand-combien.

Dernièrement, une famille avait émis le souhait qu’un panneau illustrant l’ancien village disparu, soit implanté à quelques mètres de la stèle. Le message aura-t-il été entendu ?

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[ En fait au 1 janvier 2018, la commune de Laval-Pradel s’étend :
– sur un peu plus de 1 767 hectares,
– pour une population de 1 186 habitants.

Elle est constituée de plusieurs villages, hameaux et lieux dits :

– La partie haute de la commune comprend :

les anciens villages de Pradel (mairie et église), du Pontil, et de Mercoirol,

– La partie basse comprend :

Laval (avec église et sanctuaire de N.D. de Laval), Cassagnette, Cassagnes, Malbosc, le Mas Dieu, le Mazel.

– Sans oublier les lieux dits :

Avillon, l’Antoinette, l’Aubarède, la Blanque, Broussou, Cadacut, le Claux, les Codes, Combes, les Costettes, les Creses, Fourjeasse, Fourniou, Gourp du Peirau, Guiraudenque, l’Hirondier, Maison Abric, le Mathieu, Montloubier, le Moulinet, les Oules, le Plantieiras, le Pluzor, la Ramadière, Redoussas, les Roches, Romeyere, la Rouvière, la Rouvilhouse, Segnas.

– et …. Saint Andéol, ancien village en ruine comme son église.]

On peut ajouter à notre inventaire :

Le ruisseau de Bellière qui descend de Laval vers la plaine de l’Habitarelle et se jette dans le gardon d’Alès au lieu dit Romeyere.

Le ruisseau (de Cassagnettes ?) qui se jette dans le Gardon d’Alès au niveau de Malbosc/Escoussas.

Le ruisseau de Sans Nom qui devient le ruisseau Grand-Combe au niveau de la Galerie de Saint Barbe.

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Source : Midi-Libre
Publié le 

 

Reblogué et augmenté […] pour : Mas de la Regordane
Première publication, le : 19.02.2019
dernière modification, le : 05.03.2019

Paroisses de La Grand-Combe et des Hautes Vallées Cévenoles

LgcMesseChrismale2015
Photo : mardi 31.03.2015 – Messe chrismale à N.D.I.C. de La Grand-Combe.

Roger WATTEBLED – Évêque du diocèse de Nîmes.
Bertand BENOÎT – Évêque du diocèse de Mende :
son ordination épiscopale a eu lieu à Mende le dimanche 03 Mars 2019 à 15h00

PAROISSES DE LA GRAND-COMBE ET DES HAUTES VALLÉES CÉVENOLES

L’ensemble paroissial de La Grand-Combe et des Hautes Vallées Cévenoles fait partie du diocèse de Nîmes et comprend 25 paroisses sous l’autorité de l’évêques de Nîmes pour les paroisses gardoises et de l’évêque de Mende pour les paroisses lozériennes.


LA GRAND-COMBE

Presbytère : 1 rue Abbé-Masson 30110 La Grand-Combe (courrier)
Téléphone : 04 66 54 06 53
Mail : enspargrcombe@keyyomail.com

Père Michel GUILHOT – Curé – 06 40 77 28 10
Père Ghislain Franck RAMAROSON – Vicaire – 06 21 94 91 78
Paul MAGNIEN – Comptable – 04 66 54 06 53
Georges DELANNOY – Trésorier Général – 0466540653 / 0610140100

Pélerinages 2019 :

19.03 – St Joseph de Puimisson – Rolande 04 66 54 84 52
04.06 – Saintes Maries de la Mer – Rolande et Georges
08.09 – Lourdes (Ve, Sa, Di) – Rolande 04 66 54 84 52

Lieux de culte :

Église : Notre Dame de l’Immaculée Conception ; place Jean Jaurès
Messes : mercredis à 9h00 (hiver) et 09h30 (été)
messe du 1° vendredi/mois
et samedis à 17h30 (hiver) et 18h00 (été)
Rosaire (équipe du) : mercredi 13.02 à 16h30 (chapelle chauffée.)

Église : N.D. de Laval, place de l’église (dépend de La Grand-Combe)
Messe : tous les lundis à 17h00 (hiver) et 18h00 (été) – 11.02, Fête de N.D. de Lourdes)

Chemin de Croix : route de Laval D297, puis route de LGC à Laval
accessible toute l’année (prévoir des chaussures de marche ou baskets)

Chapelle : de la Maison de Retraite Léo Larguier
Messe : 14.02 à 15h00

Presbytère :
Groupe biblique – 11.02 à 14h30
CPAE : 21.02 à 09h30

AUJAC
Église Saint Martin
Messe : 03.02 à 9h30

BONNEVAUX
Monastère :
Église : inutilisée
Messe : voir messe Aujac

CHAMBON (LE)
Église : Notre -Dame de l’Assomption.
Messe : voir messe Chamborigaud

CHAMBORIGAUD
Église : Notre -Dame de la Nativité.
Messe : 10.02 à 11h00 – 24.02 à 11h00
Salle paroissiale : Groupe biblique – 11.02 à 14h30
EAP : 06.02 à 14h30

CHAMPCLAUSON
Église Saint Vincent de Paul.
Messe : 24.02 à 11h00

COLLET DE DÈZE
Église Saint-Jean-l’Évangéliste
Messe : 23.02 à 17h30 – 02.03 à 17h30
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : mercredi 20.02 à 15h00

CONCOULES
Église Saint Étienne.
Messe : 10.02 à 9h30

GÉNOLHAC
Église Saint Pierre
Messe : 03.02 à 11h00 – 17.02 à 11h00 – 03.03 à 10h00
Crypte :
Presbytère : Réunion Cpae Génolhac et paroisses périphériques 08.02

HAUTE LEVADE (LA)
Église :
Dépend de la paroisse de La Grand-Combe
Messe : 09.02 17h30

LEVADE (LA)
Chapelle Sainte Barbe
Dépend de la paroisse de La Grand-Combe
Messe : 03.02 à 11h00 – 03.03 à 10h00

POMARÈDE (LA)
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : 26.02 à 15h00 – 22.02 à 15h00

PONTEILS-ET-BRÉSIS
Église affectataire. Paroisse du Val Noir et Pentes du Lozère
Adresse : presbytère de Génolhac- place de l’église
Messe : 17.02 à 09h30

PONTEILS (Hôpital de)
Chapelle de l’hôpital.
Messe : vendredis 01.02 – 15.02 – 01.03 à 16h15

PORTES
Église Saint Gilles.
Adresse : route D906, puis tourner à gauche, rue de l’église
Messe : 1 x par an (fermée 364/365J, sauf sacrements sur demande)

PRADEL (LE)
Église :
Adresse : Rte D906, puis D428
Messe :

TRESCOL
Église Saint Joseph.
Adresse : Rte D286 – paroisse de La Grand-Combe
Messe : février = 17.02.19 à 11h00
Salle Saint Grégoire : comité diocésain ACO 14.02 à 9h30

SALLES DU GARDON (LES)
Église Saint-Vincent-le-Laboureur dite Saint-Vincent-de-Sarragosse
Messe : 10.02 à 11h00
Chapelle Sainte-Louise-de-Mauriac (quartier l’Habitarelle)

SAINT ANDÉOL
Église : en ruine, comme le village (commune de Pradel)
Messe : des gens disent que l’on entend parfois la cloche sonner à minuit.

SAINT HILAIRE DE LAVIT
Église Saint Hilaire
Messe :

SAINT JULIEN DES POINTS
Église :
Diocèse de Mende
Messe : 16.02 à 17h30

SAINT MARTIN DE BOUBAUX
Église :
Diocèse de Mende
Messe :

SAINT PRIVAS DE VALLONGUE
Église Notre-Dame-de-la-Salette
Dépend de l’évêché de Mende
Messe :

SAINTE CÉCILE D’ANDORGE
Église Sainte Cécile.
Adresse : place de l’église
Messe : 02.02 à 17h30 (inauguration des travaux S/clocher)

SÉNÉCHAS
Église de l’Assomption.
Messe : 24.02 09h30

VERNARÈDE (LA)
Église Saint Jean.
Adresse : prendre Grand rue, puis rue de l’église.
Messe : fermée pour cause de danger
– Voir association de sauvegarde de l’église de la Vernarède : Monsieur et Mme Royer : 04 66 61 18 13

VIALAS
Chapelle : de la Maison de Retraite
Messe : vendredi 08.02 à 16h15

NOMBRE DE PRÊTRES

Département : Gard (Préfecture : Nîmes – 30
Province de : Montpellier (34)
Région : Occitanie ( Siège : Toulouse – 31)
Population du diocèse de Nîmes (30) : 738 189 habitants

Prêtres incardinés dans le diocèse de Nîmes : 86
Prêtres en activité dans le diocèse de Nîmes : 88
Prêtres résidents dans le diocèse de Nîmes : 111
Diacres permanents incardinés dans le diocèse de Nîmes : 18
Diacres résidents dans le diocèse de Nîmes : 21

Prêtres incardinés dans la paroisse de La Grand-Combe : 2
Prêtres en activité dans la paroisse de La Grand-Combe : 2
Prêtres résidents dans la paroisse de La Grand-Combe : 4
Diacres permanents incardinés paroisse de La Grand-Combe : 0
Diacres résidents dans la paroisse de La Grand-Combe : 0

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Vidéo : Viméo
Images : 202 photos de la Messe chrismale 2015 à La Grand Combe
à l’Église de l’Immaculée Conception, le mardi 31.03.15

Première publication le 06.02.2019
Dernière mise à jour, le : 30.08.2019

Les Joyeux Mineurs de La Grand-Combe

 

LES JOYEUX MINEURS [de La Grand-Combe]

Société de Danses et Farandoles

Nous sommes de La Grand Combe, au nord du département du Gard, au pied des Cévennes à 12 km d’Ales et 50 de Nîmes. Le groupe est né en 1911 de la fusion de deux sociétés qui fonctionnaient depuis les dernières années du XIX° siècle et n’a eu que deux interruptions d’activité, au cours des deux guerres mondiales.

Deux questions se posent,
– pourquoi « Danses et Farandoles » ?
– pourquoi « Joyeux Mineurs » ?

La Grand Combe fait partie d’un ancien bassin minier. Pendant un siècle et demi l’exploitation du charbon a fait vivre la ville qui est née en 1846. La Compagnie des Mines organisait la vie de ses ouvriers mineurs : travail, logement, santé, école des enfants, cultes, coopératives et bien-sur les loisirs.

Fin XIX° début XX°, des associations sportives furent créées par les directeurs des mines : clubs de foot, boxe, cyclisme, harmonie [des mines] et société de Danses et Farandoles et cela dans toutes les vallées cévenoles qui vivaient du charbon. Tous ces villages avaient leur Harmonie [des mines] et leur société de Danses.

Toutes ces sociétés de Danses et Farandoles ont été pendant longtemps composées uniquement de mineurs et se retrouvaient régulièrement pour confronter leur virtuosité, leur agilité, leur souplesse à l’exécution des pas de Farandole.

Farandole disons-nous ?

Oui, des pas de Farandole qui leur avaient été enseignés par les Maitres à Danser de l’Armée. Maitre à Danser qui été retournés chez eux aux 4 coins de France, après que l’Armée ait supprimé la pratique de la Farandole comme maintien en forme des fantassins. Des sociétés de Danses ont été retrouvées dans plusieurs département. Le Gard a été un terreau de la Farandole mais l’histoire a voulu que Frédéric Mistral déclare la Farandole Provençale, le costume d’Arles, costume officiel et la musique seulement fifres et tambourins.

À la Grand Combe, nous sommes restés fidèles aux origines des sociétés de Danses et Farandoles. Nous avons gardé le costume de farandoleur pour les danses de techniques, un costume pour chaque danse de création et pour la musique, nous avons toujours un orchestre. L’habit des Mineurs et des Placières (femmes qui travaillaient à la mine), sont devenus nos habits « officiels ».

1948 – Les Joyeux Mineurs fêtent 35 ans d’existence à La Grand-Combe

JoyeuxFarandoleursLGC

Photo : Christine Coste [s/FB, de la Famille Chapert, nous dit que cette] :
« photo [a été] prise [à La Grand-Combe] le (dernier) dimanche du [27] juin 1948, devant le café Savary (café de la gare), le groupe allait danser a[u hameau de] La Jasse de Chamborigaud. » [ces deux communes étant distantes de 20 km et toutes deux situées sur la ligne SNCF : Nîmes-Clermont-Ferrand.]

COORDONNÉES D’ASSOCIATIONS DE DANSES ET FARANDOLES

Les Joyeux Mineurs de la Grand Combe,
Société de danses. Date de création de l’association : 31.05.1913
8 D rue du gouffre [Trescol] 30110 La Grand-Combe 04 66 54 83 67

Lei Farandoulaire Sestian
Un groupe folklorique provençal, d’Aix en Provence
qui assure avec ferveur et sincérité le maintien des traditions provençales.

Lous Amics de la Mountogno de Grandieu,
en Lozère, avec sa tradition folklorique d’Auvergne et la Bourrée.

Liste du Concours de Farandole du Sud-Est de la France

Farandoles – Catégorie C :

Les Enfants d’Aramon – 30390 – Aramon : L’Arlequine
Lei Farandoulaire Sestian – 30100 – Aix en Provence : Les Bouffets
Le Moulin de Bretoule – 13570 – Barbentane : Les Tambourins

Farandoles – Catégorie B :

Les Farandoleurs Cheminots Nîmois – 30000 – Nîmes : La Jardinière
La Souleïado de Margarido – 30320 – Marguerittes : La Farandole
Les Joyeux Mineurs – 30110 – La Grand Combe : Variation Celtique
L’Estello – 30128 – Garons : Le Pas Grec
Les Enfants d’Arausio – 84100 – Orange : Les Epées
La Capoulièro – 13500 – Martigues : Made in Capou

Farandoles – Catégorie A :

Farandole des anciens d’Aramon – 30390 – (1ère de cette catégorie)
Lou Rode de Basso Prouvènço – 83170 – Rougiers : Le Quadrille empire
L’Oulivarello – 13000 – Marseille : Les Moissons

Autres groupes de Farandoles :

Le Temps du Costume – 30000 – Nîmes
Mistrau e Soulèu – 30200 – Bagnols sur Cèze
Estello Aubanenco – 13400 – Aubagne
La Respelido Prouvençalo – 13210 – St Rémy de Provence
Li Gai Farandoulaire – 13000 – Marseille
Li Recouleto – 13440 – Cabannes.

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Source : festival-baladins.com
Par : 36è Festival d’Arts et TraditionsPopulaires | 19 & 20 Mai.
Lieu : La Roche-Posay, 86270 (dépt. de la Vienne) France.
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Reblogué par : Mas de la Regordanne
Commentaires entre [ ] : G. Delannoy
Première publication, le : 06.02.2019
Dernière mise à jour, le 07.02.2019

VTT, descente de caluts à La Grand-Combe (vidéo)

VTT - VTT - (- ) Capture d'écran


[ À la Grand-Combe, au niveau du 45 rue des poilus, entre les deux anciens bâtiments de briques rouges des Houillères du Bassin des Cévennes (H.B.C.), hébergeant désormais la « Maison des Métiers Anciens » et la « Maison du Mineur« , le parking est régulièrement pris d’assaut par des hordes de cyclistes au look de terminators.

C’est là en effet, que des vététistes déjantés, amateurs ou champions confirmés, se donnent rendez-vous pour « attaquer » les pentes de la montagne surplombant le site du Puits Ricard et pour « atterrir » sur le (stade) Charles de Gaulle, installé et entretenu par les services municipaux de la mairie de La Grand-Combe. Parce que ces gars là, messieurs et dames, ils ne roulent pas seulement au travers de la forêt, sur ses chemins étroits, pentus et escarpés, mais ils les survolent avec l’agilité et la rapidité de l’aigle.

Maintenant, si vous avez le coeur bien accroché, respirez un grand coup et cliquez sur la vidéo ci-dessous : « ça décoiffe grave ». ]

ARTICLE :

Vidéo : La folle session d’Amaury Pierron et de Rémi Thirion à La Grand-Combe

Le vainqueur de la Coupe du monde de descente Amaury Pierron et son coéquipier Rémi Thirion ont dévalé les chemins escarpés de la Grand-Combe ce week-end pour une très belle session.

Les deux riders de la team Commencal-Vallnord, Amaury Pierron, vainqueur de la Coupe du monde de VTT de descente en août dernier, et Rémi Thirion se sont offert une belle session ce week-end, [à la Grand-Combe] près d’Alès.

Muni de sa GoPro, Rémy Thirion filme son coéquipier Amaury Pierron descendre avec classe et agilité les chemins escarpés de la Grand-Combe. Le parfait entraînement pour attendre la reprise de la Coupe du monde de descente le 27 avril prochain.

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[Commentaire sur notre titre : « VTT, descente de CALUTS à La Grand-Combe » :

Mais, qu’est-ce qu’un calut ? nous direz-vous ?

Pour nous qui étions jeunes dans les années 50/60, la question ne se posait même pas et nous n’avions pas besoin de commentaire pour comprendre ce qu’est un calut : nous en voyions tous les jours et c’était une interjection bien facile de traiter nos copains de caluts dès qu’ils se livraient à des exercices hors du commun. Moins qu’un reproche, c’était une manifestation de notre admiration.

C’est donc : un allumé ; un barge ou un barjot ; pour les marseillais, un fada …

… les gens ordinaires disent aussi :

un cinglé ; un dingue ou un dingo ; un fêlé ; un fondu ; un fou : un frappadingue ; un givré ; un maboul ; un marteau ; un siphonné ; un sonné ; un tapé ; un zinzin…etc.

Cette liste n’ayant pas de fin, je vous la laisse découvrir avec le site : languefrancaise.net

Enfin comme toujours, les gens du Sud de la France aimant exagérer et moquer (gentiment), pour nous, le calut est avant tout un type abracadabrantesque, comme aimait à le préciser notre « past » président Jacques Chirac, mais toujours avec une note de sympathie et même d’admiration pour quelqu’un qui nous en met plein la vue.]

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Sur le net,  en parle de façon plus savante (mais aussi donne un sens  sévère que nous n’avons personnellement jamais pressenti ) :

Source : etymologie-occitane.fr
Posté le : le 18 juillet 2011

Calut, caludo, caludasse

Calut, caludo « nigaud », un mot que nous rencontrons à Manduel surtout sous la forme de l’augmentatif caludasse. Alibert donne caluc, caluga adjectif et substantif  « myope; qui a le tournis (en parlant d’un mouton) qui a le vertige; sot imbécile ».

L’abbé de Sauvages parle de fedo caludo et décrit cette maladie des moutons appelée en français le « tournis » ou plus scientifiquement la Cénurose. Les moutons qui souffrent de  cette maladie, la cénurose, tournent souvent en rond.

cénurose

L’étymologie est le latin caligo « brouillard, vapeurs, fumées » mais aussi « ténèbres ». Au figuré le mot latin prend déjà le sens de « aveuglement d’esprit ». Ciceron parle de « la confusion , le désordre de ces temps »: caligo illorum temporumLes deux sens, au propre et au figuré sont conservés dans la langue d’oc = la langue du Midi.

  1. Au sens propre : « brouillard, brume obscurité » en languedocien dans le dérivé calignada « braise, feu de menu bois » et dans caluga  « muge », un poisson dont les yeux sont à moitié recouverts. Voir l’image dans le site marseillais : http://www.marseille-sympa.com/muge.html.

    Le sens le plus fréquent en occitan ancien et moderne est « myope ». Le verbe escaludà à Nîmesmais escalugà à Colognac signifie « éblouir, aveugler ». Le mot a été conservé aussi en ancien français chalin, calin « brouillard, brume, obscurité ». (Cf. Godefroy). En français moderne  caligineux.

  2. Au figuré, calu, calut ou caludasse « aveuglement de l’esprit » > « niais, nigaud ». A Nîmes on prononce de nos jours  calu, calude  « fou, inconscient, idiot(e) » (Mathon), en  francitan à Gignac caluc, caluga subst. « sot, imbécile et même fou » (Lhubac).

    D’après les exemples qu’ils donnent, le mot est souvent utilisé dans la circulation  pour décrire la façon de conduire des autres.

En Camargue, « certains taureaux calus (fous) bacèlent dans les planches. » (Domergue), qui dans son Lexique de la 2e édition de Avise le biou ajoute : « Un caludas est un gros calu. Au sens premier calu signifie  « myope ».

J’ai l’impression que les formes avec un -d- sont limitées au Gard , Nîmes- Ales.   A Marseillecalu = « fou ».

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Source de l’article : l’Equipe.fr
Publié le : 
Rédacteur : A. Domingues
Publié par : Rémy Thirion

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Reblogué par : Mas de la Regordane
Commentaires additionnels entre [ ] : G. Delannoy
Première publication : 05.02.2019
Dernière révision : 06.02.2019

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La Grand-Combe, Alès et retours

1° VOYAGE, LA GRAND-COMBE – ALÈS – UZÈS – LA GRAND-COMBE

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Photo (1) : La Citée de Ribes à La Grand-Combe, construite en 1914 et rénovée dès 74.

« Qu’a vist Paris e noun La Grand’Coumbo a ren vist. »
– Qui a vu Paris, et non La Grand-Combe, n’a rien vu.

En pastichant le célèbre vers sur la ville de Cassis par Frédéric Mistral (1830-1914), on peut résumer l’opinion hautement favorable de ma ville natale … où en fait, je ne suis pas né.

En effet, dans les années 50, les futures parturientes grand-combiennes, ne disposant pas d’une clinique moderne sur La Grand-Combe, préféraient aller accoucher à la clinique (protestante) Bonnefon d’Alès. À cette époque, ce n’était pas encore cette énorme valise de béton blanc, mais une belle maison de maître qui existe toujours et a été transformée en pension de retraite. Naissance et vieillesse, la boucle est bouclée.

Suite à des complications postnatales de ma mère et au travail débordant de mon père occupé aux toutes jeunes Houillières (nationales) de La Grand’Combe (ainsi écrivait-on autrefois), je ne séjournais que quelques jours à Alès. La providence m’expédia donc trois mois en nourrice dans le duché d’Uzès et au retour de ma chère convalescente, je réintégrais notre domicile grand-combien de Ribes, à mi-pente de la colline du même nom, face au Sud.

Niché dans le giron maternel, j’avais ainsi accompli mon premier voyage « aller » à la sous-préfecture d’Alès, mais j’étais déjà de retour, dans une sorte de corbeille à linge en osier bien calée sur la banquette arrière de la 203 noire familiale, direction La Grand-Combe que j’avais délaissée à mon corps défendant : c’était le mois d’Août, il faisait beau et la vie qui commençait ne pouvait qu’être belle 😉

AndreFilholsViveLesCevenolsCArnotAles

Cette photo (2) a été prise à Alès, dans les années 50, au début du boulevard Carnot (sans voitures) qui longe le Gardon. Certes, il y avait déjà à l’époque, des pellicules en couleur, mais c’était plus cher !

À gauche, le bassin entouré de bancs où bien plus tard, mon frère et moi ferions naviguer nos maquettes de voiliers, tandis qu’à droite du boulevard, on aperçoit le gros marronnier du parc de la vieille maison de Maître de la Clinique Bonnefon où je suis né, en l’année 52.

2 – TU AS VOULU VOIR ALÈS ET TU AS VU ALÈS

AlesMarchéCagesPoules

Deux photos (3 – 4), deux époques : à gauche, dans les années 50, les anciennes halles avec leurs belles arches et contreforts en pierre de taille abritaient le marché aux volailles, tandis qu’à droite, on ne peut que s’esbaudir de cette abracadabrantesque  transformation de ces demeures ancestrales en cages à poules, due aux édiles de ces temps où le modernisme à tout va, était de rigueur.

C’était le temps où un vague oncle à moi, sillonnait le Sud de la France à bord de sa 2CV Citroën fourgonnette et proposait des meubles en « Formica » aux paysans des villages qu’il traversait et les débarrassait « gratuitement » de leurs anciennes tables de ferme, armoires en merisier, bahuts et autres vieux fauteuils Voltaire qu’il revendait à prix d’or aux antiquaires et autres brocanteurs.

Le résultat de ses opérations se solda par l’acquisition d’un petit château meublé à l’ancienne avec un goût exquis et par son embauche comme directeur commercial, par le patron d’une célèbre maison de meubles en « authentique Formica » qui s’était longtemps posé la question de savoir quelle sorte de client pouvait bien lui acheter quatre à cinq cuisines « toutes équipées », divers mobiliers et ce, tous les mois de l’année.

Cette démolition volontaire, de notre bonne ville d’Alès, entreprise depuis les années 1958 s’opéra sous les mandats consécutifs des maires successifs …
– Paul Béchard, ex St Cyrien, sous secrétaire d’État à l’Armement et « auto proclamé « Empereur du Gard » (sic) « , pas moins que cela.
– Roger Roucaute (à ne pas confondre avec Gabriel Roucaute (lui aussi maire d’Alès de 1945 à 1958), commandant des FTP de la zone Sud en tant que « colonel Lazare »,
soit deux personnes dont le képi avait « peut-être » trop longtemps empêché leurs crânes respectifs de se développer harmonieusement 😉
… ont oeuvré tour à tour, de telle sorte que la vieille ville, ayant totalement échappée aux bombardements allemands, « fut rasée sur environ les trois quarts de sa superficie (2 500 logements) lui donnant [ainsi] la deuxième place au rang des villes françaises reconstruites ! »
Peut-être aussi ont-ils voulu illustrer à leur façon le blason de la ville d’Alès ? « de gueules au demi-vol d’argent » ; preuve s’il en fût qu’avec une seule aile, on ne peut pas voler bien haut et qu’à vouloir s’élever à plus haute altitude, il faut ajouter plus de pennes.

Ce travail de sape ne fût pas le seul ouvrage de la République des képis, mais si l’on en croit certains historiens, le premier démolisseur d’Alais serait un autre militaire, un irréductible romain, le généralissime Jules César qui aurait fait brûler la ville de bois d’Alésia que ces mêmes historiens situent à quelques lieux de l’Alès actuelle.

Depuis l’année 1926, « Alais» s’appelle « Alès». Au recensement de cette année, la ville comptait 12 378 habitants à qui on a, non seulement estropié le nom de leur fière « Alais » qui s’écrivait comme celui de la commune du département de l’Essonne : La Ferté-Alais, la f(i)erté en moins ; mais aussi on l’a défigurée définitivement, en détruisant dès 1958 ses bâtiments historiques les plus célèbres comme « l’Auberge du Coq Hardi » où Louis XIII aurait séjourné.

En lot de consolation, il ne nous reste plus que l’ancienne cathédrale Saint Jean-Baptiste, l’église Saint Joseph (place Henri Barbusse) et une vieille prison décrépite, bâtie après la révocation de l’édit de Nantes (vers 1688) sur un point haut de la vieille ville, soit un fort (d’inspiration) Vauban, sur la butte de la Roque où avaient été préalablement construits au XII° siècle, deux châteaux appartenant aux Barons Pelet d’Alès et Bernard d’Anduze, les deux seigneurs de la ville et détruits pour laisser place à cette estrasse carcérale.

3 – 1962/64 DE LA GRAND-COMBE À ALÈS EN AUTOCARS SCOLAIRES.

 

 

Photos (5-6) : Autocar Chausson APH 1960 – Autocar Saviem 1973.

En 1962, des allers et retours de La Grand-Combe à Alès, j’en entrepris quotidiennement, pour me rendre au à mon nouveau lycée alèsien. Pour ce faire, je prenais l’autocar de la ligne scolaire de la « Compagnie Grand-Combienne des Cars Gazagnon » qui serpentait sur un itinéraire immuable, empruntant la N106 (sur la rive droite du Gardon), traversant la commune des Salles du Gardon, le quartier de L’Habitarelle, le hameau du Rouvelong, où la route enjambe le Vallat de Fréguéirolle. L’autocar bifurquait ensuite sur l’actuelle N916* au niveau de La Tour, petit village regroupé et surplombé par son magnifique château et sa petite chapelle en retrait.
*route de Clermont-Ferrand à Nîmes.

Puis on passait par le lieu dit Les Plantiers à la sortie duquel se trouve les Ètablissements Nogaret, scierie vieille de pas loin de cent ans, Cendras, l’abbaye où l’on retraversait le Gardon, puis La Blaquière, La Royale et sa montée des Lauriers couronnée par une station essence aux couleurs jaune et verte d’une célèbre compagnie pétrolière. On redescendait ensuite sur Alès en franchissant à nouveau le Gardon au pont de Brouzen, à droite duquel s’ouvrait, sur la N106 retrouvée, l’avenue du 11 Novembre 1918, dernière ligne droite qui se glisse entre le Près Saint Jean et le Gardon pour arriver au terminus, devant le lycée où l’on entrait par un portail situé face au bâtiment n°1 du lycée Jean-Baptiste Dumas ; alors qu’en face, la rivière coulait selon le débit variable de ses humeurs, encadrée par son nouveau mur bâti contre les inondations : les « grands » (élèves) le franchissaient allègrement pour aller griller, à l’abris des regards, une Bastos ou une P4, cigarettes interdites dans l’enceinte scolaire tout comme dans l’autocar.

4 – PÉRIPÉTIES DE VOYAGE DE LA GRAND-COMBE À ALÈS

Le récit précédent des ces allers-retours pourrait laisser croire, par son côté régulier, à une certaine monotonie pour le jeune écolier que j’étais. Il n’en est rien, car ce serait sans compter les divers avatars qui survenaient sur la route.

Dans le grand virage de La Tour était régulièrement garée  » en planque », la 403 break Peugeot bleu marine de la Gendarmerie Nationale. Elle n’était pas particulièrement discrète avec son antenne de plus de quatre mètres de long, gros câble semi-rigide arrimé de l’arrière du véhicule, jusqu’à l’avant du capot moteur.
Aussi un élève, placé en vigie derrière le pare-brise de l’autocar, se faisait-il un plaisir d’annoncer bruyamment la présence rassurante des pandores, aujourd’hui remplacés par le radar impersonnel du virage du hameau du Rouvelong. Les chauffeurs faisaient alors mine de ralentir, même s’ils n’avait pas l’habitude d’user « les cars à fond ». Parce que désormais, selon que l’on circule à plus de quatre-vingt ou bien « à quatre vins », le tarif de la verbalisation n’est pas le même.

5 – LES PEUPLIERS DE LA TOUR

Un autre lieu remarquable se trouve sur cette route, à savoir un terrain planté de peupliers, à la sortie du village de La Tour, à cinq cent mètres environ sur la gauche, vingt mètres en dessous de la route. Mon père m’avait expliqué qu’à la naissance d’une fille, certains paysans avisés de la région, plantaient en arbres, un champ près d’une rivière dans l’espoir qu’à la majorité de la demoiselle, cette dernière puisse en tirer un capital pour constituer sa dot. Plantés dans vers les années cinquante, ces peupliers grandissaient chaque année et je pensais les voir couper un jour pour devenir planches de meubles ou portes d’entrées principales de quelques maisons cossues.

Mais, on est aujourd’hui quelques soixante et dix ans plus tard et ces magnifiques arbres sont toujours là ! Alors selon mon humeur, il me plait à penser que la demoiselle ne s’est jamais mariée, soit qu’elle fut top laide, soit qu’elle fut trop belle et … trop exigeante, soit qu’elle ait rejoint les étoiles qui brillent le soir au dessus de sa peupleraie, soit encore qu’elle ait épousé quelque richard qui ne s’intéresserait pas plus à ces grands arbres, qu’à une guigne.

6 – LA TERREUR DE LA NATIONALE 106 LA GRAND-COMBE – ALÈS

Ces mêmes gendarmes qui « planquaient » à La Tour avaient dû immanquablement repérer la vedette de cet itinéraire, non une Simca(-Vedette), mais la 4CV d’une certaine dame Cabosse (nom évidemment modifié), femme d’un ingénieur des Houillères de La Grand-Combe.

Après avoir lassé toutes les auto-écoles du canton et les chauffeurs des mines de La Grand-Combe, qu’ils fussent conducteurs des tractions légères Citroën noires ou des poids-lourds Berliet ou Somua, les autorités compétentes de la Préfecture de Nîmes, avaient fini par délivrer, après moult tentatives infructueuses, le fameux sésame automobile : le Permis de Conduire d’une couleur optimistement rose.

Là encore, l’observation la plus spectaculaire du « phénomène Cabosse », était toujours le poste avant de l’autocar de la Cie Gazagnon. Soudain, on voyait arriver une Quatre Chevaux Renault grise, zigzaguer sur la route et s’approcher dangereusement à l’encontre de notre autobus, sur une trajectoire des plus improbables, au point que nombre de chauffeurs de la Compagnie préféraient, par simple prudence, se garer au plus près du fossé, pour laisser passer le bolide incontrôlé de « Dame Cabosse » qui s’il avait percuté notre gros bus, aurait certainement fini en citrouille, mais vu le statut ingénérial (on aurait pu écrire « ingénieurial » comme seigneurial) de la Dame, ils auraient eu du mal à se justifier de l’accident.

À la Grand-Combe, cette conductrice se faisait remarquer aussi par les entrées et sorties spectaculaires de sa même 4CV du garage de sa villa : d’abord, on entendait le lancement criard du moteur, car elle ne pensait pas utile de relâcher le démarreur électrique qui agonisait dans une longue plainte lugubre. Puis s’ensuivait un bruit effrayant de boite de vitesses qu’elle torturait allègrement à la recherche du pignon idoine. Ces hurlements mécaniques étaient le prélude à la sortie intempestive du véhicule : soudain, la Quatre Chevaux bondissait en marche arrière, telle une balle de fusil hors du canon et allait s’écraser illico contre un mur en grosses pierres, si typique des constructions des maçons des mines grand-combiennes … un mur épais et (à chacun ses goûts) pas franchement élégant, mais si utile en ces circonstances.

Confirmant le dicton qui énonce que le malheur des uns fait le bonheur des autres, le concessionnaire Renault de La Grand-Combe ne rechignait sans doute pas à se livrer à de régulières réparations de pare-chocs et/ou de jupes de tôles froissées ; même si le mari de la Dame, avait trouvé un moyen d’atténuer la violence des chocs répétitifs à l’avant et à l’arrière de la voiture qui entrait aussi violemment dans le garage familial qu’elle en ressortait. Pour ce faire, il avait récupéré un important lot de vieux pneus usagés dont il avait tapissé en plusieurs couches, l’intérieur et l’extérieur du garage.

Ces spectacles quasi quotidiens étaient évidemment l’attraction du quartier et il n’était pas rare de voir les voisines du secteur, sortir leur tête par la fenêtre de leur maison pour assister à l’extraction impressionnante du véhicule de Dame Cabosse ou à son entrée à vitesse supersonique.

7 – LYCÉE JEAN-BAPTISTE DUMAS D’ALÈS

Quand j’arrivais pour la première fois en octobre 1962, au nouveau lycée Jean-Baptiste Dumas, 73 ans après que l’ancien lycée est été inauguré le 21 octobre 1889 et détruit dès 1960, qu’elle déception !

Là encore, l’élégant bâtiment qui avait vu étudier le poète grand-Combien Léo Larguier, avait été remplacé par une caserne de tôles ondulées sur quatre étages, modèle précurseur du tristement célèbre Lycée Pailleron : du nom d’un lycée qui a brûlé en moins de vingt-minutes. C’était le 6 février 1973, à 19h40, vingt personnes dont seize enfants mourraient dans l’incendie de cet établissement voisin des Buttes-Chaumont dans le XIX° arrondissement de Paris.

D’ailleurs, à la veille de ma rentrée scolaire de 1962, l’un des bâtiment du Lycée Jean Baptiste Dumas s’enflammait sous le feu du chalumeau de l’ouvrier qui soudait la plaque portant le nom du Lycée. Ce bâtiment, destiné aux classes professionnelles, disparut en moins d’un quart d’heure, laissant aux pompiers de la ville, le soin d’éteindre ce qui en restait, soit … un tas de cendres. Notre rentrée scolaire en fût ainsi reportée de plus d’une semaine, ce dont je n’eus pas l’hypocrisie de me plaindre.

CATHEDRALE D’ALES – 07.03.2020, inauguration après 2 ans de travaux.

Une splendide restauration pour la cathédrale d’Alès

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Crédit photo :
(1) Carte postale colorisée du Studio Ary (années 50.)
(2 – 3 – 4) : André Filhol, page FaceBook : Vive les Cévenols.
(5-6) : photos Google Search
Blogué par : Mas de la Regordane / G. Delannoy
Première parution, le : 01.02.2019
Dernière remise à jour le : 23.10.2019

La Grand-Combe, Maison des créateurs

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La Grand-Combe, ancien pays de mines de charbon a aussi été le berceau de créateurs fameux. Aujourd’hui, débarrassée de ses bâtiments industriels, la nature cévenole a repris ses droits et offre à l’art grand-combien, sa Maison des Créateurs, sise au Mas de la Regordane, dans un écrin plus verdoyant.

Nous allons ici essayer d’évoquer tous ces créateurs qui ont tissé des liens avec La Grand-Combe, qu’ils soient disparus depuis des lustres ou de la nouvelle génération qui semble avancer à grands pas sur les traces de ses nobles anciens.

§

CRÉATEURS GRAND-COMBIENS À L’HONNEUR

– Maurice ANDRÉ, né le 21 mai 1933 à Alès, mineur de charbon de 14 à 18 ans au Groupe Sud de la Cie des mines de La Grand-Combes, puis trompettiste de notoriété internationale : les Américains le proclament officiellement en 2006 « meilleur trompettiste du monde » devant Louis ArmstrongMiles Davis et Dizzy Gillespie. Il meurt le 25.02.2012 à Bayonne.

– Jean Pierre CHABROL, écrivain, poète, cinéaste, né le 11.06.1925 à Chamborigaud au cœur des Cévennes dans une famille d’instituteurs de l’école laïque. Il fut l’ami de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré. Il meurt le 1° décembre 2001 à Ponteils-et-Brésis près de Génolhac.

– Jean Prosper CHABROL, célèbre architecte protestant de Paris, assiste le 0.10.1857, à la bénédiction par Mgr Plantier de sa création, la nouvelle église de La Grand-Combe, au son du canon et de la musique d’Alès.

– Daniel CROS, artiste peintre, né à La Grand-Combe le 09.02.1949, enseignant au Collège Léo Larguier, président depuis 1982 de « L’Essor Provençal » en succession du peintre Marcel Feydédié (cf. ci-dessous). Il reçoit en 2018 le 1er Prix du Mercure d’Or de France pour l’ensemble de son oeuvre.

– Georges Édouard DELANNOY, né le 26.05.1922 à Alger, ancien élève de l’École Polytechnique, ingénieur en chef à la Cie des Mines de La Grand-Combe (1947-1964), directeur général des Houillères du Centre Midi (1981-1985). Intègre et pugnace en dépit de l’opposition des forces politiques de François Mitterrand, il généralisa le principe de l’exploitation du charbon en (mines) « découvertes » qu’il avait observées lors de ses voyages d’études en Union Soviétique (1949) et aux U.S.A. (1954); ce qui eut pour effet de prolonger l’épopée des Houillères du Centre Midi jusqu’en 2007, sans compter celle des mineurs dont le travail s’en trouvait hautement sécurisé. Il est décédé le 19.09.2011 à Paris.

