La Vernarède, commune minière du Gard

EgliseLaVernarède

C’est la Société qui exploitait les mines de charbon (la Société anonyme de l’éclairage au gaz et des Hauts Fourneaux et Fonderies de Marseille et des Mines de Portes et Sénéchas) qui a demandé et obtenu la création de la commune de La Vernarède.

L’acte de fondation de La Vernarède est du 29 novembre 1869: le Conseil municipal a été installé le 2 mai 1870 et la mairie conférée à M. Roussellier, directeur de la Société exploitant les Mines.

La population recensée en 1869 était de 3 005 habitants. La Vernarède fut créée à partir de parcelles des [communes de] Chambon (Gard) et de Portes (Gard). Cette ville champignon qui a compté jusqu’à 4 000 habitants a accueilli les ouvriers de la Cie minière de Portes et Sénéchas qui exploitait le charbon sur son territoire.

Cette Compagnie avait été fondée en 1854 par le financier Jules Isaac Mirès (1809-1871), qui l’intégra d’emblée dans sa Société de l’éclairage au Gaz, des fonderies et hauts fourneaux de Marseille. Ainsi Mirès alimentait en coke son entreprise sidérurgique qui avait le monopole de l’éclairage dans la cité phocéenne et à Arles.

C’est par la suite, [monsieur] Samson Jordan (1831-1900), professeur de métallurgie à l’École centrale, administrateur délégué jusqu’en 1900, qui lui donna un grand développement. Le charbon de Portes, d’excellente qualité, alimenta la marine impériale et la marine nationale. Mais une mauvaise gestion des ressources au XXe siècle et d’incessantes luttes sociales condamnèrent la Cie au déclin, jusqu’à sa nationalisation en 1946 et l’abandon total de l’exploitation en 1956.

Les plans inclinés de Portes et Sénéchas qui transportaient le charbon de la Vernarède à la Grand’Combe de 1859 à 1867 sont remarquables d’un point de vue technique et architectural. De nombreux vestiges de cet ancien chemin de fer minier [) voie étroite de 0,60m)] subsistent aux lieux-dits de La Canebière et au Péreyrol, mais c’est sur la commune voisine de Sainte-Cécile-d’Andorge qu’ils ont été restaurés et mis en valeur.

Ainsi, les ouvrages d’art de la tour des Pinèdes et du Simonet, où se situaient les plans dits  » bis-automoteurs » offrent des panoramas saisissants de l’ère industrielle en Cévennes. Dans ce système, les wagons pleins de coke ou de charbon brut faisaient remonter les wagons vides. Le topoguide de randonnée du Pays grand’combien édité par le Parc national des Cévennes offre deux balades sur ce thème.

La traditionnelle fête des « Gueules Noires » se déroule à La Vernarède vers la mi août sur la place du village. Une fête à l’honneur des anciens mineurs du village qui a commencé dans les années 60.

Il y a 60 ans, la dernière voiture d’or noir sortait du puits nord de La Vernarède. Depuis, les machines se sont éteintes, les hommes ne ressortent plus des mines le visage recouvert de poussière. Excepté, peut-être, le 15 août, lors d’un incontournable rassemblement pour tous les habitants du village qui célèbrent leur passé, leur histoire.
Car cette fête des « Gueules Noires » n’a pas toujours été de tout repos. Elle avait pourtant très bien commencé quand, dans les années 60, elle recevait les grands noms de la chanson française : Mireille Mathieu, Marcel Amont…

Seulement, au début des années 70, les budgets sont limités et la manifestation connait peu à peu une importante perte d’affluence. En 1972, alors que certains songent à arrêter l’événement, une bande de copains décide de reprendre les choses en main. Si les vedettes ne viennent plus : ce seront eux les vedettes ! Ils créent une association avec l’aide de la mairie et montent un spectacle. Les femmes du village préparent les costumes. Les anciens gèrent la buvette. Tout le village joue le jeu. Non, la fête des « Gueules Noires » ne mourra pas.

Leur premier spectacle en cette année 72 est un succès. Si bien qu’il se jouera plusieurs années et que le public, un temps perdu, reviendra encore plus nombreux. Et voilà 44 ans que ça dure ! Que cet habile mélange de cabaret, de sketchs et d’histoire sur les mines séduit les foules.

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Source : Facebook
Cathy Devillard Laisne
publié le 18.05.2019

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Reblogué sur Mes de la Regordane, le : 20.05.2019
dernière mise à jour de la page, le : 20.05.2019

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