Origine du mot Régordane ?

regordane

Une étude complète a été faite par Marcel GIRAULT, docteur en histoire-archéologie, lors de sa thèse sur La Régordane (Le Chemin de Régordane – éditions Lacour-Ollé, 1988). Je ne ferai que reprendre les grandes lignes de ses recherches.

 » D’abord historiquement on a pensé que le mot Régordane venait de l’empereur Romain GORDIEN qui aurait donné son nom à cet axe comme la Voie d’Agrippa ( Voie domitienne).

Il y a la thèse de Gaëtan CHARVET qui attribue l’origine de Régordane à la traduction celte : Reg=Cours d’eau et ourdan=chemin, le chemin des cours d’eau.

Clovis Brunel, chercheur en phonétique et linguistique s’orienterait sur le fait qu’étymologiquement le mot Régordane viendrait du latin «gurges » qui signifie gourt, précipice, abîme. Le chemin de Régordane est celui des précipices et des gourts, ce qui n’est pas raisonnable pour ceux qui l’ont parcouru.

Dans le même état d’esprit, dans un sens plus proche de la réalité le mot gourt ce rapproche énormément du terme cévenol «gourgue » qui désigne un réservoir d’eau situé en contrebas d’une source et sert de bassin d’irrigation. La terre Régordane serait alors le gourgue cévenol destiné à irriguer le bas pays (La Gardonnenque).

On a aussi essayer de rapprocher le terme de Régordane à celui de Gévaudan. Cette démonstration aussi remarquable qu’elle soit, ne semble pas tenir, car le Gévaudan comme tout le monde le sait se trouve beaucoup plus à l’ouest. D’autres suggestions ont été faites mais toutes comme celles énoncées ci-dessus ne furent retenues.

La plupart du temps l’origine d’un mot provient soit de l’appellation d’une région soit de celle d’un individu ou vice et versa ou les deux confondus.

Le mot de Régordane a été prononcé la première fois, connu à ce jour,  dans le testament d’Almérade seigneur d’Anduze le 12 janvier 1052. Il y est fait mention que l’église  de Portes est située dans la Forêt de Régordane. 3 siècles plus tard, le nom de Régordane apparaît à notre connaissance 3 fois dans la région :

1.     En 1323 Guillaume I er de Budos seigneur de Portes lègue à son fils tout ce qu’il possède « in provincia de Régordana ».

2.     En 1325 André I er  de Budos reconnaît percevoir une rente sur la «terre de Régordana ».

3.    En 1381 la vente d’une châtaigneraie sise au lieu de Portes, terroir de Régordane. Un lieu vient d’être associé à un territoire.

Nous pouvons aussi nous interroger sur l’origine toujours inexpliquée d’une famille de Régordane dont nous connaissons quelques descendants  aux XII et XIII siècles, tous juristes et qui évoluent dans la région de Montpellier et d’Alès. A cette époque qui dit famille de Régordane et d’un certain rang social, sous-entend une terre de même nom. En étant très prudent mais cela est plausible, cette famille l’aurait perdu peut être en la donnant en dot à l’occasion du mariage d’une fille, dot dont aurait pu bénéficier la Famille d’Anduze qui à l’époque possédait une grande partie des châteaux forts qui jalonnaient la route d’Ales au Puy.

Pourquoi aussi ne pas penser à ce bailli de Régordane qui signe des actes à Luc et au Chambonnet en 1315 ou à dame de Régordane femme de Guillaume Manent qui vendit en 1257 à l’abbé Hugues la moitié de ses marais dans la région de St GILLES. Ces terres se trouvent à côté du Mas Molines et se nomment les Régordanes.

Ce mot de Régordane est mentionné sans en connaître le pourquoi sur une carte du XIII ième siècle gravée par R. Haldingham et conservée en la cathédrale de Hereford (GB)  sous le vocable de Récordanorum et semble indiquer un massif montagneux implanté au sud de Clermont Ferrand.

Guy de Bazoches, un chanoine de Châlons  au XII ième siècle parle de ST Gilles ville implantée en Gothie au pied de la montagne qu’on appelle Régordane.