– Charles Dombre, né le 11.04.1814 à Nîmes, polytechnicien ingénieur des Ponts et Chaussées français, crée pour Paulin Talabot, la ligne de chemin de Fer Nîmes/La Pise/La Levade; il s’emploie à former la Cie du chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM), dont il devient le directeur général (18621882). Il meurt le 26 décembre 1887 à Nîmes.

– Marcel FEYDÉDIÉ, peintre Grand-Combien, président de « L’Essor Provençal » de 1947 à 1982 date à laquelle l’artiste peintre Daniel Cros (voir ci-dessus) lui succéda. Il fut en 1957, le créateur du blason de la ville de La Grand-Combe. : « De sinople au pairle cousu de sable chargé, en chef, de deux pics affrontés et, en pointe, d’une lanterne de mineur, le tout d’or, et accompagné de trois châteaux du même ouverts et ajourés aussi de sable. »

– Victor FUMAT,  né à Cornas (Ardèche) le ngénieur de l’École des Mines de Saint Étienne, il est l’inventeur d’un modèle de lampe de mineur de sécurité. Il fut aussi chef d’exploitation de la Compagnie des mines de La Grand-Combe de 1864 à 1897, date à laquelle il s’opposa au licenciement de 500 mineurs; il fut révoqué, et la grève se solda par le renvoi de 1 500 ouvriers, malgré le soutien apporté publiquement à la Chambre par le député Jean Jaurès. Il est mort en 1907 à Oignies.

– Guy GEERAERT, poète né à Nîmes en 1927 :
SOUVENIRS CÉVENOLS.
J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts,
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines,
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.
Il est mort à Hyères (?) en 2010.

– Mathieu LACROIX, né le 06.10.1819 à Nîmes, ami de Frédéric Mistral, est un poète et ouvrier (maçon). Il a écrit des poèmes sur la mine, tel « Paouré Martino » (Pauvre Martine) qui raconte l’histoire d’un mineur qui trouve la mort dans un coup de grisou et la femme (Martine) duquel on vient apprendre ce malheur. Les mineurs de La Grand Combe étaient très sensibles aux mots écrits par ce poète qui écrivait ses poésies dans le patois local. Il meurt en 1864. La ville de La Grand-Combe avait érigé à Mathieu Lacroix un buste en 1899 du sculpteur Tony Noël, Grand Prix de Rome. Fondu par l’occupant en 1942, un nouveau buste de Mathieu Lacroix (vidéo) a été sculpté par J C Lallement et inauguré en 1955 (?).

– Jean-Charles LALLEMENT dit Bacchus (né à Paris 31.08.1914 – décédé au Grau du Roi – Gard – 26.01.1970), graveur, peintre et sculpteur, prix de Rome 1942, créera le buste du poète Léo Larguier.

– Léo LARGUIER, poète né le 06.10.1878 à La Grand-Combe, rue de la République et décédé le 31 octobre 1950 à Paris

– Georges LIVET, docteur es sciences, géologue, écrivain, né à Paris le 06.02.1884, il devient rapidement cévenol d’adoption. En 1908, il est secrétaire de M Fèvre, ingénieur conseil auprès de multiples sociétés minières. En 1913, il est inscrit comme élève à l’École Spéciale des Travaux Publics. En 1916, M Fèvre le fait entrer à la Compagnie des mines à la Grand-Combe. Ingénieur, il devient Géologue en 1938 après avoir présenté avec succès une thèse de Doctorat ès-Sciences Naturelles sous le titre « Les terrains houillers du Gard ». Passionné de littérature, histoire, chants de mineur et dessin, il nous lègue ainsi une production très éclectique allant – d’une « Histoire et Géographie du Gard » à « La Grand’Combe à travers les âges » (1947 – opuscule édité par le comité des fêtes du centenaire de la commune de La Grand’Combe.)  » – à des planches de dessins publicitaires. Il meurt en 1965.

– Edme-Anthony-Paul Noël, dit Tony Noël, né le  à Paris, est un sculpteur français : il reçoit en 1868 le 1er prix de Rome, ainsi qu’une médaille de 1ère classe en 1874, une médaille de 2ème classe à l’Exposition universelle de 1878 et un grand prix à l’Exposition universelle de 1889. C’est lui a créé le 1er buste de notre poète maçon Mathieu LACROIX (voir ci-dessus.). Il est mort le 0 à Villebon-sur-Yvette

– Jean PLATON, écrivain né en 1926. Auteur en 1994 d’un livre sur Léo Larguier qu’il rencontra à La Grand-Combe en 1936 : De Bouzac à Saint-Germain des Prés (dont l’église et la place évoquent quelque peu celles de notre cité.)

– Maxime RÉAL DEL SARTE, né le 2 mai 1888, à Paris et mort le 15.02.1954 dans la même ville, est un sculpteur français, mutilé de guerre, fondateur et chef des Camelots du roi. Il réalisa en 1923 le monument aux morts de La Grand-Combe.

– Pierre Reinhart, né le 19.09.1932 à La Grand-Combe, religieux franciscain travaille au Togo où il exerce comme vicaire général puis administrateur diocésain du diocèse de Dapaong (1984-1991). † Paris.

– Michel RODDE, artiste peintre né à la Grand-Combe en 1913 et décédé en 2009. Il partagea avec Jean Commère le prix Othon-Friesz en 1952.

– Robert STEPHENSON et son frère George Stephenson  l’

– Paulin TALABOT, ingénieur polytechnicien français, né le 18.08.1799 à Limoges. Il a contribué à l’essor du chemin de fer en France et des mines de La Grand-Combe. Il est mort le 21.03.1885 à Paris.

– Charles  TOURNAY, ingénieur et architecte industriel belge spécialisé dans la reconstruction (suite à l’incendie du 02.12.1938) des chevalements du Puits Ricard qu’il fit renforcer de béton armé. Il est mort pendant les travaux, d’une chute depuis le sommet. Cet édifice industriel a depuis « fait l’objet le 14.05.2008 d’une inscription au titre des monuments historiques, avec le label « Patrimoine du xxe siècle » avant d’être restauré en 2010. »

– Bernard VIELZEUF, géographe, né en 1939

§

Première publication originale GD®, le : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane/Maison des créateurs
Dernière mise à jour : 25.01.2019

 

Guy Geeraert, poète cévenol

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Vue de Saint Julien des Points (Département de la Lozère – 48160)

Guy GEERAERT est né à Nîmes en 1927. 
Dès l’enfance, il a été au contact des Cévennes où étaient nés ses grands-parents maternels, sa mère, des oncles et tantes, des cousins. 
Il en a gardé l’empreinte profonde.
C’est là qu’il considère avoir ses véritables racines. 

Les villes de Hyères, Paris, Vichy, Nantes, Le Mans, La Baule, l’ont vu séjourner et ont jalonné ses études. Et c’est finalement à Fréjus qu’il achève son périple, pour y vivre sa retraite.
De tout temps, il s’est adonné à la poésie, celle de la nature, de l’amour, de la vie. Ses premiers poèmes en vers classiques remontent à 1944 alors qu’il était pensionnaire dans un collège mixte (guerre oblige) et s’adressent à ses camarades de classe, garçons et filles.

Guy GERAERT nous a quitté en Novembre 2010 : Adiéu povèta (Adieu poète).

SOUVENIRS CÉVENOLS

J’ai parfois le regret de mes vertes Cévennes 
Où le Gardon dolent s’enroule autour des monts, 
Et, pareil à ce sang qui coule dans mes veines, 
Se nourrit du grand air qui gonfle mes poumons.

Je repense à plaisir, aux routes sinueuses 
Qui jalonnent de trous les bois de châtaigniers 
Aux chemins empierrés des pentes dangereuses 
Où vont s’anéantir d’innombrables sentiers

Et lorsque je revois l’antre béant des grottes 
Où sont morts innocents, la tête et le front haut 
Nombre de mes aïeux écrasés sous les bottes 
Se réveille en mon cœur, le cœur d’un huguenot.

LA BAUME AU CŒUR

Entre Alès et Florac, tout au cœur des Cévennes 
Se niche Saint-Privat où je reviens souvent 
Évoquer à loisir les ombres souveraines 
De nos aïeux dont l’âme est complice du vent.

Que tu sois résident, touriste ou de passage, 
Ouvre bien grands tes yeux à tout jamais charmés, 
Goûte aux plaisirs offerts par notre paysage 
Qui s’incruste en ton cœur même les yeux fermés.

Cherche les souvenirs cachés dans la bastide 
Qui découvre alentour de la Rivière au Col, 
Elle a pour nom « La Baume » et n’a pas une ride 
Fière d’avoir gardé son passé cévenol.

Si tu peux sans pleurer regarder la montagne 
Qui dresse devant toi son sommet couronné, 
Sache qu’un souvenir m’habite et m’accompagne : 
C’est derrière ce mont que mon grand-père est né.

Et tout à l’opposé, derrière toi peut-être, 
Au bourg de Saint-Frézal dans un lieu-dit « Paumier », 
Naquit chez les Martel, Célina, notre ancêtre 
Dont le regard d’amour me revient en premier

A l’heure où l’homme usé sent refroidir ses membres 
Et cherche avidement où déposer son faix, 
C’est ici qu’il prévoit d’ensevelir ses cendres 
Car c’est seulement là qu’il peut trouver la paix.

§

Autres poètes cévenols :

Mathieu LACROIX, né en 1819 à 30000 Nîmes.
Léo LARGUIER, né en 1878 à 30110 La Grand-Combe

§

Première publication sur ce blog : 24.01.2019
Pour : Mas de la Regordane / G.D.
Dernière mise à jour : 24.01.2019

Orgue de La Grand-Combe

HOMMAGE À L’ORGUE DE L’ ÉGLISE NOTRE DAME
DE L’IMMACULÉE CONCEPTION À LA GRAND-COMBE

En l’an dix huit cent quatre vingt
L’orgue de La Grand-Combe
Conçu par Cavaillé-Coll Vin-
Cent à qui l’honneur incombe,

Est un instrument romantique
Par ses beaux timbres veloutés.
Il est aussi symphonique
Grâce à moult possibilités.

Par le jeu de ses trois claviers,
Il passe du pianissimo
Aux très puissants fortissimo,
À l’aide de son pédalier.

Cet organe est réputé,
Car il permet de bien jouer,
Par sa facture de qualité,
Des airs tristes ou enjoués.

Bien soigné, voire augmenté,
Il ne fut jamais modifié.
Nous l’entendons cette journée,
Comme les anciens l’entendaient.

Ses dimensions imposantes,
Ne l’empêchent d’être tenu,
Aérien, fin, lignes ténues,
Entre le sol et la soupente.

Plus de mille trois cent tuyaux,
À mille pièces font écho ;
Agencées de main de maître,
Elles donnent au son, à naître

Et portent des noms corporels :
«Oreilles», «gorge», «pied», «anche» ;
Ou encore «jeu à bouche»,
Suivant des plain-chants sensuels.

Cet orgue, de la règle d’or
Du musicien alchimiste
Est le modèle, l’athanor
Pour un son pur, altruiste.

§


Quatre pièces d’orgue du compositeur Louis James Alfred Lefébure-Wely jouées par Roger Goodwyn, organiste à Luxembourg, sur l’orgue Vincent Cavaillé-Coll (1880/81) de l’église de La Grand-Combe (1857/64) représentée en photo ainsi que l’instrument.
Cliquez sur le lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=l0r7lGzBAxA&t=693s

§

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.Delannoy
Rédigé et publié le : 15.01.2019
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 16.01.2019

§


Orgue en France, association créée fin 2011 pour sensibiliser et promouvoir l’orgue tant auprès du public que des institutions civiles et religieuses, a été à l’origine de cette manifestation, Le Jour National de l’Orgue, qui s’est déroulée les 19 et 20 mai.

Près de 600 manifestations (visites, concerts, auditions, conférences) se sont tenues dans toute la France, organisées par les très nombreuses associations d’Amis des Orgues ou de sauvegarde du patrimoine, répondant ainsi à l’appel de Orgue en France.

Les Amis de l’Orgue de Coignières se sont bien volontiers associé à cette manifestation en proposant le samedi après-midi une visite d’un bel instrument à proximité de Coignières puis une audition des élèves de la Classe d’Orgue de l »Ecole de Musique d’Elancourt animée par Sabine Heinrich.

La visite de l’orgue de l’église Saint-Nicolas de Neauphle-le-Château

Marc Leroy, organiste titulaire

C’est avec les explications de l’organiste titulaire, Marc Leroy, qu’une demi-douzaine de personnes s’est retrouvée sur la tribune de cet instrument de style classique versaillais à la forte personnalité.

Il comporte 22 jeux répartis sur 2 claviers et un pédalier. La traction est mécanique ; sa particularité est de comprendre un tiers de tuyauteries et de mécanismes du 18° siècle (y compris de François-Henri Clicquot), une tiers du 19 ° siècle ( John Abbay et ses fils qui étaient établis à Versailles), et un tiers du 20° siècle (Adrien et Pierre Maciet, facteurs d’orgue établis à Montainville dans les Yvelines).

Marc Leroy, ici illustrant les différentes palettes sonores de l’orgue, a répondu à la curiosité des participants, hélàs peu nombreux.
Nous le remercions très chaleureusement d’avoir accepté de nous recevoir.

 
Vu du buffet 19° siècle en tribuneIntérieur de la transmission et des tuyaux

 

L’audition de la classe d’orgue

Pas moins de 11 élèves, de tous niveaux (et de tous âges), ont accepté de jouer devant un public très attentif et chaleureux.


Amélie Ha
Johann Kruger (1598-1662)
Choral « Jesus, meine Zuversich »
Johann Pachelbel (1663-1756)
Fugue « Ach was soll ich Sünder Machen »
Marie-France Leveau
Girolamo Frescobaldi (1583-1643)
Toccata par l’Elevatione

Holde Ruinet
Gaspar Corrette (1671-1732)
Fonds d’orgue pour l’Elevation

Dominique Leroy
Pierre Du Mage (1674-1751)
Plein Jeu – Fugue – Récit de Nazard

Nicolas Verdier
Nicolaus Bruhn (1655-1697)
Prélude en sol mineur

Francis Lambert
Johann Sebastian Bach / Johann Tobias Krebs (1690-1762)
Prélude et fugue en sol mineur

Nicolas Portier
Johann Sebastian Bach (1655-1750)
Prélude en ut BWV 567

Jean-Marc Thoraval
Johann Philip Kinberger (1721-1783)
Moderato

Mathieu Herr
Jehan Alain (1911-1940)
Ballade en mode phrygien

Dominique Leroy
Jehan Alain (1911-1940)
Variation sur un thème de Clément Janequin

Roger Court
Eric Lebrun (né en 1967)
Le Chevalier au Lion

Merci chaleureusement à eux tous ainsi qu’à Sabine Heinrich


§

Quand l’organiste Marc Leroy viendra-t-il jouer à La Grand-Combe ?
Source : Les Amis de l’Orgue
Rédigé et publié le : 19.03.2020
Pour Mas de La Regordane et ses lecteurs,
Dernière révision, le 19.03.2020

Trésors de La Grand-Combe

Photo : La Levade, quartier Ouest de La Grand-Combe

Trésors de La Grand-Combe

La Grand-Combe offre
Bien plus de richesses
Que d’antiques coffres
De nobles princesses
D’Anduze ou d’Uzès (1) :

Veines de ses terres
Noires d’anthracite (2) ;
Oignons de ses serres
Qui, le goût excite
Tranchant comme verre.

Châtaignes aux bogues
Piquantes, fruits rogues,
Sols jonchés de pelous (3) ;
De l’antique Bouzac (4)
Jusqu’à vers l’Aubignac (5)

Aigreur des arbouses
Comme à Lamelouze (6).
Persil aux Pelouses (7).
Arums et airelles
Près de la Bitarelle (8).

Mercredis, Samedis,
Sur son ancien marché,
Toute la région dit
Qu’on peut y dénicher
Sans que ce soit caché :

D’onctueux pélardons (9)
De chèvres du Gardon (10),
Broutant vers la rivière
Froide, longeant les pierres

Frôlées par des truites
Qui au bleu seront cuites
En un vif court-bouillon,
Digne d’un réveillon.

Dans son berceau dressé,
C’est vrai, c’est notoire,
Que des fées ont versé
Nectars en ciboire (11) :

Don de l’ingénierie
Qui de l’ardu se rie
Et la gastronomie,
Du palais, bonne amie.

À toutes époques,
Échevins (12) et maires
Chantaient le savoir faire
Des pairs (13) du Languedoc (14).

§

Notes :
(1) – Anduze et Uzès : deux très anciennes villes seigneuriales du Gard.
(2) – anthracite : Charbon gras (ch. Puits Ricard).
(3) – pelous : bogue de la châtaigne en langue cévenole.
(4) – Lamelouze : petit village des collines au sud de La grand-Combe, mitoyen avec les Salles du Gardon.
(5) – Bouzac : anciennes châtaigneraies qui se trouvaient là où se situait la place Bouzac, rebaptisée « de la Victoire » (14/18), renommée aujourd’hui « Jean Jaurès ».
(6) – Aubignac : quartier Est de La Grand-Combe où se trouvait autrefois un pont du même nom reliant le centre ville à la colline éponyme.
(7) – Les Pelouses : quartier de La Grand-Combe, entre la ligne de chemin de fer et le Gardon. Il n’y a jamais eu de pelouses aux Pelouses, mais des châtaigneraies qui déversaient au sol, leurs piquants pelous.
(8) – une bitarelle est une ferme cévenole composée de plusieurs bâtiments. Par déformation a donné le nom du lieu dit : l’Habitarelle, quartier des Salles du Gardon, commune mitoyenne de La Grand-Combe.
(9) – pélardon : célèbre fromage de chèvres des Cévennes.
(10) – Gardon : plus précisément Gardon d’Alès, nom de la rivière qui vient de la Lozère et coule entre les rives des communes de La Grand-Combe et des Salles du Gardon. Nom d’un poisson comestible qui fraie dans ses eaux.
(11) – ciboire : vase religieux en forme de coupe dont le prêtre se sert pour boire le vin de la messe.
(12) – échevin : au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, magistrat municipal dans les villes du nord de la France, qui assistait le maire.
(13) – pairs : personnes qui occupent le même rang, qui sont égaux en dignité, en situation sociale.
(14) – Languedoc : nom de l’ancienne région de France du Sud où l’on parlait la langue d’Oc et qui ne comprenait approximativement que cinq départements : la Lozère [48] le Gard [30], l’Hérault [34], la Haute Garonne [31] et le Tarn [81] ; avant que l’on y joigne le Roussillon, puis la région Midi-Pyrénées et qu’aujourd’hui on appelle arbitrairement « Occitanie », le total de ces 13 départements.

§

Autres poètes cévenols :

Guy GEERAERT, né en 1927 à 30000 Nîmes
Mathieu LACROIX, né en 1819 à 30000 Nîmes.
Léo LARGUIER, né en 1878 à 30110 La Grand-Combe

§

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.L. Delannoy
Poésies rédigées et publiées le 14.01.2019
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 06.02.2019

CHANSON DU CHARBON

LA CHANSON DU CHARBON

Cheval de flamme et de fumée
Qui disparait dès qu’on t’a vu
Laissant rêver l’âme étonnée
Qui te suit jusqu’à l’inconnu ?
À quoi dois-tu l’élan rapide
Qui te rapproche de l’horizon ?
À la vapeur, cratère humide,
Éclos à l’ardeur du Charbon (bis)

Regardez cette cheminée,
Comme un géant, là-bas ! là-bas !
Le front perdu dans la nuée,
C’est le poumon de mille bras ;
Les lourds marteaux battent l’enclume,
Le fer se tord, le métal fond ;
Tous ces foyers, qui les allume ?
N’est-ce pas encor le charbon ? (bis)

Si le charbon est nécessaire
Autant que l’eau, l’air et le pain,
Honorons donc qui va l’extraire
En escomptant son lendemain ;
Le mineur qui périt sans gloire
Vaut bien un soldat de renom.
Chaque journée a sa victoire ;
Honneur au chercheur de charbon ! (bis)

§

Cette Chanson du Charbon [interprétée pour la première fois le 04 décembre 1865] à un banquet de Sainte Barbe à Épinac-les-Mines, fut écrite pas Théophile Gersant d’Isy, agent des Charbonnages à Dijon, sur l’air des « Cheveux gris », chanson alors à la mode. Elle a été retrouvée et nous a été communiquée en 1976 pas nos amis des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais.

§

Source 1 :  « Centre Midi Magazine », n° 30 d’Octobre 1976
Source 2 : Coutume Ouvrière, célébration de la Sainte-Barbe des mineurs 1865-1866, deux chansons Houillères d’Épinac-les-Mines.
Date d’édition de la chanson : 1866.

§

§

Première publication sur ce site : 08.01.2019
Par : Mas de la Regordane / G.D.
Dernière révision : 28.01.2019

Notre Dame de Laval / La Grand-Combe

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§

À NOTRE DAME DE LAVAL

Ô, Notre Dame de Laval !
Du sommet de ta colline,
Tes grâces pleuvent et dévalent
Vers La Grand-Combe et ses mines.

Dans ta crypte très profonde,
Sommeille une vierge bleue,
Qui à mi-août suit les combes,
Terres tenues en franc-alleu (1).

De vieux mineurs la soutiennent,
Entonnant chants et antiennes,
Ils la portent vers la ville,
Quand milles cierges brillent.

Ton enfant se souvient des jours
De pèlerinage : Amour
exprimé par les habitants,
Au cours de ces rites d’antan.

G.D®

(1) Franc-Alleu, bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial. Tenir en franc-alleu, c’est « tenir (la) terre de Dieu seulement. »

§

ndlaval

Liens utiles :
Laval-Pradel/Le Pélerin
Laval-Pradel/Wikipédia
Laval-pradel-lieu-de-pelerinage/Nemausus

§

Composé avant la messe de 17:30 du : 07.01.2019
Première publication sur ce site, le : 08.01.2019
Copyright : Poésies Grand’Combiennes© par G. Delannoy
Photo 1 : Google Map – Photo 2 : Wikipédia
Dernière modification : 10.01.2019

La Grand-Combe/Alès 1952-1964

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LA GRAND-COMBE / ALES
SOUVENIRS des années 1952 à 1964

À Marie-Louise …

§

I – LORSQUE L’ENFANT PARAÎT

(titre emprunté à André Roussin, 1911-1987)

À cette heure, sortirais-je,
De l’infini sortilège,
Pour qu’enfin, je devienne moi ?
Non de suite, il fait trop froid !

Pourtant faut-il se décider
À paraître sur l’échiquier
De ce monde très incertain
Et accomplir mon bref destin !

C’est dans cette atmosphère
De doute que je vins faire
Mon devoir sur cette terre,
En un siècle délétère.

Yeux bleus et cheveux blonds bouclés,
Comme une fille, j’étais parée.
Mais, si rose et frais je sortis,
Maman, elle, avait une maladie,

Qui fit qu’en lieu de caresse,
Je dû quérir autre adresse :
Ce fût l’orphelinat d’Uzès
Qui abritait ces déesses.

Mon père aussi, victime
D’un labeur où l’on s’escrime,
Me mit chez des étrangères,
Vraies nourrices mercenaires

C’est ainsi que j’arrivais en
Mille neuf cent cinquante deux,
Après que vint le Fils de Dieu
Qui m’a accordé mes vieux ans.

§

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II – SOUVENIRS RIBOIS 

(du nom de la Citée de Ribes,
construite sur la colline éponyme dès 1914)

J’ai vécu à Ribes, quartier
Où d’anciens lignages entiers, 
De mineurs & ingénieurs vivaient,
Essaims d’enfants qui babillaient.

Rapidement, je cheminais
Vers les bancs cirés de l’école.
Laborieusement j’apprenais
À décrypter lettres et symboles.

Les prescriptions maternelles
Étaient de saluer celles
Des personnes rencontrées
Qui toutes, connaissant mes traits,

Me dévisageaient, rigolant,
Gueules noires et crocs blancs,
Comme si j’avais bien émis
Quelque bonne plaisanterie.

« Mon … héros au regard si doux
Questionné sur une raison
Possible, à ces rires fous,
frisant même la déraison,

Me dit : « cela tient au fait
Que le jour de ta naissance,
Les mineurs firent la fête
Et burent d’abondance ;

Car ce jour là, se termine
Au Puits Ricard, l’inondation
Qui a envahi la mine,
Justifiant une collation.

Ainsi, ma simple apparition,
Produisait chez ces vieux porions,
Des souvenirs d’allégresse,
De fraternelles ivresses.

G.D.©

§

villabechard

III – LES DIVINS IRIS

À Margueritte Larguier, institutrice
à la Villa Béchard (19.07.1929 – 07.11.2019)

Les matins, je descendais à pied au Riste (1)
Avec un grand et odorant bouquet d’iris
Cueillis dans mon jardin, ainsi que quelques lys
Qui me transformait en un petit fleuriste.

Tout au long du chemin menant à l’école,
J’allais, fier tel un pur sang qui caracole
Portant ostensiblement ma brassée de fleurs
Comme le curé expose le Sacré Choeur.

J’en profitais pour musarder sur la route,
Comptant que ma gerbe mettrait en déroute
La redoutable humeur de ma maîtresse
Qui succomberait à la puissante ivresse

D’Iris, fille de l’Océanide Électre (2)
Et messagère de tous les dieux éternels
Dont Héra, qui lui marquait un fort affect,
Car elle ne portait que bonnes nouvelles.

Vous l’avez compris, ces fleurs quotidiennes
Fredonnaient chaque jour comme une antienne
À ma préceptrice, non le parfait amour,
Mais l’espoir d’un pardon des bêtises du jour.

G.D.©

Notes § III :
(1) Le Riste : nom d’un quartier situé près des rives du Gardon de La Grand Combe.
La riste : préparation culinaire du Sud-Est de la France à base d’aubergines, d’oignons et de tomates, servant d’accompagnement. Ex. Une riste d’aubergine.
Le riste : Ancien nom d’une espèce de fil de chanvre et d’une espèce de toile, dans le midi de la France. Ex. riste ou chanvre long
(2) Océanide Électre

§

IV – ÉCOLIER et LYCÉEN – ANNÉES 52/64

La Grand-Combe ne manquait pas
De collèges et d’écoles
Où épaule contre épaule
On dirigeait nos jeunes pas.

Béchard, Pasteur, catholiques, (1)
Les Frères et Soeurs y dansent (2).
Zola, Anatole France, (3)
Eux, chantent la République.

Maitresses en robes à fleurs,
Ou maîtres en tabliers noirs,
Nous faisaient ânonner en choeur,
Lettres de craie sur tableau noir.

Dans de fuyantes baignoires,
Plein de litres d’eau s’écoulaient ;
Tandis que dans les gares,
En retard les trains arrivaient.

Heureusement que les Jeudis,
Journées pleines de délices,
Ballons de foot en cages entraient,
Comme en bouches, pains d’épices.

§

Le Dimanche, jour de Messe
Craintif, j’allais à confesse
Et ouïr le prêche du Père,
Du haut l’ancienne chaire. (4)

Puis chez Boutin, on retenait (5)
Un généreux Saint Honoré,
Pâte à choux et blanche crème.
Voulant prouver un théorème

Mon père, polytechnicien,
Ravageait en cinq parts égale
Le gâteau de notre fringale
Qui ne ressemblait plus à rien,

Comme le neuf J.B. Dumas, (6)
Nouvelle caserne d’Alès
Où lycéen je paresse
Deux printemps et deux frimas.

C’est ainsi qu’après Communion,
Privée ou bien Solennelle,
Au lycée, je flanquais des gnons,
Ou y tirais des bretelles.

§

Lors d’une étude surveillée,
La lectrice allemande (7)
Tourne les pages du Cahier
De Devoirs qu’on nous demande.

Sur nos bancs, le dos bien tassé,
On se prépare à se gausser
De la bécasse d’Outre Rhin,
De Cologne ou de Berlin

Qui ne sait ce qui doit arriver,
Lorsque cette page va tourner ?
Un scorpion provençal y dort,
Pas gros venimeux d’Afrique,

Mais tout petit, cadeau sadique
Pour cette jeune germanique.
La page s’ouvre. La bête sort.
La Grätchen crie. Elle voit sa mort …

Mort de rire, nous étions tous,
De voir la fille s’étouffer,
Comme si elle avait la toux.
Mes amis n’étaient pas parfaits.

G.D.©

Notes § IV :
(1) La « Villa Béchard » (rue éponyme) construite dès 1949 entre la voie de chemin de fer et la nouvelle gendarmerie fut la réponse des catholiques à la confiscation des établissements religieux par l’État républicain. Construite très près du Gardon, une inondation survint en 1958, ce qui retarda d’un mois mon entrée dans cet établissement.
(2) Évocation des Frères des Écoles Chrétiennes (Photo Villa Béchard) et les Soeurs « à cornettes » de Saint Vincent de Paul, au n°1 de la rue Pasteur.
(3) Écoles Publiques de la rue Émile Zola (actuel centre des contributions directes) et Anatole France qui relie le Nord de l’Église à la rue des Poilus.
(4) Chaire : tribune de bois ouvragé où montait le curé pour délivrer son prêche. Elle n’est plus utilisé aujourd’hui, mais est toujours présente dans l’église de La Grand-Combe.
(5) Boutin, célèbre pâtissier de la rue de l’Abbé Méjean. La boutique est toujours là, mais entre les mains d’une nouvelle boulangère-pâtissière.
(6) Le lycée Jean Baptiste Dumas (né à Alès le  et mort à Cannes le 1884, est désormais situé au 1, place de Belgique. Il se trouvait autrefois en centre ville d’Alès avant d’être transféré en 1961 sur un très grand terrain le long du Gardon, soit 4 longues « casernes » en « préfabriqués », sur le tristement célèbre modèle des « Établissements scolaire de type Pailleron » dont nombres prirent feu comme fétu de paille. L’un des bâtiments d’Alès n’échappa pas à la « règle » en brûlant la veille de son inauguration, l’année de mon entrée dans cet établissement.
(7) Lectrice : jeune professeure stagière venant enseigner dans sa langue maternelle. Ici, l’allemand.

§

V – Trésors de La Grand-Combe

La Grand-Combe offre
Bien plus de richesses
Que d’antiques coffres
De nobles princesses
D’Anduze ou d’Uzès :

Veines de ses terres
Noires d’anthracite,
Oignons de ses serres
Qui, le goût excite ;
Tranchant comme verre.

Châtaignes aux bogues
Piquantes, fruits rogues ;
Aigreur des arbouses
Comme à Lamelouze
Persil aux Pelouses

Mercredis, Samedis,
Sur son ancien marché
Toute la région dit
Qu’on peut y dénicher
Sans que ce soit caché :

Onctueux pélardons
Des chèvres du Gardon
Broutant, vers la rivière
Froide, longeant les pierres

Frôlées par des truites
Qui au bleu seront cuites
En un vif court-bouillon
Digne d’un réveillon.

Dans son berceau dressé,
C’est vrai, c’est notoire,
Que des fées ont versé
Nectars en ciboire :

Don de l’ingénierie
Qui de l’ardu se rie ;
De la gastronomie,
Du palais, bonne amie.

À toutes époques,
Échevins et maires
Chantaient le savoir faire
Des pairs du Languedoc.

Copyright : Poésies Grand-Combiennes© / G.L. Delannoy
Poésies composées et publiées depuis le 01.01.2019
Pour : Mas de la Regordane et ses Lecteurs.
Dernière révision, le : 13.01.2020

Archives des Charbonnages de France

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RAPPORT  CONFIDENTIEL
Référence : AB/236
(Reçu aux Houillères Centre Midi, le 1 juillet 1981
copie à Messieurs A. de La Garanderie et G. Delannoy)

Rapport de monsieur Jacques PETITMENGIN,
Directeur Général des Charbonnages de France.
à Monsieur Pierre DREYFUS, Ministre de l’Industrie,
101, rue de Grenelle,75007 – Paris.

Monsieur Le Ministre,

Le Président de la République et le Gouvernement entendent faire jouer un rôle croissant dans la nouvelle politique énergétique de notre pays. Au moment où vous prenez la charge du Ministère de l’Industrie, assumant de ce fait la tutelle des Charbonnages de France, je voudrais attendrais attirer votre attention sur les problèmes de cette entreprise que j’estime essentiels. Je me permets, compte tenu de votre passé charbonnier et de votre grande expérience industrielle, de vous les exposer sans détour.

Trois problèmes concernant le charbon proprement dit :

– l’inadaptation des structures du groupe à un comportement vraiment industriel
– le niveau de la production de charbon en France et les relations financières des Charbonnages avec l’Etat.
– le rôle des Charbonnages dans le développement d’une production française de charbon à l’étranger, et dans la commercialisation de ce charbon.

I/ – J’avais rédigé fin décembre un note pour André Giraud [prédécesseur de P. Dreyfus],  résumant la situation des Charbonnages de France telle que je la voyais trois mois après ma prise de fonction. Je vous la transmets, ci-joint sans la modifier.

Si le changement d’orientation politique du pays, et notamment le rôle accru envisagé pour les entreprises publiques, sont susceptibles de modifier l’ambiance des relations de celles-ci avec leur autorité de tutelle et avec les organisations syndicales, les défauts de structure des Charbonnages n’en subsisteront pas moins (en particulier l’existence de 4 établissements publics sans véritable lien hiérarchique et les modalités paralysantes de leur contrôle à priori par l’Etat) ralentissant à l’extrême toute prise de décision, et rendant la gestion du groupe d’une lourdeur difficilement admissible.

Pour remédier à ces défauts, j’avais proposé en mars dernier au Ministère de l’Industrie de transformer les Houillères de Bassin en Sociétés anonymes de droit commun, filiales à 100% de l’Établissement Public « Charbonnages de France », qui auraient été chargées de l’exploitation des mines de charbon et de leurs annexes ; cette réforme me paraissait concilier une décentralisation réelle avec l’accroissement de cohésion qu’impose la rénovation de notre industrie charbonnière.

Sur le plan commercial, une filiale des Charbonnages de France, des Houillères de Bassin et de CdF-International aurait assuré la vente à la commission des charbons de toutes provenances, respectant l’autonomie des établissements producteurs tout en garantissant une politique et une action commerciale unitaires. Enfin le contrôle par l’État aurait été modernisé en adoptant , par exemple, des procédures du type de celles en vigueur à CdF-Chimie.

D’autres modalités sont bien entendu envisageables ; mais des décisions s’imposent à très bref délais, notamment en ce qui concerne notre organisation commerciale incapable aujourd’hui de jouer le rôle essentiel qui devrait lui revenir dans la reconquête de la clientèle au profit du charbon, spécialement dans l’industrie et les chaufferies collectives.

II / – Des chiffres très divergents ont été avancés pour les objectifs de production annuelle nationale du charbon à retenir; allant de 10 Mt à 45 Mt, voire 70 Mt/an. Les orientations que j’avais données aux réflexions des responsables de l’entreprise visaient en 1990 la fourchette haute des travaux de la Commission de l’Énergie du VIIIème Plan, soit 15 Mt/an.

Cette production paraissait réalisable sans augmentation de l’aide de l’État dans le scénario énergétique rose [voir tableau en annexe], et avec une réduction sensible (plus de la moitié) dans le cas du scénario gris [voir tableau en annexe], le plus probable aujourd’hui.

J’ai fait sommairement chiffrer deux autres hypothèses à production croissante : 18 Mt et 21 Mt/an. Les résultats en sont joints en annexe (dans les conditions actuelles de durée du travail [c.à.dire pas encore les 35 heures] et sans revalorisation relative des salaires des mineurs). Ils font apparaître le coût élevé pour la collectivité des tonnages supplémentaires produits : l’aide de l’État pour les derniers 3 Mt devraient atteindre 45% du prix de vente dans le scénario gris, et près de 75% dans le scénario rose. Quant à l’hypothèse atteignant 30 Mt/an, elle me parait techniquement irréalisable à partir des gisements français actuellement reconnus, à moins de reprendre des exploitations abandonnées depuis des années à cause de leur coût social et humain.

En particulier, nul n’a le droit d’oublier le lourd tribu payé par les mineurs à la silicose. malgré les efforts de recherche et de prévention inlassablement poursuivis, cette maladie reste un fléau dans certains bassins ; la reprise de l’embauche devrait y être précédée d’une réflexion approfondie sur les risques encourus.

De plus, l’accélération de l’exploitation de gisements en voie d’épuisement, et l’accroissement correspondant du personnel, mettraient au bout de quelques années les Charbonnages de France devant un problème de sur-effectifs insoluble.

Enfin, la France fait partie de la Communauté Économique Européenne. Si les réserves techniquement et économiquement exploitables de notre pays sont faibles (de l’ordre de 500 Millions de tonnes, chiffre que l’expertise en cours ne parait pas devoir remettre en cause), celles d’autres partenaires (évaluées dans les mêmes conditions) sont très importantes : 25 milliards de tonnes en R.F.A., 45 milliards de tonnes pour la Grande-Bretagne. Développer à tout prix des ressources non compétitives face à celles de nos voisins mettrait durablement l’économie française en état d’infériorité. Ayant toujours travaillé dans le secteur public, je suis profondément convaincu que les entreprises nationales, au prix d’efforts sans doute plus difficiles, peuvent faire aussi bien que les entreprises privées, à conditions d’avoir pour leur gestion, une liberté d’action suffisante et des objectifs contraignants, indiscutables et fixés pour une longue période. Dans le cas du charbon, produit banal largement disponible dans le monde, je pense que cette référence ne peut qu’être étroitement liée au marché international. Le recours systématique au contribuable pour combler des pertes d’exploitation, solution de facilité dont l’effet démobilisateur a été si évident aux Charbonnages, devrait être réservé à la solution de problèmes de transition particulièrement difficiles.

III/ En tout état de cause, la France restera fortement importatrice de charbon. Le chiffre de 25 Mt/an vers 1990 recoupe beaucoup d’estimations. Plus tard, compte tenu de la médiocrité des réserves de notre sous-sol, les importations de charbon iront inéluctablement croissant.

Plutôt que de rester dépendant des fluctuations du marché international, il est indispensable de développer à l’étranger des ressources appartenant à des intérêts français, à la manière de ce qu’on fait de façon si remarquable les Groupes TOTAL et ELF-AQUITAINE [aujourd’hui fusionnés] dans le domaine du pétrole.

La France n’a pas su profiter d’une conjoncture exceptionnelle il y a une dizaine d’année, qui a permis aux principaux groupes pétroliers internationaux, plus prévoyants, d’acquérir aux moindres frais, d’immense réserves charbonnières à travers le monde.

Depuis 6 ans, les Charbonnages de France ont amorcé une politique de prises de participation à l’étranger, qu’il faudrait développer pour atteindre par exemple en 1990 un production contrôlée à l’étranger d’une vingtaine de millions de tonnes par an, dont la moitié environ serait vendue en France en complément de la production du pays – permettant aux Charbonnages de France le contrôle de leur marché national qu’ils ont perdu avec l’effondrement de leur production et de leurs ventes – et l’autre moitié serait écoulée sur le marché international pour assurer à notre économie charbonnière le maximum de souplesse.

