Livres et écrits sur La Grand-Combe

1/ La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton

La Grand-Combe en Cévennes : mines et mineurs du canton
Cet ouvrage est la suite – et le complément – de La Grand-Combe en Cévennes, jadis canton de gueules noires…, paru en 1989, un document qui a connu plus qu’un succès d’estime ; mais dans le présent livre, les coauteurs ont voulu privilégier surtout le travail, la peine, des mineurs d’un canton qui leur est cher et dont la récession économique, due à l’arrêt de l’exploitation au fond, les a émus.

Cette étude, à la fois économique et sociologique, qui n’est certes pas exhaustive, se présente comme une sorte de triptyque.
– Dans le premier volet est évoqué le travail, durant près d’un siècle et demi, des gueules noires dans les mines et le trajet du charbon depuis son extraction dans les chantiers ou les tailles jusqu’à sa commercialisation ;
– dans le second, est présentée l’exploitation des découvertes, le travail des tractoristes et conducteurs d’engins bien différent de celui de leurs aînés, et les problèmes (emploi, environnement) qu’elle pose ;
– le dernier volet est consacré à la mort des puits à la fin des installations du jour, aux friches industrielles et aux perspectives d’avenir pour ce canton cévenol.

Ce livre est une étude objective, écrite très simplement par trois complices qui connaissent bien ce dont ils parlent : non seulement ils sont nés, de parents gueules noires, dans ce pays ; mais ils ont eux-mêmes œuvré dans les mines : durant de nombreuses années pour deux d’entre eux, pendant une dizaine de mois pour le troisième. Et ils ont suivi, avec beaucoup d’intérêt, mêlé de crêve-coeur (et de nostalgie), tout ce qui s’est passé, à La Grand-Combe et dans son canton, depuis près de trente ans.

Comme La Grand-Combe en Cévennes…, ce livre d’une amitié et une mémoire par 14 images est enrichi de plus de 140 documents iconographiques : cartes et plans, cartes postales anciennes et photos récentes. Il porte témoignage et permet de mieux connaître et, partant, d’aimer, une terre et des hommes qui ont fait si longtemps, par leur travail, leur sueur et leur peur, la prospérité de plusieurs cantons de la Cévenne, des Cévennes. Région : Languedoc-Roussillon / France

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2/ L’exploitation des houillères en Languedoc
et le marché du charbon au XVIIIe siècle

ConcTubeuf

Auteur : Guy-Roland Galy
Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale – Année 1969 – Volume 81 – Numéro 92 pp. 163-195

SOURCE et LECTURE DES PAGES > cliquez sur le lien : www.persee.fr

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3/ LES VISAGES ET LES VOIX de Patrick LAUPIN

Les Visages et les Voix : Le Chemin de la Grand-Combe par Laupin

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Il est des livres qui traversent les années et trouvent toujours leurs lecteurs, contrairement à de nombreux autres qui, au bout de six mois, quittent définitivement l’étal des libraires, bien qu’on en ait abondamment parlé dans les journaux à la mode. L’ouvrage de Patrick Laupin, Les Visages et les Voix, appartient à la première catégorie. Sa première édition, chez Cadex, remonte à 1991, elle fut suivie d’une deuxième chez Comp’Act en 2001 et en voici la troisième chez un nouvel éditeur, La Rumeur Libre, qui se distingue par son exigence…

Patrick Laupin est issu d’une famille de mineurs du bassin houiller des Cévennes. Il a passé une bonne partie de son enfance dans ce milieu, il en a conservé des souvenirs très vifs et, à l’heure de la fermeture des puits et ensuite, il revient sans cesse sur les lieux. Au-delà des souvenirs d’enfance dans lesquels se mêlent les êtres et les paysages, c’est l’enfouissement d’un groupe ouvrier dans l’oubli par le biais de la destruction de leur outil de travail qui se dit dans ce beau livre souvent émouvant, mais toujours d’une grande rigueur intellectuelle.

Et c’est une ode à la classe ouvrière qu’écrit Patrick Laupin : calmement, avec une pudeur jamais prise en défaut, avec un respect de chaque instant…, à l’opposé de la condescendance de certains politiciens qui se penchent sur la France d’en-bas ou du mépris d’autres qui s’apitoient hypocritement sur les travailleurs qui se lèvent tôt. La démagogie est totalement absente de ces pages: Patrick Laupin n’attend rien de ces hommes et de ces femmes dont il parle, car il leur doit déjà tout: “J’ai toujours éprouvé tenir mon langage de cette vallée arborescente de fougères, de cette terre austère et patiente rythmée par le labeur. Enfance, amour et mémoire, ce livre est le souvenir, toujours vivant en moi, de ceux de ma famille, qui travaillèrent à la mine.” Mieux, il entend redonner la parole à une corporation qu’on a voulu réduire au silence, à l’inexistence: “Et je suis convaincu que des êtres restent à jamais séparés des autres lorsqu’ils ont une expérience impossible à transmettre.” Car la première violence faite au travailleur qu’on prive de son travail, c’est le silence qu’on lui impose…
Ce livre est inclassable, il se joue des genres littéraires: ce n’est pas un roman, ce n’est pas un récit, ce n’est pas un essai, c’est la succession de trente-six textes (souvenirs, descriptions, proses au statut indéterminé, poèmes en prose, vers, propos d’anciens mineurs…) dont quatre sont composés exclusivement de paroles de mineurs recueillies sans doute par l’auteur.