Il existe donc un lieu de Régordane mais aussi une région de Régordane qui reste à définir. Cette dernière en se limitant aux recherches les plus lointaines pourrait être comprise entre Luc et Ales. Mais les indications données sur des cartes pourraient élargir cette zone et en faire un losange allant de Pradelles à Alès du nord au sud, et de St Germain de C.  à Largentière d’ouest en est.

[Le Chemin (ou la Voie) de Régordane]

Au fil du temps le nom de Régordane a été donné à un trajet ou à un chemin. Ce pourrait donc être en même temps  un chemin et celui d’une région dans un cadre géographique et politique bien défini. On retrouve cette définition dans d’autres lieux tels que : Chemin du Forez (Chemin qui traverse la région du Forez) ou Corniche des Cévennes ou route touristique du Val de Loire.

Aujourd’hui, le terroir de Régordane, ainsi que la forêt ont cessé d’exister. Aucun des plans cadastraux du XIX ième siècle à nos jours n’en a conservé le nom, ni même à Portes où la parcelle de Régordane avait été localisée à proximité du cimetière actuel. Seul un affluent de l’Avesne entre la Commune de Laval et de St Julien les Rosiers porte le nom de Valat de la Régordane sur le Cadastre de Laval.

On peut encore trouver le nom de Régordane à Navascéres, province de Navarre qui se caractérise par un lieu planté de châtaigniers sauvages (Ré gorda).

Bref le débat est lancé. Qui dit la vérité ? Le nom de Régordane vient-il d’une personne, d’un lieu ou d’une région ? Parviendrons-nous à élucider ce mystère ? Alors pour apporter un peu de rêve et de fantaisie (mais peut être réelle) imaginons que la Régordane a dû être un lieu bâti ou un château qui a été rayé de la carte, mais dont le souvenir s’est reporté sur le territoire ou la région. A la manière de la ville «d’YS » il a survécu sous l’aspect d’un chastel faé et le chemin qui porte son nom nous amènera peut être un jour à la rencontre des roumieux* »

*Roumieux : ceux qui étaient déjà allés à Rome, bien que tous les pélerins fussent « roumieux » ou « Jacques » ceux qui allaient à Saint-Jacques de Compostelle[NdE].

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Par : Alain Derbecq
Publié le : 13.11.2004 à 11:45
Source et copyright : Histoire

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Titre original : D’où vient le nom « Régordane »

Charbonnages de France à La Grand-Combe + de 60 ans d’histoire (vidéo)

Mineur1ouvrierDeFrance
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1945 – 1948 >>> VIDEO INA 3’36 » :
« La bataille du charbon (texte+photos), »
hommage à l’effort colossal des mineurs français au lendemain de la guerre 39/45.

Le Figaro (source) : « Au sortir de la Seconde guerre mondiale, la France détruite a un besoin vital de charbon pour se reconstruire. Le gouvernement de l’époque, avec l’appui du Parti communiste, va appeler les 200 000 mineurs à doubler les cadences. Au péril de leurs vies, ils vont devenir les «soldats de l’abîme». La bataille du charbon sera un événement national relayé par tous les médias de l’époque. Les mineurs galvanisés par la propagande, la compétition entre mines et de nombreux avantages vont réussir à produire plus de 100 000 tonnes quotidiennes de charbon. Beaucoup y laisseront leur vie. En 1948, les héros oubliés de ce combat d’après-guerre sont violemment trahis. [par les SOCIALISTES de Jules Moch. »

– A VOIR ABSOLUMENT !
VIDEO (Film de 55’38 ») de Frédéric Brunnquell :
>>> La Bataille du Charbon <<<
avec la participation de mineurs grand-combiens, par ordre d’apparition à l’écran : Aimé Cussac (05’10 »), André Dziubak (06’15 ») et Georges Comte (33’49 »).

1946 – 2007 : Nationalisation des mines : soit, soixante et un ans de Charbonnages de France qui ont marqué d’une empreinte indélébile, le destin de la France et en particulier, l’une de ses communes, La Grand-Combe.