Une telle politique aurait, en outre, l’immense avantage « d’aérer » les Charbonnages de France, en obligeant leurs techniciens à se mesurer à leurs confrères étrangers dans un contexte très concurrentiel, tout en renforçant leur expérience et leur compétence.Mais elle nécessite l’aval et le soutient des pouvoirs publics, notamment au plan financier, compte tenu des investissements qu’elle comporte.

En outre, le placement en France, par les Charbonnages de tonnages importés impliquant souvent des accords à long terme, ne peut se faire qu’en accord étroit avec l’ATIC, et nécessite la bonne volonté des consommateurs, au premier rang desquels l’EDF. Dans période très difficile que nous traversons, il est indispensable que chacun, au poste où il se trouve, adhère aux objectifs qui lui sont fixés, et puisse consacrer toute son énergie pour les atteindre.

Je souhaite donc, pour l’efficacité de l’outil qui m’est actuellement confié, que le débat énergétique prévu au Parlement cet automne et ses travaux préparatoires puissent conduire à des solutions précises aux trois problèmes ci-dessus.

En ce qui concerne les filiales de Charbonnages de France, le problème essentiel restant en suspens est celui du financement de CdF-Chimie* , qui n’a pas trouvé de solution au cours des sept dernières années. [* devenue Orkem, puis racheté en 1990 par Total…].

Cette Société a pu, grâce à la foi et au dynamisme de tout son personnel, devenir en dix ans, la 2ème société chimique française en multipliant par 3 son volume d’activité ; elle traverse actuellement une période difficile dont la cause principale est le lancement en 1975, à la demande expresse des Pouvoirs Publics, et malgré les réserves du Directoire, de la construction du complexe pétrochimique de COPENOR [société créée le 01/01/1980] à Dunkerque en association avec l’Etat du Quatar, sans qu’il ait été assuré au préalable un financement normal comportant une part raisonnable de fonds propres apportés par l’actionnaire principal. Or, CdF-Chimie n’a reçu depuis 1973 aucune dotation en capital autre que celle nécessitée par l’assainissement de l’APC lors de son rapport par l’EMC.

Le Directoire de CdF-Chimie vient de soumettre a ses actionnaires et aux autorités de tutelle un « Livre Blanc » précisant les objectifs qui pourraient être assignés à l’entreprise, et les moyens nécessaires pour les atteindre. Il est indispensable que le Gouvernement prenne rapidement position sur ce problème compte tenu des négociations en cours avec le Qatar pour résoudre les difficultés de COPENOR.

Je suis à votre disposition pour vous apporter, sur ces différents points, les précisions que vous jugerez nécessaires.Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

AnnexeArchivesCDF

Signé J. PETITMENGIN,
Directeur Général des Charbonnages de France.

§

Source : G.E.F. Delannoy
Blogué par : G.L.F. Delannoy
Première publication, le : 01.09.18
Dernière révision, le : 01.09.18

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CvIntegr2

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Skier à la Grand-Combe ? (video)

Mas de la Regordane

Loisinord
.
Dans le Nord, à 62290 Noeux les mines (Loisinord), ils l’ont fait.
Au Sud-Ouest, à 81450 Le Garric-Carmaux (Cap Découverte), ils l’ont fait !
Alors quand le fera t-on sur la commune de La Grand-Combe ?
.
LOISINORD (vidéo)
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https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/export/player/Mineur00293/wide
Pour visionner la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessus.
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CAP DÉCOUVERTE (vidéo)
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§

Source Loisinord : fresques.ina.fr
Source Cap Découverte : Youtube

Texte et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 23.12.2017
Dernière remise à jour : 23.12.2017

Voir l’article original

Institut des Territoires Grand-Combiens

MineurM.Delannoy
Logo d’Integr.

Pour faire suite à de nombreux entretiens avec des responsables économiques et culturels de La Grand-Combe et des communes de sa périphérie, nous avons créé INTEGR (INstitut des TErritoires GRand-Combien) dans le but de re-dynamiser le potentiel créatif de ses habitants que le départ au début des années 2 000 des Charbonnages de France, employeur quasi exclusif de la La Grand-Combe (96%) avait laissé en mauvaise posture avec pour résultat, entre autre, un exode de près de 55 % de sa population qui est passée de 16 500 à moins de 7 000 habitants. Par des programmes courageux, la commune, le Département et la Région ont réussi à stopper cette véritable hémorragie. Il est temps à présent de passer à la reconquête des succès d’antan.

N’hésitez pas à vous renseigner et à proposer vos compétences et services en cliquant ICI.

CvIntegr2

§

Blogué par : GD / Mas de la Regordane
Première publication, le : 28.07.2018
Dernière mise à jour, le : 09.08.2018

La Grand-Combe : où est passé le kiosque à musique ?

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LE KIOSQUE À MUSIQUE DE LA GRAND’COMBE

À l’époque de Soustelle,
Le kiosque se fit la belle :
Vrai mystère, aussi épais
Que de Tolstoï « Guerre et Paix »…
(Ne pas écrire « guère épais »)

…Ou de celui  » de la Chambre
Jaune  » de Gaston Leroux re-
Publié en dix neuf cent sept,
Date où vit jour notre aubette,
Depuis disparue, c’est bête.

Mais enfin, à La Grand-Combe,
Cette disparition … magique
Ne fut pas prise au tragique,
Ni fit l’effet d’une bombe
Qui eût creusé une tombe.

C’était temps de rénovations,
Où pour un oui, ou pour un non,
On démolissait le passé,
Sans que quiconqu’en fût froissé
Ou en eût le moral cassé.

L’harmonie de la Compagnie
Des mines, donnait sans manie
Des aubades et moult concerts,
Pour amateurs ou bien experts



De sons fougueux ou pépères.

Aujourd’hui, c’est la baguette,
Qui dirige bien l’Orchestre
Variation’s, de maître Dumas,
Des doux printemps aux durs frimas,
Et neiges tombées en amas.

Composera t-on par magie,
Une chanson en sol mineur ?
Un air de douce nostalgie,
À la renommée des mineurs
Qui s’amenuise pour l’heure.

Allons donc, soyons vraiment fous :
Imaginons un mécène
Qui rebâtirait la scène
D’où les notes iraient vers nous
Bondissantes hors les garde-fous.

Au soir du quatorze juillet,
Ou bien au grand bal des pompiers,
Le kiosque vert diffuserait
Des airs qui nous enivreraient
Et nos corps électriseraient.

G.D.©

§

Il court, il court le kiosque,
Le kiosque à musique [de La Grand-Combe] Mesdames.
Il court, il court le kiosque à musique
Le kiosque du [haut]bois joli.
Il est passé par ici,
Il repassera par là.
(Selon une comptine française du temps jadis.)

§

ARTICLE DU MIDI LIBRE (de 2013) :

Le kiosque d’entrée de ville a pris place sur l’esplanade Ferdinand-Durand

Le kiosque d'entrée de ville a pris place sur l'esplanade Ferdinand-Durand
Ce nouveau kiosque servira de support aux 24ièmes Floralies le 1er mai (2013). © D.R.
 

Durant la semaine, les employés communaux ont commencé à équiper le kiosque, [modeste] réplique de l’ancien kiosque à musique du plateau Bouzac, qui ornait jusqu’alors le rond-point d’entrée de ville avant le début des travaux.

Démonté voici quelques mois, il attendait de connaître son nouvel emplacement. Et voici qu’il vient de le trouver en bordure de l’esplanade Ferdinand-Durand, à quelques mètres du rond-point Portal.

Mieux, le kiosque aura l’honneur de servir de support le 1er mai prochain (2013) aux 24èmes  Floralies et c’est un nouveau ruban qui sera coupé par les autorités à cet effet. Et voici que le trait d’union est vite trouvé, puisque l’on a reparlé durant la semaine de l’histoire du kiosque à musique que toutes nos tempes grises ont connu sur Bouzac et démonté dans les années 60, malgré la réticence de la population.

Mieux, on ne sait pas ce qu’il est devenu. On a entendu, « qu’il aurait été vendu. » Et même aperçu « dans certaines grandes villes ». « Il doit y avoir des personnes encore aujourd’hui qui savent où il est. » Une chose est certaine lorsque les vieux démons resurgissent, comme cela a été le cas, les souvenirs de jeunesse également et même une certaine amertume. « On aurait jamais dû le laisser démonter, mais à l’époque, on se foutait de tout. »

§

Dernières infos :

– A l’instar du « Canada Dry », le kiosque à musique de Marseille situé en haut à gauche de La Canebière, aux Allées Meilhan, entre la façade des bâtiments vitrés de la mairie du 1er et 7° arrondissement de Marseille et à l’arrière du « Monument des Mobiles » de 1870, ressemble à s’y méprendre au kiosque de La Grand-Combe : il a le charme suranné du kiosque de La Grand-Combe, mais n’est pas le kiosque de La Grand-Combe, car implanté en son lieu actuel dès 1911.

– Un récent sondage personnel auprès de Grand-Combien(e)s d’âges divers et variés donnent pour résultat : 50% des sondés avouent ne pas savoir qui est responsable du tour de prestidigitation ayant eu pour conséquence la disparition, à ce jour définitive, du premier kiosque de La Grand-Combe et 50% qui disent la même chose, mais ajoutent qu’il y a forcément des Grand-Combien(e)s qui connaissent le nom du ou des prestidigitateurs. Alors si vous appartenez au deuxième groupe, n’hésitez pas à nous faire part de vos lumières.

§

Poésie : Le kiosqe à musique de la Grand-Combe
Composés par G. Delannoy
Tiré du recueil : Poésies Grand-Combiennes

Première publication le : 14.01.2019
Comptine : Youtube

Source article : Midi Libre
Publié le 25.04.2013

Reblogué et commenté par G. Delannoy.
Pour Mars de la Regordane.
Première publication, le : 04.06.2018
Dernière résion, le : 06.02.2019

HBCM, le Puits Y recyclé ?

Photo : L’ancien puits Yves Morandat, dit Puits Y.

A GARDANNE, UNE MINE DE PROJETS ÉCONOMIQUES AU PUITS MORANDAT

Au lendemain de la fermeture de la mine de charbon de Gardanne en 2003, la ville a entrepris la reconversion de ce site de 14 ha. La Société d’aménagement de Gardanne (Semag) a commencé par rénover les installations existantes en hôtel d’entreprises qu’elle commercialise désormais.

Transformer une ancienne mine en parc d’activités, abriter la cité des sciences de la métropole Aix-Marseille, un restaurant gastronomique avec une vue imprenable sur la montagne Sainte-Victoire, un espace de coworking, une crèche d’entreprise et des services de conciergerie…  Le rêve de Roger Meï devient réalité. Passé le choc de la fermeture de la mine de charbon en 2003, le maire de Gardanne a placé les 14 hectares du Puits Morandat sous le signe de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation. Avec vivacité et humour, l’élu aux 82 printemps, raconte la genèse de ce projet à Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’Industrie, venu découvrir le site le 16 mai.

Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs

« Ici, depuis 1987, la mine générait une grande activité. Sa fermeture en 2003 a laissé un grand vide et un taux de chômage important. J’en ai pleuré. Notre ville de 21 000 habitants compte 1 700 inscrits à Pôle emploi aujourd’hui. J’ai alors eu l’idée de transformer ce bassin minier en pôle d’entreprises. Nous demandons aux sociétés qui s’installent de prendre des jeunes Gardannais en formation », raconte avec émotion Roger Meï, également président de la  Société d’aménagement de Gardanne (Semag). Son objectif ? Créer d’ici cinq ans 1 000 emplois directs.

Stéripure triple la capacité de son usine

La société Stéripure, installée à Rousset depuis 2012, a fait le choix du parc d’activités du Puits Morandat. Ce spécialiste de la pasteurisation de fruits à coque, herbes et épices, vient de recruter deux opérateurs issus de Gardanne dans le cadre de son plan d’expansion. Son président Olivier Bourgeois, qui passait tous les jours devant le Puits Morandat a frappé à la porte de la Semag voici 18 mois. « Je cherchais un endroit accessible à la fois proche du TGV et de l’aéroport car j’ai de très nombreux clients étrangers. Dans la région, le foncier est rare », explique-t-il. Stéripure acquiert 5 000 m2 de terrain et investit 2,4 M€ dans une nouvelle usine qui sera inaugurée début juillet. « Nous allons tripler la capacité de notre site de production », se félicite le dirigeant, heureux d’offrir un  cadre de travail boisé à ses employés.

Eiffage construit des bâtiments en blanc livrables en 2020

Plusieurs autres parcelles sont en cours d’acquisition. La Semag, qui commercialise 10 hectares de terrain à bâtir, a retenu Eiffage Immobilier pour construire des bâtiments en blanc sur 17 000 m2 de terrain, livrables en 2020.  « Nous avons demandé à Eiffage de travailler sur l’aspect développement durable », précise le directeur de la Semag, Nicolas Fortuit. A proximité, l’ancien hall des mineurs a été transformé en hôtel d’entreprises et abrite 19 sociétés du numérique, du design, de l’économie circulaire, des biotechs, et de micro-électronique.

Retour aux sources pour Nomosense

En mars 2018, Jérémy Marty, jeune ingénieur de l’Ecole des Mines de Gardanne, a choisi ce lieu chargé de symboles comme siège social de son entreprise Nomosense. « Nous sommes spécialistes des objets connectés. Nous développons des capteurs pour les bâtiments et les villes intelligentes », raconte le chef d’entreprise qui a déjà signé avec la RATP.  Bénéficiant du soutien du groupe numérique  parisien NomoTech, l’entreprise envisage un développement rapide avec le recrutement de quatre collaborateurs d’ici fin 2018.
La reconversion de cet ancien carreau minier en pôle d’activités s’accompagne de  l’exploitation des richesses naturelles du site. « Sur l’ancien terril de la mine, 38 000 panneaux photovoltaïques ont été installés et nous allons réaliser un projet extraordinaire avec la géothermie. Sous vos pieds se trouve 30 millions de mètres cubes d’eau. La galerie à la mer se jette dans le port de Marseille », explique Roger Meï qui souhaiterait exploiter pleinement ce potentiel.

Exploiter les 30 millions de m3 d’eau de la mine

La SAS Energie Solidaire détenue par la Semag (75%) et Dalkia (24%) a investi 3,5 M€ dans la création d’un réseau d’énergie intelligent à partir des eaux d’ennoyage de la mine. Il alimentera les 14 hectares du pôle dont il chauffera et climatisera les bâtiments.  Le parc du Puits Morandat, labellisé Quartier durable Méditerranéen et éco-quartier, deviendra le premier réseau d’énergie français basé sur les eaux d’ennoyage.
Le maire de Gardanne souhaite également ouvrir le site au grand public avec un projet de restaurant gastronomique au sommet du chevalement qui culmine à 50 mètres. La  culture scientifique occupera une position centrale en investissant les 4 000 m2 du Hall des mineurs, des vestiaires et du chevalement. Ce projet nécessite 15 M€ de travaux. A son ouverture, prévue entre 2020 et 2025, la cité de la Métropole Aix-Marseille deviendra un lieu de rencontre et d’apprentissage interactif entre le public et les entreprises, autour de thématiques scientifiques, industrielles, technologiques et énergétiques.

Photo : Depuis 2016, sous l’impulsion de la commune de Gardanne et par l’intermédiaire de la Semag, le site du Puits Yvon Morandat est engagé dans une phase de transformation intense, avec la mise en œuvre de plusieurs chantiers sur trois plans : la mutation économique, l’innovation énergétique et le développement de la culture scientifique.

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Source : CCI Marseille Provence ©N.B.C
Publié le : 17.05.2018

Reblogué le : 17.05.2018
Par : Mas de la Regordane.fr / GD
 

Crédit photo de Une : Eiffage immobilier – 3A Architectes

2004, dernière mine de charbon de France (video)

LaHouve2004

Ce film tourné en 2004 par le Service Communication de Charbonnage de France au puits de La Houve, à Creutzwald en Lorraine, présente la dernière* mine de charbon de France – *hors exploitation en « découverte » (= à ciel ouvert).

Faut-il rappeler que les galeries de la houille sarroise – donc en Allemagne, membre de la « Super Europe, source de paix et de bonheur » – sont mitoyennes de celles de la France, et que cette dernière a crue bon de stopper sa production « pour manque de rentabilité » alors que les Sarrois ont continué l’exploitation à outrance (avec un concurrent en moins 🙂 ) et qu’à ce jour, le charbon représente chez eux 40% de l’énergie produite !!! Cherchez l’erreur !

Film exceptionnel sur le travail du mineur de charbon « un jour au fond » La Houve, la dernière mine de France 2004. À partager sans moderation!

Bon plaisir à tous les « Houvistes » et à tous ceux des autres unités d’exploitations Françaises dont ceux de La Grand-Combe dans le Gard.  Nous pouvons être fiers du travail accompli. Glück Auf !

Eine schicht Untertage im Bergwerk « La Houve  » die letzte Grube Frankreich 2004. Glück auf. Teile ohne zögern!

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Source : Charbonnages de France, Service Communication (via FaceBook)

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BONUS : Chanson « D’où qui sont ? », reprise par Claude Raby

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Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 02.04.2018
Dernière édition : 02.04.2018

CdF, conditions financières du départ des mineurs

Photo : Gardanne, recette du puits Y (Yves Morandat)cdfGardanne

CLIQUEZ ICI POUR VOIR LA VIDEO

Notice

Résumé :

Signé en 1994 par les centrales syndicales FO et CFTC majoritaires aux Charbonnages de France, le Pacte charbonnier planifie pour 2005 la fin de toute exploitation minière en France. Pour obtenir l’adhésion des personnels, la décision de fermeture s’accompagne d’un plan social très avantageux pour les personnels : c’est le Congé charbonnier de fin de carrière (CCFC).

Type de média :
Date de diffusion :
11 février 2003
Source :
Personnalité(s) :

 Éclairage

Longtemps considéré comme le « pain de l’industrie » et le socle de la production énergétique de la France, le charbon voit son importance s’estomper avec la part de plus en plus grande prise par les hydrocarbures. Par ailleurs, le charbon importé est nettement plus avantageux que le charbon extrait en France. Cette situation est d’autant plus ressentie dans le bassin de Gardanne qui n’extrait que du lignite. Or, ce dernier ne peut soutenir à la fois la concurrence des autres produits houillers et celle des dérivées des hydrocarbures. La construction de la centrale thermique décidée en 1951 destinée à remplacer les unités de Cap Pinède et de Sainte-Tulle et l’augmentation de la production locale renforcent peu à peu l’idée que l’exploitation minière de Gardanne ne peut disparaître. Ce sentiment est encore renforcé par les différents chocs pétroliers qui rendent le charbon plus compétitif et par la mise en place du Grand ensemble de Provence qui réorganise l’ensemble du bassin et relance les investissements. La mine de Gardanne devient l’une des plus productives des Charbonnages. Les espoirs sont renforcés par l’élection de François Mitterrand qui, durant sa campagne électorale de 1981, avait opté pour la relance de la production charbonnière et avait martelé l’idée qu’il valait mieux « payer un mineur qu’un chômeur ». Dès la fin de 1981, le rythme des embauches s’accélère et en 1987, le puits Morandat de 1 109 m de profondeur entre en service. Malgré tout, les répits sont de courte durée, même si le site de Gardanne accueille des mineurs venus des autres sites qui commencent à fermer. Le retournement de la conjoncture économique avec le contre-choc pétrolier, le changement de la majorité politique en France en 1986 ouvrent des périodes d’incertitude, d’autant plus que le charbon français peine à se rapprocher des prix internationaux. L’idée que les finances publiques ne peuvent soutenir un secteur qui ne peut résister à la concurrence internationale gagne l’ensemble des syndicats de la profession, sauf la CGT. Celle-ci défend jusqu’au bout le maintien de l’exploitation minière en France, car, pour elle, l’arrêt de l’exploitation est « une aberration au regard des besoins, des réserves importantes et de l’indépendance nationale », tout en ajoutant que « compte tenu de la situation de l’emploi (…) et dans le cadre de la diversité des sources d’énergie, le charbon reste incontournable ».

En 1994, l’ensemble des syndicats, sauf la CGT, signe le Pacte charbonnier qui planifie pour 2005 la fin de toute exploitation charbonnière en France. En retour, et pour obtenir l’adhésion des personnels, un plan social aux conditions avantageuses est signé. Sa principale disposition est contenue dans le congé charbonnier de fin de carrière (CCFC). Alors que le statut de 1946 prévoyait la retraite à 55 ans après une carrière complète au fond, le CCFC permet aux salariés de 45 ans, ayant 25 ans d’ancienneté, de partir avec 80 % du salaire, tout en conservant les avantages sociaux en matière de chauffage, logements et protection sociale et médicale. Si les conditions d’âge et d’ancienneté ne sont pas atteintes, le salarié peut poursuivre sa carrière dans le groupe jusqu’à leur obtention ou choisir un départ en conversion vers une entreprise extérieure.

Opposée au plan charbonnier, la CGT mène à Gardanne une série d’actions de plus en plus violentes, en demandant l’élargissement du CCFC aux salariés des entreprises sous-traitante. Mais elle se rend compte qu’elle est de plus en plus isolée et que les mineurs se rallient au fil du temps aux dispositions de fin de carrière. Aussi, le 2 avril 1999, elle accepte l’alimentation de la centrale thermique en charbon d’importation, tout en obtenant la promesse d’une augmentation de la production locale de 650 000 tonnes entre 1999 et 2005 et la promesse d’embauche pour mettre en oeuvre cet objectif. Tout semble alors réuni pour voir l’exploitation aller jusqu’au terme fixé de 2005. Il n’en sera rien, d’autant que les négociations locales élargissent les dispositions nationales pour les salariés les plus jeunes. Ceux-ci peuvent partir avec 88 % du dernier salaire, un ajustement de 1,5 % par année jusqu’à 45 ans et le maintien des avantages statutaires. Aussi, les conditions de départ de plus en plus avantageuses incitent la plupart des salariés à partir. Fin 2002, ils ne sont plus que 480 à refuser le CCFC sur les 1 200 employés en 1995. Malgré la violence des actions menées par les mineurs attachés à la permanence de l’exploitation charbonnière, la direction décide de fermer le site par anticipation car, pour elle, le manque d’effectifs ne permet plus d’exploiter en toute sécurité le lignite gardannais. Nous sommes le 21 janvier 2003. C’est le début des « reconstructions », celles des espaces, commencées au fond de la mine le 3 mai 2003 avec la fin du pompage, avec pour conséquence l’ennoyage naturel des galeries et de tous les vides miniers, celles, plus difficiles et complexes, des hommes dont certains assurent très difficilement leurs nouvelles conditions de « jeunes retraités » malgré les conditions très avantageuses offertes par le CCFC.

Bibliographie :

Xavier Daumalin, Jean Domenichino, Philippe Mioche, Olivier Raveux, Gueules noire de Provence. Le bassin minier des Bouches-du-Rhône (1744-2003), Editions Jeanne Laffitte, Marseille, 2005.

Jean Domenichino

 Transcription

Sylvie Depierre

Revenons maintenant à la mine de Gardanne, et voyons dans quelles conditions financières les mineurs vont partir. Force Ouvrière, première organisation syndicale des Charbonnages de France et la CFTC ont signé aujourd’hui avec la direction, les mesures d’accompagnement de fin de carrière. Mais à Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est refusé. Le détail des mesures avec Jean-Louis Boudart et Pierre Cohignac.

Jean-Louis Boudart

Depuis 1995, le groupe Charbonnages de France a mis en place un dispositif pour assurer la réduction programmée de ses activités. Ce dispositif, c’est le pacte charbonnier national. Un pacte qui prévoit que les mineurs de fond cessent leur travail dès l’âge de 45 ans. Après 25 ans d’ancienneté, ils partent avec 80% de leur dernier salaire. Ils conservent leurs avantages en nature – le logement et le chauffage – et bénéficient de garantie de déroulement de carrière jusqu’à 50 ans. Des conditions de départ qui, à Gardanne, ont déjà convaincu des centaines de mineurs.

Jean-Charles Besson

Ces conditions qui ont été mises en oeuvre suite à des négociations au niveau national avec les différentes organisations syndicales, prévoyaient donc cette possibilité de départ, donc un départ au volontariat et auquel ont souscrit de nombreux mineurs sur Gardanne, puisque les effectifs sont ainsi passés de plus de 1 000, de l’ordre de 1 200 en 1995, à aujourd’hui 480.

Jean-Louis Boudart

L’anticipation de la fermeture de la mine de Gardanne a conduit le groupe Charbonnages de France à proposer des mesures d’accompagnement supplémentaires pour les mineurs les plus jeunes, ceux qui n’ont pas encore atteint aujourd’hui l’âge de 45 ans. Pour cela, la direction propose une dispense d’activité. A Gardanne, 150 personnes environ pourront partir avec 88% de leur salaire, le maintien des avantages en nature, ainsi qu’un ajustement salarial de un et demi pour cent par an jusqu’à 45 ans.Aujourd’hui, Force Ouvrière et la CFTC ont signé ce protocole.

Malik Hadjali

Moi je pense que, sincèrement, sincèrement je pense que le, le niveau de rémunération auquel on est arrivé, euh c’est euh on se moque pas des mineurs, bien au contraire. Euh beaucoup, je crois que beaucoup d’entreprises ce, aimeraient pouvoir signer des accords comme, comme, on, on fait à Charbonnages de France.

Jean-Louis Boudart

A Gardanne, où la CGT est majoritaire, ce protocole est toujours considéré comme inacceptable. En Lorraine, où il reste 2 bassins miniers, les deux tiers du personnel des houillères se sont au contraire déclarés en faveur de ces propositions.

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 19.03.2018
Dernière mise à jour : 19.03.2018

 

 

Vie des mineurs de La Grand-Combe et des Cévennes

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[Photo : C’est l’heure du Briquet (casse croute)]

CONDITIONS DE TRAVAIL  et  VIE DES MINEURS

1. Généralités sur le travail dans les mines de charbon en Cévennes

Au XIXe siècle, le développement de l’extraction du charbon dans le bassin minier d’Alès est notamment freiné par le manque de main d’œuvre, la main d’œuvre locale restant attachée à l’agriculture. En 1850, le mineur cévenol est encore un paysan-mineur. Il se consacre à la mine quand la terre ne le réclame pas, du début d’hiver à la fin du printemps.

Dans les années suivantes, les crises dans l’agriculture ajoutées au déclin de la sériciculture accélèrent l’exode rural dans le Massif Central et en Hautes Cévennes. A la mine, le recrutement ignore les habitants originaires du bassin houiller qui, s’ils quittent leurs occupations, préfèrent occuper des emplois de service dans les grandes villes. De plus, les protestants répugnent à travailler pour les compagnies minières et métallurgiques appartenant aux grands capitalistes catholiques.

Les compagnies minières privilégient donc le recrutement de personnel, si possible de religion catholique, en Ardèche, en Lozère, Haute-Loire et un peu dans la vallée du Rhône. L’Ardèche et la Lozère fournissent les deux tiers des embauches. A compter de 1840, les compagnies minières du bassin houiller cévenol recrutent ainsi une main d’œuvre déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, qui se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie exerçant une emprise paternaliste sur son personnel.

En 1911 et 1912, les besoins en charbon croissent avec le rapide essor industriel de la France. Les compagnies recourent à de la main d’œuvre espagnole et algérienne. Fin 1913, le bassin houiller cévenol emploie 16% de travailleurs étrangers. Mal vus, perçus comme des briseurs de grèves par les mineurs cévenols, ceux-ci obtiennent leur renvoi.

Pendant la guerre de 14-18, la Mine remplace les soldats mobilisés par des femmes, des personnes âgées, des prisonniers de guerre et de la main d’œuvre étrangère (Espagne, Europe centrale, Russie…) et coloniale (Afrique du Nord, Madagascar, Indochine). La Mine obtient aussi le retour des mineurs mobilisés, qu’ils soient locaux ou travailleurs des mines du Nord de la France envahies par les Allemands ou situées dans les zones de combat.

En 1918, une population hétéroclite travaille dans le bassin houiller cévenol. Les nombreux mineurs nord-africains constitueront désormais une fraction importante de la population étrangère du bassin. Les mineurs polonais sont regroupés à Saint-Jean de Valériscle, où une cité leur est dédiée, avec une école polonaise créée en 1921 pour la scolarisation des enfants dans leur langue maternelle. Ils y resteront jusqu’en 1946.

En 1952, le bassin houiller cévenol emploie 19.371 ouvriers dont 77% de Français, 10% de Nord-africains, 5% d’Espagnols, 3% de Polonais et 3% d’Italiens.

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2. Personnel de la mine

Les ingénieurs employés par les compagnies du bassin houiller cévenol sont majoritairement formés à l’École des mines de Saint-Étienne. L’ingénieur est le seul représentant de la direction que côtoie le mineur. Il descend au fond journellement au fond de la mine pour organiser et diriger le travail st s’assurer de la sécurité.

Les agents de maîtrise (géomètre, dessinateur, comptable…) constituent 6% de l’effectif total ; ils exercent surtout des tâches de surveillance. Le géomètre dresse le plan de la mine donnant l’état des lieux et permettant de se repérer sur les chantiers.

Les maîtres-mineurs secondent l’ingénieur ; le plus souvent, ce sont d’anciens mineurs qui ont suivi une formation spécialisée.

Les mineurs de fond représentent 65 % de l’effectif total de la mine. En Cévennes, les couches de charbon sont souvent minces. Elles sont donc exploitées par des galeries assez basses dans lesquelles le charbon s’évacue fréquemment par trainage et, jusqu’au début du XXe siècle. Cette évacuation se fait à bras d’homme ou par traction animale. Le travail au font s’effectue par équipes de 6 à 10 mineurs.

Différentes qualifications rendent compte du travail effectué.
– le piqueur taille et abat le charbon ; il travaille à la main jusqu’en 1930, date à laquelle se généralise l’emploi du marteau-piqueur. Le travail du piqueur, particulièrement pénible et usant, s’effectue dans des positions souvent inconfortables ;
– le boiseur installe et entretient les soutènements qui empêchent l’effondrement des galeries ;
– le rouleur (25% des mineurs de fond) évacue le minerai abattu par le piqueur ;
– les ouvriers d’entretien, manœuvres et aides sont affectés aux tâches subsidiaires.

Les mineurs au jour représentent 25% de l’effectif total de la mine. Ils sont machinistes, mécaniciens, électriciens, lampistes ou placières (deux emplois souvent tenus par des femmes) ou gardiens…

Les placières travaillent sur le carreau ou dans les ateliers où elles trient, lavent, calibrent, conditionnent… le charbon. Elles sont généralement employées entre 12 et 20 ans ou, avec leurs enfants, lorsqu’elles sont veuves de mineurs. De 1904 à 1913, les femmes et jeunes filles comptent pour 16% des embauches dans le bassin minier cévenol. Les trois quarts sont âgées de 13 ou 14 ans. Les salaires féminins sont encore plus faibles que les salaires masculins. En 1909, les femmes et jeunes filles ne touchent que 70% du salaire versé aux adolescents apprentis au fond.

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3. Travail des enfants à la mine

Avant 1914, les mines du bassin houiller cévenol emploient de très nombreux jeunes garçons et filles. Les jeunes de 12 à 16 ans constituent 6% du personnel des mines et ceux de 16 à 18 ans en constituent 7%. Les dirigeants considèrent que les enfants doivent être très tôt employés au travail à la mine afin de ne pas être rebutés par la pénibilité des tâches à accomplir. De plus, les enfants, plus dociles que les adultes, sont plus faciles à soumettre.

Les enfants travaillent d’abord au jour, au triage du charbon évacué de la mine. A 16 ans (souvent même avant), les garçons descendent au fond avec le statut d’apprentis ; ils sont affectés au roulage des wagonnets ou au trainage des paniers montés sur patins ; ils sont aussi manœuvres, aide-boiseurs et parfois aide-piqueurs. L’expérience acquise, ils deviennent des mineurs de fond. Après de longues années de travail, certains jeunes hommes peuvent suivre les cours de l’École des maîtres-mineurs, créée à Alès en 1841, dont les archives attestent que nombre de ses élèves ont commencé à travailler à la mine à l’âge de 9 ou 10 ans.

MineurEnfants

4. Mouvements sociaux dans les mines cévenoles

Au XIXe siècle, la journée de travail du mineur dure douze voire quatorze heures. Les mineurs payés à la tâche perçoivent de très faibles rémunérations. Les conditions de travail sont rendues pénibles par les eaux d’infiltration et la poussière saturant les galeries où les effondrements et les coups de grisou sont fréquents.

A compter de 1840, les compagnies minières du bassin cévenol recrutent hors du bassin, en Ardèche et en Lozère essentiellement, une main d’œuvre plus docile. Déracinée, logée dans des casernements insalubres, faiblement rémunérée, elle se soumet à l’ordre et la discipline prônés par la Compagnie. 1848 et la proclamation de la IIe République voient l’explosion des mouvements ouvriers en France. La crise économique entraîne un chômage massif qui atteint le bassin houiller cévenol. De 1851 à 1870, le Second Empire est l’époque du capitalisme conquérant. Malgré un encadrement moral et politique serré, des grèves éclatent régulièrement dans les mines du bassin d’Alès, porteuses de revendications sur le relèvement des salaires, la réduction de la durée de la journée de travail, la fermeture des magasins de vivres de la Compagnie et le renvoi de certains cadres. Les compagnies minières en appellent à la gendarmerie, à l’armée, à la Justice, au livret ouvrier… Sévèrement réprimées, les grèves n’aboutissent pas à la satisfaction des revendications. Les meneurs sont licenciés et/ou arrêtés. Malgré tout, le mouvement syndical s’affirme peu à peu tandis que le socialisme se réorganise et retrouve ses assises.

Les crises que traversent la filière charbon dans les années 1890 et 1900, notamment du fait de la concurrence des charbons étrangers, amènent à réduire les salaires, le temps de travail et même les effectifs. Ainsi, de 1890 à 1913, le nombre de mineurs employés à Portes, Trélys, Cessous (Le Martinet) et Lalle (Bessèges) diminue de 30% tandis que la production régresse de 2,1 millions de tonnes en 1891 à 1,8 million en 1904. Défavorisées par le coût du transport, les mines de charbon du Gard ne comptent que pour 8% de la production nationale en 1890 et 5% en 1910.

Dans tout le bassin, les travailleurs revendiquent des améliorations dans les conditions de travail et la sécurité par de nombreuses grèves. Entre 1902 et 1911, l’échec des grèves, la répression patronale, la division des militants ouvriers, l’instabilité des syndicats, et la création des « syndicats-maison par les compagnies minières entravent le mouvement ouvrier dans le bassin houiller cévenol. Toutefois, en 1905, la durée légale de la journée de travail est ramenée à 8 heures pour les mineurs. A compter de 1909, les mineurs sont rémunérés à l’heure. En 1910, le Code du Travail est voté. 1914 voit la première grève de mineurs victorieuse. Le droit à la retraite est reconnu. Les mineurs obtiennent aussi le licenciement de travailleurs étrangers perçus et/ou utilisés comme briseurs de grève. En 1919, les mineurs obtiennent une hausse substantielle des salaires.

En 1936, les grèves concernent tout le bassin houiller cévenol (au Martinet, au Puits Pisani, la mobilisation ouvrière débute dès février). Les compagnies négocient avec les mineurs et accordent les hausses de salaires et avantages matériels réclamés. L’action syndicale se poursuit dans la métallurgie jusqu’à la répression de fin 1938.

La proclamation de la guerre suspend les revendications ouvrières. Très vite, les Cévennes protestantes et le bassin houiller, bastion du militantisme ouvrier et fief du Parti communiste, résistent par principe au régime de Vichy et les mesures prises à l’encontre des ouvriers, des jeunes et des Juifs renforcent cette opposition. Les mineurs se mobilisent à travers les grèves qui perturbent la production industrielle en 1941 à Trélys, en 1942 à la Grand Combe, Bessèges et Molières où des arrestations ont lieu. En 1942, les syndicats sont interdits, ce qui n’empêche pas la relance du mouvement syndical. Avec l’occupation de la zone sud, les entreprises minières gardoises bénéficient des achats allemands. D’ailleurs, en 1943, 60% de l’économie gardoise travaille pour le Reich. Début 1943, le recrutement des Mouvements de la Résistance s’étend au bassin houiller. Les mineurs participent aux attaques contre l’occupant et le régime de Vichy. Ils subissent, eux-aussi, la répression sanglante du régime de Vichy et de la Milice.

En juillet 1944, la grève générale des mineurs d’Alès, du bassin de la Grand combe, de Molières… paralyse la production. Violemment réprimée par les Allemands et la Milice, elle perturbe le repliement allemand après le débarquement des Alliés en Provence. En 1946, en contre partie des efforts de production abondante de charbon qui leur sont demandés, les travailleurs obtiennent le Statut du mineur garantissant leur salaire, leurs conditions de travail et la protection sociale de leur famille. Les profondes mutations qui transforment l’espace gardois à compter de 1950 s’accompagnent de la disparition progressive de l’extraction de charbon en Cévennes, malgré les luttes entreprises par les mineurs pour sauver leur outil de travail. Le bassin houiller cévenol se vide de l’essentiel de sa population active qui part vers des reconversions professionnelles plus ou moins faciles.

L’extraction du charbon s’arrête à Saint-Jean de Valériscle en 1953, au Martinet en 1959 et à Saint-Florent sur Auzonnet en 1973. L’exploitation se poursuit quelques temps encore à la Grand Combe et à Portes, avant de s’interrompre là-aussi.

MineurLampe

5. Santé des mineurs et de leur famille

En 1848, les conditions de vie dans les villes minières sont très difficiles. La population du bassin houiller cévenol est dans un piètre état de santé. Le taux de mortalité infantile (décès d’enfants de moins de 5 ans) y atteint 252 pour 1.000 alors que la moyenne nationale est de 167 pour mille en France. L’espérance de vie du mineur voisine les 40 ans.

En 1914, 65% des mineurs cévenols meurent avant 55 ans et 20% avant 35 ans. Il faut attendre 1960 pour voir les accidents du travail se raréfier.

Silicose et pneumoconiose du mineur de charbon rassemblent les affections engendrées par l’inhalation de poussières minérales contenant du dioxyde de silice. La silicose proprement dite correspond à l’exposition aux poussières de silice pure ; la pneumoconiose du mineur de charbon résulte de l’inhalation de poussières mixtes (charbon et silice en proportions variables). Le développement de la maladie connait deux phases : une phase d’alvéolite après capture des particules minérales et une phase plus tardive de fibrose. En fonction de l’intensité de l’exposition et du profil évolutif propre à chaque individu, la pneumoconiose évolue d’une forme nodulaire simple à la fibrose massive progressive. Les complications possibles des pneumoconioses sont infectieuses, cardiaques ou dégénératives (emphysème, fibrose associée). Il n’existe pas de traitement spécifique des pneumoconioses. La prévention primaire reste le meilleur traitement. La surveillance des sujets à risque est fondamentale pour permettre une reconnaissance précoce de la maladie et une réparation du dommage subi dans le cadre des maladies professionnelles.