Patrick Laupin ne décrit pas pour le simple plaisir de décrire mais pour capter quelque chose de profond qui renvoie à la construction de son identité, même si le lecteur appréciera de très beaux passages comme celui-ci:

Il y a l’émergence d’un vide dans cette lumière de plomb gonflée d’un creux d’éther, d’un bleu étale vrombissant du jaune et du vert les plus limpides, du mauve violet parfumé d’orage, d’orange des chênaies, de lueurs presque rousses, du jaune vieil argent des ormes guetteurs arqués en à-pic.

L’écriture est exigeante, précise, minutieuse, mais le réel reste en équilibre instable, prêt à s’évanouir si l’attention du lecteur vient à manquer : c’est une écriture à lire lentement pour ne rien perdre de ce qui se dit dans ces pages, une écriture à l’opposé du bavardage contemporain, dans lequel un mot chasse l’autre, un livre chasse l’autre.
Dans le dernier texte, « le Chemin de la Grand-Combe », les phrases commencent et ne se terminent pas, font de la place à une autre phrase qui, à son tour…

Ainsi Patrick Laupin ouvre-t-il de multiples perspectives qui ne s’annulent pas, mais s’ajoutent pour dire le monde dans sa diversité, car la richesse du réel ne s’épuise pas et tout se mêle alors. Le style de Patrick Laupin (son phrasé, car, le lisant, c’est aussi une voix qu’on entend) est reconnaissable entre cent autres.

Il s’agit toujours de dire, de lutter contre le non-dit, de dépasser “l’informulable, l’indéchiffrable, l’intransmissible” , de vaincre ces zones d’ombre pour rendre aux humains d’ici – les mineurs et leurs proches – une dignité que la société de la marchandise, avec sa sacro-sainte rentabilité, leur a déniée. Et c’est alors toute la beauté d’un travail, toute la noblesse d’une vie ouvrière qui se donnent à lire, qui se transmettent par ce livre. Modestie et dignité d’une vie austère et grandiose :

… les cabas de cuir où l’on emmène juste ce qu’il faut manger. le même que l’on garde toute une vie, des années.

le contraire exactement d’aujourd’hui où tout se jette dès qu’utilisé une fois. Car la vie humaine aujourd’hui est jetable. Alors, dans ce travail ingrat et dur, c’était la vie en ce qu’elle est irremplaçable, la vie au travail avec ses luttes contre la matière, contre l’exploitation, contre les risques, la lutte pour vivre mieux, la solidarité, l’amitié… Il fallait dire et répéter ces choses simples qu’actuellement les penseurs de deux sous, bien en cour, qualifient d’archaïques et de ringardes :

Les mineurs en grève sur le carreau, l’embrasure énorme et monstrueuse du puits sans un bruit. Vide noir sacré.

Notre époque entend faire table rase de ce qui n’est plus rentable au prix de vies brisées: il lui faut tout enfouir dans l’oubli, jusqu’à la mémoire pour que la contestation ne gêne pas le règne de la marchandise. Patrick Laupin entend ici redonner vie à certains de ces hommes sacrifiés par l’économisme ambiant. Il y réussit fort bien.

Les mineurs ont recouvré leur mémoire. Il leur prête sa voix : un homme parle dans la cacophonie du spectacle généralisé qui n’est que silence de mort. Un homme parle et le sens alors s’élève, pour tous ceux qu’on a privé de mémoire et de parole, un sens s’élève, donné en partage pour que se réunisse enfin le plus grand nombre qui n’a rien à attendre en dehors de la lutte. Reste au lecteur à se confronter à cette absence qui devient présence : l’avenir est de retour.

ISBN : 2355770042
Éditeur : LA RUMEUR LIBRE EDITIONS (10/10/2008)
Source : Lucien WASSELIN, le 20 juin 2017
La Tribune de la Région Minière, 3317, p.4, 2009
(à propos de Les Visages et les Voix)

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IV / Le Puits Sans-Nom

Couverture

Le Puits Sans-Nom

Par : Mireille PLUCHARD
Édité par : Presses de la Citée

Source : GoogleBooks (belles pages à lire)

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Articles présentés par : Mas de la Regordane / GD
Première publication : 30.11.2017
Dernière mise à jour : 27.12.2017

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