(17 Mai) – La loi 46-1072 nationalise les mines de combustibles minéraux solides en France. Le décret d’application du 28 juin créé Charbonnages de France et neuf Houillères de Bassin : Aquitaine, Auvergne, Blanzy, Cévennes, Dauphiné, Loire, Lorraine, Nord Pas-de-Calais, Provence. La loi créant le Statut du Mineur avait été voté le 14 février.

– A La Grand-Combe, l’ancienne Compagnie des Mines de La Grand-Combe, fondée cent dix ans plus tôt en 1836, est nationalisée et devient les H.B.C. (Houillères du Bassin des Cévennes) qui sont divisés en trois groupes d’activités :
– Groupe Sud : Alès / Saint-Martin-de-Valgalgues
– Groupe Centre : La Grand’Combe / La Levade
– Groupe Nord : Bessèges / Gagnières / Molières-sur-Cèze / Saint-Jean-de-Valériscle

– La même année : les « Cités Mourier » de la Grand-Combe sont rénovées, le Général de Gaulle démissionne de la Présidence du Conseil et fait place à la IV° République ; tandis que le Salon de l’auto présente la 4 CV Renault et la 2 CV Citroën. La France compte 40,5 millions d’habitants dont seulement 37% de leurs logements ont l’eau courante et 6% une douche ou une baignoire. Peut-être une invitation à aller se baigner dans le Gardon en bikini qui vient d’être inventé cette année là par Louis Réard et Jacques Heim.

1947 – Effectifs records pour CdF avec 358 241 agents dont 92 443 pour le Centre-Midi
– Création du CERCHAR (Centre d’Études et de Recherche des Charbonnages) qui sera dirigé de 1972 à 1981 par Georges Delannoy, ancien élève de l’École Polytechnique devenu ingénieur principal du Groupe Centre de la Grand-Combe.
– Démarrage de la Centrale thermique de production d’électricité du Fesc (105 MW)
en remplacement de la centrale située en aval de la Pise (35 MW), près des usines d’agglomération de La Frugère.

– Tandis que Christian Dior organise son premier défilé, sort La Peste de l’écrivain Albert Camus, l’américain Chuck Yeager atteint Mach 1 et passe le mur du son à bord du Bell X-S1, tandis que le français Jean Robic remporte le Tour de France.

1948 – Grève générale paralyse les mines françaises après les décrets du ministre socialiste de la production industrielle Robert Lacoste qui souhaite réformer le régime social de la profession minière et le Statut du Mineur.

– Jean-Paul Sarte sort Les Mains Sales (mais pas de charbon), Marcel Pagnol entre à l’Académie Française, le premier vol commercial sans escale Paris – New-York vient d’avoir lieu tandis que le premier festival de jazz à Nice, voit jouer Louis Armstrong, Stéphane Grappelli, Claude Luther et Django Reinhardt.

1949 – Face à une importante baisse de la consommation (SNCF et foyers domestiques) et au développement des installations au fuel, la mévente impose un ralentissement de la production et des jours de chômage.

– L’Otan est née avec 11 pays membres, Mao Zedong devient le 1er président de la RPC, l’abbé Pierre fonde la communauté d’Emmaüs, Pierre Cardin sort sa première collection de prêt-à-porter et Marcel Cerdan décède dans un accident d’avion.

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1956 – Le Secteur Centre (La Grand-Combe – La Levade) arrive en 1° position avec 4 744 ouvriers et une production moyenne de 4 250 tonnes/jour, pour une production de 129 000 tonnes/an de boulets dont ceux à faible teneur en cendre marques commerciales Tribarres et Agglorex, très appréciés dans les foyers  domestiques.

1957 – Le Bassin comprend 4 secteurs d’exploitation et des services généraux. Le rendement Fond/mineur s’établit aux environs de 1,5 t et celui du Jour à 1 t. Des 13 installations de criblage-lavage, 21 puits et/ou galeries d’extraction, ces dernières sont supprimées et seuls perdureront 4 sièges : Destival, RicardOules, Saint Florent, Galerie Graissessac et 4 criblages -lavages. La fin des pics et même des marteaux piqueurs ? Des expérimentations d’utilisation de rabots rapides, haveuses, convoyeurs blindés et de chargement mécanique se présentent sous un aspect favorable.