La poussière est inhalée lors du creusement dans la roche des travers-bancs (galeries reliant le puits aux chantiers d’abattage du charbon). La mécanisation de l’abattage aggrave cette nuisance puisque les machines (marteaux-perforateurs et marteaux-piqueurs) produisent beaucoup plus de poussières que les outils à main. Jusqu’à la Loi du 2 août 1945, les compagnies minières ne reconnaissent pas la silicose comme maladie professionnelle du mineur.

En 1898, la Loi fait progresser la réparation des accidents du travail à la mine. Généralement, la Compagnie offre au mineur blessé un emploi moins pénible et elle embauche les veuves et orphelins de mineurs décédés d’un accident de travail. En 1879 et 1880, 34 mineurs meurent suite à des accidents du travail dans le Bassin houiller cévenol.

6. Conditions de vie des mineurs

Au XIXe siècle, la révolution industrielle entraîne la concentration de populations souvent étrangères dans les bassins miniers où elles sont contraintes de s’installer. Ces ouvriers doivent être rapidement logés à proximité de leur lieu de travail. Les logements sont d’autant plus difficiles à trouver que prévaut, en cette première moitié du XIXe siècle, une véritable pénurie de logements en France. Les ouvriers recrutés hors du bassin minier vivent donc dans des conditions déplorables.

Durablement marqués par les théories de Saint-Simon, la plupart des capitaines d’industrie mènent une politique « paternaliste » envers leur main-d’œuvre visant à prendre en charge chaque instant de la vie de l’ouvrier, pour assurer son bien-être, mais surtout pour mieux le contrôler. Le saint-simonisme rêve d’un « nouveau christianisme » dont les fondements seraient la science et l’industrie, et l’objectif la plus haute productivité. Par ailleurs, des utopistes imaginent les ouvriers vivant et travaillant en coopérative.

Pour remplacer dans l’urgence les baraquements érigés spontanément par les nouveaux arrivants pour se loger, la compagnie apporte la solution de la « caserne ». C’est un bâtiment en longueur, à deux ou trois niveaux construit à proximité des puits d’extraction, souvent en rase campagne. Les logements d’une pièce sont desservis par des couloirs et des escaliers communs. Bien que cette solution soit peu coûteuse, facile à réaliser et qu’elle permette une surveillance aisée, la caserne comme tout immeuble comportant des espaces collectifs où les ouvriers peuvent se rencontrer, se réunir…, est un « foyer d’immoralité » aux yeux du paternalisme patronal. La Compagnie ouvre des magasins où s’approvisionnent les mineurs. Devenus plus tard des économats, ils feront partie des cibles des revendications syndicales à cause de l’inféodation à l’employeur qu’ils créent et seront interdits en 1910.

A partir de 1860, à la « caserne », la Compagnie préfère la maison individuelle, où l’ouvrier vit en famille et où le jardin potager ne joue pas seulement un rôle économique. Cette maison individuelle s’insère dans une cité ouvrière créée de toute pièce. Le logement accède directement à l’espace extérieur public. D’un seul niveau, il comprend deux pièces. Les critères d’attribution des logements, basés sur la valeur de l’ouvrier à l’atelier, font de ces habitations une récompense sociale.

Ces cités minières ne sont pas habitées par les seuls ouvriers mineurs. Elles logent aussi des cadres et des employés, d’où la diversité des types de maisons et de leur implantation dans la cité. En construisant les cités, la Compagnie veut attacher ses ouvriers au sol houiller en excitant chez eux le sentiment de l’épargne et l’amour de la propriété. Elle cède à ceux qui se distinguent par leur bonne conduite des parcelles de terrain… et leur avance de l’argent pour les aider à les aménager. L’ouvrier élevé à la condition de propriétaire devient économe et rangé ; il travaille avec courage et surtout, nouvel ami de l’ordre, il abandonne… les cabarets.

Rappelons les ravages causés par l’alcool parmi les ouvriers aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, St-Jean de Valériscle, premier site d’extraction industrielle du charbon dans la haute vallée de l’Auzonnet compte 14 cafés en 1914 et un mineur peut boire 5 à 6 litres de vin par jour (de faible degré d’alcool, il est vrai !), plus de l’absinthe dont la consommation sera interdite en 1917.

Créer une cité ouvrière de qualité réduit considérablement le « turn over » de la main d’œuvre. Des investissements parfois considérables sont lancés, qui s’ajoutent à l’immobilisation de capitaux exigée par l’ouverture d’un puits de mine, par exemple, mais les compagnies amortissent la dépense grâce à la pratique de loyers suffisants pour rentabiliser l’investissement. En dehors des logements, les compagnies édifient également dans les cités des écoles, église, coopérative, cantine, salle des fêtes, complexe sportif, dispensaire médical, pharmacie…

Créer une cité ouvrière à proximité de son usine n’est donc pas simplement une œuvre philanthropique mais d’abord le fruit d’un calcul de rentabilité du travail. Elle permet en effet de garder à proximité du lieu de production une population réputée très mobile et ainsi de conserver le plus longtemps possible les bénéfices d’une main-d’œuvre qualifiée. Cette population est attirée par des logements confortables, mais aussi par de nouveaux équipements financés par le patron. C’est un moyen de contrôler la vie de l’ouvrier, en orientant totalement sa vie dans et hors de l’usine, du berceau jusqu’à la maison de retraite.

Au XXe siècle, les ouvriers voient de plus en plus mal un tel contrôle social. Les classes populaires aspirent à la propriété individuelle et à une amélioration de leur condition sociale, au-delà de leurs simples conditions sanitaires. Malgré le contrôle strict des dirigeants patronaux, une telle concentration de populations ouvrières permet, paradoxalement, une meilleure organisation syndicale des ouvriers dans la première moitié du XXe siècle. Ce sont ces mêmes ouvriers qui deviennent souvent les fers de lance des grandes grèves de 1936 en France. Les villages ouvriers constituent l’une des expressions les plus achevées de l’impact exercé par l’industrialisation sur l’organisation sociale en général, et sur la vie des hommes, des femmes et des enfants  en particulier. Ce type d’urbanisation va se prolonger jusque dans les années 1960, car la pénurie de logements sociaux s’aggrave après les destructions de la seconde guerre mondiale. Il n’en demeure pas moins qu’en France, les politiques immobilières patronales ont engendré dans l’ensemble un habitat ouvrier de qualité médiocre.

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Sources écrites :

  • Le Gard de la Préhistoire à nos jours, sous la direction de Raymond HUARD – Éditions Jean-Michel BORDESSOULES, Saint-Jean d’Angély 2003
  • INTEGR – Institut des Territoires Grand-Combien,
    13 rue des Poilus 30100 La Grand-Combe 06 10 14 01 00 – facebook –
  • Les mines des Cévennes – Michel VINCENT
    – Terre cévenole – St-Hilaire de Brethmas, 2006

 

Puits de charbon : descente commentée

EssorProvencal1
[Peinture : Essor Provençal]

Les archives de l’Ina recèlent des trésors de courts métrages, dont celui-ci qui est particulièrement bien tourné (dans le bassin de Lens – HBPCN) :

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Source : Facebook / Ina©
Reblogué par Mas de la Regordane.fr
Première parution : 08.02.2018
Dernière révision : 08.02.2018

Ne restez pas assis !

Do not remain seated ! Ne restez pas assis !

Cette activité innocente bloque la moitié de l’irrigation sanguine de vos jambes en 60 minutes, et réduit votre espérance de vie de 2 heures chaque fois que vous la faites

Chère lectrice, cher lecteur,

chaque cigarette fumée, réduit votre espérance de vie de onze minutes.

Mais chaque heure que nous passons assis, la réduit de deux heures !

En position assise, les muscles fondent, les vaisseaux sanguins s’encrassent, la graisse s’accumule, et même nos os deviennent comme du chewing-gum. En effet, comme nos muscles, ils ramollissent quand on ne les sollicite pas.

L’absence de contractions musculaires réduit le flux sanguin à travers le corps. Les processus biologiques sont ralentis. Les fonctions métaboliques et cardio-vasculaires s’enrayent : par exemple, le glucose du sang n’est pas brûlé, il abîme les petits vaisseaux sanguins (capillaires) et réduit la sensibilité des cellules à l’insuline.

Selon une méta-analyse réalisée en 2012, les personnes qui passent beaucoup de temps assises ont deux fois plus de risque d’être atteintes de diabète ou d’une maladie cardiaque que celles qui le sont très peu.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’excès de temps passé assis constitue la quatrième cause de mortalité.

Les ravages de la civilisation du canapé

Dans les maisons, les bureaux, les lieux et transports publics, partout nous trouvons des sièges rembourrés, des fauteuils, des canapés qui nous permettent de vivre assis, voire vautrés.

À tel point que nous avons oublié qu’il n’existe rien qui ressemble à une chaise dans l’environnement naturel.

Traditionnellement, les hommes s’asseyaient par terre, éventuellement adossés à un rocher. Ou alors sur une pierre ou un tronc d’arbre. Mais ces positions « inconfortables » les obligeaient à maintenir leurs muscles toniques.

Pendant des millions d’années, il n’y a rien eu dans la vie courante qui ressemblait à une chaise, et encore moins à un fauteuil. La position assise était inconfortable et obligeait à maintenir les muscles toniques.

Chez les Égyptiens, puis les Romains, il y avait une sorte de chaise réservée au pharaon et aux personnalités importantes (chaise curule).

C’est l’origine du « trône » de nos rois, un symbole de pouvoir.

S’asseoir était le privilège du seul roi ! Tous les autres se tenaient debout. Ici, la grande salle du trône du palais d’Hiver de Saint-Petersbourg, en Russie.

Ce privilège s’est transmis aux églises chrétiennes, où historiquement seuls les chefs (les évêques) avaient le droit de s’asseoir sur une chaise ! Le mot « cathédrale » ne désignait d’ailleurs pas à l’origine le bâtiment, mais la chaise de l’évêque qui se trouvait à l’intérieur (cathedra : « siège à dossier » en grec) !

Ce n’est que tout récemment que les églises ont été remplies de chaises. Dans les peintures anciennes, vous ne voyez aucune chaise dans les églises !!

La cathédrale d’Anvers, peinte au 17e siècle : on s’y promenait (avec son chien !), on s’y rencontrait, on y discutait, mais personne n’était assis sur une chaise, sauf le chef de l’église, l’évêque. Au Moyen Âge, les nobles avaient même le privilège de circuler à cheval à l’intérieur.

Pour les autres, ma foi, ils se tenaient debout.

La récente invasion des chaises

L’invasion des chaises et fauteuils dans nos vies n’a commencé qu’au 18e siècle en Europe, avec le développement du « style » Louis XV, puis Louis XVI. Les banquets ne se tenaient plus autour de tables à tréteaux autour desquelles on dansait, mais les gens ont commencé à vouloir passer des heures à table ou à parler dans des salons.

Les fameuses « bergères Louis XV » ont été les premiers fauteuils de masse confortables à se répandre dans les intérieurs. Mais ils étaient, bien sûr, réservés aux riches.

Néanmoins, ces chaises et fauteuils restèrent longtemps extrêmement inconfortables. On n’était d’ailleurs pas censé s’appuyer sur le dossier, et encore moins se balancer dessus – ils étaient trop fragiles pour cela.

L’irrésistible canapé moderne

Aujourd’hui, nous sommes entourés de fauteuils et de canapés hyperconfortables.

Même si vous n’avez aucune intention de vous arrêter pour vous y poser, leur forme est tellement attirante que, rien que pour le plaisir, vous avez envie de vous y jeter et d’y rester !

Les canapés modernes ressemblent souvent à des lits. Même si ce n’était pas notre intention, le simple fait de passer à côté nous donne l’envie de nous y écrouler, pour le plaisir.

Il faut donc une capacité de résistance hors norme pour rester debout, marcher, surtout quand nos voitures, elles aussi, sont si confortables et faciles d’utilisation. On appuie sur un bouton et, hop, ça démarre !

Presque impossible de compenser

Il est illusoire d’imaginer compenser toutes ces heures passées assis en faisant du sport.

Les bienfaits pour la santé d’une heure de sport sont totalement anéantis par six heures passées en position assise !

Pour ma part, je me suis équipé d’un bureau qui me permet de me tenir debout, comme sur la photo ci-dessous :

Il possède un ingénieux système de pieds télescopiques qui me permettent de le baisser pour y travailler assis.

Certains ont même sous leur bureau un tapis roulant qui leur permet de marcher en tapant sur leur clavier. Je n’ai jamais essayé, mais je suppose que c’est amusant (le prix aussi doit être « amusant », d’ailleurs).

Pour une santé optimale, il faut faire 10 000 à 15 000 pas par jour. C’est beaucoup, et on n’y parvient pas dans la plupart des professions sans prévoir spécifiquement des itinéraires à parcourir à pied chaque jour.

Je vous encourage vraiment à tout faire pour vous mettre debout, et marcher, chaque fois que vous le pouvez. C’est une des choses les plus simples et les plus importantes à faire pour votre santé.

Le seul « détail » (qui n’en est pas un, car c’est en fait très important) est de soigner votre posture pour être bien debout, et marcher comme il faut. L’idée générale est d’être droit mais détendu, en maximisant la distance entre le bassin et les épaules.

Je vous donnerai prochainement des informations précises et très utiles à ce sujet, apprises auprès du Dr Bernadette de Gasquet, la spécialiste des postures.

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Source : Santé et Innovation.
Posté sur Internet le : 31.01.2018

Reblogué par : Mas de la Regordanne /GD
Première parution : 31.01.2018
Dernière mise à jour : 31.01.2018

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Mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.01.2018
Dernière mise à jour : 18.08.2018

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De l’Harmonie des Houillères à l’Orchestre Variation’s

LgcEcoleMusique

Marc Dumas, directeur de l’École de Musique de la Grand-Combe.

INTRODUCTION

Extrait du « Kiosque à Musique de La Grand-Combe. »

L’Harmonie de la Compagnie
Des Mines, donnait sans manie
Des Aubades et moult concerts
Pour des amateurs ou experts.

Aujourd’hui, c’est la baguette,
Qui dirige bien l’Orchestre
Variation’s, de maître Dumas,
Des doux printemps aux durs frimas

Qui composera par magie,
Une chanson en sol mineur,
Un air de douce nostalgie,
À la renommée des mineurs ?

G.D.©

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Historique

1990 – Septembre : création de l’École de musique

1998/1999 : création de l’association des Parents d’Élèves et Amis de l’École municipale de Musique de la Grand-Combe (A.P.E)

2003 – Dissolution de l’association de l’Harmonie Municipale de La Grand-Combe

2015 – 210 élèves et 14 Professeurs et 17 disciplines.

Classes (liste non exhaustive, par ordre alphabétique) :

– classe d’accordéon

– classe de chant

– classe d’éveil musical

– classe musique d’ensemble

– classe d’orchestre

– classe d’orgue

– classe de piano

– classe de tuba

Calendrier des activités :

– Auditions : de décembre à février

– Contrôle (de pratique instrumentale) : février

– Examens : mai

– Remise des Prix, Gala de fin d’année et auditions : juin

(1er gala 1991 – prochain gala : juin 2018)

3 CD disponibles :

– Gala 2010 pour les 20 ans de l’École de musique

– Gala 2015 pour les 25 ans de l’École de musique

– Orchestre Variation’s (13 morceaux de musique)

Coordonnées :

L’École de musique communautaire de La Grand-Combe,

rue des Pelouses – 30110 La Grand’Combe.

Directeur : Marc Dumas

Tél. : 04 66 34 45 03

Mail : musiquegrandcombe.pgc@gmail.com

Page Web : ecoledemusique.grandcombe.pagespro-orange.fr

Site Web : http://www.ecoledemusique.fr (en création).

§

Sur le même sujet : Fêtes-et-fanfare-à-La-Grand-Combe-1950-Vidéo

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Source : Vidéo YOUTUBE (de 47’30 »)

Publié par : Les Jardins du Gard TV

Réalisé par : Llorente Production, décembre 2015

Ajoutée sur le Net, le : 04 janvier 2016

Mise en page : G.D. / Mas de la Regordane

Première publication : 29.01.2018

Dernière mise à jour : 02.08.2018.

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Coup de grisou, 22 morts au puits Simon

MineursPuitsSImon

« Le siège Simon est l’un des principaux charbonnages des houillères de Lorraine, situé sur le territoire de la commune de Forbach en Moselle dans la région française du Grand Est. Ce siège d’extraction est constitué de cinq puits de mine. Le charbon y a été exploité de 1907 à 1997. »

25 Février 1985, le jour n’est pas encore levé sur le puits de mines Simon 5 des Houillères du Bassin de Lorraine. Une équipe de mineurs travaille au niveau de la veine n°18 à l’étage – 1 050 mètres. Il est environ 07 h 30′ quand retentit une formidable explosion due à l’inflammation de [gaz] grisou suivi d’un coup de poussière meurtrier. Les sauveteurs interviennent rapidement, mais ne peuvent que constater l’ampleur de la catastrophe :  22 mineurs ont laissé là leur vie, tandis que 269 autres sont blessés, surtout par intoxication.

7 ans plus tard, le 30 mars 1992, le tribunal de Sarreguemines rend son verdict devant les avocats des représentants syndicaux (principalement, la C.F.D.T. et la C.G.T.), des familles et pour une fois, des représentants de la direction générale, dont le chef de siège et son adjoint, bénéficiant d’une délégation de pouvoir, donc de responsabilité : ils seront mis en cause.

Il est à remarquer qu’à 17’27 » de la vidéo, Richard Caudry, secrétaire général du Syndicat des Mineurs CGT mentionne l’exemplaire rapport Turpin, directeur du Cerchar (CEntre de Recherche des CHARbonnages de France, aujourd’hui Inéris) aussi rigoureux que son prédécesseur Georges Delannoy.

MineursPuitsSImon2

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Source : Youtube
Vidéo mise en ligne par : Eugene Ograbek
Ajoutée le 26 oct. 2014

Article et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.01.2018
Dernière mise à jour : 05.02.2018

Les Frères de La Grand-Combe

JBdeLaSalle
Portrait : Saint Jean Baptiste de La Salle

Saint Jean-Baptiste de La Salle est un ecclésiastique français et un innovateur dans le domaine de la pédagogie, qui a consacré sa vie à éduquer les enfants pauvres. Il est le fondateur de l’institut des Frères des Écoles chrétiennes (Wikipédia). Né sous le règne de Louis XIV, le 30 avril 1651 à Reims et décédé le 7 avril 1719 à Rouen, sous le règne de Louis XV ; il fut béatifié le 19 février 1888 à Rome par le Pape Léon XIII.
 

ÉVOCATION D’UN PARCOURS AVEC
LA COMMUNAUTÉ DES FRÈRES DE TRESCOL*
(* Trescol est un quartier de La Grand-Combe.)

[2007] Il y a 25 ans cette année que la communauté des Frères s’est implantée à LA GRAND-COMBE, dans le quartier [des] H.L.M. de TRESCOL.

Pourquoi cette implantation il y a un quart de siècle ?

Les Frères sont arrivés dans notre région, il y a tout juste trois siècles. Rappelons qu’au printemps dernier, l’école de La Salle d’ALÈS a célébré le 300ème anniversaire de l’arrivée des Frères dans cette ville. Cette arrivée, du vivant de St Jean Baptiste de La Salle, le Fondateur des Frères, répondait à un appel pressant de l’Évêque du diocèse.

Puis, au 19ème siècle, au début de l’exploitation des mines, la direction de la Compagnie a fait appel aux Frères pour prendre en charge l’école de garçons de LA GRAND-COMBE.

La communauté fut créée en 1849. Par la suite, deux autres écoles de Frères furent ouvertes, l’une à CHAMPCLAUSON, l’autre à LA LEVADE. La communauté de La GRAND-COMBE vécut, en 1947, la tourmente qu’entraîna pour l’école des Frères la nationalisation des houillères, à savoir l’intégration de cette école, propriété de la [Cie des] mines, dans l’enseignement public. Un important mouvement de résistance se développa alors parmi les parents d’élèves de cette école pour s’opposer à cette décision, mouvement qui, finalement, se concrétisa par la construction d’une nouvelle école, la Villa Béchard.

C’était toujours l’école de garçons, avec deux sections, école et collège, les Frères étant entourés d’une solide équipe d’enseignants laïques, dont plusieurs sont toujours parmi nous. D’ailleurs, ils évoquent volontiers quelques noms de Frères qui les ont particulièrement marqués : F[rère] Marcel, directeur de 1940 à 1956, F. René, F. Jules, F. Serdieu, F. Joseph…

En 1968, avec l’introduction de la mixité, l’école primaire quitta la Villa Béchard et rejoignit l’école primaire des filles dans le bâtiment des Soeurs de St. Vincent de Paul, ce fut la création de l’École St. Pierre.

La communauté des Frères se réduisait au fil des années, faute de recrutement, et elle fut fermée en 1972, le collège de la Villa Béchard continuant avec une équipe de laïcs sous la direction de Marguerite Rey.

Au cours de la décennie 1970-80, trois Frères vinrent successivement à La Grand-Combe pour un recyclage apostolique d’un ou deux ans, en lien avec l’équipe des prêtres et avec des militants chrétiens adultes.

Au début de l’année 1980, l’équipe des prêtres de La Grand-Combe adressa aux responsables de l’Institut des Frères en France un appel en vue de la création d’une petite communauté à La Grand-Combe. Voici quelques extraits de la lettre de demande :

« La présence parmi nous de quelques frères en recyclage apostolique nous a confirmé un certain nombre de convictions sur la vie religieuse et son importance dans notre monde et pour l’Église. Nous avons plus particulièrement apprécié :

1. Leur présence auprès d’un monde populaire, habitant sur un quartier, TRESCOL, qui est presque le quart-monde. Ils étaient proches de toute une population de travailleurs, d’immigrés et même de militants adultes très engagés.

2. Leur souci apostolique : à l’écoute des gens, au service des mouvements pour fonder l’Église. Aujourd’hui, des personnes ont conscience de découvrir en eux un visage de l’Église.

3. Leur manière de vivre leur consécration religieuse ; bien que ne vivant pas en communauté, ce qui a limité leur témoignage, ils ont donné un réel témoignage de pauvreté et d’obéissance par l’écoute et leur disponibilité. Tout cela nous a permis de préciser ce que nous entrevoyons depuis longtemps, et nous amène aujourd’hui à vous faire une demande précise : ce que nous avons commencé à vivre avec des frères, ne serait-il pas possible de le poursuivre par la fondation d’une communauté ? …

Nous verrions bien l’implantation d’une communauté de deux ou trois frères sur le quartier de TRESCOL, formé en majorité de travailleurs, d’immigrés, de marginaux…
Ce projet peut se vivre avec l’équipe de prêtres et en lien avec les mouvements déjà implantés sur le secteur …

C’est parce que nous croyons profondément à la vie religieuse, à son signe pour aujourd’hui, que nous faisons cette démarche en souhaitant bien sûr qu’elle trouvera de votre part un accueil favorable. »

La réponse de l’Institut à cet appel fut effectivement favorable et le responsable général pour la France fit connaître ce projet de création, en même temps que quelques autres, à tous les Frères , faisant appel aux volontaires. C’est ainsi qu’à partir des réponses, il put constituer la communauté de trois frères qui allait s’implanter à TRESCOL, à la rentrée 1982.

Quelques mois avant l’implantation eut lieu à La Grand-Combe une rencontre qu’on peut qualifier de « fondatrice » parce qu’elle réunissait, avec les frères pressentis et les responsables de l’Institut des Frères, l’équipe des prêtres de La Grand-Combe, des représentants des trois Mouvements A.C.O., J.O.C., A.C.E. et les responsables du Collège Villa Béchard et du Lycée Professionnel Pasteur, soit une vingtaine de personnes autour de la table. Chacune de ces instances a pu dire par ses représentants ce qu’elle attendait de la présence d’une communauté. On peut dire que l’ensemble de ces interventions a donné à la communauté les grandes lignes de son projet.

Expression de l’A.C.E. : 

« – Que les Frères soient attentifs à la vie des enfants du Monde Ouvrier…

– Qu’ils permettent à des enfants de fonder un club, surtout dans un quartier où il n’y a pas d’enfants en Mouvement.

– Qu’ils vivent leur insertion en lien avec une Église en classe ouvrière.

– Ils vont vivre dans un quartier. Qu’ils participent avec les gens à la vie du quartier.

– Qu’ils réfléchissent à partir de leurs engagements avec d’autres laïques et religieuses.

C’est important que le Monde Ouvrier soit porté dans la prière, et une communauté de frères, c’est aussi pour cela. »

[Expression] de la J.O.C. :

« – Qu’ils soient partie prenante des priorités de la fédé J.O.C., en faisant un « défrichage » au niveau des gars et des filles au travail et au chômage et des ados.

– Qu’ils accompagnent les équipes qui peuvent naître.

– Qu’ils aient le souci de faire naître et de soutenir des délégués, des responsables.

Pour nous, que vous viviez en communauté et au service des Jeunes du Monde Ouvrier, en essayant de fonder la J.O.C., c’est important pour toute la jeunesse ouvrière.
C’est pour nous un signe de Jésus-Christ.

Nous pensons que dans votre vie de communauté ce sera important de dire à Dieu ce que vous vivez, ce dont vous êtes témoins, ce que vous partagez et faites vivre dans la jeunesse ouvrière.

On espère que la communauté sera durable ; il faut déjà 2 ans pour faire connaissance avec le milieu ; il faut que ça continue. »

[Expression] de l’A.C.O. :

« – Que les frères ne soient pas ‘à notre service’ mais ‘avec nous’, qu’ils soient vraiment des habitants de Trescol, parmi les gens de Trescol.

– Qu’ils soient avec nous en A.C.O. , non pas pour s’informer, mais en étant chercheurs de Dieu avec nous, à partir de ce qu’ils vivront avec les gens du quartier ou [avec] les jeunes ou [avec] les militants.

Il nous paraît qu’à cette condition, s’occuper d’un club A.C.E. ou d’un groupe de jeunes, ce sera vrai, parce que, sur le quartier, il y a des enfants qui forment des bandes et des jeunes et ils seront parmi eux.

Le fait de vivre en communauté, c’est déjà un signe de ce qu’on vit en Monde Ouvrier : s’en sortir ensemble, vivre en Peuple. »

[Expression] d’ « Éducateurs et Laïcat »
(équipe d’enseignants de la Villa Béchard
et du Lycée Professionnel Pasteur) :

« – Nous attendons un témoignage de vie de frères, une présence du spirituel.
– Qu’ils nous aident à connaître la vie de ces jeunes que nous ne voyons qu’à l’école et dont nous sommes en partie responsables.
– Qu’ils nous interpellent continuellement sur ce que nous voulons et faisons, pour nous aider à avancer dans notre projet qui est de servir, par l’école, les jeunes du Monde Ouvrier. »

Quel programme ! Quelles attentes !

C’est donc au cours de l’été 1982 que la communauté de trois Frères s’implanta dans un logement H.L.M. de Trescol où elle est encore aujourd’hui.

Au fil de ces 25 années, quelques visages ont changé, mais c’est la même Mission qui continue à la suite de Saint Jean-Baptiste de La Salle.

§

Source : sud.lasalle-fec.org
Paru en : 2007

Reblogué par : Mas de la Regordane / GD
Première Publication : 28.01.2018
Dernière mise à jour : 29.01.2018

Lèo Larguier, poète de La Grand-Combe

Léo Larguier

I / La Revue Critique (des idées et des livres.)

« Ce n’est pas seulement pour vivre ensemble, mais pour bien vivre ensemble, qu’on forme un État. » – Aristote

SUR LES MÔLES

Sur les môles aux vieux platanes,
Et dans les ports au bord des mers,
Où le troupeau des courtisanes
S’enivrait de parfums amers,
Vous débarquiez, gloires épiques :
Un profil droit, entre les piques
Se découpait en dominant
Sous un portique aux blanches pierres,
Mais passez, gloires militaires,
Vos lauriers sont tachés de sang !

Caesar n’est rien… La nuit tranquille
Descend ; ne sonnez plus, buccins,
Et laissez méditer Virgile
Sous la douceur des cieux latins.
Une étoile tremble et se lève,
Le poète poursuit son rêve ;
Vénus qui marchait dans le bois
S’appuie au bras d’un beau satyre,
Et cesse en frémissant de rire
Pour écouter la grande voix.

Du vieux renom des capitaines,
Dans les temps il ne reste rien :
Hors les blessés, les sombres plaines,
Les corbeaux, nul ne se souvient,
Mais lisez ce beau livre antique,
Surprenez ce soir idyllique
Dans les mots divins de ces vers,
Admirez ces têtes fleuries ;
Écoutez… les Dyonisies
Chantent sous les ombrages verts

Tournez les pages… Des colombes
Battent de l’aile dans l’azur ;
Des rosiers embaument les tombes,
Le monde est clair, le jour est pur ;
Contre une colonne dorique,
Une vierge mélancolique
Effeuille sans même les voir
Des pétales de marguerite,
Tandis que passe Théocrite
Dans un vers bleu comme le soir !

Car tout vit dans le livre immense,
Il est pareil à la maison
Que parfume dans le silence,
La muse à la blonde toison ;
Et ses fenêtres sont ouvertes
Sur les plaines de blés couvertes
Où l’on ne voit que des bouviers ;
Les dieux y viennent à l’aurore,
Laissant à sa porte sonore
Des grappes d’or et des ramiers !

Léo Larguier (1878-1950), La Maison du poète 1903

CRÉPUSCULE

Un point d’or, l’azur des coteaux,
Le soir d’été baignant la terre,
Un vieux chemin plein de mystère,
Sous les fronts penchés des bouleaux.

Et s’effaçant sous la ramée,
Un couple qui s’en va disant,
Au bleu clair de lune d’argent :
« Mon bien-aimé, ma bien-aimée ! »

Ce n’est rien, mais c’est l’infini
D’une vie aimable et rapide.
Le vent tiédit, l’étang se ride,
On entend des voix dans un nid…

Ô planètes, terres lointaines,
Avez-vous aussi de beaux soirs,
Des chemins creux et des bois noirs
Pleins de frissons et de fontaines,

Et des lilas et des rosiers,
Avec de belles formes blanches,
Sous les tremblants arceaux des branches
Aux fins de jour, dans les sentiers ?

Léo Larguier (1878-1950), Les Isolements 1906

DE LOINTAINES CHOSES

J’aime parfois songer à de lointaines choses :
A des jardins persans dont les hauts cèdres bleus
Bénissent l’air léger tout vanillé de roses,
A des maisons d’Asie étouffantes et closes,
Aux chalets isolés qui rient d’un seuil neigeux.

Aux femmes de Golconde ; à Marie-Antoinette
Accoudée en été dans le blanc de midi
Sous un rose chapeau d’où naît la pâquerette,
Fermant un peu les yeux, penchant un peu la tête
Vers les linons mousseux d’un corsage arrondi.

Aux brisants hérissés de bêtes aquatiques,
A des poissons nageant dans l’eau de Magellan,
Aux tempêtes de nuit sur les glaces antiques,
Aux lointains amoureux des régions arctiques
Que baigne un crépuscule infini, triste et lent.

Aux mystères des bois embrumés, à des sentes
Que l’automne remplit de feuilles, de bois mort,
Aux choses qui la nuit tressaillent dans les plantes,
Au-dessous des cailloux, aux rochers pleins de fentes
Sur qui jusqu’au matin la tiède lune dort.

Léo Larguier (1878-1950), Orchestres 1914

II / Biographie 

1878 – Naissance à La Grand-Combe, le 6 décembre, rue de la République, de Léo, César, Albin, Larguier, au sein d’une vieille famille de paysans huguenots. Son père Anselme Honoré Albert est menuisier et sa mère Clarisse Théron s’occupe du foyer.
1893 (?) – Élève au lycée « d’Alais », il s’intéresse déjà à la poésie.
1899 – Il fait son service militaire à Aix en Provence où il rencontre Cézanne.
1901 (?) – Inscrit à Science Po, il préfère « étudier » à Saint-Germain des Près …
1914 – Il est mobilisé pour la « Grande Guerre ».
1915 – Il fait la campagne en Champagne.
1918 – Il est démobilisé de l’armée.
1919 – Il est fait chevalier de la Légion d’honneur,
1936 – Il devient membre de l’Académie Goncourt,
1940 – Il participe à lexode de Paris et va vivre un temps à Vialas dans les Cévennes.
1950 – Il est fait commandeur de la Légion d’Honneur et 

III / Poèmes

  • La Maison du Poètepoèmes (1903)
  • Les Isolementspoèmes (1906)
  • Jacquespoème (1907)
  • Théophile Gautier (1911)
  • JeanJacques Rousseaupièce en un acte et en vers (1912)
  • LHeure des Tziganespièce en un acte (1912)
  • Orchestrespoèmes (1914)
  • Les Bonapartetragédie lyrique en trois tableaux et en vers, (1920)
  • LAprèsmidi chez lantiquaire (1921)
  • La Poupée (1926)
  • En compagnie des vieux peintres (1927)
  • Le Père Corot (1931)
  • Le Faiseur dorNicolas Flamel (1936parus dans la collection Jai lu (LAventure mystérieuse n°A220)
  • LAmateur de femmes (1937)
  • Les Dimanches de la rue Jacob (1938)
  • SaintGermaindesPrésmon village (1938)
  • Les Trésors de Palmyre (1938)
  • Le Soldat Inconnu (1939)
  • Provence et Cévennes (1941réédit2003ISBN 2846210349
  • Au vieux saint de bois (1944)
  • Mes vingt ans et moi (1944)
  • Le Roi sans reine : Louis II de Bavière (1947)
  • La trahison dEurydice (1947)
  • Quatrains dAutomne (Posthume : 1953).

§

IV / Hommage à Léo Larguier,
par un grand-combien du XXIè siècle

A toi Léo Larguier,
Né à La Grand’Combe
Dont le corps repose
Aux Salles du Gardon,

Tout près d’un vieux figuier.
Au sud de ta tombe,
Un bouquet de roses :
Ta Muse en fit don.

Si, rue République
Fût ton ancien séjour ;
Le Soleil Oblique
Sera ton prime amour,

Disque d’or des Cévennes,
Apaisant les peines
Gravées sur ton haut front
De fins micro-sillons.

Georges Delannoy.

§

Source I : La Revue Critique
Publié le : 29 octobre 2017

Source II : Mas de la Regordane/Historique La Grand-Combe

Source III : fracademic.com

Source IV : Georges Delannoy, Poèmes Grand-Combiens
Publié le : 01.01.2019

Reblogué par : Mas de la Regordanne / GD
Première publication : 28.01.2018
Dernière révision : 01.01.2019

Garde dans les mines de charbon

Qui étaient les gardes des mines ? Un documentaire inédit leur est consacré

Le garde, c’était « les yeux et les oreilles de la mine ». Des personnages centraux du coron, mais dont le rôle ambigu a été, paradoxalement, très peu mis au jour. Eux consignaient toutes leurs activités. Grâce à ces archives, le documentaire « Sous l’œil des Houillères » propose un décryptage inédit du système de surveillance du bassin, le S.S.B.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

« Sous l’œil des Houillères » a exhumé des archives du centre minier de Lewarde des documents inédits.

Dans les corons, le garde des mines était une figure familière. Pourtant, il reste peu de témoignages sur le rôle, bien plus complexe et ambigu qu’il n’y paraissait, de ceux parfois appelés les « hommes en noir ».

Pour un documentaire qui sera diffusé sur France 3 le 6 novembre après Le Grand Soir 3, le réalisateur Richard Berthollet a examiné des centaines de pages des archives du centre minier de Lewarde. En une cinquantaine de minutes, le réalisateur distille des images rares de ces agents qui se «  tenaient soigneusement à l’écart des caméras et des appareils photos  », des témoignages, de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle aux gardes eux-mêmes.

https://player.vimeo.com/video/235353890Teaser du documentaire « Sous l’oeil des Houillères »
from Pictanovo on Vimeo.

Le point de départ ? La bible des gardes

«  Ce documentaire, c’est une histoire qui a commencé il y a dix ans.  » À l’occasion d’un film qu’il réalise sur le Racing-club de Lens, le journaliste se plonge une première fois dans les archives des Houillières. «  Dans une boîte, au hasard, je tombe sur un mémento  ». C’est ce qui donnera corps à ce projet de documentaire. «  Ce premier document, c’est une «bible» du S.S.B. intitulée « Mémento » à l’adresse du personnel du Service de Surveillance du Bassin qui explique, sur une centaine de pages, ses missions et son mode de fonctionnement. Et, parfait contre-point, nous avons également trouvé des trombinoscopes de gardes accompagnés de centaines de procès-verbaux de surveillance couvrant la période du début des années cinquante à la fin des années soixante-dix. Complémentaires, ces documents dessinent les contours idéologiques et opérationnels du SSB.  » Au fil des boîtes rigoureusement classées et conservées par les archives de Lewarde, le pourquoi et le comment de la surveillance se dessine.

Une histoire inédite

«  Je connaissais le garde, mais pas le côté systématique.  » Richard Berthollet, épaulé par l’historienne Marion Fontaine, explore un pan peu connu et rarement traité de l’histoire des mines. «  Il n’existe pas de livre exclusivement dédié à ce sujet.  » Le documentaire fini, c’est «  une immense fierté, d’habitude, on s’aide des livres d’histoire. Là on a fait le boulot avant.  »

«  Il a aussi fallu comprendre qu’est-ce qui a radicalisé l’État.  »

Le documentaire nous entraîne du XIXe siècle – quand les compagnies minières privées font régner leur ordre – jusqu’à la nationalisation.

Alors que les mineurs pensent que la mine va « leur revenir », la surveillance empire et devient un système sous l’effet conjugué des grèves de 1948 et de la guerre froide. Puis s’invitent dans le documentaire et dans les corons les « événements d’Algérie » avant la fermeture des derniers puits qui marque l’extinction du SSB. L’histoire du bassin minier vue sous un jour inédit.

Pour le voir en avant-première ou à la télévision

Le documentaire « Sous l’œil des Houillères » sera diffusé à deux reprises.

Dans un premier temps, une avant-première de ce documentaire de Marion Fontaine et Richard Berthollet est organisée mercredi 11 octobre, à 20 heures au Leaud (Arenberg Creative Mine), sur le site minier de Wallers-Arenberg (rue Michel-Rondet à Wallers-Arenberg). Seront présents Richard Berthollet, réalisateur,

Marion Fontaine, co-auteure, Amy Benadiba, directrice-conservatrice du Centre historique minier de Leward notamment avec qui un échange est organisé à l’issue de la projection.

Réservation indispensable à diffusion@exquise.org ou au 03 20 43 24 32.

Le documentaire sera ensuite diffusé sur France 3, le 6 novembre, après Le Grand Soir 3, vers 23 heures.

Un portrait en clair-obscur

Le garde des mines contrôle la propreté du trottoir après la livraison du charbon, arrange les conflits de voisinage, connaît le prénom de tous les enfants de la famille et peut aussi ramener par l’oreille celui qui dérape… Le garde, agent de « proximité » avant l’heure, est alors aussi un agent de surveillance. Il possède des fiches sur chaque foyer, exerce une surveillance politique et syndicale, comme le raconte le documentaire. Un mauvais rapport du garde, et la demande de logement redescend en bas de la pile. Un bon rapport (contre un tuyau sur un voisin) et on gagne « les faveurs » des Houillères.

Nostalgie

Le portrait brossé révèle un rôle sombre («  entre milices et barbouzes  », dit le documentaire) et qui évolue au fil du temps. Les gendarmes reconvertis en garde des mines laisseront ensuite la place à d’anciens porions. D’anciens gardiens témoignent, racontent certaines dérives mais parlent d’une époque heureuse où régnaient l’ordre et le travail. La nostalgie du temps de la mine n’est jamais loin.

«  Dans ce cas, les personnes regrettent un rapport humain, c’est paradoxal, en direct avec le propriétaire  », rapporte Richard Berthollet, le réalisateur, quand le garde portait leurs voix auprès de la compagnie des mines. Le garde, un personnage plus complexe qu’il n’y paraît au fil du temps, entre la «  fonction d’îlotage  », de proximité rappelée par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, et la menace sur «  les libertés individuelles » que décrit un autre témoin… «  C’est tout ça qui donne à cette nostalgie une certaine ambiguïté que le film tente d’expliciter  », reprend le réalisateur.

P.Drouet

§

Par Pauline Drouet | 

Blogué par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 25.01.2018
Dernière Mise à Jour : 25.01.2018

Inde 2017 : explosion d’une centrale à charbon

Explosion dans une centrale au charbon en Inde :
16 morts et de nombreux blessés

 

Explosion dans une centrale au charbon en Inde: 16 morts et de nombreux blessés

Au moins dix personnes ont été tuées et des dizaines blessées mercredi dans une explosion qui s’est produite dans une centrale électrique au charbon dans le nord de l’Inde, a annoncé la police, craignant une aggravation de ce bilan.

[Octobre 2017] Au moins seize personnes ont été tuées et des dizaines blessées mercredi dans une explosion qui s’est produite dans une centrale électrique au charbon dans le nord de l’Inde, a annoncé la police.

L’explosion s’est produite dans une centrale située dans le district de Raebareli dans l’Etat de l’Uttar Pradesh et gérée par une compagnie publique, la National Thermal Power Corporation (NTPC).

L’explosion a fait 16 morts, selon un bilan communiqué mercredi soir par la police de l’Uttar Pradesh sur son compte Twitter.

Une centaine de personnes ont été blessées, selon un haut responsable de l’Uttar Pradesh, Arvind Kumar, cité par l’agence Press Trust of India (PTI).

Selon Anand Kumar, directeur général de la police de Lucknow, capitale de l’Uttar Pradesh, une enquête préliminaire a montré que de la cendre s’était accumulée dans le fourneau sous la chaudière de la centrale, provoquant l’explosion.
« Un bruit soudain anormal »

En raison de l’accumulation de la cendre, « la pression a augmenté à l’intérieur, provoquant l’explosion », a-t-il déclaré sur une vidéo diffusée sur YouTube.

La compagnie qui gère la centrale a indiqué qu’il y a eu « un bruit soudain anormal » dans l’une des unités de la centrale. « Une enquête a été ouverte par la direction de NTPC pour déterminer les causes de l’accident », a déclaré l’opérateur public dans un communiqué publié mercredi soir.

Le chef du gouvernement de l’Uttar Pradesh Yogi Adityanath a offert une compensation de 200.000 roupies (3.096 dollars) à chaque famille des employés tués.

Des images diffusées après l’accident montraient d’épaisses volutes de fumée grise dans le ciel ainsi que des ambulances affluant sur le lieu du drame.
13 morts lors d’un mariage

Les accidents touchent fréquemment les infrastructures énergétiques en Inde, en raison notamment d’une maintenance défectueuse et d’un manque de moyens financiers dans les zones rurales.

Mardi, au moins 13 personnes ont péri dans l’explosion d’un transformateur lors d’un mariage au Rajasthan, dans l’ouest du pays.

Près de 10.000 personnes sont mortes par électrocution en Inde en 2015, selon les dernières statistiques officielles disponibles.

§

Commentaire GD:

En France, en plus de 200 ans d’exploitation, il n’y a jamais eu d’explosions de centrales à charbon (on ne parle pas de gaz « grisou » qui est un autre problème), pour la bonne raison que l’ingénierie du charbon a toujours fait appel aux meilleurs ingénieurs du moment (École Polytechnique, Centrale, Pont et Chaussée, Écoles des mines de Paris, d’Alès ou de Saint Étienne…)
et qu’aussi bien la direction que le syndicats ont veillé à ce que les règles de sécurité soient appliquées sans faille.

Si l’on avait dû mettre hors service les centrales du Fesc à La Grand-Combe ou la puissante Émile Huchet, des H.B.L., la France n’aurait pas produit assez d’énergie pour faire fonctionner les mines et donc toutes les autres industries qui ont longtemps « fonctionné » au charbon : aciéries, usines de fabrication de ciment…etc.)

L’arrêt de la production de charbon en France, ne fut pas une stupidité, mais un crime contre la souveraineté énergétique de notre pays, délit commis pas des gouvernements que l’on peut qualifier à minima d’irresponsables, pour ne pas dire plus.

§

Source : RTL.be
Publié le 01 novembre 2017 à 16h04

Blogué par : Mas de la Regordane.fr / GD
Première Publication : 22.01.2018
Dernière mise à jour : 22.01.2018

Les Placières des mines de La Grand-Combe

I / Dame Noire, honneur aux Placières*

*Femmes employées au tri du charbon à la sortie du puits de mine, afin de séparer le charbon de la pierre.

II / Article de l’A.P.P.H.I.M. sur les Cafus (ou Placières).

Les femmes descendaient au fond aux débuts de la mine. Après l’interdiction législative du fond pour les femmes, elles furent occupées au jour pour divers travaux dont celui de trieuses. On les appelaient cafus ou mahus (Mines de Liévin) . Elles doivent ce nom à l’étoffe qui entoure leur coiffe. Cette étoffe est destinée à protéger des poussières et à maintenir la coiffure ; [à La Grand-Combe, on dit placières, parce que, des heures durant, elles plaçaient et déplaçaient le charbon et les pierres dans leurs bennes respectives. NdE]

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Le triage est l’action de séparation des charbons des terres stériles. C’était un métier éprouvant sans cesse debout avec la cadence infernale du convoyeur à bande. Le bruit, les poussières, les mains abîmées sont les effets de ce travail. En plein été, la chaleur les faisait suffoquer et en hiver leurs mains étaient gelées par le froid. Il ne faut pas oublier tout ce que les trieuses retrouvaient au milieu des charbons notamment les déjections fécales des mineurs ayant fait leurs besoins dans les berlines au fond.

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Le travail était tellement poussiéreux que les trieuses ressortaient aussi noires que les mineurs de fond. Les mineurs les surnommaient  » les culs à gaillettes « , leur derrière étant tout noir à force de s’essuyer les mains dessus.

Elles étaient sous la responsabilité d’un porion au jour qui ne les ménageait pas…

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Les trieuses disparurent des carreaux miniers avec la création des criblages-lavoirs automatisés. Ils permettaient de récupérer la moindre particule de charbon, ce qui n’était pas le cas des trieuses qui laissaient passer beaucoup de « fines ». Certains terrils ont d’ailleurs été relavés dans les dernières années pour récupérer le précieux minerai.

III / Toutes jeunes de 15 à 20 ans, chanson des Placières

et une dernière pour la route … du charbon :

IV / Complainte pour une Trieuse

V / L’épopée des gueules noires, 
femmes et enfants au fond des mines.

http://fr.coal-stock.eu/l-épopée-des-gueules-noires-femmes-et-enfants-au-fond-des-mines.html

VI / Honneur aux Placières par le premier magistrat de la Grand-Combe

§

Blog sponsorisé par : INTEGR

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Site Officiel – http://integr371408430.wordpress.com

Page FaceBook – http://www.facebook.com/integr.fr

§

License vidéo : License Youtube Standard

Vidéos ajoutées le 20/29 décembre 2010,

soit, 4 Titres originaux par : Marc Laforêt
I / Dame Noire, honneur aux Placières.
III / Toutes jeunes de 15 à 20 ans, chanson des Placières
IV / Complainte pour une Trieuse.
VI / Honneur aux Placières, par le maire de La Grand-Combe

II/ Source photos et article : APPHIM
« Mineur de fond, le mineur, son métier, sa vie. »
Visitez leur site, il est très riche et passionnant.
Photos : CdF (Charbonnages de France 1946-2007)

V/ L’épopée des gueules noires, femmes et enfants au fond des mines.
Vidéo de 2’33 » par : Création Vidéo, Gilles Dufour.
Source : fr.coal-stock.eu
Publié : Février 2017

Blog rédigé par : Georges Delannoy / Mas de la Regordane
Première publication : 05.01.2018
Dernière mise à jour : 20.08.2018

Le sport à La Grand-Combe

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La Grand Combe : associations Sportives

Où pratiquer votre sport individuel ou collectif sur la ville de La Grand-Combe (30110)?

LISTE DES ORGANISMES

Amicale des Algériens en Europe
Buts : défendre les intérêts moraux et matériels de ses membres ; oeuvrer pour le rapprochement des peuples et la cohabitation de toutes les communautés ; développer des activités culturelles, sociales, éducatives, pédagogiques et sportives et susciter des liens d’amitiés entre ses membres.
28, rue du Planas, Trescol 30110 La Grand-Combe

Association Citoyenne et Culturelle d’Education Populaire de Trescol
Buts : retisser du lien social ; favoriser l’expression et la participation ; développer des initiatives solidaires ; mettre en oeuvre des activités culturelles et sportives.
12 rue de Trescol, 30110 La Grand-Combe

Association de Boxe Grand’combienne M.N
Buts : assurer le développement de la boxe et la réinsertion par le sport.
23 rue Mistral, 30110 La Grand-Combe

Association Renouveau des Cités Cévennes-Champclauson A.A.E./A.R.C.C.C./A.A.E
Buts : représenter le quartier des Cévennes et celui de Champclauson ; permettre à ses adhérents de s’exprimer par le biais de l’association et développer la pratique du sport, notamment le football.
28, rue de Planasse, 30110 La Grand-Combe

Association Sportive du Collège Villa Béchard
Buts : mise en place d’activités sportives avec l’ensemble des élèves
3, rue Villa Béchard, 30110 La Grand-Combe
Thierry PRETOT, chef d’établissement coordinateur
tél : 04 66 34 12 59

Association Sportive Lycée Professionnel Privé Pasteur
Buts : organiser l’E.P.S. et la pratique des sports dans l’établissement ; participer aux compétitions dans le cadre de l’U.N.S.S. et de l’U.G.S.E.L.
lycée rue Pasteur, 30110 La Grand-Combe

Avenir Sportif Grand’combien
Association de type : Sports, activités de plein air.
Café du Commerce, rue Anatole-France, 30110 La Grand-Combe

Boxing-Club Lous Pelous
Buts : permettre aux adhérents de pratiquer des activités sportives
et en particulier la boxe anglaise.
7 rue du Brugas, 30110 La Grand-Combe

Complexe Terre Accueil
Buts : échanges culturel et sportif (pratique du skate board, vélo, rollers).
5 rue des Tilleuls, 30110 La Grand-Combe

Centre Formation Karting Praga
Création de Centre de Formation et Enseignement à la Pratique du Karting Praga Buts : attribution des agréments d’exploitation du nom praga kart academy et aides et conseils à la création de centre de formation Praga Kart Academy.
42 rue du Riste, 30110 Grand-Combe

Diabolik Team
Buts : se rendre sur les manifestations de voitures tuning
4 rue de Trescol, 30110 La Grand-Combe

Espoir Cycliste Grand’combien Omnisports Fsgt
Association de type : Sports, activités de plein air.
2 chemin de la Haute Levade, 30110 La Grand-Combe

 

LcFootballeurs193X

Esprit Coeur à Corps
Buts : pratiquer l’éducation physique et sportive de tous les publics et plus particulièrement des populations ayant subi des atteintes cardiaques et à qui il est recommandé de s’inscrire dans un processus de réadaptation cardiaque.
Annexe de la mairie, square Mendès-France, 30110 La Grand-Combe

Fitness-Sport pour Tous
Buts : pratique de sport en salle, pleine nature et piscine permettant une remise en forme adaptée ; organisation de manifestations de promotion sportive (spectacles, rencontres sportives, loto).
6 place Baptiste Marcet, 30110 La Grand-Combe

Groupement des Pêcheurs Sportifs Haut-Cévenol
Buts : pratiquer la pêche à la mouche en eau douce ; organiser des compétitions et promouvoir la pêche sportive ; protéger l’eau et son environnement.
2 rue des Châtaigniers, 30110 La Grand-Combe

Lachtouteam-Cévennes
Buts : organiser, promouvoir et développer des activités physiques et sportives.
2 rue des Pervenches, 30110 La Grand-Combe

Les P’tits Loups
Buts : animations sportives, culturelles et éducatives à destination de la petite enfance
9, rue des Ecoles, La Levade 30110 – La Grand-Combe

Office Intercommunal du Sport du Pays Grand’combien
Buts : soutenir, encourager et provoquer tous les efforts et toutes les initiatives tendant à répandre et à développer pour tous la pratique de l’éducation physique et sportive, du sport, des activités de loisirs à caractère sportif et le contrôle médico-sportif ; faciliter, dans les mêmes domaines, une coordination des efforts,…
Annexe mairie, square Mendès-France 30110 La Grand-Combe

Retro Méca Sport
Buts : promotion des sports mécaniques et des véhicules anciens, rendre les sports mécaniques accessibles à chacun, amélioration de l’image de l’automobile et des sports mécaniques, la renaissance et la conservation de véhicules d’ époque, l’organisation de courses, rassemblement, sorties ou toute autre manifestation, la formation à la mécanique, …
286 la Trouche et Castilhon, 30110 La Grand-Combe

Shotokan Karaté Do Grand’combien
Buts : promouvoir le karaté dans les règles imposées par la fédération française de karaté disciplines associées et dans le plus grand respect de l’esprit sportif.
1 rue ?(impasse) Wagner, 30110 La Grand-Combe

V.T.T. (vidéo s/vélos tous terrains)
45 rue des Poilus, parking de la « Maison du Mineur« , 30110 La Grand-Combe

§

Collation et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 05.01.2018
Dernière mise à jour : 06.02.2019

Crimes et délits à la Grand-Combe et le Gard

TontonFlingueurs31963 – La délinquance vue par Audiard et ses Tontons Flingueurs (vidéo)

Délinquance à La Grand Combe,
actes de délinquance à La Grand Combe sur un an.
Ce qui baisse et ce qui augmente.

Les chiffres de la délinquance pour la ville de La Grand Combe ne sont disponibles qu’au niveau du département du Gard

La Grand Combe, classement du département du Gard en matière d’insécurité et de délinquance

La Grand Combe est elle une ville sûre ? Le sentiment d’insécurité est lié aux actes de délinquance du quotidien sur une année les forces de police et de gendarmerie du département du Gard ont constaté 40 885 crimes, délits et actes de délinquance. Ce chiffre comparé au nombre d’habitants classe le département de La Grand Combe, 82ème département le plus sûr de France sur 128 analysés, y compris les départements et territoires d’outre-mer. Ce chiffre est à rapprocher du nombre total d’habitants du département du Gard : 736 029 personnes. par rapport au nombre d’habitants de La Grand Combe qui est de 5 162. La population de La Grand Combe représente donc 0,70 % de la population du département. Enfin le taux de pauvreté de La Grand Combe est un indicateur intéressant, ce dernier est de 39% de la population de La Grand Combe, cela représente 934 ménages vivant à La Grand Combe dont le revenu mensuel est inférieur 712 euros.

La Grand Combe, Principaux chiffres de la délinquance du département du Gard par type de crimes et délits :

Homicides et tentatives de meurtre en progression

Le nombre d’homicides et de tentatives de meurtres du département du Gard est de 24sur un an. Cela représente un risque de 1 sur 32 001 d’en être victime. Les données de l’année précédente faisaient état de 20 homicides ou tentatives de meurtres, 2 ans auparavant ce chiffre était de 15 personnes tuées.

  • Homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Homicides pour d’autres motifs : 12
  • Homicides commis contre enfants de moins de 15 ans : 1
  • Tentatives d’homicides pour voler et à l’occasion des vols : 0
  • Tentatives d’homicides pour d’autres motifs : 8
  • Coups et blessures volontaires suivis de mort : 3

Coups et blessures en progression

Le nombre de victimes de Coups et blessures volontaires du département du Gard est de 2 264 pour l’ensemble de l’année. Pour la ville de La Grand Combe le risque est de 1 sur 325. Les données de l’année précédente faisaient état de 2 227 faits de coups et blessures enregistrés, et de 2 196 faits 2 ans auparavant.

Cambriolages et violations de domiciles en baisse

Les cambriolages et les violations de domiciles du département du Gard sont au nombre de 8 627 sur une année pour une population de 736 029 habitants. Le risque d’être cambriolé est donc de 1 sur 53. L’année précédente il y a eu 9 382 violations de domiciles ou cambriolages, 2 ans auparavant il y en avait eu 10 313. Viennent s’ajouter aux cambriolages les incendies volontaires de biens privés au nombre de 452 sur un an.

  • Violations de domicile : 92
  • Vols à main armée contre des particuliers à leur domicile : 20
  • Vols violents sans arme contre des particuliers à leur domicile : 38
  • Cambriolages de locaux d’habitations principales : 3 541
  • Vols avec armes blanches contre des particuliers à leur domicile : 23
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des locaux privés : 3 021
  • Cambriolages de résidences secondaires : 386
  • Vols avec entrée par ruse en tous lieux : 76
  • Cambriolages de locaux industriels commerciaux ou financiers : 762
  • Cambriolages d’autres lieux : 668

Vols contre des particuliers hors domicile, vols de voitures et vols contre des entreprises et lieux publics en baisse

Les vols contre des particuliers hors de leurs domiciles, les vols de voitures et les vols auprès de professionnels du département du Gard sont au nombre de 17 470 sur l’année. Les vols dont les victimes sont des particuliers en dehors de leurs domiciles sont de 5 970 en progression sur un an, les vols de voitures, vols dans les voitures, vols de pièces et dégradation sont au nombre de 9 405 en baisse par rapport à l’année précédente. Enfin les vols auprès des entreprises et des professionnels sont au nombre de 2 095. Chiffre qui est en baisse sur une année. Le risque d’être victime de vol est de 1 sur 50. L’année précédente il y a eu 19 014 affaires de vols au total contre 20 456 affaires 2 ans auparavant. Concernant le vol de voitures ou de moto le risque est de 1/ 127.

Vols contre des particuliers hors domicile

  • Vols violents sans arme contre des femmes sur lieu public : 682
  • Vols violents sans arme contre d’autres victimes : 576
  • Vols à la tire : 762
  • Autres vols simples contre des particuliers dans des lieux publics : 3 805
  • Autres vols à main armée : 29
  • Autres vols avec armes blanches : 116

Vols de voitures et motos

  • Vols d’automobiles : 1 903
  • Vols de véhicules motorisés : 609
  • Vols à la roulotte (vols dans des véhicules) : 3 590
  • Vols d’accessoires sur véhicules à moteur immatriculés : 1 906
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397

Vols contre des professionnels

  • Vols à main armée contre des établissements financiers : 2
  • Vols à main armée contre des établissements industriels ou commerciaux : 37
  • Vols à main armée contre des entreprises de transports de fonds : 0
  • Vols avec armes blanches contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols violents sans arme contre des établissements commerciaux : 9
  • Vols de véhicules de transport avec fret : 4
  • Vols à l’étalage : 446
  • Vols simples sur chantier : 220
  • Vols simples sur exploitation agricole : 267
  • Autres vols simples contre des établissements publics ou privés : 1 101

Crimes et délits à caractère sexuel en baisse

Les victimes d’atteintes sexuelles, viols et harcèlement du département du Gard sont au nombre de 375 sur un an. Le risque d’être victime de crime ou de délit à caractère sexuel est donc de 1 sur 1 963. L’année précédente il y a eu 408 agressions sexuelles, 2 ans auparavant il y en avait eu 382 sur un an.

  • Atteintes sexuelles : 103
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des majeurs : 57
  • Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineurs : 93
  • Viols sur des majeurs : 47
  • Viols sur des mineurs : 68
  • Proxénétisme : 7

Crimes et délits contre des mineurs en progression

Les victimes mineures du département du Gard sont au nombre de 918 sur un an. L’année précédente il y a eu 909 faits concernant des victimes mineures, 2 ans auparavant il y en avait eu 903.

  • Viols sur des mineurs : 68
  • Violences mauvais traitements et abandons d’enfants : 207
  • Délits au sujet de la garde des mineurs : 431
  • Non-versement de pension alimentaire : 212

Infractions liées à l’immigration en baisse

Il y a eu 262 infractions liées à l’immigration sur un an contre 831 l’année précédente et 797, 2 ans auparavant.

  • Aide à l’entrée, à la circulation et au séjour des étrangers : 46
  • Infractions aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers : 58
  • Autres infractions à la police des étrangers : 10
  • Emploi d’étranger sans titre de travail : 40
  • Travail clandestin : 108

Trafics et drogue en progression

Il y a eu 2 153 faits constatés en relation avec des trafics sur un an contre 1 969 l’année précédente et 1 848 2 ans auparavant.

  • Trafic et revente sans usage de stupéfiants : 35
  • Usage revente de stupéfiants : 118
  • Usage de stupéfiants : 1 300
  • Autres infractions à la législation sur les stupéfiants : 20
  • Port ou détention d’armes prohibées : 333
  • Règlements de comptes entre malfaiteurs : 0
  • Recels : 321
  • Délits de débits de boissons et sur l’alcool et le tabac : 26
  • Délits des courses et des jeux : 0
  • Proxénétisme : 7

Animaux et environnement en progression

94 faits contre des animaux ou l’environnement sur une année contre 72 l’année précédente et 112 2 ans auparavant.

  • Destructions cruautés et autres délits envers les animaux : 59
  • Atteintes à l’environnement : 22
  • Chasse et pêche : 13

Atteintes aux biens en baisse

3 458 atteintes aux biens des personnes et aux biens publics en un an contre 3 760 l’année précédente et 3 562 2 ans auparavant.

  • Autres destructions et dégradations de biens privés : 1 142
  • Incendies volontaires de biens privés : 452
  • Destructions et dégradations de véhicules privés : 1 397
  • Autres destructions et dégradations de biens publics : 393
  • Incendies volontaires de biens publics : 74

Crimes et délits psychologiques en progression

3 524 crimes ou délits à caractère psychologique en un an contre 3 225 l’année précédente et 4 078 2 ans auparavant.

  • Atteintes à la dignité et à la personnalité : 364
  • Escroqueries et abus de confiance : 2 108
  • Menaces ou chantages pour extorsion de fonds : 105
  • Menaces ou chantages dans un autre but : 931
  • Délits interdiction de séjour et de paraître : 1
  • Séquestrations : 13
  • Prises d’otages à l’occasion des vols : 0
  • Prises d’otages dans un autre but : 2

Atteinte contre la collectivité en progression

649 crimes ou délits contre la collectivité, la nation et ses représentants en un an contre 638 l’année précédente et 624 2 ans auparavant.

  • Attentats à l’explosif contre des biens privés : 0
  • Attentats à l’explosif contre des biens publics : 0
  • Atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation : 21
  • Violences à dépositaires autorité : 270
  • Outrages à dépositaires autorité : 292
  • Autres délits contre santé publique et professions médicales : 2
  • Fraudes alimentaires et infractions à l’hygiène : 5
  • Infractions au droit de l’urbanisme et de la construction : 59

Faux et usage de faux en baisse

Les faux et l’usage de faux du département du Gard sont au nombre de 1 117 sur l’année. L’année précédente il y a eu 1 517 affaires de faux et usage de faux contre 1 586 affaires 2 ans auparavant.

  • Faux documents d’identité : 60
  • Autres faux documents administratifs : 70
  • Faux documents concernant la circulation des véhicules : 22
  • Falsification et usages de chèques voles : 469
  • Falsification et usages de cartes de crédit : 355
  • Fausse monnaie : 14
  • Faux en écriture publique et authentique : 14
  • Autres faux en écriture : 96
  • Infractions à l’exercice d’une profession réglementée : 8
  • Contrefaçons littéraires et artistiques : 4
  • Contrefaçons et fraudes industrielles et commerciales : 5

Délits économiques en progression

Les délits à caractère économique du département du Gard sont au nombre de 241 sur l’année. L’année précédente il y a eu 179 délits économiques 145 délits 2 ans auparavant.

  • Infractions à la législation sur les chèques : 195
  • Achats et ventes sans factures : 6
  • Banqueroutes abus de biens sociaux et autres délits de société : 10
  • Fraudes fiscales : 0
  • Marchandage prêt de main-d’oeuvre : 3
  • Prix illicites publicité fausse : 11
  • Autres délits économiques et financiers: 16

Enfin les autres délits et actes de délinquance constatés par les forces de police et de gendarmerie du département du Gard dont fait partie La Grand Combe sont au nombre de 1 174 sur l’année.

§

Écrit par : Ville-Data.com delinquance La Grand Combe
[Publié le] :  Mis à jour le 

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane . GD
Première publication : 02.01.2018
Dernière mise à jour : 02.01.2018

Mai 1948, La Grand-Combe, les mineurs fidèles à leur Foi

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L’école et le monopole

… Le 9 Octobre, Pie XII meurt, d’une mort mystérieuse après une mystérieuse maladie qui dura quatre ans. Avec lui allait disparaître l’intangibilité de la doctrine, la sécurité de la foi, la continuité de la Tradition, la solidité des colonnes de l’Église.

Le cardinal Tisserand, un français, grand savant, et grand libéral, va régner sur le Vatican pendant trois semaines.

Un nom circule déjà, Montini, mais il n’est pas cardinal, il lui faudra attendre. Le parti moderniste du Sacré Collège va pousser un candidat de transition très âgé qui va lui préparer la place, il faudra onze tours de scrutin pou réduire l’opposition qui mettait ses espoirs en des hommes de Tradition, les cardinaux Ottaviani et Siri. Le 28 Octobre, le cardinal Roncalli est élu, ce sera Jean XXIII. Une grande brèche est ouverte dans l’Eglise.

En France, pouvoir temporel et pouvoir spirituel vont accélérer la vitesse de désagrégation de la conscience, de la charité, de l’honneur, de la foi. Pouvoir temporel et pouvoir spirituel vont collaborer pour mater les sursauts populaires de saine conservation, regain d’un bon christianisme ancestral.

Un exemple, d’une actualité brûlante : l’école catholique, la grande ennemie et la grande victime de la Révolution.

Dans la misère depuis le début du siècle, elle est particulièrement éprouvée depuis 1945 et 1947 par le « plan Langevin-Wallon »(1), plan marxiste « de changement de la société ». Parents et enseignants poussés à bout par l’injustice et la menace d’abrogation de la loi Barangé, manifestent à Paris en Avril 1958 sous la quatrième République en décomposition. Le vélodrome d’hiver ne put contenir les dizaines de milliers de parents. Les responsables des associations, les orateurs ne ménageaient pas l’ardeur de leurs harangues. Le clergé de Paris était représenté, fait exceptionnel, la hiérarchie encourageait. La vigueur des propos du cardinal Feltin aiguillonnait cette foule bien décidée à obtenir justice des pouvoirs publics.

Vint Mai 1958, puis l’apostasie de septembre et la pression d’un pouvoir autocrate. Rien n’avait changé à l’échelon local dans l’esprit des défenseurs des écoles ; les A.P.E.L. au printemps 1959, veulent sauver les écoles régies par la loi Barangé qui n’est qu’une duperie. Elles reprennent leur combat pour la justice scolaire. Si la base a conservé sa vigueur, la tête a faibli. A l’occasion de leur congrès national à Caen les 8, 9 et 10 mai 1959, les A.P.E.L. par un grand meeting le 10 mai dans la capitale de Basse Normandie veulent montrer au gouvernement leur détermination d’obtenir satisfaction.

Il faut ici faire une pose et regarder en arrière avant de nous pencher sur ce congrès de Caen.

Aujourd’hui en 1984, malgré le sursaut populaire manifesté à Nantes, Bordeaux, Rennes, Lyon, Lille, Versailles pour la défense d’une école libre, dévoyée, il est difficile après 25 ans ou 35 ans, de bien comprendre ce qui s’est passé en 1959, en 1951.

Il faut au moins remonter au lendemain de la Libération et connaître les événements survenus à partir de 1946.

La guerre scolaire qui couve depuis 100 ans a été rallumée par le Parlement français par la loi du 17 mai 1946, nationalisant les Houillères du centre et du midi de la France. Les compagnies privées des Houillères, dans le midi comme en Lorraine et dans le Nord, avaient fondé et entretenaient des écoles catholiques gratuites pour leurs ouvriers. A la rentrée scolaire d’Octobre 1946, les mineurs comme par le passé, choisirent librement leur école. Mais le 30 novembre 1946, le Comité provisoire de gestion des Houillères, aux mains des communistes, informait par écrit les directeurs des écoles catholiques du bassin des Cévennes qu’elles seraient laïcisées à la date du 1er janvier 1947.

En conséquence, 103 maîtres et maîtresses seraient à cette date congédiés.

Théoriquement, c’est l’État qui est devenu patron, mais la C.G.T. commande. 1500 chefs de famille sont concernés, ingénieurs, contre-maîtres, ouvriers de fond. Presque tous cégétistes. C’est le seul syndicat, hormis une C.F.T.C. embryonnaire. Cégétistes ces mineurs ? pour défendre leur profession, peut-être ! Mais pour sauvegarder leurs enfants, il n’y a plus de C.G.T. qui compte ! Ils pensent sainement, immédiatement ils réagissent : « On ne nationalise par nos enfants comme du charbon. » Une A.P.E.L. est créée. La C.G.T. menace, mais la rentrée scolaire de Janvier 1947 s’effectue comme par le passé. L’A.P.E.L. tient plusieurs réunions publiques et coordonne les protestations.

En février, à Paris, une délégation de mineurs est reçue par P.H. Teitgen vice-président du Conseil, ce député démocrate chrétien, qui l’année précédente se vantait d’avoir fait mieux que Robespierre. Ce moderne ministre de la terreur dit aux mineurs : « Acceptez la laïcisation en exigeant qu’on vous laisse vos maîtres non congréganistes. » Ils refusèrent net ce honteux marché.

En Mars, le conflit s’étend aux bassins houillers de la Loire, d’Aquitaine, de Provence.

En Mai, les organisations anti-religieuses et maçonniques se mobilisent pour influencer le gouvernement du socialiste Ramadier. La laïcisation est décidée par le ministre de l’Education Nationale pour la rentrée d’octobre, mais à la veille de l’inventaire des locaux scolaires en juillet, les familles des mineurs occupent les écoles.

La rentrée se fait avec les maîtres religieux et laïcs non rétribués. Il faut trouver des millions, subir des procès, en engager d’autres. Le problème dramatique de l’enseignement catholique est né là et ne fera que se compliquer depuis quarante ans parce que la seule solution : le bon scolaire attribué à la famille pour le choix dans le respect et la justice, comme en Belgique ou d’autres pays, les parlementaires démocrates, de la gauche à la droite, n’en veulent pas.

Et dans tout cela, où est la hiérarchie catholique ? Absente, muette, inexistante !

Le 15 mai 1948, après trois jours de discussions, l’Assemblée Nationale adopte le projet socialiste de laïcisation des écoles des houillères, par 297 voix contre 270.

Le 21 mai, les mineurs de « La Grand’Combe » dans le Gard, protestent contre « la loi scélérate » et jurent que pas un enfant ne sera obligé d’aller à l’école laïque. Ils s’affirment disposés à tous les sacrifices, « y compris celui du sang ».

Le président de l’A.E.P. (Association Education Populaire) conduit à Rome une délégation de mineurs reçue par Pie XII.

La résistance aux assauts du préfet, des commissaires, des C.R.S. dura des mois. Les condamnations des tribunaux ne firent qu’exaspérer les catholiques. Trois équipes de mineurs parcourent la France, ces orateurs improvisés soulèvent l’enthousiasme à Paris, en Bretagne, en Vendée, en Lorraine, dans le Nord, surtout dans les milieux populaires restés plus chrétiens. Les A.P.E.L. de toutes régions remirent à tous les préfets une motion de solidarité à l’égard des mineurs.

Les A.P.E.L. et les amicales se préparent à envoyer des délégations de soutien à la « Grand’Combe » le 23 Avril 1949. Le gouvernement (c’était le septième depuis trois ans) recula encore. Le grand rassemblement eut lieu. Tous les journaux de France y avaient leurs envoyés spéciaux avec les reporters de Pathé-journal et toute la France lut, vit et entendit comment avec le Frère Marcel, directeur de l’école de la Grand’Combe, les mineurs défendirent la Foi au chant du Magnificat et du cantique : « Nous voulons Dieu dans nos écoles. »

C’est ce courant populaire dû aux laïcs avec quelques frères des Écoles Chrétiennes et quelques sœurs de Saint Vincent de Paul, qui contraignit les parlementaires à faire quelque chose pour calmer l’agitation. Ce fut la misérable loi Barangé.

A chacun des chapitres de notre étude, nous posons la question : que font les évêques ? Où sont les évêques ? Nous sommes obligés de constater que s’ils ne sont pas là, c’est de l’autre côté de la barricade que nous les apercevons. Defensor Civitatis, défenseur de la Cité, tel fut le beau titre donné à maints nobles évêques au cours des âges, à la tête de leurs ouailles, parfois même de leurs troupes, pour défendre la foi contre les barbares de toutes espèces. Souvenons-nous de Saint Émilien, cet évêque de Nantes, mort à la tête de ses soldats en Bourgogne !

A la recherche des causes de la désagrégation de l’Église et de la perte de la foi nous trouvons la désertion et la responsabilité des évêques d’hier et d’aujourd’hui.

Quelle est cette loi Barangé ? Elle porte le nom du député MRP – donc libéral – du Maine et Loire, qui en est l’auteur et fit adopter son projet par le Parlement en 1951 afin de calmer la colère des parents. Elle consistait à octroyer une allocation de 4 000 francs anciens par élève et par an. « Une misérable aumône qui n’aurait jamais dû être acceptée car elle a permis de faire oublier les revendications légitimes que les catholiques n’auraient jamais dû cessé de faire valoir jusqu’à complète satisfaction. » a écrit Pierre Lemaire.

Cette escroquerie est l’œuvre des politiciens libéraux ayant trahi leurs électeurs catholiques. Ce mauvais coup a ses origines dans un « plan d’ensemble d’éducation et d’enseignement national » élaboré dans la clandestinité pendant l’occupation. Plan où l’enseignement privé ne devait plus avoir place, revanche espérée des sectaires contre l’école catholique à laquelle le gouvernement du Maréchal Pétain avait rendu ses droits et sa mission dans le pays, ce qui n’était qu’un minimum de justice.

On trouve la substance de ce plan dans les « Chroniques de la Résistance », publiées après la Libération en 1945 par Maxime Blocq-Mascart (2), membre du Conseil National de la Résistance.

Tous les projets de lois scolaires proposés au Parlement et voté par celui-ci depuis 1945 sont issus de ce plan maçonnique.

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Photo : 28.05.1948 manifestation laïque à La Grand-Combe.

Un grand rassemblement de parents, suscité par le vaillant défenseur de l’école catholique Mgr Cazaux, évêque de Luçon, attira en avril 1950 plus de 100 000 personnes à Saint Laurent-sur-Sèvres. Il y fut décidée la suspension du paiement des impôts pendant 4 mois ; des saisies ne découragèrent pas les protestataires. Le gouvernement recula, mettant un frein à la réalisation des propositions de loi tendant à l’exécution complète du Plan. Quoique des députés catholiques libéraux se soient faits complices de ce forfait.

Il faut savoir, pour saisir et comprendre le ridicule et l’impudence de cette loi Barangé, que l’allocation de 4 000 francs anciens [40 Nf, 6 € ! NdE] par élève était également octroyée à l’enseignement public dont les maîtres sont payés par l’État et les bâtiments entretenus aux frais des communes. En outre, la loi ne s’appliquait qu’aux élèves de 6 à 14 ans, maternelle et secondaire étant exclus.

C’est donc au début de ce retour de la guerre scolaire, que l’ensemble de la hiérarchie catholique aurait dû remettre les principes d’existence de l’école sur son vrai terrain, son seul terrain : les droits de Dieu sur les créatures et les droits de l’Église à les enseigner.

Qu’aucun député catholique n’ait eu la fierté de réclamer la justice en faveur de l’école catholique au nom des droits de N.S.J.C. sur les sociétés et l’éducation, qu’il ait fallu un biais en invoquant les seules difficultés matérielles pour obtenir une libéralité, c’est la preuve du manque de liberté et de foi, une preuve de l’impuissance du législateur lié au système, soumis aux pressions, contraint par le « Plan ». Pour en authentifier l’existence en voici une manifestation. Le compte rendu officiel du Convent de 1952 du Grand Orient de France accordant une place extrêmement importante au problème de l’école avec le programme qu’il présente :

« Désarmer entièrement pour éduquer entièrement… Vouloir la réforme de notre enseignement donc être laïque, mais la vouloir financièrement… Il ne doit y avoir une seule école nationale… En attendant la grande revanche que nous devons préparer vigoureusement et obtenir, nous devons maintenir le principe de la nationalisation de l’enseignement avec, comme conséquence, la suppression des écoles privées confessionnelles, la nation prenant en charge tout l’enseignement entièrement laïcisé. »

Les effets inopérants de cette loi ramènent vite le mécontentement. En 1956, l’abrogation de cette malheureuse loi est demandée. Elle sert de prétexte à la présentation par le Gouvernement d’un projet dit « Concordat Scolaire », il reconnaîtrait des écoles dites agréées dont les professeurs seraient payés par l’État, mais elles seraient placées sous le contrôle de l’État.

On a constaté avec stupeur qu’un projet similaire est proposé aux parents par un dirigeant d’A.P.E.L, Monsieur Lizop à qui les parlementaires ont confié la direction d’un « Secrétariat d’Étude de l’Enseignement Libre ». La collusion est certaine entre certains prétendus défenseurs de l’école libre et certains centres maçonniques voués à la lutte contre l’école catholique. Une campagne d’intoxication dans ce sens se faisait en même temps auprès des A.P.E.L .

Pierre Lemaire, le défenseur de la famille, écrit en mai 1956 :

« Et l’on est obligé de déplorer que certains journalistes catholiques mènent des « négociations » qui sont pour le moins inquiétantes. Les conversations de Mgr Courbe (3) et M. Hernu, succédant à celles du cardinal Tisserand et de M. Mendès, et ces dernières à celles du cardinal Feltin avec André Marie et Berthouin, ne sont pas sans inquiéter vivement les observateurs. Elles les inquiètent même d’autant plus qu’elle s’accompagnent auprès des catholiques de consignes de silence et de passivité qui ne peuvent que favoriser le mauvais coup préparé par les sectaires laïcs aux ordres de la Franc-Maconnerie et du Parti Communiste, alliés une fois de plus dans une œuvre néfaste.