1958

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1962

1963 – Grève dans les bassin miniers.

1964 (22.10) – VIDEO : court métrage INA de 3’45 » : « Les ressources énergétiques de la France », avec des vues de La Grand-Combe dont seraient « les paysages souvent tristes ». 

1965

1966

1967

1968 – Le site de Rochebelle à Alès est fermé.

1969

1970

1971

1972

1974

1975 (25 mai à 12h30) – – La Grand-Combe : le puits Mourier est fermé par une dalle de béton

1976

1977

1978 – La fermeture du puits Ricard annonce la fin de l’exploitation du charbon dans les Cévennes.

1979

1980 (5 mai) – Grève de Ladrecht (entre La Grand-Combe et Alès). Le puits Destival est occupé pendant plus de 13 mois, soit du 5 mai 1980 au 15 juin 1981.

1981 (11 avril) – Le journal Le Monde rapporte que { Certains mineurs d’Alès en grève avec occupation du puits Destival, depuis onze mois, ont décidé de percer le mur de 6 mètres d’épaisseur qui obstrue la galerie d’accès au gisement de Ladrecht. Ils entendent prouver que ces réserves d’anthracite sont exploitables. Le service des mines, estimant les conditions de sécurité aléatoires en raison des risques de grisou, a fait retirer les matériels d’aération, de dégazage et de sécurité, qui auraient permis le percement du mur. Dans une lettre au président de la République, M. Krasucki, secrétaire confédéral de la C.G.T., écrit notamment à propos du gisement de Ladrecht :  » Non seulement notre charbon est bon et d’un prix abordable, mais à quel prix faut-il évaluer le chômage, la mort de villages, de bassins, de cités, le désœuvrement d’une jeunesse ? « }
(16 juin) – Reprise de travail au puits Destival et première embauche depuis 15 ans : 340 mineurs (dont seulement 20 pour le « Fond ») sont embauchés par Olivier Payen de la Garanderie, directeur des Houillères du Centre Midi, sur instruction du président (communiste) Georges Valbon.
– La Grand-Combe : destruction de la centrale du Fesc.
(19 octobre) – nomination au Journal Officiel de la République (du 24 octobre 1981) de Georges Delannoy, comme nouveau directeur des Houillères du Centre Midi.

1982 (29 octobre) – Grève dans l’ensemble des bassins miniers.

1983

1984 (février) – Grève aux Houillères de (13120) Gardanne. « Coup de grisou » dans les bureaux de la direction locale des Charbonnages de France : la colère des mineurs a laissé des traces noires sur tout le bâtiment qui semble avoir été soufflé par un « coup de grisou. »
– Le puits Destival est définitivement fermé.

1985 (01.06 ) – Départ à la retraite de Georges Delannoy, directeur général des HBCM dont le siège se trouvait à Saint Etienne (42).

1986 – Fermeture du puits des Oules.
(05.09) – Démission « sans faire d’histoire » de monsieur Michel Hug, directeur général des Charbonnages de France. Le journal Minute du 05.09, titre en page 4 : « Piégés par un rapport de la Cour des Comptes. Les rats roses dans le fromage des Charbonnages de France. »

1987 –

1988 –

1989 (17 novembre) – Le 1er tiers du lavoir de la vallée Ricard est dynamité.

1990 –

1991 –

1992 –

1992 –

1993 –

1994 –

1995 –

1996 –

1997 –

1998 –

1998 –

1999 –

2000 –

2001 –

2002 – Le puits Destival (Ladrecht, entrée de l’actuel Pôle Mécanique) est dynamité et une fresque évoquant la grève de 1980/81 y est installée.

2003 – 

2004- 

2005 –

2006 –

2007 – Fermeture définitive des Charbonnages de France.

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Si vous avez des documents ou des souvenirs personnels sur des personnes, des mieux, ou des faits ayant marqué la vie des mines de La Grand-Combe, n’hésitez pas à nous contacter en cliquant sur CONTACT.

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Source film : INA
Copyright texte : Georges L. Delannoy©
Reblogué par : GD / Mas de la Regordane
Première publication : 01.11.2017
Dernière mise à jour : 13.08.2018

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