« Ainsi, d’une part, on « négocie » à propos d’une affaire où il n’y a pas de négociations possibles parce qu’il n’y a pas de compromis possible lorsqu’il s’agit d’un droit fondamental, et d’autre part, on évite le plus possible de mettre les catholiques et l’opinion publique générale au courant de la position exacte de la question et de la gravité de la menace. Et donc, de ce fait, on réalise les conditions nécessaires pour que les masses catholiques se trouvent absolument incapables de réagir quand l’attaque sera lancée.

« On évite de poser la question de l’École sur ses bases véritables et on laisse diffuser des opinions aux conséquences les plus dangereuses. Sait-on, en effet, que la fausse théorie prétendant que l’École Libre constitue un service public a permis de mettre au point un projet de nationalisation qui prévoit « la réquisition des locaux et… des maîtres » !… Le Pays tout entier ne devrait-il pas être informé de ce projet aussi criminel que scandaleux ? On laisse des groupements ou des personnalités à étiquettes chrétiennes prendre des positions contraires à l’École Libre, et cela sans jamais les condamner. On laisse la grande masse des catholiques dans l’ignorance du danger actuel et dans l’inaction alors que, mobilisée, elle représenterait une force véritablement invincible.

« Il y a donc dans ce silence et dans cette passivité une véritable trahison.

« M. Lizop, président national des A.P.E.L, devrait comprendre que, si légitimes que soient les intérêts des maîtres, il n’est pas possible dans l’état politique actuel de la France, de leur donner une situation comparable à celle des professeurs de l’État, que l’organisation d’un corps professoral national unique libre peut donner à l’État des moyens de pression qu’il n’aurait jamais sur une infinité de petits groupes de personnes ; enfin, que ce n’est pas la situation des maîtres qui prime, mais la subsistance d’une École Libre. Pas un seul maître libre, véritablement conscient de sa mission, ne contredira ce principe ; les sacrifices immenses acceptés par les maîtres libres le prouvent.

« Pour que l’École Libre subsiste et puisse remplir sa mission, elle doit avant tout sauvegarder absolument sa liberté.

« L’École Libre ne peut accepter aucun contrôle de la part de l’État à l’exception de ceux très réduits admis actuellement : titres selon la loi du 15 Mars 1850, règlements d’hygiène et de sécurité valables pour tout établissement public, contrôles fiscaux valables pour toute entreprise régulière.

« L’École Libre ne peut accepter de contrôle que des parents qui ont naturellement le droit de contrôler les personnes à qui ils confient l’éducation de leurs enfants. »(4)

Les troubles politiques ne permettent aucun règlement, l’agitation continue. Ce sera la réunion d’avril 1958 au Vélodrome d’hiver, puis le premier Congrès national des A.P.E.L à Caen en 1959. Mgr Cazaux espérant beaucoup de ce Congrès avait quelques jours avant adressé aux Vendéens un appel à la prière pour son succès.

« Cette prière, écrivait-il, m’apparaît d’autant plus nécessaire que la question scolaire se repose aujourd’hui avec un caractère renouvelé d’urgence et de gravité… La situation est telle que l’impatience et le mécontentement ont tendance à grandir rapidement et à gronder au cœur des enseignants comme des amis et usagers de l’École Libre… Ils ont conscience de rendre un grand service au pays et à l’État lui-même qui sans eux ne pourrait donner des classes et des maîtres à tous les écoliers de France… Les élèves du premier et deuxième degré de l’enseignement libre coûteraient à l’État plus de 80 milliards [d’Anciens Francs, 80 millions de NF. Nde]… N’ont-ils pas dès lors le droit de répéter ce que le grand Cardinal Mercier disait au gouvernement de son pays : « Nous ne demandons pas que l’État nous paie nos écoles, mais qu’il nous rembourse les économies que nous lui faisons réaliser ».

[LA Trahison]

Le 10 mai 1959, les parents attendaient beaucoup de cette démonstration. Cars et trains spéciaux avaient déversé à Caen sur un immense parc agricole plus de 80 000 personnes. Au cours de la messe dite sur un grand podium en présence d’une douzaine d’évêques, l’homélie de l’un d’eux fit l’effet d’une douche froide sur cette assistance qui s’était déplacée de toutes les régions de France pour recevoir des directives d’action, des assurances de soutien, non pour entendre des semonces et des appels à une sage discipline. La journée commençait mal, mais le repas avait un peu estompé la déconvenue lorsque le premier orateur inscrit au programme de l’après-midi, Monsieur d’Azambuja un des défenseurs des écoles des houillères, monte à la tribune. Connu pour son courage, les applaudissements nourris saluent son arrivée. Quelle ne fut pas la stupeur de cette foule lorsqu’elle entend : « Mes amis, j’avais un discours à vous faire, des encouragements à vous prodiguer, mais on me met dans l’impossibilité de les exprimer. » Puis il quitte le micro. Ses successeurs à la tribune, plus dociles sans doute, adressent aux congressistes des conseils aussi lénifiants les uns que les autres. Le bouquet de cette journée de dupe fut la motion finale inspirée, et vraisemblablement imposée par les évêques venus pour cela, la voici en son entier :

« 80 000 congressistes réunis à Caen et mandatés par les 800 000 familles usagers de l’enseignement libre :

« Prennent acte avec satisfaction de l’adhésion de plus en plus large donnée par l’opinion publique française aux principes d’une liberté effective d’enseignement.

« Ils affirment une foi de plus que la famille tient de la loi naturelle et par priorité le droit de diriger l’éducation de ses enfants et donc celui de choisir l’école qui coopérera avec elle dans cette tâche sacrée, sans que ce choix devienne pour les parents un poids financier aussi injuste qu’insupportable. Ils appellent de leurs vœux pressants une législation inspirée de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et réalisant enfin une véritable justice pour les parents et pour les maîtres de l’enseignement libre. »

Un authentique manifeste marxiste. La hiérarchie amenait les catholiques sur le terrain de l’adversaire lui empruntant sa dialectique et ses armes. Une faute qui appelait une défaite.

A Caen, le soir de ce 10 mai, la foule s’écoule assommée, dépitée vers les parkings et la gare. Chacun se demande pourquoi les dirigeants des A.P.E.L. l’ont tant incité à faire un tel déplacement pour une telle comédie. Quelques-uns, quelques-uns seulement, car le secret a été tenu, ont appris que le président national des A.P.E.L. avait été convoqué d’urgence la veille au soir à Blois, où se trouvait le général de Gaulle, qui donna ordre de ramener au silence ces importuns sous menace d’arrêter tout projet de règlement de la question scolaire. C’était une première réponse du grand homme aux « Oui » des catholiques au Référendum. Pour lui tenir tête, il eut fallu un Cardinal Mercier… ou un Cardinal Pie, des hommes ayant foi en la puissance de Dieu, en Dieu seul et en son Église. La France ne le méritait plus.

Le gouvernement Debré qui a pour ministre de l’Éducation Nationale un vieux militant socialiste M. Boulloche, crée en Juin 1959 une commission d’étude, dénommée du nom de son président P.O. Lapie autre député socialiste sectaire. Cette « commission Lapie » n’avait en réalité aucunement mission de rechercher une juste et honnête solution, mais de préparer les voies à une intégration de l’enseignement privé. D’ailleurs sa composition de douze membres désignés par le ministre révélait son orientation (!) : Magistrats, professeurs d’université, académiciens dont l’inévitable Wladimir d’Ormesson, tous appointés ou honorés par l’État, pas un seul représentant de l’Enseignement Libre ! Un aveu ! Son porte-parole déclara officiellement : « Faire de l’école publique, non pas la grande école nationalisée d’autorité, mais la grande école nationale, acceptée sinon de tous, du moins de presque tous ou à côté de l’instruction proprement dite serait enseigné ce qui constitue notre bien moral commun à tous, étant entendu que chaque enfant pourrait avoir en outre toute facilité de recevoir l’enseignement religieux souhaité par sa famille. Tel est… le but général suivi par la commission. »

Autant dire mainmise à peine camouflée de l’État sur tous les enfants !

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Photo : 1920 (?) La Grand-Combe, place de la victoire, sortie des écoles chrétiennes.

Pendant ce temps les manifestations se multiplient dans le pays. Les unes des associations catholiques, les autres des organisations laïques ou anti-religieuses pour impressionner le gouvernement.

En novembre, le rapport Lapie est rendu public, le projet de loi Boulloche également, ils sont assez semblables. On peut les résumer en ces solutions possibles :

  • l’intégration totale, pour les écoles qui en feront demande,
  • contrat d’association,
  • agrément ou contrat simple,
  • liberté

Première étape en l’attente d’une unification ultérieure. Personne n’est satisfait, les ministres eux-mêmes sont divisés. Le premier ministre Debré dans l’impasse, propose un remaniement du premier article du projet, le ministre Boulloche démissionne. Debré prend sa place et propose son projet qui sera voté à la Chambre par 427 voix contre 71. L’amendement était : « Reconnaît le caractère spécifique tant des établissements privés que de l’enseignement qui y est donné. » Ce fut la loi Debré.

Ce peu de choses a permis de rallier la majorité des voix. Ainsi fut livré à l’Etat sans Dieu, à ses exigences, à son esprit sectaire, à son contrôle l’ensemble de l’enseignement catholique. Restait le choix de se livrer pour un peu de confort, ou de se garder libre et à Dieu dans la pauvreté.

Par cette manœuvre, Satan allait mettre en tentation, dans l’obligation de faire un choix entre une apparence de satisfaction des besoins matériels légitimes ou le sacrifice dans l’honneur et dans la fidélité à la Foi.

Ce fut un drame de conscience pour ceux qui allaient devoir faire ce choix : les directeurs et directrices, les curés, les présidents d’A.P.E.L de chaque école. Il était proposé une amélioration, une aide financière. Maîtres et parents dans leur grande majorité très ignorants de la doctrine de l’Église, et, il faut le dire, d’une piété et d’une pratique très souvent superficielle, parfois inexistante pour un certain nombre. Comprendraient-ils un refus des avantages matériels de cette loi ?

Y a-t-il une résistance possible, une possibilité d’échapper à ce piège ?

Vu l’attitude de la hiérarchie, vu la mentalité du clergé paroissial, vu le climat de l’esprit de soumission instauré par le régime gaulliste, vu les articles démobilisants du journal mensuel des A.P.E.L : « La Famille Éducatrice » servi à tous les parents d’élèves de l’Enseignement libre, journal sous influence et contrôle de la hiérarchie, il faudra beaucoup de courage aux responsables pour résister à la tentation de refuser ou même limiter les dégâts consécutifs à l’application de cette loi.

Mais voyons-en les principaux articles :

« Le texte de la loi Debré

Article 1 :

…L’Etat proclame et respecte la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts.

…Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus ci-dessous, l’enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l’Etat. L’établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance, y ont accès.

Intégration

Article 3 :

Les établissements d’enseignement privé peuvent demander à être intégrés dans l’enseignement public…

Association

Article 4 :

Les établissements d’enseignement privé du premier degré, du deuxième degré et du technique, peuvent, s’ils répondent à un besoin scolaire reconnu, demander à passer avec l’État un contrat d’association à l’enseignement public.

Le contrat d’association peut porter sur une partie ou sur la totalité des classes de l’établissement. Dans les classes faisant l’objet du contrat, l’enseignement est dispensé selon les règles et programmes de l’enseignement public. Il est confié, en accord avec la direction de l’établissement, soit à des maîtres de l’enseignement public, soit à des maîtres liés à l’État par contrat.

Les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat sont prises en charge dans les mêmes conditions que celles des classes correspondantes de l’enseignement public…

Contrat Simple

Article 5 :

…Le Contrat Simple porte sur une partie ou sur la totalité des classes des établissements. Il entraîne le contrôle pédagogique et le contrôle financier de l’État.

Peuvent bénéficier d’un contrat simple les établissements justifiant des seules conditions suivantes : durée de fonctionnement, qualification des maîtres, nombre d’élèves, salubrité des locaux scolaires. Ces conditions seront précisées par décret…

Comités de conciliation

Article 6 :

Il est créé dans chaque département un Comité de conciliation compétent pour connaître de toute contestation née de l’application de la présente loi…

Article 8 :

…Nouvelle loi dans neuf ou douze ans, pour les écoles sous contrat simple.

Article 9 :

Les contrats prévus à l’article 5 ne peuvent être conclus que pendant une période de neuf ans à compter de la promulgation de la présente loi. Toutefois, le gouvernement pourra, après avis du Comité national de conciliation, prolonger ce régime pour une période supplémentaire n’excédant pas trois ans… »

Comment cette loi a-t-elle été reçue, jugée par ceux qui étaient en mesure, supposons-le, d’en comprendre le sens et la portée ?

Le cardinal Roques, président de la Commission Épiscopale de l’enseignement : « Il faut attendre que cette loi-programme ait été précisée par les décrets d’application pour s’en faire une idée exacte… »

Le cardinal Gerlier : « Il semble qu’elle puisse servir de base à un rapprochement qui sans offenser personne ouvrirait la voie à la paix scolaire… »

Le cardinal Liénart : « Une solution non de simple coexistence entre les deux, mais de rapprochement et de coopération entre le public et le privé. Cet esprit n’est pas pour nous déplaire… »

Le cardinal Feltin : « Nul parmi nous ne chante victoire, d’autant plus que restent à promulguer les décrets d’application. »

Satisfaction !

On pourrait en citer d’autres, à quoi bon ? Ils nous écœurent et nous durcissent le cœur. Mais allons en face, là où l’on sait à quoi s’en tenir. Ce ne sont pas des chuchotements d’antichambre épiscopale, mais clamés du haut de la tribune de l’Assemblée Nationale, la réalité des gens qui savent ce qu’ils veulent :

« Un jour de nouvelles majorités reviendront à l’entière séparation des églises et de l’État. Ce jour-là tous les établissements et les maîtres qui auront sollicité le concours des fonds publics seront considérés comme ayant affirmé leur vocation d’entrer dans le service public de l’enseignement, et il sera ainsi fait. Ce n’est ni une menace, ni un chantage. C’est la conséquence logique de ce que vous allez décider. C’est la logique du système. C’est aussi notre volonté et au nom de mes amis, je prend l’engagement de la respecter. Je n’envie pas votre satisfaction. »

L’homme intelligent, cohérent qui a écrit cela est Guy Mollet, secrétaire général du parti socialiste. Nous devons constater un quart de siècle après qu’il y a cohérence, fidélité et continuité. Il n’y a pas eu aggiornamento au parti socialiste (SFIO) !

Quelques jours après J.J. Servan-Schreiber écrivait dans « L’Express » : « Quand M. Guy Mollet annonce à l’Assemblée que le combat ne cessera pas jusqu’à l’abrogation totale des lois qui viennent d’être votées et jusqu’à la nationalisation pure et simple des établissements confessionnels qui auront été nourris par les fonds publics, nous l’approuvons sans réserve. Ce qu’il dit là est nécessaire, incontestable pour un républicain. Et ce qu’il prédit arrivera. C’est clair. »

Georges Suffert un catholique de gauche journaliste dans différentes feuilles socialistes, bien formé par ses amis écrivait le 24 Décembre 1959 dans « France Observateur » : « Que la majorité se retourne et toutes les structures seront en place pour que la nationalisation des écoles ayant accepté de signer des contrats avec l’État soit du jour au lendemain chose faite… et l’Église aura perdu le bénéfice psychologique que son indépendance lui avait valu. »

Wladimir d’Ormesson qui n’était pas un ami de l’école catholique écrit avec sa grosse plume dans son « Figaro » : « Peut-être qu’à l’usage, les français s’apercevront-ils qu’une situation – si simple au fond – aura enfin été exorcisée. Qu’écoles publiques laïques, c’est-à-dire neutres, (l’innocent !) et qu’écoles privées, c’est-à-dire d’inspiration chrétienne, peuvent non seulement coexister mais collaborer dans la liberté… C’est quand cette étape sera franchie que pourra s’entrevoir le vaste réaménagement de l’éducation nationale dégagée des plis du passé, où tous les enfants de France pourront trouver ensemble ce que leurs parents ont le droit d’exiger pour chacun d’eux. »

Cet écrit montre quel travail d’intoxication les gens initiés au Grand Plan de laïcité, pouvaient réaliser auprès de l’opinion, auprès des parents ne voyant pas de profonde différence entre enseignement public et enseignement privé.

Il est vrai que depuis la fin de la guerre, depuis 1945, l’enseignement libre s’est aligné en bien des points sur l’enseignement laïque. Il faut reconnaître que déjà une bonne partie du clergé ne soutenait plus les écoles paroissiales et trop souvent ce sont les parents seuls qui ont maintenu les écoles malgré l’opposition des curés indifférents ou parfois hostiles (5) aux encycliques sur l’éducation de la jeunesse.

La terrible loi Debré est promulguée, les décrets d’application sont sortis, au sein et à la tête des écoles de longues discussions vont s’engager entre partisans des diverses solutions. Le piège est tendu. Le troupeau est au bord du ravin, qui va y tomber ? Que vont faire les pasteurs ? Les « defensores civitatis » ? La question est superflue ! Ce sera bien sûr encore le « oui », le « oui » modulé. Le « oui » dur des inconscients pour le contrat d’association, le « oui » mou des inquiets pour le contrat simple. Le non, conscient et fier sera l’honneur du petit, oh ! tout petit troupeau de quelques unités.

Dans le grand silence et l’embarras des évêques, une voix s’éléve et limite les dégâts pour son diocèse : Mgr Puech évêque de Carcassonne. Sa note publiée dans sa Semaine religieuse du 20 Août 1960 explique lucidement la nocivité de cette loi, il dit :

« On le voit, une telle conception, de tendance totalitaire, ne reconnaît à l’école libre qu’un rôle momentané de suppléance. Bien plus elle est incompatible avec la notion d’une école chrétienne où la « logique de notre foi » réclame que l’enseignement lui-même soit chrétien, et pas seulement l’éducation.

« Or toutes les dispositions de la loi et des décrets, s’orientent si bien selon cette regrettable perspective, que la première mesure proposée pour « régler les rapports de l’Etat et de l’enseignement privé » c’est l’intégration, c’est-à-dire la disparition de cet enseignement privé… Les écoles chrétiennes préfèrent aux moyens de vivre leurs raisons de vivre. »

Voilà la parole sage et courageuse qui aurait pu, qui aurait dû au cours de ce conflit résonner dans chaque diocèse.

Puis Monseigneur Puech dit pourquoi les évêques ont accordé leur confiance ; parce que, poursuit-il, « Les déclarations du gouvernement à la tribune du Parlement ont expressément promis que seraient respectés dans les classes sous contrat l’autorité du directeur, la liberté des maîtres, le caractère propre de l’enseignement. »

Naïveté, marchandage ou connivence ?

L’évêque de Carcassonne lui, n’accorde pas sa confiance, il donne les directives suivantes pour son diocèse :

« Aucune école catholique ne doit demander l’intégration qui lui ferait perdre jusqu’à sa raison d’être.

« Aucune école catholique ne doit souscrire un contrat d’association, dans l’état actuel des textes législatifs et réglementaires ; les risques sont trop graves de perdre les caractères spécifiques d’un enseignement chrétien et même d’aboutir à une intégration différée. »

Malheureusement l’évêque a cédé pour les contrats simples oubliant que les écoles chrétiennes doivent « préférer, aux moyens de vivre, leur raison de vivre ».

Certes pour ces contrats simples l’ingérence de l’État paraissait limitée. Mais ce droit de contrôle, l’État va en user sur les maîtres payés par l’État, qui vont perdre leur indépendance et vont resserrer leurs liens syndicaux avec leurs collègues de l’enseignement laïc. Le caractère spécifique va se dégrader, les programmes y contribueront largement. En bien des écoles la mentalité deviendra rapidement aussi mauvaise que dans les écoles de Jules Ferry.

Comment l’enseignement catholique s’est-il engagé dans ce système ? Rares sont les établissements qui ont demandé l’intégration. Un nombre important a souscrit le contrat d’association, la majorité a opté pour le contrat simple, très petit fut le nombre des écoles restées libres et pauvres.

Notes :

1 – Henri Wallon, professeur au Collège de France, collaborateur du journal « L’Humanité », ministre de l’Éducation Nationale du Gouvernement Provisoire en 1944.
2 – Membre du Comité Constitutionnel en 1958, il coopéra à l’élaboration de la Constitution de la Vème République.
3 – Evêque auxiliaire de Paris, secrétaire général de l’Action Catholique.
4 – « Documents-Paternité » Mai 1956.
5 – Cf. la révolte de 26 curés nantais en mars 1964 contre leur évêque qui avait rappelé au cours d’une réunion des A.P.E.L.  : « La nécessité d’une école chrétienne… Aujourd’hui comme hier le Magister de l’Église estime que la place normale de l’enfant chrétien se trouve à l’école chrétienne. »

§

Source : civitas-institut.com
Par :  

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 02.01.2018
Dernière mise à jour : 22.01.2018

Mines 1914-1922 : Paternalisme Vs Syndicalisme

MédailleCieMines

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ET LE DÉCLIN DU CONTRÔLE SOCIAL
DANS LES MINES DU GARD (1914-1922)
par Fabrice SUGIER

En 1913, les neuf compagnies minières du Gard forment, avec deux millions de tonnes de charbon extrait et 12 000 ouvriers occupés, le 3ème bassin houiller français (tableau 1).

Nous l’avons étudié en détail dans notre thèse, et nous n’allons nous intéresser ici qu’à un aspect bien particulier, celui du contrôle social. En prenant l’exemple du bassin cévenol, et en choisissant la période 1914-1922, nous voulons essayer d’examiner les conséquences de la situation de guerre et des bouleversements sociaux qui l’ont suivie sur les entreprises et les populations de l’arrière. La problématique exposée, le déclin du contrôle social, peut donc nous permettre d’accréditer ou de tempérer, dans ce cas précis, l’idée de « fin d’un monde » souvent attachée à l’époque du premier conflit mondial. Nous allons d’abord présenter les différents aspects du dispositif patronal de contrôle social à la veille de 1914 ; puis nous tenterons de discerner les tendances d’évolution pendant et après la guerre.

Tableau 1. – Le bassin gardois en 1913 (Archives du Service des Mines à Alès)

Les entreprises minières et le contrôle social avant la Grande Guerre

Le dispositif mis en place par les compagnies cévenoles entre 1840 et 1875 n’est pas très original par rapport à d’autres déjà décrits pour d’autres bassins (Carmaux, Blanzy, Nord-Pas-de-Calais), ou même d’autres industries. Nous nous contenterons donc d’en exposer brièvement la doctrine et d’en décrire les principaux traits.

La doctrine patronale

Communément appelée « paternalisme », elle repose sur deux thèmes majeurs. Tout d’abord, il existe une communauté d’intérêts entre le patron et l’ouvrier. Ainsi, J.-B. Marsaut, dirigeant de la Compagnie de Bessèges de 1859 à 1914, parle du « lien moral d’une aspiration commune à l’ordre, à la tranquillité et à l’harmonie, indispensables au bien de tous entre les ouvriers et la Compagnie qui leur procure le travail ». Le Moniteur des Cévennes, journal financé par la Compagnie de La Grand-Combe, lui fait écho en soulignant la complémentarité des uns et des autres. Les chefs apportent « la haute intelligence » et « l’habile direction », et les ouvriers « l’amour de la paix, de l’ordre et du travail ». Mais convergence d’intérêts ne signifie pas égalité, d’où la mise en avant d’un deuxième thème, celui de la famille, appliqué à l’entreprise. Le directeur est « ce bon père qui nous fait tant de bienfaits » et qui est « préoccupé par l’amélioration constante du bien-être matériel et moral de son personnel ». Il a donc vocation à régir entièrement la vie de son personnel, ses « enfants », dont il est moralement responsable. Les convictions chrétiennes de nombreux chefs d’entreprises minières cévenoles donnent une force particulière à ce thème, après les descriptions tragiques données par Villermé ou Zola de l’état moral des populations ouvrières. Les métaphores sont omniprésentes dans le discours patronal. Elles tournent par exemple autour de la dualité punition-récompense. Ainsi, tout comme ils doivent écarter les mauvaises fréquentations, « les pêcheurs en eau trouble en quête de mandat électif », les dirigeants miniers doivent savoir punir leur personnel. Le renvoi, en cas de grève, est une « leçon de choses, une leçon nécessaire, profitable à tous et salutaire ». En retour, les mineurs qui accepteront ces règles en retireront bénéfice : « Gardez-leur toujours le respect et l’obéissance, vous y trouverez votre récompense plus tard », recommande le dirigeant d’une association aux mineurs, en parlant de leurs « chefs ».

La politique de contrôle social

Au-delà des différences entre compagnies, elle s’appuie sur quatre piliers essentiels.

Un recrutement sûr

La question du recrutement est primordiale : il doit être mené de façon à ce que le nouvel embauché ait le plus de chances de s’adapter aux règles de la « ville-usine »7. Pour ce faire, plusieurs règles sont observées.

Tout d’abord, le recrutement est très localisé. En 1912, en moyenne, 41,5 % des mineurs adultes du fond occupés par une compagnie cévenole sont nés dans les agglomérations où sont installés ces puits ; et 58,7 % dans une commune du bassin. Par ailleurs, 37 % sont originaires des départements ruraux du Massif Central, mais il s’agit là d’un recrutement centré sur quelques cantons, véritables « terres à mineurs ». La carte de la page suivante montre bien qu’il n’y a pas forcément continuité géographique, mais choix de critères religieux. Les cantons marqués par la présence protestante (au sud du bassin, et sur sa périphérie nord : Barre-des-Cévennes, Saint-Germain- de-Calberte, Valgorge…) sont évités, alors que les efforts des compagnies se portent prioritairement sur les hautes vallées de l’Allier et de l’Ardèche, indéf ectiblement attachées à la foi catholique : Langogne, Coucouron, Mont- pezat, Thueyts, Le Cheylard. Au total, sept des dix cantons ardéchois et lozé- riens qui fournissent le plus de main-d’œuvre sont à 100 % catholiques. Plusieurs témoignages oraux (difficilement vérifiables mais concordants) soulignent d’ailleurs le rôle des curés locaux dans le choix des candidats à l’embauche.

Parallèlement, l’étude du fichier du personnel de la Compagnie de La Grand-Combe révèle trois constantes, qui apparaissent comme autant de « précautions » de l’employeur. Tout d’abord, le recrutement est essentiellement familial. Entre 1904 et 1913, 76,1 % des embauchés possèdent un ou plusieurs parents travaillant déjà à la compagnie. L’adaptation est donc plus facile. D’autre part, il est souvent rythmé par les mêmes étapes : première embauche à 13-14 ans (44 % des ouvriers recrutés sur place), puis ré-embauchage tout de suite après le service militaire. Pour tous ces mineurs, l’absence de toute autre expérience professionnelle rend plus aisée leur acceptation des règles relatives au fonctionnement de la mine et de la ville-usine. Enfin, pour tous les autres, la compagnie exige le plus souvent des antécédents à la mine. Entre 1908 et 1912, 82 % des ouvriers embauchés ont déjà travaillé dans une exploitation française, dont 71,9 % à la Compagnie de La Grand-Combe elle-même, ou chez ses entrepreneurs. Ceci doit bien sûr permettre de réduire le nombre des réactions de rejet que l’on rencontre partout à l’égard du travail souterrain, et qui y explique l’ampleur du « turn-over ».

 

Le recrutement des mineurs par cantons, 1912


Les sursalaires et les dépenses de prévoyance patronale

La politique de recrutement essaie de créer des attaches morales ; mais, pour attirer et retenir l’ouvrier, elle se double de l’octroi de divers avantages matériels. Énumérons-les rapidement, car nous les rencontrons dans la plupart des compagnies françaises.

Les suppléments de salaires comprennent, en particulier, les gratifications pour la Sainte-Barbe (un jour de salaire), les primes aux médaillés du travail (un mois de salaire versé par la Compagnie de Rochebelle), les allocations familiales (créées en 1911 à La Grand-Combe : deux jours de salaire en moyenne par enfant au-delà du troisième et par mois, en 1914).

Les avantages en nature sont surtout les allocations gratuites de charbon (16 % des dépenses facultatives à La Grand-Combe en 1914), les logements loués à des prix très inférieurs à ceux des particuliers (725 logements, soit un pour six ouvriers, à La Grand-Combe en 1914, avec 410 jardins).

La fourniture de services de santé prend une place croissante. Toutes les compagnies rémunèrent un service médical, dont l’organisation est calquée sur celle de l’exploitation : un docteur par division à La Grand-Combe, un hôpital par siège d’exploitation à la Compagnie de Bessèges. Les effets de cette politique sont indéniables, puisque le taux de mortalité baisse alors plus rapidement que la moyenne française, le taux de mortalité infantile étant inférieur au taux national dès après la guerre9.

Des secours et des pensions sont assurés aux non-actifs, et ce bien avant les lois sur les caisses de retraites et de secours mutuels. De plus, les compagnies versent diverses aides aux plus démunis. A La Grand-Combe, ce sont « les secours aux indigents du chantier » (1,4 % des dépenses de prévoyance patronale en 1913).

Le contrôle des comportements et des esprits

La compagnie contrôle la vie de la commune où elle s’est implantée. A La Grand-Combe, elle a créé de toutes pièces une ville dont elle a construit et possède tous les aménagements et bâtiments publics : mairie, commissariat, gendarmerie, église, temple, écoles, cimetières… Elle pourvoit d’ailleurs à leur entretien, en payant les fournitures, le mobilier, l’éclairage et les frais de fonctionnement (paiement des agents de police, des fonctionnaires municipaux, des enseignants). Au total, la Compagnie dépense près de 150 000 F à l’entretien de « sa » commune en 1913.

Les dirigeants des compagnies détiennent, jusqu’à la veille de la guerre, le quasi-monopole de la représentation politique. Les directeurs sont également maires de leur commune et conseillers généraux. Et le député de la circonscription est F. de Ramel, actionnaire important de la principale entre-prise, de 1889 à 1914. Au-delà des procédés de fraude, plusieurs types de pressions permettent ce monopole : les libéralités, la pression des personnels d’encadrement (maîtres-mineurs), et le chantage à l’emploi et à la fermeture des mines (comme le fait avec succès le marquis d’Étampes dans le canton de Saint-Ambroix en 1910).

Afin d’affermir et de pérenniser cette domination, les compagnies s’efforcent de contrôler la vie privée de leurs ouvriers. Trois outils sont utilisés. Par le biais de l’école et de l’Église (sermons de la Sainte-Barbe, en particulier), on inculque aux ouvriers ou futurs ouvriers une morale fondée sur le respect de l’ordre établi, l’exaltation du travail, l’acceptation de sa condition. L’instrument associatif est également important. Grâce à diverses associations (musicales, sportives, professionnelles ou d’entraide) créées à l’initiative de la compagnie et contrôlées par elle, celle-ci régit, d’une certaine façon, jusqu’aux loisirs de son personnel. D’une manière générale, peu d’éléments de la vie privée de l’individu vivant dans une cité minière échappent au contrôle de la compagnie qui y est installée. Par exemple, les registres du personnel de la Compagnie de Cessous comportent, pour chaque ouvrier, les rubriques « fréquentation des cabarets » L’ « ordre et économie », « caractère ». À La Grand-Combe, les veuves ne touchent les allocations de la Compagnie que si elles ont « une bonne conduite ».

Toutefois, aux yeux des compagnies, ce contrôle de la vie publique et privée ne peut être efficace que s’il est légitimé et reconnu par l’ouvrier lui- même. C’est le sens des grandes manifestations publiques organisées ou suscitées par les compagnies, et en premier lieu la Sainte-Barbe, fête des mineurs. Le déroulement de celle-ci, minutieusement réglé par un ordre de service, est à la fois affirmation et reconnaissance publique du pouvoir de la compagnie (la présence de chacun y est d’ailleurs absolument obligatoire pour percevoir la gratification). Ainsi, ce jour-là (chômé), à La Grand-Combe, chaque ouvrier doit se rendre au siège de sa division en ordre. Puis il participe à un défilé dans l’ordre hiérarchique de la mine (cadres de la division, médaillés du travail, ouvriers et retraités). Les cortèges de chaque division se retrouvent ensuite, selon un rite immuable, sur la grande place de la ville, sous l’oeil de la direction et d’un représentant du conseil d’administration, avant que tous n’entrent (là aussi dans un ordre précis) dans l’église pour une messe solennelle. Ainsi s’affirme la cohésion du groupe social, en même temps que la primauté de la hiérarchie, même en dehors du lieu de travail.

Un refus de toute contestation

Malgré ces garde-fous, le pouvoir social des compagnies se heurte à plusieurs types d’opposition. Elles y répondent par une double attitude.

Elles refusent toute ingérence dans la gestion de leur personnel. Vis-à-vis de l’administration, la position patronale est inflexible : les pouvoirs publics doivent faire respecter la liberté du travail et l’ordre public, mais non se poser en intermédiaire en cas de différend entre l’employeur et son personnel. En novembre 1910, le ministre du Travail demande au préfet du Gard d’intervenir pour faire rapporter les renvois à caractère politique prononcés à Molières. Mais le préfet lui répond, le 19 novembre, « qu’ayant été sept ans sous-préfet d’Alès… (il est) payé pour savoir qu’on empêche difficilement les Compagnies minières de procéder à des renvois, même malencontreux ». De façon encore plus énergique, les directeurs des mines nient toute représentativité des syndicats, seulement formés, selon le directeur de Bessèges, de « repris de justice » et de « meneurs étrangers au pays ». Ainsi, en juillet 1914, le directeur écrit à son conseil d’administration qu’il n’a pas cédé aux injonctions du préfet : « J’ai insisté, et les autres directeurs m’ont suivi, qu’en aucun cas nous ne voulions connaître la Fédération des Mineurs du Gard et son secrétaire Chapon, et que nous ne connaissions que nos ouvriers et nos délégués-mineurs… et que je m’abstiendrais d’assister à une réunion où la Fédération des Mineurs du Gard serait représentée ». Par conséquent, contrairement à ce qui se passe dans la Loire et le Nord- Pas-de-Calais (depuis 1891), il n’existe pas de conventions collectives signées sous l’égide des préfets.

La répression des « écarts » et des contestations du système est tout aussi rigoureuse. Les renvois frappent individuellement tous ceux qui affichent leur opposition aux valeurs qui cimentent le groupe social : religion, patriotisme, respect de la loi. En 1910, G. Nouguier est renvoyé pour avoir avoué être franc-maçon ; U. Cartier pour avoir participé à une mutinerie à Nîmes ; et J. Veyrenc pour avoir été condamné après avoir été pris péchant à la dynamite. En cas de grève ou de toute autre contestation collective, les mesures sont encore plus spectaculaires. En 1890, sur 7 370 ouvriers appartenant aux compagnies touchées par la grève, 701 sont renvoyés. A La Grand-Combe, en 1897, 1 246 mineurs sur 4 400 sont mis à pied après avoir participé à une série de mouvements. En 1902 puis en 1906, une épuration tout aussi sévère est effectuée à Rochebelle après chaque conflit.

Le dispositif de contrôle social des compagnies minières gardoises s’appuie donc sur quatre principes essentiels : la sélection préalable de l’ouvrier embauché, l’octroi d’avantages matériels pour l’attacher à la compagnie, le contrôle étroit de la vie à l’extérieur comme à l’intérieur de la mine, et enfin la répression de tout écart et le refus de toute ingérence dans le fonctionnement de ce système. Mais, constant dans ses principes, celui-ci n’est pourtant pas immuable dans les faits.

La tendance au déclin dès avant 1914

Tout d’abord, il faut noter que cet encadrement étroit n’a jamais concerné tous les ouvriers. Malgré les efforts des compagnies, environ un tiers des mineurs résident dans les villages ruraux voisins. Ainsi, au prix de longs trajets quotidiens, ils gardent une indépendance beaucoup plus forte vis-à- vis de leurs employeurs, une fois sortis de la mine. Mais surtout, même dans les cités minières, certains aspects parmi les plus spectaculaires du contrôle social disparaissent au début du XXe siècle. Ainsi, la gratification de la Sainte-Barbe n’est plus remise à la sortie de la messe, les mineurs ne sont plus obligés de participer à celle-ci pour la recevoir. Autre exemple : à Bessèges, la prime versée par la Société des Amis de l’Ordre et du Travail n’est plus attribuée en fonction de critères « moraux », mais devient un sursalaire attribué aux ouvriers stables (plus de dix ans de présence à la compagnie). Enfin, en 1914, après la grève de février, les compagnies se montrent beaucoup moins sévères envers leur personnel, puisqu’une vingtaine de renvois seulement sont prononcés dans tout le bassin. A ces divers phénomènes, on peut avancer quatre éléments d’explication.

Le coût

Les débouchés commerciaux des compagnies gardoises sont très limités, et leur aire « naturelle » de vente, la région marseillaise, très attaquée par les charbons anglais. Aussi la hausse du profit global ne peut-elle être obtenue que par une augmentation du profit unitaire, et non par un accroissement des ventes. Le prix de vente étant fixé par la loi du marché, les entreprises ne peuvent donc jouer que sur les coûts de revient. L’effort de compression porte alors sur les dépenses facultatives, en particulier sur celles jugées les plus coûteuses par rapport aux résultats attendus et obtenus. Par exemple, toutes les compagnies renoncent les unes après les autres à encourager à tout prix l’épargne, en faisant fonctionner des caisses d’épargne privées offrant un taux d’intérêt supérieur à celui de la Caisse d’épargne d’État (le double au départ).

La poussée socialiste et syndicale

Juste avant la guerre, plusieurs scrutins politiques et professionnels voient une nette poussée des forces hostiles à la domination patronale. Le résultat le plus spectaculaire est l’élection d’un député socialiste, M. Valette, dans la deuxième circonscription d’Alès, en 1914. D’autre part, en 1910 et 1914, s’implantent dans presque tous les centres miniers des organisations syndicales, dont l’audience croît rapidement après la grève de février 1914.

La déchristianisation

Phénomène quasi général, elle n’épargne pas le bassin houiller gardois, comme en témoignent les plaintes des autorités religieuses, ou la chute de la fréquentation des écoles religieuses (2 315 enfants dans celles de La Grand-Combe à la fin du XIXe siècle, 1 680 en 1911. Ainsi, un des canaux privilégiés de l’idéologie patronale voit se réduire son audience et donc son efficacité.

L’effet des réformes ouvrières

Avec les lois de 1894 sur les caisses de retraites et de secours, de 1898 sur les accidents du travail, de 1909 sur les économats…, les ouvriers sont beaucoup moins dépendants des libéralités ou des réalisations des compagnies. Par exemple, ils ne sont plus obligés de rester toujours dans la même compagnie pour espérer percevoir une retraite.

À la veille de la guerre, le système d’encadrement élaboré par les compagnies depuis plusieurs décennies connaît donc un certain déclin. Mais, en fait, celui-ci est en partie consenti par les compagnies elles-mêmes (compression des charges facultatives) ; et, d’autre part, il ne remet pas réellement en cause leur domination sur les cités minières.

1914-1922 : les tendances d’évolution du contrôle social

La situation de guerre et ses conséquences

Elle est profondément déstabilisante, car elle impose aux compagnies une double ingérence dans la gestion de leur personnel. Cependant, l’évolution n’est pas linéaire.

1914-1916 : le renforcement du pouvoir social des compagnies

Jusqu’en 1916, la situation de guerre paraît affermir le contrôle social des entreprises. En effet, avec le système des mises en sursis d’appel, les compagnies peuvent choisir nominativement les ouvriers retirés du front pour revenir à la mine ; et inversement, y renvoyer ceux qui ne remplissent pas correctement leur devoir de producteur de charbon. C’est, bien sûr, un moyen de pression considérable, qui permet de maintenir à l’écart de l’exploitation la plupart des syndicalistes. D’autre part, la situation générale de pénurie et de vie chère redonne aux coopératives patronales une importance qu’elles avaient perdue avec la loi sur les économats. Fortes de leur puissance financière et dotées d’une monnaie d’échange très recherchée, le charbon, les compagnies peuvent alors beaucoup plus facilement que les détaillants locaux se procurer tous les produits de consommation courante en grande quantité et à meilleur prix. Elles dominent donc à nouveau le commerce dans le bassin. Enfin, le démantèlement des organisations syndicales, lors de la mobilisation, élimine pour un temps de l’entreprise un contre- pouvoir dont la puissance allait en s’accroissant. Ainsi, sur tous ces plans, nous pouvons parler de reconquête provisoire de terrains de contrôle. De plus, jusqu’à la fin de 1916, les dirigeants miniers parviennent à éviter une intervention trop directe des pouvoirs publics dans la gestion de leur personnel. Le déroulement des négociations salariales de 1915 et 1916 en est une bonne preuve. Prenons le cas de la première, qui se déroule entre août et octobre 1915. Face à l’inflation, qui érode les salaires (perte de 20 à 25 % du pouvoir d’achat), les syndicats réclament une hausse générale des salaires. Les compagnies refusant de négocier, les demandes sont centralisées au niveau régional puis national, et appuyées par les élus socialistes et radicaux des régions minières : Valette, Durafour, Bouveri…, tous membres de la Commission des Mines de l’Assemblée nationale. Constatant le blocage de la négociation, les pouvoirs publics interviennent, et en premier lieu M. Sembat, ministre socialiste des Travaux publics. Le 15 septembre 1915, celui-ci demande à l’ingénieur en chef du Service des mines une enquête sur l’évolution des salaires, des prix à la consommation, et des prix de vente du charbon depuis 1914. La réaction des compagnies ne tarde pas. Le lendemain même, la principale d’entre elles, La Grand-Combe, imitée par ses voisines, annonce qu’elle accorde désormais une allocation de cherté de vie. La rapidité de l’intervention montre bien qu’elles ne veulent pas paraître obéir à une injonction. D’autre part, elles tiennent à déterminer elles-mêmes le montant et les modalités des révisions de salaires. Il s’agit d’une prime- temporaire et donc révocable, et non d’une hausse de salaire. D’autre part, cette allocation est mensuelle et proportionnelle aux charges de famille, ce qui permet d’en exclure les ouvriers les moins assidus et de diviser les bénéficiaires. Et ensuite, malgré le mécontentement des syndicats et les nombreuses démarches de l’administration pour faire ouvrir des négociations, les compagnies s’en tiennent strictement à ces mesures et refusent tout compromis. Le même processus se déroule à l’automne 1916. Ainsi, durant cette première partie de la guerre, les entreprises minières tendent plutôt à renforcer leur contrôle sur les populations, en continuant à maintenir les deux autres protagonistes (syndicats et pouvoirs publics) à l’écart de la gestion des personnels.

1917-1918 : L’évolution

1917 voit un renversement complet de cette tendance. Deux éléments peuvent aider à l’expliquer. Tout d’abord, l’accroissement considérable des besoins en charbon (et surtout en charbon français, car la houille importée pèse de plus en plus lourd sur les dépenses de l’État) conduit les pouvoirs publics à généraliser les mises en sursis d’appel. Trois circulaires du ministère de la Guerre des 6 février, 20 mai et 30 juin 1917 décrètent le rappel des classes 1903 à 1912, en même temps que sont assouplies les conditions d’ancienneté à la mine (circulaires du 25 décembre 1916 et du 10 juin 1917). Ainsi, fin 1917, les sursitaires représentent-ils dans le Gard plus de 80 % des effectifs du fond. Or, selon les termes de la loi de 1899 qui régit la mobilisation, les pouvoirs publics doivent contrôler les conditions de travail et de salaires des ouvriers retirés du front pour être affectés à l’arrière.

Ce droit de regard n’en prend donc que plus d’importance. Mais ce n’est sans doute pas l’élément primordial. Celui-ci est sans doute à rechercher dans la dégradation rapide du climat social. Dans le bassin cévenol, la montée du mécontentement est nettement perceptible à travers les plaintes face à la vie chère, à la spéculation, au rationnement, qui contrastent avec l’augmentation des profits. Même si la corporation reste jusqu’au printemps 1918 à l’écart des grands mouvements de grève, elle est très majoritairement prête à une cessation générale du travail. Ainsi, dans le Gard, dès la fin novembre 1917, tous les syndicats miniers consultés par leur Fédération nationale se prononcent à la quasi-unanimité en faveur de la grève générale, si des augmentations de salaires ne leur sont pas accordées. Pour le pouvoir, la menace est grave. L’arrêt de la production de charbon paralyserait l’économie de guerre et menacerait donc la défense nationale. D’autre part, dans un contexte européen d’agitation, l’entrée dans la lutte d’une corporation aussi importante que celle des mineurs ferait craindre que le pays ne tombe dans une situation révolutionnaire comme la Russie.

Au printemps 1917 se déclenche la première vague importante de grèves depuis 1914 : 18 conflits et 2 808 grévistes en France en avril ; 285 et 76 207 en mai ; 285 et 108 801 en juin. Le Gard n’y échappe pas, avec de multiples mouvements à Nîmes, et une agitation croissante chez les mineurs et les métallurgistes. Tel est le cas dans la plupart des bassins houillers, puisque le congrès de la Fédération nationale du Sous-Sol, réunie à Paris les 17 et 18 juin 1917, agite pour la première fois la menace d’une grève générale corporative du sous-sol si une augmentation générale de 1,50 F à 2,00 F par jour n’est pas accordée. Les élus socialistes et radicaux de la Commission des Mines, qui essaient depuis le début du conflit d’imposer une intervention publique dans la gestion économique et sociale des charbonnages, saisissent alors l’occasion. Le 19 juin, Valette, député du bassin gardois, invoquant les devoirs du gouvernement vis-à-vis des sursitaires, dépose un projet de loi qui reprend purement et simplement les doléances salariales de la Fédération du Sous-Sol. Cette initiative joue alors comme repoussoir. Le 21 juin, le Comité central des Houillères écrit aux compagnies : « Nous sommes dans une période extra-normale et menacés d’une intervention législative imminente qu’il faut tout faire pour éviter » 19. Pour éviter d’institutionnaliser un droit de regard parlementaire, il demande donc aux exploitants d’accepter et de conclure rapidement la négociation avec les syndicats sous l’égide des pouvoirs publics. À Alès, la réunion qui se tient le 25 juin à la sous- préfecture est sans précédent. Pour la première fois, les dirigeants des compagnies acceptent de discuter des salaires avec l’administration et les représentants du personnel. Lombard, directeur de la Compagnie houillère de Bessèges, en est bien conscient : « Après avoir examiné la question sous toutes ses formes, nous avons dû accepter, nous avons fait une triste et pénible besogne… en un mot et pour résumer, nous sommes entamés par la Fédération du Sous-Sol ».

De juin 1917 à décembre 1918, cette double ingérence ne fait que s’amplifier. Le dispositif de contrôle social patronal en est affecté d’une double façon.

De plus en plus, les négociations se déroulent à Paris entre le gouvernement, les dirigeants de la Fédération du Sous-Sol et le Comité central des Houillères. Ainsi, durant la négociation qui se prolonge de novembre 1917 à février 1918, aucune démarche n’est entreprise par les syndicats cévenols, et aucune compagnie n’annonce de mesure salariale. Même les modalités d’application de l’accord national sont soigneusement déterminées par les circulaires du Comité central des Houillères, comme celles du 14 janvier 1918 sur le paiement des indemnités de cherté de vie, et du 9 février 1918 sur les bordereaux de salaires. Ainsi se trouve altérée l’image de la ville- usine se suffisant à elle-même, et celle de la « famille » vivant en harmonie et refusant tout « étranger ».

D’autre part, l’intervention publique et syndicale dans la gestion des personnels est institutionnalisée par la création, dans chaque bassin, de commissions mixtes locales (31 janvier 1918) et régionales (24 septembre 1918). Jusqu’à l’armistice, ces commissions paritaires sont chargées de rédiger les bordereaux de salaires et d’orienter leur révision.

En 1914-1916, la situation particulière de guerre n’a pas affecté, pour l’essentiel, le dispositif de contrôle social. Elle lui a redonné une certaine vigueur dans certains domaines. Mais à partir de 1917 la nécessité de maintenir l’ordre public impose au gouvernement de compléter sa législation en matière économique par une intervention dans le domaine social. Celle-ci n’est au fond que la conséquence logique des dispositions légales régissant la mobilisation et les mises en sursis d’appel. Mais elle apporte un changement considérable dans le Gard, où il n’existait aucune expérience véritable de négociation. Ainsi s’effondre, au moins pour un temps, le quatrième pan de la politique d’encadrement social, le rejet de toute ingérence.

L’après-guerre : 1919-1922

Les conséquences de la guerre sur le contrôle social ne se font pleinement sentir que dans les années suivantes, avec l’émergence de nouveaux comportements sociaux et de nouvelles nécessités économiques.

Le problème de la main-d’œuvre

La politique de recrutement, premier volet du dispositif patronal, est ébranlée par deux phénomènes : l’accroissement de la mobilité et le tarissement du recrutement rural.

Les vides créés par la guerre (disparition de 10 % de la population active, nombreux mutilés) suscitent chez les survivants une aspiration vers le haut : fonctions de maîtrises, industries nouvelles à hauts salaires (construction mécanique, automobile, industrie électrique…). De plus, le fort appel de main- d’œuvre dans les régions à reconstruire du Nord et de l’Est contribue à créer un déséquilibre dans les rémunérations. Fin 1921, le salaire moyen journalier d’un piqueur cévenol est de 19,04 F, soit 26,5 % de moins que dans le Nord-Pas-de-Calais (25,90 F). Par conséquent, la mobilité s’accroît. Si nous la mesurons par un taux ainsi calculé :

entrées + sorties pendant l’année n
effectifs au 31/12/n + effectifs au 31/12/n- 1

nous obtenons 21,2% en 1913 (taux record jusque-là), mais 42 % en 1920, 46,5 % en 1921, 52,4 % en 1922. Ainsi, en théorie, le personnel peut se renouveler en deux ans. De plus, le phénomène ne touche plus seulement les manœuvres, mais également les ouvriers qualifiés : la Compagnie houillère de Bessèges perd 17,2 % de ses piqueurs entre 1919-1922, contre 7,1 % en 1909-1912.

Souci majeur des exploitants, le tarissement du recrutement rural est attesté par de multiples témoignages. Ainsi, le directeur de La Grand-Combe estime que « le recrutement normal, dans la Lozère et dans l’Ardèche particulièrement, a été considérablement réduit par suite des vides creusés par la guerre dans les populations, et par les effets de la prospérité de l’agriculture ». De même, les migrations saisonnières, qui constituaient un des apports principaux en main-d’œuvre, diminuent très sensiblement. La conjonction de ces deux phénomènes suscite une pénurie de main-d’œuvre plus forte que jamais. Comme dans tous les bassins houillers, les compagnies cévenoles se tournent alors vers la main-d’œuvre étrangère. 938 immigrés vivaient dans l’arrondissement d’Alès en 1911 ; ils sont 3 825 fin 1921, et 8 479 fin 1923. A cette date, ils représentent environ 20 % des effectifs gardois.

L’hémorragie des effectifs est stoppée, mais au prix du sacrifice (difficilement consenti par les exploitants) du premier fondement du contrôle social : un recrutement localisé et familial sur quelques terres catholiques. Et, par là-même, il devient beaucoup plus difficile d’inculquer à une partie croissante du personnel les valeurs qui cimentaient le groupe social.

L’évolution des mentalités

Bien que difficile à cerner sur une aussi courte période, elle est aisément perceptible. De nombreux contemporains notent une aspiration à un mieux- vivre, à un délassement après quatre années de guerre et de vie très dure : augmentation du temps de travail, rationnement, pression du contrôle militaire… Ainsi, le sous-préfet parle du « désir de détente physique et morale éprouvé par tous » et de la volonté d’une « vie heureuse, facile et sûre ». F. Lyon, secrétaire du syndicat catholique de La Grand-Combe, en montre bien les conséquences sur les mentalités, en particulier chez les jeunes : « Deux seules choses les animent dans ce chaos : l’amour des sports et les choses immorales (cinéma, dancing). Celui de la famille, du respect de l’obéissance et du travail, a complètement disparu ». D’autre part, les années 1919-1920 voient se développer un très fort élan d’émancipation vis-à-vis de la domination politique des compagnies. Dès 1919, toutes les municipalités sont socialistes, sauf La Grand-Combe qui le devient en 1925. De même, lors des élections professionnelles, les candidats proches des directions sont écrasés par leurs adversaires de la C.G.T. Tous ces phénomènes révèlent clairement aux dirigeants des compagnies que les valeurs qu’ils prônent sont devenues étrangères et même intolérables à un grand nombre d’ouvriers : primauté de la hiérarchie à l’intérieur comme à l’extérieur de la mine, reconnaissance publique par les ouvriers de leur allégeance, respect strict de la morale. La défense à tout prix de ces valeurs ne pourrait donc se faire que par une répression accrue. Or, celle-ci est impensable, dans une période d’agitation sociale grave, et à un moment où la main-d’œuvre professionnelle est très rare. Aussi les compagnies renoncent-elles aux aspects les plus coercitifs et les plus répressifs de l’encadrement des comportements, c’est-à-dire au troisième volet de leur dispositif de contrôle social. Le meilleur symbole en est sans doute la transformation de la Sainte-Barbe : le défilé organisé par la compagnie est supprimé, tout comme le rassemblement sur la place principale et la cérémonie des discours patronaux. Cette journée devient alors une fête comme les autres, sans doute plus brillante, mais désormais sans aucune « mise en scène » ni légitimation.

Le problème du coût

Le problème chronique des débouchés devient encore plus aigu après le retour à une économie de marché, et avec le développement des produits de substitution. Aussi la compression des coûts de production redevient- elle une nécessité vitale, même après deux vagues de baisses des salaires en 1921 et 1922. Les dépenses facultatives s’en trouvent forcément affectées, comme le montre l’exemple de la Compagnie de La Grand-Combe (tableau 2). Les sursalaires en numéraire paraissent les plus visés. Par exemple, les gratifications distribuées le jour de la Sainte-Barbe sont les mêmes qu’en 1914, c’est-à-dire qu’elles ont perdu les trois quarts de leur valeur réelle. Ainsi, même si les avantages concédés demeurent importants, le deuxième volet du dispositif de contrôle social, le sursalaire, n’est pas épargné par les conséquences de la guerre.

Tableau 2. – Dépenses patronales de « prévoyance à titre gracieux », Compagnie de La Grand-Combe (A.D. Gard, 18 J 804-813)

La réaction des compagnies

Le déclin des formes traditionnelles de contrôle social ne signifie pas que les compagnies renoncent à intervenir sur ce terrain. Seulement, elles adaptent leur politique ouvrière aux nouvelles données économiques et sociales.

Elles s’efforcent, en priorité, de retrouver leur liberté pleine et entière en matière de gestion salariale, et plus généralement de conditions de travail. Ainsi, le 14 juin 1921, le Comité central des Houillères écrit au gouvernement que les exploitants refuseront désormais de siéger dans les commissions mixtes chargées de réviser les bordereaux de salaires. A l’intérieur même de l’entreprise, les dirigeants miniers entendent donc bien revenir aux pratiques d’avant-guerre, et refermer la parenthèse des institutions paritaires.

À l’extérieur de la mine, il n’y a pas une mais deux politiques ouvrières. Vis-à-vis de la main-d’œuvre immigrée, les compagnies pratiquent une politique de surveillance très stricte. Celle de La Grand-Combe, en particulier, s’emploie à recréer pour chaque colonie étrangère une sorte de milieu national, dans des cités construites à l’écart des agglomérations (Combe-Ferral à Saint- Jean de Valériscle, pour les Polonais). L’octroi d’avantages importants (logements de bonne qualité et approvisionnement à prix réduit, école spéciale…) a pour contrepartie l’exigence d’un comportement irréprochable. Le moindre écart de conduite ou toute attitude d’opposition politique ou syndicale à la compagnie est alors immédiatement puni de renvoi. Ainsi, vis-à-vis des étrangers, le dispositif patronal de contrôle social est régi par les mêmes principes que celui pratiqué à l’égard des autochtones jusqu’en 1914. Le changement est donc surtout sensible vis-à-vis de ces derniers. En effet, les compagnies orientent alors leur politique vers le soutien aux sports et aux loisirs. Avant 1914, elles subventionnaient déjà des activités de ce type, mais celles-ci étaient très minoritaires par rapport aux associations religieuses, patriotiques ou d’entraide. Après 1919, le gonflement spectaculaire des dépenses engagées pour les clubs sportifs, les harmonies musicales montre bien leur volonté de prendre en compte et d’utiliser à leur profit le désir de détente physique et morale (tableau 2). Ainsi, à La Grand-Combe, l’entreprise soutient dix clubs sportifs : deux de football, un de boxe, d’escrime, de sport taurin, de cyclisme, de course à pied, de tir, d’athlétisme et de basket. Elle réalise pour eux d’importants travaux, comme l’aménagement du stade de l’Impostaire ou la transformation de l’ancienne usine à zinc en gymnase. Enfin, elle paie tous les frais de fonctionnement : salle, chauffage, éclairage, transport des équipes. Au total, alors que les dépenses facultatives de prévoyance patronale globales ont diminué de 19 % entre 1919 et 1922, celles relatives aux sports et aux loisirs ont progressé de 238 %. Il s’agit alors de retenir les ouvriers dans le bassin en essayant de créer le mieux-vivre auquel ils aspirent, sans pour cela engager des dépenses trop lourdes en matière de salaire ou de logement. En tout cas, cette inflexion de la politique patronale est bien perçue par les syndicalistes comme une stratégie de contrôle social. Par exemple, en juillet 1922, I. Michel, délégué-mineur et maire communiste du Martinet, apostrophe ainsi ses concitoyens : « Rejoignez votre syndicat au lieu d’aller flanquer des coups de pied dans la lune, dans votre société de football où vos maîtres ont su si bien vous embrigader, au lieu d’aller entendre des auditions de musique que vous fait donner la compagnie pour tromper votre faim.»

L’examen du bassin cévenol entre 1914 et 1922 peut nous livrer deux leçons. Tout d’abord, le dépérissement du système patronal de contrôle social mis en place au milieu du XIXe siècle est amorcé avant la guerre ; mais celle- ci l’accélère très fortement dans tous ses différents aspects. D’autre part, ce déclin ne signifie pas que les entreprises renoncent à l’encadrement des populations ouvrières hors du lieu de travail. Ceci est aussi bien sensible vis-à-vis des mineurs français qu’à l’égard des ouvriers étrangers. Toutefois, le changement est fondamental. Auparavant, les dirigeants miniers essayaient d’imposer leurs idées et leurs références morales à leur personnel. Celles-ci n’ont pas changé après la guerre, mais désormais les compagnies doivent tenir compte de l’évolution des mentalités de leur personnel, et l’accepter.

§

Source : Persee.fr (version annotée)
Par : Fabrice Sugier, auteur d’une thèse sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier dans les mines de charbon du bassin d’Alès, 1914-1922.
(1990), Fabrice Sugier poursuit ses recherches sur les mineurs du Gard pendant la Seconde Guerre mondiale.

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 31.12.2017
Dernière mise à jour : 31.12.2017

La Grand-Combe après la mine, 1995

LGCvueGenerale1.JPGLA GRAND-COMBE

Voici un texte écrit par une professeure à l’École d’architecture de paysage (Université de Montréal, Québec, Canada) dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est particulièrement pessimiste et terriblement réductrice. Mais bon … c’est un point de vue intéressant pour le débat du re-nouveau de La Grand-Combe, ville qui n’a pas cessé, depuis son existence, de relever les défis.

Vidéo : Petit rappel des faits

Paysage de mine, paysage miné –
Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait)

Depuis la fermeture des puits en 1985 [1993/2001, NdE], la vie locale de la Grand-Combe, petite ville minière située à une quinzaine de kilomètres d’Alès, est fortement marquée par la crise économique. Le nombre d’habitants (environ 6 500 en 1993) est en déclin, avec une forte proportion d’anciens mineurs à la retraite et de chômeurs.

La configuration du lieu en fait un isolat géographique, enclavé au pied des Cévennes, éloigné des axes de circulation principaux qui relient Alès, Montpellier, Nîmes. C’est aussi un isolat culturel, un microcosme créé pour l’exploitation du charbon au milieu du XIXe siècle. Le déclin de l’activité de la mine est lisible dans l’ambiance de la ville et de ses alentours. Les nombreuses façades aux volets fermés, le rythme de vie ralenti créent une atmosphère engourdie. Au cœur de la ville, les bâtiments de traitement du charbon ayant été récemment détruits, le site du Puits Ricard forme aujourd’hui une friche de 30 hectares s’étendant jusqu’à la gare, béante, grise, fermée au nord par une haute colline de remblais.

  Photo J. Epstein : Mine dans le paysage.

Tout autour de la ville, des vestiges rouillés d’infrastructures industrielles et des éléments de bâtiments en briques rougeâtres parsèment le paysage qui est asséché, avec des terrils qui se consument encore, vers Champclauson, entrecoupé de remblaiements. Le remblai plus visible est celui qui recouvre l’ancien petit village de la Forêt, jouxtant la Grand-Combe juste au nord du site du Puits Ricard. Des pans entiers du paysage sont enfouis sous de tels amoncellements de pierres grises, accumulés à mesure que furent creusées les galeries et lentement reboisés avec des plantations de pins. (Photo J. Epstein.)

Un site façonné par la mine

L’aspect désolé de ce lieu est le résultat de l’activité ancienne de la mine, au moins autant que la conséquence de son arrêt. Les marques du déclin économique sont si fortes qu’on a tendance à oublier que la détérioration du site avait commencé pendant le fonctionnement de la mine. Les terrils, la destruction d’hectares de forêts de châtaigniers remplacés par des pins, l’assèchement de sources et les remblais dus au creusement des galeries se firent dans la durée, lentement. Cette altération se poursuit avec la mine à ciel ouvert par laquelle les Houillères ont remplacé l’exploitation des mines de fond depuis quelques années, étendant les détériorations en amont de la friche industrielle, vers Villefort.

Mais le déclin économique et la diminution du nombre d’habitants depuis la fermeture des puits de fond, jouent aussi un rôle déterminant dans cette évolution. Tant que la Grand-Combe était peuplée et active, les effets destructeurs de la mine s’accompagnaient en effet de pratiques d’appropriation de cet espace par les mineurs, notamment la culture des jardins. Les deux façons dont la mine s’était inscrite dans ce lieu (appropriation créatrice individuelle et collective avec les jardins ; action destructrice globale de l’industrie) formaient une dynamique qui a maintenu pendant longtemps une relation d’équilibre entre le sauvage, la nature cultivée et l’industrie. On peut faire l’hypothèse que les actes de façonnement de ce territoire par les mineurs jouaient un rôle dans le maintien de cet équilibre, aux plans esthétique, morphologique, biophysique et surtout symbolique, influant sur la perception que les habitants avaient de cet espace. Cet équilibre est maintenant rompu ; un certain seuil de détérioration du site par l’industrie semble avoir été dépassé. Aujourd’hui, le déclin des gestes d’appropriation laisse une place prépondérante à l’enfrichement, à l’action destructrice de la mine à ciel ouvert, à l’assèchement et aux ravages causés par les feux. Les actes de façonnement du paysage disparaissent, donnant à voir un pays de plus en plus vide, où la présence des mineurs est de moins en moins visible.

La manière dont les pratiques disparues, les usages encore vivaces, les traces d’anciennes coutumes encore lisibles dans le territoire sont évoqués, décrits, montrés par les anciens mineurs éclaire cette dynamique du déclin. Descriptions et observations permettent de cerner les mutations du rapport entre gestes créatifs et destruction globale du site ; elles révèlent comment est perçue la relation entre le paysage d’ensemble et ses détails ; elles soulèvent aussi des questions sur le changement de statut des mineurs qui passent du rôle d’acteurs à celui de spectateurs des transformations de cet espace, et sur l’évolution de leurs représentations d’un lieu qui, autrefois vécu et approprié, devient aujourd’hui un paysage dont ils perçoivent l’inéluctable dégradation.

Les jardins

Le complexe minier s’est incrusté dans les reliefs accidentés du milieu rural et montagnard cévenol. La plupart des habitants des collines autour de la ville ou des anciens villages cévenols intégrés dans le « périmètre minier » de la Grand’Combe étaient à la fois paysans et mineurs. Les tâches étaient parfois réparties entre la femme qui entretenait le jardin et l’homme qui travaillait à la mine, mais dans bien des cas hommes et femmes étaient employés par la mine et entretenaient le jardin après leur journée de travail. Les jardins étaient situés soit autour des maisons, sur des terrains plats ou en terrasse, soit sur des lots beaucoup plus éloignés de l’habitat principal, le long des chemins des galeries ou dans des prairies. Dans l’évocation de ce que fut ce lieu du temps de l’activité de la mine, ce sont des images de verdure idyllique qui ressortent, images idéalisées de l’époque où la Grand-Combe et ses alentours étaient habités, « vivants », contrastant fortement avec le site actuel décrit comme « vide, triste, sombre, mort ». Ces jardins sont aussi décrits comme les symboles d’une abondance passée, avec leurs récoltes qui assuraient bien plus que l’auto-subsistance de chaque famille, certaines productions étant régulièrement vendues entre voisins. On évoque aussi le marché de la Grand-Combe qui rassemblait – et qui rassemble encore dans une moindre mesure – les mineurs, les paysans-mineurs et les paysans venus des parties plus éloignées des Cévennes.

Les descriptions et l’observation des jardins révèlent aussi des éléments dont on parle moins : la façon dont la mine y était inscrite avec des objets miniers récupérés et « détournés » pour la culture des légumes ou comme objets décoratifs. Ce type de réappropriation est plus évident dans les petites communes autour de la ville, où le nombre de « petits jardins » potagers et d’agrément était autrefois très important. Mais elle existe aussi dans les jardins situés dans la Grand-Combe, sur les collines au-dessus de l’ancien site de la centrale de la Pise. La plupart des objets réutilisés dans les jardins étaient encombrants, lourds, le plus souvent rouillés, tordus, et en très mauvais état. Il s’agit le plus souvent de « rails, ferrailles, tiges de fer biscornues ». (Taurines, Cammarata 1988) Ces différents matériaux étaient le plus souvent réutilisés pour la confection de tonnelles. Les anciens rails qui servaient à la progression des berlines dans les galeries étaient utilisés comme piliers ou comme armatures pour le soutien des grillages, pour les poulaillers ou les clapiers ou pour confectionner des clôtures. Les anciennes boiseries en pin étaient réutilisées pour construire des réduits et des garages. Des objets isolés étaient aussi réutilisés, de façon plus décorative : berlines servant de bacs à eau pour l’arrosage, morceaux de charbons mis en évidence dans une partie du jardin.

Ces pratiques de réappropriation s’apparentent à celles des milieux ouvriers ; c’est « la perruque » dont parle de Certeau (1980 : 68-74). Elles donnent à la culture utilitaire des jardins une dimension créatrice, personnelle. Cependant, ces « détournements » sont peu pensés en termes esthétiques et restent très étroitement liés à des fonctions utilitaires. Ils reflètent autant une relation de dépendance vis-à-vis de la mine qu’une créativité individuelle librement réappropriée. Les anciens mineurs parlent peu des conditions de récupération de ces objets, où se lit la dépendance dans laquelle ils vivaient : les petits lopins de terre cultivés en jardins avaient souvent été loués ou vendus par la mine, la réappropriation et la réutilisation des objets avaient même été codifiées par les Houillères, chaque mineur achetant à bas prix sa part de ferrailles au cours de ventes s’effectuant régulièrement. Par cette récupération, comme par les autres conditions de la vie quotidienne (logement, éducation, soins…), « le mineur, peu à peu (…) s’instituait comme membre de la famille minière ». (Taurines, Cammarata 1988)

L’ambivalence entre réappropriation et dépendance semble expliquer la discrétion de ces marquages, leur absence d’ostentation. Quand ils étaient entretenus, les terrasses et jardins cultivés constituaient dans le territoire des fragments de nature verdoyante, parfaitement visibles, mais les détails du marquage des jardins n’étaient pas perceptibles de loin. Hormis quelques rares cas de mise en scène d’éléments bâtis de la mine (anciens puits entourés de fleurs), ces jardins dénotent l’inscription de la mine de façon ponctuelle, comme en pointillé. Les objets, comme la berline ou le morceau de charbon, peuvent être montrés avec fierté, mais la lecture de ces ensembles d’inscriptions n’était possible que par un regard rapproché, en nuances et vues de près. Les jardins étaient habituellement faits par les mineurs en prévision de leur retraite. Pour les retraités, de moins en moins nombreux, qui continuent à les entretenir, la présence des marques d’appropriation contribue encore à donner un sens « minier » à cet espace, avec toutes les ambivalences et les contradictions de la mine – valorisation/dévalorisation, fierté/dépendance. Mais cette lecture est bien plus elliptique qu’elle ne fut. Ces marques, ces repères sont de plus en plus ténus dans le paysage. Les terrasses et les jardins abandonnés, le « retour à la nature sauvage » et l’enfrichement qui « assombrissent » le lieu sont évoqués comme une évolution inévitable.

L’action destructrice de la mine

Certains usages de la nature (promenades en forêt, cueillette de champignons, baignades), qui ont toujours eu de l’importance, donnent aujourd’hui au mineurs un statut de témoins de l’action destructrice de la mine.

L’évocation des promenades en forêt autour de la Grand-Combe est le prétexte à décrire des coins de nature où on se réunissait l’été, « au frais » ; ce sont des lieux valorisés, comme les jardins, pour leur verdure et la présence de l’eau. Ces lieux, situés à l’intérieur du « périmètre minier », sont tout proches de la ville, mais cachés, « dans la forêt » ou le long du Gardon. Dans certains cas, l’usage « récréatif » et l’agrément contemplatif du lieu s’accompagnaient et s’accompagnent encore de gestes d’appropriation. Juste au-dessus de la Grand-Combe, vers le lieu-dit La Forêt, des cabanes et des bancs ont par exemple été construits de façon tout à fait sommaire par des familles maghrébines qui viennent encore s’y réunir et célébrer des fêtes. Mais si certains de ces usages sont encore vivaces, la plupart des lieux évoqués ont disparu, enfouis sous les remblais de la mine. Les anciens lieux de promenade maintenant recouverts de pierres sont décrits comme ayant été des oasis jadis « frais, verts, avec des sources ».

Au-delà de l’idéalisation propre à la mémoire, les anciens mineurs décrivent des souvenirs précis de ruisseaux, de chemins, avec maints détails sur la disparition d’espèces animales, de plantes, de sources. Ces lieux sont ceux devant lesquels ils passent chaque jour depuis plusieurs décennies, dont ils connaissent les détails, dont ils ont vu les plus petits recoins disparaître. Ils montrent aussi des coins de nature ou des lieux-dits qui sont encore visibles, mais déjà inaccessibles, et dont on sait qu’ils seront bientôt enfouis par la mine à ciel ouvert, dans le creux de la combe. C’est le cas notamment du petit village de Notre-Dame de Laval, en contrebas du Mas Dieu, où se trouvaient de nombreux objets miniers réutilisés dans le cimetière et l’église. Ces repères sont de plus en plus réduits, encerclés par la mine à ciel ouvert ou déjà enfouis. Les derniers indices des coutumes associées au mode de vie minier sont dominés par l’image d’ensemble de la dégradation.

En décrivant ainsi ces détériorations, les mineurs montrent une conscience fine des transformations de leur espace, jusque dans ses composantes écologiques. Cette observation consciente est d’ailleurs devenue une conscience paysagère, qui semble née de la déprise industrielle, et de l’évolution de leur statut. Autrefois acteurs des transformations de cet espace, ils ne sont plus aujourd’hui que les spectateurs de ce qui devient dès lors un paysage. Mais ils révèlent aussi leur impuissance face à ces mutations. Cette absence de « prise » (Berque 1992) sur le devenir du paysage n’est pas spécifique à cette situation, mais ici le fatalisme et le sentiment d’impuissance sont peut-être accentués par l’ambivalence créée par la mine, les anciens mineurs ayant participé malgré eux, par leur travail, à ces détériorations dont ils perçoivent aujourd’hui les conséquences visuelles et écologiques.

Deux autres points sont importants à relever. Pendant l’activité de la mine de fond les mineurs voyaient la nature se détériorer lentement et les coins de nature disparaître peu à peu. Or, c’est seulement depuis la fermeture de la mine que le déclin est perçu comme irréversible (???, NdE]. Il semble donc probable que pendant l’activité de la mine, la perception des détériorations globales du paysage, à laquelle s’ajoutait la perception des nuisances dues au traitement du charbon, étaient compensées par la vitalité de la culture quotidienne. Dans le même sens, le rôle de l’appropriation d’objets de la mine dans les jardins peut être interprété comme un palliatif, ou encore un antidote, à l’action destructrice de la mine. Créer et décorer des zones de verdure avec les objets de l’industrie qui la détruisait peut avoir été pour les mineurs une façon d’annuler symboliquement les actions destructrices, dont ils n’étaient pas les « décideurs », mais auxquelles ils participaient.

Mais la signification des gestes d’appropriation qui se construisaient à travers un bricolage de valeurs et de connaissances, ne saurait se réduire à cette seule fonction symbolique. Cette interprétation laisse ouverte en particulier la question du rôle concret des gestes de réappropriation dans la formation morphologique et esthétique du territoire, dans sa dynamique biophysique. La compréhension des significations culturelles de ces gestes gagnerait à être complétée par une analyse de leur rôle physique et « écosystémique », par une étude reliant ethno-botanique, géographie et écologie. Il serait notamment important de connaître leur apport dans le maintien des ressources en eau, analysant en quoi l’entretien des jardins jouait un rôle dans l’irrigation des terres, en quoi leur abandon a contribué à l’assèchement.

Absence d’ostentation et authenticité

L’importance de la proximité du regard, dans le marquage des jardins, dans les promenades, dans l’observation des détails de leur espace, semble laisser croire que les anciens mineurs aient été et seraient encore étrangers à la notion de paysage comme ensemble visuel cadré, vu de loin, hérité de la tradition picturale. Or, même si les « vues de près » semblent prédominantes, il serait simpliste de réduire leurs formes de regard actuelles et passées à ce seul registre. Comme dans toute perception, le rapport au paysage se jouait et se joue dans une imbrication complexe de vues proches, lointaines, d’images cadrées, mobiles, d’ambiances. C’est l’« expérience variée » dont parle Wittgenstein (1958), la dynamique « phénoménologique » de la perception dont les interactions sont aussi denses que celles du bricolage de sens par les gestes (Epstein 1984).

Par contre, il est une caractéristique qui semble spécifique à cette situation : l’absence d’ostentation dans leurs manières de parler du site. Cette absence d’ostentation que nous avions relevée dans le marquage des jardins, se manifeste tout particulièrement par une quasi-absence de représentations picturales de l’espace et par une résistance de la part des anciens mineurs à la mise en spectacle du paysage. Il y a une volonté tacite et parfois clairement énoncée de ne pas « mettre ce lieu en paysage », de ne pas en faire un objet de consommation.

Les anciens mineurs connaissent bien, soit par les médias, soit par les actions de requalification qui ont pris place à la Grand-Combe même, les discours institutionnels qui ont aujourd’hui cours sur la « mise en paysage » des espaces (Lizet 1991 ; Cloarec, de la Soudière 1992). Les projets de réaménagement du site minier s’appuyaient sur la nécessité d’un changement d’image du site, d’une mise en valeur de son paysage, d’un développement du tourisme comme alternative à la mine. Mais ces tentatives de requalification n’ont trouvé aucun écho chez les anciens mineurs et se sont soldées par un échec. Cette situation est tout à fait différente de celle d’autres régions en crise (zones post-industrielles ou rurales) où certains chercheurs ont relevé une « intériorisation », par les habitants, de modèles paysagers valorisés dans le cadre du tourisme, et qui finissent par coexister avec les modes anciens de représentation de l’espace (Cadiou 1991). Ici, le devenir du site continue à être associé à la détérioration, à la toute-puissance de la mine, maintenant à ciel ouvert. La mise en valeur de tout « potentiel touristique » est dévalorisée ; ils n’y croient pas. [???, NdE]

Judith Epstein

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Source originale : books.openedition.org
Consultez la source : plus complète (notes, références …)
Titre original : Paysage de mine, paysage miné – Appropriation créatrice et action destructrice (Extrait, p.123-133)
Editeur : © Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1995
Auteure : Judith Epstein, professeur à l’École d’architecture de paysage, Université de Montréal, Québec, Canada.

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Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

La Grand-Combe 1881, mineurs en grève

à La Grand’Combe dans le bassin minier du Gard en 1881

1 triage la grand combePhoto : vue générale des charbonnages de La Grand’Combe.

Extraits …

Le pasteur Draussin et la grève de 1881 à La Grand-Combe

Le pasteur Hippolyte Draussin (1845-1929) est un enfant du pays, un Cévenol, né à Alès. Il a fait ses études de théologie à la faculté de Montauban, qu’il a terminées en 1867 et devenu pasteur de l’Église réformée.

En décembre 1881, une grève est déclenchée à la Grand’Combe puis elle s’étend à Bessèges pour une hausse salariale. Il s’agit de l’une des premières grèves dans les mines du Gard (4). Le pasteur Draussin, qui ne réside plus dans le Gard, rédige alors un article où il exprime son opinion sur les conditions de travail à la mine. Il ne précise pas les causes immédiates de la grève, mais donne des informations générales sur le travail des mineurs qu’il connaît bien et analyse leurs rapports avec la Compagnie pour les lecteurs de son journal.

Article de L’Église libre relatif à la 1ère grève importante à La Grand’Combe (1881)

« Une grève a éclaté dans le bassin houiller de La grand’Combe (Gard) qui emploie plus de 4 000 ouvriers. Il faut avoir vu de près ces rudes populations de mineurs, dont la vie se partage entre le labeur pénible et périlleux des galeries souterraines et les loisirs d’un foyer domestique généralement sombre, malpropre, étroit où tous les objets sont imprégnés de charbon, – pour savoir quelle sympathie elles méritent et quelle indulgence a droit leur manque d’éducation, nous pourrions presque dire leur grossièreté.

Conduites à la baguette (nous ne disons pas partout mais dans la plupart des bassins), traités comme un troupeau par les Compagnies d’exploitation, qui exigent d’elles non seulement l’assiduité au travail et la docilité aux ordres des chefs (cela est de strict droit), mais la servilité politique ou religieuse, et qui jettent sans miséricorde sur le pavé tout employé mal noté pour ses opinions – pressurées de diverses manières – ces populations sont dans un état constant de rivalité contre leurs maîtres.

Certes nous n’aurions garde de nous porter garant de la légitimité de tous leurs griefs et nous savons qu’elles ne se rendent pas toujours un compte exact des difficultés multiples ni des causes économiques de leur situation. Le mineur, comme tout ouvrier en général, se préoccupe fort peu des fluctuations du marché, de la hausse et de la baisse des produits de l’industrie qui l’occupe, des nécessités de la concurrence, des pertes énormes chiffrées par centaines de mille francs et par millions qu’une dépréciation momentanée des produits fait subir à la Compagnie ou au patron. Mais pourquoi en prendrait-il souci et rabattrait-il ses prétentions dans les moments difficiles, tandis que les périodes prospères pour ses patrons ne lui ont valu à lui aucun accroissement du bien-être ?

Et comment, poussé par l’indifférence ou la dureté de ses maîtres, l’ouvrier ne choisirait-il pas la première occasion favorable pour leur déclare la guerre ? Or l’occasion favorable, c’est généralement une augmentation dans les prix de vente des produits de l’exploitation. Quand une compagnie vend au-dessous du prix de revient, elle ne perdrait rien à la suspension du travail de ses mines et l’ouvrier serait mal venu de réclamer une augmentation de salaire. Mais quand elle réalise de gros bénéfices par quelque hausse plus ou moins provisoire, plus ou moins anormale, dans le prix de sa houille ou de son minerai, les ouvriers, s’ils viennent à l’apprendre, sont tout disposés à réclamer leur part au bénéfice sous forme d’une augmentation de salaire. La prétention est généralement exorbitante et injuste parce qu’elle est calculée sur une période de prospérité sans tenir compte des mauvais jours qu’a traversés et que traversera encore l’industrie.

Mais encore une fois, c’est là une arme légale, et quand le capital et le travail vivent en état d’hostilité, il ne faut pas s’étonner que chaque adversaire attaque au moment qui lui paraît le plus favorable. Hostilité déplorable : c’est d’union et de solidarité qu’il faudrait parler : mais les grandes compagnies songent-elles à traiter leurs ouvriers comme des auxiliaires dignes de respect ? Font-elles quelque chose pour leur instruction, pour leur moralisation ? Rarement. En revanche elles les exaspèrent par certaines vexations, par des injustices scandaleuses. Ainsi, paraît-il la Compagnie houillère de la Grand’Combe avait laissé les abus suivants s’établir chez elle.

Il est d’usage de faire sur la quantité de charbon extrait une réduction d’à peu près un quart pour pierres et matières étrangères. C’est cette réduction qu’on appelle « à Barjac ». Mais lorsque le maître-ouvrier juge, de visu, que le wagonnet ou la benne amenée par l’ouvrier contient une quantité de pierres supérieures à la quotité du quart, le tout est envoyé « à Barjac », l’ouvrier est ainsi frustré du prix de son travail et la compagnie bénéficie du charbon net trouvé dans les récipients. Elle abandonne, dit-on, à la caisse de secours la moitié de ce produit net, mais sous quel contrôle ? Toujours est-il que l’ouvrier, après avoir travaillé 10 à 12 heures, croit avoir gagné environ 5 francs, tandis que par ces manœuvres sa journée est réduite à 3,50 francs. Or il faut considérer que le maître-mineur ou l’agent chargé de la réception du charbon peut avoir quelque intérêt à multiplier les « Barjacs ». Il reçoit à la fin de l’année une gratification dont le chiffre est variable suivant les services rendus à la compagnie et le zèle dont il a fait preuve.

Ce n’est pas tout : l’ouvrier est obligé de se fournir en denrées alimentaires aux magasins de la compagnie qui l’exploite ainsi dans son travail et son épargne, bénéficiant elle par tous les moyens, au détriment de ceux qui vivent et travaillent à son service. Voilà dit-on les causes principales de la grève. S’il en est ainsi, la grève est légitime et nous souhaitons que les mineurs ne reprennent leur travail qu’après avoir obtenu pleine satisfaction sur les deux points que nous venons d’exposer.

En pareille occurrence, le rôle de l’État est d’assurer le maintien de l’ordre, la liberté des travailleurs et des grévistes, et de veiller avec soin aux menées des brouillons du dehors. Si les compagnies se persuadaient une bonne fois que leur devoir est d’inspirer confiance aux ouvriers, de respecter en eux les droits de la dignité et de la liberté individuelle, si elles consacraient une partie des bénéfices de leurs opérations à l’aménagement des logements ouvriers, à l’ouverture d’écoles, de bibliothèques, de cercles de lecture, si elles encourageaient les sociétés de secours mutuels, les sociétés coopératives de consommation, le vieil antagonisme du capital et du travail se dissiperait et les grèves deviendraient promptement impossibles. Mais, hélas ! cet âge d’or est peut-être bien loin de nous (5) ».

Quelle est l’évolution à la suite de cette grève : les vœux du pasteur sont-ils exaucés ?

Une décennie après la grève, Yves Guyot (1843-1928), homme politique, journaliste et économiste français, écrit dans La Tyrannie Socialiste : « Le 20 février 1882, sur l’invitation de M. Desmons, MM. Clémenceau, de Lanessan, Brousse, Laporte, Girodet, Henri Maret se rendent à Alais pour faire une enquête sur la grève de la Grand’Combe, terminée depuis un mois. Juste au moment où ils arrivent, la grève de Bessèges éclate, comme le constatait, non sans malice, M. Goblet, alors ministre de l’Intérieur. (Séance du 10 mars 1882.) […]. Quelle autorité voulez-vous que l’honorable M. Desmons et ses collègues puissent avoir alors sur les ouvriers surexcités par Fournière ? C’est à Fournière que vont les sympathies.

Ainsi, MM. les députés de l’extrême gauche, se trouvant sur les lieux pour l’enquête qu’ils voulaient faire au sujet de l’affaire de la Grand’Combe, sont intervenus avec les meilleurs intentions dans la grève de Bessèges, et voilà comment ils ont été obligés de quitter la région déclarant qu’il n’y avait rien à faire pour eux en présence d’hommes qui n’avaient d’autre but que d’exciter la guerre civile. Voici en quels termes M. Fournière avait annoncé ce fait dans le journal « Le Prolétaire » : « Bessèges. Cinq heures, scène violente avec de Lanessan qui, aux applaudissements des gardes-chiourmes, vient décourager les ouvriers, et Fournière, qui soutient la grève générale. – Acclamations : vive la grève ! vive la révolution sociale ! Le drapeau noir est arboré (6) ».

Un peu plus tard, voici ce qu’en dit M. Curières de Castelnau, ingénieur en chef des Mines, qui pour sa part fait l’éloge funèbre du directeur de la Compagnie, E. Graffin (1829-1898). Elu conseiller municipal de la Grand’Combe en août 1855, E. Graffin avait été nommé maire en 1868 et a dirigé la municipalité jusqu’à sa mort, il a en outre été élu conseiller d’arrondissement en octobre 1874, et conseiller général en décembre 1879 :

« Il était surtout un chef intelligent et énergique, il avait à un haut degré le don du commandement. D’une très grande activité, il exerçait ses fonctions d’ingénieur principal ou de directeur de l’exploitation par une action de présence presque continuelle sur les travaux. D’un caractère très ferme et bienveillant, d’une humeur aimable, enjouée, toujours égale, il savait inspirer à ses subordonnés la confiance, l’affection et le respect. […]. Pour son personnel, il avait les sentiments d’un père. Il en connaissait presque toutes les familles; il se réjouissait de leurs joies, il prenait part à leurs peines et savait leur témoigner l’intérêt bienveillant et discret que son excellent cœur lui inspirait. Il a participé à l’établissement des institutions de prévoyance patronale dont la Compagnie, bien avant les lois sociales actuelles, avait doté la Grand’Combe pour protéger ses ouvriers et leurs familles contre les conséquences de la maladie, de l’accident et de la vieillesse, mais c’est à lui que la population doit la fondation sur des bases nouvelles de la Société de Prévoyance qui, depuis 1890, assure aux ouvriers de la Grand’Combe des retraites supérieures à celles que les mineurs des entreprises similaires peuvent espérer (7) ».

De fait, la Compagnie de la Grand’Combe est réputée pour avoir développé un modèle remarquable de paternalisme (8). Enfin récemment, dans son ethnographie de La Grand’Combe datée de 1992, C. Eckert évoque cette réalisation en ces termes :

« La Grand-Combe est créée en 1846 conformément à la structure typique des cités industrielles développées au XIXème siècle sous l’égide d’une entité économique. Elle a été baptisée du même nom que la Compagnie. L’agglomération urbaine reflétera donc la force de l’industrialisation de l’activité charbonnière. La Compagnie implanta une ville minière […] Pendant plus d’un siècle, la Compagnie a marqué de sa présence la vie locale, toute une époque où bon nombre de Grand-Combiens ont vu leur «devenir» déjà tracé. Il existait une forte interaction entre deux mondes – travail/domestique – dont les espaces se sont avérés complémentaires. Nous soulignons la politique menée par la Compagnie pour stimuler l’endogamie professionnelle et l’auto-reproduction de la famille ouvrière grand-combienne, ceci assurant la pérennité du travail à la mine de père en fils. La famille a donc toujours occupé une place primordiale dans cette société. Dans tous les domaines sociaux, la Compagnie s’est imposée comme pilote. Elle prendra à sa charge la responsabilité de loger son personnel, de l’éducation des enfants, et la mise en place de tout un système de protection sociale, notamment à travers la mise en œuvre d’une Caisse de Secours, d’une Caisse de Retraites et d’écoles, une assistance rare dans le monde ouvrier du XIXème siècle. La Compagnie fait naître donc non seulement un noyau de développement industriel sur lequel elle a le contrôle direct, mais elle engendre le développement d’un noyau urbain maquillé des principes urbanistiques qui suivent la logique de la Compagnie. Effectivement, la Compagnie aura ce contrôle administratif et exécutif pendant une longue période et combinera son action politico-paternaliste auprès de la communauté de travail à l’exécution du pouvoir local : la ville sera le miroir des intérêts de la Compagnie. Ce n’est qu’en 1925 que la ville fondée par la Compagnie devient la ville dirigée par des représentants-défenseurs des intérêts ouvriers (9) ».

Notes

(4) Selon Yves GUYOT, dans La Tyrannie Socialiste, 1893, livre VI, « Le parlement et les grèves », p. 200, l’instigateur est de la grève est le citoyen Fournière. Guyot écrit : « Je dois le faire connaître à la Chambre, car c’est lui qui est le véritable auteur de cette grève. Fournière est un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, ancien ouvrier bijoutier, qui, aujourd’hui, ne travaille plus autrement qu’en propagande révolutionnaire. Les collectivistes envoient en province des voyageurs en révolution : j’ai nommé M. Fournière ; je puis nommer MM. Malon, Guesde et la citoyenne Paul Minck. Je vous ai dit, messieurs, que Fournière avait été l’instigateur de la grève de la Grand’Combe, en novembre dernier. J’ai entre les mains le manifeste qui a été publié à ce moment-là. Dans ce manifeste, je lis des phrases comme celles-ci : “ En attendant l’émancipation totale de tous les exploités, en attendant que le prolétariat rentre en possession de tous ses biens injustement détenus par la classe capitaliste, il nous faut poursuivre cette lutte de classe, triompher sur un point des monopoleurs, en attendant que le parti ouvrier, solidement constitué et conscient de son but, dise à tous les citoyens : « Frères ! debout, en avant pour l’émancipation sociale ! ” »

(5) L’Église Libre, 23-12-1881.

(6) Yves GUYOT, La Tyrannie Socialiste, 1893, p. 203.

(7) http://www.annales.com/archives/x/graffin.html E. GRAFFIN (1829-1898), École des mines de Paris (promotion 1849). Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’Ecole des Mines, Mai 1898.

(8) Les patrons du XIXe siècle furent surtout influencés par de nouveaux théoriciens comme Frédéric Le Play, considéré comme le père fondateur du Paternalisme. Fin XIXe, un discours et des pratiques paternalistes vont proposer de régler la question sociale. Un patronat éclairé tente consacre des moyens importants au logement, à l’éducation, à la santé, aux loisirs des ouvriers.

(9) Cornélia ECKERT, L’agonie de la civilisation des gueules noires: ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe, France), 1992, pp. 48-50. www.vibrant.org.br/downloads/v3n2_eckert.htm.

Indications bibliographiques

Wikipédia : Compagnie_des_Mines_de_la_Grand’Combe_et_des_chemins_de_fer_du_Gard
Site Internet : patrimoine-minier.fr/cévennes/index.html : Bassin Houiller des Cévennes – Patrimoine Industriel Minier

Site Internet : archives nationales. culture. gouv.fr. Répertoire Compagnie des mines de la Grand’Combe.

ECKERT Cornelia, L’agonie de la civilisation des gueules noires : ethnographie dans une ville minière (La Grand-Combe), p.35-36 www.vibrant.org.br/…/v3n2_eckert.htm

GAILLARD Jean-Michel, Un exemple français de ville-usine, La Grand’Combe (Gard) et sa « Compagnie des mines » 1836-1921, thèse de troisième cycle, Paris X, Nanterre, 1974.

PACZKOWSKI Claude, VIELZEUF Aimé, VIGNE Jean. La Grand’Combe en Cévenne : mines et mineurs du canton. 208 p., Lacour, Nîmes, 1991.

RIVELAINE Hubert, Balade en Sol mineur, Les mines du bassin houiller d’Alès, 139 p. Le Plein de Sens, 2005.

ROGER Isabelle, « L’apport de la compagnie minière au développement de La Grand’Combe 1830-1946 » Mines et mineurs en Languedoc-Roussillon. Actes du XLIX° Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Roussillon, Alès les 22 et 23 mai 1976. Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon.

TESSIER Catherine, La politique sociale de la compagnie des mines de la Grand’Combe (1836-1914), Maîtrise d’histoire, Université Jean Moulin Lyon 3, 1997, 121 p.

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Source : maison-histoire-aphpo.fr
Par : Madeleine Souche
Mise en ligne : 29-10-2010

Reblogué par : Mas de la Regordane
Première publication : 30.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

Henri Baron, 36 ans au charbon

EcoleMineStEtienne

VIE DE MONSIEUR HENRI BARON

Henri BARON est né vers la fin de la grande guerre, le 26 juin 1918, de parents commerçants, à Montpellier. Son père tenait un commerce rue de la Loge. Le jeune Henri a fait ses études primaires à Montpellier, puis a suivi à Béziers les enseignements des Frères des Écoles Chrétiennes (au P.I.C.) qui l’ont conduit au double baccalauréat : «Math Élem » en juin, «Philo Lettres» en octobre. Après une « Math Sup. » et une « Math Spéciale » à Montpellier, il est allé à Lyon, terminer sa préparation aux concours. Admissible à Polytechnique, il est reçu à l’École Centrale ainsi qu’aux Mines de Saint-Étienne et de Nancy.

Nous sommes alors en 1939. C’est la déclaration de guerre. Il est alors mobilisé le 15 septembre 1939 à l’École d’Artillerie de Poitiers. Il fera la campagne de Belgique comme aspirant puis la retraite sur Dunkerque. Là, il aura la chance d’être embarqué sur un bateau anglais. Transféré en Algérie, il sera démobilisé le 31 octobre 1941 à Alger. Il rejoindra immédiatement Saint-Étienne, car il a choisi l’École des Mines de cette ville où il fera ses trois années de scolarité qui le conduiront au titre d’ingénieur. Il en sortira donc en mai 1944.

Cette même année, il se marie avec Pierrette CAMBON, originaire elle-même de Montpellier, qu’il a rencontrée en 1942 et avec qui il s’était fiancé en 1943. A cette époque de restriction, l’achat d’un costume posait un problème de tickets et il n’était pas question de les investir dans un habit de cérémonie à usage limité. Henri BARON s’est donc marié en grande cape, tenue des Ingénieurs des Mines de Saint-Étienne, à l’étonnement des Montpelliérains qui ne connaissaient pas cet uniforme. [voir photo]

Il commence alors sa carrière professionnelle, engagé comme Ingénieur du Fond par la Compagnie des Mines de la Grand Combe. Il sera affecté successivement aux Exploitations des Mines « Luminières », « Champclauson » puis au siège de « Ricard ». Fin 1946, les Mines de la Grand Combe sont nationalisées et deviennent le « Groupe Centre » du Bassin des Cévennes, lui-même rattaché à la nouvelle entité « Charbonnages de France ». En 1948, il est promu Ingénieur Divisionnaire et nommé Chef des Sièges « Laval-Mazel » et « Oules ».

Huit ans plus tard, il est promu Ingénieur Principal et à ce titre sera responsable du secteur « Trescol » du Groupe Centre, à la fois pour le fond et le jour. Au total, il est chargé d’une production de 2 500 tonnes par jour avec un effectif de 2 000 personnes. En 1960, il prendra en outre le commandement du secteur « Sud » qui comprend les Sièges de « Rochebelle, Destival, Fontanès et Saint-Martin de Valgalgues ».

En 1962, il est appelé à des fonctions moins directement opérationnelles. Il devient chef des « Services Généraux » de l’ensemble du Bassin, regroupant sous son autorité les Services « Sécurité », « Organisation », « Essais », « Matériels ». En 1968, il dirigera pendant une courte période le Service des « Études économiques, statistiques et contrôles de gestion » du Bassin.

En effet, c’est cette même année 1968 que sont promulgués les décrets « Bettencourt » (du nom du ministre de l’époque) : les sept Bassins (Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire et Provence) sont regroupés en un seul Bassin dénommé : « Houillères du Bassin du Centre et du Midi » (HBCM) dont la direction générale est fixée à Saint-Étienne. Henri BARON, dès 1969, est appelé à cette nouvelle direction générale où, promu Ingénieur en Chef, il assume la centralisation et l’unification de la Gestion des Ingénieurs et Cadres Supérieurs ainsi que la coordination et l ‘harmonisation de la Gestion des Personnels « Maîtrise et Ouvriers ». En 1976, il devient Secrétaire Général des HBCM, il supervisera alors l’ensemble des Services Administratifs. Il gardera ses fonctions jusqu’au 1er janvier 1980, date à laquelle, faisant valoir ses droits à la retraite, il se retirera dans sa ville natale de Montpellier.

Ce déroulement de carrière montre une incontestable réussite professionnelle. Ce sont, bien entendu, des qualités techniques qui l’ont permise mais également des qualités humaines. Il est intéressant de souligner à cet égard la part importante de fonction de gestion de personnels qu’il a assumée. Madame BARON me faisait remarquer que, bien que l’essentiel de cette activité se soit déroulée près d’Alès et pour les dix dernières années à Saint-Étienne, elle n’en a pas moins déménagé une dizaine de fois. En effet, l’Ingénieur, Responsable d’un puits, résidait dans le logement prévu à cet effet à une très proche distance de « son puits ». Il ne faut pas oublier en outre, qu’à l’époque, le téléphone était une « denrée » très rare et que souvent seul le logement de l’Ingénieur en disposait. Madame BARON m’indiquait d’ailleurs que son mari, lorsqu’il montait dans sa chambre, débranchait rapidement son téléphone du salon pour aller le rebrancher immédiatement à l’étage de peur qu’un appel ne parvienne pendant ce court laps de temps. Peut-être « en rajoutait-il un peu » comme l’on dirait maintenant. L’avantage par contre de ces déménagements successifs était une amélioration progressive du « standing ». En effet le monde de la Mine était très hiérarchisé et chaque promotion conduisait à un logement un peu plus grand avec un jardin tendant progressivement vers le « parc ». Je n’ai pas connu, bien sûr, les diverses habitation de Monsieur et Madame BARON, mais j’ai pu constater ce phénomène lors d’un stage que j’ai effectué dans les Mines de la Sarre. Là, Monsieur l’Ingénieur en Chef était presque un châtelain. Mais peut-être les Cévennes et Saint-Étienne n’étaient-ils pas la Sarre et Monsieur et Madame Baron n’ont-ils jamais été des châtelains !

En 1980 donc, Henri BARON retrouve sa ville natale où il aura une vie sociale très active. Déjà, durant sa période d’activité professionnelle, il avait été un militant dynamique dans les milieux syndicaux et associatifs. En effet, il avait été Président du Syndicat des Ingénieurs du Bassin des Cévennes de 1959 à 1969 et à ce titre de 1959 à 1964 et en 1968, 1969, Administrateur du Bassin des Cévennes.

Il avait été également à la Grand Combe, Président du club sportif omnisports bien qu’il n’ait jamais pratiqué lui-même de sport. Comme dit Madame BARON, il était et il le disait lui-même un sportif de gradins. Mais il fallait un Ingénieur des Mines comme Président et il s’était dévoué. Cela dénote d’ailleurs un trait de son caractère, il était très serviable et ne savait pas refuser. C’est ce qui l’a conduit à s’occuper de la Société des Ingénieurs Civils de France dont il deviendra le Président régional une fois à la retraite. De même il sera Président de l’Association Languedoc-Roussillon d’ « Intermines » (le regroupement des anciens élèves des trois écoles des Mines : de Paris, Nancy, Saint-Etienne) de 1980 à 1989. Les promotions d’Officier au titre de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre des Palmes Académiques viendront récompenser son action en 1988.

Parmi toutes ses activités, il en est une qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Il s’agit de son goût pour l’histoire, spécialement pour l’histoire médiévale. Ce goût avait pu se concrétiser car Mme BARON possédait dans l’Aveyron, à Sainte Eulalie-de-Cernon une maison. Cela lui permit de découvrir dans le village une ancienne commanderie. Sa réhabilitation et sa mise en valeur l’ont occupé activement. Il a convaincu le Maire de l’intérêt de cette découverte. Il a également, dès 1966, fondé un foyer rural orienté vers l’initiation des jeunes ruraux à l’Histoire et aux Arts Médiévaux. Ceci l’a conduit à devenir Maire-Adjoint et Membre de la Société des Arts et Lettres de l’Aveyron. Madame BARON trouvait d’ailleurs que cela faisait beaucoup d’activités extérieures dont Henri BARON s’occupait au détriment des questions de la maison. Mais il se défendait, paraît-il, en disant que son épouse s’en occupait tellement bien qu’il était inutile qu’il le fasse. Je retiendrai pour moi cette pirouette.

Henri BARON est entré en 1988 à l’Académie et il y fut un membre de qualité et assidu. C’est d’autant plus méritoire que malheureusement il était atteint d’une rétinite pigmentaire, maladie génétique qui lui fut transmise par sa mère. Cette maladie s’est développée progressivement pendant sa retraite. Son champ visuel s’est réduit petit à petit, jusqu’à ce qu’un soir, il demande à son épouse si l’applique lumineuse du coté de son lit était éteinte, or elle était allumée. Madame BARON m’a confié que ce souvenir lui était très douloureux. Cette perte d’autonomie qui le contraignait à se faire aider par un fidèle ami Louis PELISSIER pour ses déplacements ou par son épouse, obligeait également celle-ci à respecter un ordre rigoureux dans la maison pour lui permettre de garder ses repères.

Il paraît, que malgré les difficultés que lui créait cet handicap, Henri BARON ne s’était pas départi de sa joie de vivre, de son dynamisme et de son humour. Il m’a été indiqué qu’il témoignait de sa joie de vivre en intronisant, dans l’Ordre International des Anysetiers dont il était dignitaire, les nouveaux membres par des discours en vers. Je suis tout admiratif car j’en serai bien incapable et heureusement cet exercice ne m’a pas été demandé aujourd’hui.

Et puis, ce 29 avril 2002, alors qu’il était dans sa 84ème année, il est décédé dans la maison familiale qu’il occupait, dans la nuit, calmement, sans souffrance, d’un problème cardiaque. Le SAMU n’a pu que constater le décès. Il semblerait que rien ne laissait prévoir cette fin, un électrocardiogramme réalisé deux mois avant n’avait rien indiqué et aucun accident n’était intervenu antérieurement. Au dire de Madame BARON, ce fut d’une certaine façon une belle fin de vie même si, bien sûr, elle l’aurait souhaitée plus tardive.

Henri BARON a eu une vie riche, bien remplie, complète, que ce soit professionnellement ou familialement. En effet, Monsieur et Madame BARON ont un garçon et une fille qui eux même ont réussi leur vie professionnelle et familiale, quatre petits enfants. Beaucoup de gens souhaiterait avoir une vie comparable. Si c’est toujours une tristesse de voir disparaître quelqu’un, je crois, à avoir entendu parler les amis qui l’ont connu, qu’ils retiendront de lui, la leçon d’optimiste et de courage qu’il aura donné jusqu’à la fin malgré le lourd handicap qui avait accompagné la dernière étape de sa vie.

Pour ma part, je viens d’essayer de rendre compte de la vie de cet homme que j’aurai aimé connaître, d’abord pour ses qualités humaines mais également afin de m’entretenir avec lui de son activité professionnelle.

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Source : Académie des Sciences et Lettres de Montpellierd – 2005
Par : Pierre Louis,  successeur et auteur de l’éloge d’Henri Baron

Blogué et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 30.12.2017

L’huissier assassiné de La Grand-Combe

1934 – Nîmes, le 14.08 : le journal L’Express du Midi informe ses lecteurs :

MeurtreHuissierLGC18.08.1934

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La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran

La Grand-Combe : l’histoire de “L’Enfourné du Mas Dieu” sur écran
Au premier rang, l’invité d’honneur de Rémy et Marc, Raisin Laupies. [DR]
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Deux cinéastes amateurs font revivre ce fait divers de 1934.

Un ciel gris et des températures frisquettes. Toutes les conditions étaient donc réunies pour venir passer une partie de l’après-midi de mercredi, au chaud, dans la salle Marcel-Pagnol.

C’est là, en tout cas, que le cinéaste amateur Marc Laforêt et Rémy Jouvert, ce dernier étant l’auteur d’un documentaire historique sur l’affaire Fabreguettes, proposaient d’assister à la projection de leur film sur ce sujet. Deux horaires, à 15 heures et 18 heures, avaient même été proposés afin de toucher un maximum de personnes.

Le précieux témoignage de Raisin Laupies, 101 ans

Petit retour dans le passé pour se remémorer ce fait divers cantonal, qui avait défrayé la chronique en août 1934. Un huissier grand-combien, Albert Étienne, avait été assassiné au Mas Dieu. L’auteur de ce crime, Marius Fabreguettes, un jeune Masdivin qui avait avoué son crime, quelques jours après de vaines recherches. Condamné au bagne de Cayenne, il reviendra en France en 1949, et même au Mas Dieu, après qu’une erreur administrative le lui a permis.

Dans la salle, mercredi après-midi, assis au premier rang, se trouvait Raisin Laupies, invité d’honneur des deux historiens et doyen de la commune de Laval-Pradel, arborant fièrement ses 101 printemps, qui avait très bien connu Marius Fabreguettes. Son témoignage, recueilli en avant-première, chez lui, chemin de l’église, au Pradel, voici quelques semaines, avait tout de surréaliste.

Raisin se rappelait, en effet, de cette histoire, qui avait mis le village et ses environs en émois, comme si elle s’était déroulée hier. Il côtoyait ce fils de menuisier du Mas Dieu, « qui montait pratiquement chaque jour au Pradel avec sa moto ». Et d’ajouter : « Nous nous étions joints aux nombreuses personnes en plus des services de gendarmerie qui se prêtaient aux recherches. Mais jamais je n’aurais pu penser que cela soit lui l’assassin. Et lorsqu’il était revenu au pays, j’avais fait en sorte de ne pas le rencontrer. »

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De son côté, fort du travail déjà réalisé par son ami Rémy Jouvert, Marc Laforêt projette de réaliser un film sur cette affaire. « Pour cela, je peux déjà compter sur les nombreux personnages qui ont joué dans Galinette le retour, dit-il. Mais la reconstitution des décors de 1930, les costumes et les véhicules coûtent chers. Je lance donc un appel aux généreux donateurs pour leur aide précieuse. »

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Source : MidiLibre
Publié le 27.09.2016

Blogue et mise en page : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 29.12.2017
Dernière mise à jour : 29.12.2017

La Grand-Combe : La Forêt, quartier d’avenir ?

Projet sur le Quartier de La Forêt.

Ecoquartier du hameau de la forêt, La Grand-Combe, Languedoc Roussillon (30)

Note synthétique

« L’identité et le pouvoir d’innovation d’un lieu sont garantis par la conservation de sa complexité. » Alberto Magnaghi, « Le projet local », Éditions Mardaga, Liège, 2003

L’éco-quartier : un système en crise

Les éco-quartiers sont trop souvent des pièces urbaines performantes sur le plan environnemental, mais manquant de liens avec leur contexte. Ici, au vu des rares disponibilités foncières de la commune, c’est surtout un enjeu pour l’ensemble de la Grand-Combe. C’est pourquoi il est important de repenser ce que peut être un éco-quartier et construire non pas un morceau de ville autonome, mais un fragment riche de multiples relations : spatiales, sociales, historiques, économiques, environnementales ou en un mot : urbaines.

Un dessous hérité, un dessus à renouveler

Pendant plusieurs décennies, le visage de la Grand Combe a été façonné par l’exploitation de son « dessous ». Activités, logements et équipements ont été conçus pour et par la mine. Il en reste des cicatrices, mais aussi les fondements d’une identité : la logique de l’ingénieur a tiré des lignes tendues, modelé de grandes plateformes, construit des bâtiments rationnels. Par ailleurs, la vie des mineurs et de leurs familles a laissé d’autres traces, plus molles dans leurs géométries : des petites terrasses en pierre sèche où installer leurs jardins, des petits édicules pour leurs outils ou leurs voitures. Cette logique plus organique, du passage du temps et de l’usage des lieux, s’exprime aujourd’hui par le retour du naturel et de la friche. Dans le but d’affirmer l’identité des lieux et de ne surtout pas la lisser, nous pensons que la reconquête du « dessus » devra s’appuyer sur le ferment poétique que constituent ces deux énergies contraires : celle de l’ingénieur et celle de l’organique.

Le « déjà-là » comme ressource essentielle

Considéré pour ses aspects esthétiques mais également pratiques et économiques, le « déjà-là » sera la base de toute intervention sur le site. Il s’agit de révéler le lieu à lui-même, par touches successives, en revendiquant la dimension opportuniste d’une telle position mais également sa valeur culturelle. C’est une manière de repenser notre rapport à la consommation des ressources et d’affirmer que les traces du passé orientent nécessairement nos pas futurs. Si certaines actions structurantes doivent s’imposer sur le paysage, d’autres peuvent se contenter d’ajustements, dans une logique d’adaptation bienveillante de ce qui existe aux besoins d’aujourd’hui.

Le réalisme économique au centre du projet

Il est impossible aujourd’hui de penser un projet urbain en prenant comme a priori que tout y sera construit et vendu : qui pour habiter dès à présent sur ce site en friche ? Qui pour construire ces logements ? La manière dont les choses se fabriquent et leur temporalité est aussi déterminante que le reste, et l’incertitude sur ce point est intégrée à notre démarche. De façon très pragmatique, afin de développer une offre de logement complémentaire à celle qui existe dans les autres quartiers de la Grand’Combe, nous proposons d’explorer plusieurs pistes de montages opérationnels : appel classique à des promoteurs, l’habitat participatif, l’accompagnement à l’auto-construction, la simple définition de lots à bâtir, petite promotion, etc. C’est aussi la condition d’une véritable mixité urbaine.

À l’échelle du bâtiment, outre la maîtrise des coûts de construction, considérer l’économie comme centrale pose la question plus large des ressources et des entreprises locales. En activant les filières bois et pierre, mais aussi d’autres acteurs économiques, nous pensons que ce projet peut contribuer à les faire monter en qualité et les consolider économiquement.

Une balade ascensionnelle dans sept « situations habitées »
(1 à 7) à travers trois éléments de liaison (A-B-C)

À partir d’une lecture attentive du « déjà-là » nous avons circonscrit sept situations, chacune porteuse d’un potentiel spécifique pour le renouveau du quartier. Ces « situations habitées » combinent constructions neuves et réhabilitations ; créations et simples reprises d’espaces publics ; programmes de logements et d’activité. Trois éléments de liaison sont identifiés afin de les mettre en relation entre elles et avec le reste du territoire. L’ensemble fabrique une image possible du futur quartier. Comme le dit Jean-Luc Godard, « ce n’est pas une image juste, mais juste une image », qui extrapole à partir des éléments de connaissance en notre possession actuellement. Par son pouvoir d’évocation, cette image est néanmoins le moteur d’émergence de projets, peut être tout à fait différents que ceux envisagés au départ.

Depuis le centre-ville en empruntant la vallée Ricard, la place basse (1) marque le seuil du nouveau Quartier de la Forêt. C’est un espace ouvert par un travail de défrichage et de démolition sélective qui fait l’articulation avec le fond de la combe. Les logements existants ont été réhabilités. Plus tard, un local associatif pourra y être implanté, ou un emplacement sera réservé à un équipement public dans la logique des grands objets de la vallée Ricard.

Depuis cette place, pour débuter l’ascension du coteau, on peut emprunter un parcours piéton. C’est la traverse Est-Ouest (A), nouvel élément structurant du quartier qui s’appuie sur les escaliers existants en partie basse et nous mène jusqu’au Camp Fougères.

Sur notre droite, nous longeons le jardin des ingénieurs (2a). À l’intérieur d’une enceinte qui accueillait anciennement des maisons plus cossues, des logements participatifs ont été construits, en articulant finement espaces partagés et espaces plus intimes. La qualité et la diversité de la végétation qui confèrent à ce lieu une atmosphère hors du commun a été préservée par l’implantation des nouveaux bâtiments.

Au nord de ceux-ci se trouve la cité de la Forêt (2b), déjà habitée au moment du projet. Par de petites interventions ciblées d’amélioration des logements et de leurs abords, elle a profité du renouveau global du quartier.

Toujours sur la traverse, nous croisons le promontoire des écoles (2c). Sur la gauche, l’ancien bâtiment a été transformé en pépinière d’entreprise par une réhabilitation exemplaire sur le plan environnemental. Des maisons- ateliers ont été construites à ses pieds. L’immeuble d’habitat collectif a été conservé pour diversifier l’offre de logements et accueillir décohabitants et célibataires.

Cet ensemble de trois sous-entités est relié par le renforcement de la structure végétale qui était présente initialement. Elles constituent ainsi le parc habité (2).

En haut de l’escalier existant qui a été conforté, nous atteignons le plateau des halles (3). À l’emplacement des anciennes casernes, quatre halles ont été implantées. Dans l’axe de la traverse Est-Ouest, une de ces halles reste ouverte, offrant un espace public ombragé. À terme, un ou plusieurs petits commerces pourront s’y installer. Construites par la commune, les autres halles ont été revendues par travées : des auto-constructeurs ont édifié leurs propres logements et des locaux d’activité sous ce toit commun. Le bois, particulièrement adapté à l’auto-construction, est mis à l’honneur.

Toujours sur la traverse, la montée du coteau nous fait pénétrer un bois. C’est la chênaie habitée (4) qui accueille dans sa partie haute des maisons à patios. Celles-ci ont été implantées librement sur des lots à bâtir et construites principalement en bois. Cela respecte la logique organique de la situation mais permet également une certaine évolutivité : du T3 au T6, les maisons peuvent s’adapter à l’évolution de la famille. Un accompagnement architectural des acquéreurs a permis d’assurer la cohérence de l’ensemble.

Ayant traversé la chênaie, nous arrivons enfin au Camp Fougères (5). Sur les terrasses laissées par les anciennes constructions, des bandes de logements ont été édifiées de manière relativement compacte le long d’un ouvrage hydraulique en béton de site. Parce que chaque terrasse était particulière, les typologies sont toutes différentes, du T2 au T5. Les bandes au nord, soit trente logements, ont été portées par un opérateur classique. Au sud, ce sont des maisons densément articulées que des familles elles-mêmes ont construites. Une esplanade publique est réservée au centre du système, et l’ensemble est relié par un réseau de venelles apportant de la fraîcheur en été. Chaque logement a un emplacement réservé à proximité immédiate pour la première voiture. Les autres véhicules des ménages peuvent stationner le long de voirie. Jetant une nouvelle lumière sur les lieux et attirant des initiatives, cette première opération a entraîné la reconfiguration de l’ensemble du quartier par un effet de levier.

Autour du Camp Fougères, la lisière cultivée (6) est une bande de 50M d’épaisseur constituée de jardins potagers et de vergers. Ceux-ci s’appuient sur les terrasses vernaculaires construites par les mineurs-jardiniers de l’époque. Pour les habitants, c’est un lieu convivial et partagé, support de projets communs ou individuels.

Plus loin, nous entrons dans la forêt des loisirs (7). Dans une épaisseur de 100 m à partir de la lisière, c’est la partie la plus pratiquée d’une forêt. C’est le lieu des cabanes dans les arbres, des parcours de bi-cross, et le point de départ de randonnées. Il est également arpenté par les autres habitants de la Grand-Combe, et les touristes.

Si je suis en voiture, le serpent carrossable (B) s’enroule autour du Camp Fougères et me permet de rejoindre la place basse. C’est l’ancienne voirie confortée qui permet de desservir l’ensemble des situations habitées. Dans la partie nord du Camp Fougère, un nouveau bouclage permettra de relier directement la cité de la Forêt.

Sinon, je peux rejoindre la Grand-Combe par le sentier de l’Arboux. Avec la vallée Ricard, via le Quartier de la Forêt, mais aussi la place de la mairie, il forme la boucle de la Grand-Combe (C). C’est une nouvelle lecture de l’étendue géographique de la commune et une manière pour le quartier d’être raccordé au système urbain, autant spatialement que dans les représentations mentales.

Un quartier réinstallé dans son territoire

Porte d’entrée de la Grand-Combe depuis le Nord, le nouveau quartier ainsi constitué contribuera à borner un élément structurant de la commune qu’est la vallée Ricard, aujourd’hui bien peu lisible et difficile à faire muter. L’objectif à long terme est de renaturer le vallon et d’intégrer son chapelet d’équipements au paysage. De la place basse du Quartier la Forêt au parking du supermarché en passant par le centre de secours, cela permettra de réaffirmer le lien entre la ville et sa géographie et par-là retrouver le sens du nom : « La Grand-Combe ».

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Source : atelierarchitecture.fr/Urba
Lieu : 30110, La Grand-Combe
Maître d’ouvrage : Mairie de la Grand-Combe
Maître d’oeuvre : Virage
– Atelier du Rouget Simon Teyssou & associés
– Atelier de Montrottier Loïc Parmentier & associés
– Atelier de L’Ourcq Felix Mulle & associés
– Euclid Ingénieurie ( BET TCE)
– Agence Franck Boutte (consultant & ingénierie en environnement)
– Plus2 Paysages (paysagiste)

Calendrier : Lauréat du concours
Montant de l’enveloppe : 5 500 000 € HT / 6 578 000 TTC
Panneaux du concours : Planche n°1 – Planche n°2
Fiche projet : La Grand-Combe

courrier@atelierarchitecture.fr – 04 71 46 90 24
46, avenue du 15 Septembre, 15290 Le Rouget
Daté de : 

Reblogué par : Mas de La Regordane / GD
Première publication : 27.12.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017